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samedi 20 avril 2013

Pourquoi cette peur de la Minurso ?



Avant d'entreprendre toute critique de l'initiative américaine ou d'aller quérir le soutien français, posons donc la question, crûment : Que craint donc le Maroc si la mission de l'ONU est étendue à la supervision des droits de l'Homme au Sahara ?

Ce n'est pas la première fois que le rapport de l'ONU demande l'inclusion d'une recommandation sur l'extension de la mission de la Minurso aux questions des droits de l'Homme au Sahara et à Tindouf. En effet, cela avait été le cas lors des précédents rapports, mais le Maroc avait toujours réussi à contrecarrer ces demandes. La nouveauté aujourd'hui est que cette recommandation n'est plus seulement le fait du Secrétaire général des Nations-Unies et de son Envoyé personnel au Sahara, qui l'auront rédigée et adressée au Conseil de Sécurité pour qu'il l'adopte ; non, aujourd'hui, c'est un des membres de ce Conseil qui présente un mémorandum en forme de proposition de résolution, appelant à élargir les taches de la Minurso aux droits de l'Homme. Et ce qui complique les choses est que ce membre est une superpuissance, les Etats-Unis, qui a toujours considéré et continue aujourd'hui encore de tenir l'initiative marocaine d'autonomie des territoires contestés comme « sérieuse et crédible ».
Aujourd'hui donc, l'affaire est grave, et cela se reflète dans la très ferme réaction officielle marocaine, traduite dans le communiqué publié par le Cabinet royal et qui considère que l'attitude américaine est « partiale et unilatérale », exprimant sa nette opposition et son rejet de cette initiative de Washington. Il apparaît donc que par cette réaction, Rabat a coupé le « cheveu de Mouaouia » avec les Etats-Unis, et qu'il ne lui reste comme seul recours que la position que prendra la France ; et comme il est peu probable que Paris entre en confrontation directe avec Washington en lui opposant son veto, la France devrait se contenter d'alléger les termes de la résolution à venir.
Mais avant d'entreprendre toute critique de l'initiative américaine ou d'aller quérir le soutien français, posons donc la question, crûment : Que craint donc le Maroc si la mission de l'ONU est étendue à la supervision des droits de l'Homme au Sahara ?
Nous lisons dans le communiqué du Cabinet royal que « le Royaume du Maroc a adopté des mesures volontaristes pour la promotion et la protection des droits de l'homme, sur l'ensemble de son territoire. C'est dans ce cadre que s'inscrivent, notamment, le renforcement de l'indépendance des mécanismes nationaux des droits de l'homme et l'élargissement de l'ouverture du Maroc sur les procédures spéciales des Nations Unies, répondant ainsi aux attentes de la communauté internationale et, plus particulièrement, du Conseil de Sécurité ». Dans un autre paragraphe, le même communiqué précise que « les efforts du Royaume en faveur de la promotion des droits de l'homme sur l'ensemble du territoire national – y compris dans les provinces du Sud – sont salués par la Communauté internationale et par de nombreux partenaires internationaux ». Pourquoi donc avoir peur, et de quoi avoir peur, si les droits de l'Homme sont respectés, et que le monde entier le reconnaît ? Partant de ce principe, il est évident que même la Minurso se joindra au concert des nations pour louer le respect des droits de l'Homme par les autorités marocaines et, ce faisant, confortera encore davantage la position de Rabat. Ne devrait-on donc pas nous féliciter de cette proposition américaine ?
Le rapport du Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, adressé au Conseil de Sécurité le 8 avril, contient ce paragraphe (116) : « Comme les violations des droits de l'homme n'ont apparemment pas cessé, la surveillance indépendante, impartiale, complète et constante de la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps devient plus que jamais une nécessité primordiale ». Pour sa part, le mémo américain parle d'un contrôle des droits de l'Homme au Sahara et dans les camps de Tindouf, ce qui rejoint parfaitement le discours officiel marocain qui désigne les réfugiés sahraouis dans ces camps comme des « otages » détenus par les « bandes du Polisario ». Il est à rappeler aussi que le Maroc avait demandé lors du 7ème round des négociations informelles (Manhasset, juin 2011) d'inclure la question des droits de l'Homme dans l'ordre du jour des discussions tenues sous l'égide de l'ONU. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Taïeb Fassi Fihri, avait alors précisé qu'il y avait là « une demande pressante pour la mise en place d'un mécanisme indépendant qui assurerait une protection quotidienne des résidents dans ces camps depuis plus de 30 ans ; ce mécanisme permettra à la communauté internationale et aux instances onusiennes spécialisées de s'assurer de la réalité sur le terrain, dans ces camps ». Or donc, si la mission de la Minurso devait être étendue pour superviser le respect des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, pourquoi alors le Maroc s'oppose-t-il à la résolution ? Ne serait-il pas au contraire plus logique de s'en féliciter ?
Bien entendu, il existe des gens qui soutiennent que l'élargissement de la Minurso vers une fonction de contrôle des droits de l'Homme portera atteinte à la souveraineté du Maroc dans les provinces sahariennes. Mais il est de notoriété publique qu'il n'y a pas un Etat au monde, et même les Nations-Unies,qui reconnaisse la souveraineté du Maroc sur ces territoires. De plus, les locaux de la Minurso au Sahara ne relèvent pas de la « souveraineté marocaine » ; la présence de la mission onusienne au Sahara, avec ses bâtiments, ses véhicules, ses petits avions, tous estampillés du signe de l'ONU, pourrait alors être à son tour considérée comme une atteinte à la « souveraineté nationale marocaine »...
L'affaire du Sahara est soumise à l'examen des Nations-Unies pour qu'elles lui trouvent une solution ; et quand le Maroc accepte le principe de la négociation, il admet en creux l'existence d'un litige. Alors lorsqu'il estime que la souveraineté sur ces terres est chose acquise, il entre en contradiction flagrante avec lui-même. Ou il existe un problème de souveraineté et dans ce cas, il est nécessaire de recourir à l'arbitrage onusien pour régler ce problème, ou alors la souveraineté marocaine est acquise et donc nul besoin d'aller au palais de verre de New York et même nécessité de refuser toute intermédiation de ce dernier si elle devait aller dans le sens d'une atteinte à la « souveraineté marocaine ».
Enfin, le responsable des dernières évolutions dans ce dossier est celui qui en détient la gestion et le suivi. Il importe donc de définir cette responsabilité. Le gouvernement n'a aucune relation avec le traitement de ce dossier, ni politiquement, ni diplomatiquement ni sur le plan interne. L'affaire du Sahara, depuis qu'elle existe, a toujours été gérée, et continue de l'être, par le renseignement, l'Intérieur et l'armée, autant d'organismes qui relèvent directement du palais royal qui détient le monopole donc de gestion, jusques-y compris dans les informations liées au sujet.
Or, dans les dernières années, plusieurs erreurs ont été commises, essentiellement en matière de droits de l'Homme, et spécialement dans l'affaire du camp Gdim Izik, lorsque des ordres avaient été adressés aux services de sécurité et à l'armée pour pénétrer dans le camp, nuitamment, pendant que les protestataires dormaient sous les tentes. Le résultat, on le connaît, mais pas les responsables, dont aucun n'a été déféré devant la justice. Et puis, depuis 2010, les villes du Sahara, Laâyoune, Smara, Dakhla, Boujdour, vivent dans ce qui ressemble fort à un blocus sécuritaire renforcé, et dans certains quartiers les patrouilles circulent nuit et jour. Tout le monde a vu comment des femmes ont été traînées dans les rues de Smara et de Laâyoune, et avant aussi, à Boujdour. Mais malgré cela, pas d'enquête ni de poursuite judiciaires... quant aux médias et aux partis qui font aujourd'hui un vacarme assourdissant contre le mémorandum américain, ils ont toujours observé un silence aussi assourdissant face aux violations répétées des droits de l'Homme, au Sahara et ailleurs.
Et donc, la demande d'élargissement de la mission de l'ONU n'est que la conséquence de la politique de tous temps suivie dans le dossier du Sahara. Quand, à l'avenir, cette affaire sera traitée démocratiquement, et qu'elle sera confiée à un pouvoir disposant de la légitimité démocratique, soumis au contrôle populaire, nous nous engagerons alors sur la voie de la résolution du conflit, une résolution qui ne saurait être que démocratique.
On dit que la question du Sahara est l'affaire d'un peuple et d'un système politique, mais le problème est que c'est le second qui gère ce dossier sans revenir au premier, dont il n'a besoin que pour applaudir ou protester, selon les cas.
Quand le Maroc sera une démocratie qui rompra avec le pouvoir individuel et personnel, quand les droits de l'Homme et sa dignité seront observés dans toutes les régions du pays, du nord au sud, à Taza, Beni Bouayach, Imider, Douar Chlihate, Sidi Ifni, Dakhla, Laâyoune et même devant le parlement à Rabat, alors le problème sera en voie de résolution. Car, comme le dit si bien le proverbe marocain : « Aucun chat ne fuit la maison où se tient un mariage »...
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Ceux qui voudraient voir le règlement du conflit au Sahara occidental se faire dans le cadre d'une intégration définitive de ce territoire au Maroc devraient savoir que cela ne pourrait se faire au préalable sans deux conditions au moins. D'abord, la démocratisation du régime politique marocain et l'érection d'un état de droit et de citoyenneté pour tous, et donc la fin du Makhzen. Ensuite, le fédéralisme comme voie de gestion politico-administrative des affaires du pays. Ces deux conditions sine qua non posent la question du rôle et du type de monarchie et d'État que voudront se donner les Marocains.

MINURSO et droits humains :Et La France ?

Sahara : Après les États-Unis, la France pourrait aussi lâcher le Maroc

La France a beau être un allié de longue date du Maroc, elle n’utilisera probablement pas son véto contre la proposition de résolution des États-Unis d’élargir le mandat des casques bleus au Sahara. Plusieurs diplomates français et étrangers l’ont indiqué, sous couvert d’anonymat, à la presse, depuis hier.
Bloquera, bloquera pas ? « Nous ne pensons pas que la France va bloquer », a déclaré, sous couvert d’anonymat, à Reuters, un diplomate membre du Groupe des amis, mercredi 17 avril, révèle Reuters. Aujourd’hui, jeudi 18 avril, un autre diplomate de l’ONU a également estimé que la France n’opposerait pas son véto à la résolution américaine relative au Sahara. La proposition américaine était contenue dans un brouillon du Conseil de Sécurité de l’ONU distribué au Groupe des amis du Sahara occidental, qui inclut les Etats Unis, la France, la Grande Bretagne et la Russie, a également indiqué un autre diplomate de l’ONU.
La décision des Etats Unis, annoncée le 9 avril, de soumettre au Conseil de sécurité des Nations Unies un projet de résolution pour élargir la mission des casques bleus au Sahara à la surveillance des droits de l’homme a mis la France en grande difficulté. Le silence assourdissant de ses responsables politiques en dit long.

« C' est une question entre le Maroc et les États-Unis »
Les quelques murmures anonymes enregistrés à Paris, par Le Monde, hier, ne seront pas pour rassurer le palais royal. « Les Américains n'ont prévenu personne, c'est une mauvaise manière faite aux Marocains », proteste un diplomate français, mais « on ne bloquera pas, c'est une question entre le Maroc et les États-Unis », élude-t-il agacé.
La France peut-elle seulement utiliser son droit de véto contre les États-Unis au Conseil de Sécurité des Nations Unies ? La dernière fois où elle a eu l’intention de le faire - mais n’en a pas eu besoin puisque les Etats Unis sont passé outre le Conseil de sécurité de l’ONU - c’était au moment du lancement par les États-Unis de la guerre en Irak, en 2003. Cette seule intention avait entraîné de fortes tensions entre les deux pays.
Au niveau national, la France ne pourrait que très difficilement opposer son véto aux États-Unis sur une question aussi sensible dans l’opinion publique que les droits de l’Homme. L’hexagone a vis-à-vis du Maghreb une histoire très récente suffisamment lourde pour que l’actuel gouvernement ne veuille pas reproduire les mêmes erreurs. En janvier 2011, au début du printemps arabe, Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères proposait que la France offre une aide militaire directe à Ben Ali, devant le parlement français. Pour la France, bloquer une résolution onusienne, vienne-t-elle des Etats Unis, alors qu’elle vise à protéger les droits de l’Homme serait suicidaire pour un gouvernement déjà mis en difficulté.

Visite de Hollande
Au moment du vote, la France sera dans l’embarras. Son propre silence l’y plonge déjà. Le président François Hollande, en visite au Maroc, il y a deux semaines seulement, avait assuré, à plusieurs reprises le Maroc de tout son soutien concernant le plan d’autonomie pour la Sahara, faisant fi des appels de Human Rights Watch à soulever avec le souverain la question des droits de l’Homme. A ce propos, en conférence de presse, tout juste le président français avait-il évoqué « un processus lent ». Il y a « incontestablement eu des progrès pour la population [...]» estimait-il.

Hier HRW a publié un communiqué satisfait appuyant la proposition américaine. « Le Conseil de sécurité devrait mettre fin à l’anomalie qui veut que la MINURSO mène des activités de déminage et des patrouilles frontalières, mais n’ait aucun mandat pour rendre compte de la violence policière, des procès injustes ou des restrictions du droit de rassemblement auxquelles sont systématiquement confrontés les habitants du Sahara occidental », a déclaré Philippe Bolopion, directeur du plaidoyer auprès de l’ONU à Human Rights Watch.


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 Sahara/Minurso : la France ne mettra pas son veto (Reuters)

Paris n'utilisera pas son droit de veto pour empêcher l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme, selon des diplomates à l'ONU cités par l'agence Reuters.
Rien ne semble pouvoir empêcher l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara. La France, allié traditionnel du Maroc et membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, ne devrait pas s'opposer à cette résolution portée par les Etats-Unis.
« Nous ne pensons pas que la France va bloquer », a affirmé mercredi un diplomate du « Groupe des amis du Sahara occidental » (USA, Royaume-Uni, France, Espagne, Russie), cité par l'agence Reuters. Un autre diplomate aux Nations-Unies a confirmé aujourd'hui l'information à Reuters.
Mercredi, le quotidien français Le Monde expliquait que la position de Paris était « délicate » et qu'il serait compliqué pour la France de s'opposer à une résolution relative aux droits de l'homme. La décision américaine semble d'ailleurs avoir pris les Français de court, rapporte Le Monde en citant un diplomate français : « Les Américains n'ont prévenu personne, c'est une mauvaise manière faite aux Marocains ».
La résolution doit être votée au Conseil de sécurité de l'ONU le 25 avril prochain.


Le 25 avril, l'initiative américaine pour l'élargissement de la mission de la MINURSO au contrôle des droits de l'homme au Sahara occidental passera au vote. Le véto de la France est espéré par le Maroc. On verra bien, ce jour-là, si les 700 tapis déroulés à M. Hollande sur les places de Casablanca serviront à quelque chose.

POUR l'extension du mandat de la MINURSO à la surveillance des ddH :l'Onu, HRW, les Etats Unis, l'Algérie, la Russie, la Chine, la Norvège et la France n,opposera pas son véto, HRW,

Projet de résolution US sur les droits de l’homme au Sahara Occidental
Panique au royaume
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par Mohammed Larbi, El Watan, Alger, 17/4/2013
Le petit prince semble s'ennuyer à mourir...Drôle d'activité ludique pour un gamin de 9 ans. La loi marocaine interdit le travail aux enfants de moins de 15 ans... (NDLR SOLIDMAR)
 

Les Sahraouis viennent de remporter une importante victoire et, à l’inverse, les Marocains tentent d’enrayer une tendance lourde qui leur échappe, et qu’ils devaient juger hautement improbable.
La réunion de crise, tenue lundi sur ordre du roi Mohammed VI et regroupant des membres du gouvernement et des leaders de partis politiques, confirme à quel point le changement en cours est pris très au sérieux.
Accédant à une demande de plus en plus forte des populations sahraouies, d’organisations américaines et internationales des droits de l’homme, ainsi que d’envoyés spéciaux de l’ONU,  les Etats-Unis veulent que l’ONU enquête sur les violations des droits de l’homme au Sahara occidental. Sauf à vouloir en être les complices, personne ne pouvait, à vrai dire, demeurer insensible aux images de Sahraouis matraqués, spoliés de leurs droits, traduits devant des juridictions d’exception alors même qu’ils revendiquaient le droit de vivre libre, ou encore s’élevaient contre l’occupation marocaine.

Ce n’est pas de la subversion, mais la stricte vérité ; les Nations unies considérant le Sahara occidental comme un territoire occupé et le Maroc comme une puissance occupante. Pendant longtemps, la question des droits de l’homme avait été éludée sinon bafouée au nom d’un incroyable parti pris, alors même que des militants sahraouis ne pouvaient même pas prétendre à la protection de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso), elle-même empêchée d’accomplir sa mission, alors que ses locaux ne bénéficiaient d’aucune immunité. 
L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, l’Américain Christopher Ross, en avait d’ailleurs fait état, amenant même le Maroc à lui retirer sa confiance, mais pour un temps seulement, car ni l’ONU ni les Etats-Unis n’ont voulu tenir compte de la décision marocaine. Ce n’était donc que le début d’un processus qui devrait être codifié et porté sur une résolution du Conseil de sécurité d’ici la semaine prochaine.

échec diplomatique

Il est initié par les Etats-Unis, alors que le Maroc tente de s’y opposer, voyant loin, bien entendu, car il ne lui sera plus possible de bâillonner un peuple et d’imposer le black-out, comme il l’a fait récemment en interdisant l’accès au Sahara occidental à une délégation de parlementaires européens, et cela sans parler du pillage en règle de ce territoire. Ainsi, apprend-on de sources concordantes, les Etats-Unis vont présenter un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU pour étendre le mandat de la Minurso au respect des droits de l’homme. «Le projet de résolution indique que la surveillance et l’information en matière des droits de l’homme puissent faire partie des responsabilités de la Minurso.»

Le projet de résolution américain demande aussi que les agences de l’ONU veillent au respect des droits de l’homme dans les camps de réfugiés sahraouis implantés en Algérie. D’ailleurs, en son temps, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait récusé des accusations marocaines, soulignant très clairement que c’étaient des réfugiés.
Les Américains ont refusé de s’exprimer sur le sujet, mais un diplomate à l’ONU a confirmé cet appel à un élargissement de la mission des Nations unies au domaine des droits de l’homme et a affirmé qu’il y aurait «des entretiens approfondis sur ce projet». Le Maroc a déjà anticipé avec cette réunion de crise qui signifie aussi l’échec de sa diplomatie.

Le gouvernement marocain appelle l’ONU à la «sagesse» :

Le Maroc a réaffirmé hier son «rejet catégorique» d’un élargissement du mandat de la Mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) à la question des droits de l’homme, et appelé le Conseil de sécurité à la «sagesse». Une telle initiative est «une atteinte à la souveraineté nationale» du royaume, a déclaré Mustapha Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, à des agences de presse internationales, dont l’AFP, estimant qu’elle aurait «des conséquences néfastes sur la stabilité de la région».
«Nous comptons sur la sagesse des membres du Conseil de sécurité», a-t-il fait valoir. Il a estimé que «ce type d’initiative partiale et unilatérale est injustifiée car elle ne prend pas en considération l’ensemble des efforts de promotion des droits de l’homme du Maroc». S’il a refusé de nommer l’initiateur de la démarche, M. Khalfi a qualifié de «stratégiques» les relations de son pays avec les Etats-Unis. «L’urgence de la situation dans la région nous y oblige (...) et il y a nécessité de préserver l’esprit de compromis», a-t-il encore plaidé, dénonçant une tentative d’«instrumentalisation des droits de l’homme». Agences
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 Une nouvelle mission pour la Minurso

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Par Rabah Beldjenna, El Watan, 17/4/2013
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprête, le 25 avril, à voter une nouvelle résolution sur la question du Sahara occidental, qui va certainement trancher le renouvellement du mandat de la Minurso.   

Mais tout porte à croire que cette résolution ne sera pas comme les précédentes : l’option de l’élargissement du mandat de la Minurso à la question des droits de l’homme semble se préciser.

Si dans toutes les résolutions adoptées à l’unanimité jusque-là, le Conseil de sécurité de l’ONU avait juste appelé les parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario, à poursuivre les négociations, il n’est pas à écarter que cette fois-ci, la question des droits de l’homme soit mise en relief.
Dans son dernier rapport, le secrétaire général de l’ONU a évoqué le procès de Gdeim Izik et la condamnation par le tribunal militaire de Rabat de 26 Sahraouis, en février dernier. Il a rappelé que l’ONHCR et le rapporteur de l’ONU sur la torture, Juan Mendez, ont exprimé leur inquiétude quant au choix d’un tribunal militaire et aux allégations de torture des accusés. «Je partage ces craintes», a-t-il dit. Ban Ki-moon rappelle que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait demandé, en septembre 2012, l’extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme au Sahara.
«Le besoin d’un mécanisme indépendant, impartial, complet et prolongé de surveillance des droits de l’homme, à la fois au Sahara occidental et dans les camps, est plus que jamais pressant», a-t-il affirmé, avant de trancher que ce sera au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre une décision lors de la réunion prévue le 25 avril à New York. Bien avant déjà, dans sa résolution adoptée en avril 2012, le Conseil de sécurité de l’ONU avait demandé au Maroc d’améliorer la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés. Dans le volet relatif à la Minurso, l’organe de décision de l’ONU avait en effet répondu positivement aux recommandations de Ban Ki-moon relatives aux défis auxquels fait face cette mission onusienne.
Mais la question de la violation des droits des Sahraouis par les autorités marocaines a suscité la mobilisation non seulement de l’ONU, mais aussi des ONG et du Congrès américain.
Après s’être rendu au Maroc et au Sahara occidental en septembre 2012, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Juan Mendez, avait affirmé que les autorités marocaines recouraient à la torture contre les Sahraouis, soulignant que le Maroc «est loin de pouvoir affirmer avoir éliminé la torture». M. Mendez avait, dans son rapport au Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme à Genève, publié en mars dernier, critiqué la forte présence policière et militaire marocain au Sahara occidental et de nombreux cas de brutalité policière contre des manifestants sahraouis pacifiques.
Un même constat a été rapporté par le centre américain Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme (RFK Center) à l’issue d’une visite effectuée, en août 2012, dans les territoires occupés du Sahara occidental par une délégation conduite par sa présidente, Mme Kerry Kennedy. Dans son rapport sur la violation par le Maroc des droits de l’homme des Sahraouis, elle avait appelé à l’urgence de l’instauration d’un mécanisme international permanent afin de protéger les droits de l’homme du peuple sahraoui. Cette violation flagrante des droits de l’homme a même été déplorée par le département d’Etat américain qui avait signalé dans son dernier rapport, adressé en octobre 2012 au Congrès, que la situation soulevait «de sérieuses inquiétudes», de par le recours par les forces marocaines à la détention arbitraire et aux abus physiques et verbaux contre les détenus sahraouis, lors des arrestations et emprisonnements et les entraves à la liberté d’expression et de réunion.
Ce contexte, de concert avec la violence qui a éclaté le 8 novembre 2010, lorsque les forces de sécurité marocaines ont démantelé le camp de Gdeim Izik, mis en place par des civils sahraouis pour protester contre la discrimination sociale et économique au Sahara occidental, renforce la nécessité d’une surveillance internationale et impartiale des droits de l’homme dans les territoire occupés du Sahara occidental.
C’est pourquoi les USA veulent désormais enquêter sur les droits de l’homme au Sahara occidental : ils vont présenter, avant la fin du mois, un projet de résolution aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour étendre le mandat de la Minurso au respect des droits de l’homme. 
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La France "ne bloquera pas" l'initiative américaine (diplomate français)
 

 

Les Etats-Unis vont présenter, le 22 avril, un projet de résolution aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, pour étendre le mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso) au respect des droits de l'Homme. Un coup dur pour le Maroc qui profitait du veto français pour asseoir une prétendue souveraineté marocain sur le territoire du Sahara Occidental. Une souveraineté niée par l'ensemble de la communauté internationale, y compris la France.

" Le projet de résolution indique que la surveillance et l'information en matière de droits de l'Homme puissent faire partie des responsabilités de la Minurso ", a rapporté à l'AFP une source proche des négociations.

La proposition, étant soutenue par la Russie, le Royaume-Uni, la Chine et les États-Unis, a de fortes chances d'être approuvée par le Conseil de Sécurité, ce qui n'a pas manqué de créer une ambiance de panique au Maroc. Surtout qu'ils sont conscients que, cette fois-ci, ils ne peuvent pas compter sur le veto de la France.

D'ailleurs, Paris, selon des déclarations d'un diplomate français relayées par le journal Le Monde, n'a pas l'intention de s'opposer à l'initiative américaine d'élargir le mandat de la MINURSO pour rapporter sur la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental et dans les camps des réfugiés sahraouis en Algérie.

"On ne bloquera pas, c'est une question entre le Maroc et les Etats-Unis", élude avec mauvaise humeur ce diplomate, selon Le Monde. "Les Américains n'ont prévenu personne, c'est une mauvaise manière faite aux Marocains",a-t-il ajouté.
http://plan-paix-onu.blogspot.be/2013/04/la-france-ne-bloquera-pas-linitiative.html
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 La Norvège soutient l'extension du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l'homme
(SPS) Oslo (Norvège),17/4/2013

 "La Norvège soutient l'extension du mandat de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental) pour y inclure la surveillance des droits de l'homme", a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, dans sa réponse à une question écrite du député Trine Skei Grande.
 
 "Nous travaillons pour que le Conseil de sécurité adopte une telle extension du mandat.", A déclaré le ministre des Affaires étrangères, ajoutant "Il est important que les parties permettent à la MINURSO de mener pleinement sa mission".
 "La Norvège soutient  les efforts de l'ONU pour une solution politique durable et équitable au conflit du Sahara occidental qui respecte le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination", a conclu le MAE de la Novège. (SPS)
020/090/TRD 171210 AVR 013 SPS

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Le Conseil de sécurité devrait autoriser la MINURSO à surveiller les violations de ces droits

17 /4/2013



« Le Conseil de sécurité devrait mettre fin à l’anomalie qui veut que la MINURSO mène des activités de déminage et des patrouilles frontalières, mais n’ait aucun mandat pour rendre compte de la violence policière, des procès injustes ou des restrictions du droit de rassemblement auxquels sont systématiquement confrontés les habitants du Sahara occidental ».
Philippe Bolopion, directeur du plaidoyer auprès de l’ONU 

(New York, le 17 avril 2013) – Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies devraient charger les Nations Unies de surveiller les violations des droits humains au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de la région de Tindouf en Algérie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans une lettre adressée aux 15 pays membres du Conseil de sécurité. Le Conseil doit voter, courant avril 2013, le renouvellement du mandat de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Sahara occidental, connue sous le nom de MINURSO.
La MINURSO est l’une des rares missions de maintien de la paix de l’ONU qui ne comprenne pas de mandat d’observation de la situation des droits humains et de rédaction de rapports à ce sujet. Le Maroc, qui revendique sa souveraineté sur le Sahara occidental et qui l’administre de facto, s’est longtemps opposé, avec le soutien de la France, à ce que la surveillance des droits humains soit incluse dans le mandat de la MINURSO. Ce mandat viendra à échéance le 30 avril, mais il a été renouvelé sans interruption depuis que la mission a été créée en 1991.

Le Secrétaire général de l’ONU et le Rapporteur spécial sur la torture ont tous deux récemment appelé à une surveillance accrue des droits humains au Sahara occidental. Les abus commis par le Maroc au Sahara occidental visent tout particulièrement les Sahraouis plaidant pour une auto-détermination ou une indépendance du territoire. Les autorités violent leur droit à manifester pacifiquement et à créer des associations, et des militants ont été torturés puis emprisonnés à l’issue de procès non équitables.
Des sources diplomatiques ont indiqué à Human Rights Watch que les États-Unis ont incorporé, dans le projet de résolution de 2013, des formulations qui pourraient permettre à l’ONU de surveiller les droits humains au Sahara occidental et de publier des rapports sur le sujet. Le projet de texte demande aussi au Secrétaire général de garantir que les agences de l’ONU adéquates puissent surveiller et émettre des rapports sur les droits humains dans les camps de réfugiés de la région de Tindouf, en coopération avec l’Algérie.

Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole située sur la côte atlantique entre le Maroc et la Mauritanie. Quand l’Espagne s’en est retirée en 1975, le Maroc a pris le contrôle de la plus grande partie du territoire et depuis lors l’a administré comme une région du Maroc. L’ONU ne reconnaît pas la souveraineté marocaine, et considère le Sahara occidental comme un « territoire non autonome ».

En 1991, l’ONU a servi d’intermédiaire pour négocier un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, basé sur le principe d’un référendum d’auto-détermination que l’ONU devait organiser. Pourtant le référendum n’a jamais eu lieu, et aujourd’hui le Maroc s’y oppose, proposant au lieu de cela une forme d’autonomie pour le Sahara occidental au sein du Maroc.

« Le mandat élargi de la MINURSO devrait inclure la tâche de surveiller la situation des droits humains non seulement au Sahara occidental, mais aussi dans les camps de réfugiés sahraouis situés de l’autre côté de la frontière, en Algérie, dont les habitants vivent de façon relativement isolée », a écritHuman Rights Watch dans sa lettre. En effet le Front Polisario a pris des mesures pour punir des résidents des camps qui critiquaient ses dirigeants ou soutenaient le plan d’autonomie du Maroc.

« La mission de maintien de la paix au Sahara occidental aurait dû inclure depuis longtemps un mandat de surveillance des droits humains, qui améliorerait les mécanismes de protection des droits humains tout en dissuadant les parties en présence de déformer les allégations de violations pour servir leurs propres objectifs politiques », a conclu Philippe Bolopion. « Les membres du Conseil de sécurité  ne devraient pas laisser passer cette opportunité historique d’aligner la MINURSO avec les autres missions modernes de maintien de la paix, bâties sur l’idée que les droits humains font partie intégrante du travail de l’ONU. »

  http://www.hrw.org/fr/news/2013/04/17/onusahara-occidental-le-mandat-des-casques-bleus-devrait-inclure-l-observation-des-d