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samedi 30 mars 2013

Mouad et Younes, ces deux frères que j'aurais tellement voulu avoir !



Une porte de prison s'est ouverte, ce vendredi 29 mars 2013, à zéro heure et dix minutes, sur deux hommes.
L'un est un chanteur de rap contestataire, Mouad Belghouat, l'autre, un  poète surdoué, Younes Belkhdim. Ils ont exécuté la totalité de leur peine. Un an pour le premier, huit mois pour le second. Jour pour jour, heure pour heure.
Pour un  pays qui se targue de grandir les âmes, rien n'est plus paradoxal et hideux que d'y voir régner cette insoutenable injustice qui ne fait grâce de rien à ceux qui apportent la contradiction au régime. Ni d'une journée de prison, ni d'un casier judiciaire, qu'on aura pris soin de charger jusqu'à la gueule, d'infamie, histoire de salir et de nier l'existence de prisonniers politiques, pendant que les délinquants et les criminels, se pavanent dans les palaces et roulent carrosse.
Hier encore, on accordait à Khalid Alioua, auteur présumé de détournements de fonds et dilapidation des deniers publics, la liberté provisoire que l'on avait systématiquement refusée aux deux artistes. Hier encore, Yasmina Baddou et son époux Ali Fassi-Fihri, dont un faisceau concordant d'indices laisse supposer qu'ils auraient fait l'acquisition de deux appartements luxueux à paris, en totale infraction à la législation des changes, avec, de surcroît des fonds aux origines pour le moins douteuses, sinon délictueuses, se sont vus proposer un arrangement à minima,  par l'Office des changes, au lieu de venir s'expliquer devant un juge.
Mais au-delà de ce constat d'injustice criarde, quelle magnifique allégorie et quelle belle revanche que deux poètes, autodidactes, incarnent ainsi, un militantisme déterminé, contre un régime qui a prémédité la destruction de l'éducation nationale, pour mieux ourdir un analphabétisme de masse.
Toutes les dictatures ont cédé à cet irrépressible besoin génétique, de s'en prendre aux artistes, ces penseurs qui, depuis des temps immémoriaux les ont tournés en dérision, et dénoncé leurs travers et  leurs vicissitudes. Il en va de la tyrannie du Makhzen comme de toutes les autres tyrannies. Elles vivent, prospèrent et meurent de leurs ignominies avant d'être balayées par l'histoire, tandis que ceux qu'elles ont agonis de leurs crimes, continuent, longtemps après leur disparition, à façonner la pensée de leurs semblables et en inspirer la lutte. Et tant pis pour la dictature marocaine, si son acharnement proverbial fit un jour, rentrer dans l'Histoire deux poètes de la trempe de Mouad et Younès.


L'histoire retiendra de cette journée de vendredi, que le Makhzen n'aura pas dérogé à la règle d'or qu'il s'est fixé de ne jamais officier que dans l'ombre. C'est même à cela qu'on reconnaît sa « patte », cette empreinte ignoble !  On connaissait sa préférence pour les procès fabriqués, les verdicts subreptices, les enlèvements nocturnes, la torture dans de sombres culs de basse-fosse et les meurtres souterrains. Le tout, administré par des gangsters encagoulés, afin que jamais leurs victimes ne puissent un jour, les désigner à la vindicte de la justice, des fois que celle-ci renouerait avec son impartialité et son honneur perdu.  Voilà qu'à présent, « ils » se mettent  à libérer nuitamment les militants. En catimini, en loucedé ! Après ça, il s'en trouvera toujours un, parmi les représentants du ministère public, du gouvernement  ou des Droits de l'homme, pour venir nous expliquer, toute honte bue,  qu'une journée s'achevant à minuit, les deux artistes ont vu leur peine s'éteindre à cette heure-là, d'où cette libération aux premières heures du jour.
L'histoire retiendra également que le premier fait d'arme notable de Benkirane et sans doute le plus marquant de son misérable mandat aura été de se faire la main sur les militants du Vingt février et les indigné de « Tanger à Lagouira », selon l'expression consacrée, alors même qu'il déclarait, en pleine campagne électorale, comprendre que l'on puisse exprimer son indignation face à l'injustice.
Si les démocrates se réjouissent de la libération des deux militants, il n'en demeure pas moins, que, comme l'a si bien souligné Mouad, dans sa conférence de presse, subir une année de  prison n'est pas anodin.
Alors, vous, les frères que j'aurais tant voulu avoir, si vous décidiez de vous taire, pour un moment, fût-il long, je le comprendrais, parce que tant des nôtres se sont tus, lorsqu'on vous traînait menottés, dans la saleté répugnante, d'un cachot à l'autre, sous la menace, les insultes et les coups.
Et si vous choisissiez de ne plus jamais nous entendre, je respecterais également cette volonté, parce que tant des nôtres ont fait semblant de ne rien entendre des cris de vos souffrances, dans les geôles de Pharaon.
Enfin, même si vos harangues sur la place publique ou sur la toile nous manqueront, longtemps, après que vous vous soyez tus, vos poèmes et vos chansons continueront de courir encore dans les rues et hanter les tyrans.

Le rappeur et le poète du M20F de Casablanca sont sortis libres de la prison Oukacha après minuit

 Par Souad Guennoun, 29/3/2013
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Libérations de Mouad Haked le rappeur du M20F et Younes Belkhadim, le poète du peuple  ont été libérés hier soir en catimini par la porte des artistesvers minuit de la prison de Oukacha à Casablanca. 

Mouad et Younes ont purgé l’intégralité de  leur peine. Ils devaient être libérés ce matin vendredi 29 mars. Pour empêcher l'accueil devant la prison des proches, des amis, des militants pour les recevoir en héros, le makhzen a trouvé une astuce pour éviter les slogans et rassemblements: ils sont sortis par la porte des artistes. 

Rappel :
Mouad Belghouat, Lhaqed (l’indigné) : Icône du M20F, ce rappeur de 24 ans a payé chèrement son engagement politique dans le mouvement et dans les paroles de ses chansons. Un véritable plaidoyer contre la servitude, la corruption, un appel à la révolte. Le pouvoir s’est acharné à le faire taire , très populaire dans son quartier dit « Oukacha », du nom de la prison  où la plupart des jeunes de ce quartier périphérique de Casablanca, croupissent . Mouad avait été emprisonné une première fois durant quatre mois suite à un simulacre de procès pour «coups et blessures». Il sera de nouveau arrêté le 29 mars 2012, mais cette fois pour «atteinte à un corps constitué» et plus précisément la police. Un montage d’une vidéo anonyme sur une de ces chansons postées sur Youtube lui vaudra ce nouveau procès. Lhaqed  a été condamné 11 mai 2012 à un an de prison ferme et à une amende de 1 000 dirhams (90 euros).
Younes Belkhadim, le poète du M20F. Il a été arrêté le 30 mars 2012 alors qu’il participait à un sit-in de soutien à Lhaqed. .Younes sera  condamné le 18 mai 2012,  à 2 ans de prison ferme et 5000 DH (400 euros) d’amende pour «destruction de biens publics et insulte à des agents de l’autorité». En Appel, sa peine a été réduite à 8 mois de prison ferme mais l’amende a été doublée( 10 000 DH). Certains poèmes de Younes  sont repris en  slogans durant les manifestations du M20F.
Des voix que le pouvoir cherche à briser. Malgré prison et procès fabriqués, les voix et écrits de Mouad et Younes ne sont que plus lu et entendus dans toutes les villes et villages à travers le Maroc. La lutte continue , nous ne lâcherons pas.

Une situation sociale explosive :
Leur libération intervient dans une situation sociale explosive. Le pouvoir a beau réprimer, tabasser, intimider, emprisonner, les mouvements de contestations se multiplient et se développent dans toutes les régions du Maroc. Le pouvoir marocain qui voudrait  afficher une image de pays tranquille, d’exception dans la région embrassée par les révolutions en cours et les contre- révolutions, par les guerres contre les peuples et les interventions néo coloniales au Mali, et continuer à soutirer de l’argent pour  des pays alliés et amis. Pouvoir continuer à mâter les révoltes depuis maintenant plus de deux après le déclenchement du M20F, exige un énorme budget pour le bâton et également pour la carotte .Les fausses solutions pour palier la crise et la retarder ne peuvent durer éternellement. 

La répression ne l’arrête pas :
Les forces de répression sont déployées au moindre rassemblement, sit in... Le pouvoir tient à montrer une image de pays calme et serein dans un contexte de crise économique exacerbée, de mesures anti populaires menées par un gouvernement dirigé par un premier ministre PJD largement désavoué. Les mouvements des diplômés chômeurs poursuivent une lutte acharnée , manifestent non stop malgré la violence de la répression et continuent à  exiger du travail. 
Les grignotages des maigres acquis sociaux , remises en question du droit de grève ont poussé à appeler à une marche unitaire pour la dignité,  par les syndicats CDT, FDT, rejoints par un front large de contestation  ce dimanche 31 mars à Rabat.
A quelques jours de la visite officielle du Président français François Hollande, prévue le 3 et 4 avril 2013, le makhzen voudrait se donner bonne figure.
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Mouad Al Ha9ed, après sa libération avec Khadija, @[684826264:2048:Samira], Amine , @[546130495:2048:Abderrazzak], et @[1342481632:2048:Tahani]..
Mouad Al Ha9ed, après sa libération avec Khadija, Samira, Amine , Abderrazzak, et Tahani..
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http://www.youtube.com/watch?v=awUYTgCwh90
Notre poète est libre.
Enfin il pourra nous chanter les louanges de la liberté
Nous réinventer les mots de liberté
Pour tout nos frères emprisonné
Pour tous nos poètes étouffé
La liberté a retrouvé ses ailes
Pour nous parler de liberté
Nous dessiner les horizons de la liberté
Cultiver la liberté...
Marché la tête Haute en chantant " liberté " a retrouvé ses ailes.
Notre poète est libre.
Enfin il pourra nous chanter les louanges de la liberté
Nous réinventer les mots de liberté
Pour tous nos frères emprisonnés
Pour tous nos poètes étouffés
La liberté a retrouvé ses ailes
Pour nous parler de liberté
Nous dessiner les horizons de la liberté
Cultiver la liberté...
Marcher la tête Haute en chantant " liberté " a retrouvé ses ailes.

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L7a9ed est libre

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Le rappeur du mouvement du 20 février sort aujourd'hui de la prison de Oukacha après avoir purgé une peine d'un an de prison.

 Les indignés du M20 de Casablanca sont en fête en ce vendredi. Leur camarade, Mouad Belghouat, rappeur aux paroles tranchantes, sort de prison aujourd'hui. Il a purgé une peine d'un an après sa condamnation pour avoir porté atteinte à un corps constitué. Suite à la mise en ligne d'un vidéo clip intitulé « les chiens du régime », la Direction générale de la sûreté nationale a porté plainte pour atteinte à ses agents.

C'est la deuxième fois que L7a9ed est condamné par la Justice depuis le déclenchement du mouvement du 20 février en 2011. Sa dernière arrestation est intervenue peu après sa sortie de prison suite à un premier procès qui lui a valu 4 mois de prison ferme, après qu'un membre de l'alliance royaliste ait porté plainte pour coups et blessures.
Lors des interrogatoires de police, rarement Mouad a été questionné sur ce dont on lui reproche officiellement. Lors de sa première arrestation, un commissaire de police lui avait clairement expliqué « qu'il pouvait chanter sur tout, sauf le roi ». Mouad Belghouat, ouvrier de 25 ans, est le seul artiste marocain à avoir ouvertement critiqué la monarchie et la personne du roi dans ses textes, un courage qui lui a valu un pesant silence de la part de la majorité des artistes.
Les anciens abattoirs de Casablanca accuilleront cet après-midi du vendredi des rencontres avec l'artiste et une programmation artistique est prévue.


Nullement cassé, libéré, le rappeur Mouad L7a9ed veut réussir son bac et poursuivre son combat !

De bonnes nouvelles pour le Mouvement du 20 février, deux de ses figures sortent de prison : le rappeur L7a9ed et le oète, Belkhdim. Le premier a des projets d’avenir, il souhaite réussir l’examen du bac. Il s’y est préparé en détention.
Le rappeur Mouad L7a9ed a retrouvé la liberté aujourd'hui après avoir purgé la totalité de sa condamnation, une année de prison. A sa sortie de prison, il prend un café avec une délégation de l’AMDH, comprenant notamment Khadija Riaydi et Abdelhamid Amin, respectivement présidente et vice-président de l’ONG des droits de l’Homme. 
 A notre question de savoir si Mouad a des projets d’avenir, Amin répond par l’affirmative, assurant que le rappeur qui dérange à un objectif précis pour cette année : réussi l’examen du baccalauréat. « Durant les mois de son incarcération, il a commencé à étudier et à se préparer à cette échéance. Maintenant qu’il est libéré il entend bien poursuivre sa formation. Le bac n’est que la première étape dans ce processus », nous confie Amine.
A en croire le numéro deux de l’AMDH, les douze mois de prison n’ont pas réellement affecté le morale de Mouad L7a9ed. « Nous avons rencontré un bon militant du Mouvement du 20 février, décidé à poursuivre le combat, armé d'une grande envie de bosser et aller de l’avant », indique-t-il.
Le 29 mars 2011, le tribunal de première instance de Casablanca condamne le rappeur par excellence du Mouvement à une année de prison pour « atteinte à une institution publique », la police en l’occurrence, et « outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué ». Une peine confirmée, juillet dernier, en appel.

Le poète du M20 sort également de prison
Selon des sources au sein du Mouvement du 20 février, Younès Belkhdim, dit le poète, serait sorti de prison. Arrêté en mars 2012 lors d’un sit-in de solidarité avec Mouad L7a9ed. Condamné à une année de prison pour « insultes et agression sur policier ». Contrairement au rappeur qui a observé un silence pendant la période de son incarcération, Belkhdim a continué à défendre le M20 même en détention. Récemment, il s’est insurgé contre des déclarations de Benkirane à une télé française, mettant dans le même sac les militants du Mouvement arrêtés par la police et les jeunes qui le sont pour consommation de drogue.
Younès avait observé, septembre 2012, une grève de la faim de quinze jours.
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Enfin libre! Mouad El Haked tient sa première conférence de presse.
Mouad El Haked en conf de presse maintenant, le jour de sa libération...
Mouad El Haked en conf de presse maintenant, le jour de sa libération...

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Prix Transparency 2012 pour le rappeur marocain contestataire libéré après un an de prison

Le Monde.fr |

Mouad Belghawat, rappeur contestataire condamné à un an de prison ferme par la justice marocaine, a été libéré après avoir purgé sa peine.
Le rappeur marocain Mouad Belghawat, considéré comme le chanteur du mouvement pro-réformes du 20-Février, a été libéré vendredi 29 mars après avoir purgé un an de prison pour "outrage à la police".

Lors d'une conférence de presse après sa sortie de prison, le rappeur a déclaré qu'il entendait rester fidèle à ses principes. "Mes principes ne changeront pas. Je reste le même. Mon expérience en prison m'a beaucoup appris. Je suis devenu plus mûr après avoir parlé avec nombre d'islamistes, de criminels et de militants", a-t-il dit.

Il a également dit qu'il comptait se concentrer sur ses études et sa musique, précisant qu'il travaillait à un nouvel album.

 LIBERTÉ D'EXPRESSION
Surnommé Al-Haqed ("le rancunier"), Mouad Belghawat, 25 ans, est considéré comme le chanteur du mouvement du 20-Février, né en 2011 durant le Printemps arabe et qui réclame des réformes politiques profondes au Maroc.
Il avait été arrêté l'an dernier et condamné à un an de prison pour "outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué", en raison d'un clip diffusé sur le réseau social Youtube mettant en scène des policiers marocains. On lui reprochait notamment d'avoir eu recours dans cette vidéo à un photo-montage d'un policier dont la tête avait été remplacée par celle d'un âne.
Human Rights Watch (HRW) avait demandé aux autorités marocaines d'"annuler les accusations" contre le chanteur et de le libérer, jugeant qu'il s'agissait d'une "affaire de liberté d'expression".
Mouad Belghawat avait obtenu en janvier le prix de l'intégrité 2012 de l'ONG Transparency Maroc "pour son honnêteté et la justesse de son combat pour une société intègre et transparente".

 

Hassan, 26 ans, un prisonnier politique sahraoui parmi d'autres, condamné à 30 ans de détention lors du procès de Gdeim Izik.

« La torture, c’était il y a 20 ou 30 ans… »  Abdelillah Benkirane, chef du gouvernement marocain

Par M-J F Solidmar, 27/3/2013

 Né le 18 janvier 1987 à El Aaiun au Sahara Occidental Hassan Dah est un militant de droits de l'Homme  pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Ce n’est pas la première fois qu’il se fait arrêter, torturer et jeter en prison. A partir de 18 ans il est souvent victime de répression. Voici quelques unes de ses arrestations :
 - En 2007 il a été enlevé chez lui  par la police, pendant son sommeil. Avec d’autres militants ils sont torturés à l’électricité, les yeux bandés et laissés sans habits sur le sol par la police qui verse de temps à autre de l’eau sur eux. Ils sont contraints de signer le procès verbal sans pouvoir connaitre ce qui est écris dessus, sous menace de viol. Ils refusent de répondre aux questions du juge sans présence de leur défense, ce qui a obligé le juge de les faire retourner à la prison.

Le 15 septembre 2009, Hassan est avec un groupe d’amis membres de l’Observatoire des droits de l’Homme, un groupe de policiers descend de voiture et se jette  sur eux, en les battant sans raison ni explication. Les yeux bandés ils sont emmenés en voiture, puis encore frappés violemment pendant une demi-heure. A la Willaya de sécurité un autre groupe de policiers, sous les coups et les insultes, les  interroge sur leur affiliation à l’Observatoire Sahraoui des droits de l’homme et leurs plans futurs, puis ils sont isolés chacun dans une pièce. Un autre agent de sécurité demande qui est l’organisateur de la manifestation de quartier Maatallah et si Hassan est  impliqué. Cet interrogatoire a duré plus de 2 heures. La nuit se passe entre le couloir et la salle d’interrogatoire, sans couverture. Les gardiens les empêchent de dormir en leur donnant régulièrement des coups de pieds. Le 16 à 19 h du même jour, l’officier Anouch revient les informer qu’ils vont être libérés tout de suite, « mais il nous a d’abord interdit de publier quoi que ce soit sur Internet en nous menaçant. »

-Le 19 juillet 2010 au matin, Hassan est arrêté par les autorités marocaines. De nombreux citoyens sahraouis avaient l’intention d’assister à la réception donnée en l’honneur des onze militants sahraouis des droits de l’homme de retour d’une visite aux camps de réfugiés sahraouis en Algérie. Ordre a été donné aux forces de sécurité et aux forces auxiliaires d’intervenir contre eux. La police marocaine fait usage d’insultes et des coups de matraque et autres violences. Hassan fait partie des nombreux blessés.
 .

- Le 03 août 2010 Hassan témoigne :

« Nous venions de Casablanca, après un vol en provenance d’Alger. L’avion dans lequel nous étions, a atterri à 20h à l’aéroport de l’El-Aaiun, au Sahara occidental..
L’aéroport était rempli d’hommes des renseignements généraux et de policiers en civil. Ils ont accéléré les procédures avec le reste des passagers. Tout a duré très longtemps pour nous.
Ils nous ont isolés un par un, fait déshabiller et fouillé, y compris dans nos chaussures. J’avais acheté des chaussures neuves en Algérie, et ils ont été très intéressés. Ils m’ont demandé si c’était Mohamed Abdelaziz (ndt : président de la république arabe sahraouie démocratique) qui me les avaient données. C’était comme des questions qui n’étaient pas dans la réalité.
En sortant vers 23h, nous avons trouvé devant l’aéroport les militants Brahim Sabar, Hassana Alouat et Mohammed Rashid N’dour. Ils devaient nous conduire dans leurs voitures vers le lieu de réception. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait le signe de la victoire en descendant de voiture.
Les forces de police ont considéré ça comme une provocation, et ils nous ont attaqués. J’ai été la première cible, accompagné de Mme Khaddjto. Elle a été frappée à la tête et a perdu connaissance. J’ai été roué de coups par sept personnes et j’ai perdu connaissance aussi.
Je me suis réveillé dans ma maison, il y avait des cris et des hurlements, et des pierres pénétraient par les fenêtres. C’est la police qui les jetait. La pression est montée quand la rumeur a circulé qu’un policier avait été poignardé par une personne présente dans la maison.
Vers 3h du matin, j’ai décidé de partir en compagnie de Mohammed Manolo. Quand je suis sorti de la maison, et j’ai été entouré par un grand nombre de policiers en civil. Quatre d’entre eux me prenaient en photos.
J’ai été menotté, et on m’a bandé les yeux avec un chiffon qui sentait l’urine. Puis ils m’ont forcé à monter dans une voiture de police, et sans parler ils ont commencé à me frapper, gifler, coups de pied, avant de m’amener à la préfecture de police. J’ai su que j’étais au siège de la préfecture parce que j’ai vu le sol et les escaliers en baissant les yeux sous le tissu.
Ils m’ont emmené dans une pièce, et j’ai senti qu’il y avait beaucoup d’hommes avant qu’ils commencent à me poser des questions. Ils m’ont demandé si c’est moi qui avais donné le coup de couteau au policier, puis qui avait donné un coup de couteau au policier, et combien le front Polisario a payé pour faire ça ? J’ai été surpris par les questions que j’ai trouvées étrange, alors que c’est moi qui recevais des coups sans raison.
Ils m’ont menacé de me forcer à m’asseoir sur une bouteille en verre, ensuite ils ont ligoté mes mains devant mes tibias. Ils ont passé un bâton sous mes genoux pliés et par-dessus mes bras.
Ils m’ont suspendu en hauteur. J’avais la tête en bas (les policiers appellent ça « poulet rôti »). Ils m’ont frappé pendant qu’ils répétaient les mêmes questions : qui a poignardé le policier ?
Ils ont dit qu’ils avaient des preuves photographiques que c’était moi. Je leur ai dit que s’ils avaient des preuves qu’ils les donnent.
Ensuite ils ont versé de l’eau sale sur moi. Ça a coulé jusqu’à ma bouche et mon nez, jusqu’à ce que je me sente étouffer. La torture a duré deux heures, je pense. A ce moment, j’ai dit « arrêtez, arrêtez, je vais dire la vérité ». Un chef a donné l’ordre de me changer de position et ils m’ont descendu sur le sol. J’ai demandé qu’ils enlèvent le bandeau de mes yeux.
Ils l’ont fait et j’ai vu qu’il y avait une vingtaine d’officiers. J’ai désigné du doigt un homme parmi eux et j’ai dit « c’est lui. C’est lui qui a poignardé le policier ». Ils ont été énervés, et ils ont remis le bandeau sur mes yeux et ont menotté mes mains dans mon dos.
Je suis resté dans cette position, de 6 heures du matin jusqu’à 1 heure de l’après midi. Toutes les dix minutes les policiers me frappaient pour m’empêcher de dormir. Je leur ai demandé un peu d’eau et à manger parce que j’avais faim et soif. Ils m’ont dit qu’il n’y a pas d’eau, ni à manger pour les Polisarios.
Puis l’un d’entre eux est venu pour m’accompagner dans un bureau. Ils voulaient que je signe le procès verbal sans le lire. J’ai refusé. Ils ont retiré le bandeau de sur mes yeux. J’ai lu le procès verbal et je l’ai signé parce que j’étais d’accord avec la façon dont ils avaient écrit mes déclarations. Ils m’ont fait signer 17 fois.
J’ai ensuite été accompagné dans une autre pièce, dans les mêmes conditions qu’avant. Sur le sol, menotté et les yeux bandés. Ils m’ont libéré et dit de partir vers 21h.
Sources : Documents de l’ ASVDH et Agoravox (le témoignage)

Pourquoi ces lourdes peines ?
Début octobre  2010, quelques jeunes Sahraouis, exaspérés par leur vie de sous-citoyens sans cesse réprimés par le colonisateur marocain, ont monté les premières tentes à Gdeim Izik, à une trentaine de km d’El Aaiun, en territoire occupé, en signe de protestation. D’autres Sahraouis se sont joints à eux et c’est bientôt un énorme campement de plus de 4000 tentes et de plus de 20 000 personnes, hommes, femmes enfants, bébés, qui s’étend à perte de vue dans cette partie du désert. Un formidable espoir gagne la population sahraouie. Un camp tour à tour appelé camp de protestation, camp de l’espoir, puis camp de la liberté et de l’indépendance…
Mais le 8 novembre au milieu de la nuit, l’armée et toutes les forces de police marocaine démantèlent  le camp avec une violence inouïe : gaz lacrymogènes, aspersion à l’eau chaude, sirènes, hélicoptères sèment la panique…. On apprend que des militaires ont été tués. 24 Sahraouis sont arrêtés, pour la plupart des militants des droits de l’Homme, présents ou pas au moment des évènements.
 Pas des tueurs. Hassan en fait partie.
Ils restent plus de 2 ans en détention préventive à Salé, fréquemment torturés pour arracher des aveux de crimes qu’ils n’ont pas commis. Jugés  sous juridiction  militaire. Le verdict, préparé d’avance, sans rapport avec les plaidoiries qui affirment le manque total de preuves, tombe comme une bombe. De lourdes peines allant de 20 ans de prison à perpétuité. Hassan est condamné à 30 ans de prison.
Le 17 novembre 2012  l’ASDHOM   lance  une campagne de parrainages de prisonniers politiques. 67 prisonniers sont maintenant parrainés (sur 177 à parrainer) C’est ainsi que je suis devenue « marraine » de Hassan Dah. Je lui ai écrit plusieurs fois, j’ai eu la chance de recevoir une réponse, grâce à un réseau d’amis : il se dit« inébranlable en dépit de la condamnation injuste et des honteuses exactions que nous recevons ici.»... Il « remercie une fois de plus pour le message encourageant » 
J'encourage tous les militants des droits de l'Homme à prendre contact avec l'ASDHOM pour demander à parrainer un des ces jeunes hommes pour leur envoyer des bouffées d'espoir et d'amitié.

Sahara : Le Maroc tremble face à la détermination de l'ONU

Par plan-paix-onu, 29/3/2013




Le Communiqué du dénommé Groupe des Amis du Sahara Occidental (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Espagne) est révélateur et inédit. L'ONU tient à la résolution du conflit du Sahara Occidental qui date de près de 40 ans. 



Les membres cités du Conseil de Sécurité demandent aux parties de montrer de la "souplesse lors des négociations avec l’envoyé personnel et entre elles, dans l’espoir de sortir de l’impasse actuelle dans laquelle elles se trouvent et de trouver des solutions politiques satisfaisantes". Un avertissement clairement adressé au Maroc dont la presse avait de nouveau pris par cible le diplomate américain.



Le communiqué date du 15 mars 2013, mais n'a été publié dans le site de l'ambassade américaine à l'ONU que le 19 mars. Un retard de 4 jours qui laisse place à des questions. Est-ce à cause de la décision du roi du Maroc d'esquiver l'Envoyé onusien? Était-ce un oubli? Attendaient-ils l'accord de la France au communiqué?



En tout cas, ce qui est clair c'est que le Conseil de Sécurité tenait à rappeler son soutien au médiateur onusien qui subit de nouveau les foudres du gouvernement marocain. 



L'homme de fer est revenu avec son sourire habituel. Les responsables marocains ont apparu comme des nains face à la taille d'un homme décidé à mettre en œuvre les décisions de l'ONU sur le Sahara Occidental et à leur tête le droit inaliénable des peuple à décider de leur destin.



Gênés par une défaite sanglante, ils balancent à travers leurs agents implantés dans les journaux Al-Quds et Elaph que le diplomate américain apporte une proposition basée sur la confédération. Comme preuve, ils présentent sa visite en Suisse. Comme si M. Ross avait besoin de se rendre à Genève pour avoir une idée de ce qui est un Etat fédéral à l'image de son pays natal, les Etats-Unis. Rumeur vite démentie par l'Envoyé de l'ONU.



Par cette rumeur, le Maroc reconnaît implicitement que sa proposition d'autonomie est enterrée à jamais et propose une solution avec une offre "plus généreuse encore". Rabat est prête à tout quitte à gagner la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental. Seulement, la communauté internationale tient à ses principes et à la paix dans cette région du monde. Raison pour laquelle, Ross ne cesse de répéter que le conflit du Sahara Occidental constitue une menace pour toute la région. Ça l'est tant que la volonté des sahraouis n'est pas respectée.

URL Source
:
http://plan-paix-onu.blogspot.be/2013/03/sahara-le-maroc-tremble-face-la.htm
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Par Meriem Derkaoui, membre du Conseil national, PCF  mars 2013 
 
Lettre des Relations Internationales : actualités du monde

Sahara occidental entre occupation et résistances

Rien ne semble ébranler le régime marocain dans la poursuite de la stratégie coloniale, dans le fait accompli de l’occupation des territoires sahraouis anciennement colonisés par l’Espagne, et ce, en violation du droit international et des résolutions des Nations unies portant sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination, seule solution « politique, juste et durable » pour mettre un terme à un conflit qui dure depuis 38 ans !
Le Sahara occidental est aujourd’hui le dernier territoire colonisé d’Afrique. Le peuple sahraoui, qui continue à mener une lutte pacifique pour la reconnaissance de ses droits, est appuyé par la légalité internationale de l’ONU. L’émissaire personnel du secrétaire général de l’ONU, Chistopher Ross, a réaffirmé lors de sa visite dans les territoires occupés en octobre dernier, l’application du droit à l’autodétermination comme seule condition de décolonisation de ce territoire et pour « éviter des violences tragiques pour les peuples de la région ».
Parmi les actes de résistance menés par la population contre l’oppression, dans un climat de complaisance de certains gouvernements à l’égard du régime marocain, un camp avait été spontanément monté, pour attirer l’attention sur les conditions de vie précaires et sur les difficultés sociales à Gdeim Izik en 2010. Compte tenu de la situation, cette initiative s’est transformée en revendication nationale des libertés et de souveraineté sur les richesses nationales.
Le démantèlement de ce camp s’est déroulé dans un climat de violence mobilisant toutes les forces de sécurité, y compris l’armée, brûlant des tentes et jetant leurs occupants sans ménagement. On dénombre de nombreuses victimes.
Les Sahraouis arrêtés lors de ce triste événement, au nombre de 22 (auxquels ont été ajoutées deux personnes, de façon arbitraire, car elles n’étaient pas sur les lieux et n’ont pas été arrêtées à la même date), ont été jugés devant le tribunal militaire de Rabat.
Après plusieurs reports au mépris de toutes les procédures, le procès a débuté le 8 février dernier. Des observateurs français étaient présents aux différentes audiences. Comme modèle de procès colonial, on ne pouvait pas faire mieux : déploiement de moyens importants et démonstrations de forces autour du tribunal.
Après 9 jours d’affilée et dans un climat qui rappelait les années de plomb du règne d’Hassan II, le verdict est tombé. Des peines d’une grande sévérité sont prononcées, par une juridiction militaire à l’égard de civils, bel exemple d’état de droit, à l’heure où régulièrement le Royaume du Maroc frappe aux portes de l’Europe pour des partenariats économiques et commerciaux.
En effet, au terme de ce procès « des 24 », 9 Sahraouis ont écopé de la prison à perpétuité, 4 condamnés à 30 ans, 7 à 25 ans, 3 à 20 ans et 2 à deux ans (libérés à l’issue du procès après 27 mois d’incarcération).
Encore une parodie de procès, sans respect des droits de la défense, sans témoins et sans preuves. Assuré de l’impunité habituelle des régimes occidentaux et de leurs vassaux quand il s’agit de bafouer les droits élémentaires des Sahraouis, au mépris de sa propre législation et des engagements internationaux ratifiés par le Maroc, le tribunal a prononcé ces peines, pour l’exemple, pour l’intimidation et pour la vengeance, devant la cinquantaine d’observateurs étrangers, qui se sont relayés pendant les 9 jours, devant des avocats méprisés et les associations, dont la courageuse et déterminée Association marocaine des droits de l’Homme, pour son opinion publique.
Ni la présence de nombreux européens, ni le courage des militants marocains et sahraouis des droits de l’Homme, ni le soutien de leurs avocats, ni les manifestations de solidarité des familles n’ont pu inciter les juges au moindre geste de respect du droit et de la justice.
Ce procès aura servi de tribune aux prisonniers sahraouis pour, comme le dit Enaama Asfari (condamné à 30 ans de prison) : « exprimer notre idéal pacifique de vivre en harmonie avec le peuple marocain qui souffre, lui aussi, de ce régime et les autres peuples de la région ».
Sans débats contradictoires et sans éléments matériels nécessaires à la manifestation de la vérité, les familles des victimes marocaines lors des affrontements quitteront également le tribunal sans obtenir de réponse sur les circonstances de la mort du fils ou de l’époux qu’ils ont perdus, et dont elles ne verront ni la dépouille ni le certificat de décès. De jeunes victimes au service d’un régime aveuglé par le pouvoir absolu, qui continue, comme d’autres en Afrique et dans le monde arabe, à rester sourds aux aspirations démocratiques de leur peuple à vivre libre.
Combien de printemps faudra-t-il ? Combien d’hommes et de femmes devront encore tomber pour la
dignité humaine, dans ces pays, encore gouvernés par la force ?