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samedi 16 janvier 2010

Le CCDH : mensonge,falsification et incompétence


Par El Wassouli Abdelkrim, pour la famille du disparu OMAR EL OUASSOULI, 16/1/2010

Le 14 janvier 2010, le CCDH, organisme officiel des autorités Marocaines a publié sur son site son rapport relatif au suivi des recommandations de l’ex IER. Or nous apprenons avec stupéfaction que le CCDH n’a fait que reproduire partiellement les résultats de l’ex IER que nous avons déjà dénoncée. Notre frère Omar EL OUASSOULI figure parmi les 9 cas non dont le sort demeure non élucidé tout en affirmant que l’ex IER a déterminé avec certitude que Omar était vivant et à l’étranger en 1994.
En effet, nous constatons que le CCDH n’a même pas pris la précaution de les dépouiller des mensonges fabriqués aux fins de masquer la vérité. Aussi, il apparait clairement que le Makhzen s’obstine à vouloir séquestrer la vérité dans ce dossier. Que cache t-il , le dossier du disparus politique, notre frère, Omar EL OUASSOULI ? Encore une fois nous tenons à informer l’opinion publique et les organisations des droits humains sur la réalité de ce dossier. C’est aussi avec détermination, nous nous adressons aux plus hautes autorités de l’Etat afin d’exprimer la volonté politique afin que la vérité puisse voir le jour.

Rappelons qu’Omar EL OUASSOULI est né en 1955 à Jorf, il a été nommé ingénieur à la Direction Provinciale d’Agriculture à Khénifra. Il sera arrêté et torturé dans un centre de détention à Rabat durant 27 jours avant d’être radié de la fonction publique. Il parvient à rejoindre la France en 1982 et il obtient le diplôme d’ingénieur d’état et ce avant d’obtenir un emploi dans un bureau d’étude ITECO à Agadir. Il disparait en février 1984.
Le 15 octobre 1998, le CCDU publie une liste de 112 disparus parmi lesquels Omarg figurait rcomme vivant à l’étranger sans que le CCDH ne puisse fournir aucune indication matérielle pour preuve.

Comme toutes les familles des autres disparus, c’est une lutte acharnée qui va se poursuivre.
L’Instance Equité et Réconciliation (IER) a été crée le 6 novembre 2003. C’est au mois d’avril 2004 que nous allons transmettre à l’IER le récit d’un témoin que nous venons recueillir. Ce témoin affirmait qu’il a passé toute une journée avec Omar à Errachidia.
Notre père décédera le 11 juin 2004 et certains membres de l’IER dont son président M. Benzekri se sont déplacé à Jorf. Ils ont rencontré le témoin en question qui aurait maintenu ses dires. Il était clair pour nous après évaluation et analyse de cette donnée que le témoin en question a été commandé par les services, mais lesquels ?
Nous leur avons aussi indiqué un autre témoin qui était à ce moment là absent et qui prétendait avoir vu Omar en Lybie. L’IER a par la suite pris contact avec lui par téléphone. Il avait confirmé ses dires. Or et c’est avec colère et stupéfaction que nous allons apprendre lors du rapport final de l’IER que ce témoignage a été falsifié et notamment l’année de cette prétendue rencontre. Or, il s’avère que les conclusions de l’ex IER et maintenant le CCDH sont basées sur cette date falsifiée. En effet, le témoin en question a été horrifié d’apprendre que son témoignage a été falsifié et il a attesté de sa main (voir en bas du document) que la date en question où il a rencontré Omar en Lybie est 1987 et la moitié des années 90 comme il était indiqué lors du rapport final.
Lors du même rapport final, nous apprenons qu’Omar a fait l’objet de plusieurs arrestations :
- le 18 mai 1986 par les services de sureté de Oujda, il leur a été remis par les services Algériens ; il a été libéré le 20 mai 1986 ;
- le 2 juin 1988 par les services de sûretés de Tétouan, il leur a été remis par les services Espagnols. Le rapport indique qu’il a été remis en liberté le juin 1988.
Or, depuis cette date il n’y a plus de trace d’Omar comme s’il était volatilisé !!!

Le fait même que M. Harzeni reproduise la falsification d’un témoignage nous indique une volonté délibérée d’escamoter la Vérité et nous le considérons comme un fait grave, très grave indigne d’une institution étatique. Avec un tel procédé, le CCDH devient une institution qui valide le mensonge et la falsification de témoignage. 
 Ce procédé nous conforte également dans l’idée que les autorités marocaines détiennent la vérité dans ce dossier et ils ne veulent pas nous la communiquer. Encore une fois, que cache ce dossier ?
En effet, nous constatons qu’aucun acte d’investigation qui aurait dû être effectué ne l’a été :
- réentendre le témoin qui affirmait avoir vu Omar en Lybie afin de s’assurer de la date exacte car notre famille les a alertés  de  l’inexactitude de la date contenu edans le rapport final de l’IER,
- recueil et analyse des procès verbaux d’extraditions et d’arrestation afin de déterminer les lieux de résidences en Algérie et en Espagne, les lieux fréquentés et les personnes côtoyés afin d’entrevoir d’autre pistes d’investigations.

Le CCDH a agi comme si la conclusion a été connue d’avance. Notre famille se pose la question du pourquoi et dans l’intérêt de qui ? Rappelons que malgré nos nombreuses sollicitations insistantes, nous n’avons pas pu prendre connaissance des éléments recueillis par l’IER et par le CCDH. En effet, nous n’avons cessé de demander de pouvoir accéder aux éléments qui ont permis à l’ex IER et au CCDH d’en tirer les conclusions étalées sur les colonnes des journaux et / sur la toile internet . Les refus ànos demandes sont des indications en soi.

Enfin, nous nous adressons aux plus hautes autorités de l’Etat afin que la lumière soit faite sur les disparus dont le sort demeure encore inconnu, à commencer par l’instruction par les autorités marocaines d’une investigation sérieuse et digne de ce nom.

Nous lançons aussi un appel à la coordination des disparus, à l'organisation des droits humains et au Forum Marocain Vérité et Justice d’œuvrer dans l’unité pour un règlement juste et équitable du dossier des violations graves des droits humains ,à commencer par l’élucidation du sort des disparus de tous les disparus.
Contact : France : elwassouli01@aliceadsl.fr (+33) 02 47 27 19 96
Maroc : elouassouli@yahoo.fr (+212) 06 69 51 50 08

Le prix Nobel alternatif Nicanor Perlas rentre dans la course à la présidence philippine


Bonne nouvelle pour la démocratie et pour les idées écologistes et humanistes : Nicanor Perlas, prix Nobel alternatif 2003, a été réintégré dans la liste officielle des 10 candidats à la présidentielle des Philippines.
par Frédéric Vanpoulle, pour le groupe francophone de soutien à Nicanor Perlas, 16/1/2010
La campagne internationale de protestation a certainement joué un rôle : 2060 citoyens d'une cinquantaine de pays avaient signé une pétition et interpellé la commission philippine.
Parmi eux, on pouvait voir des personnalités comme Chico Whitaker co-fondateur du forum social mondial, prix Nobel alternatif,2 autres prix Nobel alternatif, et José Bové. Bob Brown leader des verts australiens et " les Verts" ( France) avait publiés des communiqués. Cyberacteurs avait aussi relayé l'information et la campagne à laquelle 3324 d'entre vous ont participé
Nous invitons chacun à s'intéresser aux idées défendues par Nicanor Perlas : c'est vraiment une vision d'avenir mobilisatrice s'appuyant non-seulement par des actions politiques mais aussi par des actions et des coopérations dans les champs de la culture ( éducation, société civile) et de l'économie. Bien sûr les questions écologiques, de lutte contre la pauvreté et contre la corruption sont centrales dans une plateforme politique impressionnante pour un vrai développement humain et durable authentique. Les concepts de coopération tri-sectoriels et de tri-articulation sociale y sont présentés et y montrent leur potentiel
Les philippins auront ainsi un vrai choix pour prendre en main leur destin, en harmonie avec le reste de la planète. Des idées véritablement dignes du 21me siècle vont grandir et elles concernent le monde entier.

ps : merci à tout ceux qui ont participé à cette campagne, merci à tout ceux qui relaieront ces informations.


Non à la circulation libre de véhicules tout terrain en montagne !

Pétition contre la proposition de loi autorisant la libre circulation des véhicules
tout terrain en montagne et dans les espaces naturels
Par Pierre Frapa, Conseil scientifique, parc naturel régional du Luberon, réserve de biosphère, 13/1/2010
Le député UMP de Lozère, Saint-Léger, va essayer de faire passer en douce un projet de loi qui permettrait à TOUS LES VÉHICULES TOUT TERRAIN de circuler librement en zone de montagne. L´alerte est très sérieuse (voir le mél transféré en fin de message). Si cette proposition passe, on peut imaginer l´impact destructeur sur les milieux naturels et la faune de montagne

L´info ci-dessous extraite d´une veille de la Fédération des Parcs naturels régionaux me semble assez importante à diffuser. Je crains qu´elle ne passe un peu inaperçue. La proposition de loi pourrait être acceptée presque par inadvertance par des députés mal informés des conséquences. Il faut mobiliser là-dessus pour éviter le passage d´un texte ouvrant à terme toutes les voies, y compris les sentiers, à la circulation motorisée, ce qui est certainement le but visé. Sachez que le député Saint-Léger appartient aux groupes de travail « Chasse et territoires » et « Deux-roues motorisées et non motorisées ».

Réagissez à une proposition de modification de loi! « En territoire de montagne tel qu´il est défini par la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne, toute voie praticable par des véhicules homologués pour une circulation routière et adaptés à ses caractéristiques est considérée comme carrossable et ouverte à la circulation. »
en signant la pétition :

Pour en savoir plus:http://www.assemblee-nationale.fr
/13/propositions/pion1919.asp
www.parcduluberon.fr et www.pnrpaca.org

Amnesty International : Maroc et Sahara Occidental : Les promesses d'équité et de réconciliation doivent être tenues


Le rapport " Broken Promises: "The Equity and Reconciliation Commission and its Follow-up" est paru le jour du 4ème anniversaire du discours du roi Mohamed VI marquant la fin du travail de l'IER (Instance Equité et Réconciliation). 

Par Annie Delay, coordinatrice Maroc-Sahara Occidental, Amnesty International,6/1/2010

Dans un nouveau rapport rendu public ce mercredi 6 janvier 2010, à l’occasion du quatrième anniversaire du discours du roi Mohamed VI marquant la fin de la mission de l’Instance Équité et Réconciliation (IER), Amnesty International appelle le souverain à honorer les attentes suscitées par cette initiative novatrice. La création de l’IER par les autorités marocaines visait à clore le dossier des atteintes aux droits humains commises au cours de la période dite des « années de plomb » au Maroc et au Sahara occidental et à offrir à des milliers de victimes un recours utile.
En dépit des promesses, seules quelques vérités partielles concernant les atteintes aux droits humains commises dans le passé ont été révélées, la question de la justice n’a pas été abordée et les réformes juridiques et institutionnelles indispensables pour s’assurer que de telles violations ne se reproduiraient pas n’ont pas été mises en œuvre.
L’IER, qui avait pour mandat d’enquêter sur les disparitions forcées et mises en détention arbitraire qui se sont produites entre 1956 et 1999, a aidé à faire la lumière sur l’ampleur et la gravité des atteintes aux droits humains perpétrées dans le passé. Son rapport final, publié en janvier 2006, a reconnu la responsabilité des autorités marocaines dans les atteintes graves aux droits humains qui avaient été perpétrées, recommandé que des réparations soient accordées aux victimes et appelé les autorités marocaines à prendre de nouvelles mesures visant à garantir que de telles violations ne se reproduiraient plus. Le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) a été chargé par le roi d’assurer le suivi des travaux de l’IER. Amnesty International a salué la création et les travaux de l’IER. L’organisation a bénéficié d’un dialogue constructif avec l’IER et son mécanisme de suivi, espérant contribuer à leur travail par des recommandations inspirées du droit international relatif aux droits humains.
Dans un nouveau rapport intitulé Broken Promises : The Equity and Reconciliation Commission and its Follow-up, Amnesty International évalue le travail de l’IER et son suivi. L’organisation met en garde contre le fait que quatre années après la fin de la mission de l’IER, ses résultats risquent d’être compromis par l’absence de volonté politique. Aujourd’hui, il incombe aux autorités marocaines de tenir les promesses faites et de mettre en œuvre les principales recommandations émises par l’IER visant à garantir la non-répétition des atteintes aux droits humains perpétrées dans le passé.
Afin de ne pas remettre en cause les progrès accomplis depuis l’inauguration de l’IER par le roi Mohamed VI en janvier 2004, il est crucial que les autorités marocaines remédient aux insuffisances et aux lacunes du processus de réexamen du passé. Amnesty International considère qu’il ne saurait y avoir de réconciliation véritable tant que l’on n’aura pas rendu leur dignité aux victimes en leur fournissant une explication complète des raisons pour lesquelles elles sont devenues des victimes. Tant que les auteurs présumés des violences n’auront pas à rendre compte de leurs crimes devant la justice et que de réelles garanties visant à protéger la société contre la répétition de telles violations flagrantes des droits humains n’auront pas été données, parler d’une réelle volonté d’affronter le passé dans le but de construire un avenir meilleur semble vain.
L’IER a enquêté sur des centaines de disparitions forcées qui se sont produites au Maroc et au Sahara occidental principalement au milieu des années 60 et au début des années 90. L’IER aurait résolu 742 affaires. Les 66 dossiers restants ont fait l’objet d’une enquête par la CCDH qui a confirmé en avoir résolu une soixantaine. Toutefois, en dépit des promesses répétées, aucune liste des affaires résolues n’a été publiée à ce jour. Cet échec, regrettable en lui-même, est hautement symbolique des promesses non tenues de prendre des mesures concrètes visant à faire toute la lumière sur le passé.
En outre, de nombreuses familles de victimes de disparition forcée ont été déçues par les résultats des enquêtes et plus particulièrement par l’insuffisance des informations données sur le sort de leurs proches. Bien souvent, les renseignements communiqués aux familles à l’issue des investigations étaient les mêmes que ceux qu’elles avaient déjà ou étaient des renseignements qu’elles avaient elles-mêmes communiqués à l’IER ou au mécanisme de suivi. Cette absence d’informations s’explique en partie par le fait qu’aucune de ces deux institutions n’était habilitée à contraindre les représentants de l’État à collaborer dans le cadre de leurs investigations.
Une des principales lacunes de l’IER a été son incapacité à satisfaire le besoin de justice. L’identification des auteurs présumés d’atteintes aux droits humains ne faisait pas partie de son mandat et l’IER n’a même pas recommandé aux autorités marocaines de traduire en justice les auteurs présumés de violations graves des droits humains. Elle n’a pas non plus recommandé de mettre en place un mécanisme de contrôle afin de veiller à ce que les personnes pouvant raisonnablement être soupçonnées de violations des droits humains n’occupent pas de poste au sein des institutions étatiques – un point d’autant plus décevant que de hauts fonctionnaires marocains actuellement en fonction seraient responsables de violations graves des droits humains. Tant que les auteurs présumés de telles violations n’auront pas à rendre compte de leurs actes devant la justice, la culture de l’impunité continuera de prévaloir au Maroc et au Sahara occidental.
Un domaine dans lequel l’IER et son mécanisme de suivi ont ouvert la voie est celui des réparations pour les victimes d’atteintes aux droits humains. En plus d’une indemnisation financière, certaines victimes ont bénéficié d’un programme de réadaptation médicale, physique et psychologique et de réinsertion sociale. Néanmoins, le programme de réparation présente des lacunes et a fait l’objet de plaintes car il ne répond pas pleinement aux besoins des victimes. L’absence de tout mécanisme d’appel visant à permettre aux victimes de contester les décisions les concernant est particulièrement décevante étant donné que des inquiétudes subsistent concernant la transparence et l’équité du programme de réparation.
Un autre défaut majeur de l’IER est le traitement des victimes au Sahara occidental. En dépit du fait que la région a souffert et continue de souffrir de façon disproportionnée d’atteintes aux droits humains perpétrées par les autorités marocaines, le Sahara occidental a été exclu des réparations collectives établies pour les régions particulièrement affectées par la répression. De même, aucune audience publique permettant aux victimes d’évoquer leurs souffrances n’a été organisée au Sahara occidental contrairement à ce qui s’est passé dans six régions du Maroc où ces audiences ont eu lieu.
Malgré les discours incessants des autorités marocaines et de la CCDH sur la nécessité de la réforme et le lancement d’initiatives officielles visant à réformer le secteur de la justice, l’écrasante majorité des recommandations faites par l’IER en vue d’améliorer la structure juridique et institutionnelle qui a facilité la perpétration de telles atteintes aux droits humains n’ont pas été mises en œuvre. Cet échec à faire appliquer même des recommandations moins sensibles, telle que la ratification d’instruments internationaux complémentaires relatifs aux droits humains, révèle un manque de volonté politique de mettre en place des garanties efficaces pour la protection des droits humains et de changer la structure politique qui a permis que des violations des droits humains se produisent dans un climat d’impunité quasi totale.
Le fait que des violations des droits humains continuent de se produire aujourd’hui au Maroc et au Sahara occidental – bien qu’à une échelle moindre comparé à la période correspondant au mandat de l’IER – souligne combien il est important de tenir les promesses de l’IER et de mettre fin à la culture de l’impunité.
Amnesty International fait une série de recommandations dans son rapport, afin de consolider les avancées déjà réalisées dans le dossier des atteintes aux droits humains commises dans le passé et demande notamment :
à la CCDH :
de publier sans délai la liste de toutes les disparitions forcées signalées à l’IER ou à la CCDH. Cette liste devra contenir les noms des disparus, les circonstances de leur disparition, les informations rassemblées sur chaque personne et indiquer si le dossier a été transmis aux autorités pour une enquête approfondie ;
aux autorités marocaines :
de veiller à ce que des enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales soient menées sur toutes les atteintes aux droits humains commises entre 1956 et 1999. L’organisme chargé de l’enquête devra avoir le pouvoir d’obliger des témoins à comparaître, y compris les anciens fonctionnaires et les agents de l’État en poste, et disposer de pouvoirs d’assignation, de perquisition et de saisie ;
de poursuivre en justice sans plus de délai les auteurs présumés d’atteintes aux droits humains suivant les règles d’une procédure équitable et de mettre en place un système visant à empêcher toute personne pouvant raisonnablement être soupçonnée d’être l’auteur de crimes de droit international d’occuper un poste où elle serait susceptible de commettre à nouveau les mêmes faits ;
de mettre en place un mécanisme permettant aux victimes de violations des droits humains de faire appel lorsqu’elles ont le sentiment que leur demande de réparation n’a pas fait l’objet d’un examen adéquat et qu’elles veulent contester une décision ;

et de mettre en œuvre les recommandations de l’IER concernant la réforme du système judiciaire afin de garantir son indépendance en conformité avec les normes du droit international.
Si les autorités marocaines ne font pas preuve, sans délai, de volonté politique pour mettre en œuvre ces recommandations, le risque subsiste que le processus engagé il y a six ans avec l’inauguration de l’IER ne soit perçu comme un exercice de relations publiques, conçu pour améliorer l’image du Maroc et pacifier les esprits en offrant aux victimes une compensation financière et d’autres avantages.
Le rapport peut être consulté sur : http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE29/001/2010/en.

Maroc : la marche ouvrière contre l'arbitraire

Par Ali Fkir,16/1/2010
Depuis des semaines des dizaines d'ouvriers et d'ouvrières de la société SOPHACA (ci-dessous des informations sur SOPHACA et sur l'origine du conflit) sont en sit in illimité devant les locaux de la dite société, protestant ainsi contre les agissements arbitraires de celle-ci.
Le mercredi 13 janvier, et avec la participation de certains cadres nationaux de l'UMT, les victimes de l'arbitraire patronal ont organisé une marche du siège de la société à la préfecture de Sidi Maârouf. Rappelons que les différentes administrations concernées par ce type de conflit sont complices du patron.
Ces dizaines de prolétaires luttent dans des conditions difficiles
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE


- En date de : Jeu 3.12.09, Fkir Ali avait écrit :
Victimes de l'arbitraire du patron
Victimes de la complicité de l'État
Au Maroc, dans le "monde de travail", c'est l'arbitraire patronal qui prédomine dans les relations "sociales". La seule chose qui intéresse les patrons reste la maximisation du profit, la dite maximisation qui ne peut être atteinte que par l'extorsion effrénée de la plus-value. Par la surexploitation de la force de travail et avec la bénédiction de l'État qui n'est là que pour imposer "la paix sociale".
Les dizaines d'ouvriers et d'ouvrières de SOPHACA (Sidi Maârfouf, Casablanca), société de distribution des produits pharmaceutiques, sont aujourd'hui victimes de décisions arbitraires et d'agissements illégaux du capitaliste.
Pour poser leurs problèmes et discuter avec la direction de la société de leur situation catastrophiques (pas de SMIG dans plusieurs cas, non rémunération des heures supplémentaires, non déclaration à la CNSS, absence d'assurance contre les accidents de travail, remplacement illégal des "uséEs" par des "vierges"... ), les ouvriers et les ouvrières de SOPHOCA ont rejoint les 25/10/2009 le syndicat UMT, ont élu leur bureau selon la loi en vigueur. La réaction du patron ne s'est pas faite attendre. Allergique, comme la plus part des patrons marocains au syndicalisme, le patron refuse de discuter avec les représentants des salariés, multiplie ses actes répressifs.
Aujourd'hui des dizaines d'ouvriers et d'ouvrières sont en sit in légitime devant les locaux de la société. Les administrations de l'État auxquelles incombe la charge de l'application la législation de travail sont complices du patron, puisque elles ne font rien pour imposer au dit- patron le respect du code de travail malgré ses nombreuses tares.



ر البيضاء 08/12/2009
يان إضراب عمــــــــال صــوفاكا
تعمل شركة صوفاكا في توزيع الأدوية منذ سنة 1982 تفرع منها شركات أخرى : صوفا غرب بمكناس، صوفا سوس بأكادير الذي أستبدل إسمها التجاري ب: ديسترميد قبل نقلها إلى مدينة الدار البيضاء ثم رابيد فارم كذلك بالدار البيضاء. أجريت عملية ذمج الشركات الثلاث في أواخر شهر نونبر 2009.
يعمل حاليا بشركة صوفاكا حوالي 90 عملا في ظروف مزرية بأجور هزيلة وإمتيازات إجتماعية منعدمة أو غير كاملة إعتادت إدارة الشركة في تعاملها مع عمالهاعلى سياسة الاستعباد والتحقير معتمدتا على أسلوب الطرد التعسفي كأداة للرد على كل محاولة إحتجاج مستغلة في ذلك الظروف الإجتماعية الصعبة والإكراهات المادية للطبقة الكادحة .
في الاونة الأخيرة إستشعر مجموعة من العمال تفاقم ظاهرة الطرد التعسفي الممنهج الذي يستهدف بالخصوص العمال القدامى، فقاموا تحت إطار الإتحاد المغربي للشغل بتأسيس مكتب نقابي يمثل مصالحهم ويقوي مناعتهم للتصدي لشبح الطرد الذي كاد أن يشرد العديد من عائلات العمال. تجسدت هذه السياسة في مسؤولة إدارية لاتجيد سوى التعسق وإصطياد المبررات لطرد العمال المستظعفين بدون سند قانوني أو حتى سببب معقول . وهكذا تم تنظيم جمع عام يوم : 25/10/2009 أفرز تشكيل مكتب نقابي يظم خمسة أعضاء : وبعد إستيفاء الاجراءات القانونية وتسطير الملف المطلب الاولي قام أعضاء المكتب بإخبار الادارة وطلب موعد للحوار قصد مناقشة مشاكلهم وعلى رأسها مصير العمال المطرودين مأخرا. فرفضت الاعتراف بالحق النقابي لهؤلاء العمال وتنكرت لمكتبهم، ولم تحضر حتى لمواعيد الاجتماع التي دعت إليها الدائرة الثانية لمفتشية الشغل ومنذوبية التشغيل بعمالة مقاطعة الحي الحسني بتواريخ 09-12-16/2009 .
أمام التعنت المبكر للإدارة في إجراء حوار جدي ومسؤول مع التمثيلية النقابية للعمال إضطر أعضاء المكتب بعد جمع عام إلى الاعلان والدخول في إضراب مفتوح منذ 19/11/2009 بما يقارب 60 عامل وعاملة, لكن سجلنا إستمرار سياسة التماطل والتضليل والتيإيس إذ إستغلت الإدارة فترة عيد الأضحى و الإكراهات المادية للعمال وعدم تجربتهم في حقل النضال وغياب الوعي النقابي والسياسي لدى أغلبيتهم . والأكثر من هذا لم تصرف الإدارة رواتبهم المستحقة رغم الضغوطات التي قامت بها كل من مصالح الشغل والسلطات المعنية.
قامت الإدارة بمجموعة من المحاولات لتكسيير ونسف المعركة النضالية المشروعة للعمال بإعتماد أساليب الترهيب والتيإييس و حتى الترغيب:
- إستهداف كاتب التمثيلية النقابية ( المتابعة القضائية )
- تشغيل عمال جدد في فترة الإضراب
- استقدام عمال وإستعمال سيارات شركاتها الأخرى
- ترسيم عمال وتسوية وضعيتهم في فترة الإضراب
- صرف علاوات العمال المتواطئيين
- الإتصال الفردي ببعض المضربين لإغرائهم
- إستصدار حكم قضائي يلزمنا بعدم التجمهر والإعتصام أمام مقر الشركة ويهدد بتدخل السلطات العمومية في حالة عدم الإمتتثال له. ففي يوم 07/12/2009 تدخل جهاز البوليس عقب إشعار كاذب لمحاولة ترهيب المضربين وتهدديدهم بالإعتقال والمتابعات القضائية
إعلاميا: تم الإتصال بشركة دوزيم لتغطية الحدث (بدون رد ) في الصحافة المكتوبة نشرت خمس جرائد مقالات حول إضراب عمال شركة صوفاكا
ملفنا المطلبي يتضمن ثلاثة محاور أساسية هي :
- إرجاع كل المطرودين بدون قيد ولاشرف (48 في خلال سنة ونصف )
- تطبيق مدونة الشغل على الأقل فيما يخص : الحد الأدنى للاجور التغطية الصحية الكافية والتكميلية ( CIMR) ،ورقة العمل ورقة الأداء
- الاعتراف العملي بالحق والحرية النقابية تحت إطار الاتحاد المغربي للشغل
باسم العمال المضربين يتوجه المكتب النقابي بنداء إلى كافة القوى والهيئات والفعاليات المناضلة سواء كانت سياسية أو نقابية أو جمعوية أو مدنية إلى التضامن مع عمال شركة صوفاكا حتى تحقيق مطالبهم البسيطة والعادلة .
عن المكتب النقابي لعمال شركة صوفاكا



vendredi 15 janvier 2010

Le prix Goncourt de la poésie a été remis hierà Abdellatif Laâbi

Le prix Goncourt de la poésie remis hier à Abdellatif Laâbi
13 Janvier 2010
Récompense du poète au chant singulier

Par Mohammed Yefsah, 13/1/2010
C'est dans la discrétion que le prix Goncourt 2009 de la poésie a été remis officiellement, hier à Paris, au poète marocain Abdellatif Laâbi, figure prolifique de la littérature francophone moderne. L'Académie Goncourt l'a primé pour l'ensemble de son œuvre, riche d'une trentaine de publications. Cet auteur, l'un des importants de la génération post-indépendance marocaine, est aussi un romancier, dramaturge et traducteur.
Abdellatif Laâbi est né en 1942 à Fès, «ville-labyrinthe où les enfants se frottent à la vie, cimetières où l'on joue au football pieds nus pour ne pas abîmer ses chaussures» écrit-il, pour célébrer cet univers, source de sa poésie. Le fils de l'artisan-sellier, après une scolarité dans sa ville natale, s'envole vers Rabat la capitale, où il a suivi des études de lettres à l'Université Mohammed V. Il a ainsi participé à la création du Théâtre universitaire marocain, en 1963.

Durant cette époque d'effervescence culturelle et d'engagement intellectuel au Maghreb, Laâbi donne sens au combat de l'écrivain en créant en 1966 la revue Souffles, afin de porter la révolution esthétique et politique dans la Cité. Les membres fondateurs de cette revue, Mohamed Khaïr-Eddine et Mostafa Nissaboury entre-autres, promettaient ainsi une « guérilla linguistique », une sorte de "terrorisme" graphique qui consistait à renouveler les formes et l'esthétique de la littérature francophone maghrébine pour la débarrasser de ses alinéations.

Malheureusement, la revue allait disparaître suite à l'arrestation de ses membres par le régime de Hassan II. Condamné à dix ans de prison, Abdellatif Laâbi allait connaître les geôles du Maroc de 1972 à 1980. Cinq après sa libération, il quitte son pays natal, source de son inspiration dans sa poésie plurielle, en s'exilant en France pour rejoindre sa femme et ses enfants. A travers les « Chroniques de la citadelle d'exil », correspondance épistolaire du poète en prison, on découvre son expérience de l'enfermement, où il questionne le corps, l'humain, en tentant d'apporter son amour a ses proches.

«Les Fruits du corps», «Mon cher double», «Tribulations d'un rêveur attitré», «Poèmes périssables», «Le soleil se meurt», «Le Spleen de Casablanca», «L'Etreinte du monde» sont les quelques titres d'une vingtaine de recueils poétiques de l'auteur. La poésie de Laâbi est un mélange de révolte et de beauté esthétique. Son écriture est pleine de saveur et de splendeur qui expriment des choses banales de la vie auxquelles il donne un sens inattendu, une grandeur inaperçue, une couleur cachée. Sa poésie exprime aussi une forte énergie, un interminable souffle, un grand cri silencieux et une révolte pointée contre les injustices du monde.

Laâbi le romancier a publié une œuvre autobiographique, «Le Fond de la jarre», où il questionne le clair-obscur de l'individu, mais aussi « Le chemin des ordalies ». Son son récit le plus atypique est « L'OEil et la nuit », paru en 1969. L'auteur de la pièce théâtrale «Rimbaud et Shéhérazade» est par ailleurs un excellent traducteur qui a, notamment, traduit l'un des grands poètes contemporains arabes, le feu Mahmoud Darwich.

La maison d'éditions La Différence sort demain deux œuvres de cet auteur : le second tome des œuvres complètes, « Œuvre poétique II », et «Le livre imprévu», dans lequel Laâbi « revient sur ses pas pour s’interroger sur le parcours qui l’a mené de la médina de Fès où il est né et a grandi, à sa vie actuelle », annonce l'éditeur.

Le Goncourt de la poésie a récompensé un poète au chant singulier qui s'adresse toujours aux oreilles plurielles du monde.

Extrait:
Le règne de barbarie (1980)

Cri du rossignol des poètes imbéciles 
cri de la rage clignotante d’aérolithes sarclés
cri de la tripe à l’orée des abattoirs 
cri du gâchis séculaire intimant l’Arrêt
cri des concentrations boulimie de l’argent
cri des trésors miraculés suspendus aux sorciers
cri charlatanerie docte à la suite du pouvoir
cri salué des flancs du génocide
cri médiéval lumière des époques obscures
cri je patine sur les rails du chaos
cri le vent s’arrêtera changé criquets à la gesticulation
cri tassé à la lie de la mémoire devenue organe
cri de Continent le tam-tam nous couvre des voix
cri gosier tu ne contiens que la plus dérisoire de mes détonations
cri je suis plus qu’homme quelque chose quelqu’un en tragique expansion
cri coulée mienne incandescente
cri je noierai cette planète d’une poésie asphyxiante
marteau-piqueur gaz bruts que je réserve
cri je sais parler mais pas aux puissants
cri o b j e c t e u r
cri la trahison de l’ami du déporte-parole
cri les dégueulades tournées du marasme
cri la bile renvoyée en quadrilatères hissés
cri prostitution du musicien singe à se tordre
cri la morgue philosophale criticaillante
nous enterrant en notre nom vivants
cri qu’on foute la paix aux salauds que nous sommes
cri Assez

impudique chanteuse Vieille hétaïre Nous scalpant dans le sang fébrile Nous embobinant Nous lâchant fétu et paille à la fraternité du délire sensitif D’un lyrisme que nous pétons mutations de toutes facultés Nous tapant sur les cuisses et les dos mutuels Ronronnant l’imbécile refrain de la fraternité d’exclusion Chante Oum Kalthoum ta voix nous pourfend et nous fait rire au summum de la jouissance

fossile carnivore Sœur du mammouth surpris Mais incalculable
f o r c e

Site officiel de l'auteur:
http://www.laabi.net

25 ONG sahraouies s'adressent à l'Union Européenne.

Modifiez la politique de la pêche


Alors que l’UE révise actuellement sa politique de la pêche, 25 ONG Sahraouies recommandent à l’UE de mettre la pêche en accord avec le droit international, en stoppant ses activités de pêche au Sahara Occidental occupé. Les organisations représentent la grande majorité des groupes de la société civile sahraouie, dans les territoires occupés du Sahara Occidental et dans les campements de réfugiés du sud-ouest algérien.
Mis à jour le: 12.01 - 2010
Les navires battant pavillon des États membres de l’UE pêchent actuellement illégalement dans les eaux du Sahara Occidental, en vertu de permis émis en application de l’Accord de Pêche UE-Maroc. En décembre 2008, l’ancien conseil juridique de l’ONU, Hans Corell, a confirmé que cet accord de pêche est illégal.
Dans leurs propositions à la Commission européenne le 30 décembre 2009, les vingt-cinq ONG, représentant pratiquement toute la société civile des territoires occupés du Sahara Occidental, ont fait les quatre propositions suivantes :
1) Aucun accord de pêche ne doit être signé avec une puissance occupante pour de la pêche en territoires occupés, au mépris des vœux et intérêts des peuples du territoire.
2) Aucun accord de pêche ne doit être conclu avec des pays étrangers, couvrant les territoires maritimes sur lesquels ils n’ont pas posé de revendication maritime.
3) Si des accords sont conclus dans lesquels les ressources halieutiques d’un territoire illégalement occupé ou d’un territoire Non Autonome sont en danger d’être exploitées en violation du droit international, toutes les mesures doivent être prises pour prévenir une telle éventualité. Ceci doit donner lieu à une étude déterminant si les activités respectent les vœux et intérêts du peuple du territoire. Une stratégie claire et transparente doit être présentée pour s’assurer que le peuple d’un tel territoire est réellement consulté et qu’il a donné son consentement au processus.
4) Plus précisément, dans tous les futurs Accords entre l’UE et le Maroc, nous vous demandons que les eaux du Sahara Occidental soient clairement et explicitement exclues.
La limite pour les contributions à la Commission Européenne pour la réforme de la politique commune de la pêche européenne était le 31 décembre 2009.

La lettre des 25 organisations sahraouies – et les autres recommandations à la politique européenne de la pêche – peuvent être téléchargées ici :

jeudi 14 janvier 2010

A BRUXELLES : UN MONUMENT « PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE


2010: IL EST TEMPS QUE LA BELGIQUE RECONNAISSE SES RESPONSABILITES HISTORIQUES ! EXCUSES ET REPARATIONS DE LA BELGIQUE POUR LE PEUPLE CONGOLAIS

A BRUXELLES : UN MONUMENT « PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, le COLLECTIF MEMOIRES COLONIALES et le CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde) appellent à la relecture des faits historiques relatifs à l’époque coloniale visant une reconnaissance, à travers des excuses et des réparations, des crimes coloniaux commis par la Belgique à l'égard du peuple congolais.

CETTE ANNÉE 2010 OFFRE À LA BELGIQUE L’OPPORTUNITÉ DE RECONNAITRE ENFIN SES RESPONSABILITES HISTORIQUES RELATIVES A LA COLONISATION DU CONGO.

L’histoire coloniale et le rapport entre la Belgique et la République démocratique du Congo demeure tributaire de stéréotypes, de préjugés et d’assertions tronquées héritées d’une historiographie coloniale et post-coloniale complaisante à l’égard de Léopold II, des agents de la colonisation, des gros industriels et des financiers ayant tiré et tirant encore maintenant profit de l’exploitation du pays.
NOUS SOUHAITONS QUE CETTE COMMEMORATION DÉBOUCHE SUR UNE ANALYSE CRITIQUE ET LUCIDE DES FAITS COLONIAUX ET SUR DES ACTES FORTS, DEBARRASSES DU RACISME, DU PATERNALISME, DU COLONIALISME ET DU NÉO-COLONIALISME.

NOUS PROPOSONS :

- A LA DATE DU 30 JUIN 2010, L'INAUGURATION A BRUXELLES D'UN MONUMENT «  PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE. Lumumba est un des symboles de la libération coloniale pour les Congolais et plus largement pour l'ensemble des peuples colonisés. Il est aussi le symbole de la lutte contre l’ingérence politique des pays occidentaux en Afrique, et plus particulièrement de la Belgique au Congo. Élu chef du gouvernement en 1960, Lumumba fut assassiné le 17 janvier 1961.

- DES EXCUSES ET DES REPARATIONS DE LA BELGIQUE AU PEUPLE CONGOLAIS, NOTAMMENT PAR LA MISE EN PLACE IMMEDIATE DE LA FONDATION PATRICE LUMUMBA EN TENANT COMPTE DES ARRIERES POUR LA CONSTITUTION DU FONDS. La commission parlementaire belge de 2001 a reconnu le rôle que le gouvernement et le roi belges ont joué dans l'assassinat de Lumumba. Dès lors, selon les recommandations de la commission, le gouvernement belge s'était engagé à financer une Fondation Patrice Lumumba à hauteur de 3,750 millions d'euros complétés par une dotation annuelle de minimum 500.000 euros dans le but d'aider au développement démocratique au Congo. Le gouvernement belge n'ayant toujours pas tenu son engagement, la fondation devrait aujourd'hui détenir une enveloppe d'au moins 4 millions d'euros.

- L'ANNULATION IMMEDIATE ET SANS CONDITION DE LA DETTE EXTERIEURE DU CONGO Malgré les effets d'annonce concernant l'aide au développement et de supposés effacements de dette, le service de la dette du Congo pour la seule année 2009 s'élève à 142 millions de dollars, privant ainsi les Congolais de ressources vitales pour la paix et le développement.

- L'ARRET DU PILLAGE DES RESSOURCES NATURELLES PAR LES MULTINATIONALES BELGES ET INTERNATIONALES. En 2008, l’Etat congolais touchait 5% des recettes tirées de l’exploitation minière et le budget 2009 s’élève à seulement 5 milliards de dollars alors que rien qu’avec ses réserves de cuivres, la République démocratique du Congo est au 2ème rang mondial. L’exploitation des minerais est profitable aux investisseurs étrangers en raison du Code minier adopté en 2002 sous la pression des institutions financières internationales. L'ONU dans un rapport sur le Kivu dénonce le rôle criminel des entreprises comme, la belge Traxys, qui exportent les minerais de cette région ainsi que celui des grandes banques européennes comme ING, KBC, ABN Amro.

- L'OUVERTURE DE L'INTEGRALITE DES ARCHIVES COLONIALES, à savoir celles de l'administration coloniale, de la Force publique, de la Sûreté congolaise, du Ministère des Colonies,notamment.
Ces archives doivent faire l'objet d'un recensement et être accessibles tant aux historiens qu'au public.
Le collectif propose que la gestion de ces archives soit assurée par un comité d'historiens

Le collectif Mémoires Coloniales et le CADTM

RENDEZ-VOUS:

- Le 17 janvier 2010 à Ostende pour un hommage à Patrice Lumumba, suivi d'une promenade anticoloniale guidée par Lucas Catherine

- Le 30 juin 2010 pour l'inauguration d'une statue de Lumumba et d'autres évènements anticoloniaux !

Infos: pauline@cadtm.org

mercredi 13 janvier 2010

Racisme en Italie : Mais que fait l’Europe ?

Par Gilles Devers, 11 /1/ 2010

L'Espagne inaugure la première présidence tournante de l'UE post-Lisbonne.
Des immigrés se font tirer de dessus, le gouvernement italien s’en contrefiche, et que font les dirigeants européens ? Ils se la ferment ! Quelle bande de nazes ! C’est pas possible cette histoire.
Que s’est-il passé à Rosarno, petite ville de Calabre ? On ne sait pas exactement, mais on a tout compris. Le racisme le plus abject et le plus violent, en toute tranquillité. Dans une région dominée par la mafia, on a tiré sur des hommes, parce qu’ils sont africains, et qu’on ne veut pas les payer pour le travail qu’ils ont fait. Et pendant ce temps, les Européens enfilent des perles.
Kamal, un Marocain résume au journal La Repubblica : « Ces types nous tiraient dessus comme s'ils étaient à la fête foraine, et ils riaient. Je hurlais, d'autres voitures sont passées mais personne ne s'est arrêté, personne n'a appelé la police ».

Là-bas, c’est la plaine de Gioa Tauro, l’un des paradis des mandarines et des oranges. On y compte 1200 entreprises agricoles, et chaque année, quelques milliers de travailleurs immigrés y débarquent, essentiellement d’Afrique, pour la récolte qui s’étale entre décembre et mars. Ces travailleurs vivent dans la misère la plus absolue, hébergés dans des usines désaffectées ou d’anciens silos, sans eau, ni électricité, ni sanitaires. Le salaire ? 25 euros pour des journées de dix à quatorze heures, et la mafia du coin, la ’Ndrangheta, qui contrôle le marché des agrumes, envoie ses sbires pour piquer 5 euros au passage.
Ca dure depuis des années, et ça nous permet de trouver les belles mandarines sur les marchés pour Noël. De ce que je lis, tout ceci est parfaitement connu : sur 20 000 ouvriers agricoles saisonniers employés en 2008, seuls 6 400 étaient légalement autorisés.
Cette année, c’était trop. Trop dur, trop misérable, trop de retard dans les salaires. Les boss locaux ont joué la provoc’ à fond, pour amener un début de protestation, et les marlous de la mafia ont lâchés leurs bandes de racistes.
Aujourd'hui, ces travailleurs s’enfuient comme ils peuvent, cherchant à sauver leur peau. D’autres sont évacués comme des réfugiés, et d’autres doivent rester, car ils n’ont rien et n’ont pas été payés. Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés en Italie, explique : « Ils ont peur. A Rosarno, ils ne se sentent plus en sécurité mais ils sont nombreux à ne pas avoir reçu leur paie. Or, cet argent, ils en ont un besoin désespéré. »
Roberto Maroni, le ministre de l’Intérieur, issu du parti extrémiste La Ligue du Nord, ne fera rien, se complaisant à constater « le signe d’une trop grande tolérance envers les clandestins ». Le gouvernement d’une économie pourrie par la mafia, et qui voit ses travailleurs immigrés lynchés, a d’autres préoccupations. Il faut vraiment que la Gauche italienne soit indécrottable pour le Berlusconi Circus reste aux affaires. Donc, rien de viendra des autorités italiennes.
Alors, il faut très clairement se tourner vers les dirigeants européens pour leur poser cette question simple : Vous attendez quoi pour vous secouer la couenne ?
Ce sont les droits de l’homme qui sont en jeu, fondamentalement. Il est impossible d’accepter que des actes de cette gravité, criminelle, restent sans suite, à part l’enquête bidon que fera semblant de conduire Maroni. Les Européens doivent exiger une enquête approfondie, et sur tous les aspects de cette affaire. Ils doivent envoyer dès demain leurs agents sur place pour voir comment vivent ces travailleurs, vérifier quel est leur état de santé, obtenir le juste paiement de leur travail, et enquêter sur le rôle de la police.
L’Europe a maintenant trois présidents : notre ami Van Rompuy, fraîchement installé qui a là une magnifique occasion pour imposer son autorité, Zapatero du fait de la présidence espagnole et Barroso, pour la commission. Alors, c'est très simple : on les colle tous les trois dans un avion et ils sont demain à Rosarno.
Je sais bien qu’ils ne feront rien. Eh bien, ils souscrivent à l’injustice, ils tolèrent le crime, et ils ridiculisent l’Europe à la face du monde.
Le seul qu’on ait entendu, c’est le Pape. Oh, le Pape, t’es mon pote...


Une réserve d’obscurité en République Tchèque

Par Pascal Farcy,7/1/2010


C’est suffisamment rare pour être mentionné : une nouvelle réserve d’obscurité vient d’être créée. Située à Jizerske hory, en République Tchèque à proximité de la frontière avec la Pologne, cette zone d’environ 75 km2 voit l’obscurité régner en maître dès la nuit tombée. Aucune source lumineuse ne troublant la quiétude des lieux, il est ainsi possible d’y observer des milliers d’étoiles à l’œil nu, quand, en ville, on doit se contenter de quelques dizaines !


Pollution lumineuse planétaire ...
De tels lieux, où la pollution lumineuse n’a pas droit de cité, sont de plus en plus rares. C’est ainsi qu’on en vient à les protéger, à l’instar d’espaces naturels sensibles pour leur faune ou leur flore. Au niveau mondial, seuls une dizaine de ces lieux sont protégés (Canada, Etats-Unis, Italie et Slovénie).
Outre le gaspillage énergétique qu’elle illustre, rappelons que la pollution lumineuse a des impacts multiples, tant sur la faune que la flore, sans oublier l’homme. Les espèces animales les plus touchées seraient les oiseaux migrateurs (troubles de l’orientation, collisions, etc.), tandis que le phénomène de la photosynthèse serait perturbé chez les végétaux les plus exposés. Pour l’homme, la pathologie la plus fréquente tient à des troubles du sommeil.
Source images et montage © NASA
NDLR SOLIDMAR: Le Maroc, quant à lui, bat les records mondiaux de zones d'osbscurité...makhzénienne

mardi 12 janvier 2010

Hugo Chávez à Copenhague :Le socialisme est la voie de salut pour la planète

Informer n'est pas une liberté pour la presse, mais un devoir


Copenhague : Discours de Hugo Chávez en français et vidéos sous-titrées VF,19/12/2009

Discours prononcé par Hugo Chávez Frias, président de la République bolivarienne du Venezuela, au Sommet des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague, le 16 décembre 2009
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, chers amis,
Je vous promets de ne pas parler plus longuement que celui qui a parlé le plus ici, cet après-midi.
Permettez-moi un premier commentaire, que j’aurais voulu aborder avec le point précédent, traité par les délégations du Brésil, de Chine, de l’Inde et de la Bolivie. Depuis notre place, nous avons demandé la parole, mais il ne nous a pas été possible de la prendre.
La représentante de Bolivie a dit –j’en profite pour saluer le camarade président Evo Morales, ici présent (Applaudissements), président de la République de Bolivie-, elle a dit entre autres choses ce qui suit –je l’ai noté sur ce papier : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».
A peine suis-je arrivé que nous avons entendu la présidente de la séance précédente, la ministre, dire qu’il y avait un document, mais personne ne le connaît. J’ai réclamé le document, mais il ne nous est pas encore parvenu. Je crois que personne ne sait au juste ce que c’est que ce document, il doit être « top secret ». La camarade bolivienne n’avait donc pas tort de dire : « Il n‘est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».
Mais, Mesdames et Messieurs, ceci n’est-il pas justement à l’image de la réalité du monde ? Vivons-nous dans un monde démocratique ? Le système mondial se base-t-il sur l’inclusion ? Y a-t-il une once de démocratie ou d’inclusion à attendre du système mondial actuel ? Cette planète est régie par une dictature impériale, et depuis cette tribune, nous continuons de le dénoncer. A bas la dictature impériale, et vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (Applaudissements)
L’exclusion que nous constatons ici en est le reflet. Il existe un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous, ceux du Sud, à nous, ceux du tiers monde, à nous, les sous-développés, ou, comme le dit le grand ami Eduardo Galeano : nous, les pays écrasés par l’histoire qui nous est passée dessus comme un train.
Il n’y a donc vraiment pas lieu de s’en étonner : il n’y a pas de démocratie dans ce monde, et nous sommes confrontés ici, une fois de plus, à une preuve évidente de l’existence de la dictature impériale mondiale.
Deux jeunes gens ont fait irruption ici, bien heureusement les forces de l’ordre se sont comportées correctement, il n’y a eu qu’une petite bousculade, et ils se sont montrés coopératifs, si j’ai bien compris…
Mais dehors, vous savez, il y a beaucoup de monde. Bien sûr, ils ne tiennent pas tous dans cette salle. J’ai lu dans la presse que quelques personnes ont été arrêtées, qu’il y a eu des manifestations intenses dans les rues de Copenhague, et je tiens à saluer tous ces gens qui sont dehors, des jeunes pour la plupart (Applaudissements). Ce sont des jeunes qui s’inquiètent, et avec raison, beaucoup plus que nous de l’avenir du monde. La plupart d’entre nous qui sommes dans cette salle ont le soleil dans le dos, alors qu’eux le reçoivent en pleine figure, et ils s’en inquiètent sérieusement.
On pourrait dire, Monsieur le Président, qu’un spectre hante Copenhague, pour paraphraser Karl Marx, le grand Karl Marx. Un spectre hante les rues de Copenhague, et je crois qu’il hante cette salle en silence, il est là, parmi nous, il se glisse dans les couloirs, monte, descend. Ce spectre est un spectre qui épouvante tellement que presque personne n’ose même le nommer. Ce spectre, c’est le capitalisme ! (Applaudissements) Presque personne n’ose le nommer, mais il s’appelle capitalisme, et les peuples grondent dehors, entendez-les !
Je lisais certains des slogans que les jeunes scandaient dans les rues, et je crois en avoir entendu de nouveau quelques-uns quand ces deux jeunes gens ont fait irruption ici. J’en cite un : « Ne changez pas le climat, changez le système. » (Applaudissements). Je le reprends à notre compte : Ne changeons pas le climat, changeons de système, et c’est ainsi que nous pourrons commencer à sauver la planète. Le capitalisme, ce modèle de développement destructeur, est en train d’en finir avec la vie, il menace de détruire définitivement l’espèce humaine.
Un autre slogan donne à réfléchir, parce qu’il est tout à fait d’actualité, avec cette crise bancaire qui a ébranlé le monde et qui continue de le secouer, et la manière dont le Nord riche a volé au secours des banquiers et des grandes banques. Les Etats-Unis à eux seuls… Le montant de la somme qu’ils ont versée pour sauver les banques est astronomique, on s’y perd… Voilà ce qu’on dit dans la rue : « Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. » Et je crois que c’est vrai (Applaudissements). Si le climat avait été une banque capitaliste, une des plus grandes, il y a belle lurette que les gouvernements riches l’auraient sauvé.
Je crois qu’Obama n’est pas arrivé. Il a reçu le prix Nobel de la Paix pratiquement le même jour où il envoyait 30 000 soldats de plus tuer des innocents en Afghanistan, et le président des Etats-Unis va se présenter ici auréolé du prix Nobel de la Paix.
Les Etats-Unis détiennent la planche à billets, la machine à faire des dollars. C’est ainsi qu’ils ont sauvé, ou du moins croient avoir sauvé, les banques et le système capitaliste.
Bien, ceci était un commentaire en marge. Je voulais le faire avant, je levais la main pour pouvoir accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, la Chine, soutenir leur position intéressante et dire que le Venezuela et les pays de l’Alliance bolivarienne la partagent totalement, mais la parole ne m’a pas été donnée. Je vous demande seulement de ne pas compter ces minutes, M. le Président, ce n’était qu’une petite mise au point. (Applaudissements)
Figurez-vous que j’ai eu le plaisir de rencontrer ici cet écrivain français, Hervé Kempf. Je vous recommande vivement ce livre, il existe en espagnol -Hervé est par ici-, en français bien sûr et en anglais sûrement : Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf. Voilà pourquoi le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au Royaume des Cieux. » C’est ce qu’a dit le Christ, Notre Seigneur. (Applaudissements)
Les riches détruisent la planète. Ils veulent peut-être aller s’installer dans une autre quand ils auront fini de détruire celle-ci. Peut-être caressent-ils ce projet. Mais pour le moment, on n’en voit pas d’autre à l’horizon de la galaxie.
J’ai feuilleté ce livre dès qu’il m’est parvenu - c’est Ignacio Ramonet, lui aussi présent dans cette salle, qui me l’a offert - et je retiens du prologue ou du préambule cette phrase, significative. Voilà ce qu’écrit Kempf : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation de biens matériels à l’échelle mondiale si nous ne faisons pas en sorte que les puissants diminuent la leur de plusieurs crans, et si nous ne combattons pas l’inégalité. Il est nécessaire d’adjoindre au principe écologiste, si utile à l’heure de la prise de conscience –penser globalement et agir localement–, un autre principe qu’impose la situation : consommer moins et distribuer mieux. » C’est là un bon conseil que nous donne l’écrivain français Hervé Kempf.
Monsieur le Président, le changement climatique est sans aucun doute le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : inondations, sécheresses, tempêtes sévères, ouragans, dégel ; montée du niveau moyen de la mer, acidification des océans, vagues de chaleur… Tous ceci aggrave l’impact des crises mondiales qui s’abattent sur nous.
L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, seven, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. Voilà pourquoi je m’étonne : il me paraît bizarre de solliciter ici la Chine et les Etats-Unis dans les mêmes termes. Les Etats-Unis comptent peut-être 300 millions d’habitants, et la Chine, cinq fois plus. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, et la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions. On ne peut pas demander la même chose aux Etats-Unis et à la Chine. Voilà un sujet qui mérite discussion. Espérons que les chefs d’Etat et de gouvernement pourront s’asseoir ensemble et discuter ces questions pour de bon, cartes sur table.
En outre, Monsieur le Président, 60% des écosystèmes de la planète sont endommagés, et 20% de l’écorce terrestre est dégradée. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la conversion de terres, de la désertification, des altérations des systèmes d’eau douce, de la surexploitation des ressources marines, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. La surexploitation de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité d’autorégulation, elle est en train de la perdre. Nous produisons chaque jour bien plus de déchets que nous ne sommes capables d’en traiter. La survie de notre espèce est une question qui hante la conscience de l’humanité.
Malgré l’urgence, deux années de négociations se sont écoulées pour élaborer une seconde série d’engagements sous le Protocole de Kyoto, et nous participons à cette réunion sans être parvenus à un accord réel et significatif.
Soit dit en passant, sur ce texte surgi du néant - c’est ce qu’ont dit certains, dont le représentant chinois - le Venezuela annonce, les pays de l’ALBA, de l’Alliance bolivarienne annoncent que nous n’accepterons pas, qu’on le sache déjà, d’autre texte que celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention. Ce sont des textes légitimes qui ont donné lieu ces dernières années et ces dernières heures à des débats intenses. Je crois que vous n’avez pas dormi. Vous n’avez ni déjeuné ni dormi, c’est bien cela ? Il ne semble pas logique, dans ces conditions, qu’un texte surgisse du néant, comme vous le dites.
Aujourd’hui, en ce moment même et jusqu’à présent, de toute évidence l’objectif scientifiquement établi de réduire les émissions de gaz polluants et de parvenir à un accord de coopération à long terme semble avoir échoué. Quelle en est la raison ? Il ne fait aucun doute que la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète. Que personne ne se sente blessée. Je ne fais que reprendre les propos du grand José Gervasio Artigas quand il affirmait : « Avec la vérité, je n’offense ni ne crains personne » ; mais il s’agit vraiment d’une attitude irresponsable, caractérisée par ses tergiversations, son exclusion, sa manipulation élitiste d’un problème qui nous incombe à tous et que nous ne pourrons résoudre que tous ensemble.
Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches, révèlent un manque de sensibilité et de solidarité flagrant envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies et aux désastres naturels.
M. le Président : il est indispensable de parvenir à un nouvel et seul accord applicable à des parties absolument inégales, par l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques, et basé sur le strict respect des principes énoncés dans la Convention.
Les pays développés devraient contracter des engagements contraignants, clairs et concrets de réduction de leurs émissions, et assumer des obligations d’assistance financière et technologique aux pays pauvres, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. A cet égard, la situation particulière des Etats insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.
M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.
Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale –je dis bien 40% de la population de la planète !– se partagent seulement 5% du revenu mondial.
Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.
En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.
Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute –je reviens sur cette question– de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.
J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».
Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.
Jean-Jacques Rousseau –il est bon de s’en souvenir– signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».
Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.
Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).
M. le Président : Leonardo Boff se demande –vous avez connu Leonardo Boff ? J’ignore si Leonardo a pu faire le voyage. J’ai fait sa connaissance au Paraguay ; je l’ai toujours beaucoup lu– : « Une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? ». La thèse du capitalisme du développement infini est un modèle destructeur. C’est un état de fait et nous devons l’accepter.
Et Boff de nous demander : « Que pouvons-nous attendre de Copenhague ? » A peine ce simple aveu : nous ne pouvons plus continuer ainsi, et un objectif simple : nous allons changer de cap ? Faisons-le, mais sans cynisme, sans mensonges, sans doubles agendas, sans documents issus du néant, et avec la vérité comme valeur ultime.
M. le Président, Mesdames et Messieurs, depuis le Venezuela nous demandons jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et de telles inégalités ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le VIH/sida déciment des populations entières ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés soient privés de la possibilité de se nourrir et de nourrir leurs enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies curables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’être innocents à seule fin que les puissants puissent s’approprier les ressources d’autres peuples ?
Que cessent les agressions et les guerres ! C’est que nous, les peuples du monde, demandons aux empires, à ceux qui prétendent continuer de dominer le monde et à nous exploiter. Nous ne voulons plus de bases militaires impériales ni de coups d’Etat ! Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !
M. le Président, il y a près de deux siècles, un Vénézuélien universel, libérateur de nations et précurseur de consciences, légua à la postérité cet apophtegme, chargé de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous la forcerons à nous obéir ». C’était Simon Bolivar, le Libertador.
Depuis le Venezuela bolivarien où, un jour comme aujourd’hui… à propos, il y a exactement dix ans que nous avons vécu la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie dite de Vargas ; depuis ce Venezuela dont la révolution tente de conquérir la justice pour tout son peuple, uniquement possible à travers la voie du socialisme… Le socialisme, cet autre spectre dont parlait Karl Marx, se promène aussi par là-bas ; mais il s’agit plutôt d’un « contre-spectre ». Le socialisme est la voie à suivre, c’est la seule voie qui permettra de sauver la planète, je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Et le capitalisme est le chemin de l’enfer, le chemin qui mènera à la destruction du monde.
Le socialisme, depuis ce même Venezuela qui, pour cette même raison, est en butte aux menaces de l’empire nord-américain, depuis les pays qui forment l’ALBA, l’Alliance bolivarienne, nous lançons notre exhortation. J’aimerais, avec tout le respect que je vous dois et du plus profond de mon âme, au nom de beaucoup sur cette planète, exhorter les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simon Bolivar, le Libertador : Si la nature destructrice du capitalisme s’oppose, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité.
L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme s’oppose, nous sommes dans l’obligation de livrer la bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du véritable et plus profond humanisme. Si nous ne le faisons pas, la plus merveilleuse création de l’univers, l’être humain, disparaîtra, elle disparaîtra !
Cette planète à des milliards d’années, et elle a vécu pendant des milliards d’années sans nous, l’espèce humaine. Autrement dit, elle n’a pas besoin de nous pour exister. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans la Terre, et nous sommes en train de détruire la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.

Pour conclure, M. le président, écoutons Fidel Castro lorsqu’il a dit : « Une espèce est en voie d’extinction : l’Homme ». Ecoutons Rosa Luxembourg lorsqu’elle a lancé : « Socialisme ou barbarie ». Ecoutons le Christ rédempteur lorsqu’il dit : « Bienvenus les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient ».
M. le Président, Mesdames et Messieurs, soyons capables de faire de cette Terre non pas la tombe de l’humanité ; faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.
M. le président, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup et bon appétit (Applaudissements)

Source Granma
Vidéos du discours de Chávez sous titré en français
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Seconde partie

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