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mercredi 26 octobre 2016

Le saviez-vous ? Selon Mahjoub El Haiba, HCDH, le Maroc baigne dans les droits humains !

Aucun texte alternatif disponible.
Ali Lmrabet علي المرابط

Je suis au Comité des Droits de l’homme qui se réunit au siège du Haut commissariat Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) à Genève.
Mahjoub El Haiba, délégué interministériel aux droits de l’homme, dont on n’entend jamais parler au Maroc, assure que le Maroc baigne dans les droits humains. Non sans oublier de louer l'action du roi Mohamed VI (exercice obligatoire pour tout sujet) qui, sûrement, ne sait même pas qu'il y a cette réunion aujourd'hui. Et encore moins qui est M. El Haiba.
En somme, la propagande habituelle.
« M. El Haiba se trouve à la tête d'une impressionnante délégation officielle marocaine », s’extasie l’Argentin Fabián Salvioli, le président du Comité des Droits de l’homme. 

samedi 16 janvier 2016

Ali Lmrabet «Je m’attends à subir encore des tracasseries»


Liberté de la presse. Après sa grève de la faim, le journaliste marocain Ali Lmrabet va vérifier vendredi si les autorités de son pays tiennent parole.

Le journaliste marocain Ali Lmrabet a trouvé beaucoup de soutiens à Genève, où il donnait une conférence de presse ce mercredi.
Le journaliste marocain Ali Lmrabet a trouvé beaucoup de soutiens à Genève, où il donnait une conférence de presse ce mercredi. Image: GEORGES CABRERA
Vendredi sonnera l’heure de vérité pour le journaliste marocain Ali Lmrabet. Accompagné, entre autres, par le politologue Ahmed Benani, président du comité suisse de soutien à sa cause, il se rendra en Espagne, à Barcelone, pour demander au consulat marocain de renouveler son passeport. Fin juillet, après avoir fait une grève de la faim pendant un mois et trois jours sur la place des Nations, il a reçu par médias interposés la promesse du gouvernement marocain qu’il obtiendrait finalement ses papiers d’identité. A condition d’en faire la demande en Espagne, où il a résidé plusieurs années et où les autorités marocaines considèrent qu’il est toujours domicilié.

C’est parce qu’on refusait de lui délivrer ce sésame qu’il est venu à Genève plaider sa cause sous les fenêtres de l’ONU, où il a notamment reçu le soutien du conseiller administratif Rémy Pagani. Ali Lmrabet, qui a été plusieurs fois condamné par la justice marocaine, affirme qu’on veut l’empêcher de relancer un journal satirique au Maroc. Mais c’est exactement ce qu’il a l’intention de faire, maintenant qu’est échue l’interdiction de pratiquer le journalisme dans son pays, qui lui a valu une condamnation en 2005 pour une période de dix ans.

dimanche 23 août 2015

Toujours pas de passeport marocain pour Ali Lmrabet, malgré les promesses du ministre de l'intérieur de M6


À mon humble avis, la décision concernant Ali Lmrabet relève directement du cabinet royal, l'imbroglio lamentable, commencé à Genève avec le chef de la mission permanente, poursuivi ensuite par les déclaration du ministre de l'intérieur et l'enregistrement de la demande formelle (du passeport et de la CN) auprès du consulat de Barcelone, en est la preuve éclatante !  
Le communiqué/lettre ouverte de Me JAMAÏ va sans conteste enquiquiner qui vous savez, surtout si les médias nationaux et internationaux le relayent. Mais sans faire preuve de scepticisme cela ne suffira pas. La pression internationale, les parlementaires européens, les médias et les ONG ne doivent en aucun cas relâcher la pression. L'Histoire nous a appris que les monarques méprisent "leurs sujets", mais qu'ils ne sont pas insensibles aux critiques et "avis" de l'extérieur. Au shadow cabinet nous saurons administrer la gifle qu'il mérite et faire entendre une autre voix que celle du Mechouar (El Himma et consorts). Prof. Á. Benani

 Le comité national (Maroc) s'est mis d'accord sur le communiqué traduit  en français ci-dessous. Nous ne lâcherons rien, avant qu'Ali Lmrabet n'obtienne tous ses droits de citoyen.
Maintenant il faut faire le plus vite possible pour l'expédier à son destinataire ainsi qu'à toute la presse. S'il ne répond pas d'ici lundi, on refait une manif devant le parlement dès mardi prochain.

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De : Cabinet Jamaï <cabinetjamai@gmail.com>
"Maître Abderrahim Jamaï
Rabat, le 19 août 2015

A Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
ministère de l’Intérieur
Rabat- Maroc
Objet: passeport de M. Ali Lmrabet
Monsieur le Ministre, permettez-moi, en tant qu’avocat de M. Ali Lmrabet, de vous rappeler qu’il y a deux semaines vous aviez déclaré à la presse que M. Lmrabet pouvait prendre contact avec le Consulat du Maroc à Barcelone, en Espagne, afin de récupérer son passeport dans un délai ne dépassant pas trois jours.
Votre déclaration était intervenue alors qu'il avait mené une grève de la faim de près de 40 jours afin qu’il puisse faire valoir l’un des droits les plus élémentaires, droit qui ne nécessite ni souffrance, ni perte de temps pouvant menacer sa santé, voire sa vie.
Après avoir pris note de vos déclarations, M. Ali Lmrabet s’est comporté avec un grand sens des responsabilités et beaucoup de sérieux en décidant d’arrêter sa grève de la faim. Il s’est ensuite déplacé à Barcelone malgré son état de santé encore détérioré par la grève de la faim, et a présenté sa demande de passeport le 7 août.
Un récépissé lui a été délivré, mais jusqu’à aujourd’hui, aucune réponse n’a été donnée à sa demande. Les trois jours promis par vous étant dépassés depuis longtemps, nous craignons qu’ils ne se transforment en mois et cela nous paraît inadmissible et en violation de la loi marocaine.

Je me permets de vous demander, Monsieur le Ministre, si des instructions ont été données au Consulat de Barcelone pour que M. Lmrabet obtienne son passeport. Avez-vous l’intention de lui délivrer son document ? Est-il autorisé à retourner dans son pays avec un passeport marocain?
Je reste persuadé, Monsieur le Ministre, que vous allez résoudre ce problème dans les meilleurs délais, d’autant qu’il s’agit d’une promesse tenue par vous-même, et avec laquelle M. Lmrabet a interagi positivement.
Par ailleurs, il est du devoir de votre collègue, le Ministre des Affaires étrangères, de respecter la loi et la dignité de M. Lmrabet en lui délivrant son passeport.
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes salutations les meilleures.
Abderrahim Jamai Avocat - Ancien bâtonnier - Ancien président de l'Association des Barreaux du Maroc - Ancien vice-président national de l'Union Internationale des Avocats

Abderrahim JAMAI
Avocat
Ancien Bâtonnier
Ancien Président de l'Association des Barreaux du Maroc
Ancien Vice Président National de l'Union Internationale des Avocats
144, Bd Diouri - Kenitra - Maroc
Tel: 0537 376477 - Fax : 0537 376392
Mail : cabinetjamai@gmail.com


lundi 10 août 2015

3 Ali, 3 journaux ! Longue vie à la presse indépendante marocaine !!!

Les journalistes Marocains et de nouveaux journaux

Ali ANOUZLA s’apprête à lancer la deuxième édition du portail Lakome.
Après deux ans d’inactivité, Ali Anouzla revient avec la nouvelle édition de Lakome, nommée Lakome2.com.
http://telquel.ma/…/compte-rebours-lancement-lakome2_1458664
Ali AMAR se lance de nouveau dans l’aventure journalistique LE DESK
http://www.medias24.com/…/157162-Ali-Amar-lance-son-journal…
Ali LMRABET se lance prochainement un nouveaux journaux satiriques http://www.arretsurimages.net/…/Maroc-tracasseries-contre-u…

Ali Amar, Ali Anouzla et prochainement, Ali Lmrabet...........Ali, Ali, Ali. La formule magique qui permet d'ouvrir une porte dans la roche : « Sésame, ouvre-toi ! » mais cette fois-ci la formule magique, Ali, Ali, Ali ouvrent la porte de la liberté d'expression''

lundi 3 août 2015

Résumé du début de l'affaire Ali Lmrabet, le banni du royaume pour avoir "détruit" la thèse des séquestrés de Tindouf


Après dix ans d’interdiction d’écriture, il est privé 

de ses papiers

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Hacen Ouali,El Watan, 28.07.15
 
 Ali Lmrabet, journaliste marocain, exhibant sa liste de condamnations

Ali Lmrabet, journaliste marocain, exhibant sa liste de condamnations

Un apatride. Le célèbre journaliste marocain Ali Lmrabet risque de le devenir. Il se trouve dans une situation où les autorités de son pays refusent de lui délivrer ses papiers d’identité. Kafkaien.

Alors qu’il venait de «purger» une peine aussi arbitraire qu’absurde, le privant d’exercer son métier de journaliste durant dix ans, il fait face à un autre acharnement : le refus par l’administration de son pays de lui délivrer un certificat de résidence pour pouvoir renouveler ses papiers d’identité marocaine.
Le pouvoir marocain excelle dans les méthodes les plus cyniques pour infliger les pires injustices à ce vaillant journaliste dont l’esprit d’indépendance n’a d’égal que celui des républicains du Rif, sa région natale. Lui qui pensait reprendre son activité de journaliste et relancer ses deux journaux suspendus en 2015 par la monarchie après la fin de l’interdiction, le 11 avril dernier,  voit son calvaire se prolonger.
Les autorités de son pays refusent de lui établir ses papiers d’identité nationale. Cela rappelle étrangement l’épisode d’Abraham Serfaty, l’opposant historique au régime de Hassan II.

mercredi 29 juillet 2015

Le courage et la ténacité du journaliste Ali Lmrabet ont contraint les gérants du Makhzenland à plier l'échine.

 La NZZ pourra annoncer demain que le courage et la ténacité du journaliste Ali Lmrabet ont contraint les gérants du Makhzenland à plier l'échine. 
Soutenu à l'échelle internationale dans sa grève de la faim (35 jours) et ses revendications d'obtention de tous ses papiers d'identité, c'est la tête haute, que dans quelques jours, qu'Ali Lmrabet pourra regagner son pays, y exercer librement son métier et lancer ses deux journaux satiriques. Merci à toutes les personnes, ONG, médias, autorités suisses, Comité du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, ses ami(e)s, sa famille et les centaines de représentants des sociétés civiles de l'avoir formidablement soutenu dans sa lutte exemplaire. La victoire d'Ali restera gravée dans toutes les mémoires, elle est celle de la démocratie contre la tyrannie. 
Je veux exprimer ici toute ma joie à Ali: en arrêtant sa grève de faim, il a chanté un hymne à la vie et démontré à ses concitoyennes et concitoyens ce que le combat pour la justice, la liberté, la démocratie et la fraternité implique. La conquête de la citoyenneté politique est encore un long chemin à faire au Maroc, dans cette perspective, l'exemple d'Ali Lmrabet est un nouveau référent politique . Je veux lui exprimer ici, toute ma fraternité et ma plus sincère reconnaissance . Ahmed Benani- Genève-Lausanne, le 29 juillet 2015

Communiqué urgent du Comité de soutien au journaliste Ali Lmrabet

 Rabat le 29 juillet 2015

Communiqué

Suite à l’arrêt par Ali Lmrabet de sa grève de la faim le mardi 28 juillet 2015 à la demande du Comité de soutien et aux propos tenus par le ministre de l’Intérieur, Mohammed Hassad laissant entendre que Ali Lmrabet peut obtenir son passeport dans un délai de trois jours auprès du Consulat du Maroc à Barcelone, le Comité a informé le ministre de l’Intérieur de la nécessité de faire preuve de bonne foi et de respecter son engagement consistant à délivrer le passeport d’Ali Lmrabet à Genève où ce dernier doit être hospitalisé jusqu’à son rétablissement à cause de la grève de la faim qui a duré 34 jours. 
Mais jusqu’à présent, l’engagement pris par le ministre de l’Intérieur n’a pas eu de suite.
Le Comité de soutien au journaliste Ali Lmrabet dénonce la manière avec laquelle le ministre de l’Intérieur a réagi à sa requête et craint que les propos du ministre ne soient que des paroles en l’air visant à camoufler l’abus de pouvoir exercé contre le journaliste Ali Lmrabet.

 
Le Secrétariat du Comité

Rabat le 29 juillet 2015

mardi 28 juillet 2015

Bonnes nouvelles :Ali Lmrabet arrête sa grève de la faim !

Le comité de soutien à notre ami Ali Lmrabet a pu le convaincre d'arrêter sa grève de la faim. Un passeport lui sera délivré dans les 3 jours qui viennent à Genève. 

Il est maintenant à l'hôpital de Genève. Il pourra ensuite rejoindre son pays, le Maroc. En principe, selon les dires du ministre de l'Intérieur Mr Mohamed Hassad, Ali pourra avoir, comme tout citoyen marocain, son certificat de résidence après trois mois d'installation durable au Maroc. Mais le plus important pour les membres du Comité et pour ses amis, c'est qu'il arrête sa grève et que sa vie soit ainsi hors danger.
 Merci Ali et bon vent pour la suite.

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Ahmed Benani, Déclaration Citoyenne, 28/7/2015

Nous attendons avec impatience la Déclaration de l'AMDH de Rabat , après sa rencontre avec un membre du gouvernement du roi au sujet des revendications d'Ali Lmrabet. Il est probable que le pouvoir cède en délivrant immédiatement un passeport à Ali. Confirmée cette nouvelle signifierait que la bataille d'Ali a eu raison de l'adversité , qu'il pourra mettre un terme à sa grève de la faim (35e jour) et que nous aurons, par notre solidarité internationale , sauvé la vie d'Ali. Nous continuerons à nous battre aux côtés d'Ali jusqu'à l'obtention de tous ses droits de citoyen marocain . Attendons, avant de crier victoire ,seule la voix d'Ali nous dira ce qu'il en est exactement et nous publierons le communiqué ad hoc.

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Je tiens à remercier Si Ahmed Benani qui a été tout le temps aux côtés d'Ali Lmrabet durant toute son épreuve, minute par minute. L'aide de Si Ahmed Benani était à la fois évidente et précieuse. Merci encore cher ami. OB

lundi 27 juillet 2015

hier à Genève

Hier à Genève, samedi 25 juillet 2015, nous étions plus de 70 citoyennes et citoyens à manifester devant le Palais des Nations-Unies, pour exiger du pouvoir tyrannique marocain qu'il remette sans délai aucun tous ses papiers d'identité à Ali Lmrabet. Condition incontournable, afin qu'Ali cesse sa grève de la faim (33eme jours) et regagne, la tête haute, son pays pour y exercer librement son métier de journaliste, Ahmed Benani

dimanche 26 juillet 2015

Tragicomédie collective


24 juillet 2015 |  Par Omar Brouksy

Sa phrase sonne encore à l'intérieur de mes oreilles. Elle était lapidaire, concise, d'un seul trait. C'était lors d'une soirée à Rabat à l'occasion d'une fête de mariage. Pour être franc, c'était une discussion de salon. Je n'ai jamais aimé cette personne et on s'est croisés lors de cette soirée tout à fait par hasard. 
On était tous les deux à la faculté de droit de Rabat, il y a longtemps bien sûr. Après la licence (à l'époque il fallait quatre ans pour l'avoir), il a passé un concours du ministère de l'Intérieur et est devenu, aujourd'hui, un cadre dit supérieur dans ce département autrefois tentaculaire. Deux ou trois ans avant la sortie de mon livre (Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami. Préface de Gilles Perrault. Ed. Nouveau Monde, Paris, 2014), je le croise donc lors de cette fête de mariage. Son sourire à la fois factice et figé n'a pas changé, ses formules toute faites non plus, ses fausses politesses, aussi... Bref, l'immobilisme dans toute sa "splendeur". Il commence par ces phrases que j'entends souvent :"Je lis tes écrits, j'aime beaucoup même si je ne suis pas toujours d'accord"... Blablabla. Il poursuit et, au détour d'une phrase, il lance : "Tu sais, l’État doit préserver sa ''hiba" (un terme difficile à traduire en français, il renvoie à un mélange de crainte et de prestige, voire de mystère)". Vieille rengaine qui cristallise toujours, semble-t-il, l'état d'esprit de l'entourage royal et d'une bonne partie de ces fonctionnaires "supérieurs" bêtes et disciplinés. Mais à quel prix?

Trop indépendant

Aujourd'hui, un citoyen marocain, journaliste de profession, mène une grève de la faim depuis un mois à Genève et risque la mort d'un jour à l'autre. Il s'appelle Ali Lmrabet, 56 ans. Ses écrits n'ont pas toujours plu à tout le monde mais un journaliste n'est pas là pour "plaire à tout le monde". Un journaliste ne fait pas de streap-tease, faut-il le rappeler. Le crime d'Ali Lmrabet est qu'il est indépendant, un peu trop indépendant. Il réclame depuis des mois... un certificat de résidence. Non, ce n'est pas une blague : un certificat de résidence, tout simplement. Mais le roi et son entourage sont persuadés que ce document n'est qu'un préalable, car le journaliste a l'intention de relancer un nouveau journal satirique, véritable danger pour la stabilité du pays. Non, ce n'est pas non plus une blague.

Pleurer de rire

Un mois après le début de sa grève de la faim, la campagne de solidarité et de soutien au journaliste a pris de l'ampleur, aussi bien à l'étranger qu'à l'intérieur du Maroc. Une énième bourde royale est en train de se dessiner à l'horizon, après tant d'autres : le pédophile espagnol gracié, l'affaire de l'île du Persil, l'affaire Aminatou Haidar (une autre histoire de grève de la faim), etc. Que va faire maintenant le "vrai pouvoir" pour préserver "l'hiba" de l'Etat? Laisser mourir Ali Lmrabet, plus que jamais déterminé? Donner les "hautes instructions" pour que le certificat de résidence lui soit donné? Pourquoi en est-on arrivé là? Qui a pris la décision de priver Ali Lmrabet de ses droits civiques et administratifs? Le roi? Son vizir Fouad Ali El Himma? Qui conseille le roi? Que fait le gouvernement? Où est Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement "issu" du Printemps marocain? Où est Mustapha Ramid, le ministre de la Justice et des... libertés? Que dit le fameux Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication? Tout cela porte un nom: tragicomédie. Une tragicomédie collective, celle d'un système mais celle aussi d'un pays qui fait... pleurer de rire.

        

      

vendredi 24 juillet 2015

Ali Lmrabet: « Je défends également la liberté des Marocains »

Ali Lmrabet: « Je défends également la liberté des Marocains »
 Ali Lmrabet. Crédit DR

Telquel.ma s’est entretenu avec le journaliste Ali Lmrabet, alors qu’il s’apprête à boucler un mois de grève de la faim. A l’international, il vient d’avoir le soutien de plusieurs personnalités dont un prix Nobel et deux prix Goncourt. 

Le journaliste Ali Lmrabet conclura, le 24  juillet, un mois de grève de la faim entamé suite au refus des autorités de lui livrer ses papiers d’identité. Des pièces dont le journaliste a besoin pour créer son magazine satirique.
Au Maroc, des journalistes, des militants des droits de l’Homme, des politiques ainsi que des universitaires ont annoncé, le 23 juillet, la création d’un Comité de soutien au journaliste Ali Lmrabet. Présidé par l’ancien détenu politique Ahmed Marzouki. Ce comité prévoit un sit-in de protestation le 24 juillet devant le parlement.
D’un autre côté, l’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF) vient d’apporter son soutien en relayant une lettre de soutien a Ali Lmrabet qui sera publiée dans le quotidien Le Monde. D’après nos informations, elle sera signée par environ 200 personnalités nationales et mondiales dont le prix Nobel de littérature John Maxwell Coetzee, deux Prix Goncourt, Jonathan Littell et Matthias Enard, Federico Mayor Zaragoza, ex-directeur général de l’UNESCO, Juan Goytisolo, Prix Cervantes 2014 et plusieurs maires et ex-maires de grandes villes européennes.
Quelques heures avant la publication de cette lettre, Telquel.ma s’est entretenu avec le journaliste.

Telquel.ma : Comment vous portez-vous ?

Ali Lmrabet : En raison de ma fatigue extrême et de la canicule qui ne se termine pas, je me suis replié dans un coin plus clément. Je suis à l’Espace solidaire Pâquis de Genève qui se trouve dans une église protestante et où m’accueillent les responsables de cette association et le pasteur Philippe Leu.

Mis a part Mohamed Aujjar (ambassadeur du Maroc à la mission permanente de Genève, ndlr) êtes-vous entré en contact avec un responsable marocain? 

A.L : Non. L’ambassadeur Mohamed Aujjar a premièrement déclaré au journal Le Temps qu’il s’agissait d’un «simple malentendu administratif», d’un « quiproquo » qui allait être résolu rapidement, puis il a déclaré à l’AFP que le Maroc était un « Etat de droit » je devais faire un recours en justice, ce qui a fait ricaner tout le monde ici. Un Etat vous prive sans justifications de votre carte d’identité et de votre passeport puis vous demande d’aller en justice pour les récupérer et attendre peut-être 10 ans, comme Abraham Serfaty, pour s’entendre dire que le ministère de l’Intérieur a raison. Entre temps je serais resté dix ans sans papiers.

jeudi 23 juillet 2015

Soutien à Ali Lmrabet, 25 juillet : à Paris, place des Nations, à Genève devant le Palais des Nations (délégation AMDH-Paris)

Une délégation de l’AMDH-Paris/IDF va rendre visite en urgence à Ali Lmrabet en grève de la faim depuis 30 jours à Genève devant le Palais des Nations.


Une délégation de l’Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF (AMDH-Paris) se rendra en urgence le samedi 25 juillet à Genève  pour soutenir le journaliste Ali Lmrabet en grève de la faim depuis le mercredi 24 juin 2015 à 10H30 (30 jours). L’état de santé d’Ali Lmrabet est en nette détérioration et sa vie est en danger. Aux dernières nouvelles, le journaliste a des difficultés à se lever et à marcher.
Les autorités marocaines refusent de renouveler ses pièces d’identité sans raison légale ni légitime. Un rassemblement est organisé le samedi 25 juillet à 14h30 à la Place des Nations (en face du Palais des Nations Unies) à Genève, en Suisse.
Pour rappel :

Paris, le 23 juillet 2015.
Bureau de l’AMDH-Paris.

Contact :
Association Marocaine des Droits Humains Paris/Ile-de-France
Tél : 06 18 66 15 58
Facebook: AMDHParis
Site web: www.amdhparis.org
Twitter : @AMDHParis

mercredi 22 juillet 2015

Ali Lmrabet à la Commission européenne



commission-européenne
Un membre du Parlement européen, M. Fernando Maura, a adressé une question écrite à la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, sur le cas Ali Lmrabet.
Parlement européen
Fiche de présentation d’une question parlementaire avec demande de réponse écrite (article 130)
 Affaire : Harcèlement du journaliste Ali Lmrabet et l’exercice de l’information au Maroc
Le journaliste marocain Ali Lmrabet, détenteur de nombreux prix de prestige international par son remarquable travail d’information sur les valeurs démocratiques et le respect des droits de l’homme a été victime de nouvelles représailles de la part des autorités marocaines. Après avoir purgé une peine de dix ans d’interdiction de la pratique de son métier de journaliste suite à sa condamnation pour « diffamation », il lui a été refusé le droit de renouveler ses papiers d’identité.
Ce nouvel obstacle pour empêcher le travail journalistique d’Ali Lmrabet coïncide avec les dénonciations des principales organisations de défense de la liberté d’information sur une intensification de la persécution contre les journalistes au Maroc. En mai dernier, le ministère de l’Intérieur a porté plainte contre les responsables de la préparation et de la distribution d’un rapport de Privacy International dans lequel étaient dénoncées les méthodes de surveillance en ligne utilisées par le gouvernement marocain contre les journalistes et les activistes de l’information, ce qui a été dénoncé par Reporters sans frontières comme une tentative d' »intimider ceux qu’on n’a pas réduit au silence ou à l’autocensure. »

La HR/VP a-t-elle connaissance de l’intensification de la persécution des journalistes et des activistes de l’information au Maroc ?

La HR/VP va-t-elle exiger du gouvernement du Maroc qu’il cesse de violer les droits de citoyen du journaliste Ali Lmrabet et de lui renouveler ses pièces d’identité?


La Commission va-t-elle faire pression sur le gouvernement marocain pour qu’il honore ses promesses de démocratisation et cesse d’entraver le libre exercice du journalisme ?
Demain

La FEJ appelle Federica Mogherini à soulever le cas Ali Lmrabet


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El Watan, le 22/7/2015

La Fédération européenne des journalistes (FEJ) a appelé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à soulever, hier lors de sa visite au Maroc, le cas du journaliste marocain Ali Lmrabet en grève de la faim depuis le 24 juin, a indiqué un communiqué de la Fédération.

«En tant que voix représentante des journalistes européens, la FEJ demande à la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, de porter une attention particulière à la situation des défenseurs des droits de l'homme, de la liberté de la presse et de la liberté d'expression au cours de ses pourparlers de négociation avec d'autres pays», notamment au Maroc, a déclaré Ricardo Gutierrez, secrétaire général de la FEJ.
Depuis presque un mois, le journaliste, chroniqueur et militant marocain des droits de l'homme observe une grève de la faim à Genève, après que les autorités marocaines aient refusé de lui délivrer un passeport. Ali Lmrabet est convaincu que les autorités lui refusent le certificat de résidence afin de l'empêcher de publier à nouveau. «La bureaucratie ne peut être utilisée pour interdire la liberté de la presse et la liberté d'expression ! Les journalistes doivent être libres de travailler et de publier, le Maroc devrait mettre fin à cette façon indirecte de censurer», s'est révoltée la FEJ.

Ces responsables marocains qui possèdent la double nationalité

L'ambassadeur du Maroc à Madrid, Fadel Benaïch, avec son "autre" roi, l'ex-souverain Juan Carlos, lors de la présentation de ses lettres d'accréditation.
L’ambassadeur du Maroc à Madrid, Mohamed Fadel Benaïch, avec son « autre » roi, l’ex-souverain Juan Carlos, lors de la présentation de ses lettres d’accréditation.
Alors que Ali Lmrabet ne demande ni poste administratif, ni prébendes, ni faveurs, ni salaire, ni passe-droit, ni rien du tout, seulement son droit comme citoyen marocain de renouveler ses papiers d’identité marocains dans son lieu de résidence habituel, qui est Tétouan, et son autre droit, reconnu par la constitution octroyée de 2011, d’exercer le journalisme dans cet « Etat de droit » qui s’appelle le Maroc, le ministère de l’intérieur, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et les deux principaux services secrets marocains (DST et DGED) se désespèrent de trouver une parade solide pour l’empêcher manu militari d’accéder à ces droits élémentaires.
Le ministère de l’intérieur assure sans fournir aucune preuve que Lmrabet ne réside pas à Tétouan, alors q’une ample documentation prouve le contraire. Cliquez sur l’article : Refus des autorités marocaines de renouveler les pièces d’identité du journaliste Ali Lmrabet (le dossier)
Le ministère de l’intérieur jure, sans fournir encore une fois aucune preuve, que le journaliste réside à Barcelone, alors que cette autre documentation la dément. Cliquez sur l’article : Communiqué 1 : Le document qui dément la version du ministère de l’intérieur
Face à ces déconvenues qui montrent la faiblesse de cet État qu’on nous présente comme solide, on ressort la vieille ficelle qui ne convainc plus personne : Ali Lmrabet est un soutien du Front Polisario, il travaille pour les services secrets algériens, il n’aime pas le roi, il aime les cacahuètes, etc…
Tout cela est bien joli, mais où sont les preuves de ces affirmations qui émanent du ministère de l’intérieur et de ces services secrets marocains qui ont pourtant libre accès à nos demeures, piratent nos comptes internet, s’introduisent sans y être invités dans notre ordinateur, connaissent nos finances et nos habitudes, nous surveillent et nous suivent à la trace, même à l’étranger ?
C’est malheureusement ça le Maroc ! On parle de Tétouan, ils nous sortent Laâyoune ou Tindouf !
Maintenant, on ressort comme dernière carte : la nationalité française d’Ali Lmrabet…
La belle affaire !
La double, triple, quadruple, quintuple nationalité est reconnue par l’Empire chérifien, ancienne appellation du royaume du Maroc, depuis la Conférence de Madrid de 1880. C’est-à-dire il y a 135 ans…

Qui possède la double nationalité dans ce royaume heureux  ?
L’immense majorité des membres du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), qui est un organisme étatique marocain puisque ses membres touchent des émoluments pour y siéger de temps à autre, possèdent des nationalités étrangères (Etats-Unis, Canada, France, Espagne, Italie, etc…).
Ali Lmrabet n’est pas membre du CCME et ne touche aucun sou de cet organisme.
Des députés et des conseillers marocains de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers possèdent la nationalité française, espagnole, et même italienne pour un haut responsable de la première Chambre.
Ali Lmrabet n’est pas député ni conseiller d’aucune chambre. 
L’ambassadeur du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa, a été « accusé » par le quotidien arabophone Sahifat Annass de posséder la nationalité française. Il n’a pas nié.
L’ambassadeur du Maroc à Madrid, Mohamed Fadel Benaïch, fils d’un couple maroco-espagnol, possède bel et bien la nationalité espagnole. Il ne l’a jamais nié.
Sa soeur, l’ambassadrice du Maroc à Lisbonne, pas très loin, Karima Benaïch, qui a exercé de hautes fonctions au ministère marocain des affaires étrangères, possède également la nationalité espagnole. Elle ne l’a jamais nié non plus.
Ali Lmrabet n’est ni diplomate marocain ni ambassadeur représentant le royaume du Maroc en France, en Espagne ou au Portugal.
Plus encore, en octobre 2014, selon le quotidien marocain Assabah un député du parti de l’opposition Union Constitutionnelle (UC), a envoyé une question écrite au gouvernement, concernant des ministres marocains qui seraient des binationaux, qui porteraient en plus de leur nationalité marocaine, les nationalités britannique et canadienne. Cliquez sur l’article : Des ministres « binationaux » dans le gouvernement marocain selon un député de l’opposition
Ali Lmrabet n’est pas ministre dans le gouvernement Benkirane.
Enfin, le citoyen marocain André Azoulay possède la nationalité française alors qu’il est le conseiller du roi Mohamed VI
Ali Lmrabet n’a pas la chance d’être un conseiller du roi.
Et puis, il serait intéressant, sauf peut-être dans le cas des frères Benaïch, de savoir quelle adresse est inscrite sur les papiers d’identité étrangers de ces hauts responsables marocains ? Une adresse marocaine ou étrangère ?
Revenons donc à Tétouan au lieu d’aller à Madrid, Rome, Washington, Quebec, Londres ou Paris !
Demain
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dimanche 19 juillet 2015

Le Courrier : Ali Lmrabet vit son 25e jour de grève de la faim

Doumane Un jour, le retour de Demain, Demain magazine et Doumane...
 Par Christophe Koessler

Ali Lmrabet garde le moral même s’il est très affaibli. Pendant sa grève de la faim, son plus proche collaborateur a été condamné à trois mois de prison ferme au Maroc. CKR
Ali Lmrabet garde le moral même s’il est très affaibli. Pendant sa grève de la faim, son plus proche collaborateur a été condamné à trois mois de prison ferme au Maroc.
CKR
PLACE DES NATIONS • Le journaliste Ali Lmrabet n’a toujours pas obtenu le renouvellement de ses papiers d’identité au Maroc après plus de trois semaines de jeûne volontaire.
Hier, la célébration de la fête musulmane de l’Aïd el-Fitr n’a pas été synonyme de fin du jeûne pour le marocain Ali Lmrabet. Depuis maintenant vingt-quatre jours, l’un des journalistes les plus connus du Maroc mène une grève de la faim sur la place des Nations à Genève (notre édition du 25 juin dernier). 
Allongé à l’ombre des arbres bordant la place – la police genevoise lui ayant interdit de demeurer sur l’esplanade elle-même –, Ali Lmrabet reçoit pendant la journée des visiteurs de tous horizons qui viennent lui témoigner leur solidarité. La nuit, il trouve refuge à l’Espace Solidaire Pâquis, où il pense établir ses quartiers la semaine prochaine.
Amaigri, affaibli et souffrant de vertiges, Ali Lmrabet garde pourtant le moral et continue de lutter pour obtenir le renouvellement de ses papiers d’identité. Le Royaume du Maroc le lui refuse depuis le mois d’avril dernier. Officiellement, pour des raisons administratives. «Le Ministère compétent me dit que je n’habite pas réellement là où je réside pourtant, à Tetouan», rappelle le reporter, qui avait été interdit d’exercer son métier dans son pays entre 2005 et 2015.
Les nouvelles tracasseries concernant ses documents d’identité ont débuté juste après que le journaliste a annoncé en avril dernier son intention de rouvrir deux journaux satiriques à Rabat. Ceux-ci avaient été fermés au milieu des années 2000. A cette époque, après avoir questionné le budget royal dans un article, Ali Lmrabet avait été condamné à quatre ans de prison. Il a finalement passé huit mois à l’ombre.
Un collaborateur condamné
Le 3 juillet, soit dix jours après le début de sa grève de la faim, l’un de ses plus proches collaborateurs, Khalid Gueddar, a été condamné à trois mois de prison ferme par le Tribunal de première instance de Kenitra pour «état d’ébriété sur la voie publique» pour une affaire qui remonte à… 2012. Ali Lmrabet soupire: «Je venais de lui demander d’aller lui-même de l’avant avec nos projets de nouveaux journaux puisque je suis bloqué ici. Visiblement nos téléphones sont sur écoute.»
Si Ali Lmrabet regrette l’absence de réaction du gouvernement marocain à son jeûne volontaire, il se réjouit des innombrables marques de sympathie reçues. De même que des nombreux articles de journaux publiés en France, en Suisse et en Espagne en particulier, qui exposent la situation dramatique de la liberté de la presse dans son pays. A Barcelone, où Ali Lmrabet avait exercé son métier durant plusieurs années, le parlement catalan a voté à l’unanimité une motion de soutien en sa faveur. Une lettre ouverte écrite au roi du Maroc a aussi été signée par une centaine de personnalités politiques, écrivains journalistes universitaires et des ONG provenant de toute l’Europe. Au Maroc, une circulaire de ce type réunit également de nombreux soutiens. En Suisse, les autorités cantonales et fédérales sont pour l’heure demeurées silencieuses. Seul Rémy Pagani, conseiller administratif de la Ville de Genève, lui a apporté son soutien.
Ambassadeur embarrassé?
Une tempête dans un verre d’eau? On pourrait le croire, à entendre l’ambassadeur marocain auprès de l’ONU, Mohamed Auajjar, qui confiait le 9 juillet au quotidien Le Temps: «Monsieur Lmrabet est face à un litige administratif en réalité très simple à résoudre.» Le diplomate conseille au journaliste d’avoir recours à la justice marocaine ou de se déplacer à Barcelone où on lui délivrerait un passeport en deux ou trois jours. Ali Lmrabet sourit à cette déclaration: «La justice marocaine n’est pas indépendante, tout le monde le sait. Quant à l’Espagne, je n’y suis plus résident depuis longtemps. J’ai un document du Consul général à Barcelone qui l’atteste car j’en ai eu besoin pour mon déménagement au Maroc.» Le journaliste assure avoir tenté de joindre à plusieurs reprises l’ambassadeur Auajjar sans succès. Hier, à l’heure où nous mettions sous presse, le diplomate n’a pas non plus retourné nos appels.
Christophe Koessler
Source : Le Courrier