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samedi 23 mai 2009

Quand j’étais dans le désert

De retour du Festival international du cinéma au Sahara occidental
par
Atenea ACEVEDO, 20/5/2009. Traduit par Esteban G. et é dité par Fausto Giudice, Tlaxcala





Pour J.O

La sonorité du mot Sahara contient la douceur spongieuse des dunes, la tyrannie du soleil, le bleu profond d'un ciel constellé, la vision fantastique d'un infini stérile. La guerre, la spoliation, la précarité, l'exil et l'injustice font également partie d’elle. La force irrésistible d'un peuple qui depuis trente-trois ans fait que lorsqu’on dit Sahara, on dit aussi résistance, aspiration, tempérance.

Arriver à Dakhla, un des camps de réfugiés sahraouis en Algérie dont le nom correspond à une de leurs villes sous occupation militaire marocaine, est une odyssée en règle. Comme si les péripéties se conjuguaient pour tester la détermination et la dureté de la peau de la voyageuse, simplement pour la récompenser par des images et des émotions uniques. Les heures dans un avion charter qui ressemble plus à un autobus loué par un groupe de camarades et le massage impitoyable que m’offre le transit tout-terrain depuis Tindouf sont le prix à payer pour le premier lever de soleil dans le désert. Mes yeux cessent d’épier et s’ouvrent comme des éventails, ensorcelés devant la vigueur du feu qui monte avec l'élan d'un dieu absolu. Dans peu de temps ils se fermeront, peut-être pour somnoler dans la khaima ou le gueton lorsque le corps refuse d'accompagner mon besoin de refaire le parcours et de me rappeler de tout.

À force de consignes, la réalité des camps vient à moi par paliers. La réflexion immédiate évoque ce que j'avais appris à comprendre comme « confort » ou « vie moderne », des euphémismes pour indiquer un robinet, une prise de courant électrique, une rue pavée et, aussi, une porte armée de verrous. Ici, où le temps a adopté la forme de l'horizon illimité, un moment suffit pour reconnaître dans ces objets caractéristiques les véhicules du gaspillage et de la gabegie. Nous avons besoin de peu et nous voulons tout, qu’importe si sur le chemin nous écrasons ou nous arrachons. Le peuple sahraoui, plongé dans la brutalité de l'occupation d'un côté du mur le plus long du globe ou de l'autre dans la rigueur de l'exil, sait que sa survie dépend du sens de la collectivité. Et les jours et les nuits à Dakhla permettent de faire la place à une réflexion plus détaillée sur ce qui dans mon monde s’est laissé perdre et qui n'est pas rien : la notion de communauté, la motivation pour nous reconnaître dans d'autres humanités, l'esprit de rébellion, la célébration de la vie pour elle-même.

Tout comme les centaines de personnes qui sont de passage, je jouis du rituel du thé, du refuge d'une famille, des amabilités du turban, de l'étoile qui annonce le lever du jour, de la cadence sage des dromadaires. La quiétude de chaque instant offre un apprentissage. J’écoute attentionnée le salut sahraoui, un échange de questions sur le bien-être de la famille et sur le bétail, sur les chemins parcourus et la présence souhaitée de l'eau dans un désert sans maître. Il s'agit de quelque chose de plus qu'une tradition de nomades, ce dialogue utile pour tracer sa propre route et réduire les probabilités de périr ou de se perdre sur des pistes rougeâtres : En préservant le salut qui distingue son esprit nomade, le peuple sahraoui scelle sa conviction dans la victoire et perpétue la chaîne de son identité légendaire.

L'imagination règne dans le Sahara, espace idéal pour l'organisation délirante d'un festival international de cinéma. Projeter des films dans l'immensité du mal-nommé « néant » ne rafraîchit pas seulement les sens marqués par une patience qui s’épuise. Quel meilleur moyen pour se pencher sur d'autres réalités et présenter, celle, propre au langage audio-visuel, emblème de notre temps ? Pour cela le festival offre des ateliers de documentaire, photographie, édition, son ou radio. C'est pourquoi la construction de la première école de cinéma est en cours et que les transmissions de la télévision sahraouei viennent d'être inaugurées. Tout sert à renforcer le sillon de la dignité et à défendre le sourire de ces gens qui ne demandent pas l’autorisation pour être et brandir leur drapeau.

Le lieu commun dicte d’affuter la perspective après avoir voyagé dans un camp sahraoui, lieu où la sotte pulsion humaine dépasse des adversités inimaginables, paysage singulier dans une planète où la pensée unique a déraciné tout trait d'originalité, de fait, les villes et les personnes sont chaque fois plus fastidieusement semblables. Peut-être est-ce ce qui explique le sourire qui se dessine sur ma bouche quand je parle du Sahara et d'un peuple qui a les yeux rivés vers le futur, les pieds enracinés dans l'histoire et des ailes qui lui poussent sur les bras. Mais ma fascination n’est pas à la mesure de sa blessure. Pour autant que nous qui arrivons ayons besoin d’une cure contre le consumérisme et la superficialité, pour aussi intense que s’avère l'expérience, personne ne devrait vivre en inventant des manières de crier au monde sa tristesse et sa soif de justice. Je joins ma voix au chœur qui exige un Sahara libre MAINTENANT.






Besson chasse le parent sans-papiers à proximité des écoles

par RESF, 20/5/2009
Malgré les assurances maintes fois données par les ministres successifs de l’Intérieur (Nicolas Sarkozy), de l’Education nationale (Gilles de Robien puis Xavier Darcos) et de l’Identité nationale (Brice Hortefeux), Eric Besson considère-t-il légitime d’envoyer sa police à la chasse au parent sans papiers à proximité des écoles ?
C’est dans ces circonstances que deux pères ont été arrêtés, l’un le 13 mai à Cayenne, en Guyane, en conduisant son enfant au collège, le second le 14 mai à Tarbes (Hautes-Pyrénées) en venant chercher sa fille à l’école. _ « Un père d’élève a été arrêté ce matin aux abords du collège Justin Catayée à Cayenne alors qu’il y amenait son enfant » dénonce RESF en Guyane. « La communauté éducative du collège s’est mobilisée de façon exemplaire pour permettre à cet homme de dormir chez lui ce soir. Son dossier sera présenté en Préfecture demain (14 mai). Le Réseau Education Sans Frontières en Guyane dénonce la pratique déloyale consistant à mettre en danger la scolarisation des enfants selon la situation des parents.Les parents étrangers doivent pouvoir accompagner leurs enfants à l’école sans peur d’y être arrêtés sous peine de voir ces enfants déscolarisés. La politique du chiffre ne peut ouvrir la porte à toutes les pratiques. Les contrôles systématiques des "2 roues" aux abords des établissements scolaires ne sont pas acceptables et la communauté éducative restera vigilante pour protéger la scolarisation de tous les enfants de Guyane. »
Armen Ieguiazarian, un ressortissant arménien à qui l’asile politique vient d’être refusé, a lui été arrêté par la police, alors qu’il venait chercher sa fille de 6 ans à l’école Paul-Bert à Tarbes. Il est actuellement enfermé dans la prison administrative pour étrangers (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse. Les parents d’élèves sont nombreux à « avoir été très choqués » par cette arrestation, assurant que « leurs gamins sont marqués par cet épisode ». L’arrestation d’Armen Ieguiazarian est d’autant plus choquante que son épouse est Azérie et que l’Arménie ne reconnait pas ces mariages : lui serait expulsé vers l’Arménie, elle vers l’Azerbaïdjan ennemi avec tous les risques de persécution qu’on imagine pour les parents et pour les enfants !
En février dernier déjà, Ammar Amedjar, père marocain de deux fillettes nées en France et mari d’une jeune Marocaine... qui vit en France depuis l’âge d’un an avait été arrêté à moins de 100 m de l’école où il venait à pied, comme chaque matin, déposer sa fille. Il a depuis lors fait un mois de prison (à Angers) pour refus d’embarquer puis deux mois (à Villepinte) pour une seconde condamnation pour le même motif. Il a directement été expulsé à sa « libération ».
Dès lors, la question ne peut manquer de se poser : M. Besson a-t-il donné pour instructions d’ouvrir la chasse aux parents sans papiers et peut-être un jour la chasse aux enfants à proximité des écoles ? Ce serait dramatique, pour les sans papiers eux-mêmes, naturellement. Mais aussi pour la représentation de l’école qu’ont les enfants, perçue non plus comme un lieu protecteur mais comme un piège dangereux. Ce serait grave aussi pour les fonctionnaires de police amenés à des gestes que leur conscience ne peut que réprouver. La communauté éducative (parents, enseignants, élèves) n’accepte pas cette politique dont les victimes sont nos voisins, nos amis, nos élèves, les amis de nos enfants. Depuis quelques temps M. Besson donne le sentiment de n’avoir plus de limites en matière de dérapages. Il serait temps qu’il se ressaisisse.

Le patronat agraire attaque

par Ali Fkir 22/05/2009
C'est incroyable, mais c'est vrai ! Les grands propriétaires terriens et autres capitalistes agraires manifestent à Agadir.
Contre qui ?
Contre les ouvriers, les "ingrats".
Que demandent ils?
Que l'Etat utilise plus de matraques contre ces "ingrats".
Pourquoi?
Par ce que ces "zoufrias" et "zoufriates", exigent le respect de la réglementation en vigueur:
- L'application du SMAG
- Le respect de la durée de travail hebdomadaire
- Le paiement des heures supplémentaires
- L'établissement des bulletins de paie
- La déclaration à la CNSS
- Le respect du droit à l'adhésion syndicale
- Le respect de la dignité des ouvrier-Ers
- Mettre fin au harcellement sexuel dont sont victimes les ouvrières
.......
La région de Chouka Aït Baha et du Sous Massa-Drâa ( plus de 100 000 ouviRer-Eres dont plus de 70 000 à Chtouka) est devenue l'eldorado (vert) des capitalistes (marocains et étrangers): terres fertiles, réserves d'eau relativement importantes, force de travail à très bon marcher, les rapports de productions médiévaux, la loi n'est faite que pour protéger les vampires agraires...les différents ministères (de l'agriculture, de l'intérieur, des finances...) sont totalement dévoués au service de ces voraces. Ceux-ci ne paient pas d'impôts! C'est le comble !!!
Depuis quelques temps, les capitalistes agraires organisent de véritables expéditions punitives contre les travailleurs et les travailleuses, recrutant pour cela des marginalisés et autres "bras cassés", épaulés dans cette sale besogne par les les forces de répression publiques. Des blessés, des détenus se comptent par dizaines. Les militants syndicalistes restent les premiers visés.
Les "patrons" ont manifesté à Agadir. Ils n'ont pas été gênés par les "forces de l'ordre". La télévision était là pour assurer la couverture de l'événement.
Et si c'étaient les ouvrierEs? les blessés (et pourquoi pas les morts) et les détenus seraient des centaines.
C'est très grave ce qui se passe dans le "monde de travail".
Les directions syndicales doivent sortir de leur torpeur, les militants doivent dépasser leur bavardages stériles, les distributeurs de promesses électorales sans lendemain doivent revoir leur stratégie de "démocratie par la démocratie".
À Chouka, dans le Sous Massa-Drâa, à Sidi Bernoussi, à Aïn Sebâa, à Skoura-Boulmane, à Larache, à Beni Mellal...la lutte des travailleurs est la même. La cause reste la même.
Nous devons tous réagir à ce qui se passe, le train de la lutte de classes n'attend pas les traînards.

vendredi 22 mai 2009

Karim, entre prison et centre de détention, la vie brisée d'un sans-papier

Il s'appelle Karim. Il a aujourd'hui 31 ans. Arrivé en France en 1991, à l'âge de 13 ans, sans aucune famille, ce maghrébin, a risqué sa vie pour fuir son passé douloureux dans son pays, le Maroc. Depuis, il "galère", ne vivant que de petits "boulots" et transite de prisons en centre de détention. Aujourd'hui, Karim est dans une impasse, non expulsable faute de papiers et en même temps, dans l'impossibilité de vivre en France... Nous avons décidé de vous raconter son histoire, qui, représente, à nos yeux, la complexité de la situation de bon nombre de sans papiers.
L'histoire de Karim commence comme dans un film : comme de nombre jeunes, l'Europe le fait rêver. Il n'a que 13 ans, mais il décide de partir. Il n'en est pas à sa première tentative. Six mois plus tôt, il a essayé, sans succès, récoltant quatre mois de prison. Cette fois, ce sera une réussite. Il vole un bateau à un riche retraité, avec la complicité passive des douaniers et passe huit jours dans la tempête avec un moteur en panne, des vedettes de police à sa recherche. C'est à la nage qu'il échouera sur les côtes européennes.
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jeudi 21 mai 2009

L'aval de l'ONU pour un cybercafé en Algérie

par Kamel Daoud
Tout le monde le sait, le seul parti d'opposition qui reste vivant dans ce pays, c'est le Net. Le Web. Internet. La Toile. Le militantisme du clavier. C'est là que les Algériens parlent. Parlent de tout et de rien. S'opposent. S'expriment. Disent. Disent non et se rencontrent, s'aiment ou s'insultent. C'est pourquoi le régime local tente aujourd'hui pour bloquer Internet, le surveiller, le réglementer, le cadenasser comme la Chine ou la Tunisie. Des projets de loi sont déjà en rédaction pour réduire cette liberté d'expression à une expression surveillée. Un jour, vous irez dans un cybercafé sous la caméra, vous ne pourrez surfer qu'en déposant votre CIN et vous ne pourrez le faire sans en rendre compte au propriétaire qui doit en rendre compte aux polices d'État. Un jour ?
Non. Cela a déjà commencé. Pour ceux qui le savent, «ouvrir» un cybercafé aujourd'hui, en Algérie, demande plus d'effort et de papiers que pour recréer le FIS ou le MTLD de Messali. Cet emploi, qui intéresse souvent l'emploi du jeune, est maillé par une série de procédures tout simplement incroyables. Jugez-en : au service des registres de commerce, on vous demande d'abord un dossier d'agrément avec 10 copies de plan de situation, un plan de masse, un extrait de rôle, la copie de votre CIN, un contrat de location ou un acte de propriété, un extrait de naissance d'origine... etc. Est-ce tout ? «Non», vous répond l'Etat qui encourage officiellement l'emploi et les technologies nouvelles. Reste l'autre parcours complètement surréaliste : avec ce dossier, vous devez introduire une demande auprès de la DRAG, à la wilaya de votre wilaya.
Là, les services de la réglementation dispatchent votre dossier sur huit services qui doivent tous faire une enquête, une sortie sur terrain et répondre par l'aval ou le niet et faire remonter leurs réponses vers la wilaya. En voici la liste, valable pour un dossier d'adhésion du Kosovo à l'ONU : la DCP (Direction de la concurrence et des prix), la Protection Civile, la Police, la direction de la Santé, l'APC, La direction de l'Environnement, la direction de l'Habitat et la direction de la Jeunesse et des sports. «Ne manque que l'accord d'El-Barade'i de l'Agence internationale de l'énergie atomique», explique un Algérien sorti vivant de ce Tora-Bora bureaucratique.
Sachant la numérisation très avancée des administrations algériennes, on devine le temps qu'il faut pour que tout ce beau monde soit d'accord.
Par la suite, Obama ayant été réélu, la DRAG vous donne votre agrément et vous voilà heureux et vivant, ou presque. Car, là aussi, l'ouverture du cybercafé impose un avis commodo-incommodo dans un journal avec un délai d'un mois à attendre pour commencer. A la fin, ce n'est plus un emploi de jeune mais un vieillissement pour l'emploi.
Ceci pour un cybercafé. On devine donc le temps qu'il faut pour le reste : créer une entreprise plus vite qu'au Qatar par exemple. Marcher sur la lune avec un comité de soutiens cosmonautes, inventer un nouveau carburant. Ceci, en attendant la nouvelle réglementation qui va encadrer ces nouvelles Kasmates de la mondialisation où l'oxygène algérien et ses jeunes se réfugient de temps en temps. Combien met-on de temps à ouvrir un cybercafé en Algérie ? Voici une échelle de mesure : huit fois le temps qu'il faut pour réviser une Constitution, six fois le temps qu'il faut pour faire voter ce peuple par téléchargement.
Kamed Daoud est chroniqueur et auteur algérien. Auteur de :
“La Fable du Nain” - Roman - Ed: Dar El Ghard. Oran
“Ô Pharaon” - Récit - Ed: Dar El Ghard. Oran
- “Raîna-Raîkoum” - Recueil de Chroniques - Ed: Dar El Ghard. Oran
- “Mac Arabe” - Recueil de Chroniques sur l’Actualité Arabe - Ed: Dar El Ghard. Oran
La chronique ci-dessus est extraite de Raîna-Raîkoum


Grenoble, 1er mai 2009: quand la police utilise des méthodes marocaines


NDLR SOLIDMAR : "BAC" est l'acronyme des Brigades anticriminalité de la Police nationale française créées en 1994 à partir des brigades de surveillance de nuit et appartenant à la Direction Centrale de la Sécurité Publique. Elles n'ont pas cessé défrayer la chronique, vu leurs méthodes de cow-boys. Il existe plus de 300 BAC en France.

La BAC ayant provoqué durant la manif,
Se trouva fort dépourvue au finish.
Pas d’incident, et pas d’assaut :
Ils n’arrêtèrent pas un gaucho !

Quota mensuel n’étant pas fait,
Trois citoyens devinrent suspects.
Un "casseur" imaginaire fut frappé,
Puis un pacifiste arrêté.

Le dernier fut tabassé,
Et son drapeau fut arraché,
Il était de la CNT.
Est-ce pour cela qu’il fut visé ?

Que faisiez vous ? dirent les agents.
Je militais, ne vous déplaise !
Vous militiez ? J’en suis fort aise :
Eh bien ! Résistez, maintenant !



Le 1er mai 2009, l’hébergeur de notre site revoltes.net, syndicaliste CNT, a été tabassé par la BAC et arrêté
Dans son numéro du 23 avril 2009, le journal Politis interviewait Michela Marzano, philosophe italienne et chercheuse au CNRS, au sujet de son livre "Le fascisme, un encombrant retour" qui analyse l’action de Sarkozy et de Berlusconi à la lumière du passé Mussolinien. Elle y met en évidence de troublantes analogies : on est peut-être pas déjà dans un régime fasciste, mais on est en train de s’en rapprocher dangereusement.
En 2003 déjà, dans un article consacré aux
prisonniers politiques en France, nous nous inquiétions de la recrudescence d’arrestations arbitraires de syndicalistes. Désormais, plus de 272 000 pages web relatent la montée de la répression du mouvement social.
Six ans et quelques bavures plus tard, il y a eu la
mort de Ziad Benna et Bouna Traoré, la révolte des banlieues, le matraquage de Cyril Ferez en 2006, l’incroyable mélange d’incurie et de provocation des forces de répression lors du sommet de l’Otan à Strasbourg en 2009, l’arrestation des épiciers de Tarnac accusés semble t’il essentiellement d’avoir écrit un livre un peu subversif, ... et j’en passe et pas des meilleures !
Ce 1er mai 2009, c’est l’un des coopérateurs et ami de notre site qui s’est fait tabasser, insulter, et arrêter arbitrairement, à Grenoble. Un casseur, lui ??? Il est informaticien, marié, et père de deux enfants. Doué, calme, généreux, et ... bâti comme une allumette. C’est simple : pour maigrir, il lui faudrait perdre un os ! On se connait depuis dix ans, et je suis témoin qu’il y a peu de gens aussi intègres que lui dans ce monde. Voici son témoignage :


mercredi 20 mai 2009

Le bon élève marocain félicité par l’oncle Sam

par Renée de Saissandre , bakchich.info, 14/5/2009

Un rapport de l’administration américaine publié fin avril félicite le Maroc pour ses efforts dans la lutte contre le terrorisme. Mais ça n’empêche pas ce pays d’être un incubateur à groupuscules.
Voilà qui devrait donner des ailes aux services de sécurité du royaume enchanté du Maroc. La grande puissance américaine vient en effet de décerner un satisfecit sans réserve à la stratégie chérifienne de lutte contre le
terrorisme, lequel tient en deux mots : « good job » ! Et c’est le Département d’Etat lui-même, via son Bureau du Coordonnateur pour l’antiterrorisme qui le dit.
Dans son « Rapport sur l’antiterrorisme 2008 » remis au Congrès fin avril qui évalue annuellement le travail fourni par les partenaires des Etats-Unis dans leur lutte internationale contre le terrorisme, le
Maroc fait définitivement figure de bon élève et de premier de la classe américaine au Maghreb.
Au vu des « succès » enregistrés par les autorités marocaines, listés par ce rapport, on comprend mieux pourquoi le royaume enchanté reste si peu communicant sur son travail de l’ombre : il s’est appliqué à suivre scrupuleusement l’approche « globale » conjuguant répression et prévention, prônée par la plus grande démocratie du monde qui, du coup, le lui rend bien. En passant outre sur certaines pratiques marocaines engendrant d’importantes violations des droits de l’homme.
Heureusement qu’avec ce rapport les Américains et leur sacro-sainte transparence viennent pallier aux petites cachotteries marocaines, Dieu est grand et
M6 son serviteur. Et on en apprend de belles…
Un beau tableau de chasse pour les autorités marocaines
Ainsi de sa stratégie répressive, et la liste impressionnante d’arrestations et de condamnations réalisées au cours des douze derniers mois. Parmi les coups de filets d’importance citées par le rapport, l’arrestation du très sulfureux maroco-belge
Abdelkader Belliraj à la tête d’un réseau démantelé en février 2008 de quelques 36 individus « qui préparaient des attaques contre des cibles locales et occidentales ». En juillet, un réseau cette fois de « 35 recruteurs pour l’envoi de volontaire en Irak » était neutralisé, suivi de l’arrestation le mois suivant, de 15 membres d’un groupe baptisé « Fath Al-Andalous » alors qu’ils planifiaient selon les services marocains, « des attaques contre les forces onusiennes de maintien de la paix basées au Sahara occidental et contre des sites touristiques » au Maroc.

© Khalid


Même tableau de chasse lorsqu’il s’agit de juger les prévenus accusés de complot terroriste : 25 ans d’emprisonnement pour Hassan Al-Khattab, le chef d’un réseau de 49 membres du groupe « Ansar Al-Mehdi » ; lourdes sanctions également prononcées en 2008 à l’encontre des individus arrêtés trois ans plus tôt qui appartenaient au groupe « Djammaat Al Mouslimoun Al Djoudoud », comme pour les 29 membres de la « cellule de Tétouan » ; prison à vie pour le kamikaze raté Hicham Doukkali, piégé par sa propre bombe qu’il avait tenté de faire exploser dans le centre de Meknès en août 2007. Autant de résultats à mettre sur le compte des « importants efforts déployés par les autorités du pays », comme s’en félicite le Département d’Etat, « pour neutraliser un grand nombre de groupes d’inspiration salafiste-djihadiste ».

Un de capturé, dix d’enrôlés
Sauf que la prolifération de ces micro-entreprises du terrorisme, qu’attestent ces « succès » révèlent dans le même temps le dynamisme remarquable de ce secteur d’activité dans le pays. Scoop : le Maroc est une vraie poudrière, CQFD.
Les Marocains l’ont même avoué aux Américains : « l’existence de nombreux petits groupes extrémistes (moins de 50 membres) constitués localement, isolés entre eux et tactiquement limités, reste la première menace » pour leur pays. La force d’attraction exercée par le groupe algérien
Al-Qaïda dans les pays du Maghreb islamique (AQMI, ex-GSPC) sur le terrain marocain et ses appels répétés à s’attaquer au régime de Mohamed VI y contribue largement : « de nombreux Marocains se rendent au nord du Mali et en Algérie pour suivre des entrainements dispensés par des membres d’AQMI » apprend-on, avant de faire fructifier les acquis de cette nouvelle fraternité algéro-marocaine en terres chérifiennes ou l’exporter « en Irak pour y conduire des attaques terroristes ». Et s’ils survivent, le retour au pays de ces « vétérans » d’Irak représente un autre risque d’importance.
Mais il y a pire menace encore, selon les services marocains : ceux parmi leurs compatriotes à s’être « radicalisés au cours de leur séjour en Europe » (sic) et qui reviennent très remontés de cette expérience. Leurs homologues français, espagnols et italiens en particulier, apprécieront… qui doivent combattre de multiples filières implantées chez eux impliquant des Marocains, comme le rappelait le dernier rapport sur la lutte contre le terrorisme d’
Europol publié quelques jours avec le Département d’Etat. A se demander pourquoi les Marocains ne restent pas vivre chez eux.

Une expérience à méditer pour les Marocains


Argentine : l'Esma, centre de torture devenu lieu de mémoire
Par François Gèze Editeur 19/05/2009 10H38


Alors que la justice argentine prépare pour octobre le « méga-procès » des tortionnaires qui sévirent pendant la dictature militaire (1976-1983) à l'Ecole supérieure de mécanique de la marine (Esma), les locaux de cette « usine de mort », désormais administrés par des défenseurs des droits de l'homme, se transforment en un lieu de mémoire et d'hommage aux victimes. Récit d'une visite bouleversante.

Début 1978, nous étions des dizaines de milliers, en France, à nous mobiliser
contre le « Mundial » de football qui devait se dérouler en Argentine, derrière le slogan : « On ne joue pas au football à côté des centres de torture. » Nous écrivions alors :
« L'équipe de France de football jouera-t-elle à 800 mètres du pire centre de torture du pays ? C'est en effet la distance qui sépare le stade de River Plate (…) de l'Escuela de Mecánica de la Armada (Ecole de mécanique de la Marine), siège du sinistre “grupo de tareas 3.3”, véritable Gestapo argentine composée de 314 officiers et soldats de la Marine. Depuis deux ans que ce groupement sévit, des centaines d'hommes et de femmes y ont été atrocement suppliciés, brûlés au chalumeau, coupés vifs à la scie électrique, écorchés vivants, etc… »
Notre campagne n'empêcha pas l'équipe de France de participer au « Mundial », mais son écho fut important. Aussi, on imagine mon émotion quand, trente et un ans après, par une belle journée d'avril à Buenos Aires, j'ai pu visiter cette « usine de mort » de l'Esma, devenue aujourd'hui
l'Espace pour la mémoire et pour la promotion et la défense des droits de l'homme.
La transformation d'un lieu de torture en lieu de mémoire
L'endroit surprend : longeant la très fréquentée avenue Libertador, c'est un immense parc arboré de 17 hectares, abritant 34 bâtiments dont certains furent longtemps des écoles de formation pour les élèves officiers de la Marine.
Eduardo Jozami m'a permis cette visite -le site n'est pas encore complètement ouvert au public. Lui-même, à l'époque militant de l'organisation péroniste des
Montoneros, a passé toutes les années de la dictature en prison. Sa femme, qui fut torturée comme il l'a été, est l'une des rares survivantes de l'Esma. Il dirige aujourd'hui le Centre culturel Haroldo Conti (du nom du célèbre écrivain argentin, « disparu » en 1976), qui occupe l'un des bâtiments de l'Esma.
Le 24 mars 2004 : le président Nestor Kirchner, répondant enfin à l'extraordinaire mobilisation, depuis 1977, des mères et grands-mères de « disparus » (puis des
enfants), a annoncé que ce lieu serait désormais un « musée de la mémoire ». La cérémonie sur les lieux fut bouleversante, comme en témoigne le documentaire « Esma, museo de la memoria », du réalisateur Román Lejtman. Mais il a fallu attendre plus de trois ans pour que la Marine argentine accepte enfin de quitter l'Esma.
Les organisations des droits de l'homme ont depuis réalisé un formidable travail, que j'ai découvert en ce jour d'avril avec la visite guidée de « Luz », jeune femme passionnée et compétente. Elle guide notre petit groupe vers l'immeuble du
« Casino de oficiales », bâtisse banale qui abritait un « salon doré » (où se réunissaient les officiers) et deux étages de chambres pour les élèves officiers. Mais aussi, pendant plus de sept ans, les lieux de torture et de détention des « disparus ».
Enlevés clandestinement par les agents des « grupos de tareas » 3.3.1 et 3.3.2, ils étaient d'abord emmenés dans la cave (le « sótano ») située sous le salon doré (lieu de planification des enlèvements) : une salle de 120 mètres carrés environ, mal éclairée par de petits vasistas et subdivisée en cellules, équipée pour les séances de torture (gégène, sonorisation musicale pour étouffer les cris…) et comprenant une infirmerie.
En 1977, y furent également installés une imprimerie et un labo photo -où des détenus ont dû travailler-, destinés à produire de faux documents et du matériel d'« action psychologique » élaborés par le service de renseignements de la Marine pour des actions de propagande.
En bref, le sótano était un extraordinaire concentré de ce qu'a produit de pire la fameuse « doctrine de la guerre révolutionnaire » élaborée dans les années 1950 par des officiers français en Indochine et mise en œuvre lors de la guerre d'Algérie : une doctrine reprise et appliquée par les militaires argentins lors de la « sale guerre » des années 1976-1983, comme l'a révélé en 2004 la journaliste Marie-Monique Robin dans son film puis dans son livre
« Escadrons de la mort, l'école française ».
5 000 « disparus » dans cette usine de mort
Les « disparus », entre les séances de torture, étaient détenus dans des cellules (toujours éclairées) situées sous les combles, au troisième étage, un sinistre grenier appelé « capucha » : ils avaient en permanence les yeux bandés, une cagoule sur la tête, les jambes entravées. A côté, d'autres locaux, dont une « maternité », où les détenues enceintes accouchaient : elles étaient ensuite assassinées, des familles de militaires ou de policiers tortionnaires s'appropriant leurs bébés -vingt ou trente ans plus tard, nombre de ces enfants découvriront la vérité sur leur origine, avec les traumatismes que l'on imagine.
De mars 1976 à novembre 1983, quelque 5 000 « disparus » (sur les 30 000 imputés à la dictature) ont transité dans ces lieux de mort. Deux cents à peine ont survécu, dont certains de ceux qui faisaient l'objet d'un « programme de récupération » visant à les retourner. Certains sont morts sous la torture -leur corps étant brûlé dans le stade militaire attenant à l'Esma.
La plupart ont fait l'objet d'un « transfert », comme c'était la règle dans les 340 centres de détention clandestins de l'armée, dont l'Esma était le plus important : chaque mercredi, des détenu(e)s étaient « prélevé(e)s » au Casino de oficiales, emmené(e)s à l'infirmerie où une piqûre d'anesthésique les endormait, avant d'être transféré(e)s dans un avion, d'où ils/elles étaient jeté(e)s dans les eaux du Rio de la Plata, lors des « vols de la mort » -dont le journaliste Horacio Verbitsky a fait le récit dans son fameux livre El Vuelo.
Une expérience unique et exemplaire de « justice transitionnelle »
On ne sort pas indemne de cette visite. Les lieux, vides, ne sont plus exactement ceux d'hier. Mais partout, sans le moindre voyeurisme, de discrets panneaux donnent au visiteur des explications précises et des extraits de témoignages de survivants. Un admirable travail de mémoire : les âmes volées de ces milliers de jeunes femmes et de jeunes hommes « disparus » sont là, avec vous.
Et vous ne pouvez oublier que, durant toutes ces années-là, ils ont fugacement « cohabité » dans le même immeuble -à deux pas de l'une des avenues les plus passantes de la capitale argentine- avec leurs tortionnaires et leurs assassins, mais aussi avec les simples élèves officiers qui croisaient dans les escaliers les loques humaines remontées du « sótano » à « Capucha »…
L'« Espace pour la mémoire » est une expérience unique. Dans nombre d'autres pays dont les populations ont également souffert des « sales guerres » de la seconde moitié du XXe siècle (Afrique du Sud, Maroc, Guatemala, Colombie, Algérie…), les processus de « justice transitionnelle » sont plus ou moins téléguidés par des régimes complaisants face aux crimes du passé : ils sont au mieux préoccupés par l'établissement de la vérité et en tout cas beaucoup moins par la justice, visant à sanctionner, sinon tous les criminels et leurs complices passifs, du moins les principaux organisateurs de la barbarie.
C'est précisément ce qu'a commencé à faire la justice argentine depuis 2007, en enchaînant de vrais procès des généraux organisateurs des disparitions et de la torture, après que les habituelles lois d'amnistie ont été abrogées.
Et cela, on ne le dira jamais assez, grâce à la lutte obstinée, si longtemps restée inaudible, des familles des victimes. D'où l'importance de saluer le travail que font aujourd'hui, dans une indifférence du reste du monde qui me révolte autant qu'hier celle des spectateurs béats du Mundial de 1978, les militants de l'espoir occupés à transformer l'Esma en lieu de mémoire.
Photos :
une affiche contre la torture en Argentine réalisée parle COBA en 1978 (DR).
La façade de l'Esma (Espacio para la memoria).
La jaquette du livre « El Vuelo » d'Horacio Verbitsky (DR).


Source : Rue89

"La Capitale des Roses" : rencontre dédicace à Casa

« La Capitale des Roses » de M. Nadrani et A. Kounsi
Rencontre dédicace organisée par L’hebdomadaire « Al AYAM »
À la Maison de l’Avocat à Casablanca, BD de la Résistance المقاومة
Jeudi 28 mai 2009 17H 30
Lecture et présentation de l’œuvre
Nabila Mounib et Driss Abou Zaid

Un témoignage en 417 pages sur la disparition forcée pendant presque 9 années (1976-1984) passées au Complexe (Centre général de la DST) de Rabat,à Agdz, à Kalâat-M'gouna et à Skoura

mardi 19 mai 2009

Grève de la faim devant le CCDH : 3 grévistes hospitalisés

Neuf anciens prisonniers politiques sont en grève de la faim devant le CCDH. Il s’agit de :

- Rafiq Assedqi
- Mustapha Ouâziz
- Mustapha Bouzari
- Rachid El Majdoubi
- Hafid Lamrikhi
- Driss El Ouazzani
- Samir Chamal
- Azouz Ben Adda
- Abdelhaq Boudour qui ne suit pas la grève de la faim pour des raisons de santé.

En sit-in devant le CCDH depuis le 28 avril 2009. Ils ont transformé leur sit-in illimité en grève de la faim depuis le 13 mai 2009.
Ils demandent au CCDH, l’instance qui est chargée de l’application des recommandations de l’ex-IER :
- L’application immédiate des décisions les concernant émanant de l’ex-IER
- L’intégration sociale
- La régularisation de la situation administrative et financière
- La prise en compte de l’ancienneté pour la retraite

Trois d’entre eux ont été transportés à l’hôpital le 19 mai 2009 dans un état alarmant.

Abdelkebir El Bahi, étudiant de 21 ans, s’est joint au sit-in illimité devant le même CCDH le 14 mai 2009, jour anniversaire de son drame.
Il a été jeté du 4ème étage par un membre des forces auxiliaires lors d’une intervention violente à la cité universitaire de Marrakech le 14 mai 2008. Abdelkébir s’est brisé la colonne vertébrale et la cage thoracique ce qui lui a causé une paralysie. Il réclame que les soins médicaux soient pris en charge par le CCDH et que lui soit attribuée une indemnité d’autant que sa famille est dans l’impossibilité de subvenir à ces charges. Son père écope de cinq mois de prison ferme à la prison Lakhal de Layoune après avoir déjà passé deux mois à la prison locale de Smara.

La situation de ces neuf anciens prisonniers politiques et de l’étudiant Abdelkébir El Bahi devient critique. Le CCDH leur tourne le dos et ne daigne même pas les recevoir pour étudier une sortie avec eux.

L’ASDHOM dénonce cette attitude irresponsable et inacceptable .
Source : ADHOM
asdhom@asdhom.org

Expulsion : Une autre famille marocaine jetée à la porte de la France

Même s’il avait quelque peu résisté, Ammar Amedjar a fini par être expulsé de France vers le Maroc. Contraints, sa femme et ses enfants l’ont suivi. Leur combat continue…
Le Réseau Éducation Sans Frontières se mobilise en France pour soutenir Ammar Amedjar et sa petite famille. Mais n’est-ce pas trop tard ? Le principal concerné veut bien croire que non. « J’ai envoyé des lettres partout et j’attends », affirme-t-il avec espoir. Lui qui dit n’avoir commis nul autre tort que d’avoir décidé d’aller en France pour vivre auprès de son épouse, Rahma et de ses enfants. Mais, il en a été expulsé sans ménagement. De retour à Béni Mellal, il se dit déçu. Il affirme mal imaginer comment il pourrait vivre séparé de sa petite famille qui l’a rejoint au Maroc et qui devra revenir incessamment en France. Mais comment en est-il arrivé là ?

lundi 18 mai 2009

Messages des anciens prisonniers de Sidi Ifni

À tous ceux qui nous ont soutenus
15 mai 2009
C'est grâce à la solidarité que vous avez exprimée à travers les pétitions, les rassemblements devant les ambassades et les manifestations que nous, prisonniers, avons pu résister derrière les barreaux des prisons du régime marocain. Cette solidarité magnifique avec nous et avec la population réprimée de Sidi Ifni-Aït Baamrane, ajoutée aux efforts de résistance de nos familles et des associations marocaines militantes, a été un bouclier protecteur qui a obligé le régime marocain à alléger les condamnations injustes prononcées contre nous par la Cour d'appel d'Agadir. Nous vous exprimons notre gratitude et notre joie pour cette victoire mais nous voudrions insister sur le fait que nos camarades encore emprisonnés à la prison d'Inezgane et de Tiznit ont encore un grand besoin de votre soutien (voir liste ci-après) Par ailleurs, la clémence relative du jugement n'est qu'une victoire provisoire et partielle, car les personnes jugées, qu'elles soient encore en détention ou en liberté, sont en attente d'un procès en appel dans les prochains mois. En outre les promesses de développement restent largement fictives et sans rapport avec les revendications réelles des habitants. Chers camarades, notre résistance face à l'appareil de répression sauvage et votre solidarité sans faille seront la seule garantie pour que notre victoire soit complète et une boussole pour la poursuite de notre combat commun. Vive la solidarité.
Venceremos
Brahim Bara
Azeddine Amahil
Mohamed Lamrani
Mustapha Akesbi (Ex-prisonniers de Sidi Ifni)
Liste des détenus encore emprisonnés
Prison d'Inezgane :
Hassan Agharbi
Zakaria Rifi Zine
Elabidine Radi
Houssein Tizougarine
Mohamed Issam
Prison de Tiznit
Ahmed Ahgoun
Hussein Boumzough
Brahim Harbili
Saoulajane Elhouari
Omar Aarab
Miloud Boutakat

dimanche 17 mai 2009

Neuf anciens prisonniers en grève de la faim devant le CCDH

Depuis plus de deux semaines, neuf anciens prisonniers observent un sit-in permanent devant le siège du Conseil Consultatif des Droits de l'Homme à Rabat. Cette manifestation est la énième initiative pour tenter d'obtenir de ce Conseil la mise en oeuvre des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation concernant la régularisation de leur situation administrative et leur intégration sociale. Devant la fin de non-recevoir qui leur a été adressée par le Président du CCDH -Ahmed Herzenni, ancien prisonnier comme eux- ils ont décidé de durcir leur mouvement et d'observer une grève de la faim illimitée à compter du mercredi 13 mai, en plein air, dans le petit square qui jouxte le CCDH en face de la Mosquée des Martyrs. Ils ont reçu la visite ce 15 mai d'une délégation médicale déléguée par la Ligue marocaine des Droits de l'Homme. Ces médecins ont demandé qu'une salle du CCDH leur soit ouverte pour qu'ils puissent examiner les grévistes à l'abri des regards. La demande a été rejetée.
Ils ont été rejoints pour ce sit-in illimité par Abdelkébir Bahi, étudiant à Marrakech paralysé depuis que les forces de l'ordre, le 14 mai 2008, l'ont précipité du haut d'une fenêtre du 4è étage de la cité universitaire et qui réclame une prise en charge des soins médicaux qu'il nécessite et une indemnisation.
Vous pouvez écrire des lettres d'appui à leurs revendications à
Monsieur Ahmed Herzenni Président du CCDH ccdh@ccdh.org.m FAX: + 2123 772 68 56.
Monsieur Abdelwahab Radi Ministre de la Justice lididi@justice.gov.ma
FAX: + 21237 72 37 10 + 21237 73 07 72 + 21237 73 89 40

Avis à l'opinion publique
Nous soussignés, victimes de la répression politique et des années de plomb au Maroc, deux années après réception des décisions de l'Instance pour l'Equité et la Réconciliation ordonnant la régularisation de nos situations administratives et notre intégration sociale, et après les correspondances adressées à ce sujet à toutes les instances responsables de l'exécution des dites décisions, à commencer par le Conseil consultatif des Droits de l'Homme en passant par les voies gouvernementales concernées et le rappel à tous les Responsables de l'Etat de l'objet du discours royal du 6 janvier 2006 appelant à l'application immédiate des recommandations formulées, nous déclarons:
- notre désespérance suite à cette politique de mystification et d'atermoiements
- l'épuisement de toutes nos formes de protestation, de sit-in et de manifestations pacifiques
Nous déclarons à l'opinion publique et internationale notre entrée contraint dans une grève de la faim ouverte à partir du 13/05/2009.
En cette occasion, nous prions toutes les forces vives démocratiques de nous apporter leur soutien aux fins d'arracher nos droits légitimes à la régularisation administrative et sociale de notre situation telle que stipulée dans les décisions de l'Instance pour l'Equité et la Réconciliation.

En outre, nous tenons et tiendrons pour responsables les centres de décision et acteurs gouvernementaux agissant dans le but de perturber l'exécution de la Décision Royale recommandant l'exécution sans atermoiements des décisions concernant notre situation.

De même, nous responsabilisons ces instances perturbatrices de toutes les conséquences sanitaires et humaines qui résulteront de notre grève.

Bouzari Mustapha
Lamrikhi Hafid
Chmal Samir
El Majdoubi Rachid
Ouaziz Mustapha
Sedki Rafik
Benada Azouz
Bodor Abdelhak
Ouezzani Driss

Yahya Med Elhafed transféré à l'hôpital dans un état critique

par ASVDH, 17 mai 2009
L’administration pénitentiaire de la prison de Ait Melloul a transféré le défenseur des droits de l’homme et détenu politique sahraoui gréviste de la faim Yahya Mohamed Elhafed, vers une direction qui est restée inconnue pendant plus de 24 heures .
Selon des sources à l’intérieur de la prison, il a été extrait de sa cellule par la force dans un très mauvais état hier vendredi matin, a 10 h 30. D’autres informations après ont confirmé sa présence à l’hôpital Hassan II à Agadir et que sa famille souffre toujours et qu’elle n’a pas pu lui rendre visite jusqu’au présent.
Pour rappel, Yahya Mohamed Elhafed, et ses camarades Hassan Khallad, Mahmoud Elberkaoui et Lefkir Lahcen sont engagés dans une grève de la faim illimitée depuis 42 jours au mépris total de ce qui pourrait arriver à leur état de santé et sans obtenir aucun dialogue pour répondre à leurs demandes.
Le comité local de l’ASVDH, section de Boujdour, condamne le mépris de l’administration pénitentiaire pour l’état de santé des grévistes de la faim et fait appel aux organisations des droits de l’homme à intervenir pour sauver leurs vies et répondre à leurs demandes légitimes.
Comité local de l’ASVDH, section de Boujdour




Hassan Khallad

Lahcen Lafkir
Mahmoud Elbarkaoui

samedi 16 mai 2009

Pour la libération de Yahya Mohamed El Hafed Aaza

Nous avons écouté attentivement le poignant appel de Mohamed Elhafed qui explique dans la vidéo ci-contre la situation désespérée de sa famille : lui, aveugle, les deux mains coupées, très âgé, son épouse malade, également très âgée, tous deux dépendant de leur fils incarcéré à Aït Melloul , condamné à 15 ans de prison ferme pour délit d’opinion, très affaibli par une longue grève de la faim.
Mohamed Elhafed demande aux militants des droits de l’homme d’intervenir auprès des autorités du royaume pour demander la libération de son fils sans lequel lui et sa femme ne peuvent pas continuer à vivre.
Nous proposons un modèle de lettre à copier ou à la personnaliser et à envoyer aux adresses ci-dessous. Copier-coller ne demande qu’un instant…Un grand nombre de lettres peut avoir un réel impact.(
Rédaction Solidmar)

APPEL URGENT AUX AUTORITES DU MAROC
Premier Ministre :
courrier@pm.gov.ma
Ministère de la Justice :
lididi@justice.gov.ma
Copies au CCDH :
ccdh@ccdh.org.ma et à l’OMCT : Appeals@fidh-omct.org
Mesdames, Messieurs,
Nous avons été informés de la situation désespérée d’un vieux couple et de leur fils Yahya. Monsieur Mohamed Elhafed, 82 ans, est aveugle, ses deux mains sont coupées. Son fils s’occupait de lui pour l’hygiène, pour lui donner à manger, pour tous les besoins et gestes quotidiens qu’il ne pouvait accomplir sans mains. Son épouse, 70 ans, ne peut l'aider, elle est malade et également dépendante de son fils qui la soignait.
Mais Yahya, arrêté avec 11 camarades pour délit d’opinion pour avoir cru au droit des peuples à l’autodétermination, est incarcéré au pénitencier d’Aït Melloul. Il est condamné à 15 ans de prison ferme. Désespéré de ne pouvoir s’occuper de ses parents, il est en grève de la faim ouverte depuis le 4 avril. Son état de santé est très préoccupant.
Malgré ses handicaps, son père s’est rendu plusieurs fois à la prison, à 700 km de son domicile, accompagné de la femme de son fils et de leurs enfants, pour le voir ne serait-ce qu’un instant et lui remettre des vêtements et des couvertures, car il manque de tout. Mais on lui refuse cette visite comme on lui refuse tout contact par téléphone. Il est difficile d’imaginer répression plus inhumaine, plus cruelle …
Cette situation est inacceptable pour les militants des droits de l’Homme, et pour toute personne qui a quelque peu un sentiment d’humanité et de respect pour des personnes âgées et handicapées. Ces trois personnes paient très cher le fait d’avoir osé penser en dehors des normes imposées.
Nous lançons cet appel urgent aux autorités marocaines :
libérez Yahya, rendez–le à ses parents qui ont besoin de lui pour continuer à vivre, avant qu’il ne soit trop tard.
Nous nous joignons à Monsieur Mohamed ElhafEd pour demander également la libération des onze autres prisonniers d’opinion qui, pas plus que son fils, ne sont des criminels.
Nom Prénom Lieu de résidence Signature date

vendredi 15 mai 2009

Poursuivie par la justice française pour avoir voulu épouser un Marocain

par Lauranne Provenzano, Jeune Afrique, 15/5/2009
Abus de langage ? Dérive juridique ? Le « délit de solidarité » représente en tout cas le quotidien de plusieurs couples mixtes, confrontés à des mesures de rétorsion à la limite de la légalité. Pour ceux qui veulent faire leur vie avec un immigré clandestin, il est clair qu'il existe aujourd"hui un « délit d'aimer ».
Il n’est pas inscrit au Code pénal mais il existe bel et bien. Le « délit de solidarité », comme l’appellent les associations de défense des sans-papiers, concerne entre autres les personnes qui se rendraient coupables d’ « aide à l’entrée » et d’ « aide au séjour irrégulier » des sans-papiers.
C’est le cas de Jennifer Chary, une jeune française de 23 ans poursuivie par la justice pour avoir hébergé son concubin, avec lequel elle prévoyait de convoler en avril dernier. Signalé par les services municipaux en charge du dossier de mariage, M'hamed Naïmi a été renvoyé au Maroc une semaine avant la noce, après un séjour au Centre de rétention administrative (CRA) de Lyon.
La jeune femme, quant à elle, est passée devant le tribunal correctionnel le 11 mai dernier. Après le rejet par son avocate de la procédure du « plaider coupable », le procès a été reporté à septembre prochain. Elle encourt jusqu'à cinq ans de prison et 30 000 euros d'amende.
Amalgame ?
Le gouvernement, par la bouche du ministre de l’Immigration Eric Besson, maintient pourtant qu’ « en 65 ans, depuis qu'existe l'article L622-1 -du Code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile-, personne n'a jamais été condamné pour avoir simplement hébergé, donné à manger ou transporté en voiture en auto stop un étranger en situation irrégulière ».
Il rappelle que seuls sont punis les réseaux et les filières qui profitent lucrativement des immigrés clandestins.
L' Assemblée nationale a d’ailleurs rejeté le 5 mai dernier une proposition de loi des députés socialistes visant à dépénaliser le "délit de solidarité" envers les sans-papiers.
Mobilisation des associations
Plusieurs associations comme le collectif de couples mixtes les « Amoureux au ban public » ou le Gisti dénoncent pourtant le risque de banalisation de ce genre de pratiques.
Pour se faire entendre, 16 associations ont adressé un courrier au ministre de l’Immigration le mois dernier. Emmaüs France, la Cimade, le Secours catholique-Caritas, le Réseau éducation sans frontières (RESF), le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Médecins du Monde et la Ligue des droits de l'Homme figurent parmi les signataires.
Une manifestation contre le « délit de solidarité » a récemment été organisée dans 90 villes de France.
« Les Amoureux au ban public » évoquent dans un communiqué d’autres cas de couples confrontés aux mêmes mesures et dénonce une « criminalisation de l’amour ».
« Depuis sa naissance en juin 2007, le mouvement a eu connaissance de quatre autres procédures judiciaires engagées contre des français en concubinage avec des étrangers en situation irrégulière ainsi que de plusieurs rappels à la loi prononcés par le Parquet ».
« De nombreux témoignages reçus relatent en outre les menaces de poursuites pénales régulièrement proférées par les services policiers ou administratifs et les conditions d'interpellation et d'audition humiliantes et dégradantes », poursuit le communiqué.
Dans la majeure partie des cas, les personnes sont relaxées, conformément au fameux article L622. Mais à chaque fois, le concubin étranger est renvoyé dans son pays, accusé d’avoir conclu un mariage blanc et se voit interdit de séjour pendant plusieurs années. Il arrive que le couple ait déjà un enfant...

Solidarité avec les 8 inculpés de Ben S'mim !

L'usine en construction. Photo Jérômine Derigny. Voir son reportage photo ici


À l'heure actuelle, la station de captage de la source et l'unité de conditionnement en bouteilles sont achevées à Ben S'mim. La route de raccordement permettant le passage des poids lourds est bien avancée.

Le procès des 8 de Ben Smim a repris le 4 mai. Le procureur a requis contre les prévenus une amende de 4 millions de dirhams (400 000 €) !! En quelques sortes non seulement les habitants se font voler leur eau mais en plus c'est à eux d'en payer les frais!
Le verdict sera rendu le 25 mai devant le tribunal de Meknès.
Suffisamment de temps pour écrire au ministre de la Justice et au Premier ministre (avec copie à l'ACME et à la presse) en demandant la relaxe pure et simple des habitants de Ben S'mim.

M. Le Premier Ministre : - Fax : 00 212 037761777 http://www.pm.gov.ma/fr/contact.aspx ou courrier@pm.gov.ma
Ministère de la Justice
lididi@justice.gov.ma

Source : Lucile Daumas - Attac Maroc

Marrakech : la révolte des étudiants, un an déjà. Procès le 28 mai

Les 18 étudiants de Marrakech, du « groupe de Zahra » ont été arrêtés il y a un an. Leur procès est sans cesse reporté : 5 août, 26 février, 19 mars, 2 avril. Il doit avoir lieu le 28 mai. La justice continuera-t-elle à jouer avec les nerfs de ces jeunes qui ont eu le tort de réclamer des conditions de vie et d’études plus dignes ? Il est urgent que Abdelkbir Bahi soit indemnisé et que ses compagnons d’études soient tous enfin libérés après cette année d’épreuves et d’humiliations. (Rédaction SOLIDMAR)


Lire Maroc : la révolte des étudiants violemment réprimée, par Gaël Chavance , Rue89, 31/5/2008

SECOUONS-NOUS !
à peine 21 ans!!!!!
Bahi Abdelkbir
21 ans!!!!!
est en sit-in devant le conseil consultatif des droits de l’Homme.
ce jeune étudiant
de Marrakech
a été tout bonnement
jeté de la terrasse
du 4ème étage
par un membre des forces auxiliaires
les forces du sinistrement connu : Laanigri
ceux que le bon peuple
appelle :MROUDS..
c'est arrivé
y a exactement un an
le 14mai 2008
lors de l'invasion barbare de ces forces
de la cité universitaire..
enfonçant les portes
détruisant le matériel
tabassant
insultant
arrêtant
ZAHRA et ses camarades..
ce jeune homme
touché à la colonne vertébrale
rendu handicapé
par cette horde de sauvages..
a décidé de demander réparation
surtout que son père
est emprisonné pour 5mois...
devenu un fardeau pour les siens
il est là
à Rabat
amenant avec lui son linceul
décidé à mourir
si réparation n'est pas faite..
blessé
handicapé
au froid
car même le temps n'est pas clément
surtout la nuit
il risque beaucoup
plus qu'il ne supporte déjà
plus qu'il ne subit déjà..
on ne peut laisser faire
on ne peut occulter
je vous en prie
bougeons
pour lui
pour cette jeunesse
qu'on détruit
peu à peu

Smirnova, jeudi, 14 mai 2009 - 21:25 (BST)

SCANDALE. Hafsa saison II

par Zoé Deback, envoyée spéciale à Khénifra, TELQUEL, 15/5/2009 La veuve et l’orphelin de Mohamed Kawtar, victime d’un accident de la circulation. (ZD)

Le clan de la tante du roi continue de faire la loi à Khénifra où un nouveau drame vient de survenir.
L’euphorie est retombée dans la ville de l’Atlas après la manifestation spectaculaire du 18 avril contre les abus de pouvoir de Hafsa Amahzoune, une des demi-sœurs de la mère du roi. Fatima Sabiri, l’avocate qui accuse Hafsa Amahzoune de l’avoir agressée, se désespère de voir ce clan gripper les rouages de la justice. “Le procureur du roi traîne des pieds et des gens sont en train de faire pression sur mes témoins”, nous déclare-t-elle. Quant à la tante du roi, qui nous avait reçus le 21 avril dans un hôpital de Meknès, se déclarant victime et non coupable de l’agression, un second drame a montré aux habitants de Khénifra qu’elle va nettement mieux. Dès le lendemain, elle aurait été aperçue, selon plusieurs témoignages dignes de foi, sur les lieux d’un accident de circulation mortel survenu dans la ville. Le conducteur d’un véhicule identifié comme appartenant à la famille Amahzoune a renversé (et tué sur le coup) un piéton. “Le conducteur et le passager ont pris la fuite immédiatement, nous raconte un témoin oculaire. Moins d’un quart d’heure plus tard, Hafsa Amahzoune est arrivée sur place. Elle avait l’air paniquée et elle est descendue de sa voiture, alors qu’elle était en pyjama”. Mustapha Addari, président de la section locale de l’AMDH, nous explique que toute la ville chuchote que le conducteur pourrait être l’un des fils de Hafsa : “Nous avons retrouvé des témoins, mais tous refusent de faire des déclarations. La peur est officiellement de retour à Khénifra”. Hafsa, jointe par téléphone, nie tout en bloc : “Accident, quel accident ? Je ne suis au courant de rien, laissez-moi tranquille”, s’est-elle contenté de nous répondre. A suivre…

jeudi 14 mai 2009

Israyil d tamurt tamagdayt* ?

D tadiwennit** ed Mauro Manno
*démocratique
**interview
23 Fuṛaṛ 2009
Tameskart : Giovanna Canzano
Tessuqqel-itt-id Mary Rizzo. Tcegger-itt (réviser) Saja.
Ameddakel-nneγ Manno yemmut deg wass n Ljemεa 13 Fuṛaṛ 2009 deg Napoli. 57 n yiseggasen deg leεmeṛ-nnes. Mauro yekfa iseggasen ineggura n tudert-nnes i lmend n uhuddu n tmuγliwin yeccḍen ay sεan medden γef tṣ̣ehyunit ed Isṛayil. Ta d tadiwennit-nnes taneggarut ay iga deg Yennayer 2009. Ttxil-wen, rzum γef usebter (page) ay deg ay as-nerra tajmilt. ”Anda-t ljens ara iqeblen ad d-yettuḥettem fell-as sufella beḍḍu n wakal-nnes, γas ma yella win ay t-id-iḥettmen d Tuddsa n Iγlanen Yeddukklen [ONU] (ay deg, ur yessekf ad t-nettu, deg zzman-nni, ddulat ay yettekkan deg-s d tis ṛebεa n ddulat ay yettekkan deg-s ass-a, yerna imir-nni tella seddaw n ṛṛay n Yiwunak Yeddukklen ed Tdukli Tasuvyatit). Lemmer d ay tnuda Tuddsa n Yeγlanen n Yeddukklen (ONU) ad tḥettem lxedma s Ṛṛay wis 194 ay yessuttren seg Isṛayil ad tejj Ifalesṭiniyen ay yettwanfan s yiγil ad d-qqlen γer tmurt-nsen, d ay-n ibanen lumuṛ ad ilint ddant akk-n niḍen. Maca Isṛayil tugi Ṛṛay-nni ... ” (Mauro Manno)à l

mardi 12 mai 2009

À Sidi Bernoussi*, la classe ouvrière entre l'arbitraire patronal et la répression policière

par Ali Fkir, 12/05/2009
Sous prétexte qu'ils subissent les répercussions de la crise capitaliste mondiale, des patrons (qui n'ont en réalité aucun problème) réduisent (ou ferment leurs usines pour quelques jours) les effectifs des salarié-Es (ce qui ne les empêche pas de réembaucher contre des salaires réduits, économisant ainsi des millions de Dh au niveau de la masse salariale et au niveau des primes d'ancienneté...). Les premières victime de ces licenciement abusifs (sans indemnité aucune) sont bien sûr les militants et militantes syndicaux.




































C'est le cas des patrons de
- ARYAN'S (confection, exploitant plus de 500 salarié-Es) qui viennent de licencier abusivement 45 ouvriers et ouvrières (y compris tout le bureau syndical - UMT). Leur seul crime est leur décision de se syndiquer, droit reconnu par la constitution.
- DOLLSAB (confection, employant 70 ouvrières), qui décide de fermer sans payer les salaires dûs, ni indemniser, ni justifier la fermeture qui reste illégale.
- TOP Clothing Company (confection employant plus de 100 salariés dont la majorité est constituée de femmes), qui a licencié les syndiqué-es (UMT).
Le patron change chaque fois le nom de l'entreprise (remise à zéro de la durée de l'ancienneté...): de ZAKITEX, il passe à KITEX, puis à Top Clothing Company, et aujourd'hui à MARBLE-Steel (sans reprendre cette fois - ci les syndiqués).
- SN City Wash (lavage industriel et teinture, employant plus de 300 salariés), qui licencie 22 militants syndicalistes (UMT), pour appartenance syndicale.
Les points communs à la majorité de ce type de patrons.
* Non respect du SMIG
* Pas de bulletin de paie
* Non déclaration à la CNSS ( ou déclaration partielle)
* La durée de travail hebdomadaire non respectée (sans que les heures supplémentaires soient payées)
* Atteinte à la dignité des ouvrier-Es (insultes, comportements dégradants...)
* Allergie à l'activité syndicale.
Que font les autorités "compétentes"?
Elles épaulent les "gentils" patrons contre les "méchant-Es" ouvrier-Es.
Le 5 mai 2009 la police a tabassé les ouvrier-Es de ARYAN'S (j'ai vu personnellement les traces des matraques), a arrêté 11 militants qui ont été relâchés par la suite après avoir signé des PV dont ils ignorent toujours le contenu.
Ces victimes ont organisé le 12 mai 2009 une marche de protestation dans le quartier industriel de Bernoussi. Des syndicalistes étaient là pour exprimer leur solidarité avec leurs camarades (les représentants des 650 CEMABOIS de Sidi Maârouf toujours en grève pour leurs droits légitimes, des salarié-Es du CINÉMA DAWLIZ...).
Les ouvriers et ouvrières victimes de l'arbitraire patronal, de la complicité des autorités, de la surexploitation capitaliste ont réussi leur marche du mardi 12 mai 2009, et ils ne pensent pas rester inactifs tant que leurs droits légitimes sont bafoués.
Les droits ne se donnent jamais, ils s'arrachent.
Il n ' y a pas d'autres solutions en dehors de la lutte consciente, organisée et unitaire.
* Sidi Bernoussi : la Zone industrielle de Sidi Bernoussi Zenata au sud de Casablanca est l'une des plus anciennes et la plus importante du Maroc, avec plus 600 entreprises ssur 1000 hectares employant plus de 50 000 travailleurs et travailleuses, réparties entre textile et cuir (40%), chimie (30%), industrie mécanique et électrique (20%) et agro-industrie (10%). Une dizaine de bidonvilles hébergeaient en 2001 7500 personnes, des travailleurs et leurs familles. Ils sont en voie de résorption dans le cadre d'un programme piloté par la Banque mondiale.(NDLR SOLIDMAR)

Libertés en danger

par ASDHOM, Paris, 11 mai 2009
L’ASDHOM qui a combattu au fil de ses 25 ans d’existence, les atteintes graves aux droits élémentaires exprime sa grande inquiétude quant à une recrudescence de ces dernières au Maroc.
Des brèves pas réjouissantes se succèdent les unes aux autres. On assiste à des interpellations ciblées de militants, à des vagues d’arrestations et d’enlèvements, à des condamnations arbitraires et à un silence assourdissant comme seule réponse aux grèves de faim que mènent des détenus d’opinion à travers différentes prisons du pays. Les disparitions forcées en série refont surface d’une façon alarmante.
Des défenseurs des droits de l’Homme font les frais de ces atteintes. C’est le cas de M. Chakib AL KHAYARI qui a été arrêté sans ménagement par les forces dites de sécurité à Nador, avant d’être mis illégalement en garde à vue et déféré devant un juge d’instruction à Casablanca pour se voir notifier des accusations infondées visant à le museler et à mettre un terme à son combat.
On emprisonne et on condamne les révoltés, victimes des inondations à Sidi Kacem (Khnichat), pour le simple fait d’avoir exprimé leur détresse et avoir dénoncé l’absence de secours appropriés.
On maltraite et on poursuit des journalistes d’AL AYAME, pour la photo (non publiée) d’une princesse. On condamne le bloggeur Houcine Barhoune à 6 mois de prison ferme pour ses critiques sur la toile des agissements des notables locaux de la région de Tétouan.
Après le procès des jeunes de Sidi Ifni, d’autres procès se déroulent ou se préparent à travers le pays…
Les pratiques du Maroc des années de plomb sont bien là… Elles se déroulent sous le regard bien vaillant d’un Conseil Consultatif des Droits de l’Homme qui est censé mettre en application les recommandations d’une autre instance étatique : l’IER. Laquelle instance avait été créée pour éluder en principe les violations graves des années de plomb, réparer et permettre une réconciliation…
Le Maroc qui a du mal à cicatriser ses blessures béantes est soumis de nouveau à une rude épreuve où l’arbitraire se perpétue.

Par les informations préoccupantes que nous relatons ci-dessous, nous voulons alerter les forces démocratiques et le mouvement de défense des droits humains sur la gravité de la situation et l’exigence de la vigilance.


Fès
Le 5 mai, six étudiant(e)s de l’université Mohamed Ben Abdellah ont été présentés en état de liberté devant le tribunal de 1ère instance de Fès. Le procès a été reporté au 2 juin.
Le lendemain, treize autres étudiants dont onze détenus à la prison locale Ain Kadouss ont été présentés devant le juge d’instruction de la cour d’appel de Fès. Ces détenus mènent une grève de la faim de quinze jours pour dénoncer les conditions de détention et la torture qu’ils ont subie lors des interrogatoires. Les familles, constituées en comité de soutien, se sont rassemblées devant le tribunal pour les soutenir et réclamer leur libération. Les forces de l’ordre ont usé de la force pour les disperser. Plusieurs manifestants ont été blessés et la tentative d’enlèvement d’une des responsables du comité de soutien a échoué grâce à la mobilisation des familles et des étudiants présents ce jour-là. En signe de solidarité avec les détenus, les étudiants ont manifesté massivement sur le campus universitaire de Dhar Lmahraz. Plus de deux cents d’entre eux ont entamé une grève de la faim de 48h et arrêté les cours pendant deux heures. Les forces de police ont investi le campus et des exactions ont été commises à l’encontre des étudiants. Le procès a, quant à lui, été reporté au 1er juin 2009.
L’ASDHOM s’inquiète de l’usage de la force pour mater le mouvement estudiantin. Elle exprime son soutien aux étudiants détenus qu’elle considère comme des détenus d’opinion. Elle interpelle les autorités marocaines pour retirer sans plus tarder ces forces de l’ordre du campus universitaire, libérer tous les étudiants détenus et procéder à l’amélioration des conditions d’études.

Tantan et Inzgane
Yahya Mohamed Alhafed Iâza, membre de l’AMDH -section de Tantan-, Ennajem Bouba et Ali Bouâmoud du CODESA, ainsi que d’autres prisonniers d’opinion, répartis sur les prisons locales d’Aït Melloul et Inzgane, sont en grève de la faim ouverte depuis le 4 avril 2009. Leur santé se détériore de jour en jour et le pire peut survenir à tout moment, surtout pour Mahmoud El Barkaoui et Hassan Khallad qui ne sont plus capables de communiquer ni de se mouvoir. Ils sont détenus en isolement total après avoir subi un traitement inhumain et dégradant et après avoir été transférés de force de la prison d’Inzgane à la prison d’Aït Melloul.
L’administration pénitentiaire pratique la sourde oreille à toutes leurs revendications légitimes. Elle leur refuse l’amélioration de leurs conditions de détention, les prive des visites de leurs familles et refuse de les séparer des prisonniers du droit commun. L’ASDHOM considère que ces détenus payent injustement pour avoir exprimé une opinion qui n’est pas celle des autorités marocaines concernant le conflit du Sahara.

A Goulmim, M. Abdallah Ouled Abdelkader Al Manfaâ a été enlevé le mercredi 6 mai 2009 de chez lui et devant sa femme par des personnes inconnues après lui avoir confisqué ordinateur et téléphone portable.

A Boujdour, c’est MM. Lahcen Zahid et Sedki Mustapha qui ont été enlevés à leur tour par des personnes inconnues après une surveillance très remarquée des agents de renseignements.

A Layoun et presque au même moment, l’élève Razaki Yassine, 18 ans, a subi le même sort lorsque des personnes l’ont cueilli à la sortie de la mosquée. Un peu plutôt dans la soirée, sa mère a reçu la visite de cinq personnes en civil se présentant de la police et qui ont fouillé sa maison à la recherche de livres et de documents appartenant à Yassine. Le citoyen Gaya Mohamed Saleh n’a pas échappé non plus à cette série d’enlèvements inquiétante. Après six jours de disparition forcée, ils ont été relâchés le 10 mai par leurs ravisseurs à Casablanca en compagnie de quatre autres citoyens dont nous n’avons pas les noms.
Les autorités locales déclinent toute responsabilité derrière ces enlèvements et déclarent ne pas connaître le lieu où ces citoyens sont retenus.

L’ASDHOM estime que ces enlèvements s’inscrivent dans la vague d’arrestation opérée à travers tout le pays contre des citoyens en raison de leurs pratiques religieuses (islamistes, chiites). Ces enlèvements et disparitions forcées nous rappellent un passé pas très glorieux. La liberté de culte se trouve malmenée, tout comme la liberté d’expression.

L’ASDHOM rappelle que le Maroc a signé le 6 février 2007 la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Elle lui demande de la ratifier et surtout de la mettre en application en abandonnant ces pratiques qui lui font tant de mal.

L’ASDHOM s’inscrit dans la campagne internationale, lancée en mai 2009 par des organisations de défense des droits de l’Homme, pour sauver la vie des prisonniers politiques en grève de la faim. Elle demande aux autorités marocaines de mettre fin aux exactions arbitraires et de se conformer à leurs engagements en matière de respect des droits de l’homme.

16 mai 2009 : Journée internationale de solidarité avec les diplômés chômeurs

Ils – et elles – se retrouvent chaque jour devant le siège du Parlement à Rabat. Ils –et elles- sont divisés en cinq groupes portant chacun une couleur différente, selon leur niveau d’études et de qualification. Les diplômé-es chômeur-ses sont au Maroc au bas mot 400 000. Ils mènent depuis de longues années un combat plutôt désespéré pour trouver un emploi dans un pays où, avec un Bac + 5, on se retrouve dans le meilleur des cas esclave téléphonique dans un centre d’appel, à moins d’obtenir, par relations et par bakchich, un poste subalterne dans lequel on fera le travail censé être fait par un supérieur incompétent. La photo ci-dessus résume bien la réponse du makhzen à la revendication d’un emploi digne.
Depuis la répression sauvage du soulèvement de Sidi Ifni, en juin dernier, le mouvement des diplômé-es chômeur-ses a suscité une vague de sympathie au-delà même des frontières du royaume. Dernier exemple en date
:
Journée internationale de solidarité avec les diplômés chômeurs
Par Agustín COSTA (Coordination syndicale Euromaghrébine)
La Coordination syndicale euromagrhebine (à laquelle adhèrent, entres autres, la CNT, les syndicats autonomes algériens et la CGT espagnole) propose de transformer le 16 mai 2009 en une journée internationale de lutte contre le chômage, la précarité et l´exclusion sociale, en soutien avec l´Association Nationale de Diplômés/ées en chômage du Maroc (ANDCM).
Le 16 mai 1993, Moustafa El Hamzaoui, militant de l´ANDCM, a été kidnappé, torturé et assassiné dans le commissariat de police de Khenifra.
Depuis lors, l´ANDCM a fait de cette date une journée qui maintient vivante la flamme de la lutte pour laquelle Mustafa El Hamzaoui a livrée sa vie.
Depuis lors, l´ANDCM, bien que n´étant pas légalisée, malgré la répression continue contre ses militants, maintient sa lutte pour le droit au travail et à s´organiser librement et pour une transformation démocratique réelle de la société marocaine.
A l´heure où le chômage et la précarité ne cessent d´augmenter, où les politiques fiscales ne bénéficient qu´au Capital, où les privatisations des entreprises et des services se multiplient, où on privatise les bénéfices et on socialise les pertes, il est plus nécessaire que jamais de globaliser la résistance, promouvoir des alternatives à la crise du capital.
C´est pourquoi nous appelons toutes les organisations impliquées dans la lutte contre le chômage, la précarité et l´exclusion sociale à participer 16 mai à Khenifra avec l´ANDCM à la journée de lutte en mémoire de Moustafa El Hamzaoui, ainsi qu´à effectuer des actions et des rassemblements devant les ambassades et les consulats marocains, exigeant la reconnaissance légale de l´ANDCM et le châtiment des coupables de l´assassinat de Mustafa El Hamzaoui.

من أجل حرية تكوين الجمعيات في المغرب، تضامن مع الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب
Por la libertad de asociación en Marruecos. Solidaridad con la ANDCM
Pour la liberté d’association au Maroc. Solidarité avec l´ANDCM.
ANDCM: Solidaridad / Solidarité / التضامن

El 4 de abril de 2009
Los/as abajo firmantes, ciudadanos/as de las dos orillas del Mediterráneo, queremos expresar nuestra solidaridad con la Asociación Nacional de Diplomad@s en Paro de Marruecos que desde su creación el 26 de octubre de 1991, mantiene su lucha por el derecho al trabajo y a organizarse libremente y por una transformación democrática real de la sociedad marroquí. La historia de la ANDCM, que no es reconocida legalmente por el gobierno marroquí, es una historia llena de represión: prisión, apaleamientos, multas, detenciones y juicios injustos por parte del gobierno marroquí, ejercidos sobre la Asociación y sus militantes, por el delito de luchar por su derecho al trabajo y a organizarse libremente. El 16 de mayo de 1993 moría asesinado en la comisaría de policía de Khenifra el militante de la ANDCM, Mustafa El Hamzoui, sin que hasta hoy se hayan esclarecido los hechos, encontrado su tumba y castigado a los culpables. La fecha de su asesinato, el 16 de mayo, se considera el día internacional de lucha contra el paro, la precariedad y la exclusión social. Por todo ello, demandamos del gobierno marroquí: El reconocimiento legal de la ANDCM y su derecho al trabajo y a organizarse libremente El castigo a los culpables del asesinato de Mustafa El Hamzaoui
Nota: Estas firmas se entregarán en las embajadas y consulados marroquíes el 16 de mayo

Nous, signataires de cette lettre, citoyens/ennes des deux rives de la Méditerranée, voulons exprimer notre solidarité avec l’Association Nationale de Diplômés/ées chômeurs/euses du Maroc qui depuis sa création le 26 octobre 1991, maintient sa lutte pour le droit au travail et à s´organiser librement et pour une transformation démocratique réelle de la société marocaine. L’histoire de l’ANDCM, qui n’est pas légalement reconnue par le gouvernement marocain, est une histoire pleine de répression : prison, bastonnades, amendes, détentions et jugements injustes par le gouvernement marocain, exercés sur l’association et ses militants, pour le délit de combattre pour son droit au travail et à s´organiser librement. Le 16 mai 1993 mourait assassiné dans le commissariat de police de Khenifra le militant de l’ANDCM, Moustafa El Hamzaoui, sans que jusqu’à aujourd’hui on ait éclairci les faits, trouvé sa tombe et puni aux coupables. La date de son assassinat, le 16 mai, est considérée le jour international de lutte contre le chômage, la précarité et l’exclusion sociale. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement marocain: La reconnaissance légale de l’ANDCM et de son droit au travail et à s´organiser librement . Le châtiment des coupables du meurtre de Moustafa El Hamzaoui Note : Ces signatures seront livrées dans les ambassades et les consulats marocains le 16 mai

نحن الموقعين أسفله، مواطنون ومواطنات ضفتي البحر الابيض المتوسط، نعبر عن تضامننا مع الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب التي تأسست يوم 26 أكتوبر 1991 والتي مازالت تناضل من أجل الحق في الشغل والتنظيم ومن أجل تغيير ديموقراطي حقيقي في المجتمع المغربي. ان تاريخ الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب الغير معترف به من طرف الحكومة المغربية هو تاريخ القمع: المنع، الاعتقالات، الغرامات، المحاكمات الصورية والمتابعات التي ينهجها النظام المغربي تجاه الجمعية ومناضليها وذلك بتهمة النضال من أجل الحق في الشغل والتنظيم. يوم السادس عشر من ماي 1993 تم اغتيال المناضل مصطفى الحمزاوي في مخفر الشرطة بمدينة خنيفرة، والى حدود اليوم لم يتم اجلاء الحقيقة حول موته ولازلت الجمعية تطالب بالكشف عن قبره ومحاكمة الجناة. ان تاريخ اغتياله، 16ماي يعتبر كيوم عالمي للنضال ضد البطالة والتهميش الاجتماعي. من أجل هذا نطالب الحكومة المغربية ب: الاعتراف القانوني بالجمعية وبحقها في التنظيم معاقبة المسؤولين عن اغتيال مصطفى الحمزاويملحوظة: سيتم تسليم هذه التوقيعات في السفارات والقنصليات المغربية يوم 16 اكتوبر 2009.
Para firmar/Pour signer
http://lsqueluchan.org/spip.php?article1566

lundi 11 mai 2009

La juste reconnaissance

éditorial du quotidien français Sud-Ouest, Bordeaux, 9/5/2009
C'est une chose de rendre hommage à l'armée d'Afrique. C'en est une autre de payer ses dettes envers elle. En ce jour anniversaire de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, 80 000 anciens zouaves, goumiers, spahis, tirailleurs marocains, algériens, ou sénégalais attendent toujours réparation. Ces soldats d'Afrique du Nord et d'Afrique noire, dont le président de la République a, hier, légitimement salué l'action aux côtés des forces alliées, des combats de Sicile à l'entrée dans Berlin, n'ont toujours pas obtenu toute la reconnaissance due.

Cette force potentielle de près de 700 000 hommes, dont un tiers débarqua en Provence, était organisée sur le mode colonial : cadres blancs, soldats indigènes moins bien payés que leurs homologues européens et disposant d'un nombre inférieur de permissions. Après 1959 et la décolonisation, leurs pensions civiles et militaires se virent appliquer un coefficient négatif de « parité de pouvoir d'achat », disposition condamnée en 2001 par le Conseil d'État parce que discriminatoire. La dévaluation des rétributions consenties fit en effet dire qu'un soldat français valait aux yeux de la République 23 Cambodgiens, 7,5 Sénégalais et 4,2 Marocains !
L'action conjuguée d'articles de presse montrant l'errance de ces anciens combattants dans les rues de Bordeaux où ils venaient chercher leurs maigres pensions et du film « Indigènes » avait conduit Jacques Chirac à revaloriser les retraites, mais le compte des pensions est loin d'y être. La proposition de loi déposée à l'Assemblée au mois de novembre dernier (lire en pages 10 et 11) envisage « une juste reconnaissance de ces personnes », c'est-à-dire un rattrapage général qui placerait enfin à égalité tous les frères de sang de l'armée française. Mais il n'est pas sûr que la facture de 500 millions d'euros soit un jour réglée.
Au même moment en Angleterre, les Gurkhas, ces Népalais des régiments de l'armée britannique, se battent pour pouvoir disposer de la nationalité anglaise en échange des services rendus.
Pourquoi, soixante-quatre ans après la seconde Guerre mondiale, existe-t-il encore, chez d'anciens combattants, des « hommes » et des « sous-hommes » ?