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samedi 16 juillet 2016

Le conflit du Sahara-occidental : une histoire sans fin?

par Béligh Nabli, L'Economiste maghrébin, 15/7/2016

 
Unique candidat à la succession de Mohamed Abdelaziz, décédé il y a plus d’un mois, Brahim Ghali, 66 ans, vient d’être élu président du Front Polisario, lors du Congrès extraordinaire que vient de tenir le parti saharaoui. Soutenu par l’Algérie, cette figure historique du mouvement  Polisario aura la lourde tâche de contribuer à trouver une issue à l’impasse politique dans laquelle le conflit du Sahara occidental se trouve depuis des décennies. Celui-ci est l’une des clefs d’analyse de la géopolitique de la Méditerranée* occidentale en général, et de la géopolitique maghrébine en particulier.
Héritage de l’époque coloniale (partage du Sahara entre les différentes administrations coloniales françaises, espagnoles et italiennes), les frontières sud et sahariennes du Maghreb sont à l’origine de différends frontaliers. Depuis le départ en 1975 de l’ancienne puissance coloniale, l’Espagne, le contentieux territorial n’est toujours pas résolu. Engagée en 1974, la décolonisation conduit à un conflit armé entre la Maroc et le Front Polisario jusqu’au cessez-le-feu de 1991. Les anciennes zones d’influence sont devenues des frontières nationales des nouveaux États souverains. Or, si ces tracés ont pu créer quelques incidents ponctuels entre la Libye et la Tunisie, ils nourrissent des tensions géopolitiques entre l’Algérie et le Maroc, deux Etats voisins de la rive sud-ouest dont les relations diplomatiques ont du mal à se stabiliser.
Après la fin du protectorat français en 1956, le Maroc, sous l’impulsion des nationalistes de l’Istiqlal, entend reconstituer l’intégrité territoriale d’un « Grand Maroc » rassemblant toutes les terres qui ont « appartenu historiquement » au royaume à une période ou à une autre. Il revendique tous les territoires contrôlés par les Espagnols et une partie des territoires contrôlés par la France (portion du Sahara autour de Tindouf et Bechar), ainsi que la Mauritanie. L’engagement du processus de décolonisation suscite des tensions entre les parties concernées (Espagne, Maroc, Algérie, Mauritanie) et va conduire à la création du Front Polisario en 1973. Le Maroc annonce l’organisation d’une « Marche verte ». Début novembre 1975, 350 000 civils marocains franchissent pacifiquement la frontière. Le 14 novembre 1975, le gouvernement espagnol signe les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie. Le territoire est divisé en deux parties : les 2/3 au nord reviennent au Maroc, le sud à la Mauritanie. Le Front Polisario s’y oppose. Les troupes marocaines et mauritaniennes se déploient.
Les deux principaux protagonistes dans ce conflit, le Maroc et le Front Polisario, se disputent la souveraineté de ce territoire (d’environ 263 450 km²) qui se situe dans l’espace sahélo-saharien, le tout sous le regard de puissances voisines parties prenantes dans ce litige. Le Maroc administre le territoire qui est inclus dans les trois provinces du sud, sans que cette situation de fait ne soit admise dans son principe même par une partie de la population sahraouie du territoire et des réfugiés des camps de Tindouf (en Algérie), liée au Front Polisario. En 1976, cette organisation a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD), laquelle a été immédiatement reconnue par les voisins immédiats du Maroc (Algérie, Mauritanie) et une majorité des Etats membres de l’OUA. L’Espagne s’en tient au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
Avant même l’indépendance officielle de l’Algérie, un accord (conclu en 1961 à Rabat) entre Ferhat Abbas, président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), et Hassan II, roi du Maroc, prévoyait de renégocier le statut des régions algériennes de Tindouf et de Colomb-Béchar. Or, à l’indépendance, l’Algérie de Ben Bella refuse de restituer ces territoires et de reconsidérer sa souveraineté sur des régions acquises sur décision de l’autorité coloniale française. La tension diplomatique et militaire croissante vire au conflit armé d’octobre 1963 à février 1964, après l’incursion des Forces armées royales du Maroc en territoire algérien. Outre le problème frontalier, le déclenchement de cette « guerre des sables » est le fait des convoitises suscitées par la découverte de ressources minérales dans la zone disputée, mais aussi de la tendance expansionniste du royaume chérifien animé par l’idée du « Grand Maroc ». Finalement, après diverses négociations houleuses ou avortées, l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) parvient à trouver un accord entre les deux belligérants. L’OUA adopte le principe de l’intangibilité des frontières issues du colonialisme (qui est rejeté par le Maroc) et la frontière suit le tracé qui reprend la délimitation française. Le 15 juillet 1972, Houari Boumediene et Hassan II signent un traité qui délimite leurs frontières en reprenant ce tracé. L’Algérie ratifie le traité le 17 mai 1973, et le Maroc… en mai 1989.
Ce conflit a installé les deux principales puissances maghrébines dans une relation de défiance, ponctuée par des accrochages à la frontière (les échanges de feu entre garde-frontières algériens et marocains attestent la persistance et la vigueur de l’antagonisme) et une confrontation directe à Amgala (1976), au Sahara occidental. En effet, après la « guerre des sables », l’Algérie arme les indépendantistes du Front Polisario (financés aussi par la Libye) entré en conflit avec le Maroc. Il remporte des succès, notamment en Mauritanie, mène des opérations au Maroc (jusqu’à la construction du « mur », en 1980) qui décide d’annexer la portion sud du territoire.
Si le Maroc a renoncé en 1989 à revendiquer la partie du Sahara algérien (Tindouf), il revendique le territoire du « Sahara occidental » (non autonome selon l’ONU) qu’il a annexé à 80% (depuis 1979), considérant qu’il fait partie intégrante du royaume. Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario proclament le droit à l’autodétermination du « peuple du Sahara occidental ». C’est pourquoi ils ont d’abord combattu la puissance coloniale espagnole (1973-1976), puis le Maroc, à la suite des accords de Madrid (1975) qui partagent la souveraineté du Sahara occidental entre la Mauritanie et le Maroc. L’enjeu est stratégique pour le Maroc, qui ne veut renoncer ni à cette extension territoriale, ni à l’exploitation d’un territoire riche en minerais (phosphates, fer, titane, manganèse, pierres précieuses) et assez fertile pour développer plus (et mieux) encore le secteur agricole (pilier de l’économie nationale). En outre, le contrôle de ce territoire permet de contrôler de facto la partie sud de sa frontière avec la Mauritanie. Le conflit est aussi pour la Monarchie au Maroc une formidable occasion de faire l’union autour du trône et de renforcer une légitimité très entamée par les crises des premières années de la décennie 1970.
L’impasse n’est pas sans conséquence sur la stabilité et le développement de la région. Ce conflit larvé nourrit d’abord une militarisation de la région, qui comporte une dimension maritime et méditerranéenne malgré la façade exclusivement océanique du territoire. Ensuite, ce contentieux pèse sur les vecteurs institutionnels de coopération régionale– l’Union du Maghreb Arabe– et empêche tout progrès significatif en faveur de l’intégration de la région méditerranéenne au niveau du dialogue 5+5 et de l’Union pour la Méditerranée. Enfin, le statu quo est propice au développement d’un nouveau foyer de trafics et de bases-arrières pour des groupes djihadistes déjà actifs dans les régions du Sahara (Tunisie, Algérie) et du Sahel. La sortie de l’impasse est donc impérieuse pour la stabilité et la sécurité de la rive sud-ouest de la Méditerranée. Seul un règlement définitif dans le cadre des Nations-Unies contribuera utilement à la sécurité et à la stabilisation de la région sahélo-saharienne.
* Béligh Nabli, Géopolitique de la Méditerranée, Paris, Armand Colin, oct. 2015

vendredi 3 juin 2016

La question "irrésolue" du Sahara occidental en débat à la Sorbonne

Paris, 2 juin 2016 (SPS)- Le colloque international sur "la question irrésolue du Sahara occidental" a débuté jeudi à l’Université de la Sorbonne de Paris pour tenter, durant deux jours, de mettre la lumière, 40 ans après sa colonisation par le Maroc, sur ce conflit.

Sous le thème "La question (irrésolue) du Sahara Occidental : quels enjeux pour quelles recherches en sciences humaines et sociales ?", le colloque est organisé par l’Université Paris Descartes-Sorbonne, le Centre Population et Développement (CEPED), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Unité Mixte de Recherche CITERES de l’Université de Tours.
A l’ouverture des travaux de ce colloque, qui se tient deux jours après le décès du président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, les animateurs ont relevé que la question du Sahara occidental "reste non seulement irrésolue, mais aussi, et surtout, largement oubliée des médias internationaux (et) mal comprise des experts".

dimanche 8 mai 2016

Sahara occidental : la honte d'une Espagnole

par Rosa Montero, El Pais, 3/5/2016
Original: Vergüenza
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala 
Ils sont 125 000 et vivent depuis 40 ans dans des camps de réfugiés. La mort du Sahraoui Brahim Saika ravive une lutte oubliée.
Au fond du puits de notre oubli. C'est là que sont les Sahraouis. Je viens de lire que le 15 avril leBrahim Saika  syndicaliste sahraoui Brahim Saika, 32 ans, est mort dans un hôpital à Agadir (Maroc). Brahim avait été arrêté le 1er avril en sortant de son domicile pour participer à une manifestation pacifique. "Il a été emmené au poste de police de Guelmim, où il a été torturé pendant des heures", rapporte la délégation sahraouie en Espagne. Brahim a alors décidé de commencer une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements. Je suppose qu'ils l'ont laissé en très mauvais état, puisque seulement cinq jours plus tard, il était dans des conditions si graves qu'il a été transporté à l'hôpital. Jeune et fort, il est mort à une vitesse inhabituelle, et les autorités ont apparemment refusé de le faire autopsier. J'écris ces lignes quatre jours après son décès, et pour le moment la nouvelles n'est presque pas sortie dans les médias, à part quelques sites. J'imagine le pauvre Brahim recourant à la seule arme extrême de lutte dont il disposait, la mort par inanition, en espérant que ce dernier cri d'angoisse et de dénonciation serait finalement entendu. Mais même son agonie  n'a pas réussi à nous atteindre.

lundi 14 mars 2016

Ce que le SG de l’ONU a vu et dit sème la panique à Rabat : Mohammed VI écrit à Ban Ki-moon

par R. Mahmoudi, 13/3/2016











L’onde de choc de la visite de Ban Ki-moon au Sahara Occidental continue de faire des ravages au Maroc où les shows médiatiques se succèdent pour tenter de conjurer une rage insondable qui enfonce le Makzen dans ses errements
Après donc les réunions au Parlement, le discours déclamatoire du Premier ministre, Abdelilah Benkirane, et la marche «spontanée» de ce dimanche à Rabat pour dénoncer les déclarations du secrétaire général de l’ONU, le chef de la diplomatie, Salah-Eddine Mezouar, va se rendre très rapidement à New York pour remettre à Ban Ki-moon une lettre de Mohammed VI.

dimanche 13 mars 2016

Sahara Occidental : Le Maroc mobilise les Marocains pour une manifestation à Casablanca .(avion a-r offert !)

par Plan de paix , 12/3/2016
Le Maroc a mobilisé des milliers de personnes en vue d'organiser une manifestation gigantesque ce dimanche à Casablanca


Dans ce but, le gouvernement marocain offre des billets aller-retour en avion à tous ceux qui désirent y participer.


Le Maroc, aux abois dans la question du Sahara occidental, fait recours à la population comme dernier arme pour exprimer son désir d'imposer le fait accompli de sa colonisation.


Les dernières déclarations de l'ONU ont eu l'effet d'une balle au cœur pour les ambitions expansionnistes et les rêves du gouvernement marocain d'imposer son plan d'autonomie. Pour des nombreux observateurs, ces déclaration enterrent définitivement la prétendue proposition marocaine.



mercredi 9 mars 2016

Conflit du Sahara Occidental, quelles perspectives ? Désinformation et le monopole des médias pour promouvoir l'autonomie !

par Saïd SOUGTY, L'Humanité, 8/3/2016
Le 10 décembre 2015, la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) a pris la décision d’annuler l’accord agricole et de pêche avec le Maroc. Il concerne les produits agricoles, les produits agricoles transformés, les poissons et les produits de la pêche. La cour a estimé que Bruxelles aurait dû exclure le Sahara Occidental des accords d’échange qui régissent les deux parties. La cour s’est appuyée sur la position des Nations Unies qui ne reconnait pas au Maroc la souveraineté sur ce territoire.

Cette décision est conforme à un contexte international  juridique depuis la résolution du 14 décembre 1960 de l’ONU, qui était consacrée à la déclaration internationale sur l’octroi de l’indépendance aux peuples et pays sous domination coloniale.
C’est cette déclaration qui sera le cadre d’exercice de la 4ème commission onusienne chargée de la décolonisation, jusqu’à nos jours.
A la demande du Maroc, le Sahara Occidental sera inscrit  sur la liste des territoires à décoloniser. Il en reste aujourd’hui seize, que la commission spéciale se charge d’accompagner pour l’autodétermination.

vendredi 19 juin 2015

Brèves du Sahara Occidental occupé, résistances et conséquences


EM, 14/6/2015




Mercredi 10 juin 2014, à 9h du matin, Ali Sa’adouni et Noud Eddine Argoubi  membres du groupe des « Sahraouis qui rejettent la nationalité marocaine »  sont entrés dans le consulat de France à Agadir et ont protesté contre la position subjective de ce pays, contraire au droit international, dans le conflit sur le Sahara Occidental.
Les deux activistes ont étendu le drapeau de la RASD au sein du consulat et ont demandé à rencontrer le consul. Ils n’ont pas pu le faire, et la police marocaine est intervenue pour forcer les deux militants à sortir du consulat.
Ali Sa’adouni et deux autres activistes avait auparavant protesté au sein du consulat d’Espagne contre la position de l’ancien colonisateur de leurs pays dans le conflit.

vendredi 24 avril 2015

Violation des droits de l’homme au Sahara occidental : Les Européens de plus en plus nombreux à condamner le Maroc


jeudi 14 août 2014

L'UE détient la clé de la solution du conflit du Sahara occidental

EU key to the solution of the Western Sahara conflict
Last December, by a narrow majority vote, the EU Parliament, in a surprise move, twisted the arm of justice and international legality to ratify the Protocol of the EU-Morocco Fisheries Partnership Agreement (FPA), allowing European vessels to ...
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L'UE détient la clé de la solution du conflit du Sahara occidental - En décembre dernier, par un vote à une étroite majorité, le Parlement européen, dans une démarche surprise, a tordu le cou à la justice et à la légalité internationale en ratifiant ...  Lire la suite

La UE tiene la clave para la solución del conflicto en el Sahara Occidental
En diciembre pasado, por estrecha mayoría, el Parlamento de la Unión Europea (UE) en un movimiento sorpresivo torció el brazo a la justicia y a la legalidad internacional al ratificar el Protocolo al Acuerdo de Cooperación ...
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EU är nyckeln till lösningen av konflikten i Västsahara  I december godkände EU-parlamentet med knapp majoritet och emot internationell lag avtalet mellan Marocko och EU, som tillåter europeiska fartyg att fiska illegalt i de västsahariska vatten som är ockuperade av Marocko. En ... Läs mera



Lire le Communiqué de presse de la Commission européenne du 15 juillet 2014
Entrée en vigueur de l'accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'Union européenne et le Maroc

vendredi 18 avril 2014

Le Secrétaire général des Nations Unies réaffirme la nécessité de surveiller de «manière durable, indépendante et impartiale» le respect des droits humains au Sahara et à Tindouf.

Minurso: la mise en garde de Mohammed VI
Le roi Mohammed VI recevant l'envoyé personnel du SG de l'ONU, Christopher Ross (photo archive)
Le roi Mohammed VI recevant l'envoyé personnel du SG de l'ONU, Christopher Ross (photo archive) ©MAP


Mohammed VI s'est entretenu avec Ban Ki-Moon au téléphone, à quelques jours du renouvellement du mandat de la Minurso. Message: réitérer le refus du Maroc d'élargir le mandat de la mission onusienne à la surveillance des droits humains. Les droits humains se sont de nouveau invités dans le débat pour le renouvellement du mandat de la Minurso (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental). Le roi Mohammed VI s’est entretenu samedi au téléphone avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon pour réitérer la position marocaine.

Le roi a insisté sur «l'impératif de préserver les paramètres de la négociation tels qu'ils sont définis par le Conseil de Sécurité, de sauvegarder le cadre et les modalités actuels de l'implication de l'ONU et d'éviter les approches partiales, et les options périlleuses». Pour Mohammed VI, 
«tout écart de cette voie serait fatal pour le processus en cours et porteur de danger pour toute l'implication de l'ONU dans le dossier», selon un communiqué officiel du Cabinet royal.
Le message royal intervient après publication jeudi 10 avril du rapport de remis par Ban Ki-Moon au Conseil de sécurité qui va voter fin avril le renouvellement du mandat de la mission onusienne.

Dans ce document, le Secrétaire général des Nations Unies réaffirme la nécessité de surveiller de «manière durable, indépendante et impartiale» le respect des droits humains au Sahara et à Tindouf.

Il y a un an, à la même période, le Maroc avait vigoureusement rejeté une proposition américaine d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits humains. Le royaume avait fini par avoir gain de cause.

samedi 9 novembre 2013

Manifestation pour les prisonniers politiques sahraouis à Paris

L'ASSOCIATION DES SAHRAOUIS EN FRANCE SITUÉE AUX MUREAUX A ORGANISÉ AUJOURD'HUI UNE MANIFESTATION DE SOUTIEN POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE A PARIS


  • a.

  • n

samedi 26 octobre 2013

Des fonds de pension suédois au secours du Sahara occidental ?

De Stockholm à Laayoune, au Sahara occidental, la distance est moins grande qu'il n'y paraît sur une carte. La direction des fonds de pension publics suédois, AP-Fonden, a annoncé lundi 30 septembre avoir mis deux sociétés sur sa liste noire d'entreprises "non éthiques", au motif que ces entreprises industrielles du secteur de la chimie, l'australien Incitec Pivot et le canadien Potash, achètent du phosphate extrait au Sahara occidental par une compagnie minière marocaine.
"Le conseil d'éthique discute avec les deux groupes depuis 2010 afin qu'ils cessent leur approvisionnement en phosphate depuis le Sahara occidental ou qu'ils prouvent que le processus d'extraction est conforme  aux intérêts du peuple sahraoui", explique AP-Fonden dans un communiqué cité par l'AFP. Quatre fonds de pension suédois ont, dans la foulée, vendu leurs actions d'Incitec Pivot et Potash.

Un courant pro-Sahraoui particulier en Suède ?
"Le Sahara occidental est sous occupation marocaine depuis 1975 et est sur la liste des Nations unies de territoires non autonomes qui relèvent de la décolonisation, justifie AP-Fonden, en exhumant pour l'occasion un avis juridique du Conseil de sécurité de l'ONU qui avait estimé, en 2002, que "l'exploitation des ressources minières au Sahara occidental sans accord local enfreindrait le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels". Le conseiller auteur de cet avis, à l'époque, était le Suédois Hans Corell.
En décembre 2012, c'était au tour du Parlement suédois de prendre position dans un dossier aussi sensible et conflictuel que celui de l'ancienne colonie espagnole qui oppose depuis des années le Maroc aux indépendantistes sahraouis, et dans lequel les autres capitales européennes se gardent bien d'intervenir. Une motion avait été adoptée par plusieurs groupes d'opposition, de la gauche à l'extrême droite, demandant au gouvernement suédois, sans succès, de reconnaître sans plus tarder la "République arabe sahraouie démocratique comme Etat libre et indépendant". D'où cette question : existe-t-il un courant pro-Sahraoui particulier en Suède ?

 Lobbying de plusieurs collectifs de soutien
La réponse tient sans doute à la présence depuis longtemps d'une représentation sahraouie à Stockholm et au lobbying de plusieurs collectifs de soutien, dont celui, en particulier, de Western Sahara Resource Watch (WSRW). Depuis 2004, cette organisation, implantée en  Scandinavie, ainsi qu'en Hollande et au Royaume-Uni, milite activement contre l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc, considéré comme un occupant et un exploitant illégal de ces richesses.
Les actions de ses militants déterminés ont conduit plusieurs compagnies étrangères à renoncer à des projets d'exploitation, comme les entreprises norvégiennes TGS-Nopec (pétrole) en 2002, ou R-Bulk (transport de phosphates) en 2008.  "Les pays nordiques sont très branchés droits humains", se réjouit Jean-Paul Le Marec, secrétaire de la plate-forme de solidarité avec le peuple sahraoui en France. Or, les phosphates représentent une rentrée en devises très importantes pour le Maroc, troisième exportateur mondial, qui possède, après la Chine, les deuxièmes plus grandes réserves de la planète, dont une partie se trouve au Sahara occidental.
Sur place, la décision des fonds de pension suédois n'a été jusqu'ici que très peu commentée. Mais Rabat, qui bénéficie du soutien de plusieurs pays à commencer par celui de la France, pour son plan d'autonomie au Sahara occidental, en lieu et place d'un référendum d'auto-détermination, s'inquiète de plus en plus de l'influence sahraouie en Europe du Nord. La prochaine bataille nord-sud pourrait se jouer autour de la présentation, fin octobre, au Parlement de Strasbourg, du rapport du Britannique Charles Tannock, sur les droits de l'homme au Sahel et au Sahara occidental.

 http://maghreb.blog.lemonde.fr/2013/10/01/des-fonds-de-pension-suedois-au-secours-du-sahara-occidental/

mardi 1 octobre 2013

Titres des publications sur http://solidmar.blogspot.com du 22 septembre au 29 septembre 2013.

Il faut dénoncer partout la situation épouvantable dans laquelle se trouve Ali Anouzla, incarcéré à Salé dans un cachot dont les murs suintent l’humidité, où l’atmosphère est fétide, irrespirable et surchauffée. Vermine et rats y grouillent. Lire ce qu’en disent Farida et Salah. De nombreux journaux marocains se mettent en grève, les sites marocains sont en berne, les protestations des journalistes et des associations sont mondiales !
Diffusez les infos à toutes vos adresses, à vos journaux, aux partis politiques. Français, écrivez à François Hollande qui continue à soutenir le dictateur marocain dans ses violations des droits de l’Homme, dans sa volonté de mise à mort du remarquable site LAKOME dont Ali Anouzla est le directeur !
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Ali Anouzla


  • Sahara Occidental
    Maroc
    Monde
  • samedi 28 septembre 2013

    Le Département d'Etat américain réagit à l'arrestation d'Ali Anouzla, M6 à la barre pour le S.O.


    Washington suit de près le cas du directeur de Lakome arabophone et «conseille vivement» aux autorités marocaines de traiter le cas de Ali Anouzla de manière équitable et transparente, conformément à la loi marocaine et aux obligations internationales du Maroc.

    «Nous suivons de près l'affaire du journaliste arrêté Ali Anouzla», a annoncé ce mardi à Lakome une source autorisée au sein du Département d'Etat américain, qui rappelle qu'aucune charge n'est encore retenue contre le directeur de Lakome arabophone.
    Washington attend désormais de voir comment le dossier va évoluer. «Nous conseillons vivement aux autorités marocaines de traiter l'affaire de M. Anouzla de manière équitable et transparente, conformément à la loi marocaine et aux obligations internationales et procédures régulières du Maroc».
    Rappelons que Freedom House et Human Rights Watch, les deux organisations américaines de défense des droits de l'homme les plus importantes, ont dénoncé l'arrestation d'Ali Anouzla et demandé sa libération immédiate. Amnesty international a de son côté lancé une de ses "actions urgentes" en soutien à Ali Anouzla.
    Le 17 septembre dernier, Lakome arabophone dont il est le directeur, avait publié un article expliquant que le groupe terroriste Aqmi, à travers le média Al-Andalus, venait de diffuser sur internet une vidéo de propagande appelant au jihad au Maroc et attaquant Mohammed VI. Le texte était accompagné d'un lien renvoyant vers le blog d'El Pais du journaliste Ignacio Cembrero, qui contenait un enregistrement de la vidéo d'Aqmi.
    Le ministère de la Justice avait annoncé mardi dernier le dépôt à venir d'une plainte à Madrid contre le journal El Pais pour avoir publié l'enregistrement de la vidéo. Mais une semaine plus tard aucune plainte ne semblait avoir encore été déposée en Espagne.
    Actualisation : la déclaration du Département d'Etat américain a été donnée avant l'annonce mardi soir par le procureur général des chefs d'accusations retenus contre le journaliste Ali Anouzla.

    http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1399-le-departement-d-etat-americain-reagit-a-l-arrestation-d-ali-anouzla
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     AIDE MILITAIRE AMÉRICAINE AU MAROC

    Mohammed VI à la barre

    Par

    L'octroi de toute aide financière militaire au Maroc est subordonné au respect des droits de l'homme au Sahara occidental stipule une loi adoptée par le Congrès au mois de décembre 2011.
    Le verdict est tombé. Dans un rapport adressé au Congrès US, le département d'Etat américain dénonce les violations des droits de l'homme exercées par les forces de répression marocaines contre les populations sahraouies et dresse un sévère réquisitoire de la politique menée par Rabat dans les territoires occupés. Le Congrès tiendra-t-il compte de ce texte que vient de lui transmettre le secrétaire d'Etat américain John Kerry? Très sourcilleuses en ce qui concerne la question du respect des droits de l'homme, il n'y a en principe aucune raison pour que les institutions américaines fassent exception dans ce cas précis. Et si l'on se fie aux remarques du successeur d'Hillary Clinton on peut affirmer que Mohammed VI aura raté son examen de passage. Une condamnation sans appel car le document élaboré par le département américain repose essentiellement sur les rapports du représentant personnel du SG de l'ONU Ban Ki-moon Christopher Ross, du patron des Casques bleus, le Français Hervé Ladsous, et surtout du rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, l'Argentin Juan Mendez qui avait déclaré qu' «il ne devrait pas être surprenant que des actes équivalant à la torture soient commis à l'occasion d'événements particulièrement intenses, tels que les grandes manifestations...» à la fin de la mission qu'il avait effectuée au Maroc et au Sahara occidental entre les 15 et 22 septembre 2012. 
    Ce qui doit davantage compromettre l'octroi de toute aide financière militaire au Maroc subordonné au respect des droits de l'homme au Sahara occidental stipule une loi adoptée par le Congrès au mois de décembre 2011. Le département d'Etat doit «soumettre un rapport aux comités d'affectation des crédits relevant de la Chambre des représentants et du Sénat sur les mesures prises par le gouvernement marocain en matière de respect des droits des personnes d'exprimer pacifiquement leurs opinions concernant le statut et l'avenir du Sahara occidental» et «élaborer un rapport sur la situation des droits de l'homme des Sahraouis» exige-t-elle. 
    Que dit le rapport élaboré par les services du patron de la diplomatie américaine? Les manifestations en faveur de l'indépendance du Sahara occidental continuent d'entraîner des restrictions excessives et continues, «particulièrement sur le droit de réunion pacifique et la publication de tout plaidoyer pour l'indépendance ou pour un référendum qui inclurait l'indépendance comme option», indique le quotidien indépendant marocain Lakome qui affirme détenir une copie de ce document. Le Congrès ne se limite pas qu'à cette condition uniquement. Il soumet aussi cette aide financière militaire au Maroc au «droit d'accès au Sahara occidental, sans aucune entrave, des organisations des droits de l'homme, des journalistes et des représentants des gouvernements étrangers». Concernant ce point précis, le département de John Kerry, souligne que le ministère marocain de la Communication soumet les journalistes étrangers à l'obtention d'une autorisation avant de pouvoir rencontrer les associations qui militent en faveur de l'autodétermination du peuple sahraoui. «Le Royaume du Maroc, cependant, refuse l'entrée ou expulse les individus quand il estime qu'ils utilisent le journalisme comme couverture pour faire de l'activisme», indique le rapport US qui sonne déjà comme un autre revers infligé au Makhzen.