Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est CENSURE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CENSURE. Afficher tous les articles

lundi 3 août 2015

L’art judéo-amazigh de Chama Mechtaly censuré au Maroc


Chama Mechtaly, jeune artiste autodidacte marocaine et héritière d’une identité judéo-amazighe exprime à travers son art un Maroc pluriel. Il n’est malheureusement pas du goût de tous. 

Quand Chama Mechtaly nous reçoit dans son atelier éphémère, le temps semble presque suspendu. Assise entourée de ses toiles, une blouse maculée de tâches multicolores pour bleu de travail, on est encore loin d’imaginer que la jeune peintre autodidacte participe avec vigueur à briser le mur des différences entre juifs et musulmans d’origine nord-africaine. Plus qu’un travail de peintre, la jeune femme, qui poursuit ses études à Boston aux Etats-Unis en Relations internationales et résolution des conflits, nous livre également un travail d’historienne, d’anthropologue, avec beaucoup de sensibilité et de témérité.
"Le drapeau marocain revisité" censuré - Crédit : T. Bouraque
« Le drapeau marocain revisité » censuré – Crédit : T. Bouraque

« Drapeau marocain revisité » : une œuvre frappée par la censure

mercredi 1 juillet 2015

AMDH-Paris/IDF : soutien au journaliste Ali Lmrabet en grève de la faim à Genève depuis le 26 juin 2015

par AMDH, Paris, le 29 juin 2015
lamrabet
L’Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF (AMDH-Paris/Ile-De-France) déplore la répression subie par le journaliste Ali Lmrabet. Ce dernier a été à de nombreuses fois victime du non-respect de la liberté d’expression par les autorités marocaines.
Rappel des principales dérives dont il a été (il est) victime :
-          2000 : interdiction de son journal Demain.
-          2003 : condamnation à 3 ans de prison ferme pour outrage au roi et fermeture de ses journaux Demain magazine et Doumane.
-          2005 : interdiction d’exercer ses fonctions de journaliste pendant 10 ans (du 11 avril 2005 au 11 avril 2015)
Énième épisode de l’acharnement des autorités marocaines, ces dernières refusent désormais de lui renouveler ses papiers d’identité. Face à cette situation abracadabrantesque et injuste, Ali Lmrabet a entamé vendredi 26 juin 2015 une grève de la faim devant l’entrée de l’ONU, place des Nations à Genève.
L’AMDH-Paris/IDF :
-          Dénonce l’acharnement des autorités marocaines contre Ali Lmrabet.
-          Soutient sa demande légitime et légale à avoir des papiers.
-          Appelle les autorités marocaines à lui délivrer au plus vite ses papiers d’identité.
-          Considère que l’État marocain porte l’entière responsabilité de cette situation et de ses éventuelles conséquences sur la santé d’Ali Lmrabet.

dimanche 21 juin 2015

Culture Une fondation culturelle encerclée par la police pour empêcher le concert de L7a9ed


Une fondation culturelle encerclée par la police pour empêcher le concert de L7a9ed

Un concert du rappeur Mouad L7a9ed vient d’être interdit par les autorités. Il devait se tenir dans la fondation culturelle L’uzine.

La police a bloqué l’accès à L’uzine, le 19 juin au soir, où devait se tenir un concert du rappeur Mouad L7a9ed. Cet espace dédié à l’art et à la création lancé par la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi, a été encerclé par les autorités, les deux rues qui mènent à cette fondation qui se trouve à Aïn Sbaa ont été bloqués.
Selon plusieurs témoins sur place, l’ambiance rappelait les interdictions des marches du mouvement du 20 février tellement le dispositif sécuritaire était impressionnant. Des informations que confirme Karim Tazi, dont la famille est derrière le lancement de cet espace dédié à la culture. Il nous explique la position des autorités: «la police m’a demandé une autorisation pour tenir ce concert alors que rien dans la loi ne nous oblige d’en avoir pour une activité que nous tenons à l’intérieur de la fondation». Et d’ajouter que c’est «une raison pour la police de ne pas motiver par écrit une interdiction. Ils veulent éviter de nous donner un document qui peut servir de base à une action en justice contre eux.  C’est du basrisme non-assumé».
La police a par la suite demandé si le bâtiment respectait les mesures de sécurité, nous explique Tazi qui s’interroge «où été la police quand Hoba Hoba spirit ont donné  un concert avec plus de 300 personnes la semaine dernière?».
La Lydec a aussi été sollicitée par les autorités afin de couper l’électricité dans la fondation, ce qui a été fait : «des personnes à l’intérieur commençaient à avoir peur», raconte Karim Tazi.
Cette interdiction est la première qui frappe la fondation depuis son ouverture il y a 6 mois où plusieurs autres groupes se sont produits notamment le groupe de fusion Hoba Hoba Spirit.

Partager

Lire aussi

samedi 6 juin 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 31mai au 7 juin 2015

Maroc : torture, impunité, censure, vie privée surveillée...avec l’accord de la France  
Sahara Occidental : De plus en plus de condamnations de la pratique de la torture et du pillage des richesses par le Maroc
Lire:
Rendez-vous :
Autres luttes:


  • Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 24 au 31 mai 2015
  • lundi 1 juin 2015

    Tribune de Mahi Binebine: « Allez censeurs du dimanche, brûlez tout! »


    Tribune de Mahi Binebine: « Allez censeurs du dimanche, brûlez tout! »
    Mahi Binebine et Nabil Ayouch

    L’artiste et écrivain Mahi Binebine réagit à la polémique autour du film de Nabil Ayouch, Much Loved. Il s’élève contre les « inquisiteurs aux desseins pervers ».

    Jusqu’à quand allons-nous vivre dans la schizophrénie,  dans le déni ? Est-ce notre image qui nous révulse à ce point ou le mal est-il plus profond ? Allons-nous continuer à lancer des cabales contre les artistes qui pansent les plaies d’une société malade, contre le talent, ce trésor national qui est notre seule planche de salut, contre la liberté que nos aînés ont payée de leur chair dans les cachots du désespoir ? Devrions-nous, nous autres créateurs, travailler en permanence avec l’épée de Damoclès suspendue par-dessus nos têtes ?
    Allez, censeurs du dimanche confortablement installés derrières vos claviers, retroussez vos manches et brûlez! Une bûche pour Le pain nu, Choukri était un clochard alcoolique ; une autre pour Le passé simple, Chraïbi, rien de moins qu’un traître collabo ; une autre encore pour Le dernier combat du capitaine Ni’mat, Leftah était un pédéraste notoire. Allez, brûlez braves gens, brûlez Casanegra, Lakhmari est d’une vulgarité sans nom… Mettez Serhane au pilori, il n’a jamais su faire de courbettes. Bannissez Laâbi, il est à la botte des marxistes léninistes. Brûlez ! Brûlez ! Brûlez ! Que l’autodafé soit flamboyant ! Et sur les cendres de notre culture moribonde, dressez un tapis rouge aux rétrogrades de tous bords. Drapez-vous de votre pseudo-dignité, chaussez vos œillères et marchez dans l’obscurité, vous la méritez peut-être.
    Aujourd’hui, c’est au de tour de Nabil Ayouch d’être jeté en pâture, un sioniste qui a réalisé My Land, un bourreau d’enfants qui a créé le centre culturel Les étoiles de Sidi Moumen et ses centaines de marmots démunis qui ont dorénavant accès à un cinéma, une médiathèque, une salle de danse, une autre de musique, un atelier de peinture, un autre de théâtre… Tout cela en plein cœur du bidonville ! Oui, il s’agit bien de ce type qui a réalisé un film à fonds propres, que d’aucuns voudraient traduire en justice pour avoir fait consciencieusement et honnêtement son métier!
    Nous sommes nombreux à souffrir de ce pays qui nous fait mal, de ses travers, de ses contradictions. Naguère, nous nous battions contre le makhzen et son arantèle sournoise qui nous étouffait. A présent, l’ennemi est invisible. Il s’appelle populisme et ses relents nauséabonds qui fleurissent ça et là, relayés par des canards boiteux en mal de sensationnel. Que cela vous plaise ou non, nous avons des armes miraculeuses que vous n’avez pas ; nous sommes des écorchés vifs et nous aimons de façon indéfectible notre pays dont nous voudrions corriger ce qui peut encore l’être. Vous, procureurs virtuels qui jugez le film sans l’avoir vu, vous qui vous faites une opinion définitive sur une simple bande annonce, sachez que dans un roman comme dans un film, une pute parle comme une pute (pas comme une bourgeoise d’Anfa, ce ne serait pas crédible !). Vous, et je sais que vous êtes nombreux, parce que l’affaire est savamment orchestrée par des conservateurs moyenâgeux que le progrès dérange, des forces lâches qui s’évertuent à vouloir tuer l’œuvre dans l’œuf, l’empêcher d’éclore et de réveiller les consciences, vous qui participez au lynchage, je vous plains car vous êtes si facilement et si déplorablement manipulables. Réfléchissez donc par vous-même. Ne jugez pas au prisme déformant des inquisiteurs aux desseins pervers. Laissez les moutons paître dans les prairies.
    Telle que vécue chez nous, comme ailleurs du reste, la prostitution est un fléau dont on devrait débattre en toute sérénité, sans passion, sans hypocrisie. Nabil nous la montre, de façon crue peut-être, mais d’une terrible efficacité. Voyez, nous en parlons ! Et cela est la première des bénédictions. Ceux qui se couvrent le visage en criant « Au loup ! » seront, bien entendu, les premiers à acheter le DVD piraté et s’en délecter dans les chaumières. Pour ces voyeuristes, circulez, il n’y a rien de cela dans ce film !
    Much Loved (je l’ai vu) est un regard porté avec une tendresse infinie sur quelques jeunes femmes au triste destin, un regard juste, humain, loin du misérabilisme, sans langue de bois ni faux-semblants. Un film d’amour en somme, pas au sens où ses détracteurs incultes l’entendent ; ceux qui ne produisent rien, qui n’existent que par des aboiements sur les réseaux sociaux en faisant leurs combats de « salonards ».
    Mahi Binebine

    Mustapha El Khalfi, ce censeur tout permis


    Culture

    Mustapha El Khalfi, ce censeur tout permis

    👤 Par Youssef Roudaby,TelQuel, 26/5/2015

    Interdire un film bien avant que son réalisateur ne demande l’autorisation de le diffuser au Maroc, c’est l’exploit du ministère de Mustapha El Khalfi. Une décision qui ne respecte pas l’article 25 de la Constitution, encore moins la procédure légale pour statuer sur la diffusion d’un film sur le territoire marocain. Explications.

    Depuis sa nomination en 2012 en tant que ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi a une vision paternaliste de sa mission, se donnant le droit de définir ce qu’est « l’identité marocaine, ses valeurs et les attentes des Marocains en matière d’audiovisuel ». Peu importe si sa vision est passéiste et ignore la diversité et la liberté d’expression. El Khalfi réduit les Marocains à des mineurs à qui l’on dicte ce qu’ils ont le droit de voir ou pas. Pour arriver à ses fins, le ministre, qui invoque la religion pour appuyer la moindre de ses décisions, n’hésite pas à outrepasser ses pouvoirs et à court-circuiter les institutions compétentes.
    Lire aussi : Tribune de Mahi Binebine : « Allez censeurs du dimanche, brûlez tout ! »
    La Constitution de 2011 est claire. L’article 25 énonce que « sont garanties les libertés de pensée, d’opinion et d’expression sous toutes ses formes. Sont garanties les libertés de création, de publication et d’exposition en matière littéraire et artistique et de recherche scientifique et technique ». Un texte que le ministre semble ignorer en imposant des restrictions au secteur de l’audiovisuel afin qu’il soit en cohérence avec la vision qu’il a de « l’identité marocaine ». La dernière décision en date est l’interdiction de Much loved, le long-métrage de Nabil Ayouch traitant de la prostitution à Marrakech. Le ministre n’a pas hésité à outrepasser le pouvoir du Centre cinématographique marocain (CCM) pour décider à sa place.
    Pourtant, le texte est clair. L’article 8 de la loi n° 20-99 relative à l’organisation de l’industrie cinématographique affirme que « toute exploitation commerciale d’un film cinématographique sur le territoire national ainsi que du matériel publicitaire y afférent est subordonnée à l’obtention d’un visa délivré par le directeur du Centre cinématographique marocain sur décision d’une commission, dite commission de visionnage des films cinématographiques, qui siège audit centre ». Cette commission est composée d’un représentant du ministère de la Communication, d’un responsable du ministère de la Culture, d’un représentant de la chambre des distributeurs de films, ainsi que d’un représentant des exploitants de salles de cinéma. Ajoutons à cela que « tout refus de visa ou toute coupure dans le contenu des films cinématographiques présentés doit être motivé et porté à la connaissance des intéressés par lettre recommandée avec accusé de réception ».
    Maintenant, revenons aux faits. Nabil Ayouch n’a même pas encore demandé de visa d’exploitation pour son film. Ces quatre personnes devant statuer sur l’autorisation de Muched loved ou non sur le territoire marocain ont été remplacées par de mystérieuses « autorités marocaines compétentes » citées dans le communiqué de la MAP qui, semble-t-il, ont visionné le film « dans un festival étranger ». L’équipe de Nabil Ayouch, contactée par Telquel.ma, a appris la nouvelle comme tout le monde, dans ce fameux communiqué de la MAP. Tout cela est-il légal ? Le CCM n’est-il qu’une institution vide que l’on peut doubler à chaque fois sans aucun respect pour les textes qui régissent le secteur ? Si cette décision peut être considérée comme non conforme à la Constitution de l’État vu qu’elle ôte à Nabil Ayouch ses « libertés de création, de publication et d’exposition », la procédure suivie dans ce cas fait fi de la procédure dictée par la loi et les institutions sous la tutelle du ministère de la Communication.
    Enfin, penchons-nous raisons citées par monsieur El Khalfi le menant à l’interdiction du film de Nabil Ayouch. Dans le communiqué, on apprend que Much loved « comporte un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du royaume ». Si le gouvernement s’inquiète autant pour la femme marocaine, il faudrait peut-être d’abord s’intéresser à la situation de ces femmes exploitées quotidiennement et réduite à la prostitution, de ces jeunes femmes, pas encore majeures, qui sont réduites à l’esclavage moderne en tant que petites bonnes en milieu urbain, à ces mères qui accouchent encore sur des trottoirs et dans les couloirs des hôpitaux par manque d’infrastructures, à ces paysannes qui sont encore obligées de parcourir des kilomètres pour remplir des seaux d’eau ou encore à ces petites filles qui sont mariées alors que leur place est toujours à l’école primaire.
    S’inquiéter aujourd’hui de l’image de la femme marocaine ne devrait pas se résumer à cacher une réalité flagrante aux yeux de l’opinion internationale, car, semble-t-il, le Maroc a l’obsession de ce que pensent les États démocratiques de sa situation mais est peu soucieux de s’attaquer véritablement aux problèmes. Au lieu d’essayer de dissimuler ce qui fâche et faire taire les langues qui épinglent des situations alarmantes, notre pays devrait songer sérieusement à agir en changeant cette réalité qui ne peut plus être couverte par le voile de la censure.

    --------------------------------------------------------------------------------------------------------
    lire aussi : 
     http://telquel.ma/2015/05/30/el-khalfi-diffusion-du-concert-jennifer-lopez-inacceptable_1449609

    vendredi 24 avril 2015

    Ali Lmrabet se prépare à lancer un hebdomadaire satirique

    RABAT (AFP) - 
    Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, interdit d'exercer durant 10 ans au Maroc, a annoncé jeudi son intention de lancer un nouvel hebdomadaire satirique, dans la foulée de l'expiration ce mois-ci de sa peine.
    © AFP/Archives | Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, interdit d'exercer durant 10 ans, le 16 janvier 2004 à Madrid
    Le concept de l'hebdomadaire est "prêt depuis des années, nous allons y apporter quelques retouches et lancer la publication dans les meilleurs délais", a affirmé à l'AFP M. Lmrabet.
    Interrogé sur la date de lancement de cette "parution en arabe", il a dit attendre que "le dossier juridique et les documents administratifs soient validés" par les autorités.
    Parmi les collaborateurs de cet hebdomadaire figurera, selon lui, le caricaturiste Khalid Gueddar, condamné en 2009 à quatre ans de prison avec sursis pour la publication d'une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale ainsi que du drapeau national.
    Ali Lmrabet avait été condamné à Rabat en avril 2005 dans le cadre d'un procès en diffamation intenté par une association sahraouie, à la suite de déclarations selon lesquelles les réfugiés sahraouis de Tindouf (sud-ouest de l'Algérie) n'avaient "aucune envie de rentrer au Maroc" et qu'ils n'auraient au demeurant "aucune difficulté" à le faire, via la Mauritanie.
    Ces propos sur ce dossier ultra-sensible sont en contradiction avec la position officielle marocaine, pour qui les réfugiés sahraouis sont "séquestrés" par le Front Polisario, un mouvement indépendantiste soutenu par l'Algérie.
    Ali Lmrabet éditait au Maroc les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane (arabophone) avant que ces publications ne soient interdites en 2003 au terme d'un procès pour "outrage au roi".
    Le journaliste avait alors été condamné à trois ans de prison ferme, avant d'être relâché en début 2004 à la faveur d'une grâce royale.
    Après sa condamnation en 2005, il avait choisi de s'exiler en Espagne, où il a travaillé pour des médias locaux.

    samedi 28 février 2015

    Au Maroc, Racines, en partenariat avec Freemuse, organise une série d’activités pour promouvoir le droit à l’expression artistique à travers la musique

    "Music Freedom Day"

    Cette année plusieurs organisations dans différents pays célébreront la liberté d’expression musicale : Pakistan, Zimbabwe, Italie, Espagne, Norvège et USA.
    Au Maroc, Racines, en partenariat avec Freemuse, organise une série d’activités pour promouvoir le droit à l’expression artistique à travers la musique, sous le thème «La liberté est la solution».
    Quand ?
    Mardi 3 mars 2015, à partir de 18h30
    Où ?
    Cinéma Rialto, Casablanca
     "Music Freedom Day": pré-vente dès le lundi 2 mars à partir de 14h au Cinéma Rialto

    Programme:
    18h30 : Ouverture
    19h00 : Projection du film "Parole libre", réalisé par Stéphane Le Gall-Viliker (2014)
    20h00 : Concert Limam Kane aka Monza (Mauritanie)
    21h00 : Débat
    22h00 : Concert Barry Maroc (Maroc)
    Tarifs:
    Pré-vente dès le lundi 2 mars à partir de 14h au Cinéma Rialto !
    Tout public - 50 DHS
    Etudiants et moins de 25 ans - 30 DHS
    Contact & Infos:
    El Mehdi Azdem
    Association Racines
    Email: mehdi@racines.ma / info@racines.ma
    Tél. : +212 522 47 63 35
    http://racines.ma/node/667
    Sur Facebook: https://www.facebook.com/events/599615563471787/?source=1
    «La liberté est la solution»
    La libre expression artistique est une condition sine qua non à la création artistique. Les artistes de tout bord, et les musiciens en particulier, peuvent être confrontés à la violation de cette liberté, notamment lorsque leurs oeuvres apportent un regard critique sur la société ou sur les régimes politiques. La censure et l‘autocensure en sont les formes les plus fréquentes. Cependant, il existe de nombreux cas, dans certains pays, où la répression prend des formes plus violentes: harcèlement, intimidation, menaces, emprisonnement, exil, kidnapping voire assassinat.
    Les artistes sont le miroir de la société, leurs œuvres apportent une réflexion sur le changement social et une critique nécessaire au développement et au débat public. La culture et les arts permettent le renforcement de la cohésion et du dialogue sociaux. La culture peut et doit jouer son rôle dans la construction du citoyen, lui permettant ainsi de participer à la vie politique et lui conférant les moyens de faire ses choix, de connaître ses devoirs, de revendiquer ses droits, de dialoguer avec ses concitoyens, de partager des valeurs humanistes, de démocratie et de liberté, dans un climat respectueux et serein. . De plus, la création musicale apporte une dynamique certaine aux industries créatives en créant de la richesse et de l’emploi.
    Racines et Freemuse croient fermement que la liberté de création et d‘expression artistique et musicale sont nécessaires pour le développement des cultures et le bon fonctionnement des sociétés démocratiques.

    Music Freedom Day est une manifestation organisée chaque année dans plusieurs pays depuis 2006 (Zimbabwe, Inde, Cameroun, Jordanie, Egypte, Suède, Norvège, USA, Pakistan, Canada, Italie...) dans le but de soutenir les musiciens persécutés, poursuivis ou emprisonnés pour avoir dénoncé les autorités et revendiqué leur droit à l‘expression musicale. De même, c‘est une occasion pour réaffirmer le rôle de l’art et son impact sur nos sociétés. Certains musiciens et compositeurs font face dans le monde entier à une violation de leurs droits. Le soutien déterminé de Music Freedom Day démontre, chaque année, la volonté de poursuivre le plaidoyer et la défense du droit universel de composer, interpréter et participer à la création musicale.
    L'idée d'organiser une journée spécifique dédiée au droit à l'expression musicale a vu le jour en novembre 2006 à Istanbul. Ce jour a été marqué par le succès de la conférence internationale initiée par Freemuse sur la Musique et la censure. Initialement proposé par Ann MacKeigan du «Canadien Broadcasting Corporation», Music Freedom Day a été soutenu et s'est développé via des organisations, musiciens et institutions médiatiques d'Afrique, du Moyen Orient, d'Asie, d'Europe, d'Australie, d’Amérique du Nord et du Sud.
    A propos de Racines | Actualité | Mercredi Racines | Galerie Photos | Revue de presse | Contact 30, rue Banafsaj, Résidence Berth 220 140, Mers Sultan
    Casablanca, Maroc. Tel: +212 522 47 63 35
    info@racines.ma

    samedi 29 novembre 2014

    Amnesty Maroc - Sahara occidental : FMDH les associations sous le coup de nouvelles restrictions

    Amnesty International France28/11/2014

    dimanche 30 mars 2014

    Maroc: le cri d'alarme du journaliste Ali Anouzla contre la censure

    Le cri d'alarme du journaliste Ali Anouzla contre la censure

    |  Par Ilhem Rachidi
    Six mois après avoir été incarcéré durant 39 jours sous prétexte d'apologie et d'incitation au terrorisme, le journaliste Ali Anouzla sort de son silence : il accuse le pouvoir marocain de vouloir abattre la presse libre. Les versions arabophone et francophone du site d'information Lakome, qu'il dirige, sont toujours censurées.
     Rabat, correspondance
    En septembre dernier, Ali Anouzla, directeur de la version arabophone du site marocain Lakome, était arrêté pour avoir publié un simple lien vers un article sur le blog d'un journaliste espagnol d’El País, Ignacio Cembrero, qui renvoyait à une vidéo d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) menaçant le Maroc. Après une garde à vue de huit jours, il sera poursuivi pour « aide matérielle », « apologie du terrorisme » et « incitation à l’exécution d’actes terroristes ». Il risque, selon la loi anti-terroriste marocaine, jusqu’à 20 ans de prison.

    Dès le départ, ses soutiens se sont mobilisés au Maroc et à l’étranger. Reporters sans frontières, Amnesty International, Human Rights Watch ainsi que le Committee to Protect Journalists ont dénoncé ces accusations. Anouzla a été placé en liberté provisoire après 39 jours de détention.Aujourd'hui, l’instruction est toujours en cours et les versions arabophone et francophone du site Lakome sont encore censurées.
    Ali Anouzla fait figure d’exception au Maroc. Il fait partie d'un groupe restreint de journalistes qui abordent les sujets jugés sensibles, qui bousculent les lignes. Il s’interroge sur les absences du roi à l’étranger, écrit sur la question du Sahara occidental. En août dernier, il lance le scandale du Danielgate, la grâce royale d’un pédophile espagnol condamné à 30 ans de prison. Mais pour ses détracteurs, Anouzla est un « journaliste militant » qui va beaucoup trop loin. Il a d’ailleurs été victime de plusieurs campagnes de diffamation.

    Le 8 mai, il va recevoir à Washington avec Aboubakr Jamaï, directeur de la version francophone de Lakome, le prix POMED des « leaders pour la démocratie ». Depuis sa libération, ses interventions se font rares. Anouzla revient aujourd’hui sur son arrestation, son incarcération à la prison de Salé, mais aussi sur les zones d’ombre concernant le blocage de Lakome par les autorités.

    Vous avez passé 39 jours en détention pour avoir publié un lien vers une vidéo d’AQMI. Vous êtes actuellement en liberté provisoire. Où en est l’affaire aujourd’hui ?
    On est toujours en instruction. C’est au juge de trancher. Soit nous allons au procès, soit il décide que cela ne relève pas de sa compétence, soit il ferme le dossier. La prochaine audience, la sixième, aura lieu le 20 mai. Les audiences, ce sont des interrogatoires. On les reporte mais je ne sais pas pour quelles raisons et pour combien de temps. Le pire, c’est que le site est toujours bloqué.
    Ali Anouzla le 10 décembre dernier, lors d'une chaîne humaine devant le parlement marocain. © IR
    Vous avez reçu de nombreux soutiens au Maroc et à l’étranger. Ils s’accordent à dire que vous avez été emprisonné pour vos écrits critiques envers le pouvoir. Pourquoi êtes-vous poursuivi, d’après vous ? 
    Ali Anouzla le 10 décembre dernier, lors d'une chaîne humaine devant le parlement marocain.D’après la version officielle, je suis poursuivi pour apologie, incitation au terrorisme et aide matérielle. Pour moi, ce n’est qu’un alibi. Je pense que c’est la ligne éditoriale de Lakome qui a été ciblée, sa critique du pouvoir et de la chose politique au Maroc. 
    En 2009, lorsque j’étais directeur du journal Al Jarida Al Oula, j’ai publié un éditorial. J’y écrivais que dans les pays du Maghreb, il n’y avait pas de démocratie. Je parlais de la Libye, où il y avait un tyran arrivé au pouvoir sur un char, qui régnait depuis 40 ans. L’ambassade de Libye a envoyé une mise au point, où ils disaient que je ne connaissais pas l’histoire de la Libye. Ils m’ont envoyé des documents, dont le Livre Vert de Khadafi. Nous avons publié cette mise au point.
    Mais deux semaines plus tard, il y a eu un procès sur une plainte du parquet marocain. Au tribunal, un avocat, représentant du leader de la révolution libyenne, a demandé des indemnisations : un milliard de centimes. Le juge lui a accordé un million de dirhams (environ 90 000 euros) et trois mois avec sursis. Vu la lenteur de la machine judiciaire, l’appel a eu lieu en 2011. Je n’ai même pas assisté à mon acquittement. J’ai été acquitté parce que Kadhafi a été renversé par son peuple révolté. Ce qui montre à quel point la justice au Maroc est indépendante ! 

    J’ai commencé le journalisme il y a 25 ans et j’ai lancé mon premier journal indépendant en 2004. Depuis, on a toujours eu des problèmes avec le pouvoir : des procès, des interrogatoires de police, parfois juste pour nous demander quelles sont nos sources. Mais on n’a jamais voulu donner nos sources. Nous avons subi des campagnes de diffamation orchestrées par la presse officielle, des journaux et des sites privés, dont on ne sait qui est derrière. 
    En 2005, nous avions réalisé un sondage pour choisir l’homme de l’année. Comme nous n’avions pas les moyens de réaliser un sondage professionnel, nous avons contacté 100 personnalités marocaines et nous leur avons posé une question : qui est l’homme de l’année ? Nous leur avons demandé de donner trois noms. Nous avons recueilli les réponses et il s’est avéré que le roi était deuxième après Driss Benzekri de l’IER (président de l’instance Équité et réconciliation, décédé en 2007 – ndlr). Nous avons publié cela et nous avons été attaqués par la presse officielle. Les ministres et un conseiller du roi, qui avaient participé à ce sondage, nous ont aussi attaqués. Nous avons même été attaqués par Driss Benzekri. « Pourquoi avez-vous mis le roi en compétition ? » nous a-t-on dit.
    En 2009, nous avons publié un article au sujet de la santé du roi. J’ai été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende. Par la suite, nous avons vu tarir nos ressources publicitaires. Ils nous ont étouffés et on a été obligés de fermer le journal en 2010.

    Avez-vous été surpris par votre arrestation en septembre dernier ?
    Je m’y attendais un peu. Depuis l’année 2011, le début du printemps arabe, nous étions surveillés. Je savais que j’étais sur écoute, que les flics me suivaient. Il y avait aussi les voitures stationnées devant le journal, parce qu’au bureau, il y avait des militants, des journalistes étrangers, qui venaient pour travailler. Il y avait des va-et-vient. Mais je ne m’attendais pas à une arrestation aussi… hollywoodienne. Dix-huit policiers chez moi. Deux fourgonnettes et la voiture de leur chef. Tout cela à 7 h 15 du matin. J’ai ouvert la porte, je pensais que c’était des proches ou le concierge. J’ai vu une forêt d’hommes, j’ai compris que c’était eux. Un officier de police a poussé la porte : « Tu viens avec nous. » Je suis allé prendre ma douche froide, comme tous les matins. Les policiers m'ont dit qu'ils allaient faire une perquisition. J’ai répondu avec un proverbe : « Une fois qu’une chèvre est égorgée, ça ne lui fait pas mal qu’on lui enlève la peau. »
    Quand je suis arrivé aux locaux de la police judiciaire à Casablanca, j’ai demandé à voir l’ordre du parquet. Une fois qu’ils me l’ont montré et que j’ai su pourquoi j’avais été arrêté, j’ai commencé à être plus à l’aise. J’ai commencé à répondre. J’étais sûr de mon innocence, je n’avais rien fait. J’avais juste publié un lien hyper-texte et nous avions précisé que c’était de la propagande. Ça a duré huit jours… Je n’ai jamais été insulté, ni maltraité.

    Considérez-vous que vous étiez un détenu d’opinion ?
    Ce n’est pas à moi de juger. Ce sont les ONG de défense des droits de l’homme qui m’ont qualifié ainsi. Ils ont vu que j’ai été arrêté pour mes opinions et mes articles critiques envers le pouvoir. Je pense que j’ai été arrêté pour la ligne éditoriale que nous adoptions à Lakome : professionnelle, indépendante, critique. Le rôle d’un journaliste indépendant, c’est d’être critique vis-à-vis du pouvoir et du gouvernement. C’est un contre-pouvoir, un quatrième pouvoir.

    Quelles ont été vos conditions de détention ? Vous étiez incarcéré à la prison Salé 2, une prison réputée difficile.
    Pendant les 39 jours de ma détention, j’ai été isolé. J’étais dans une cellule individuelle lorsque j’étais détenu dans les locaux de la police, et aussi à la prison. Salé 2 est une prison qui a été inaugurée en 2011. À Salé 1, une mutinerie avait éclaté chez les détenus islamistes, qui avaient occupé le toit et kidnappé des gardiens. Ils ont ensuite ouvert cette prison spéciale, où il y a des cas spéciaux : les gradés militaires, les islamistes, les Sahraouis de Gdeim Izik. Il n’y a que des cas spéciaux, et comme j’étais un cas spécial, j’étais bien entretenu (sourire). J’étais au cachot. C’était propre.
    Ils ont repeint ma cellule après mon arrivée. Avant, il y avait des graffitis qui m'ont laissé deviner que des détenus islamistes étaient passés par cette cellule, et même un détenu de Guantanamo. Ma cellule faisait trois mètres sur trois. Je n’avais ni livre, ni journaux, ni radio. Il n’y avait rien ; je contemplais le vide. Pourtant, je ne suis pas une bête féroce.

    Les charges qui pèsent contre vous sont lourdes. Pensiez-vous que vous alliez rester longtemps en prison ?
    Ce dont j’étais sûr, c’est que j’étais innocent. Mais je ne pensais pas qu’ils allaient me libérer aussi vite.

    Manifestation devant le parlement en septembre pour appeler à la libération d'Ali Anouzla.
    Manifestation devant le parlement en septembre pour appeler à la libération d'Ali Anouzla. © IR
     
    Qu’est-ce qui, selon vous, a précipité votre libération ?
    Je ne sais pas. Je pense que c’est dû à la mobilisation nationale et internationale, à la médiatisation de l’affaire, aux écrits dans des journaux respectés. J’ai toujours pensé que le pouvoir marocain était sensible à son image à l’extérieur. Lorsque cette image est atteinte, il réagit vite. La première fois que j'ai déposé une demande de liberté provisoire, le juge l'a rejetée. Ils ne voulaient pas me relâcher et céder à la pression. Ils s’attendaient à avoir une issue, en gardant une image intacte. L’issue, c’était peut-être mon communiqué.

    Beaucoup de rumeurs ont circulé au sujet de ce communiqué. Avez-vous subi des pressions pour l’écrire ?
    Non. Jamais ! Ils me connaissent bien : personne n’oserait exercer des pressions. J’étais constamment en contact avec mes avocats, qui m’apportaient ce qui était écrit à mon sujet, et lorsque j’ai lu les communiqués des partis, j'ai vu qui était contre moi. Il y avait une mobilisation en ma faveur, mais il y avait aussi un discours, qui consistait à me traiter de traître, d’espion, de tous les maux de la terre. Je devais par conséquent préciser ma position.
    Dans ce communiqué, je dis deux choses. D’abord, que je ne soutiendrai jamais un acte ou un groupe terroriste. Ensuite, que je suis un journaliste professionnel et que je dois être traité comme un journaliste, pas comme un politicien ou un leader. Je ne fais que mon boulot et j’ai toujours été contre le terrorisme. Je pense que dans cette déclaration, ils ont trouvé une issue. Je n’avais pas pensé que ça serait le cas. Mon communiqué s’adressait à l’opinion publique.
    Enfin, je disais aussi que comme j’étais en détention, je décidais de cesser la parution de Lakome dans sa version arabe, que je dirigeais, puisque je ne pouvais pas en assumer les responsabilités juridiques et morales. Je n’ai jamais parlé de sa version française, que dirigeait Aboubakr Jamaï. D’ailleurs, j’aimerais dire qu'Aboubakr a joué un grand rôle dans la mobilisation internationale (voir la vidéo ci-dessous, son intervention lors d'une soirée Mediapart sur la liberté de la presse organisée en septembre 2013 – ndlr). Nous sommes plus que des partenaires, nous partageons les mêmes idéaux, les mêmes valeurs : la défense de la démocratie, des droits de l’homme, de la liberté de la presse. Notre partenariat n’a jamais été matériel et commercial.


    Votre libération a-t-elle été le résultat d’une négociation avec le pouvoir ?
    Jamais ma libération provisoire n’a été l’objet d’une quelconque négociation. Je ne suis pas un journaliste qui met ses principes et ses convictions en marchandage, même lorsqu’il s’agit de la valeur suprême : la liberté. Ma libération est due à la grande mobilisation et au soutien des démocrates, des médias indépendants, des ONG crédibles au Maroc et dans plusieurs pays. Je tiens à leur dire un grand merci.

    Pourquoi, d’après vous, la version francophone de Lakome a-t-elle été bloquée ?
    On est hébergé sur le même serveur. La version française est un sous-domaine de Lakome arabe. Il y a aussi Lakome sport qui a été bloqué mais personne n’en a parlé !

    Peut-on réellement parler de censure, puisque c’est vous qui avez demandé la suspension provisoire de Lakome ?
    Le site a été fermé arbitrairement par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Je ne leur ai pas demandé de bloquer le site. Je considère que c’est de la censure. J’ai demandé par deux fois la levée du blocage et j’ai reçu une réponse de l’ANRT, qui me disait d’aller en justice pour obtenir des « instructions » (sic) pour la levée du blocage. Mais comme il n'y a pas de décision de justice interdisant le site, comment puis-je voir avec la justice ? J'ai déjà écrit deux lettres à l'ANRT (en janvier et le 19 mars). La réponse a été défavorable. J'ai donc envoyé un courrier à la Primature (le chef du gouvernement est le président du conseil d'administration de l'ANRT – ndlr). Si la réponse du chef de gouvernement est négative, mon dernier recours sera la grève de la faim.

    Vous avez récemment évoqué le lancement d’un nouveau site : Lakome 2.  
    Je continue de vouloir sortir Lakome. J’ai lancé Lakome 2 comme un défi, si j’arrive au bout des procédures contre les autorités qui ont bloqué Lakome et que je n’obtiens rien. Avec Lakome 2, nous gardons le même nom, qui est un label, une idée surtout, un symbole. Nous garderons la même ligne éditoriale. Il y a des journalistes qui ne peuvent pas travailler dans un autre organe, alors même que nous sommes des mauvais payeurs… J’ai moi-même passé un an et trois mois sans salaire. C’est du journalisme militant, au sens professionnel. On militait pour une ligne éditoriale professionnelle et indépendante. Je suis toujours convaincu par ce modèle de presse indépendante. Une presse qui n’est pas une presse officielle, de propagande ou de relations publiques. C’est un choix difficile à assumer et on l’assume.

    Qu’en est-il des journalistes qui travaillaient pour Lakome ?
    La plupart sont toujours au chômage. Ils étaient, comme moi, convaincus de leur choix. Je pense qu’aujourd’hui, on veut passer à un autre stade, c’est d’affamer les gens. On ne vous laisse plus de quoi vivre pour que vous abdiquiez. On ne va pas abdiquer, on va continuer. Après mon incarcération, on m’a fait des propositions. Certaines ONG respectées à l’étranger, notamment. J’ai refusé. J’ai toujours refusé toutes sortes d’aides, internes comme externes. À Lakome, on vivait de petits revenus de Google ads et, parfois, des pubs échappaient à la censure et on pouvait les avoir. Nous étions le troisième site le plus visité au Maroc.

    Vos démêlés avec la justice ne se limitent pas à cette plainte pour apologie du terrorisme. Vous étiez, jusqu’à la semaine dernière, poursuivi dans trois affaires.
    Aujourd’hui, je n’en ai plus que deux. C’est la première fois que je gagne, et contre le ministère de l’intérieur ! C’était une plainte pour diffamation pour des déclarations qui m’ont été attribuées au sujet de certains sites d’information. Je soupçonnais ces sites d’orchestrer une campagne de dénigrement contre moi. Et je soupçonnais les services d’être derrière. Pourquoi m’ont-ils attaqué ? Parce que j’ai écrit sur la monarchie, la question du Sahara, sur les droits de l’homme. J’ai donc pensé qu’il y avait une manipulation.
    Il y a aussi le procès de Fès, le 26 avril prochain. Il s’agit d’une information publiée dans Lakome, qui s’est révélée être fausse. Nous avons publié des excuses et expliqué que ces informations, c’était un coup monté. Nous parlions d’une fusillade entre deux tribus qui aurait fait des morts. Un site local avait publié l’information. Le responsable du site a dit devant le procureur : « J’ai fabriqué cette information pour montrer que le site Lakome n’est pas professionnel. »

    Ces difficultés ont-elles un impact sur votre façon d’exercer votre métier ?
    Ça me prend du temps. À chaque fois, il faut passer la journée au tribunal. Ça pèse sur le moral, sur ma famille. Je ne me suis jamais autocensuré et j’ai toujours eu un franc-parler, un langage direct. J’ai un style à moi, je ne vais pas le changer. Je ne vais changer ni mes principes, ni ma ligne éditoriale.
    Manifestation devant le parlement en septembre pour appeler à la libération d'Ali Anouzla.Manifestation devant le parlement en septembre pour appeler à la libération d'Ali Anouzla. © IR
     
    Quand vous écrivez, pensez-vous aux lignes rouges ?
    Pour moi, ça n’existe pas, les lignes rouges. Il n’y a pas une loi écrite, adoptée au parlement, ou dans la Constitution, qui instaure des lignes rouges. 

    Avec le recul, regrettez-vous d’avoir publié ce lien ?
    Je l’ai dit, je n’ai fait que mon travail. J’avais une information au sujet d’une menace terroriste contre le Maroc. Je devais la publier. Je n’ai pas fait l’apologie du terrorisme. Ce que j’ai fait, cela relève du droit d’informer. Lorsque l’on dit qu’un tsunami arrive, on ne fait pas l’apologie du tsunami, mais c’est notre devoir d’avertir. Et si des malfaiteurs en profitent pour commettre des crimes, le gars qui l’a annoncé à la météo n’est pas complice, il n’est pas responsable.

    Ignacio Cembrero a été sanctionné par sa rédaction pour avoir publié un lien vers la vidéo, suite à une plainte du gouvernement marocain. Quelle est votre réaction à cette décision d’El País ? 
    Tout d’abord, j’exprime toute ma solidarité à Ignacio Cembrero. C’est un grand ami et un journaliste professionnel. C’est aussi un grand spécialiste du Maghreb. Il aime le Maroc et les Marocains. Quelle que soit la décision de sa direction, c’est une grande perte pour son journal, pour ses lecteurs et pour le journalisme indépendant au Maroc. Je regrette néanmoins que l’administration d’un grand journal comme El País, qui était l’emblème de la transition démocratique dans son pays, abdique face aux menaces du gouvernement d’un pays qui vit toujours sous le joug de l’autoritarisme.

    Il y a eu une affaire similaire à la vôtre, l'affaire Hasnaoui (le journaliste d’une publication salafiste condamné à trois ans de prison). Comment expliquez-vous cette recrudescence de procès où des journalistes sont poursuivis pour apologie du terrorisme ?
    Avant l’affaire du journaliste blogueur Hasnaoui, à qui j’exprime toute ma solidarité et dont je demande la libération sans condition, il y a eu l’affaire d’un autre journaliste, Abdelhafid Sriti, qui a passé trois ans en prison, en vertu de cette fameuse loi de lutte contre le terrorisme, qui s’est transformée en alibi pour mater toute voix qui ne rentre pas dans la symphonie officielle. Il est grand temps de demander l’abolition de cette loi qui porte atteinte à l’État de droit.