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samedi 16 juillet 2016

Il n'y a pas eu de failles ?!

Younes Benkirane

 Pas de failles ???
Juste un semi remorque qui roule pendant 2 km en traînant près de 200 personnes sous ses roues sur la Promenade des Anglais ! 

 
Arrêtez de vous foutre de nous !
Si vous êtes des incompétents, et vous l'êtes, alors déguerpissez !
Vous devez protéger la population, mais vous interdisez les manifs contre la loi travail ! Que du cynisme, et de l'hypocrisie !
Nous protéger, c'est tout le contraire de ce que vous faites.
Nous protéger ce n'est pas bombarder l'Irak et la Syrie mais assurer l'égalité des chances en France face à l'école, au savoir, à l'éducation, au travail.
Assurer notre sécurité c'est cesser de la jouer sur les tables du CRIF.
Assurer notre sécurité c'est d'empêcher les prêches islamistes dans les mosquées au lieu de les laisser faire et de les utiliser après coup contre les musulmans.
C'est nettoyer, laver, rincer, carsheriser votre manière de faire de la politique politicienne.
C'est d'ouvrir de vrais débats sur les grands sujets de société qui nous divisent mais que vous ne voulez pas ouvrir pour justement mieux nous diviser !
Arrêtez ! Suffit ! Votre incompétence et votre cynisme sont criminels et vous devrez bien rendre compte un jour.
Des citoyens meurent par votre faute.
Déguerpissez Mr le cowboy qui croit gagner en jouant à Mr W Bush !
Il n'y a pas eu de faille dans le dispositif de sécurité jeudi soir à Nice où un homme au volant d'un poids lourd a tué au moins 84 personnes sur la promenade des Anglais, a…

mercredi 13 avril 2016

Manuel Valls à Alger : le Sahara occidental, ce "boulet" entre la France et l'Algérie

"L'Algérie a l'intention de faire sortir la France de ses retranchements et de son appui feutré au Maroc", estime la politologue Khadija Mohsen-Finan.

Céline LussatoCéline Lussato, 9/4/2016

Manuel Valls se rend en Algérie les samedi 9 et dimanche 10 avril, avec une dizaine de ministres, pour un voyage officiel au cours duquel est notamment programmée une rencontre avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault est, lui, retenu à une réunion des chefs de la diplomatie du G7.
La question du Sahara occidental sera évoquée lors de ce voyage. Pour Khadija Mohsen-Finan, politologue spécialiste du Maghreb (*), la France, "engagée au Maghreb" est "obligée d'avoir un rôle" dans le règlement de la question sahraouie. Interview.
La question du Sahara occidental devrait être abordée lors des rencontres ministérielles franco-algériennes. Pourquoi cette problématique marocaine interfère-t-elle dans les rapports entre les deux pays ?
  • C'est une sorte de boulet entre la France et l'Algérie. La question a toujours été présente dans la relation entre les deux pays, qui ne sont pas sur la même longueur d'onde sur la résolution du conflit sahraoui. La France a fait le choix d'appuyer la position marocaine et le plan d'autonomie proposé par Rabat en 2007, qu'elle trouve "sérieux". Plusieurs raisons expliquent le choix de la France. Elle a peut-être une proximité de vue avec les Marocains, mais elle a également le souci de soutenir le Maroc pour des raisons d'équilibre géopolitique régional. Enfin la France n’a jamais cru en un Etat sahraoui indépendant qui constituerait un Etat supplémentaire dans la région.

L'Algérie, elle, demande une autodétermination des populations intéressées. Elle est elle-même devenue ainsi indépendante, elle continue de soutenir cette manière de faire. Mais ce n'est pas tout. De façon très politique, l'Algérie saisit aussi ce dossier pour affaiblir le Maroc au niveau régional. Le contentieux entre Alger et Rabat remonte à l’indépendance de l’Algérie (1962) et portait initialement sur la question des frontières.
Mais la donne géopolitique a désormais changé et la France a besoin des deux grands acteurs régionaux du Maghreb. Elle dépend de l'Algérie dans son engagement au Mali, notamment pour le survol de son territoire ; et du Maroc, notamment pour les questions d'immigration en Méditerranée. Or, les solutions proposées par le Maroc et Front Polisario soutenu par Alger sont antagonistes et irréconciliables. Elles ne laissent aucune place à la négociation.

Pourquoi ce conflit vieux de 40 ans ressurgit aujourd'hui au niveau international ?
- Il y a plusieurs raisons. Tout d'abord, Ban Ki-Moon termine son mandat à l'ONU et part avec un sentiment d'échec sur ce dossier. Il veut peut-être attirer l'attention de la communauté internationale sur son engagement dans ce dossier, qui reste malgré tout bloqué. Il souhaite aussi mettre en avant les limites du travail de l'ONU, poussé d'ailleurs en cela par son envoyé spécial au Sahara, Christopher Ross.
Le donne géopolitique actuelle exige la résolution de ce conflit lattant. Depuis quelques années, les deux grands acteurs du djihadisme international - l'organisation Etat islamique et al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) - sont actifs dans la région. Ils ont bénéficié du chaos libyen, de la porosité des frontières et de l'affaiblissement des Etats pour se développer.

Pour la France, le problème de ce djihadisme est sa proximité avec l'Europe. Pour mieux circonscrire, il ne faut pas donner à ses acteurs la possibilité d'utiliser les éléments du Front Polisario, militants qui maîtrisent la région et sont aguerris au plan politique. Le cocktail pourrait être explosif, même s'il ne l'est pas encore : le Maroc affirme qu'il y a des connexions mais elles ne sont pas avérées. Cette hypothèse ne peut en tout cas pas être écartée.
En outre, les deux capitales du Maghreb souhaitent traditionnellement avoir Paris pour allié exclusif dans les dossiers considérés comme clés. Le Maroc part du principe que la France est acquise à ses thèses sur le Sahara... et il n'a pas tort. Et l'Algérie voudrait profiter de deux éléments pour retourner la position française ou tout au moins faire en sorte qu’elle ne soit plus inconditionnellement favorable au Maroc :
- les besoins de la France dans la région pour ses opérations militaires de lutte contre le djihadisme d'une part ;

- et d'autre part, ce qui est moins avoué, l'écart entre la position française sur le Sahara occidentale, tranchée, déjà expliquée, et celle de François Hollande. Je pense en effet que le président français n'adhère pas totalement à la position française sur le sujet. Il serait partagé entre une consultation des populations par voie référendaire, et la fidélité aux engagements de la France, défendue par ses équipes.
Enfin, ce conflit revient sur le devant de la scène en raison des changements internes en Algérie, notamment au niveau du Renseignement intérieur, l'ex-DRS. Il est en effet possible que les nouveaux acteurs aient changé de méthode et veuille rendre visible la position algérienne. Cela s'est senti récemment avec les jets de pierres sur les voitures du Secrétaire général des nations unies lors de sa visite à Tindouf.

La France peut-elle vouloir jouer un rôle dans la résolution de ce conflit ?
- La France est obligée de jouer un rôle. Le Maghreb est son arrière-cour. Elle n'a pas son mot à dire sur le conflit israélo-palestinien, mais elle ne peut se désengager du Maghreb. Et même si elle le voulait elle est beaucoup trop engagée et sollicitée par les acteurs de la région. L'Algérie avec ses nouvelles méthodes dans sa politique saharienne, veut faire sortir la France de ses retranchements et de son appui feutré au Maroc.
Les relations franco-algériennes sont empoisonnées par cette situation. La France ne peut se permettre de montrer une préférence marocaine : elle est présente sur le plan économique, politique, militaire et stratégique en Algérie ; la communauté algérienne est très importante en France ; et Alger est un acteur de premier plan dans la lutte contre le djihadisme. Les acteurs algériens l'ont bien compris.
De plus, la position de la France dans ce conflit pèse d'autant plus lourd qu'elle est membre du Conseil de sécurité. C'est bien le véto français qui a bloqué les choses jusqu'à présent. La France a adopté de manière inconditionnelle la position marocaine, y compris ses contradictions, optant tantôt pour l’autodétermination, tantôt pour l’autonomie du Sahara. Les Algériens veulent faire sauter ce verrou, et cela pourrait bien se produire au moins partiellement. Jean-Marc Ayrault était récemment à Alger et a une nouvelle fois affirmé que la situation était délicate, qu'elle méritait réflexion… Mais la France ne pourra pas continuer longtemps à s'en sortir avec quelques petites phrases.
Propos recueillis par Céline Lussato
(*) Khadija Mohsen-Finan enseigne à Paris-1 Panthéon-Sorbonne et a récemment publié un dossier sur le Sahara dans le journal en ligne "Orient XXI".
 http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160408.OBS8114/manuel-valls-a-alger-le-sahara-occidental-ce-boulet-entre-la-france-et-l-algerie.html

Garanti sans virus. www.avast.com

mercredi 17 février 2016

Manuel Valls: «Notre message doit être clair: nous n’accueillons plus de réfugiés»

mercredi 30 décembre 2015

La France est à cran

La France est à cran

Qu’il s’agisse de déchéance de la nationalité ou de la situation en Corse, tout débat tourne à l’aigre, de là à l’acrimonieux et enfin à la pure violence morale. Comment le Premier ministre, pris la main dans le sac de l’extrême droite, ose-t-il déclarer que la gauche « s’égare dans les grands principes » ? Comment peut-on « s’égarer » dans les grands principes républicains ? Je dois en déduire que Valls ne comprend pas ce que sont les « grands principes » républicains, comment ils forment un tout, une cohérence où chaque partie est liée aux autres pour former une doctrine définissant de façon précise et singulière ce qu’est le Peuple, la Nation et la République. Et le cas particulier de Manuel Valls ou de François Hollande rappelle une évidence : il n’y a pas de République sans républicain. Si l’exemple du mépris pour les principes fondateurs de la nation républicaine des Français vient du sommet de l’État, on ne doit pas s’étonner qu’il le soit ensuite publiquement par tous ses ennemis.
Non, Manuel Valls, nous ne nous égarons pas dans les grands principes. Nous nous égarerions sans eux. C’est bien pourquoi de mon côté je vois plus d’un trait commun entre le débat sur la déchéance de la nationalité et les empoignades sur les graves évènements en Corse. Pour moi, « on est chez nous » là où la loi s’applique à tous et où tous sont égaux devant la loi. La loi, même injuste, est la volonté du peuple et elle s’applique jusqu’à ce que le peuple la change. Ceci vaut condamnation de ceux qui agressent les pompiers à Ajaccio comme de ceux qui prétendent punir collectivement toute la population d’un quartier.

 Pour avoir dénoncé les violences d’Ajaccio, et rappelé que cette première en France intervient dans une ambiance locale spécifique, je me vois reprocher une mise en cause collective « des Corses ». Comment peut-on à la fois me reprocher de ne pas reconnaître le peuple corse et de l’incriminer par une généralisation ? Comment croire sérieusement que j’imagine une population française entière xénophobe ? Comment pourrais-je sans cesse dénoncer que l’on essentialise la nationalité comme je le fais contre le concept de « Français de souche » et reproduire cette sottise dans l’analyse du cas particulier d’un territoire français ?

C’est évidemment une ruse rhétorique de mes adversaires. M’accuser de dénigrer le « peuple corse » est une autre manière de donner à celui-ci une existence victimaire sympathique pour effacer la culpabilité des actes racistes et de leurs auteurs individuels. J’y sens le traditionnel fumet ethniciste relooké en élan compassionnel. Cette méthode prolonge en direction des « Corses » la culpabilité collective imputée aux habitants du quartier terrorisé. Or, pour moi, la responsabilité d’un acte est toujours individuelle. Et si j’admets, comme je le fais moi-même souvent dans l’analyse, que les conditions environnantes sociales culturelles et autres concourent évidemment à la formation des actes individuels, celles-ci ne peuvent fournir mieux que des circonstances atténuantes. Jamais des excuses ni des légitimations.

jeudi 17 décembre 2015

COP21. Valls coincé par Cohn-Bendit sur Notre-Dame-des-Landes







LE PLUS. Manuel Valls versus Daniel Cohn-Bendit. C'était le duel du jour, ce mardi matin en direct sur Europe 1. L’ancienne figure des Verts au Parlement européen a invité le Premier ministre a renoncer au chantier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour offrir un symbole concret et très français à la Cop21. En vain. Retour sur cette passe d'armes, avec notre chroniqueur Olivier Picard.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Aude Baron


Manuel Valls dans le studio d'Europe 1, le 1er décembre 2015 (capture d'écran).

Ce fut plus qu’une turbulence dans la matinale d’Europe 1 "spéciale Manuel Valls". Un crash.

Au lendemain de l’ouverture de la COP21, l’occasion était trop belle pour Daniel Cohn-Bendit, chroniqueur maison, de placer le Premier ministre face à ses responsabilités sur le dossier Notre-Dame-des-Landes : Manuel Valls n’avait-il pas répété, à plusieurs reprises, la détermination du gouvernement à mener à bien le projet d’aéroport du Grand Ouest (entre Nantes et Rennes) qui déchaîne la colère des écologistes depuis des années ?

Des déclarations à la limite de la provocation au moment où le PS tentait laborieusement de constituer des listes communes aux régionales avec ses frères et sœurs ennemi(e)s d’EELV.

Le feu vert administratif donné le mois dernier aux défricheuses chargées d’ouvrir une voie aux travaux a entraîné un logique carton rouge des écologistes de la majorité, pour une fois d’accord entre eux pour se rebeller contre l’incroyable obstination de Matignon.

Dany "ne comprend pas" cet acharnement

Ce mardi matin, "Dany" est donc reparti bravement à l’assaut avec les solides arguments contre "l’Ayraultport" (l’ancien Premier ministre était son grand promoteur) qu’il ne cesse de répéter avec constance, et depuis des mois, à l’oreille sourde du pouvoir.

Pourquoi s’accrocher à ce "Toutankhamon de l’aménagement du territoire", imaginé au temps du plan des années 1970…  pour faire voler Concorde de Nantes à New York ? C’est de l’ordre de l’irrationnel. Dany "ne comprend pas" cet acharnement anachronique.

Pourquoi déployer tant d’énergie politique pour un chantier qui va ravager un espace naturel exceptionnel au nom d’une ambition de développement aérien non seulement dépassée mais qui, aussi, défigure les horizons du développement durable ? Pourquoi cette contradiction au moment même où la France organise le plus grand rassemblement de l’histoire pour l’avenir de la planète ?

Ce mardi matin, en direct, Cohn-Bendit, délibérément positif, a proposé au Premier ministre de saisir l’occasion offerte par la COP21 pour renoncer solennellement à la funeste entreprise qui va, immanquablement, ravager un milieu jusque-là préservé. Une porte ouverte formidable pour faire entrer un peu de soleil réconfortant sur le gris paysage du futur climatique.

Inflexible, Valls a fait du Valls

L’espace d’un instant, on a rêvé que le chef du gouvernement de la France allait profiter de ce grand courant d’air frais et se libérer, à la façon d’un personnage de Cabu, de toutes ses anciennes certitudes.

Qu’il allait se laisser emporter par le vent de l’audace. Qu’il allait, enfin, retrouver un peu de légèreté dans cette atmosphère si lourde, et faire une croix verte sur les ailes noires des avions doublement carbonifères.

Mais non. Inflexible, Valls a fait du Valls. Il a tenté une contre-offensive avec un argumentaire fatigué : l’aéroport de Nantes est déjà saturé, urbain et il provoque une pollution sonore continue sur toute l’agglomération nantaise. Pas faux, bien sûr, mais pas convaincant : il faudrait, si on le comprend bien, régler des nuisances environnementales urbaines au prix d’un désastre écologique rural.

Pour faire bonne figure, et dans la panique il a aussi avancé que les "petits aéroports" bretons seraient fermés au profit d’un seul grand, comme si c’était une bonne nouvelle : Quimper et Lorient, notamment, vont apprécier...

Des airs de ministre de l’ère pompidolienne

La démonstration a donc explosé en vol en répandant des ondes négatives immédiatement perceptibles à l’oreille. Dany a bien essayé, jusqu’au bout, de sauver Manuel de ce piqué en vrille, en invoquant l’efficacité, prouvée, de l’interconnexion TGV avec Paris et même la solution démocratique : un référendum régional… En vain.

Le Premier ministre a jugé que le processus démocratique était déjà largement suffisant… On aurait cru entendre un ministre de l’industrie de l’ère pompidolienne. Que dire de plus, sinon qu’on est triste ?

dimanche 13 décembre 2015

Le mauvais quart d’heure de Valls


Par Denis Sieffert - Politis - 11 décembre 2015


Manuel Valls a passé un sale « quart d’heure » vendredi sur France Inter. « Lundi matin (après le second tour des régionales. Ndlr), il va se passer quoi ? » lui demande Léa Salamé. «  D’abord, la lutte contre le terrorisme », répond le Premier ministre, avant d’ajouter : « Ensuite, la priorité des priorités, la lutte pour l’emploi. » Curieuse entame : la « priorité des priorités » ne vient qu’« ensuite ». Tout un programme ! Et ce sera tout pour l’emploi et le social.

De cette réponse, la journaliste tire la conclusion qui s’impose : « Rien ne changera, comme après les européennes, comme après les municipales ? » Réponse : « Nous avons la menace terroriste, nous avons un ennemi Daech… » A croire que cette menace ne sert qu’à éluder la question du bilan de la politique économique du gouvernement. 

dimanche 15 novembre 2015

Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français


Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français

samedi 6 juin 2015

Pour Manuel Valls, l’accord judiciaire Maroc-France est «compatible avec nos principes»

 Pour Manuel Valls, l’accord judiciaire Maroc-France est «compatible avec nos principes»

Manuel Valls et Abdelilah Benkirane le 26 juillet 2012 à Rabat. Crédit: AFP/Abdelhak Senna
👤 Par AFP, 20/5/2015

Manuel Valls répond aux critiques formulées par plusieurs ONG internationales au sujet de l’accord entre le Maroc et la France, qui y voient la fin des poursuites pour torture instruites au titre de la compétence universelle en droit français.

Le Premier ministre français s’est voulu rassurant jeudi 28 mai au sujet de la nouvelle convention de coopération judiciaire franco-marocaine mettant fin à une brouille diplomatique avec Rabat, mais qui est critiquée par des organisations de défense des droits de l’Homme.
« Il ne doit pas y avoir d’inquiétude quand il s’agit d’accord entre deux pays non seulement amis, qui ont non seulement un partenariat d’exception que nous faisons vivre tous les jours (…) mais qui ont aussi la même analyse sur ce monde qui change », a déclaré Manuel Valls au côté de son homologue marocain Abdelilah Benkirane.
Au terme de la 12e « rencontre de haut niveau franco-marocaine », les deux chefs de gouvernement étaient interrogés par la presse sur les inquiétudes exprimées par des ONG sur les modifications apportées à la convention, qui doit encore recevoir l’aval du Parlement français.
« Les dispositions de cet accord s’inscrivent naturellement dans le respect de nos législations, de nos institutions judiciaires, de nos engagements internationaux et donc de nos principes », a affirmé Valls.
« Et sa mise en œuvre n’empêchera en aucun cas un juge français de continuer à se saisir ou instruire un dossier comme il le souhaite, ni un ressortissant français ou marocain de continuer à déposer une plainte à tout moment devant la justice française », a-t-il assuré, alors que des organisations de défense des droits de l’Homme voient dans le nouveau texte un moyen de rendre quasi impossible toute poursuite en France de ressortissants marocains.
« Coopérer ne signifie nullement se dessaisir dans un contexte où chaque justice reste évidemment indépendante et souveraine mais nous avons voulu tirer ensemble les leçons des crispations, des malentendus que nous avons pu connaître », a-t-il poursuivi.
En janvier dernier, la signature d’une nouvelle convention judiciaire marquait la fin de la brouille, qui avait mis à mal le « partenariat d’exception » franco-marocain. Plusieurs rencontres diplomatiques, dont le sommet de haut niveau de ce jeudi, ont depuis marqué la réconciliation.

vendredi 10 avril 2015

Manuel Valls poursuit l'opération de réconciliation avec le Maroc

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Manuel Valls, alors ministre français de l'Intérieur (g) reçu par le roi Mohammed VI, à Rabat, le 26 juillet 2012. FP PHOTO / ABDELHAK SENNA
 
 
 
 
 
 
 Nouvelle étape dans la réconciliation entre la France et le Maroc. Le Premier ministre Manuel Valls est attendu ce jeudi 9 avril à Rabat. Il devrait s'entretenir avec son homologue Abdelilah Benkirane et être reçu par le roi Mohamed VI. Après un an de brouille diplomatique, depuis janvier, les efforts sont visibles côté français pour amorcer la relance de l'axe Paris - Rabat. D'ailleurs, les visites d'officiels Français dans le royaume se multiplient.
C'est la troisième visite d'un membre du gouvernement français en l'espace de trois mois. Après le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le chef de la diplomatie Laurent Fabius, Manuel Valls en visite - coup de vent - doit à nouveau signifier que la dynamique de relance des relations bilatérales avec le Maroc marche à plein régime.
Le Premier ministre français a été l'un des premiers à déplorer le froid diplomatique avec le Maroc l'année dernière en appelant à « dépasser » la brouille « basée sur de nombreuses incompréhensions , avait-il dit.
Le Maroc avait en effet suspendu sa coopération judiciaire et freiné l'échange de renseignements en représailles à une série d'impairs commis en France à l'encontre d'officiels Marocains, dont le patron du contre-espionnage - poursuivi à Paris pour complicité de torture.
Pour laver l'affront, l'entraide judiciaire a été amendée sur demande du Maroc et Abdellatif Hammouchi - visé par la justice française - doit être décoré d'un nouvel insigne de la Légion d'honneur. Le ministre de l'Economie français, Michel Sapin, doit également arriver ce dimanche au Maroc, pour préparer entre autres une réunion de haut niveau en juin prochain entre les deux gouvernements à Paris. Et parachever ainsi la lune de miel franco-marocaine.

L'enjeu de la coopération sécuritaire
De nombreux dossiers seront abordés lors de cette visite d’une demi-journée, à l'occasion de laquelle le Premier ministre français va rencontrer son homologue marocain et va s’entretenir en tête-à-tête avec le roi Mohammed VI : coopération économique, judiciaire et bien sûr sécuritaire. Après les attentats qui ont frappé la France et la Tunisie et pour faire face à la menace terroriste, la reprise de la coopération sécuritaire est apparue indispensable. Le Maroc et la France ont besoin de cette coopération, explique-t-on à Matignon. Manuel Valls, qui effectuera sa troisième visite dans le royaume Chérifien depuis 2012, tient à une relation forte avec un pays qu’il apprécie.

jeudi 22 janvier 2015

Égalité sociale, la priorité oubliée de Valls


Adrien Rouchaleou 
et Émilien Urbach, L'Humanité,  22/1/2015


Photo Olivier Coret
Manuel Valls a dévoilé hier son plan pour lutter contre le risque terroriste. 
Au programme, davantage de surveillance et un renforcement des forces de sécurité. 
Mais rien pour combattre le mal à la racine, dans les villes et les quartiers fragilisés.
Moins » de postes supprimés dans la défense, des « volontaires » pour le soutien scolaire… les mesures annoncées hier par le couple exécutif sont loin de pouvoir apporter un début de réponse viable à la situation sociale que Manuel Valls a lui-même dénoncée. La ministre de l’Éducation doit présenter ce jeudi d’autres dispositions, elles aussi liées à des valeurs à défendre mais pas sur des moyens à étendre. Comme l’Humanité a encore pu le vérifi er dans le reportage qu’elle publie sur Grigny, les quartiers populaires en ont assez d’être « insultés » et revendiquent l’égalité sociale et le retour des services publics. À gauche, un « changement » vigoureux est réclamé, à l’instar du PCF qui interpelle Manuel Valls : « Agissez avec un changement de politique. Agissez avec un collectif budgétaire, en urgence, pour la jeunesse et les quartiers populaires. Agissez pour l’Égalité et la Fraternité en mettant un coup d’arrêt à des politiques injustes, ine caces dont se nourrissent les monstres. » 
Hier matin, Manuel Valls annonçait les mesures de renforcement du dispositif de lutte contre le terrorisme prises en Conseil des ministres. « La France est en guerre », donc… elle doit grossir les troupes, mieux les armer et développer ses services de renseignement, extérieur comme intérieur. Dans la salle de presse du palais présidentiel, la mise en scène donne le ton. Le premier ministre est debout sur son estrade. En arrière-plan, la photo projetée d’un militaire en patrouille et l’inscription « mobilisation générale contre le terrorisme ». Au côté du chef du gouvernement, les ministres de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères… et la remarquable absence de Najat Vallaud-Belkacem et de Fleur Pellerin, respectivement en charge de l’Éducation nationale et de la Culture, tout comme celle de Patrick Kanner et Myriam El Khomry, ministre et secrétaire d’État à la Ville. La veille pourtant, dans son discours de vœux à la presse, le premier ministre avait, de manière tonitruante et inédite de sa part, pointé une responsabilité collective lourde et ancienne, dénonçant « un apartheid territorial, social et ethnique ». Précisant sa pensée, il avait parlé de « relégation périurbaine et de ghettos », problématiques auxquelles « s’additionnent les discriminations quotidiennes, parce qu’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau ou bien parce que l’on est une femme ». Ce mercredi, ce fut comme si ces mots n’avaient jamais été prononcés : les mesures annoncées sont policières. Aucune ne répond à la question sociale.

François Asensi dénonce l’abandon 
des quartiers populaires par l’Etat

Sur la question territoriale, par exemple, pas un mot. Une proche collaboratrice du maire socialiste d’une grande ville de France estime « surprenant de dénoncer un apartheid territorial en France quand, dans le même temps, non seulement on prive les collectivités territoriales de 11 milliards, mais on vote une réforme des quartiers prioritaires de la politique de la ville qui nie justement la spécificité de ces quartiers et les problématiques auxquelles ils font face » en les traitant de la même façon que les centres de villes moyennes. Maire Front de gauche de Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, François Asensi dénonce, lui, la « ségrégation » : « C’est facile aujourd’hui d’utiliser des mots chocs. Les quartiers sont abandonnés par l’État. Il y a des responsabilités à établir : depuis quarante ans, on assiste à une relégation de certains quartiers dans les villes populaires. » Bon connaisseur du terrain, il fait le bilan des dernières années : « On a fait la rénovation urbaine, on a travaillé sur le bâti mais on n’a pas travaillé sur l’humain, sur le social. Or on a besoin de lien social, d’éducation populaire, de citoyenneté… » C’est la voie opposée que semble avoir actée le gouvernement hier. Celle de la surveillance et de la répression. Alain Dru, secrétaire général de la CGT de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), est indigné par la volonté du premier ministre de créer une unité de veille et d’information sur les phénomènes de radicalisation au sein de la PJJ. Il dénonce également l’idée de la création d’une mission d’inspection générale des services et des institutions de la PJJ. « Monsieur Valls n’a rien compris à la situation, s’insurge-t-il. La vraie question, c’est celle de l’abandon des jeunes après leur majorité. En réalité, avant leurs dix-huit ans, très peu de mineurs posent problèmes. De plus, les travailleurs sociaux ne sont pas des membres des services du renseignement. Je ne vais pas contrôler les SMS des jeunes et analyser les discussions qu’ils ont entre eux. Je ne vais pas m’intéresser à la longueur de leur barbe ou à la connotation religieuse de leurs vêtements. Il faut arrêter de parler d’islamisation et s’occuper de santé, de logement et d’éducation. Les annonces du premier ministre ne correspondent pas du tout au renforcement du travail social et des capacités d’intégration dont les jeunes ont besoin. » Même du côté des forces de l’ordre, tout le monde ne se satisfait pas totalement des annonces de ce mercredi matin. « Les propositions du premier ministre sont surprenantes, réagissait, pour sa part, Nicolas Comte, 
secrétaire général du syndicat Unité SGP-FO de la police nationale. On ne peut que saluer la création de postes supplémentaires mais ça reste insuffisant face à la suppression, entre 2008 et 2012, des 13 000 agents de police et gendarmes. » Pour le fonctionnaire de police : « Aller au contact de la population ça prend du temps et ça ne se traduit pas en chiffre. Un policier qui va faire un travail, en profondeur, de présence sur un quartier ne peut être guidé par la politique du chiffre. On ne peut chiffrer la prévention. Les moyens ne sont pas là pour une réelle 
police de proximité qui, en s’implantant quotidiennement dans certains quartiers, pourrait faire un réel travail 
de renseignement et signifier, dans ces zones, une vraie présence de l’État. On reste sur des mesures d’urgence. » Et si la meilleure des solutions, plutôt que d’agiter les bras, n’était pas de prendre le temps du diagnostic, avec ceux du terrain, travailleurs sociaux, citoyens… ?
Le mot « Apartheid » crispe le monde politique
  Il existe « un apartheid territorial, social et ethnique ». La déclaration de Manuel Valls, mardi soir, lors de ses vœux à la presse, a surpris son monde… et déclenché une nouvelle polémique. Pour le Front de gauche François Asensi, « l’expression “apartheid ethnique” est irresponsable ». Proche du premier ministre, le député Jean-Jacques Urvoas a lui-même qualifié le mot de « maladroit » : « Je n’aurais pas choisi ce mot-là, car il est connoté historiquement et géographiquement. » François de Rugy, coprésident du groupe EELV, estime que le terme « ghetto » aurait été « beaucoup plus juste », « mais le premier ministre visait à nommer les choses et à regretter que, par exemple, après les émeutes de 2005 (…) on ait refermé un peu trop vite ce qui 
est apparu comme 
une parenthèse ».
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 Lire l'excellent article du nouvelobs, comprendre comment, à cause d'une phrase maladroite, un gamin, le "petit poisson", peut franchir la première marche de la délinquance, ou pire. Pédagogique !

http://rue89.nouvelobs.com/…/apologie-dacte-terrorisme-jai-…

samedi 10 janvier 2015

Les Pieds Nickelés chez Charlie-Hebdo

blog de Ayman El Kayman, 8/1/2015

Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité de la Galaxie

À l'horreur légitime, la réponse proposée est, comme d'habitude, l'union nationale, de Mélenchon à Le Pen, en passant par Sarkozy et Hollande. Les bouffeurs de curés envoyés mercredi dans un autre monde par les frères Kouachi ont bien du se marrer en entendant le glas sonner depuis les tours de Notre-Dame et d'autres cathédrales de la douce France, fille aînée de l’Église. Le Papa Francisco n'a plus qu'à engager le processus de béatification.
 

Restons sérieux et posons quelques questions de bon sens sur l'horrible massacre de Charlie-Hebdo. On nous dit qu'il a été commis par deux terroristes professionnels, qui se sont comportés de manière techniquement impeccable. Première question : vous êtes un terroriste professionnel, vous vous embarquez dans une opération de commando avec armes, cagoules et gilet pare-balles. Et vous emportez avec vous votre carte d'identité ? Vous quittez la première voiture que vous avez utilisée pour continuer votre fuite. Et vous "oubliez" votre carte d'identité dans cette voiture ? On croit rêver, ou avoir affaire à un scénario de Pieds Nickelés, version 2015, revue par Luz et ses copains. Ça ne vous rappelle rien ? Moi, si : les fameux passeports de certains terroristes du 11 Septembre retrouvés intacts dans les décombres de Ground Zero. Ou encore la voiture louée par les hommes censés avoir commis les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, et payée avec une vraie carte de crédit permettant de les identifier immédiatement.
Chérif Kouachi, le "petit" des deux frères, était plus que "connu des services de police" : il avait été emprisonné, jugé, condamné, de nouveau arrêté, détenu, jugé, bénéficié d'un non-lieu. Bref, il était dans les petits papiers des services de renseignement depuis 10 ans. Pourquoi a-t-on cessé de le surveiller, et quand ? Manuel Valls a eu une phrase pour le moins étonnante jeudi matin : «Ces individus étaient sans doute suivis mais il n’y a pas de risque zéro».
Deux autres questions viennent à l'esprit : où est passé le chauffeur de la voiture qui a conduit les deux tueurs sur le lieu du crime, pour ensuite repartir sur un scooter ? Comme apparemment, l'opération n'était pas conçue comme une opération-suicide - un "aller-simple" sans retour -, le chauffeur aurait du logiquement attendre le retour de ses acolytes pour repartir avec eux.
Et enfin : et si la carte d'identité de Saïd Kouachi retrouvée dans la voiture n'était qu'un leurre destiné à mettre les chasseurs sur une fausse piste ?
Ces questions en appelleraient beaucoup d'autres, mais chaque chose en son temps. Attendons l'issue de la chasse à l'homme lancée tout azimut. De deux choses l'une : ou bien les frères Kouachi sont pris vivants, ou bien ils sont abattus au bout de la traque. Dans ce dernier cas, ils emporteront leur secret dans la tombe, comme tant d'autres avant eux, de Khaled Kelkal à Mohamed Merah. Dans le premier cas, on finira, peut-être, par connaître les dessous de cette affaire. Je dis bien "peut-être", car, comme le montrent d'autres affaires, les procès de terroristes survivants permettent rarement d'établir la vérité sur les agissements de ceux qui tirent les ficelles du terrorisme.
En attendant, il serait peut-être bon que ceux et celles qui, en France, ont exprimé leur émotion interpellent le ministre de l'Intérieur sur ce qui s'apparente à de la négligence criminelle dans la "protection" de Charlie-Hebdo.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’Esprit soit avec vous !

…et à la prochaine !