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lundi 11 juillet 2016

“Les accords par lesquels l'Espagne a livré le Sahara occidental au Maroc étaient une escroquerie”



“Les accords par lesquels l'Espagne a livré le Sahara occidental au Maroc étaient une escroquerie”
Entretien avec Ana Camacho



Ana Sánchez Borroy
Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Lorsqu'Ana Camacho (Madrid, 1960) commence à répondre à nos questions, il devient évident  qu'elle se passionne pour tout ce qui a à voir avec le Sahara occidental. Et qu'elle a du mal à comprendre que le reste du monde ne partage pas son indignation et sa colère contre les injustices subies par le peuple sahraoui et les mensonges qu'on nous a raconté sur ce conflit.


Comment est née l'idée de publier le livre Sáhara Occidental: 40 años construyendo resistencia? ( Sahara occidental:  40 ans de construction de la résistance) ?

Elle est née à l'Observatoire aragonais pour le Sahara occidental, basé à Saragosse, qui est un mouvement très actif de la solidarité avec le peuple sahraoui, et qui s'attache à souligner la violation du droit international qui est à l'origine de sa situation. De fait, l'Observatoire a déjà publié un premier livre il y a deux ans et les deux mettent un accent particulier sur les questions juridiques. Le Maroc essaie de prétendre que le Front Polisario est l'équivalent de l'ETA basque ou des séparatistes catalans, en essayant d'imposer l'idée que le Sahara occidental a toujours fait partie du Maroc et qu'il veut maintenant se séparer. C'est une comparaison, en particulier si on pense à l'Espagne, qui implique nous avons un rôle important dans la résolution de ce conflit. Mais la réalité n'a absolument rien à voir : ni la Catalogne ni le Pays Basque n'ont jamais été des jamais été des territoires non autonomes en attente de décolonisation, ce qui est la situation juridique présente du Sahara occidental.

lundi 27 juin 2016

Confirmé : 5 gouvernements, dont celui de Paris, interviendront en faveur du Maroc contre les Sahraouis devant la Cour Européenne de justice

http://tlaxcala-int.org/biographie.asp?ref_aut=1770&lg_pp=fr

 La Cour Européenne de Justice a officiellement confirmé que cinq États membres de l'UE interviendront en faveur du Maroc dans la procédure destinée à infirmer la décision de la Cour d'arrêter les importations en provenance du Sahara Occidental occupé sous couvert d'un accord commercial avec le Maroc.
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"Espagne, tu nous fais souffrir" : Une Sahraouie tenant une banderole lors d'une manifestation contre la pêche européenne devant l'ambassade d'Espagne à Oslo, Norvège. L'Espagne est la principale force motrice de l'accord de pêche de l'UE avec le Maroc, par lequel les navires de l'UE pêchent dans les eaux du Sahara Occidental occupé.
Il y a deux semaines, WSRW signalait que l'Espagne, la France et le Portugal pourraient intervenir dans la procédure judiciaire, et que les médias marocains avançaient que la Belgique et l'Allemagne pourraient faire de même.

Le 10 juin, la Cour a confirmé que ces cinq pays vont en effet participer à la procédure judiciaire, en soutien au Conseil de l'UE - et donc du Maroc - dans sa demande d'infirmer la décision du Tribunal d'annuler l'accord de libre-échange UE-Maroc couvrant l'agriculture et les produits de la pêche puisqu'appliqué au Sahara Occidental.

Dans sa décision du 10 décembre 2015, la CJUE a déclaré que le Sahara Occidental n'est "pas inclus dans les frontières internationalement reconnues du[Maroc] (Point 232), que "le Royaume du Maroc ne dispose d’aucun mandat, décerné par l’ONU ou par une autre instance internationale, pour l’administration de [Sahara occidental] "(le point 233), et que "la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara occidental n’est reconnue ni par l’Union et ses États membres ni, plus généralement, par l’ONU" (point de 241).

Il est remarquable qu'aucun de ces 5 pays ne reconnait les revendications du Maroc sur le Sahara Occidental - dernière colonie d'Afrique brutalement envahie par le Maroc en 1975. A ce jour, le Maroc continue d'occuper illégalement une grande partie du Sahara Occidental.

En particulier dans les cas de l'Allemagne et de la Belgique, il semble que la décision d'intervenir soit liée à des accords de réadmission signés récemment entre ces deux États et le Maroc. L'Allemagne et la Belgique ont réussi à trouver un accord avec les autorités marocaines pour renvoyer les Marocains résidant illégalement sur leur territoire national. Dans les deux cas, les médias marocains font un lien entre l'acceptation par le gouvernement marocain et les promesses de la Belgique et de l'Allemagne de soutenir la position marocaine dans les affaires judiciaires de l'UE au sujet du Sahara Occidental.

dimanche 8 mai 2016

Sahara occidental : la honte d'une Espagnole

par Rosa Montero, El Pais, 3/5/2016
Original: Vergüenza
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala 
Ils sont 125 000 et vivent depuis 40 ans dans des camps de réfugiés. La mort du Sahraoui Brahim Saika ravive une lutte oubliée.
Au fond du puits de notre oubli. C'est là que sont les Sahraouis. Je viens de lire que le 15 avril leBrahim Saika  syndicaliste sahraoui Brahim Saika, 32 ans, est mort dans un hôpital à Agadir (Maroc). Brahim avait été arrêté le 1er avril en sortant de son domicile pour participer à une manifestation pacifique. "Il a été emmené au poste de police de Guelmim, où il a été torturé pendant des heures", rapporte la délégation sahraouie en Espagne. Brahim a alors décidé de commencer une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements. Je suppose qu'ils l'ont laissé en très mauvais état, puisque seulement cinq jours plus tard, il était dans des conditions si graves qu'il a été transporté à l'hôpital. Jeune et fort, il est mort à une vitesse inhabituelle, et les autorités ont apparemment refusé de le faire autopsier. J'écris ces lignes quatre jours après son décès, et pour le moment la nouvelles n'est presque pas sortie dans les médias, à part quelques sites. J'imagine le pauvre Brahim recourant à la seule arme extrême de lutte dont il disposait, la mort par inanition, en espérant que ce dernier cri d'angoisse et de dénonciation serait finalement entendu. Mais même son agonie  n'a pas réussi à nous atteindre.