Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est CCDH. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CCDH. Afficher tous les articles

dimanche 8 mars 2015

Mémoire : mort sous la torture en septembre 1971 au centre de derb Moulay cherif

Pour la mémoire et contre l’oubli
 OULHOUS MANOUZI Belkacem,plus connu sous le nom de Moujahid mort sous la torture en septembre 1971 au centre de derb Moulay cherif.
Né en 1942 à Ait Lahcen Ouali, (Tribu d’Amanouz ) province de Tiznit, marié et père d’une fille. Mr Moujahid MANOUZI BELKACEM a commencé ses premières études à l’école coranique du village.
Il a rejoint la ville de Casablanca au milieu des années 50, il a travaillé dans le commerce.
Il était membre des scouts Marocains et militant de l’Union nationale des forces populaires. Très actif au mouvement de la jeunesse Ittihadi, il a participé à différentes manifestations populaires contre la cherté de la vie et pour un Maroc moderne et démocratique.
Il a été enlevé début septembre 1970 en compagnie de 18 membres de sa famille EL MANOUZI et détenu au centre secret de Derb Moulay chérif, il a subi les pires services et il succombé a la Torture.
Les responsables de Derb Moulay Cherif à cette époque sont OUFKIR, DLIMI, Yousfi KADDOUR, et le commissaire abdelmalek HAMIANI. Et Bennani smires
Le certificat de décès présenté au tribunal de Marrakech en été 1971 ,déclare sa mort de cause naturelle !!!!!
Depuis la disparition de MOUJAHID Kacem, sa femme est décédée, de chagrin et de longue souffrance. Sa fille est restée orpheline.
A ce jour, la vérité n’a pas été dite par l’IER ni le CCDH sur les circonstances et les responsables de sa mort. A ce jour son corps n’a pas été identifié, ni son lieu d’enterrement localisé.



vendredi 28 novembre 2014

Maroc : Les espoirs de réconciliation minés par les mensonges sur les disparitions des années de plomb

par Mehdi Bennouna*, Yabiladi, 12/11/2014
Le 14 septembre 2006, le journal Libération annonçait en première page : « les tombes de Bennouna et Alaoui localisées » (1). Le 23 septembre, une exhumation médiatisée des dépouilles est effectuée pour procéder à un prélèvement afin d’identifier les corps par comparaison génétique entre l’ADN des dépouilles et celle des membres de leur famille. Les délais s’allongeront de mois en années, ponctuées d’explications aussi diverses que variées qui essaiment le temps qui passe. En janvier 2011, soit plus de 4 ans après l’exhumation et au terme d’innombrables relances, le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), en charge du dossier, annonce que les résultats d’analyse sont négatifs. Je demande un rapport d’analyse. Pas de réponse jusqu’à ce jour, malgré de nombreux rappels.

mercredi 18 septembre 2013

La Maroc / L'impunité système de valeur! 1

Par Mohammed Belmaïzi, 16/9/2013
Plus de cinq décennies, les violations des droits humains au Maroc n’ont cessé de provoquer l’opinion et d’indigner la conscience en torpillant l’avènement de l’Etat de Droit dont notre association l’AMDH exige vivement l’édification. Arrestations, torture, disparations et assassinats ont mis l’Etat marocain au ban des nations démocratiques et civilisées. Il a fallu que le scandale crève les yeux et érode significativement la façade cosmétique collée à la peau de l’autoritarisme de cet Etat, pour que l’étendue de l’horreur des violations éclate au grand jour. Parmi tant d’écrits et d’interventions, retenons le livre de Gille Perrault « Notre ami le roi » qui décrit les arcanes du pouvoir personnel d’Hassan II. L’Histoire retiendra de ce monarque de droit divin qu’il s’est ingénié à opprimer, à bannir et à ériger des bagnes clandestins contre ses opposants. C’est alors que sous la pression nationale et internationale, le régime a cédé. Et le monde a ouvert les yeux sur le désastre de Tazmamart et d’Agdz, entre autres mouroirs clandestins au Maroc.

Pour redorer son blason, le régime marocain, en se dépêchant de tourner cette hideuse page, exhibe sa ‘bonne volonté’ et crée le CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l’Homme) en 1990. Il opta, huit ans plus tard, pour l’Alternance, un gouvernement dirigé par le socialiste Abderrahman el-Youssoufi  Celui-là même qui évoqua durant son exil, les délits attentatoires de l’Etat marocain comme inhérents aux « crimes contre l’humanité ». Mais pour effacer et passer sous silence cette macabre phase contre les droits humains, on s’est empressé de désigner un « ministre chargé des Droits de l’Homme » au sein de ce gouvernement. Signe d’un consensus irraisonné à tous les niveaux de l’Etat et de ses commis, anciens et nouveaux venus, pour arracher la défense des droits humains des mains des associations autonomes, telle que l’AMDH. C’est que l’Etat marocain excelle dans ses créations et remaniements d’organes étatiques pour la défense des Droits de l’Homme. Et c’est ainsi que le CCDH a été remplacé par le CNDH (Conseil National des Droits de l’Homme); étrange et subite reconversion d’un pouvoir nourri par la violence d’Etat. Chose fort curieuse et combien antagoniste avec la nature de ce régime qui recourt régulièrement à la coercition et aux descentes punitives contre manifestations et contestations populaires. On a enregistré tout récemment, dans le cadre du Mouvement du 20 février inscrit dans la foulée des Révolutions au Maghreb et au Proche-Orient, l’atteinte à la liberté de manifester des citoyens, habitants d’Abou Ayach, de Taza, de Safi,  d’Ifni… avec mort d’hommes, deuils et désarrois des familles brisées par nombre d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires des jeunes.

Où trouve-t-on, alors les principes de « la protection des droits et libertés des citoyens et l’attachement du pays au respect de ses engagements internationaux en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme », dont se gargarisent intellectuels et commis de l’Etat ? Accablant, à ce sujet, est le récent rapport de Juan Mendez, l’envoyé spécial des Nations Unis pour les Droits de l’Homme. Il note sans détour que « la torture et les mauvais traitements n’ont pas disparu » et révèle que « la pratique des traitements cruels persiste dans les affaires pénales de droit commun. » Il évoque « l’usage excessif de la force par la police pendant des manifestations à Rabat et dans plusieurs autres villes en février et en mars 2011 ». Il souligne les « événements du 15 mai 2012 à Rabat, à Fez, à Tanger et à Témara, localité où les manifestants réclamaient la fermeture du centre de détention ». Juan Mendez demande à l’Etat marocain de libérer Ali Arras de nationalité belgo-marocain, emprisonné arbitrairement sans preuves tangibles et irréfutables, à l’instar de l’ensemble des prisonniers du centre de détention de Témara, victimes de la vague liberticide qui voyait en chaque marocain un potentiel islamiste ou terroriste…

Même le CNDH, organe de l’Etat, reconnaît, en ‘transgression’ de ses accointances obligées, que les violations dans les prisons marocaines sont catastrophiques. La maltraitance des prisonniers se manifeste « par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre… »

Comment en est-on arrivé à revivre les pratiques d’un passé immédiat qu’on fustigeait pourtant, pour tourner promptement la page ? La réponse est on ne peut plus limpide. Ce tableau fort pollué par la déliquescence de l’Etat marocain est inscrit dans les rouages de cet autre organe créé par le Maroc sous l’étiquette IER (Instance Equité et Réconciliation, son mandat allait du 7 Janvier 2004 au 30 Novembre 2005). Un spectacle bourré de manquements et de détournement du sens, puisque les victimes des années de plomb qui devaient décrire leurs drames, étaient sommées de ne point mentionner leurs bourreaux. Un procès amputé de sa partie essentielle qui sont les bourreaux. Ces bourreaux qui continuent, sans être inquiétés, à occuper les basses et hautes instances de l’Etat. Ce procès édulcoré par des invocations mensongères de la fameuse « justice transitionnelle » était prévisible, lorsqu’on sait que l’Etat se refuse obstinément à s’excuser des atrocités du passé devant la souveraineté du peuple marocain. Il est à noter en effet, que selon la constance de l’oppression et des violations des Droits Humains, décrites plus haut, le Maroc se refuse à promouvoir la « justice » et la « transition », à l’instar de ce qu’ont fait les Sud Africains lors de l’abolition de l’Apartheid. Un exemple pourtant si riche de leçons que l’Etat marocain appuyé par ses intellectuels et ses commis, ont lamentablement feint d’omettre.

Notre association l’AMDH l’a dit et répété : sans abolir l’impunité, aucune page ne peut être tournée pour accéder à la paix sociale, à la gouvernance éthique, à la démocratie et à la prospérité. L’impunité à tous les niveaux d’ailleurs, restera comme une écharde dans le pied purulent des dominants, voué à des métastases, contestées et contestables.

Alors, c’est pour quand une authentique démocratie et un Etat de Droit, pour bannir définitivement l’impunité, cette maladie dévastatrice ?

mardi 13 novembre 2012

MESSAGE DE LA FAMILLE DE MEHDI BEN BARKA

Par Bachir Ben Barka, 8/11/2012
MESSAGE DE LA FAMILLE DE MEHDI BEN BARKA AU SEMINAIRE 
« DISPARITION FORCEE AU MAROC »
MEMOIRE ET HISTOIRE
Chers amis,
Je regrette de ne pouvoir être présent parmi vous à ce séminaire de réflexion autour de la disparition forcée au Maroc que vous organisez à l’occasion du 40ème anniversaire de la disparition de Hocine El Manouzi.
Permettez-moi de saluer sa famille ainsi que toutes les familles de disparus, saluer leur combat – notre combat – pour la vérité, la justice et la mémoire.
Au nom de la famille de Mehdi Ben Barka, je souhaite plein succès à vos travaux.
Je suis certain que les interventions des historiens, des chercheurs mais également des victimes de la disparition forcée apporteront les éclairages permettant de mieux saisir l’importance de ce phénomène en liaison avec le mouvement social, syndical et politique marocains et comme partie intégrante de la politique du régime marocain face aux enjeux de l’indépendance et des revendications démocratiques du peuple marocain.
On ne peut évidemment pas dissocier le devoir de mémoire et le besoin de l’histoire de l’exigence de vérité. Dans le cas de la disparition forcée, la douloureuse attente des familles se compte en décennies. Face à ce combat digne et courageux, on constate de la part de toutes les autorités du pays le déplorable reniement des engagements pris solennellement par l’IER aussi bien lors de son installation que lors de la remise de son rapport au chef de l’Etat. Ces reniements ont été avalisés par la volonté du dernier président du CCDH de clore ce dossier.
Dans la même logique, confirmant l’immobilisme de ses prédécesseurs, le ministre marocain de la justice a déclaré que les dossiers de la disparition forcée, en particulier celui relatif à Mehdi Ben Barka, ne faisaient pas partie des priorités du gouvernement.
On ne peut que s’indigner de cette position qui renforce nos inquiétudes quant à la volonté politique du nouveau gouvernement marocain de traiter la question de la disparition forcée autrement que du point de vue sécuritaire qui consiste en fait à protéger les criminels et renforcer leur sentiment d’impunité. C’est pour poursuivre ce combat pour la vérité et contre l’impunité, pour empêcher la disparition des possibles preuves matérielles, que nous soutenons pleinement les démarches faites entre autres par le FMVJ pour dénoncer les menaces qui pèsent sur l’intégrité du site du PF3.
Notre combat pour la vérité, la justice et la mémoire continue.
Avec notre salut le plus fraternel et le plus chaleureux.
Belfort le 8 novembre 2012

mardi 30 octobre 2012

40 ANS APRES L’ ENLEVEMENT DE HOUCINE EL MANOUZI ET SA DISPARITION FORCEE

Par famille Houcine EL MANOUZI 29/10/2012                                 

COMMUNIQUE DE LA FAMILLE HOUCINE EL MANOUZI
29 OCTOBRE 1972- 29 OCTOBRE 2012

Le 29 octobre 1972
Houcine EL MANOUZI, syndicaliste et militant politique,  membre de l’UNFP, a été enlevé de Tunis par des hommes de la sûreté marocaine,  et avec la complicité des services de sécurité tunisienne dirigés à l’époque par le Président déchu Benali.  Il a été  acheminé au Maroc dans le coffre d’une voiture diplomatique.
Malgré  son évasion du Centre PF3 à Rabat la nuit du 12/13 juillet 1975, et sa nouvelle arrestation le 19 juillet 1975,  les autorités Marocaines ont  continué à nier durant des décennies sa détention . Après des années de luttes et d’actions  de ses parents et ses amis,  l’instance Equité et réconciliation (IER) , mise en place par le Roi Mohamed VI pour clore le dossier de la disparition forcée ( une tache noire dans l’histoire contemporaine du pays),  a confirmé qu’il était encore en vie au mois d’août 1975, que le certificat médico-légal remis par la Présidence du CCDH à la famille était un faux, et que l’Etat Marocain, de par sa  responsabilité totale dans sa disparition forcée, doit déterminer le sort qui lui a été réservé.
Le 29 octobre 2012
40 ans après, sa famille et ses amis continuent le combat  pour «  la  vérité et la justice pour HOUCINE ». Dans ce cadre , plusieurs initiatives  sont organisées pour la commémoration de ce triste  40ème anniversaire:

- Une conférence de presse à Rabat le vendredi 9 novembre 2012
Elle doit permettre à  la famille de Houcine El Manouzi, et leurs avocats, d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale sur l’évolution de la plainte déposée par les parents auprès du Tribunal d’Appel de Rabat
- Un séminaire à Rabat le vendredi 9 novembre 2012
Axé sur le thème de « la disparition forcée», il a pour objectif de contribuer par une approche inédite aux besoins de l’histoire et aux exigences du devoir de mémoire reconnue universellement comme «un impératif catégorique» pour la société moderne à laquelle nous aspirons.
- une exposition de photos à Casablanca le samedi 10 novembre 2012 relatant «la mémoire de la disparition forcée au Maroc »
- une rencontre nationale / meeting à Casablanca le samedi 10 novembre 2012 a 15h  de solidarité et de mobilisation pour exiger « vérité et justice pour Houcine » et rendre hommage aux parents Hajja Khadija Chaou et Hadj Ali El Manouzi   ,Meetnig qui aura ieu au Théatre Mohammed 6  ,commune de Roches noires a Casablanca.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Contact : famille.elmanouzi@gmail.com
_._,_.___

dimanche 9 septembre 2012

Maroc / Manipulation frauduleuse des droits humains

Mohammed BelmaïziPar Mohammed Belmaïzi, 8/9/2012 (sur le Facebook)



Ce texte était écrit avant les Révolutions, sous le titre : Droits humains au Maroc / Péripéties et perspectives, dans le journal "Attadamoun"... Je le partage avec vous mes chers ami-es .

 
Le présupposé majeur du « statu quo » au Maroc, à tous les niveaux, est cette manie qu’ont les officiels au pouvoir, de le cantonner dans un contexte arabo-musulman détérioré : le terrorisme islamiste en Algérie, voisin immédiat, la même menace de plus en plus affirmée en Tunisie, en Égypte, au Maroc et ailleurs, Afghanistan, Irak...

Certes, les Marocains jouissent d’une certaine liberté, arrachée de haute lutte par le peuple et les forces vives de la société civile. Mais une liberté à tout moment menacée, piétinée et remise en question. Et la comparaison, cultivée et maintenue par l’élite au pouvoir, est brandie à tout bout de champ pour opprimer et sévir en dehors de tout cadre légal. Cette comparaison toujours avec le plus mauvais, commence à irriter l’ensemble des acteurs engagés pour le progrès et le changement, parce qu’elle étouffe l’espoir et empêche le Maroc de décoller. La question pressante qui reste occultée au yeux de ces acteurs est la suivante : « Pourquoi ne compare-t-on pas le Maroc au meilleur… aux pays avancés, attachés à de plus en plus d’Etat de Droit, et donc de prospérité ? »

Ce stratagème basé sur la comparaison, constamment avec le plus mauvais, commence à s’effriter dès lors que le « statu quo » se meut en régression piteuse, en coercition injustifiée et en répression aveugle, dénoncées de toutes parts. La censure de la presse avec son cortège de journalistes inquiétés, les arrestations arbitraires pour « atteinte » trop facile « aux valeurs sacrées du royaume », la torture continue son bonhomme de chemin, les preuves d’enlèvements et de disparitions s’avèrent irréfutables… Autant d’aberrations multipliées récemment et ces dernières années ! Tout est consigné et il serait long de citer toutes les atteintes et les abus de l’Etat.

Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Ou plutôt pourquoi ce retour franc et accéléré à la tyrannie des trois ou quatre décennies passées ?

Pour tenter une ébauche, disons que l’appropriation, contrefaite et non naturelle, du chapitre des droits humains par l’Etat marocain, est une ravageuse erreur. Comment un État, illustré par ces violations, ses violences, ses prisons mouroirs, ses Tazmamart, ses Agdz… se convertit du jour au lendemain à la culture des droits humains, en instituant un Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH) ? Est-il logique qu’un Etat initie et monopolise une Instance Équité et Réconciliation (IER), avec ses propres conditions, sans mentionner ni accabler les responsables de la tyrannie subie par les victimes ? L’évacuation du concept clé de « Vérité », ne serait-elle pas le pivot du règne de l’Impunité dans tous les domaines ? Et le triomphe de cette Impunité, n’inscrit-il pas la perpétuation des violations et de l’arbitraire, aujourd’hui, sous nos yeux ? Il est bien admis, qu’on ne peut construire un Etat moderne, dans la paix civile, sur les ruines d’un passé traumatisant qui ne cesse de répandre ses tentacules sur le présent. Et dans la foulée des comparaisons, une fois encore, on évite d’évoquer l’exemple réussi de la commission « Vérité et Réconciliation » en Afrique du Sud.     

C’est cette irruption de l’Etat au sein d’une cause concernant, avant tout, les citoyens et la société civile, qui constitue le nœud gordien du Maroc actuel. Car la vocation d’un État traditionaliste et féodal est de défendre bec et ongles ses fondements. Naturellement, il ne tolère aucune critique, aucune contestation. Il s’érige comme « Opposant » et non comme « Répondant » aux aspirations de la société. Il est par essence coercitif.

C’est sans doute pour éviter l’antagonisme « l’Etat contre la Société », que les États modernes étaient contraints, pour survivre en paix, d’encourager les Organisations Non Gouvernementales (ONG), qui se sont d’ailleurs imposées, faisant un travail complémentaire la plupart du temps et contribuent à l’avancement des idées et à l’enrichissement du débat. Un rapport dialectique – quelquefois conflictuel – de dialogue et de concertation est à l’œuvre entre ces organisations et les pouvoirs institués.  

Or l’Etat marocain et l’élite au pouvoir verrouillent l’espace de l’expression et croient même investir les domaines dérangeants qu’ils combattent ordinairement, telle que la défense des intérêts du citoyen. A juste titre, la guerre qu’engage, actuellement, l’Etat contre l’Association Marocaine des Droits Humains (l’AMDH), souligne les limites de la manipulation du registre des Droits de l’Homme par les autorités marocaines. Cette inutile offensive contre les militants de l’AMDH, les détenus du premier mai et l’ensemble des prisonniers politiques, appuient d’une manière percutante que l’Etat marocain vide de sa coquille toute approche conséquente des droits humains. Ne doit y demeurer, dans ces structures (CCDH et IER) façonnées en Cheval de Troie, que l’intention et le massif déploiement sécuritaire. A ce propos l’échec prévisible du CCDH, organe prétendant gérer et organiser les Marocains Résidents à l’Etranger (MRE), découle justement de cette manipulation nuisible des droits humains. Car les revendications sous l’égide du droit, tel que le dévoilement de la vérité sur les disparitions, et notamment celle de Mahdi Ben Barka, prouvent que le dossier des Droits de l’Homme ne peut être clos, tant que l’approche politique de l’Etat marocain reste essentiellement sécuritaire. D’autant plus qu’on ne peut traiter indéfiniment les citoyens marocains de l’intérieur ou vivant à l’étranger, sous l’angle galvaudé du sécuritaire. Il faut bien qu’un moment donné, l’élite au pouvoir se penche sur les réels problèmes vécus au sein de la société marocaine, et procède à de profondes réformes, libère le champ politique pour lui restituer son efficacité et ses lettres de noblesse.

Les chancelleries européennes et occidentales, ainsi que la presse nationale et internationale, suivent avec grand intérêt le contrepouvoir bénéfique qu’exerce l’AMDH et l’ensemble de la société civile pour l’avènement d’un véritable Etat de Droit au Maroc. On apprécie, ici et là, l’organisation citoyenne, paisible, responsable et prometteuse. Un esprit constructif par la contestation et la force de proposition, ouvert sur des perspectives solides pour l’enracinement d’un Maroc juste et prospère.

L’Etat marocain ne peut continuer à nier cette évidence pour devoir entamer avec humilité une concertation mirifique, respectant les forces vives de la société civile. Et à ce moment-là, le terrorisme ou l’extrémisme ne peut éternellement jouer l’alibi d’une répression « amalgamante » et liberticide, d’où personne ne sortira indemne.
 

mercredi 30 novembre 2011

Les Marocains de l'étranger voteront au Maroc.....quand les poules.... . .

Bruxellois-surement 28 novembre 2011

PAR PROCURATION ....MON OEIL !!!!
..
Le roi Mohammed VI sait parfaitement que le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME), présidé par El Yazami est une coquille vide, une agence de cérémonies et de tape à l'oeil.

Officiellement, le CCME a été installé en 2007, avec à sa tête Driss El Yazami, pour fournir au monarque marocain, les avis et conseils susceptibles d'aider le roi Mohammed VI, à initier des politiques destinées à mieux encadrer les MRE établis à l'étranger afin que ces MRE continuent de maintenir leurs liens culturels et surtout économiques avec le Maroc ( 46 milliards de dirhams par an ). Cela, pour ce qui est officiellement annoncé.

Sauf que le véritable objectif poursuivi par la mise en place de cet organe, visait en réalité à passer un deal avec les anciens opposants ayant été l'objet d'une féroce répression durant les années de plomb.

Ce deal fut initié par feu le roi Hassan II qui décida, avant sa mort, de se réconcilier avec les anciennes victimes des graves atteintes aux droits de l'homme au Maroc et de baliser, sur des bases moins compromises, le règne de son fils.

Le défunt monarque commença par accorder sa grâce à des dizaines de militants gauchistes, plaça Driss Benzekri, lui même ancienne victime des années de plomb, à la tête du Conseil consultatif des Droits de l'Homme et soutint les efforts du défunt militant, pour la mise en place d'un organe chargé de rendre justice aux victimes de la répression.

La direction de cet organe, l'Instance Equité et Réconciliation, fut confiée au même Driss Ben Zekri.

Lequel Ben Zekri, s'engageant à tout tenter, pour passer sous silence les responsabilités de l'Etat marocain et de Hassan II en particulier, dans les graves atteintes aux droits de l'homme, intervenues au Maroc durant le règne du défunt monarque.

Et l'on indemnisa les victimes et leurs familles. Et l'on évoqua les souffrances et les douleurs endurées par les victimes de la répression. Et l'on permit à ces victimes de parler de leurs longues années de détention et de tortures...

Mais on prit le plus grand soin de ne point nommer les responsables et de réclamer des poursuites et sanctionner les auteurs des meurtres et de la torture

A condition de tout faire pour ne pas citer les coupables des atteintes graves aux droits de l'homme durant Tazmamart, Derb Moulay Chrif, Agdz, Kenitra, Chefchaouen...et les autres centres de détention et de torture, Driss El Yazami, lui même, issu de cette famille gauchiste, ayant passé ce deal avec le régime marocain, obtint, en compensation, la présidence du très dépensier CCME.

Ceux qui, à l'image d'El Yazami, de Herzenni, de Sebbar..., voulaient jadis, abattre le régime "réactionnaire " de Hassan II, ce régime "valet de l'impérialisme" américain et lui substituer un pouvoir communiste à l'image de celui de Pot Pot, de Mao Tse Toung ou d'Enver Hodja, devinrent ainsi, grâce à ce deal, à défaut d'être du peuple, des petits commissaires du Makhzen, chargés de promouvoir l'amnésie et de falsifier l'histoire.

Il n'est demandé à El Yazami, rien d'autre que de remplir cette mission...Il ne lui est point demandé de fournir des résultats sur la mission " officielle " qui lui a été confiée par le roi, de communiquer au souverain, avis et recommandations au sujet des attentes et des aspirations des Marocains résidant à l'étranger.

C'est pour cela qu'El YAZAMI a tout fait pour évacuer les attentes de ces Marocains, enterrant ainsi, une fois de plus leur volonté de participer, à l'instar des Tunisiens et des Egyptiens de la diaspora, aux suffrages législatifs se déroulant dans leur pays

Il a été promu président du Conseil national des droits de l'homme au Maroc, pour avoir rempli admirablement cette mission.

Hassan VI ne savait pas, de son vivant, que les gauchistes qu'il a réprimés, pouvaient se révéler, de grands vassaux du régime marocain.

vendredi 4 mars 2011

CCDH - CNDH changement d'emballage...

CNDH, même mission que les défunts appendices
Par Ali Fkir, 4/3/2011

D’en haut, on vient de créer un nouvel instrument de « droits humains », le « conseil national des droits humains » (CNDH). La nature de l’instrument, la stratégie, la procédure restent les mêmes, seules les individus changent, l’emballage quoi ! Comment ?
- La nature de l’instrument est purement conservatrice : défendre (à sa manière) les valeurs sacrées du pays en général et les choix du monarque en particulier. Défendre l’essence du régime et ses « piliers de légitimité ».
- La stratégie consiste à confectionner deux Maroc :
A - le Maroc de façade tourné vers l’étranger. C’est le Maroc de la « tolérance, des droits de la femme, des droits de l’enfant, de la liberté d’expression, de la liberté d’entreprendre… ». C’est le miroir aux alouettes! Les bourgeoisies européennes, à leur tête celles qui gouvernent la France, qui connaissent par ailleurs l’amère réalité, exploitent cette « face » bien fardée de produits de beauté (ayant pour but de masquer les rides de vieillesse d’un système politique historiquement condamné à disparaître).
Ce Maroc «chimérique », permet à tous les arrivistes « nationaux », à tous ceux qui ont renié leur passé de militants, à ceux qui sont à la recherche d’une mini place à l’ombre de l’arbre du makhzen, à ceux qui sont aux aguets (comme les chats affamés du bled) des miettes qui tomberaient des table des nantis, ou comme des chiens affamés du bled prêts à avaler avec avidité des os offerts généreusement par leurs maîtres.

B- le Maroc, le vrai Maroc, celui de l’étouffement de tout ce qui est vivant, de tout ce qui trouble la quiétude des seigneurs
 Le Maroc de la répression, de l’emprisonnement, de l’exclusion, de la marginalisation, de l’appauvrissement…le Maroc moyenâgeux, Maroc du totalitarisme, Maroc des ténèbres, Maroc du sacré., Maroc de l’intolérance…
- Les procédures sont les mêmes : après l’analyse de la conjoncture, la détermination des différents paramètres de la situation, stratification des contradictions, après avoir fixé la cible (l’ennemi principal), le roi crée un instrument adéquat, choisit les « hommes » de la mission, l’argentier du pays débourse, les divers services de l’État déblaient le terrain, la répression s’occupe de gros travaux…
- « L’emballage » leurrant les profanes et autres non-avertis : jouer sur le passé des individus recrutés pour la basse besogne, gonfler leurs mérites, leur QI, mettre en relief leurs diplômes ( qui peuvent s’avérer inexistants)…Les moyens audiovisuels publics et « privés » s’occupent des autres aspects de la finition, du maquillage…
La création du CNDH, n‘échappe absolument pas à cette vérité, à cette logique. C’est le souci de la continuité qui prédomine, souci de la « pérennité » de la monarchie qui est déterminante dans les grandes décisions des dominants. Quelles que soient les qualités « individuelles » des personnes recrutées, le rôle de celles-ci ne dépasse en rien le rôle du pion dans un échiquier. C’est le cerveau du maître qui choisit le coup, et c’est sa main qui fait avancer le pion.

Résumons en quelques lignes l’historique des de la politique officielle dans le domaine des droits humains.
En 1990, alors que les geôles du régimes pullulaient de prisonniers politiques, et que la répression battait son plein, le tyran Hassan II créa le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme. C’était la mode : dans sa campagne contre les bureaucraties de l’Europe de l’Est, l’impérialisme avait joué avec intelligence sur cette sensible fibre. Il avait (et il le fait toujours) conseillé/recommandé aux dictatures assujetties à son influence de créer des instances (bidon bien sûr) qui prônent la défenses des droits de l’Homme.
En 1993, Le même tyran créa un ministère chargé des droits de l’Homme dirigé par un avocat (avocat bien connu dans les milieux de la défense des causes injustes)
Le 7 janvier 2004, Mohammed VI, installa l’Instance Équité Réconciliation (l’IER) ayant pour objectifs principal : « tourner la page » (en dénaturant la réalité), pour cela il fallait impliquer dans la falsification de l’Histoire des gens « fiables », des individus qui ont eux-mêmes souffert des pratiques du régime de Hassan II. La « nouvelle ère » a recruté sans grandes difficultés (il faut reconnaître cela à l’entourage du monarque) dans les milieux de gauche.
Le 11 juillet 2005, le roi nomme Driss Benzekri (ancien président de la défunte IER) président du ressuscité CCDH
Après le décès de Benzekri, le roi nomme en novembre 2006 Ahmed Herzeni secrétaire général du CCDH, avec la même mission à la charge. Dénaturer l’Histoire, « redorer » le blason d’un régime terni par l’histoire de la dictature
Le 30 novembre 2005, l’IER remit au roi son rapport final. 
Pour le roi, pour l’IER, le dossier de la répression de la période 1956 – 1999, est désormais clos. Jusqu’à aujourd’hui (mars 2011), l’Etat et les appendices du makhzen nient toute violation des droits humains au Maroc depuis 1999 (date de l’intronisation de Mohammed VI).
Le jeudi 3 mars 2011, l’enfantement d’un rejeton makhzanien, le CNDH, ayant la même mission que les défunts, mais avec un nouvel objectif de détail : contrecarrer l’influence de l’AMDH, qui est devenue un véritable grain de sable dans la machine makhzanienne. Un véritable cauchemar pour les despotes.
Il est devenu pratiquement impossible à cette machine de masquer « normalement » la réalité des violations des droits humains qui empoisonnent quotidiennement la vie des marocain-es et de présenter facilement aux institutions internationales des « rapports mensongers » à cause, entre autres, de l’AMDH.
Il fallait confectionner un instrument de combat, le CNDH, recruter les personnes « aptes » à faire le boulot. Ceux qui ne portent pas dans leur cœur l’AMDH d’aujourd’hui.
Aussi bien pour les commanditaires que pour les commandités, les moyens à utilisés (et non les objectifs) doivent ressembler à ceux de l’AMDH : la proximité, une structure hiérachique…l’argentier du royaume ne lésinera pas cette fois-ci sur le financement

Il reste à souligner la différence entre l’AMDH et le CNDH :
- L’AMDH est le produit de la résistance populaire alors que le CNDH est le produit du makhzen, le produit d’un système répressif.
- L’AMDH a pour mission de faire connaître la vérité, de condamner les violations, de se solidariser avec les victimes, d’accompagner les victimes dans la recherche de la justice…
Quant au CNDH, il a pour mission, n’en déplaise aux arrivistes de tous poils, de défendre l’image de l’Etat marocain, la « virginité » de la nouvelle ère…
- Les deux organisations sont nées dans des conjonctures caractérisées par la lutte acharnée entre le peuple et le makhzen :
L’AMDH pour défendre la cause du peuple, le CNDH pour défendre l’ennemi du peuple, défendre le système répressif en place, jouer le rôle du sapeur-pompier surtout en ces temps de combat légitime pour le changement combat initié par la jeunesse marocaine du 20 février 2011.
Devant l’ampleur du mouvement pour le changement, le régime n’a d’autres solutions que d’accentuer la répression et de recruter de nouveaux sapeurs-pompiers…
Reprenant des passages de la MAP (agence du makhzen) :
+ Le cndh se distingue notamment par les mécanismes régionaux
+ mécanismes régionaux en tant que dispositifs de proximité
+ Le nouveau dahir vise par ailleurs à consolider l'autonomie du conseil (contrairement à ce qui a été avancé par le sieur El Yazami, il n’est pas question d’indépendance)
+ Après avoir rendu hommage aux efforts sincères que les anciens présidents et secrétaire général du conseil, ainsi que l'ensemble de ses composantes, avaient déployés avec dévouement et abnégation tout au long de leurs mandats, dans l'accomplissement des missions assignées au conseil, sa majesté le roi a salué le parcours militant, notoirement connu, tant au plan national qu'international, des nouveaux présidents et secrétaire général, ainsi que leur ferme engagement en faveur des droits de l'homme, de la citoyenneté agissante et des justes causes de la nation.
 ******************************************

Usurpation du logo de l'AMDH ? Maladresse ou malveillance ?
A la lecture de l'article ci-dessus on comprend que l'AMDH n'a pas participé à la mise en place de cette "nouvelle" instance. Dans quel but cet amalgame a-t-il été fait ? Pour brouiller les pistes ? (NDLR)

Maroc-réformes : le Conseil des droits   de l’Homme érigé en instance nationale


Nouvelle initiative de réforme au Maroc, avec la transformation du Conseil consultatif des droits de l’homme en instance nationale. L’objectif de cette décision qui s’inscrit dans une stratégie de réforme globale, est d’ériger l’institution de défense des droits humains en mécanisme régi selon les normes et standards internationaux. Outre sa vocation de contribuer à l'élargissement des libertés et à la consécration des valeurs de tolérance, le nouveau Conseil National (CNDH) renforcera la position du Maroc en tant que partenaire privilégié de l’Union européenne, avec laquelle il entretient déjà un dialogue politique institutionnalisé.
L’action du CNDH devrait bénéficier du travail accompli par l’ancienne structure créée en 1990, puis réformée en 2001. En 20 ans d’existence, le Conseil des droits de l’homme avait réussi à asseoir son indépendance. Son action s’est élargie par le biais de structures et de mécanismes de défense et de protection des droits humains au niveau national et régional. Ainsi, le nouveau Conseil National compte capitaliser sur ces acquis pour contribuer résolument à la consolidation des avancées démocratiques et à l'ancrage de la culture et de la pratique des droits de l'Homme au Maroc. « Notre mission au sein du conseil nous engage à œuvrer pour l’élargissement du champ des libertés et des droits humains, de la consécration des valeurs de tolérance, d’égalité et de respect de la dignité humaine », a déclaré Mohamed Sabar, le nouveau secrétaire général du CNDH. La consultation, la surveillance, l’alerte précoce et l’évaluation de la situation des droits humains sont autant de prérogatives dévolues au Conseil. Ce dernier aura, entre autres compétences, la possibilité de visiter les lieux de détention et les établissements pénitentiaires et de contrôler les conditions des prisonniers.
http://www.statut-avance.com/index.php?option=com_content&view=article&id=238:maroc-reformes--le-conseil-des-droits-de-lhomme-erige-en-instance-nationale&catid=1:latest-news

jeudi 2 septembre 2010

Le CCDH et les droits de l’Homme au Maroc

Par Jessica PRADILLE, (Stagiaire), l'Opinion, 31/8/2010
Depuis les années 90, le Maroc est devenu un leader en matière de droits de l’Homme. Nous savons tous comment c’est arrivé : les années de plomb laissent place à une volonté titanesque de se moderniser. Ainsi, feu Sa Majesté Hassan II avait entrepris d’ouvrir le pays vers l’extérieur, en ratifiant des traités internationaux et en réformant la scène politique et législative interne.
Son successeur, Sa Majesté Mohammed VI, a élargi davantage l’espace des libertés individuelles et publiques et renforcé le respect des droits de l’Homme par l’instauration, entre autres, d’un nouveau concept de l’autorité.
Voici les faits.
Mais il convient de se poser une question fondamentale : les droits de l’Homme sont-ils systématiquement respectés ? Quels sont les progrès accomplis ? Et plus particulièrement, est-ce que les réformes et institutions installées sont conséquentes sur le terrain et dans la vie de tous les jours ?
Avant de pouvoir répondre à ces questions, il vaut mieux examiner la base, la fondation même de ce qui fait que le respect des droits de l’Homme est un tant soit peu assuré. J’entends par là le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH).
Créé le 20 avril 1990 par le Dahir chérifien n° 1-90-12, le CCDH est une institution consultative qui a pour mission principale la protection et la promotion des droits de l’Homme. Ne vous méprenez pas, ce n’est pas parce que c’est une institution consultative qu’elle est limitée dans son efficacité. Au contraire, le CCDH émet des recommandations directement à Sa Majesté le Roi ou à toutes autres autorités concernées et compétentes en la matière. De plus, cette institution bénéficie d’une indépendance vis-à-vis du gouvernement grâce à une autonomie administrative et financière. Depuis la réforme du CCDH en 2001, cette institution jouit d’une plus grande compétence et donc d’une plus grande efficacité.
Chacun a entendu parler du CCDH. Mais est-ce que quelqu’un sait précisément comment il fonctionne ?
Tout d’abord, il est composé de 44 membres au plus et d’un président. 14 sont choisis par le chef de l’Etat en fonction de leurs qualités et compétences dans le domaine des droits de l’Homme, ainsi que le président. Les autres membres sont proposés par des associations défendant les droits de l’Homme, ainsi que des partis politiques, des syndicats et d’autres organismes, tels que la ligue des Oulémas, le corps des professeurs universitaires et l’Association des barreaux. En outre, le Conseil comprend des ministres concernés par ce domaine, mais eux n’occupent qu’une place consultative et non délibérative. On peut donc remarquer que l’indépendance de l’institution en est d’autant plus renforcée de par le fait que les ministres n’ont pas de place dans la prise des décisions et que le corps du Conseil est largement pluraliste. Les ONGs nationales y sont représentées.
Ne voulant pas contraindre nos aimables lecteurs à un cours de droit forcé, je vais m’efforcer de faire simple en ce qui concerne les fonctions, le rôle et les missions confiées au CCDH.
Principalement, le CCDH émet des recommandations sur certains sujets concernant les droits de l’Homme qui lui semblent être de premier ordre. Il écrit un rapport annuel sur l’état du respect des Droits de l’Homme au Maroc. Il essaye d’harmoniser la législation nationale avec les textes internationaux. Pour ce faire, il a six groupes de travail, chacun spécialisé dans un domaine précis. De plus, il doit s’adresser à l’opinion publique et recevoir toutes les personnes qui se présentent à lui et qui ont vu leurs droits violés. Ceci est un résumé rudimentaire de l’action bien plus ample du CCDH, et pour plus de renseignements, il suffit de consulter le site web du CCDH : www.ccdh.org.ma.
Finalement, le CCDH est un acteur international (participe à des conventions de droits de l’Homme dans le monde entier). Mais ce qui fait sa force véritable est que toutes les décisions sont prises par consensus, il n’y a pas de vote.
Pour se faire une idée plus concrète de l’action du CCDH, il y a l’exemple des recommandations qu’il a faites au sujet de la révision des règles prévues par le code de procédure pénale, c’est-à-dire concernant la durée de la garde à vue, la détention préventive, etc. Ou encore le fait que le CCDH a émis une recommandation pour que les droits de l’homme soient enseignés dans l’enseignement public et supérieur.
Bon, en théorie, ça marche. Maintenant la pratique…
Oui, le Maroc a fait énormément de progrès en la matière, notamment grâce au CCDH. Mais comme beaucoup de choses dans la vie, le CCDH n’est pas parfait. Le respect des droits de l’homme de par le monde l’est encore moins.
Maintes associations des Droits de l’Homme ont critiqués l’assiduité du CCDH (Amnesty International, Association marocaine des Droits de l’Homme, le Forum pour la vérité et la justice, par exemple). On lui reproche souvent d’être vague au sujet de certains dossiers. Mais la critique la plus récurrente est celle de ne pas avoir encore appliqué les recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation.(voir l'article suivant NDLR)
La critique est facile, parfois, il ne faut pas oublier que les choses sont rarement aussi simples qu’elles paraissent être, d’où la nécessité de caution et de réflexion.
Il y a pourtant une certitude : c’est pas à pas qu’on avance et c’est petit à petit qu’on accomplit quelque chose de si grand.
L’ingrédient principal est la volonté.

lundi 26 juillet 2010

36e session du CCDH : Présentation d'une étude sur le projet du code de la procédure pénale

Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme vient de finaliser une étude dans ce sens le 25.07.2010
Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) a tenu samedi dernier 24 juillet à Rabat sa 36e session plénière ordinaire. Des points d'importance figuraient à l'ordre du jour de cette réunion. Il en est ainsi de l'étude sur le projet du code de procédure pénale, de l'étude sur le droit de manifester pacifiquement, de l'étude sur la traite des personnes et de l'étude sur les mécanismes de recours au profit des enfants victimes de violations de leurs droits.
Cette session qui a été marquée par la présence du ministre de la Justice, Mohamed Taib Naciri et de la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Latifa Akharbach, a permis de présenter en outre le texte final du Plan d'Action National en matière de Démocratie et Droits de l'Homme (PANDDH) ainsi que le rapport sur l'avancement du travail du comité de pilotage de la plate forme citoyenne pour la promotion de la culture des droits de l'Homme. «Ayant consacré, pendant longtemps la quasi-totalité de ses efforts à la mise en œuvre des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation, le CCDH a ouvert depuis un certain temps les chantiers relatifs aux droits civils qui-jusqu'alors- n'ont pas bénéficié de tout l'intérêt qu'ils méritent » a déclaré Ahmed Herzenni dans une allocution prononcée à l'ouverture de cette 36e session. C'est dans le cadre de cette nouvelle orientation que le CCDH vient de finaliser une étude sur le projet du code de la procédure pénale. Le but selon le président du Conseil est d'adapter ce code aux standards internationaux en la matière.
«Il s'agit également de concrétiser une des principales recommandations de l'IER en harmonisant les législations nationales avec les engagements internationaux du Royaume» La démarche du CCDH s'inscrit certes dans le cadre des prérogatives qui lui sont dévolues, mais elle procède aussi et surtout de sa volonté d'enrichir le débat sur le projet du code de la procédure pénale. Le Conseil estime en effet que l'application du code actuel favorise certains abus et violations des droits de l'Homme.
D'où la nécessité, selon cette institution, de délimiter avec précision les compétences des appareils de l'État en matière de détention, de poursuite, de procès et de sanctions. L'étude présentée samedi dernier (à huit clos) fait ressortir les dispositions du code actuel qui vont à l'encontre des principes des droits de l'Homme. Elle met l'accent notamment sur les dispositions relatives aux procédures de détention et de perquisition, de saisie, d'enquête préliminaire ainsi que sur les points relatifs à la présomption d'innocence et à l'instruction équitable des procès.
Elle s'attarde aussi sur certaines lacunes du texte en vigueur comme l'absence de contrôle de respect des garanties. L'étude ne se contente pas de décortiquer le code de la procédure pénale, elle formule des propositions concernant la quasi-totalité de ses articles. L'importance de cette étude est cruciale à n'en pas douter. Faut-il rappeler que dans son discours à l'occasion du 56è anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple (20/08/09), le Souverain avait appelé, dans le cadre de la réforme globale de la justice, à la modernisation du cadre normatif ainsi que la garantie des conditions du procès équitable. S.M. le Roi avait souligné la nécessité « d'adopter une nouvelle politique pénale fondée sur la révision et l'adéquation du Code pénal et du Code de procédure pénale ».
Plan d'action national
La 36e session du CCDH a examiné le texte final du Plan d'Action National en matière de Démocratie et Droits de l'Homme (PANDDH). Ce plan se décline en quatre axes stratégiques : 1- gouvernance et démocratie, 
2-droits économiques et sociaux, 
3- protection et promotion des droits catégoriels
4- cadre juridique et institutionnel.
Afin de mettre en œuvre le PANDDH, d'en assurer le suivi et l'évaluation, il a été proposé de mettre en place un mécanisme de coordination et un autre de suivi de mise en œuvre et d'évaluation auprès des différents départements ministériels , des représentants des institutions nationales, des ONG. Ces deux mécanismes doivent faire l'objet d'un décret du Premier ministre.
Par ailleurs le gouvernement présentera chaque année un rapport sur la mise en œuvre du plan en plus des rapports sectoriels de la commission de suivi qui seront présentés tous les six mois.
Pour rappel, le Maroc a lancé en avril 2008 le processus de préparation du PANDDH conformément aux recommandations de la conférence de Vienne de 1993. EN décembre 2008, le Premier ministre a installé le comité de pilotage chargé de l'élaboration de ce Plan. Le texte final a été présenté au Premier ministre le 9 juillet dernier. Il est le fruit d'un processus de deux ans de concertation entre les différentes composantes de la société marocaine : partis, gouvernement, ONG, syndicats…

samedi 1 mai 2010

Maroc : CCDH, la fin des illusions

Par Ali Fkir,1/5/2010

Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme, l'un des appendices du régime, doit baisser le rideau en attendant que les commanditaires décident soit de changer le produit totalement périmé, soit de changer d'enseigne ou d'emballage pour leurrer pour quelque temps les non avertis.
Le vendredi 30 avril 2010, des centaines des victimes du régime se sont retrouvées à Rabat, devant la citadelle du CCDH, pour donner le coup de grâce au rejeton du makhzen et enterrer définitivement les illusions sur la "nouvelle ère".
Le FMVJ,(syndicat des victimes d'avant 1999) doit aller de l'avant et s'ouvrir sur les milliers de victimes de la "nouvelle ère" (l'après 1999).Parier sur les "bonnes intentions" des décideurs ne peut engendrer que des déceptions et causer des dédommagements moraux et psychiques chez ceux et celles qui ne voient plus loin que le bout de leur nez.
La nature profonde du régime marocain n'a pas changé d'un iota depuis des siècles, et cela malgré les opérations de maquillage auxquelles il a recours, et malgré la récupération qu'il opère au sein de l'opposition.
L'allégeance et l'assujettissement ont constitué et constituent toujours la seule référence qui détermine les rapports entre les millions de Marocain-es et les détenteurs sans partage du pouvoir.
De par sa nature antidémocratique, impopulaire et antinationale, le régime marocain ne peut en aucun cas accepter que ses pratiques, ses choix, ses décisions soient remises en cause. La "constitution marocaine" interdit, même aux "élus", de discuter le discours royal, et à tous les marocains (y compris les "élus") d'exprimer un avis critique sur les choix du monarque.
Le champs politique maroain est semé de "valeurs sacrées"
Pour arracher leurs légitimes droits, les victimes du despotisme n'ont d'autres voies que celle de la lutte unitaire, consciente et organisée