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samedi 17 octobre 2009

Des journalistes condamnés à de la prison ferme pour avoir évoqué la santé du roi


 Par Julien PEYRON , France 24,16/10/2009

- Liberté de la presse - Maroc
Le directeur du journal marocain "Al-Michaal" a été condamné à un an de prison ferme pour avoir mis en question un bilan de santé du roi. Deux journalistes du magazine ont écopé, eux, de 3 mois ferme chacun.

Le directeur du magazine arabophone marocain "Al-Michaal" a été condamné, jeudi, à un an de prison ferme et 10 000 dirhams (890 euros) d’amende par un tribunal de Rabat, qui a ordonné son incarcération immédiate. Idriss Chahtane a été reconnu coupable d’"allégations et faits non véridiques" après avoir publié en septembre un dossier controversé sur la santé du roi Mohammed VI. Il comparaissait sans avocats, ceux-ci ayant auparavant démissionné pour dénoncer la tenue d’un procès non équitable.
Des peines de 3 mois de prison ferme ont été prononcées par le même tribunal à l'encontre de Rachid Mhamid et Mustapha Hirane, deux journalistes qui travaillent également à "Al-Michaal". Ceux-ci devront en outre payer une amende de 5 000 dirhams (440 euros) chacun et assumer les frais du procès. Idriss Chahtane était poursuivi pour "publication malintentionnée d'une fausse information", "allégations et faits non véridiques", Rachid Mhamid et Mustapha Hirane pour participation.
Les articles incriminés laissaient entendre que l’état de santé du roi était plus préoccupant que la version officielle. Le 26 août, le Palais royal avait annoncé que Mohammed VI avait été placé en convalescence pour cinq jours en raison d’une "infection" ne présentant "aucune inquiétude sur sa santé". Peu de temps après, le magazine d’Idriss Chahtane avait publié un dossier intitulé "Al Michaâl dévoile les raisons du communiqué du Palais au sujet de la maladie du roi qui a inquiété l'opinion publique", dans lequel il était indiqué que les ennuis de santé du roi étaient dus à des problèmes respiratoires chroniques.

Deux autres journaux également poursuivis
Cette condamnation d’un journaliste à de la prison ferme soulève à nouveau le problème de la liberté de la presse dans le royaume. "La règle c’est la règle. Dans les affaires de sacralité, si vous êtes poursuivis, vous êtes automatiquement condamnés", analyse le blogueur Larbi. "Au Maroc de Mohammed VI comme au Maroc de Hassan II, jamais un juge n’oserait acquitter dans une affaire dont la famille royale est partie prenante", ajoute-t-il.

Interrogé par FRANCE 24, le président du syndicat national de la presse marocaine, Younes Mjahed, demande aux autorités de "revenir sur la peine infligée à Idriss Chahtane". Il insiste toutefois sur le respect de la vie privée, devenue "un vrai fonds de commerce pour certains journaux" à qui il demande de "remettre en cause leurs pratiques".
Les directeurs de deux autres journaux marocains, "Al-Jarida al-Oula" et "Al-Ayam", sont eux aussi poursuivis pour les mêmes raisons. Une recrudescence des actions à l’encontre de la presse qui n’épargne pas non plus certains titres étrangers. Au mois d’août, le quotidien français "Le Monde" avait été interdit de diffusion après avoir publié un sondage, pourtant positif, sur la popularité de Mohammed VI.

الشرطة تقتاد ادريس شحتان مدير المشعل إلى السجن من مقر الجريدة

From: Facebook Date: 2009/10/17



سكرتارية لجنة (لجنة الدفاع عن الصحافة)ت شعار

أطلقوا سراح الصحافة ... الحرية لإدريس شحتان

إثر الاعتقال التحكمي الذي أخضع له الصحافي "إدريس شحتان"، بناء على ملتمس النيابة العامة بتطبيق مقتضيات المادة 392 من قانون المسطرة الجنائية، على خلفية الحكم الصادر عن ابتدائية الرباط، والقاضي بسنة حبسا نافذا وغرامة نافذة بـ 10 آلاف درهم في حق "إدريس شحتان" مدير نشر أسبوعية (المشعل)، وثلاثة أشهر حبسا نافذا لكل من (مصطفى حيران ورشيد محاميد) الصحافيان بنفس الأسبوعية.



اجتمعت فعاليات (إعلامية ـ حقوقية ـ نقابية ـ جمعوية) يوم الجمعة 16 أكتوبر 2009، بمقر النقابة الوطنية للصحافة المغربية فرع الدار البيضاء، انبثقت عنها لجنة باسم (لجنة الدفاع عن الصحافة) تشتغل مرحليا تحت شعار (أطلقوا سراح الصحافة....الحرية لإدريس شحتان).

وعبرت اللجنة عن استنكارها للاعتقال التعسفي الذي أخضع له الصحافي "إدريس شحتان"، واصفة إياه بالاعتقال التحكمي، الذي تم خارج الضوابط القانونية، وضدا على ما تقتضيه العهود والمواثيق الدولية التي اعتمدها الدستور المغربي، كأساس له في ديباجته. معلنة في السياق ذاته إدانتها للحملة الممنهجة ضد حرية الصحافة والتعبير التي تعود بالمغرب وتجره ضدا على مجرى التاريخ إلى أجواء سنوات الرصاص.



وطالبت (لجنة الدفاع عن الصحافة) تحت شعار (أطلقوا سراح الصحافة ـ الحرية لإدريس شحتان)، بالإطلاق الفوري والعاجل لسراح الصحافي إدريس شحتان، وبإلغاء العقوبات السالبة للحرية من قانون الصحافة.

وأعلنت سكرتارية اللجنة أنها ستباشر اتصالاتها على وجه الاستعجال، مع جميع الهيئات والمنظمات والجمعيات (الإعلامية – الحقوقية – الجمعوية – النقابية والسياسية) الوطنية والدولية، لتشكيل جبهة قوية للدفاع عن مطالبها.










Les militantEs de l'AMDH chez les sans droits des bidonvilles


Par Ali Fkir,17/10/2009

Comme il a été programmé, des représentantEs de la section de l'AMDH de Mohammedia ont rendu visite, le jeudi 15 octobre 2009, aux habitants de certains quartiers-bidonvilles. Les "forces publiques" étaient aussi au rendez-vous avec des "ordres d'expulsion des occupantEs des terres d'autrui" (??!!), façon d'intimider les habitantEs.

Une camionnette de police et un grand fourgons plein de mokhaznis étaient au quartier "massira1" par lequel devrait commencer la visite des militantEs des droits humains. Les habitantEs ont protesté contre la présence de ces forces d'intimidations. Pour des raisons purement techniques nous n'avons pas pu prendre des photos. Un journaliste nous a offert ces exemplaires.

Les militantEs de l'AMDH ont été invitéEs ensuite par les habitants à prendre un verre de thé. Ce fut un moment opportun pour parler de leur situation dramatique. Ils ont exprimé leur souhait de rencontrer les gens de la presse pour exposer publiquement leurs légitimes revendications.

La rencontre avec la presse a eu lieu effectivement le lendemain, vendredi 16 octobre 20009. Étaient présentEs, les représentantEs des habitantEs de "Massira1", "Chanti Jedid", Chanti Jmouâ"...

Les correspondantEs d'AL AHDATH AL MAGHRIBIA, du SOIR, de RISSALAT AL OUMMA, d'ANNAHJ ADDIMOCRATI...étaient parmi les présentEs




Rencontre réussie

Des dizaines de citoyenNes (venuEs surtout des bidonvilles) ont assisté avec enthousiasme au sit in organisé le 17 octobre 2009 par l'AMDH, section de Mohammedia, et ce, à l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre la pauvreté.



Le sit in organisé devant le local de la section s'est terminé par l'allocution du camarade Abdellah Mesdad, président de la section et avec les applaudissements de l'assistance.


Le Maroc :Un pays à la derive ...

Par Ali Fkir, 16/10/2009
Vive la résistance!


Enlèvements dans les milieux islamistes, arrestations dans les milieux marxistes, répression dans les milieux estudiantins, des ouvriers, des chômeurs diplômés, dans les milieux des défenseurs des libertés des citoyenNEs.. .la hausse généralisée des prix des produits de première nécessité (sucre, lait, huile...), mascarade électorale, défection des "intellectuels" , la soumission honteuse des forces politiques et syndicales classiques à la monarchie absolue...Le pays est en dérive! Mais la résistance s'intensifie. Ceux et celles qui n'ont pas vendu leurs âmes au...makhzen n'ont pas baissé les bras.

Avec détermination, résolument, ILAL AMAM nous avançons!











Rappel 44ème anniversaire


RAPPEL :
44 ème anniversaire de l'enlèvement de
MEHDI BEN BARKA

L’Institut Mehdi Ben Barka - Mémoire Vivante et le SNES – FSU
appellent à un rassemblement à sa mémoire
pour la Vérité et la Justice
Contre les atteintes à la mémoire

o Aujourd'hui la recherche de la vérité pourra-t-elle avancer en France et au Maroc ?

o Les raisons et les complicités d'Etats continueront-elles à entraver l'action de la justice ?

Le Jeudi 29 octobre 2009 à 18h30


Boulevard Saint Germain face à la Brasserie LIPP



Métro: Saint-Germain-des-Prés



Avec le soutien de : (premiers signataires)

Association des Marocains en France (AMF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc (APADAM), Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Forum Marocain Vérité et Justice – France ( FVJ-France), La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Les Verts, FEMED (fédération euromeditéranéenne contre les disparitions forcées), CFDA (collectif des familles de disparus en Algérie), la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Parti Communiste Français (PCF), La Fondation Jean Jaurès, Parti Socialiste (PS), Association Mémoire Vérité Justice sur les assassinats politiques en France (MVJ), Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS Fédération Europe), La Voie Démocratique en France, Parti Socialiste Unifié en France (PSU), Forum Citoyenneté Solidarité des Marocains à l’Etranger (FCSME), Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), Association des Marocains de Belgique pour la défense des Droits de l'Homme(AMBDH), Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), …


Les ouvriers licenciés de Khouribga lancent un appel à sit-in

Par Ali Fkir, 16/10/2009
SIT IN LE 21/10/2009

Les ouvriers de Khouribga, licenciés abusivement par l'OCP, ont décidé de se déplacer le mercredi 21 octobre 2009 à Casablanca pour observer un sit in devant le siège central de l'OCP et cela à partir de 10h du matin.

Nous sommes touTEs concernéEs.TouTEs les démocrates conséquentEs doivent se déplacer pour épauler les victimes de l'arbitraire.

La solidarité nous interpelle.

ci-joint, en pj, l'appel des victimes(en ar) par Aziz Chekkoufi

Subject: [Maroc_AMDH] بيان عمال سميسي بخريبكة

To: Maroc-AMDH , presse maroc groupe

دون رفقته بيان عمال سميسي ريجي بخريبكة الخاص باعتصام يوم 21/10/2009 أمام الإدارة العامة للمجمع الشريف للفوسفاط بالدار البيضاء
وبالمناسبة ندعوكم لمساندتنا في إنجاح معركتنا النضالية بتغطيتكم لهدا الحدث

وشكرا

vendredi 16 octobre 2009

Des militants sahraouis pris pour cible après s'être rendus dans les camps de Tindouf

 Par AMNESTY INTERNATIONAL, 13/10/2009

DÉCLARATION PUBLIQUE

Maroc et Sahara occidental. Des militants sahraouis pris pour cible après s'être rendus dans les camps de Tindouf

Amnesty International est préoccupée par l’arrestation et la détention au secret de sept militants sahraouis, qui pourraient faire l’objet de poursuites sur la base de charges forgées de toutes pièces. L’organisation demande leur remise en liberté immédiate car ils sont peut-être des prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exprimé, sans recourir à la violence ni prôner son usage, leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Ahmed Alansari, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ont été arrêtés vers 13h30 le 8 octobre à l’aéroport Mohamed V de Casablanca. Ils arrivaient d’Algérie, où ils avaient séjourné dans les camps de Tindouf entre le 26 septembre et le 8 octobre. Selon les informations recueillies, ils ont été appréhendés à leur descente d’avion. Ces personnes appartiennent à des organisations de défense des droits humains et d’autres groupes de la société civile, notamment les sections pour le Sahara occidental de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’homme commises par l'État du Maroc (ASVDH) et le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme (CODESA). Plusieurs d’entre elles se consacrent depuis longtemps à la situation au Sahara occidental et à la collecte d’informations sur les violations des droits humains qui y sont perpétrées. Deux au moins ont été victimes dans le passé d’une disparition forcée. Il s’agit de Dakja Lasghar, la seule femme du groupe, et de Brahim Dahane, qui a « disparu » dans les années 1980, puis a été remis en liberté en 1991. Quatre ont déjà effectué un séjour en prison, notamment Ali Salem Tamek, un prisonnier d’opinion adopté par Amnesty International.

Selon une dépêche de l’agence de presse officielle marocaine en date du 8 octobre 2009, le procureur du roi de la cour d’appel de Casablanca a ordonné que les sept militants sahraouis soient remis aux services de la police judiciaire. Cette dépêche indique par ailleurs qu’ils ont été arrêtés pour avoir porté atteinte aux intérêts supérieurs du pays en raison de leurs contacts avec des « parties hostiles au Maroc » (allusion probable aux rencontres avec des représentants du Front Polisario, qui a proclamé un gouvernement en exil dans les camps de Tindouf). Outre leurs entretiens avec de hauts responsables du Front Polisario, les sept militants auraient assisté à plusieurs conférences et manifestations organisées en leur honneur, autant d’activités qui ne peuvent être considérées que comme relevant de l’exercice légitime et pacifique de la liberté d’expression, d’association et de réunion, garantie par le droit international et les normes internationales.

Les autorités marocaines n’ont informé les proches des personnes concernées que quatre jours après leur arrestation, le 12 octobre en début de soirée, en violation de l’article 67 du Code de procédure pénale qui prévoit que la police judiciaire doit contacter la famille du suspect dès la décision de placement en garde à vue. Il a en outre été précisé aux proches qu’ils n’étaient pas autorisés à rendre visite aux détenus pendant la durée de leur garde à vue, ce qui vient confirmer les craintes que cette affaire soit considérée comme relevant de la sûreté intérieure ou extérieure de l’État. L’article 66 du Code de procédure pénale prévoit que la garde à vue peut dans ce cas durer jusqu’à huit jours, sur autorisation du parquet.

Amnesty International est également préoccupée par les informations selon lesquelles la famille de l’un des détenus est soumise à des actes de harcèlement. Depuis le 11 octobre en fin de soirée, des membres de la police et des forces auxiliaires sont postés autour de la maison d’Ahmed Alansari, dans le quartier Salam de la ville de Smara, et empêchent des personnes, y compris des proches, de se rendre à l'intérieur. L’épouse d’Ahmed Alansari, Biba Lala Salkha, aurait en outre été verbalement molestée par les forces de sécurité. Le 11 octobre, elle s’est rendue au parquet général de Smara pour déposer une plainte concernant l’arrestation de son mari et l’importante présence des forces de sécurité devant son domicile. Sa plainte n’a toutefois pas été enregistrée. Elle a entamé le 12 octobre, en compagnie de ses deux aînés, une grève de la faim de quarante-huit heures en signe de protestation contre ces actes de harcèlement.

Amnesty International demande également aux autorités marocaines de révéler le lieu exact où se trouvent les sept militants détenus par la police judiciaire de Casablanca, de les autoriser à entrer en contact immédiatement avec leur famille et leurs avocats et de leur fournir tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.

Complément d’information

L’arrestation des sept Sahraouis intervient dans un contexte marqué par les attaques de médias marocains et d’un certain nombre de partis politiques contre les militants de la cause du Sahara occidental, qualifiés de « traîtres » et parfois désignés à la vindicte publique. Les visites familiales entre le Sahara occidental et les camps de Tindouf, dans le sud de l’Algérie, se déroulent sous les auspices du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Des militants sahraouis s’étaient déjà rendus en Algérie, mais c’est la première fois que certains d’entre eux visitent les camps de Tindouf.

Ces arrestations se produisent par ailleurs à un moment où les informations faisant état de la persécution de militants sahraouis se multiplient. Des violations du droit de toute personne de quitter son pays, garanti par l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Maroc est partie, ont notamment été signalées. Cinq militants sahraouis qui entendaient se rendre en Mauritanie ont ainsi été empêchés de sortir du Maroc le 6 octobre. Après avoir subi de longs interrogatoires, ils se sont vu confisquer leur papiers d'identité avant d'être remis en liberté sans qu'aucune explication ne leur ait été fournie quant à l'interdiction de sortir du pays.

Le statut du Sahara occidental, territoire annexé par le Maroc en 1975, reste un sujet tabou pour les autorités de Rabat, qui ne font guère preuve de tolérance envers celles et ceux qui expriment publiquement leurs opinions en faveur de l’indépendance de ce territoire. Le gouvernement marocain s’en prend non seulement aux militants qui réclament l’autodétermination pour le Sahara occidental, mais aussi aux défenseurs sahraouis des droits humains qui enquêtent sur les violations des droits fondamentaux perpétrées dans ce contexte. Ces derniers continuent de subir des actes de harcèlement et d’intimidation, quand ils ne font pas l’objet de poursuites judiciaires. Amnesty International craint qu’ils ne soient pris pour cible en raison de leurs activités de défense des droits humains et de l’exercice, pourtant pacifique, de leur droit à la liberté d’expression, notamment de leur droit à promouvoir sans violence l’autodétermination. Ils sont également en butte à des obstacles administratifs motivés par des considérations politiques, qui les empêchent d’enregistrer officiellement leurs organisations et entravent davantage leur travail.

Amnesty International a demandé à de multiples reprises aux autorités marocaines de prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion, inscrit dans le droit international, en particulier le PIDCP. L’organisation a également demandé aux autorités marocaines de faire en sorte que les défenseurs sahraouis des droits humains puissent recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d’être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d’intimidation, conformément à la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998.





AMDH Mohammedia : développement durable


Par Ali Fkir, 16/10/2009

Plusieurs citoyenNEs ont assisté le jeudi 15 octobre 2009 à la rencontre organisée par la section de Mohammedia avec le militant de l'AMDH, AbdelKhalek Benzekri, sur le thème "droit au développement durable". Plusieurs personnes n'ont pas pu assister à cette intervention par manque de place dans le local.


L'intervention était très riche en données chiffrées, en interprétations, traduites dans un langage simple, ce qui a permis aux personnes venues notamment des bidonvilles de comprendre le contenu sans difficulté aucune.


L'assistance a agréablement enrichi l'intervention de Benzekri.



17 Octobre 1961 - 17 octobre 2009 : 48ème Anniversaire

Vérité et Justice

L'appel national des organisations :


« Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d'Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l'égalité, leur droit à l'indépendance et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d'entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines, victimes d'une violence et d'une brutalité extrêmes, perdirent la vie aux mains des forces de police, suivant les ordres de leurs supérieurs.

48 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n'a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu'elle a menée -, en particulier la Guerre d'Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d'horreurs qu'elle a entraînés ou dans ce crime d'Etat que constitue le 17 octobre 1961. Certains osent encore aujourd'hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation" et des honneurs "officiels" sont rendus aux criminels de l'OAS. Malgré un discours, parfois ambigu et contradictoire, sur le passé colonial de la France, la politique menée par le Président de la République témoigne d'une réelle volonté de sa réhabilitation.
Le Ministre des Anciens combattants vient de rappeler la volonté du gouvernement de créer une "Fondation pour la mémoire de la Guerre d'Algérie", en application de l'article 3 de cette loi du 23 février 2005 dont un alinéa de l'article 4, aujourd'hui disparu, voulait initialement inciter les enseignants à présenter les "aspects positifs de la colonisation". Une telle Fondation risque de se retrouver sous la coupe d'associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger des historiens qu'ils se plient à la mémoire de "certains" témoins. Or, pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues, entre les deux rives de la Méditerranée. Or la nouvelle loi sur les archives votée en 2008 fixe des délais de consultation aux dossiers judiciaires qui retardera en particulier les recherches sur l'organisation criminelle de l'OAS que certains, au sein même du parti du Président de la République, cherchent à réhabiliter. La recherche de la vérité s'impose pour cette période sombre de notre histoire comme elle s'est imposée pour la collaboration vichyste avec l'Allemagne nazie. Ce n'est qu'à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d'Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd'hui nombre de citoyens ou de ressortissants d'origine maghrébine ou des anciennes colonies.
Un certain nombre de collectivités locales ont baptisé des places à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 et nous appelons au développement de ces lieux de mémoire ainsi que la mobilisation de la population devant ces lieux déjà existant.
Pour exiger :
- la reconnaissance officielle du crime commis par l'Etat français les 17 et 18 octobre 1961
- la liberté d'accès effective aux archives pour tous, historiens et citoyens
- le développement de la recherche historique sur ces questions dans un cadre franco-algérien et international

Là où tant de victimes furent jetées à la Seine il y a 48 ans. »



Rassemblement : Samedi 17 octobre
à 17 h. à la Place Saint Michel à Paris





Organisations signataires : 17 octobre 1961 contre l'oubli*, *ACCA *(Association Contre le Colonialisme Aujourd'hui),* Les Alternatifs, Alternative libertaire*, *Les Amis de Max Marchand et Mouloud Feraoun*, *Association des anciens appelé en Algérie contre la Guerre*, *AMF* (Association des Marocains en France) *ANPREMEVO* (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l'OAS), *APCV* (Agence de promotion des cultures et du voyage), *ARAC *(Association Républicaine des Anciens Combattants), *ASDHOM* (Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc), *ATMF* (Association des Travailleurs Maghrébins en France*), CNAFAL* (Conseil National des Associations Familiales Laïques), *Au Nom de la Mémoire*, *CVJC *(Comité Vérité et Justice pour Charonne), *Droits Devant !!*, *FASTI* (Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s), Fédération *SUD Education*, *FTCR* (Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), *GISTI *(Groupe d'information et de soutien des immigrés), *Harkis et Droits de l'Homme*, *Mouvement de la Paix*, *LDH* (Ligue des Droits de l'Homme), *MJC* (Mouvement Jeunesse Communiste), *MRAP* (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), *LO* (Lutte Ouvrière), *NPA* (Nouveau Parti Anticapitaliste), *Les Oranges*, *PCF* (Parti Communiste Français – National et Fédération de Paris), *PS* (Parti Socialiste), *Réseau Frantz Fanon*, *Respaix Conscience Musulmane, Ruptures*, *Sud Education Hérault*, *SNPES-PJJ/FSU*, *URIF-CGT* (Union Régionale Ile de France de la CGT), *Union Syndicale Solidaires*, *Les VERTS*,



Rappel : à Nanterre, un rassemblement est organisé devant la plaque commémorative, face à la préfecture, samedi 17 octobre à 18h.





















Tunisie : une «élection» présidentielle pour rien

Par Aziz Enhaili, 14/10/2009



Le 25 octobre 2009, la Tunisie tiendra sa cinquième «élection» présidentielle depuis le coup d’État «médical» du général Zine el-Abidine Ben Ali (1987).
Une élection sans enjeu réel puisque le régime autocratique de Tunis s’est arrangé pour que le président sortant soit reconduit (sans aucune difficulté) dans ses fonctions pour un mandat de cinq ans. Au grand dam d’une opposition encore profondément divisée et affaiblie.

La Tunisie a accédé à son indépendance en 1956. Après avoir exercé le pouvoir sans partage durant près d’un tiers de siècle, le dit «combattant suprême» et «père de la nation» (Habib Bourguiba) est renversé par son Premier ministre, le général Zine el-Abidine Ben Ali (né en 1936), à la faveur d’un coup d’État «médical» (sans effusion de sang). Aux espoirs suscités au début de son règne par son «Pacte du 7 Novembre» 1988 (qui rassemblait différents acteurs et sociaux, à l'exception des islamistes) a rapidement succédé une déception de plus en plus prononcée et élargie à de nouveaux acteurs politiques et sociaux. Après avoir «laminé» les islamistes de l’illégal parti Ennahda (qui avait applaudi le «Pacte» de Ben Ali et voulu être légalisé), les services de sécurité se sont retournés contre l’allié d’hier de la campagne de chasse aux islamistes, à savoir l’opposition laïque. Depuis, Ben Ali dirige son pays d’une main de fer. Si l’opposition de connivence est choyée, la dissidence est quant à elle bannie. Les violations systématiques des droits humains des réels opposants sont devenues constitutives de l’ADN du régime en place.

«Élection» présidentielle biaisée
Après avoir déclaré au tout début de sa mainmise sur le pouvoir que «l'époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie ni succession automatique à la tête de l'État duquel le peuple se trouve exclu» et que le «peuple est digne d'une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse», Ben Ali n’a d’abord pas pu résister à la tentation de la présidence à vie, puisqu’il a en 2002 modifié la Constitution pour pouvoir se présenter autant de fois qu’il le voudrait. En 2005, une loi lui a accordé l’immunité permanente pour tout acte lié à ses fonctions officielles, pendant comme après la fin de son mandat. Son clan familial a mis l’économie du pays en coupes réglées. La corruption est endémique. Elle touche même les cercles les plus proches de Ben Ali.

À l’ombre de sa dictature souriante, son Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, un parti hégémonique d’État) exerce une mainmise presque totale sur les différentes institutions politiques, économiques et sociales du pays. Toute institution réfractaire à cette mainmise est condamnée à la paralysie, sinon la dissolution. La sécurité intérieure et la justice du raïs y veillent scrupuleusement !

C’est à l’ombre de ce tableau peu reluisant en termes démocratiques et d’État de droit que le régime tient le 25 octobre prochain la cinquième élection présidentielle depuis le coup d’État de 1987. Le même jour, se tiendront les élections législatives.La période de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle allait du 26 août au 24 septembre dernier. Les conditions nécessaires pour présenter son dossier de candidat à la candidature sont au nombre de quatre :
1) être âgé de 40 ans au moins et de 75 ans au plus;

2) être de religion musulmane;

3) être de nationalité tunisienne «sans discontinuité»! Une condition devant également s’appliquer au père, à la mère et aux deux grands-pères;

4) être chef élu de son parti depuis au moins deux ans.
La liste définitive des candidats éligibles est annoncée par le Conseil constitutionnel en fin septembre. Le mode de scrutin choisi pour l’occasion est celui uninominal majoritaire à deux tours. La campagne électorale officielle est d’une durée de 12 jours (du 11 au 23 octobre). Le vote de la diaspora tunisienne (du 17 au 24 octobre) précède celui des Tunisiens de l’intérieur (25 octobre). Le lendemain, le nom de l’heureux élu est annoncé.

On pensait que cette année le président sortant allait affronter quatre «concurrents» de connivence. À savoir Mohamed Bouchiha (61 ans, Parti de l’Unité Populaire, social-démocrate), Ahmed Inoubli (50 ans, Union Démocratique Unioniste, nationaliste arabe), Ahmed Brahim (63 ans, Ettajdid, ex-Parti communiste) et Mustapha Ben Jaâfar (68 ans : Forum démocratique pour le travail et la liberté, FDTL). Mais c’était sans compter avec une règle non écrite du jeu politique tunisien et qui veut que soit exclu du jeu tout acteur pouvant poser problème pour le pouvoir. Pour se débarrasser de Ben Jaâfar (une figure connue pour son combat en faveur des droits humains dans son pays), le pouvoir a utilisé la quatrième condition d’éligibilité (loi 2008-52 du 28 juillet 2008) citée ci-dessus. Une clause sur mesure puisque même si le FDTL avait voulu s’y conformer, il n’aurait pu le faire, vu des délais très courts et donc impossibles à respecter.

Le candidat favori du régime fera donc (comme en 2004) face à trois «concurrents» de convenance. Notons que plusieurs chefs de partis de l’opposition ont décidé de boycotter la consultation présidentielle pour absence des conditions d’une élection honnête et régulière. On peut mentionner ici les noms, entre autres, des dirigeants Hama Hammami (Parti communiste des ouvriers de Tunisie: PCOT, extrême gauche) et Nejib Chebbi (Parti démocratique progressiste, centre-gauche). Celui-ci a décidé de se retirer également de la campagne pour les élections législatives. Dès l’atterrissage de son avion à l’aéroport de Tunis (de retour d’un séjour à Paris), le chef du PCOT est quant à lui agressé par des barbouzes de Ben Ali. L’organe de presse du parti Ettajdid est saisi par le ministère de l’Intérieur, pour «infraction au code électoral»! Limitant ainsi la capacité de diffusion de son message en cette période électorale.

Ben Ali (73 ans) est le candidat favori de ce scrutin. Son parti d’État revendique 2,7 millions d'adhérents (et donc d’électeurs potentiels en sa faveur). Les différentes institutions de l’État (dont les autorités, la radiotélévision, la presse…) et officines du pouvoir sont mobilisées en sa faveur. Des 9300 associations légales que compte le pays, 8500 l’ont déjà appuyé officiellement. Les principales organisations patronales et syndicales (la centrale UGTT en tête) du pays le soutiennent également. Sans oublier le concours de trois partis dits d’opposition.
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Le 26 octobre prochain, le président du Conseil constitutionnel de la Tunisie annoncera sans aucun doute la nouvelle de la «réélection» de Zine el-Abidine Ben Ali comme président de la République pour une cinquième fois de suite et pour un mandat de cinq ans. Il sera accrédité de plus de 90% des suffrages exprimés. Ses trois «adversaires» se partageront les miettes restantes. Face à lui, l’opposition demeurera divisée et enfermée dans les querelles du passé. Permettant au parti-État de longues périodes de contrôle sans partage du pouvoir et au clan présidentiel de préparer la succession d’un président dont l’état de santé s’est énormément dégradé ces dernières années. Parions à cet effet que le clan Trabelsi (belle famille de Ben Ali) veillera au petit grain.


























أيلول! الإنصاف لضحايا ١١/٩


إن كنت من المناهضين للحروب و العنصرية و قيام الدولة القمعية و القضاء المجحف، فندعوك للإمضاء على عريضة منير المتصدق، و هو مواطن مسالم، ملتزم بالقانون، في غاية اللطف و البراءة. هو طالب من أصل مغربي محتجز في سجن ألماني إرضاءً للحكومة الأمريكية. لدينا فرصة تاريخية و فريدة من نوعها للإجهار بالحقيقة.

امض العريضة العدالة لأجل ضحايا ١١/٩، العدالة لمنير المتصدق 

Maintien de la rencontre-débat du 19 octobre, organisée par l'AML

De Tewfik Allal, 16/10/2009

Maintien de la rencontre-débat du 19 octobre, organisée par l'AML (Association du Manifeste des Libertés - France)



C’est OK pour vos réservations pour la réunion du lundi 19 octobre, que nous maintenons malgré l’interdiction de sortie du territoire qui frappent Zineb el-Rhazoui et Ibtissame. Ci-joint, à ce propos, le communiqué du Manifeste des libertés, organisateur de la rencontre (et l’annonce).

Nous demandons à nos amis de diffuser autour d’eux ces informations.

Tewfik Allal,coordinateur du Manifeste des libertés

01 45 40 62 62 / 06 81 60 65 43

Communiqué de l’Association du Manifeste des libertés (France)



Interdiction de sortie du territoire marocain pour Ibtissame Lachgar et Zineb el-Rhazoui,membres du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI),
initiatrices du rassemblement des “dé-jeûneurs” de Mohammedia (13 septembre 2009)

Ibtissame Lachgar, psychologue marocaine de 34 ans et co-fondatrice du MALI, a été arrêtée ce matin jeudi 15 octobre par la police des frontières de l'aéroport Mohammed-V, à Casablanca. Elle a été empêchée de quitter le territoire alors qu'elle tentait de prendre l'avion de 8 heurs du matin en direction de Paris, où elle devait assister à une rencontre-débat sur la liberté de conscience et de culte, organisée lundi 19 octobre par l'Association du Manifeste des libertés. Elle a été conduite à la Préfecture de police de Casablanca, où la Police judiciaire de Mohammedia est venue la chercher. Elle a été débarquée de la fourgonnette de police, et relâchée sur le chemin de Mohammedia.

Entre-temps, l'avocat des jeunes du MALI, maître Abderrahim Jamaï, a contacté le procureur du roi, qui lui a confirmé qu'il y avait une interdiction de sortie du territoire pour Ibtissame Lachgar et Zineb el-Rhazoui (qui devait également se rendre à Paris dans la journée du vendredi 16 afin d'assister à la même rencontre-débat).


Cette interdiction de sortie du territoire a été signifiée sans que des poursuites judiciaires aient été engagées contre les deux femmes et les quatre jeunes hommes arrêtés pour avoir organisé le “pique-nique de Mohammedia” lors du ramadan dernier (13 septembre 2009).

Santé du roi : les journalistes d’Al-Michaal Hebdo condamnés à de la prison ferme


Par Reporters sans Frontières, 15/10/2009

« Les policiers viennent d’entrer dans mon bureau pour m’emmener en prison », a déclaré à Reporters sans frontières, Driss Chahtane, directeur de publication du journal Al-Michaal, avant d’être effectivement arrêté dans sa rédaction. « C’est très dur. C’est une catastrophe. C’est une grande injustice », a ajouté intéressée alors qu’il se trouvait chez le préfet pour être conduit vers une prison encore inconnue.

Driss Chahtane a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de première instance de Rabat. Selon lui, les deux autres journalistes accusés, Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane se sont vu infliger des peines de trois mois de prison ferme. Le 15 octobre 2009, lors de l’énoncé du verdict, le procureur a demandé l’arrestation immédiate du directeur de publication, à l’appui du chapitre 400 du code de procédure pénal.

Le procès portait sur les articles évoquant la santé du roi fragilisée durant le mois de Ramadan dernier. (Lire communiqué du 8 septembre « La santé du roi, sujet tabou ». Les trois journalistes ont été accusés de « délit de publication », de « mauvaise foi », de « fausses nouvelles » et d’ « allégations erronées », prévus dans les articles 42 et 68 du Code de la presse. Fait extraordinaire, les avocats de la défense s’étaient retirés, lors d’une audience, pour protester contre le comportement impartial de la Cour et l’absence de conditions d’un procès juste et équitable.

« Il n’y a pas de mot pour qualifier ces condamnations à la prison ferme. Alors que les autorités se targuaient de l’absence de journalistes en prison, voilà qu’un des nombreux procès qu’elles intentent contre des journalistes mène à des condamnations de prison ferme. Driss Chahtane est une cible régulière de la machine procédurière mais un pas vient d’être franchi. Quel crime ces journalistes ont-ils commis pour mériter cette peine ? Nous exprimons notre plus vive inquiétude à l’approche des autres procès contre la presse qui doivent se tenir tout au long du mois », a déclaré Reporters sans frontières.

Driss Ould al-Kabla, rédacteur en chef du journal arabophone a confirmé à Reporters sans frontières : « Driss Chahtane a bien été arrêté contrairement aux deux autres journalistes. On ne s’explique pas cette réaction du régime, surtout en ces temps où on pensait que la situation de la liberté de la presse s’améliorait au Maroc. Al-Michaal est un journal qui gêne. L’article n’est même pas mal intentionné. Il faut respecter les « lignes rouges ». On s’attendait à un jugement assez grave mais pas à ce point-là. De plus, les trois journalistes n’ont pas eu la possibilité de se défendre et d’appeler leurs témoins à la barre. La Cour a bafoué tous les droits de la défense »

jeudi 15 octobre 2009

Les co-fondatrices du MALI interdites de quitter le territoire, informations et soutien

Des informations de Zinebl Rhazoui, journaliste, 15/10/2009

Abderrahim Jamaï vient de m'informer que le procureur lui a confirmé qu'il ne s'agissait pas d'une erreur, mais qu'Ibtissam Lachgar et moi sommes bien interdites de quitter le territoire.
Ibtissame Betty Lachgar, psychologue marocaine de 34 ans et co-fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali) a été relâchée par la police judiciaire sur la route de Mohammedia. L'interdiction de sortie du territoire est confirmée pour Ibtissame Lachgar et Zineb El Rhazoui.
Entre-temps, Betty a été relâchée sur la route, elle est arrivée chez moi.

Soutien de l'ASDHOM par Ayad Ahram, secrétaire général

Ibtissame Betty Lachgar, psychologue marocaine de 34 ans et co-fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali), a été arrêtée ce matin par la police des frontières de l'aéroport Mohammed-V, à Casablanca. Elle a été empêchée de quitter le territoire alors qu'elle tentait de prendre l'avion de 8h du matin en direction de Paris, où elle devait assister à une rencontre-débat sur les libertés, organisée par l'association française Manifeste des Libertés. Elle a été conduite à la Préfecture de police de Casablanca, où la Police Judiciaire de Mohammedia est venue la chercher. Elle a été débarquée de la fourgonnette de police sur le chemin de Mohammedia.
Entre-temps, l'avocat des jeunes du Mali, Maître Abderrahim Jamaï, a contacté le procureur du roi, qui lui a confirmé qu'il y avait une interdiction de sortie du territoire pour Ibtissame Lachgar et Zineb El Rhazoui. Pourtant, il n'y a pas de poursuites judiciaires contre les deux femmes. Ibtissame Lachgar devait également se rendre en France pour poursuivre son doctorat.


Soutien d'Ali Fkir
Ibtissem perd son droit de circulation
La jeune psychologue Ibtissem Lachgar, arrêtée avec d'autres jeunes ( au cours du dernier ramadan) pour leur opposition à l'article pénal 222 qui punit les "musulmans non jeûneurs", vient d'être arrêtée à l'aéroport de Casablanca , menée au commissariat central de cette ville, puis vers celui de Mohammedia avant qu'elle ne soit relâchée.

La police lui a signifié qu'elle est interdite de quitter "le territoire national".

Rappelons qu'après des heures et des heures d'interrogatoire au commissariat de Mohammedia, Ibtissem et ses camarades de MALI (mouvement alternatif pour les libertés individuelles) ont été relâchéEs et sans poursuite juridique aucune.

Donc la décision policière d'empêcher Ibtissem de se rendre en France pour, entre autre , poursuivre ses études universitaires est illégale. Cela confirme que nous vivons le règne de l'arbitraire.

Notons aussi actuellement, et à la veille de son congrès, une campagne de dénigrement vise l'AMDH à qui certains milieux reprochent entre autre sa position anti répressive dans cette affaire, et sa défense du droit des citoyenNEs à la liberté de culte.

Exprimons notre solidarité avec Ibtissem, Zineb et avec toutes les victimes de l'arbitraire.



Le juge qui a torturé sa bonne de 11 ans innocenté

De : Diaspora Saharaoui 13/10/2009


Le tribunal de première instance d’Oujda a condamné, lundi 12 octobre, l’épouse impliquée dans l’affaire de la petite bonne d’Oujda, maltraitée par ses employés, à une peine de trois ans et demi de prison ferme.



La mise en cause a été condamnée également par le tribunal à une amende de 100 000 DH.



L’affaire de maltraitance de la jeune Zineb Chtit (11 ans) remonte au 20 août lorsque les services de police et le procureur général du Roi près la cour d’appel d’Oujda avaient ordonné alors l’ouverture d’une enquête judiciaire à ce sujet, sous la supervision du Parquet, pour identifier toute personne impliquée dans cette affaire et engager des poursuites à son encontre.

A l’issue de l’enquête, la mise en cause a été déférée, en état d’arrestation, devant le Parquet général près le tribunal de première instance de la ville qui avait décidé de poursuivre l’accusée pour les faits qui lui sont reprochés.

La petite Zineb, une enfant de 11 ans, avait été hospitalisée, au mois d’août dernier, dans un état critique avec les cheveux rasés et des traces de torture bien visibles sur tout son corps, des contusions à la tête et une haute fièvre à cause des brûlures dans la bouche et les parties génitales. Elle avait aussi des coupures et des contusions sur différentes parties du corps.

Sa famille a accusé son employeur et son épouse, un juge de la ville d’Oujda.

Plusieurs associations civiles se sont mobilisées pour éclaircir l’affaire et demandé de prendre les mesures adéquates contre les agresseurs.

Malgré les dénonciations concernant les deux époux, seule l'épouse a été inculpée, alors que le juge a été innocenté
Encore une illustration de la justice, au Maroc, du roi Mohamed VI.



Source : Frajafilm


Rencontre-débat du Manifeste des libertés

Rencontre avec Zineb el-Rhazaoui et Ibtissame Lachgar


fondatrices du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles(MALI)à l’origine du rassemblement des “dé-jeûneurs” du ramadan dernier à Mohammadia (Maroc)

Contre la bigoterie étouffante, les consensus hypocrites et le contrôle social exercé au nom du religieux, la jeunesse a des choses à nous dire sur la liberté.


Lundi 19 octobre 2009, 19 heures 30

Relais Ménilmontant 2, rue Henri-Chevreau, 75020 Paris
(Métro Ménilmontant).
En raison du nombre limité des places, veuillez réserver votre participation : manifeste@manifeste.org

*Dossier d’information sur le rassemblement des “dé-jeûneurs” de Mohammadia (Maroc) :

Une contribution de 5 euros sera demandée à l’entrée, en raison des frais engagés


(le Manifeste des libertés ne vit que par les cotisations et contributions de ses adhérents).


Dernière minute


Ibtissam a été arrêtée ce matin à l'aéroport Med V par la police des frontières alors qu'elle comptait prendre l'avion de 8h du matin en direction de Paris pour assister à une conférence sur les libertés avec l'association Manifeste des Libertés. Elle a été empêchée de quitter le territoire et menée à la préfecture de de police à Casablanca. La police judiciaire de Mohammedia viendra la chercher dans un moment.




mercredi 14 octobre 2009

Rassemblement devant le siège OCP à Casa

De: Hassan Taouam 13/10/2009


Suite à la réunion des prolétaires SMESI REGIE organisée aujourd'hui le 13/10/09 au bureau de l'UMT Khouribga, l'ensemble des présents a été d'accord pour que le rassemblement devant le siège OCP à CASA soit le mecredi 21/10/09 de 10h30 à 17h (date à communiquer aux camarades de la CNT...)

rappel réunion constitutive...

Réunion constitutive du COMITÉ (ou COLLECTIF) de solidarité avec les 850 ouvriers licenciés abusivement par SMESI-Régie, filiale de l'OCP (géant groupe étatique), et ce, le dimanche 18 octobre 2009 au local de la section de l'AMDH à Mohammedia, à partir de 10h du matin
Ali Fkir

Maroc : La plaine de plastique




Par Marc Ollivier , Archipel, journal du FCE, 30/9/2009

La plaine du Souss fonctionne comme une espèce de plate-forme de prolétarisation des paysans marocains les plus appauvris. Leur niveau de vie se dégrade dans les montagnes, dans les plaines marginalisées du pays, ils viennent donc dans le Souss pour louer leur force de travail à des entreprises d’agro-industrie.*

Si l’on quitte Marrakech vers le Sud, on se heurte au Haut Atlas qui culmine à 4.000 mètres. Il faut le traverser par des cols. Quand on descend vers le Sud, on tombe dans cette plaine du Souss qui commence vers la ville de Taroudant et qui se termine à l’océan Atlantique, au grand port d’Agadir. Agadir est surtout connu des touristes pour ses très belles plages et les vols directs pour s'y rendre, mais le Souss est le centre le plus important de l’agro-industrie au Maroc.
Deux rivières irriguent cette plaine, l’oued Souss, qui a donné son nom à la plaine, et l’oued Massa, plus au Sud désormais retenu par un barrage. Il y a donc un périmètre irrigué par ce barrage, mais comme la région est assez sèche, le barrage se vide avant la fin de la saison et ne suffit pas pour les cultures intensives.

Avant de parler de l’agro-industrie moderne, traditionnellement comment était l’économie, la société dans cette vallée?

Tout le Maroc était rural. Il y avait dans les villes une élite intellectuelle et bourgeoise, mais assez restreinte par rapport à l’ensemble de la population. Dans le Souss, se développait toute une économie de petits paysans qui mettaient en valeur les terres grâce à une nappe phréatique située à une profondeur assez faible. Des puits de dix mètres suffisaient pour l’atteindre. C’était la polyculture-élevage. Mais le développement de l’agriculture intensive dans le Souss est en train de ruiner définitivement cette économie.
Le Souss est l’une des trois principales régions de la culture berbère. Les Soussis ont une identité régionale très forte. Dans l’histoire, ils ont constitué des entités relativement autonomes et ils ont toujours joué un rôle important. Au début de la colonisation par protectorat, certains colons français se sont installés dans cette plaine. Ils avaient commencé à créer une agriculture moderne, mais c’étaient surtout des plantations d’agrumes. Aujourd’hui on n’en plante plus parce que la production intensive de légumes rapporte beaucoup plus d'argent.

A quel moment a-t-on commencé à installer la production quasi industrielle de légumes?

Ce genre de production s’est développé à peu près à la même période dans beaucoup de pays. Avec le FCE, nous avons beaucoup travaillé sur la situation en Andalousie, en particulier autour d’Almería. On sait que ce secteur s’est épanoui dans les années 1980, et c’est pareil dans le Souss. C’est à ce moment-là que des capitaux étrangers ont réalisé des investissements lourds. Le secteur atteint aujourd’hui des dimensions énormes. Ces capitaux proviennent de plusieurs pays, de France d’abord et plus particulièrement des Bouches-du-Rhône, mais aussi d’Espagne et du Portugal.
J’y suis allé au printemps 2009, attiré par un conflit social dans une des entreprises. Les syndicalistes sur place estimaient à 70.000 les travailleurs agricoles pour cette plaine du Souss qui n’est pas la seule zone de production intensive de légumes au Maroc.

Avant d’aborder la question de la main-d’œuvre, je voudrais en savoir plus sur les entreprises. Il semble qu’elles ne soient pas comme celles de la célèbre mer de plastique à Almería qui sont petites, allant d’un demi-hectare à quatre ou cinq hectares. Au Souss les fermes sont bien plus grandes.
C’est une des différences. Les entreprises dans le Souss peuvent consister en plusieurs fermes qui ne sont pas juxtaposées l’une à côté de l’autre comme à Almería, car il y a de la place dans la plaine. Elles peuvent réunir 300 à 400 hectares, divisés en unités de 20 à 25 ha. entièrement couverts de serres en plastique d’un seul tenant. Ces serres sont ultramodernes, totalement hermétiques à l’atmosphère extérieure. Elles atteignent un niveau de technologie extrêmement élevé, sans doute supérieur à celui en Espagne.
Il faut donc imaginer un volume très grand, couvrant 20 hectares avec un toit plat à cinq mètres de haut et des parois qui s’enfoncent dans le sol d’une manière complètement étanche. Pour entrer dans ces espaces il faut franchir plusieurs sas afin d’éviter d’apporter des insectes ou des pollutions de l’extérieur.

Est-ce que c’est un système de culture hors-sol comme c’est souvent le cas à Almería?

On trouve aussi bien des unités qui fonctionnent sur substrat comme à Almería que d’autres où les légumes poussent dans le sol qui est quasiment du sable, donc facile à travailler. Elles disposent d’un réservoir d’eau, venant du barrage ou des nappes profondes. Cette eau est pompée dans une machine dans laquelle on dose les additifs et les engrais que l’agriculteur estime nécessaires et qu’il calcule très précisément en fonction de la période de l’année, des conditions climatiques, de l’état des plantes. Tout ça part dans des tuyaux et vient irriguer chaque pied de tomate qui a son propre tuyau. L’exploitation que j’ai visitée produisait des tomates cerises. Il s’agit de plantes qu’on sème en août, qui entrent en production en octobre et qui produisent sans interruption jusqu’en mai. Elles sont accrochées à des fils suspendus depuis le plafond de la serre et au fur et à mesure qu’elles poussent, les ouvriers cueillent les tomates et baissent le pied de tomate pour lui permettre de continuer à grandir vers le haut. A la fin de la saison, on trouve en bas des fils des fouillis de tiges de tomates, comme des nouilles qui s’accumulent mais qui continuent à faire vivre la plante et à produire des grappes de tomates cerises. C’est spectaculaire.
On y pratique une lutte intégrée avec des petits sacs de larves de prédateurs qui s’attaquent à la mouche de la tomate. On installe également des pièges à insectes pour attraper ceux qui pourraient entrer dans la serre. Et puis la serre que j’ai visitée avait atteint un degré de recyclage de ses déchets organiques végétaux très poussé au point que l’exploitant m’avait déclaré qu’il était autonome en terme d’apport organique.

Le marché, c’est majoritairement pour l’exportation?
La plaine du Souss est le cœur de la production de tomates au Maroc et la majorité est exportée vers l’Europe occidentale. En gros, on peut dire que 60% à 70% de la production de ces entreprises agro-industrielles sont exportés vers l’Europe, acheminés pour l’essentiel par des camions qui traversent le détroit de Gibraltar entre Tanger et Algesiras, mais une part croissante part en bateaux du port d’Agadir. Il s’agit surtout des livraisons pour la Grande-Bretagne.
Cela veut dire que 30 à 35% de la production sont destinés au marché intérieur, une concurrence importante pour les paysans qui ont toujours produit pour ce marché.

C'est un des aspects de la confrontation entre ce secteur agro-industriel et la paysannerie marocaine. Cette confrontation joue sur plusieurs niveaux. Le plus grave est celui des ressources en eau, parce que les paysans du Souss pouvaient accéder à des nappes phréatiques à une profondeur d’environ 10 mètres, mais l’expansion des serres a exigé de plus en plus d’eau. Pour trouver cette eau, ils ont pompé dans la nappe phréatique, provoquant le recul des nappes jusqu’à de grandes profondeurs. La ferme que j’ai visitée est obligée d’avoir un forage de 200 mètres de profondeur. Les paysans sont incapables d’accéder à ces nappes souterraines et donc ils ne peuvent plus irriguer leurs cultures.
Voilà un premier impact très négatif, la concurrence sur le marché intérieur en est bien sûr un autre. Cela prive les paysans marocains de leurs débouchés, parce que ces grandes fermes peuvent produire des masses de tomates à un coût bien inférieur à celui des paysans.

Venons-en maintenant aux conditions de travail, aux salaires des travailleurs dans les serres dans le Souss. De très nombreux Marocains partent à la recherche de travail en Europe et souvent se retrouvent avec le même genre d’emploi, à Almería ou ailleurs, où les salaires sont très bas, entre 20 et 35 euros par jour. Quelles sont les conditions dans ce grand bassin d’emploi au Maroc même?

Evidemment, les conditions de rémunération sont liées au niveau général des salaires au Maroc, c’est-à-dire très bas. Quand un ouvrier trouve du travail dans une serre en plastique à Almería il gagne entre 3 et 5 euros de l’heure. Dans le Souss, la norme dans toutes ces entreprises agro-industrielles est de 50 dirhams par jour, c’est-à-dire moins de 5 euros par jour.
Les 70.000 travailleurs agricoles viennent de toutes les régions marocaines. Il faut bien se rendre compte que le Maroc est un pays extrêmement déséquilibré. Certaines zones , connaissent un développement économique très dynamique, c’est toute la côte autour de Casablanca, Kenitra, Rabat, mais il y a des zones très marginales où l’Etat ne s’occupe pas du développement, où les investissements pour les infrastructures : écoles, électrification, etc. sont tout à fait insuffisants.
Il semble que la rémunération ne soit pas le problème vital pour ces travailleurs, puisque dans le conflit social qui m’y a attiré, les revendications posées ne concernaient pas les salaires. La première demande est le droit de créer un syndicat, deuxièmement d’avoir des fiches de paie, et troisièmement d’être enregistré dans le système de sécurité sociale, qui bien qu’extrêmement faible est quand même une garantie de reconnaissance dans le métier.
Beaucoup de femmes dans ce prolétariat agricole sont employées dans les stations de conditionnement ultramodernes, mais aussi sur les fermes; environ 20% de femmes sont employées aux opérations de cueillette, parce que leurs mains seraient plus délicates.
Tout le problème de la consommation et de la production des fruits et des légumes ne peut plus être abordé dans un contexte national ou local. Il concerne une zone géographique énorme qui s’étend d’Agadir jusqu’au nord du Maroc, où il y a aussi un secteur agro-industriel, puis en Andalousie, dans le sud de la France, en Italie… C’est comme une espèce de cercle qui entoure le Méditerranée où prospère ce système.

Il semble qu’il n’y ait que des ouvriers marocains dans le Souss. Est-ce que ça commence à être une alternative par rapport à la recherche de travail en Europe?
Non, on ne peut pas dire ça. D’abord, l’avenir de ce secteur agricole intensif est compromis, puisqu’il faut pomper l’eau à 200 mètres de profondeur. Tous les techniciens savent que les ressources en eau sont en train de s’épuiser. J’ai rencontré des dirigeants d’exploitations qui m’ont dit qu’ils ne savent pas où ils vont. Ils sont aussi alarmés par l’état des rapports avec la main-d’œuvre, mais ils disent qu’ils sont de bonne volonté. «On voudrait bien mieux traiter les ouvriers mais on est sous la pression de la compétitivité». Voilà, le grand mot est lâché, et effectivement c’est un secteur qui fonctionne avec des variables d’ajustement dont le salaire est le principal.
Il ne faut pas oublier que nous sommes à la veille de l’établissement d’une zone de libre échange entre l’Europe et l’ensemble des pays méditerranéens, dont le Maroc, et lorsque cette zone fonctionnera au Maroc ce sera en 2012, tous les observateurs sérieux savent que la situation de la paysannerie va encore s’aggraver parce que les produits agricoles à bas prix subventionnés par l’Europe vont arriver sur le marché marocain.
Cette zone de libre échange appauvrira donc la paysannerie. D’autre part, le secteur agro-industriel est en train de tirer ses dernières cartouches du point de vue des ressources en eau. Je ne vois pas que le Souss puisse devenir une alternative aux flux migratoires vers l’Europe.

Quand tu étais là-bas, est-ce que tu as entendu des commentaires sur la crise en Espagne, sur le fait que maintenant c’est moins facile d’y trouver du boulot?

Non, mais il faut avouer que c’est relativement récent, c’est depuis l’automne 2008 que ce phénomène se produit en Espagne et la pression migratoire à l’intérieur du Maroc reste toujours aussi forte. Les jeunes Marocains ont toujours l’impression qu’avec le système économique et social actuel dans le pays, ils n’ont pas d’avenir prometteur et donc ils ont toujours les yeux rivés sur l’autre côté de la Méditerranée.

Est-ce qu’on peut vivre avec cinq euros par jour? Est-ce qu’une famille peut survivre avec un tel salaire?
D’abord, il ne s’agit pas de familles, la plupart du temps. Ces travailleurs agricoles, que ce soient des hommes ou des femmes, sont des célibataires, des jeunes qui viennent d’autres régions rurales où se trouvent leur famille et leur village. Ils viennent dans le Souss pour faire des travaux saisonniers.
La situation sociale de cette main-d’œuvre est quand même assez alarmante. D’abord, le Souss est le centre le plus chaud de l’épidémie de Sida au Maroc. Autrement dit, avec toute cette masse de célibataires, ça provoque des conditions de vie extra-familiale qui favorisent le développement de cette épidémie. Deuxièmement, c’est plein de divorcés, parce que les familles éclatent naturellement avec ces conditions de vie et de travail loin de la famille et du village d’origine.
Les conditions de vie serrent le cœur quand on se promène dans cette plaine, avec ces agglomérations poussées ici et là à 30 ou 40 km d’Agadir. C’est là qu’habitent ces travailleurs agricoles. Une grande différence avec l’Andalousie, c’est qu’on est au Maroc et il n’y a pas de racisme anti-Marocain, mais les ouvriers habitent dans des quartiers très pauvres. Tous les matins, à cinq ou six heures, on assiste à un spectacle qui brise le cœur: les ouvriers sont chargés comme du bétail dans des camions où on entasse 120 personnes pour les amener aux serres à plusieurs km et c’est la même chose le soir quand ils rentrent.
Quand on connaît la vie habituelle des paysans marocains dans leur village, dans leurs montagnes, avec leurs animaux, avec tout leur environnement, on peut ressentir à quel point ces travailleurs agricoles sont dans une misère culturelle et déracinés.

Par rapport aux syndicalistes que tu as rencontrés, est-ce qu’il y a des possibilités de relations à créer, par exemple avec les forces qui existent, soit en Andalousie ou ailleurs, qui se battent pour des meilleures conditions ou contre ce modèle d’agriculture intensive?
Les syndicats au Maroc ne sont pas puissants, ils n’ont pas beaucoup de moyens. C’est déjà un point positif qu’il y ait des syndicats capables d’organiser ces travailleurs agricoles et de soutenir des luttes quand elles se développent. Mais ils sont loin de gagner à chaque conflit. Même créer une section syndicale dans une de ces entreprises agro-industrielles n’est pas du tout évident.
Mais si je suis allé dans le Souss le mois dernier et si j’ai rencontré ces syndicalistes, c’est parce qu’ils avaient pris l’initiative de diffuser sur Internet l’existence de ce conflit social et de dénoncer l’attitude du patronat qui refusait la création de sections syndicales. C’est une caractéristique générale au Maroc, chaque fois qu’un conflit éclate quelque part, qu’il soit syndical ou politique, on voit fonctionner une sorte d’écho international produit par les intéressés eux-mêmes, pas par les organisations politiques ou syndicales, qui suscite une solidarité internationale.

"Transcription d'un interview de Marc Ollivier réalisé par Nicholas Bell pour radio Zinzine"
En savoir plus :
Capitalisme agricole
La région a connu un afflux de capitaux pour plusieurs raisons. D’abord, il y a le potentiel de l’eau et des barrages. La qualité des sols est aussi favorable pour la culture maraîchère. Troisièmement, le secteur agricole est exonéré d’impôts. Le prix de la terre est dérisoire. Nombre de petits paysans n’ont pas pu suivre l’évolution des intrants et cèdent leurs terres à ces exploitants. En dernier lieu, la main-d’œuvre est abondante, et il y a les encouragements de l’Etat. Le code du travail promulgué en 2003 et mis en application en 2004 entre dans le cadre global de la politique de l’Etat favorisant la flexibilité du travail, pour encourager justement ces investissements.


Omar Aziki* secrétaire général adjoint de la Fédération du secteur agricole du Souss de l’Union Marocaine du Travail

Conditions de travail
Certains employeurs ont totalement abandonné les cultures qui nécessitent une main-d’œuvre importante. Avant l’introduction du code du travail ils faisaient du maraîchage, mais après les conflits en 2006 et 2007 ils se sont tournés vers l’arboriculture qui a besoin de beaucoup moins de main-d’œuvre. Quand on trouve des ouvriers sans droits et bon marché, on les utilise, on les exploite, mais quand ils revendiquent leurs droits, la couverture sociale et médicale, les conditions de travail, de transport et logement meilleures, on n’en veut plus.
On fait tout ce qu’on peut, des sit-in, des grèves, des manifestations, on interpelle les autorités, mais le patron finit par expulser tous les syndicalistes et tous les gens qui cherchent à défendre leurs droits. Après environ deux mois, on est dans l’impasse dans les négociations. L’employeur veut licencier 40 personnes qui ont manifesté et participé à une grève. Nous organisons un sit-in quotidien depuis le 2 mars, donc ça fait presque un mois. C’est une grande société qui emploie près de 5.000 ouvriers et qui dispose de 25 fermes de 6 à 20 hectares, et qui a une grande station de conditionnement.

On transporte les ouvriers par camion comme des sardines debout, et il y a des accidents, même des morts, parce qu’on les transporte comme des marchandises, sans sièges, sans ceintures, quand il fait froid ou très chaud.
Hocine Boulberj*secrétaire général, section agricole du Souss, UMT


Danger pour l'environnement
Avec la sécheresse, les eaux du barrage ont atteint un niveau très critique, ce qui a accru la pression sur la nappe phréatique. En plus, il y a une remontée de la salinité parce que la région est tout près de la mer. Les nappes moins profondes sont polluées par les engrais: il y a infiltration des nitrates. Les estimations le plus pessimistes disent qu'il n'y en a plus que pour huit ans parce que les nappes fossiles ne se renouvellent pas. Il y a encore l’aspect de l’épuisement des sols, d’ailleurs on assiste ici à l’arrivée de plusieurs Espagnols qui sont venus d’Almería où existe un problème d’érosion du sol à cause de l’utilisation de pesticides.




Créer des alternatives
On voit très bien qu’il faut aider à la consolidation de la solidarité internationale, justement pour dénoncer ce type d’agriculture. On est tous liés. Cette agriculture se base sur l’exportation à l’Union Européenne, c’est le citoyen européen qui consomme les ressources de notre pays. Donc ils doivent penser à faire des réseaux de solidarité, à faire des alternatives à cette agriculture intensive.
Omar Aziki