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samedi 10 janvier 2015

Charlie Hebdo : un syndicat CGT sort du consensus !


Saint-Gobain
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Aubervilliers, 9/1/2015

·         Nous partageons la vive émotion et l’horreur que suscitent les assassinats odieux perpétrés ce mercredi à Charlie-Hebdo et nos pensées vont aux familles, aux proches et aux collègues des victimes de cette tuerie qui sont aujourd’hui anéantis par ce déferlement de haine.
·         Pour autant, le dégout et le rejet que suscitent de tels actes ne doivent pas nous faire perdre tous nos repères !
·         Nous sommes écœurés par les déclarations hypocrites de celles et ceux qui crachaient hier sur les victimes qu’elles encensent aujourd’hui.
·         Nous dénonçons le climat de peur et de suspicion qui est en train de s’installer et les mesures de privation de liberté qui ne tarderont pas à être prises.
·         Nous dénonçons les thèses racistes et xénophobes des réactionnaires de tous poils, qu'elles soient anti‐arabes, anti-musulmanes ou anti‐immigrés et leur théorie sur une prétendue islamisation de l’Europe.
·         Nous affirmons que : NON, les musulmans de France et d’ailleurs n’ont pas à se sentir davantage concernés que quiconque par ces assassinats abjects et ne sont donc tenus à aucune justification ni prise de position. Nous condamnons les amalgames entretenus à dessein à ce propos depuis des années.
·         Nous ne nous retrouverons pas, dans l’Union Nationale, sous la bannière des réactionnaires. Les forces syndicales progressistes n’ont pas à faire front avec celles et ceux qui ont pour projet politique de faire taire toute voix dissonante, toute contestation pour s’assurer de notre totale soumission mais doivent en toutes circonstances les combattre. De même, nous ne marchons pas main dans la main avec nos exploiteurs, qui savent si bien profiter de la confusion actuelle.

Des prisonniers politiques sahraouis entament une grève de la faim à la prison de Salé (Maroc)

El Aaiun (territoires occupés du Sahara occidental), 7/1/ 2015 (SPS) 

Quatre prisonniers politiques sahraouis du groupe "Gdim Izik" qui croupissent dans la prison locale de Salé(Maroc) ont annoncé leur décision d’entamer une grève de la faim à partir de ce mercredi, pour réclamer leurs droits légitimes et d'améliorer leurs conditions à l'intérieur de la prison, selon un communiqué du Comité des familles de prisonniers politiques dont une copie est parvenue à SPS.

Il s’agit de : Bachir Khada et Bekay Elarabi, Mohamed Khouna Babeitt et Abdel  Jalil Laroussi. Les 4 prisonniers politiques sahraouis avaient épuisé toutes les voies de dialogue avec l’administration pénitentiaire qui n’a pas voulu répondre à leur demande.

Les familles des prisonniers politiques sahraouis ont affirmé la détermination de leurs fils de mener une grève de la faim de 24 heures en signe de protestation au rejet de leurs demandes de la part de l'administration pénitentiaire. (SPS)

Si c’est ça l’humain …

 
Après la tuerie de Charlie Hebdo, je suis sans voix. Ceux qui ont perpétré ce crime ont perdu la foi en l'homme. Ils ne l'ont jamais eue, d’ailleurs. Ils prétendent avoir peur pour Dieu. Comme s'ils étaient des dieux à leur tour. Mais qui sont-ils ? Des ignorants fabriqués par les machines de haine et d'exclusion. Des rebuts qui veulent forcer les portes d'un paradis introuvable. Face à cette banalisation du mal, il va bien falloir que nous tous, musulmans de culture, d'héritage ou juste de voisinage, citoyens pacifistes de la terre-monde, que l'on crie "raison", "liberté", "pluralité" plus fort que tous ces criminels qui n'ont pas encore voulu enterrer la hache de guerre des religions, qui croient encore faire face à l’impérialisme par une idéologie haineuse.
Mais qu’est-ce qui nous empêche, silencieux humanistes de culture musulmane ou juste libre penseurs nés ou vivant dans ces contrées là, de hurler notre colère ? Et qu’est-ce qui a poussé ces néo-assassins à dépasser la frontière de l’humain ? Il n’y a pas lieu, ici, de faire une analyse exhaustive de couches superposées de raisons innommables qui font barrière à une raison introuvable. Mais il y a lieu d’énumérer, en vrac, tout ce qui encourage à nouveau la horde primitive à sortir de sous terre et renifler le sang des victimes à abattre. Comme si c’était ça, l’humain. Comme si l’on pouvait, sans crier gare, faire couler le sang de ceux qui ne font que couler l’encre. Car c’est bien à cette dérive que l’on assiste, médusés, dans le réel, comme sur les murs virtuels.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse tous les fanatiques, qui n’ont lu les livres sacrés qu’à moitié ou pris leur interprétation humaine pour une loi divine et appris à hurler comme des perroquets leur identité comme un passe-droit ou un visa au port d’armes.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse l’Arabie saoudite, ses manuels wahhabites et ses relais bigots qui depuis des décennies distillent, avec la bénédiction du mercantilisme américain, dans toutes les sphères musulmanes, l’idée fascisante d’une Oumma, nation musulmane, supérieure en vérité, en droit, de jihad meurtrier contre les impies.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse toutes les super puissances, américaine, russe, et leurs alliés qui recommencent à sonner le glas de la guerre, sur l’autel d’une mer morte pourrie depuis des décennies par l’arrogance israélienne et une Mésopotamie en proie à une résurgence subite de la discorde sunnites-chiites.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse les nationalismes européens, qui refont surface et autorisent au nom de la sécurité, de la culture, de l’emploi ou encore du mythe de l’entre-soi, et par la plume de pseudo-intellectuels cyniques, la propagation de la haine de l’étranger, musulman de surcroît.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse nos régimes autoritaires qui ont, depuis des décennies, fait barrière dans nos écoles à la pensée libre et critique. Ils y ont laissé pulluler la pensée unique et surtout l’idée sournoise qu’être musulman fait de nous les détenteurs d’une vérité supérieure à celle des autres.
Même si tout cela donne à des extrémistes, marginaux, sans repère, l’illusion d’un droit de meurtre contre des voix libres s’en prenant à nos icônes « sacrées », je refuse fermement de croire que c’est ça l’humain. Et je continuerai de le refuser jusqu’à ce que la raison, le respect de la pluralité sans hiérarchies et la suprématie de la liberté reprenne ses droits parmi nous.
Driss KsikesJournaliste, écrivain et dramaturge, Rabat

Coup de gueule contre l’actuelle omniprésence dans les médias de Philippe Val

Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité, 9/1/2015

Coup de gueule

Au cauchemar s’ajoute l’ignominie de l’omniprésence dans les médias de Philippe Val, ex-directeur de Charlie Hebdo, pleurnichant « Tous ses amis qu’il a perdus ». Des « amis » qui pour la plupart ne l’étaient plus.

Sans aucune honte, celui qui s’est goinfré financièrement à son poste, qui a failli être défenestré par un membre de l’équipe, que Cavanna conchiait, qui a viré Siné, qui a abandonné le journal déjà en difficultés pour répondre – à la grande surprise de la rédaction – aux sirènes du pouvoir et être nommé  par Nicolas Sarkozy à la tête de France Inter, plastronne et pérore pour se refaire une virginité médiatique.

Philippe Val n’était plus le représentant de Charlie Hebdo, cet opportuniste arriviste n’aurait jamais du l’être, et ne doit plus jamais l’être.

Respectons la mémoire de ceux qui sont partis. f.f.



D'Utøya à Charlie Hebdo




Par Luk Vervaet – 9/1/2015


Pendant les informations sur le massacre chez Charlie Hebdo, la presse a tenu à mettre aussi les événements en perspective.  A dès lors 
défilé la liste des attentats terroristes en Europe les 10, 20 dernières années. Je ne pouvais qu’assister consterné : dans cette mise en perspective, aucune trace ou presque du terrorisme raciste et fasciste.

Il ne s’agit pas ici de comparer les attentats les uns aux autres, ni de prétendre que la cruauté des uns justifierait celle des autres.

Il n’y a pas d’excuse.

Il n’y a pas de justification.

Ce qui m’inquiète, c’est que le terrorisme soit assimilé à la terreur de l’islam. Et que se crée dans ce cadre une fausse unité nationale de l’état et du peuple. Ce qui m’inquiète, c’est la partialité de notre indignation et de notre humanité, lorsqu’il s’agit de la violence terroriste contre « les autres », contre les minorités.
C’est précisément cette partialité qui emporte l’opinion publique, consciemment ou inconsciemment, vers encore plus de peur et de haine, vers plus de racisme et d’islamophobie.

Le massacre chez Charlie Hebdo, suivi des deux autres tueries et prises d’otage à Paris, donne l’impression que nous avons été ou que nous sommes assaillis de toutes parts par des djihadistes d’Al Qaeda. Après Charlie Hebdo, l’usage des mots a radicalement changé. Il y a quinze ans, seul Bush parlait en termes de « nous ou eux » et de « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Aujourd’hui, les responsables politiques parlent sans vergogne d’une « guerre entre la barbarie et la civilisation ». La question à se poser est dans quelle mesure non seulement la barbarie, mais la civilisation elle-même n’est pas contaminée par le terrorisme
 
Breivik et Zschäpe ?
 
Lors des énumérations des massacres terroristes, celui de Breivik n’a pratiquement pas été mentionné. Breivik est blanc. Inspiré par la défense des valeurs européennes contre l’islamisation grimpante. Le 22 juillet 2011, il a d’abord fait exploser une bombe devant le Regjeringskvartalet, le parlement norvégien à Oslo, ce qui a coûté la vie à huit personnes. Deux heures plus tard, il abattait de sang-froid 69 personnes, surtout des jeunes, de sa propre main, un par un, dans le camp de vacances sur l’île d’Utoya. J’y ai consacré un petit essai, The making of Anders B. Breivik, impressionné par le silence assourdissant qui a régné en Europe après cet attentat. Non, il n’y a pas eu de manifestations monstres dans des dizaines de villes en Europe et dans le monde, pas de T-shirts, pas de tag « Je suis Utoya », pas de marches républicaines, chefs d’État du monde entier en tête. Les partis politiques d’extrême droite ont fait profil bas ou ont déclaré que leur propagande raciste et islamophobe n’avait rien à voir avec ce massacre.
 
Dans la rétrospective des attentats terroristes, pas de trace non plus des assassinats de la NSU en Allemagne, dont furent victime des Turcs et des Grecs ainsi qu’une policière. Le procès de la NSU et de Beate Zschäpe est en cours actuellement : elle est inculpée pour 10 meurtres racistes, 25 tentatives de meurtre, 10 braquages, extorsion et, oui, d’appartenance à une organisation terroriste.
 
Pas de trace non plus des attentats terroristes contre les migrants, les tziganes, les musulmans ou les chercheurs d’asile. Comme la démolition en 2008 et 2009, de seize maisons de Roms en Hongrie, État-membre de l’Union européenne. Ou les 47 attentats entre 2008 et 2012 contre les mêmes Roms en République Tchèque, qui coûtèrent la vie à au moins cinq d’entre eux.

Pas de mention non plus du fait que les attentats terroristes en Europe du fait de fondamentalistes musulmans, selon les rapports européens officiels sur le terrorisme, sont minoritaires par rapport à toutes les autres tendances politiques confondues.

La « limite est atteinte », une « frontière est franchie », répète-t-on en boucle sur tous les médias. Et chacun devient brusquement Charlie. Mais pourquoi la limite n’était-elle pas déjà atteinte avec les attentats de Breivik et Cie. ?
 
La terreur inégalée de la guerre 

 
Dans la “mise en perspective” du massacre à Charlie Hebdo, aucune mention de la guerre et de la terreur que font régner nos états civilisés. La guerre mondiale contre le terrorisme, the global war on terror, a été lancée après le 11 septembre 2001. Ce n’était ni plus ni moins que le déclenchement d’une guerre sans fin, et non pas une question de justice, de protection des populations ou de plus grande recherche de paix.

Pratiquement tous les pays européens libéraux, libres et civilisés se sont lancés dans cette guerre les dernières années, la France, l’Allemagne et la Belgique après quelques réticences il est vrai. Ils savaient sans doute que cela déboucherait sur une catastrophe. Mais ces réticences n’ont pas résisté longtemps aux pressions américaines.
Dès le début de cette guerre, Michael Ratner, du Centre (américain) for Constitutional Rights, dénonçait cette guerre comme une guerre, non contre le terrorisme, mais contre les musulmans. En quinze ans, cette guerre a transformé le monde en un gigantesque champ de bataille, une jungle sur laquelle poussent maintenant les champignons que nous avons semés, de Breivik à Isis, il n’y a pas de différence. Et tous deux veulent importer cette guerre sur le continent.

Le climat raciste et islamophobe en Europe est clairement lié à cette guerre, dans laquelle la communauté musulmane est considérée comme une sorte de cinquième colonne. L’islam doit s’adapter, les musulmans sont sommés de se distancier, de s’excuser, de condamner… Les imams et les musulmans prêts à le faire sont activement recherchés par les médias. Nous a-t-on invités à faire de même lors des attentats de Breivik ou de Zschäpe ? Nous a-t-on dit que nous étions pratiquement obligés de descendre dans la rue ?

C’est dans ce climat que Charlie Hebdo a vendu ces dernières années son « humour » sordide contre l’Islam et son prophète, sur les femmes musulmanes voilées, toutes esclaves du sexe, et j’en passe.Sur l’attentat lui-même contre Charlie Hebdo : toute ma compassion pour toutes les victimes qui ne méritaient en rien de mourir de cette manière et pour leurs familles durement et injustement éprouvées.

Mais « Je suis Charlie » ? No way
.

La stratégie du « choc des civilisation » a été conçue à Tel-Aviv et à Washington



L’idéologie et la stratégie des Frères musulmans, d’Al-Qaïda et de Daesh ne préconise pas de créer de guerre civile en « Occident », mais au contraire de la créer en « Orient » et de séparer hermétiquement les deux mondes. Jamais Saïd Qotb, ni aucun de ses successeurs, n’ont appelé à provoquer d’affrontement entre les musulmans et les non-musulmans chez ces derniers.
Au contraire, la stratégie du « choc des civilisations » a été formulée par Bernard Lewis pour le Conseil de sécurité nationale états-unien, puis vulgarisée par Samuel Huntington non plus comme une stratégie de conquête, mais comme une situation prévisible [1]. Elle visait à persuader les populations membres de l’Otan d’un affrontement inévitable qui prit préventivement la forme de la « guerre au terrorisme ».
Ce n’est pas au Caire, à Riyad ou à Kaboul que l’on prône le « choc des civilisations », mais à Washington et à Tel-Aviv.
Les commanditaires de l’attentat contre Charlie Hebdo n’ont pas cherché à satisfaire des jihadistes ou des talibans, mais des néo-conservateurs ou des faucons libéraux.
N’oublions pas les précédents historiques.
Nous devons nous souvenir qu’au cours des dernières années, nous avons vu les services spéciaux états-uniens ou de l’Otan
Description : - tester en France les effets dévastateurs de certaines drogues sur des populations civiles [2] ;
Description : - soutenir l’OAS pour tenter d’assassiner le président Charles De Gaulle [3] ;
Description : - procéder à des attentats sous faux drapeau, contre des civils, dans plusieurs États membres de l’Otan [4].
Nous devons nous souvenir que, depuis le démembrement de la Yougoslavie, l’état-major états-unien a expérimenté et mis en pratique dans de très nombreux pays sa stratégie des « combats de chiens ». Elle consiste à tuer des membres de la communauté majoritaire, puis des membres des minorités en renvoyant les responsabilités dos-à-dos jusqu’à ce que chacun soit convaincu d’être en danger de mort. C’est de cette manière que Washington a provoqué la guerre civile aussi bien en Yougoslavie que dernièrement en Ukraine [5].
Les Français seraient bien avisés de se souvenir également que ce ne sont pas eux qui ont pris l’initiative de la lutte contre les jihadistes revenant de Syrie et d’Irak. À ce jour d’ailleurs, aucun d’entre eux n’a commis le moindre attentat en France, le cas de Mehdi Nemmouche n’étant pas celui d’un terroriste solitaire, mais d’un agent chargé d’exécuter à Bruxelles deux agents du Mossad [6] [7]. C’est Washington qui a convoqué, le 6 février 2014, les ministres de l’Intérieur de l’Allemagne, des États-Unis, de la France (M. Valls s’est fait représenter), de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni pour faire du retour des jihadistes européens une question de Sécurité nationale [8]. Ce n’est qu’après cette réunion que la presse française a abordé ce sujet, puis que les autorités ont commencé à réagir.
John Kerry s’est exprimé pour la première fois en français pour adresser un message aux Français. Il dénonce une attaque contre la liberté d’expression (alors que son pays n’a cessé depuis 1995 de bombarder et de détruire les télévisions qui lui faisaient ombrage en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye) et célèbre la lutte contre l’obscurantisme.
Nous ignorons qui a commandité cette opération professionnelle contre Charlie Hebdo, mais nous ne devrions pas nous emballer. Nous devrions considérer toutes les hypothèses et admettre, qu’à ce stade, son but le plus probable est de nous diviser ; et ses commanditaires les plus probables sont à Washington.
Sur le même sujet, lire : « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.
[1] « La "Guerre des civilisations" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.
[2] « Quand la CIA menait des expériences sur des cobayes français », par Hank P. Albarelli Jr., Réseau Voltaire, 16 mars 2010.
[3] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.
[4] « Les Armées Secrètes de l’OTAN », par Daniele Ganser, éd. Demi-Lune. Disponible par chapitre sur le site du Réseau Voltaire.
[5] « Le représentant adjoint de l’ONU en Afghanistan est relevé de ses fonctions », « Washington peut-il renverser trois gouvernements à la fois ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 23 février 2014.
[6] « L’affaire Nemmouche et les services secrets atlantistes », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 9 juin 2014.
[7] On objectera les affaires Khaled Kelkal (1995) et Mohammed Mehra (2012). Deux cas de « loups solitaires » liés à des jihadistes ; mais ni à la Syrie, ni à l’Irak. Malheureusement, tous deux furent exécutés en opération par les Forces de l’ordre de sorte qu’il est impossible de vérifier les théories officielles.

L’approvisionnement de l’Etat Islamique depuis la Turquie (reportage)

L’approvisionnement de l’Etat Islamique depuis la Turquie (reportage)

Publié par Wikistrike .com,  3/1/2015

L’approvisionnement de l’Etat Islamique depuis la Turquie (reportage)
Par la chaine allemande WD
La chaine allemande Deutsche Welle (DW) a publié un reportage vidéo d’une importance capitale ; c’est sans doute le premier grand média occidental à admettre que ce qu’on appelle l’EIIL (ou ISIS, ou encore Islamic State) est alimenté, non pas par le marché noir du pétrole, ou par les prises d’otage avec rançons, mais par des approvisionnements et du matériel pour plusieurs milliards de dollars, transportés quotidiennement par camion jusqu’en Syrie à travers la frontière avec la Turquie, pays membre de l’OTAN.
Le reportage qui s’intitule ‘IS’ supply channels through Turkey ( » Les circuits d’approvisionnement de l’EIIL viennent de Turquie ») confirme ce qui avait été rapporté par plusieurs analystes politiques dès 2011, à savoir que la Turquie, bien que membre de l’OTAN, permet le passage d’énormes quantités de fournitures, d’armes et de combattants à travers sa frontière avec la Syrie à destination des positions tenues par l’EIIL.
Dans une scène surréaliste du reportage de DW, on voit des terroristes anti-syriens traverser tranquillement la frontière et une fois arrivés de l’autre côté, être abattus par des combattants kurdes.

SLPM : 4éme année du déclenchement du mouvement du 20 Février


L’Association « Solidarité avec Le Peuple Marocain »
vous invite à la soirée de commémoration de la 4éme année du déclenchement du mouvement de protestation populaire « 20 Février » et de soutien aux victimes de la répression ,
le 21 Février 2015 ,
 salle ‘’ OUCH DINIER ’’ 
à Rezé (Loire Atlantique).
De 19h à 23h30.

- Présentation du livre de Laurent Beurdeley, "
"LE MAROC, Un royaume en ébullition"


suivi d’un débat, en présence de l’auteur et d’un militant du Maroc.
- Dîner à la marocaine : Harira - soupe marocaine -, gâteaux marocains, salade, fromage.
- Lecture d’écrits et de poèmes de Saida Menebhi , par la troupe de théâtre « les vaches à roulettes «
- Vente de bijoux et de produits artisanaux.

Participation aux frais : 10 £ et + pour les adultes, 5£ pour les enfants.

Soyez nombreux à soutenir la lutte des hommes et des femmes marocains pour la dignité , la liberté et la démocratie !
Aziz Menebhi

Union juive française pour la Paix : Être ou ne pas être Charlie – là n'est pas la question

Dans le chaos provoqué par l'attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n'est pas facile de se situer: Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui «craignent les amalgames» et ceux qui appellent à l'union nationale (et internationale) contre l'Islamisme radical sous la bannière du slogan «je suis Charlie».
Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement?
Ce massacre ignoble est revendiqué  par des individus qui se disent membres de Al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l'islamisme radical  ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s'imposent par la terreur affirment commettre leurs  crimes au nom de l'Islam. Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des États et l'utilisation par l'Occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l'immigration post-coloniale, le racisme d'État, l'islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l'essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d'une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.
Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l'impertinence, l'insolence de mai soixante-huit, Wolinski, Cabu, l'écologie,  RESF, ne s'est-t-il pas justement distingué dans l'art graphique et politique de l'amalgame depuis des années?  Et que les choses soient claires,  personne ici  ne dit qu'il n'avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.
Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.
Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.
Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années trente au moment de la montée de l'antisémitisme et de la persécution des juifs? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l'époque mais de caricatures critiquant la religion juive.
Comment la critique des religions  pourrait-elle faire abstraction du rapport  dominant/dominé ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n'est aucunement neutre à l'égard des musulmans. Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l'islamophobie en France. Développement du mépris et du  racisme à l'encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger «la laïcité à la française» contre eux,  des mosquées attaquées,  des agressions physiques  contre des gens "d'apparence musulmane". Leur désignation comme boucs émissaires de  la crise économique et sociale, qu'ils subissent aussi et souvent en première ligne,  à l'aide des « amalgames » est en marche depuis des années.  
Des ghettos  et des discriminations,  il n'en est pas question aujourd'hui, l'«union nationale» peut se faire avec le sang de tous ces morts,  contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà (encore), le terrain a été préparé de longue date.
Le "suicide français" est  en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot. 
"L'Union Nationale" et "l'Union Sacrée" que l'émotion autour du massacre qui vient d'être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d'horreur et de révolte légitimes  au service d'autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d'expression n'est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d'État ou les interventions impérialistes. Nous n'acceptons pas le "choc des civilisations" et la logique "terrorisme/antiterrorisme". Nous refusons d'avance toutes les nouvelles lois "sécuritaires" et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d'injonction à l'égard des musulmans que  cette union nationale ne peut manquer de produire. .
Alors aujourd'hui craindre l'amalgame nous semble plus qu'insuffisant. La France se dit un État de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il  vient  en réalité de  libérer la politique de l'amalgame, et du bouc émissaire. En ce sens les bourreaux comme les victimes de l'attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur,  Charlie n'était pas et n'est pas pour autant   notre ami et « nous ne sommes pas Charlie».  Si notre solidarité et notre profonde compassion  vont à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes innocentes de cette tragédie et à leurs familles, l'union qu'il faut  construire aujourd'hui  est celle d'une France qui accepte d'être enfin celle  de tous ses citoyens,   musulmans inclus.  La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l'égalité, la justice, la reconnaissance de la France  d'aujourd'hui dans toute sa diversité source d'immense richesse. Pour qu'au bout de cette nuit,   le jour se lève, nous  devons être aujourd'hui  des musulmans.
Bureau national de l'UJFP le 9 janvier 2015