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samedi 7 février 2015

Emmanuel Todd mal à l'aise avec la "sanctification" de "Charlie Hebdo"

 

Le Point -

L'anthropologue et historien français juge que, dans le contexte actuel en France, blasphémer l'islam revient à humilier les faibles de la société.

Le mouvement "Je suis Charlie" inquiète Emmanuel Todd.
Le mouvement "Je suis Charlie" inquiète Emmanuel Todd. © BALTEL/SIPA
L'anthropologue et historien français Emmanuel Todd a confié au quotidien japonais Nikkei être mal à l'aise avec le mouvement "Je suis Charlie", né en France après l'attentat contre Charlie Hebdo, jugeant que les caricatures de Mahomet humilient les faibles de la société. "Il y a un grand écart entre ce qui se passe actuellement en France et ce que je pense", a déclaré Emmanuel Todd au correspondant du Nikkei à Paris. "En France, si on ne touche pas à une personne en particulier, on considère qu'il est possible de tout caricaturer. Avant l'attentat, je critiquais les dessins satiriques de Charlie Hebdo. Je ne peux donc pas être d'accord avec la sanctification de cet hebdomadaire qui a publié des caricatures obscènes du prophète Mahomet", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés en japonais. Selon lui, près de quatre millions de Français qui sont descendus dans la rue le 11 janvier, quatre jours après l'attentat qui a décimé Charlie Hebdo, ne sont pas représentatifs de la société française : "Beaucoup appartiennent à la classe moyenne, mais les jeunes de banlieue (dont beaucoup d'origine immigrée) et les classes ouvrières, eux, n'y étaient pas", insiste Emmanuel Todd, que cette situation inquiète.
Il pointe en outre les inégalités dont sont victimes les immigrés et leurs enfants, "qui ne peuvent recevoir un enseignement suffisant et ne trouvent pas de travail en période actuelle de crise économique. Une partie d'entre eux aspirent ainsi au radicalisme du groupe État islamique". "Ce qu'on voit dans les banlieues de nos grandes villes, c'est la plus récente expression de la crise que doivent affronter les sociétés d'Europe de l'Ouest. Les jeunes musulmans qui vivent dans les banlieues sont des Français nés en Occident. L'absence de perspective d'avenir est une des causes de l'aliénation de ces jeunes. Et l'Europe de l'Ouest ferme les yeux sur son propre problème", souligne encore Emmanuel Todd. "Se moquer de soi-même ou de la religion d'un ancêtre est une chose, mais insulter la religion d'un autre est une histoire différente. L'islam est devenu le support moral des immigrés de banlieue dépourvus de travail. Blasphémer l'islam, c'est humilier les faibles de la société que sont ces immigrants", juge le démographe.
Les propos d'Emmanuel Todd retenus par le Nikkei font largement écho à l'analyse d'une partie de la presse et de la population du Japon qui ont du mal à comprendre pourquoi Charlie Hebdo a publié des caricatures de Mahomet malgré les risques connus, et qui considèrent les inégalités en France comme une cause de la dérive radicale de certains jeunes.

dimanche 18 janvier 2015

Titres sur http://solidmar.blogspot.com du 11/1/2015 au 18/1/2015


vendredi 16 janvier 2015

Marianne et Charlie Hebdo interdits au Maroc


samedi 10 janvier 2015

Si c’est ça l’humain …

 
Après la tuerie de Charlie Hebdo, je suis sans voix. Ceux qui ont perpétré ce crime ont perdu la foi en l'homme. Ils ne l'ont jamais eue, d’ailleurs. Ils prétendent avoir peur pour Dieu. Comme s'ils étaient des dieux à leur tour. Mais qui sont-ils ? Des ignorants fabriqués par les machines de haine et d'exclusion. Des rebuts qui veulent forcer les portes d'un paradis introuvable. Face à cette banalisation du mal, il va bien falloir que nous tous, musulmans de culture, d'héritage ou juste de voisinage, citoyens pacifistes de la terre-monde, que l'on crie "raison", "liberté", "pluralité" plus fort que tous ces criminels qui n'ont pas encore voulu enterrer la hache de guerre des religions, qui croient encore faire face à l’impérialisme par une idéologie haineuse.
Mais qu’est-ce qui nous empêche, silencieux humanistes de culture musulmane ou juste libre penseurs nés ou vivant dans ces contrées là, de hurler notre colère ? Et qu’est-ce qui a poussé ces néo-assassins à dépasser la frontière de l’humain ? Il n’y a pas lieu, ici, de faire une analyse exhaustive de couches superposées de raisons innommables qui font barrière à une raison introuvable. Mais il y a lieu d’énumérer, en vrac, tout ce qui encourage à nouveau la horde primitive à sortir de sous terre et renifler le sang des victimes à abattre. Comme si c’était ça, l’humain. Comme si l’on pouvait, sans crier gare, faire couler le sang de ceux qui ne font que couler l’encre. Car c’est bien à cette dérive que l’on assiste, médusés, dans le réel, comme sur les murs virtuels.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse tous les fanatiques, qui n’ont lu les livres sacrés qu’à moitié ou pris leur interprétation humaine pour une loi divine et appris à hurler comme des perroquets leur identité comme un passe-droit ou un visa au port d’armes.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse l’Arabie saoudite, ses manuels wahhabites et ses relais bigots qui depuis des décennies distillent, avec la bénédiction du mercantilisme américain, dans toutes les sphères musulmanes, l’idée fascisante d’une Oumma, nation musulmane, supérieure en vérité, en droit, de jihad meurtrier contre les impies.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse toutes les super puissances, américaine, russe, et leurs alliés qui recommencent à sonner le glas de la guerre, sur l’autel d’une mer morte pourrie depuis des décennies par l’arrogance israélienne et une Mésopotamie en proie à une résurgence subite de la discorde sunnites-chiites.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse les nationalismes européens, qui refont surface et autorisent au nom de la sécurité, de la culture, de l’emploi ou encore du mythe de l’entre-soi, et par la plume de pseudo-intellectuels cyniques, la propagation de la haine de l’étranger, musulman de surcroît.
Si l’on en est là, à croire que c’est ça l’humain, alors, j’accuse nos régimes autoritaires qui ont, depuis des décennies, fait barrière dans nos écoles à la pensée libre et critique. Ils y ont laissé pulluler la pensée unique et surtout l’idée sournoise qu’être musulman fait de nous les détenteurs d’une vérité supérieure à celle des autres.
Même si tout cela donne à des extrémistes, marginaux, sans repère, l’illusion d’un droit de meurtre contre des voix libres s’en prenant à nos icônes « sacrées », je refuse fermement de croire que c’est ça l’humain. Et je continuerai de le refuser jusqu’à ce que la raison, le respect de la pluralité sans hiérarchies et la suprématie de la liberté reprenne ses droits parmi nous.
Driss KsikesJournaliste, écrivain et dramaturge, Rabat

La stratégie du « choc des civilisation » a été conçue à Tel-Aviv et à Washington



L’idéologie et la stratégie des Frères musulmans, d’Al-Qaïda et de Daesh ne préconise pas de créer de guerre civile en « Occident », mais au contraire de la créer en « Orient » et de séparer hermétiquement les deux mondes. Jamais Saïd Qotb, ni aucun de ses successeurs, n’ont appelé à provoquer d’affrontement entre les musulmans et les non-musulmans chez ces derniers.
Au contraire, la stratégie du « choc des civilisations » a été formulée par Bernard Lewis pour le Conseil de sécurité nationale états-unien, puis vulgarisée par Samuel Huntington non plus comme une stratégie de conquête, mais comme une situation prévisible [1]. Elle visait à persuader les populations membres de l’Otan d’un affrontement inévitable qui prit préventivement la forme de la « guerre au terrorisme ».
Ce n’est pas au Caire, à Riyad ou à Kaboul que l’on prône le « choc des civilisations », mais à Washington et à Tel-Aviv.
Les commanditaires de l’attentat contre Charlie Hebdo n’ont pas cherché à satisfaire des jihadistes ou des talibans, mais des néo-conservateurs ou des faucons libéraux.
N’oublions pas les précédents historiques.
Nous devons nous souvenir qu’au cours des dernières années, nous avons vu les services spéciaux états-uniens ou de l’Otan
Description : - tester en France les effets dévastateurs de certaines drogues sur des populations civiles [2] ;
Description : - soutenir l’OAS pour tenter d’assassiner le président Charles De Gaulle [3] ;
Description : - procéder à des attentats sous faux drapeau, contre des civils, dans plusieurs États membres de l’Otan [4].
Nous devons nous souvenir que, depuis le démembrement de la Yougoslavie, l’état-major états-unien a expérimenté et mis en pratique dans de très nombreux pays sa stratégie des « combats de chiens ». Elle consiste à tuer des membres de la communauté majoritaire, puis des membres des minorités en renvoyant les responsabilités dos-à-dos jusqu’à ce que chacun soit convaincu d’être en danger de mort. C’est de cette manière que Washington a provoqué la guerre civile aussi bien en Yougoslavie que dernièrement en Ukraine [5].
Les Français seraient bien avisés de se souvenir également que ce ne sont pas eux qui ont pris l’initiative de la lutte contre les jihadistes revenant de Syrie et d’Irak. À ce jour d’ailleurs, aucun d’entre eux n’a commis le moindre attentat en France, le cas de Mehdi Nemmouche n’étant pas celui d’un terroriste solitaire, mais d’un agent chargé d’exécuter à Bruxelles deux agents du Mossad [6] [7]. C’est Washington qui a convoqué, le 6 février 2014, les ministres de l’Intérieur de l’Allemagne, des États-Unis, de la France (M. Valls s’est fait représenter), de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni pour faire du retour des jihadistes européens une question de Sécurité nationale [8]. Ce n’est qu’après cette réunion que la presse française a abordé ce sujet, puis que les autorités ont commencé à réagir.
John Kerry s’est exprimé pour la première fois en français pour adresser un message aux Français. Il dénonce une attaque contre la liberté d’expression (alors que son pays n’a cessé depuis 1995 de bombarder et de détruire les télévisions qui lui faisaient ombrage en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye) et célèbre la lutte contre l’obscurantisme.
Nous ignorons qui a commandité cette opération professionnelle contre Charlie Hebdo, mais nous ne devrions pas nous emballer. Nous devrions considérer toutes les hypothèses et admettre, qu’à ce stade, son but le plus probable est de nous diviser ; et ses commanditaires les plus probables sont à Washington.
Sur le même sujet, lire : « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.
[1] « La "Guerre des civilisations" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.
[2] « Quand la CIA menait des expériences sur des cobayes français », par Hank P. Albarelli Jr., Réseau Voltaire, 16 mars 2010.
[3] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.
[4] « Les Armées Secrètes de l’OTAN », par Daniele Ganser, éd. Demi-Lune. Disponible par chapitre sur le site du Réseau Voltaire.
[5] « Le représentant adjoint de l’ONU en Afghanistan est relevé de ses fonctions », « Washington peut-il renverser trois gouvernements à la fois ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 23 février 2014.
[6] « L’affaire Nemmouche et les services secrets atlantistes », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 9 juin 2014.
[7] On objectera les affaires Khaled Kelkal (1995) et Mohammed Mehra (2012). Deux cas de « loups solitaires » liés à des jihadistes ; mais ni à la Syrie, ni à l’Irak. Malheureusement, tous deux furent exécutés en opération par les Forces de l’ordre de sorte qu’il est impossible de vérifier les théories officielles.

Union juive française pour la Paix : Être ou ne pas être Charlie – là n'est pas la question

Dans le chaos provoqué par l'attentat monstrueux qui a coûté la vie à douze êtres humains, il n'est pas facile de se situer: Entre ceux qui expriment uniquement douleur et colère justifiées, ceux qui «craignent les amalgames» et ceux qui appellent à l'union nationale (et internationale) contre l'Islamisme radical sous la bannière du slogan «je suis Charlie».
Bien sûr, le crime appelle douleur et colère, mais contre quoi exactement?
Ce massacre ignoble est revendiqué  par des individus qui se disent membres de Al Qaida. La nécessité absolue de combattre les mouvances obscurantistes de l'islamisme radical  ne doit pas nous rendre amnésique. Ces courants qui s'imposent par la terreur affirment commettre leurs  crimes au nom de l'Islam. Leur développement a été rendu possible par les interventions impérialistes, le démembrement des États et l'utilisation par l'Occident de ce courant contre les forces progressistes. En France, la situation sociale insupportable que vit la population issue de l'immigration post-coloniale, le racisme d'État, l'islamophobie, les discriminations, la stigmatisation ou les contrôles au faciès portent une responsabilité évidente dans l'essor de ce courant qui touche en réalité une frange marginale d'une jeunesse de toutes origines mais sans horizon.
Bien sûr le crime risque de provoquer des amalgames. Mais ces amalgames sont-ils nouveaux? Charlie Hebdo, qui a longtemps représenté pour nous l'impertinence, l'insolence de mai soixante-huit, Wolinski, Cabu, l'écologie,  RESF, ne s'est-t-il pas justement distingué dans l'art graphique et politique de l'amalgame depuis des années?  Et que les choses soient claires,  personne ici  ne dit qu'il n'avait pas la liberté de le faire et il a eu toute liberté de le faire des années durant.
Avoir la moindre complaisance ou compréhension pour des assassins de dessinateurs ou pour la mise à mort de gens en raison de leurs idées est insensé.
Mais Charlie Hebdo a mené une bataille politique. Et occulter et faire oublier dans quel contexte il publiait ses caricatures faisait partie de sa bataille politique.
Peut-on imaginer des caricatures émanant de journaux progressistes critiquant la religion juive pendant les années trente au moment de la montée de l'antisémitisme et de la persécution des juifs? Et nous ne parlons pas ici de caricatures antisémites de l'époque mais de caricatures critiquant la religion juive.
Comment la critique des religions  pourrait-elle faire abstraction du rapport  dominant/dominé ? Critiquer les religions cela se fait aussi dans un contexte, dans un moment politique qui n'est aucunement neutre à l'égard des musulmans. Les actes de Charlie Hebdo, et les caricatures et les articles sont des actes et ont participé au développement de l'islamophobie en France. Développement du mépris et du  racisme à l'encontre de tous les musulmans, des lois chargées de protéger «la laïcité à la française» contre eux,  des mosquées attaquées,  des agressions physiques  contre des gens "d'apparence musulmane". Leur désignation comme boucs émissaires de  la crise économique et sociale, qu'ils subissent aussi et souvent en première ligne,  à l'aide des « amalgames » est en marche depuis des années.  
Des ghettos  et des discriminations,  il n'en est pas question aujourd'hui, l'«union nationale» peut se faire avec le sang de tous ces morts,  contre les musulmans, des mosquées brûlent déjà (encore), le terrain a été préparé de longue date.
Le "suicide français" est  en marche annonçait le mois dernier un autre Charlot. 
"L'Union Nationale" et "l'Union Sacrée" que l'émotion autour du massacre qui vient d'être commis essaie de nous imposer, manipulent les sentiments d'horreur et de révolte légitimes  au service d'autres significations bien plus complexes et douteuses. La liberté d'expression n'est pas menacée en France, même la plus raciste. Nous ne sommes pas dans le camp de ceux qui soutiennent le racisme d'État ou les interventions impérialistes. Nous n'acceptons pas le "choc des civilisations" et la logique "terrorisme/antiterrorisme". Nous refusons d'avance toutes les nouvelles lois "sécuritaires" et toutes les nouvelles formes de discrimination ou d'injonction à l'égard des musulmans que  cette union nationale ne peut manquer de produire. .
Alors aujourd'hui craindre l'amalgame nous semble plus qu'insuffisant. La France se dit un État de droit, les criminels doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes. Mais leur crime va bien au-delà, il  vient  en réalité de  libérer la politique de l'amalgame, et du bouc émissaire. En ce sens les bourreaux comme les victimes de l'attentat étaient partie prenante de la guerre des civilisations. En ce sens, si les assassins nous font horreur,  Charlie n'était pas et n'est pas pour autant   notre ami et « nous ne sommes pas Charlie».  Si notre solidarité et notre profonde compassion  vont à tous les journalistes, salariés, policiers, victimes innocentes de cette tragédie et à leurs familles, l'union qu'il faut  construire aujourd'hui  est celle d'une France qui accepte d'être enfin celle  de tous ses citoyens,   musulmans inclus.  La bataille contre le terrorisme passera par la bataille pour l'égalité, la justice, la reconnaissance de la France  d'aujourd'hui dans toute sa diversité source d'immense richesse. Pour qu'au bout de cette nuit,   le jour se lève, nous  devons être aujourd'hui  des musulmans.
Bureau national de l'UJFP le 9 janvier 2015

Les Pieds Nickelés chez Charlie-Hebdo

blog de Ayman El Kayman, 8/1/2015

Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité de la Galaxie

À l'horreur légitime, la réponse proposée est, comme d'habitude, l'union nationale, de Mélenchon à Le Pen, en passant par Sarkozy et Hollande. Les bouffeurs de curés envoyés mercredi dans un autre monde par les frères Kouachi ont bien du se marrer en entendant le glas sonner depuis les tours de Notre-Dame et d'autres cathédrales de la douce France, fille aînée de l’Église. Le Papa Francisco n'a plus qu'à engager le processus de béatification.
 

Restons sérieux et posons quelques questions de bon sens sur l'horrible massacre de Charlie-Hebdo. On nous dit qu'il a été commis par deux terroristes professionnels, qui se sont comportés de manière techniquement impeccable. Première question : vous êtes un terroriste professionnel, vous vous embarquez dans une opération de commando avec armes, cagoules et gilet pare-balles. Et vous emportez avec vous votre carte d'identité ? Vous quittez la première voiture que vous avez utilisée pour continuer votre fuite. Et vous "oubliez" votre carte d'identité dans cette voiture ? On croit rêver, ou avoir affaire à un scénario de Pieds Nickelés, version 2015, revue par Luz et ses copains. Ça ne vous rappelle rien ? Moi, si : les fameux passeports de certains terroristes du 11 Septembre retrouvés intacts dans les décombres de Ground Zero. Ou encore la voiture louée par les hommes censés avoir commis les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, et payée avec une vraie carte de crédit permettant de les identifier immédiatement.
Chérif Kouachi, le "petit" des deux frères, était plus que "connu des services de police" : il avait été emprisonné, jugé, condamné, de nouveau arrêté, détenu, jugé, bénéficié d'un non-lieu. Bref, il était dans les petits papiers des services de renseignement depuis 10 ans. Pourquoi a-t-on cessé de le surveiller, et quand ? Manuel Valls a eu une phrase pour le moins étonnante jeudi matin : «Ces individus étaient sans doute suivis mais il n’y a pas de risque zéro».
Deux autres questions viennent à l'esprit : où est passé le chauffeur de la voiture qui a conduit les deux tueurs sur le lieu du crime, pour ensuite repartir sur un scooter ? Comme apparemment, l'opération n'était pas conçue comme une opération-suicide - un "aller-simple" sans retour -, le chauffeur aurait du logiquement attendre le retour de ses acolytes pour repartir avec eux.
Et enfin : et si la carte d'identité de Saïd Kouachi retrouvée dans la voiture n'était qu'un leurre destiné à mettre les chasseurs sur une fausse piste ?
Ces questions en appelleraient beaucoup d'autres, mais chaque chose en son tempsAttendons l'issue de la chasse à l'homme lancée tout azimut. De deux choses l'une : ou bien les frères Kouachi sont pris vivants, ou bien ils sont abattus au bout de la traque. Dans ce dernier cas, ils emporteront leur secret dans la tombe, comme tant d'autres avant eux, de Khaled Kelkal à Mohamed Merah. Dans le premier cas, on finira, peut-être, par connaître les dessous de cette affaire. Je dis bien "peut-être", car, comme le montrent d'autres affaires, les procès de terroristes survivants permettent rarement d'établir la vérité sur les agissements de ceux qui tirent les ficelles du terrorisme.
En attendant, il serait peut-être bon que ceux et celles qui, en France, ont exprimé leur émotion interpellent le ministre de l'Intérieur sur ce qui s'apparente à de la négligence criminelle dans la "protection" de Charlie-Hebdo.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’Esprit soit avec vous !

…et à la prochaine !

jeudi 8 janvier 2015

Sahara Occidental : Equipe Média dénonce l’attentat contre Charlie Hebdo


EM, 8/1/2015


Lire ci-dessous : "ايكيب ميديا" يندد يالهجوم على "شارلي ايبدو"

L’Equipe Média, agence de journalistes du Sahara Occidental, dénonce fortement l'attentat terroriste qui a visé hier 7 janvier 2015 la rédaction de Charlie Hebdo, à Paris, faisant 12 morts, dont 10 membres de l’équipe et 2 policiers chargés de leur sécurité.

Disparaissent Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Elsa Cayat, Mustapha Ourad, Bernard Maris.

C’est une attaque brutale et inhumaine contre la liberté d'expression et de la presse, et un acte d’une lâcheté sans nom, d’opposer les armes aux crayons, la mort aux mots.

Nous que le pouvoir Marocain tente de museler quand nous parlons de notre pays le Sahara Occidental, nous nous sentons orphelin du modèle de ce journal que des irresponsables viennent de tenter de rendre muet. Nous sommes orphelins mais n'en utiliserons que d'avantage le modèle, la force de l'expression libre de Charlie Hebdo.

L’équipe Media tient d’autre part  à exprimer sa solidarité avec les proches des victimes et avec tout le peuple français.
La liberté de tout dire, tout dessiner est un droit précieux qu'il nous faut défendre pour le bien de l'humanité, contre tous les obscurantismes.

Equipe Média, Sahara Occidental occupé
Le 8 janvier 2015




"ايكيب ميديا" يندد يالهجوم على "شارلي ايبدو"

الفريق الاعلامي "ايكيب ميديا" وهو وكالة لصحفيين من الصحراء الغربية يندد وبقوة بالهجوم الارهابي الذي استهدف يوم امس الاربعاء 7 من كانون الثاني – يناير 2015 هيئة تحرير "شارلي ايبدو" في باريس والذي خلف 12 قتيلا بينهم 10 من صحفيي الجريدة و شرطيين مكلفين بالحراسة.

ونتج عن الهجوم مقتل كل من ، شارب ، كابو ، ويلينسكي ، تيكنوس ، ايلسا كايات ، مصطفى وراد و بيرنارد ماري .

إنه هجوم وحشي ولا انساني ضد حرية التعبير و الصحافة ، وعمل جبان يعجز عن الوصف ، ليعبر عن معارضة سلاح الاقلام واغتيال الكلمة .

اننا واذ  نواجه سلطة المغرب التي تحاول اخراسنا عندما نتحدث عن واقع بلدنا الصحراء الغربية ، نشعر باليتم من تجربة هذه الجريدة عندما يحاول اشخاص عديمي المسؤولية اخراسها .

إننا أيتام ، لكننا لانستخدم سوى هذا النموذج المتميز بقوة التعبير الحر لشارلي ايبدو .

ان الفريق الاعلامي ومن جهة اخرى يعبر عن تضامنه مع اقارب الضحايا ، ومع عموم الشعب الفرنسي .إن حرية الحديث  والرسم هي حق ثمين يجب الدفاع عنه لخير الانسانية ضد كل الظلاميين .


الفريق الاعلامي الصحراوي "ايكيب ميديا"

الصحراء الغربية المحتلة في 08 كانون الثاني-يناير 2015
لايسعى الفريق الاعلامي الصحراوي " ايكيب ميديا "لان يكون رقما مضافا في المشهد الاعلامي الوطني بقدر سعيه لتقديم الجودة والجدية . لهذا السبب ومن اجل بث اخبار ذات موضوعية فيما يحدث بالاراضي المحتلة فاننا نعمل بثلاث لغات اجنبية عدا العربية وهي الفرنسية والانجليزية والاسبانية .  تنشر مقالتنا عبر صفحتنا على الفيسبوك ، و توزيع الافراد .وايضا عبر موقعنا على الانترنت
 http://apsoinfo.blogspot.com/…/em-equipe-media-denonce-latt…