Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est surveillance policière. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est surveillance policière. Afficher tous les articles

vendredi 27 mai 2016

La manif' surveillée devant le château "royal" de Betz.

Par Ali Lmrabet,  26/5/2016علي المرابط

Aujourd'hui on était sept (7) à manifester devant le château "royal" de Betz.
Le village où se trouve en villégiature le roi Mohamed VI était occupée par les forces de l'ordre. Impressionnant. Toutes les entrées et sorties de la ville étaient contrôlées par des véhicules de la gendarmerie. Toutes armes dehors.
Au total, la résidence de "Sidi" et ses alentours étaient surveillés par une section d'un escadron de la gendarmerie française. Des gendarmes de la brigade territoriale, des gendarmes mobiles et une unité d'élite du PSIG (Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie), lourdement armée.
Le préfet, qui obéit aux ordres du ministre de l'intérieur, l'avocat Bernard Cazeneuve, le même qui avait interdit aux Français de manifester leur solidarité avec Gaza en feu, durant l'été 2014, avait ordonné qu'on soit parqués dans une petite aire éloignée de 800 mètres de l'entrée principale du château, mais à seulement quelques dizaines de mètres des murs d'enceinte de la résidence.
Nous avons été, les deux pelés et trois tondus, tout le temps escortés par deux voitures de la gendarmerie. Une derrière et l'autre devant. 

samedi 10 janvier 2015

Les Pieds Nickelés chez Charlie-Hebdo

blog de Ayman El Kayman, 8/1/2015

Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité de la Galaxie

À l'horreur légitime, la réponse proposée est, comme d'habitude, l'union nationale, de Mélenchon à Le Pen, en passant par Sarkozy et Hollande. Les bouffeurs de curés envoyés mercredi dans un autre monde par les frères Kouachi ont bien du se marrer en entendant le glas sonner depuis les tours de Notre-Dame et d'autres cathédrales de la douce France, fille aînée de l’Église. Le Papa Francisco n'a plus qu'à engager le processus de béatification.
 

Restons sérieux et posons quelques questions de bon sens sur l'horrible massacre de Charlie-Hebdo. On nous dit qu'il a été commis par deux terroristes professionnels, qui se sont comportés de manière techniquement impeccable. Première question : vous êtes un terroriste professionnel, vous vous embarquez dans une opération de commando avec armes, cagoules et gilet pare-balles. Et vous emportez avec vous votre carte d'identité ? Vous quittez la première voiture que vous avez utilisée pour continuer votre fuite. Et vous "oubliez" votre carte d'identité dans cette voiture ? On croit rêver, ou avoir affaire à un scénario de Pieds Nickelés, version 2015, revue par Luz et ses copains. Ça ne vous rappelle rien ? Moi, si : les fameux passeports de certains terroristes du 11 Septembre retrouvés intacts dans les décombres de Ground Zero. Ou encore la voiture louée par les hommes censés avoir commis les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, et payée avec une vraie carte de crédit permettant de les identifier immédiatement.
Chérif Kouachi, le "petit" des deux frères, était plus que "connu des services de police" : il avait été emprisonné, jugé, condamné, de nouveau arrêté, détenu, jugé, bénéficié d'un non-lieu. Bref, il était dans les petits papiers des services de renseignement depuis 10 ans. Pourquoi a-t-on cessé de le surveiller, et quand ? Manuel Valls a eu une phrase pour le moins étonnante jeudi matin : «Ces individus étaient sans doute suivis mais il n’y a pas de risque zéro».
Deux autres questions viennent à l'esprit : où est passé le chauffeur de la voiture qui a conduit les deux tueurs sur le lieu du crime, pour ensuite repartir sur un scooter ? Comme apparemment, l'opération n'était pas conçue comme une opération-suicide - un "aller-simple" sans retour -, le chauffeur aurait du logiquement attendre le retour de ses acolytes pour repartir avec eux.
Et enfin : et si la carte d'identité de Saïd Kouachi retrouvée dans la voiture n'était qu'un leurre destiné à mettre les chasseurs sur une fausse piste ?
Ces questions en appelleraient beaucoup d'autres, mais chaque chose en son tempsAttendons l'issue de la chasse à l'homme lancée tout azimut. De deux choses l'une : ou bien les frères Kouachi sont pris vivants, ou bien ils sont abattus au bout de la traque. Dans ce dernier cas, ils emporteront leur secret dans la tombe, comme tant d'autres avant eux, de Khaled Kelkal à Mohamed Merah. Dans le premier cas, on finira, peut-être, par connaître les dessous de cette affaire. Je dis bien "peut-être", car, comme le montrent d'autres affaires, les procès de terroristes survivants permettent rarement d'établir la vérité sur les agissements de ceux qui tirent les ficelles du terrorisme.
En attendant, il serait peut-être bon que ceux et celles qui, en France, ont exprimé leur émotion interpellent le ministre de l'Intérieur sur ce qui s'apparente à de la négligence criminelle dans la "protection" de Charlie-Hebdo.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’Esprit soit avec vous !

…et à la prochaine !

vendredi 31 mai 2013

«Le Maroc viole systématiquement les droits de l’homme des Sahraouis»

Par Philippe Leclercq, militant de la paix et Président de l'Association de Solidarité avec le Peuple Sahraoui, cyberacteurs , 26/5/2013

Sous ce titre, on peut lire sur le site "Nouvelles du Sahara" un article du journaliste O. Quarante
La militante du Sahara Occidental,  Aminatou Haidar, s'exprime ainsi : " La situation dans les territoires occupés du Sahara Occidental est arrivée à des niveaux de tensions sans précédents. Il y a un usage excessif et systématique de la force avec les interventions brutales des forces marocaines, armées de matraques et d’armes blanches (couteaux et épées), pour disperser les manifestants Sahraouis comme cela a été le cas pour moi, le 1er novembre 2012. 

Quelques heures après avoir rencontré Christopher Ross, l’Envoyé Personnel du Secrétaire général de l’ONU, au quartier général de la MINURSO (NDLA : mission de l’ONU) à El Aaiun, j’ai été tabassée, menacée par des armes blanches de la part d’éléments des forces marocaines et ma voiture a été endommagée.
Après avoir participé, en mars 2013, à une rencontre organisée au siège des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental et avoir rencontré la majorité des membres du Conseil de Sécurité, dont l’ambassadrice américaine, Susan Rice, je suis devenue la cible d’une campagne médiatique de dénigrements commanditée par l’Etat marocain. Cette campagne s’est accentuée juste après que les USA aient présenté en avril au Conseil de Sécurité un projet de résolution sur l’élargissement du mandat de la MINURSO.
Dans ce cadre, je me trouve actuellement sous surveillance permanente de la part des services de renseignement marocains. Ma maison a été attaquée en avril par la police marocaine au moment où je tenais, en compagnie des membres du bureau exécutif de mon organisation, le CODESA, une réunion de travail avec une délégation d’Amnesty International. De même, le 4 mai 2013, alors que je donnais des interviews à une délégation de la presse américaine, britannique et canadienne chez le secrétaire général du CODESA, la maison a été encerclée et attaquée, durant presque une heure, par un groupe de policiers marocain et ma voiture a été de nouveau endommagée."
Peut-on faire remarquer que le royaume s'est engagé à respecter davantage les droits de l'homme dans son pays mais aussi au Sahara Occidental ... Pour le moment, je ne vois pas les progrès auquel le gouvernement Hollande et l'ONU ont fait allusion !

samedi 30 mars 2013

Grande opération policière marocaine pour recevoir Christopher Ross, au S.O. du 22 au 26 mars

  By , 22/3/2013

Christopher Ross in Western Sahara

Christopher Ross in Western Sahara
Monsieur Christopher Ross, représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, est arrivé à l’aéroport d’El Aaiún, capital du Sahara Occidental, accompagné de son escorte, par vol d’un jet privé.
Lors de son arrivée, il a salué aux membres de la MINURSO, présents à ce lieu, en plus de saluer les autorités représentantes de l’occupation. Monsieur Ross a quitté l’aéroport dans une voiture blanche de marque ”Mercedes Benz”  escorté par un cortège de la MINURSO.
Selon des témoins visuels il y a un fort déploiement de forces de sécurité, surtout des effectifs appartenant à la police marocaine, dépoloyés à l’extérieur du siège de la MINURSO.
En plus la même source informe qu’une dizaine de véhicules appartenant à la MINURSO sont répartis dans les rues, surtout vers la partie basse de la ville comme la rue de la Méque et rue du 24  novembre. Enfin, une dizaine de véhicules de la police et des forces spéciales du chef du sultan, sont répartis dans différents quartiers, afin de procéder à l'assaut et à la répression.
L’agenda de M. Ross pour cette tournée, deuxième dans la région après celle qu’il a fait en octobre 2012, est: les 22 et 23 mars à El Aaiún (capital du Sahara Occidental occupé), le 24 mars à Dakhla-Villa Cisneros, les 25 et 26 mars aux territoires libérés et campements de réfugiés, le 27 mars en Mauritanie et le 28 mars en Algérie.
Source: WSHRW/Radio Maizirat

 ------------------------------------------------------------------------

Des indépendantistes sahraouis occupent le siège de la MINURSO à Smara

western-sahara29

Cinq jeunes indépendantistes sahraouis viennent d’occuper le siège de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) à Smara. Ils exigent une réunion avec le secrétaire général des Nations-Unies, M. Ban Ki-moon et l’envoyé spécial de ce dernier pour le Sahara, Christopher Ross

Pour le moment, ces jeunes sont entrain de négocier avec les respônsables de la MINURSO dont le quartier général se trouve à Laâyoune.
Selon une source locale, les cinq jeunes indépendantistes auraient été sérieusement blessés par le fil de fer barbelé quand ils ont franchi en force le mur qui entoure le siège onusien.
Les autorités marocaines empêchent manu militari quiconque voulant pénétrer dans un bâtiment de l’ONU au Sahara.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=26195
---------------------------------------

Activité de l’Envoyé de la ONU, Christopher Ross à la Capital El Aaiún

  By , 23/3/2013

  L’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross poursuit ses contacts avec la société civile sahraouie.
Arrivé hier soir à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, Ross a reçu au siège de la MINURSO des délégations des organisations des droits l’homme sahraouies, CODESA, ASVDH ainsi qu’une représentation de l’association pour la défense des ressources naturelles du Sahara Occidental.
L’arrivée du diplomate onusien au territoire du Sahara Occidental a enclenché un état d’alerte. Les forces de l’ordre et l’armée marocaine quadrillent les quartiers de la ville. Des dispositifs de brouillage contre les télécommunications par téléphone portable ont été installés dans plusieurs points de la ville. Reportage graphique:
Christopher Ross con Aminatou Haidar et autres membres de CODESA, hier:
ROSS/CODESA
ROSS/CODESA
Avec des membres de ASVDH ET CODAPSO :
ROSS/ASVDH y CODESA
ROSS/ASVDH y CODAPSO
Avec des membres du Comité de Défense des Ressources Naturelles Sahraouies :
ROSS/Recursos Naturales Saharauis

Activité de l’Envoyé de la ONU, Christopher Ross à la Capital El Aaiún

mars 23rd, 2013 | By | Category: Nouvelles L’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross poursuit ses contacts avec la société civile sahraouie.
Arrivé hier soir à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, Ross a reçu au siège de la MINURSO des délégations des organisations des droits l’homme sahraouies, CODESA, ASVDH ainsi qu’une représentation de l’association pour la défense des ressources naturelles du Sahara Occidental.
L’arrivée du diplomate onusien au territoire du Sahara Occidental a enclenché un état d’alerte. Les forces de l’ordre et l’armée marocaine quadrillent les quartiers de la ville. Des dispositifs de brouillage contre les télécommunications par téléphone portable ont été installés dans plusieurs points de la ville. Reportage graphique:
Christopher Ross con Aminatou Haidar et autres membres de CODESA, hier:
ROSS/CODESA
ROSS/CODESA
Avec des membres de ASVDH ET CODAPSO :
ROSS/ASVDH y CODESA
ROSS/ASVDH y CODAPSO
Avec des membres du Comité de Défense des Ressources Naturelles Sahraouies :
ROSS/Recursos Naturales Saharauis
ROSS/Recursos Naturales Saharauis
Source:diasporasaharaui.blogspot.be/ WSHRW
Source:diasporasaharaui.blogspot.be/ WSHRW

 

lundi 24 septembre 2012

Rapport ONU de Juan Mendez sur les droits de l'Homme au Maroc



Entête OHCHR


Une culture des droits de l’homme se développe 
au Maroc, 
mais il en faut plus pour éradiquer la torture 
                              et les mauvais traitements

RABAT (22 septembre 2012) - A l'issue de sa visite au Maroc*du 15 au 22 septembre 2012, Juan E. Méndez, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants fait la déclaration suivante:


Tout d'abord, je tiens à exprimer ma gratitude pour la coopération pleine et entière dont j’ai bénéficié pendant ma visite, en particulier en ce qui concerne l'accès sans restriction à tous les lieux de détention ainsi que l'accès sans entrave aux détenus afin de m'entretenir avec ceux-ci en toute confidentialité. Le personnel pénitentiaire était manifestement disposé et préparé à m’accueillir dans les prisons, postes de police et centres pour mineurs à Rabat-Salé, Kenitra, Skirat-Témara et Casablanca. Bien que ceci ait pu avoir une influence sur ma capacité à voir ces endroits plus spontanément, je salue les efforts impressionnants déployés par le Gouvernement pour investir dans la modernisation et la rénovation de ces installations.

Il est toutefois regrettable que les rencontres avec la société civile aient été surveillées par les autorités et les médias, et que mon arrivée ait été scrutée par les caméras à chaque endroit. Cela a créé un climat d'intimidation ressenti par un certain nombre de personnes que j'ai rencontrées lors de la visite. J'ai demandé et obtenu l'assurance des autorités que des instructions claires seront communiquées à tous les niveaux du pouvoir, que ni intimidation, ni aucune sorte de représailles ne sera tolérée.

Je peux affirmer qu’une culture des droits de l'homme se développe. Les différentes autorités que j'ai rencontrées ont fait preuve de volonté politique, et en particulier le ministère des Affaires étrangères et de la Délégation interministérielle des droits de l'homme, pour construire une culture institutionnelle qui interdise et prévienne la torture et les mauvais traitements. La création du Conseil national des droits de l'homme (CNDH) est l'aspect institutionnel le plus important de cette culture émergente. Les efforts entrepris par la CNDH et ses divers bureaux régionaux afin de continuer à sensibiliser les autorités et la société civile et à promouvoir la protection des droits de l'homme portent déjà leurs fruits. La CNDH est un organe indépendant et hautement crédible et ses rapports revêtent un grand poids moral. Il peut devenir un mécanisme de suivi effectif et de médiation entre l'État et ses citoyens si ses recommandations sont mises en œuvre de bonne foi. J'encourage toutes les parties à s'engager pleinement à renforcer cette institution.
Cette nouvelle culture a pu surgir grâce essentiellement aux efforts énormes déployés par le Maroc pour affronter son passé marqué par les abus et que les Marocains qualifient « d’années de plomb ». Des efforts exemplaires ont été consacrés à faire apparaître et faire connaître la vérité, ainsi qu’à offrir indemnisation aux victimes, y compris divers types de services de réadaptation. On voit également apparaître une certaine tendance à la réforme des institutions, même si l’engagement indispensable de faire enquête, de poursuivre et de punir les auteurs des atrocités massives, dont la torture, n’a pas encore été rempli.

Des efforts sont encore nécessaires pour accroître la confiance et la coopération entre l'État et la société civile, afin que toutes les organisations non-gouvernementales soient en mesure de travailler plus efficacement avec les mécanismes nationaux et internationaux et de mener des activités de plaidoyer sur la base de cas bien documentés.
La nouvelle Constitution de juillet 2011 a introduit quelques changements encourageants dans le cadre normatif. Il est difficile, à ce stade, d'évaluer leur impact réel, mais il semble y avoir un engagement des plus hautes autorités et j'espère qu’il continuera à y avoir un effort soutenu et nécessaire. La Constitution interdit en toutes circonstances les actes de torture ou des actes qui sont « cruels, inhumains, dégradants ou portant atteinte à la dignité ». Bien que le Code pénal et le Code de procédure pénale incriminaient déjà la torture avant 2011, je salue l'introduction de ces principes dans la nouvelle Constitution et la volonté manifeste des autorités de leur accorder la primauté. Je vais évaluer si d'autres modifications à la définition de la torture sont nécessaires afin de mettre cette infraction en conformité avec le droit international.

J'encourage les autorités à ratifier le Protocole facultatif à la Convention contre la torture aussitôt que possible, et souligne que la ratification n'est pas une fin en soi mais un processus, sa mise en œuvre étant le véritable défi.
La situation sur le terrain en ce qui concerne la pratique de la torture s'est généralement améliorée depuis les dernières décennies au cours desquelles les disparitions, les détentions secrètes ainsi que la torture étaient répandues. J'ai toutefois reçu des témoignages crédibles faisant état de pressions physiques et mentales excessives sur des détenus au cours d’interrogatoires. Ces faits arrivent assez fréquemment pour mériter une attention et des efforts particuliers pour les éradiquer. Bien que la pratique des traitements cruels persiste dans les affaires criminelles ordinaires, il ne devrait pas être surprenant que des actes équivalant à la torture soient commis à l’occasion d’événements particulièrement intenses, tels que des grandes manifestations, perçues comme une menace à la sécurité nationale ou des actes de terrorisme. Dans ces moments-là, l’on peut remarquer une augmentation des actes de torture et de mauvais traitements pendant la détention et l'arrestation.

Un médecin légiste indépendant et réputé a accompagné mon équipe, examiné les rapports médicaux et mené un certain nombre d'examens médicaux. Ma conclusion préliminaire est que dans des cas récents, il y a des informations crédibles faisant état de coups violents infligés par coups de poings et bâtons, de l’utilisation de décharges électriques et de brûlures de cigarette. En outre, j'ai de bonnes raisons de penser qu'il y avait des allégations crédibles d’agression sexuelle et de menace de viol commis sur des victimes ou des membres de la famille de celles-ci et d'autres formes de mauvais traitements. Un certain nombre de cas a été porté à mon attention où les lésions montrent le traitement qui constitue des actes de torture.

A la date d'aujourd'hui, l'admission des aveux comme preuve devant les tribunaux est à la discrétion du juge. L’on m'a assuré que les aveux seuls ne constituent pas des preuves suffisantes pour une condamnation et que d’autres éléments de preuve sont nécessaires. Cette garantie est la bienvenue, mais je crains que cela ne suffise pas à dissuader les actes de torture dans la pratique. Le droit international exige d’exclure les aveux ou déclarations obtenues sous la contrainte de toute procédure et de tout dossier. L'article 293 du Code de procédure pénale interdit l'admission de toute confession ou déclaration faite sous la contrainte. Cependant, j'ai reçu de nombreuses plaintes au sujet de l'utilisation de la torture par des fonctionnaires pour obtenir des preuves ou des aveux au cours de la phase initiale des interrogatoires, en particulier dans des cas ayant trait à la sécurité nationale ou à la lutte contre le terrorisme, où le maintien des détentions est ordonné avant même l'accès à un avocat. 

Le Code de Procédure pénale garantit effectivement l’accès à un avocat, mais cette garantie n’est pas pleinement remplie ni en droit ni en pratique. Le détenu n’a accès à un avocat de son choix que 24 heures après l’arrestation, et ce pour un entretien de 30 minutes qui se déroule en présence d’un enquêteur. Le Décret 03-03 (pour affaires relatives à la sécurité de l’Etat et à la lutte contre le terrorisme) prévoit dans sa procédure que la garde à vue peut durer trois tranches de 96 heures consécutives sans avoir droit à un avocat. En outre, même ces conditions peuvent être violées en repoussant simplement la date d’enregistrement de l’arrestation. L’accès à un avocat devrait être accordé dès l’arrestation ou la mise en détention, sans exiger l’autorisation du Procureur comme le stipule la loi actuellement. Or ce droit devrait être octroyé en tant que principe de droit et tout agent de police qui refuse l’accès à l’avocat doit faire l’objet de mesures disciplinaires. En raison du grand nombre d’allégations reçues, il semblerait que les procureurs et juges d’instruction aient pour pratique de rejeter les plaintes de torture ou de ne pas ouvrir d’enquête.
À ma demande, j'ai reçu des exemples et des statistiques indiquant que des personnes ont été acquittées bien qu’elles aient avoué les crimes. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas vu d’exemples concrets dans lesquels les tribunaux ont appliqué la règle d'exclusion tel que le prévoit le droit international en ce qui concerne la torture, c’est-à-dire des cas dans lesquels une confession est jugée irrecevable parce que le tribunal a déterminé qu'il a été obtenu sous la contrainte.
L'une des raisons pour la non-application de ce principe important peut être la piètre qualité des rapports médicaux et médico-légaux, qui fournissent actuellement une assistance limitée aux procureurs et aux juges dans leur prise de décision. Il y a là un besoin d'investissements importants dans les domaines de la psychiatrie et de la médecine légale, allant de pair avec une formation spécifique des médecins légistes sur l'évaluation des mauvais traitements et de la torture, en conformité avec les normes internationales, y compris le Protocole d'Istanbul. Dans la pratique, les garanties contre la torture ne fonctionnent pas de manière effective, car « il n'existe aucune preuve » que des actes torture ont été commis. Ainsi, la confession ou déclaration demeure au dossier et aucun effort sérieux n’est fait pour enquêter, poursuivre et punir les auteurs.
Le système de plaintes relatives aux allégations de torture et de mauvais traitements, à de rares exceptions près, ne semble fonctionnelle qu’en droit mais pas dans la pratique. Cela semble également être le cas pour les enquêtes, les poursuites et peines prononcées à l’égard des auteurs. Cette lacune doit disparaître. J’encourage les autorités de promouvoir les capacités médico-légales par le parquet et les magistrats. Également j’invite les autorités à mettre en œuvre le droit de présenter des plaintes et d’assurer que les accusés qui comparaissent en premier ont l’occasion de faire des allégations de torture ou de mauvais traitements qu’elles auraient subi par la police ou les services de renseignement.
Il me semble que nous assistons à une augmentation subite du nombre d’incidents d’utilisation de force excessive lors d’interventions de la part des autorités en réaction aux réunions et manifestations. Nonobstant le fait de savoir si la manifestation est ou non autorisée, cela ne donne pas le droit aux autorités de recourir à la force excessive. Le droit de réunion pacifique doit être respecté et lorsque les manifestations deviennent incontrôlables, la police a le devoir de maintenir l’ordre et prévenir la violence, tout en faisant cela en conformité avec les normes internationales. Celles-ci sont fondées sur les principes de la nécessité et de la proportionnalité avec le respect du droit à la vie et à l’intégrité physique. Les allégations de graves blessures lors des événements récents n’ont pas été confirmées par mes enquêtes préliminaires.
La Délégation générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion a lancé un projet de grande envergure pour arrêter le fonctionnement de certaines prisons les plus anciennes, de construire de nouvelles prisons, d' agrandir et rénover d’autres afin d’améliorer les conditions de détention. Les institutions que j’ai visitées ont fait l’objet de travaux de rénovation importants, peinture fraîche, nouvelle literie et des couvertures, et des zones d'assainissement très propres. J'espère vivement que ces améliorations resteront en place et que des améliorations seront apportées à toutes les autres prisons que je n’ai pas pu visiter. L’intégration des services de santé des prisonniers relevant du Ministère de la santé pourrait aussi contribuer à un meilleur niveau de service médical. La NCHR publiera prochainement un rapport sur la situation des prisons et des prisonniers. Cela est opportun et nécessaire et je vais prendre ce rapport ainsi que leur récent rapport sur les hôpitaux psychiatriques en considération en préparation de mes recommandations.

La surpopulation est un problème à aborder et les autorités elles-mêmes ont reconnu cela ouvertement. La population carcérale se chiffre à environ 67.000 détenus (condamnés et prévenus). Des informations chiffrées contradictoires me sont parvenues concernant la capacité totale du système pénitentiaire. Le Délégué-Général nous a dit qu’elle se situe entre 48000 et 50000, tandis que le CNDH l’évalue à 37000. Selon ces chiffres, le taux de surpopulation serait d’environ 34% et de 80% respectivement. Ces chiffres risquent de sous-estimer le taux réel de la surpopulation car ils sont basés sur le nombre de lits disponibles par rapport à la population réelle. Dans certaines prisons que j'ai visitées, les lits étaient tellement proches les uns des autres que même à pleine capacité ou un peu au-dessous, les conditions de vie seraient toujours surpeuplées. On parviendrait peut-être à une indication plus précise de la surpopulation si l’on divisait la capacité habitable totale par la population carcérale de 67000. Dans ce cas, je crois comprendre que le taux se situerait entre 1,5 et 3 mètres cube par détenu.

Tout en reconnaissant la situation difficile pour les autorités en ce qui concerne le flux de migrants en situation irrégulière, surtout dans le nord du pays, je tiens à exprimer mes craintes concernant l’augmentation de la violence par des forces envers ce groupe particulièrement vulnérable. Les actes d’agression, les violences sexuelles et d'autres formes de mauvais traitements semblent augmenter. J’exhorte les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir de nouvelles violences et d'enquêter sur les informations faisant état de violence contre les migrants sub-sahariens. Dans ce contexte, j'ai visité les cellules de détention à l’aéroport Mohammed V à Casablanca où j’ai trouvé quatre personnes détenues en provenance de l'Angola, de la Guinée et du Libéria. Toutes les quatre étaient maintenues dans des conditions décentes en attente d'expulsion.

Lors de ma visite à Laâyoune, Sahara occidental, j'ai été débordé par le grand nombre de demandes à satisfaire et les centaines de cas reçus avant et pendant ma visite de deux jours. Malheureusement je n’ai pu rendre visite qu’à un nombre limité de victimes présumées et des représentants de la société civile, mais je vais examiner chaque demande dans le détail de sorte que toute information relevant de mon mandat soit prise en compte. J’ai effectué une visite dans la prison locale et l’hôpital Moulay El Hassan Bel Mehdi à Laâyoune, ainsi que le poste de Gendarmerie à Port Laâyoune. La section de la prison réservée aux femmes et le centre psychiatrique à l'hôpital, ayant fait l’objet de travaux récents, sont dans un très bon état.
Je remercie tous les interlocuteurs pour leur engagement. Je vais présenter mon rapport au Conseil des droits de l'homme à Genève en mars 2013.
* L’expert indépendant a également rendu visité à Laâyoune, Sahara occidental, les 17 et 18 septembre 2012.

mercredi 17 août 2011

Ahmed Benseddik. sous surveillance de tout instant

Visite sous surveillance à Ahmed Benseddik. #feb20
Par Abdullah Abaakil
Ci-dessous une note rédigée par M. Abdullah Abaakil comprenant le récit de M. Abdellah Zaâzaâ après leur visite au domicile de M.Ahmed Benseddik. Pour rappel A.Benseddik avait rédigé une lettre à l'intention du roi dans laquelle il déclare rompre toute relation d’allégeance vis-à-vis du roi

Pour ceux qui ne sauraient pas qui est Ahmed Benseddik, il est une des nombreuses victimes du despotisme que personnifie l’entourage royal dans notre pays. Suite à une lettre publiée peu avant la fête du trône, dans laquelle il déclare rompre toute relation d’allégeance vis-à-vis du roi ( http://tinyurl.com/3zrmmvql), Ahmed Benseddik fait l’objet d’une surveillance de tous les instants.

Cette surveillance injustifiée a d’ores et déjà été condamnée par l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) http://hespress.com/societe/35696.html

En date du 4 Août 2011, un petit groupe de militants décide de lui rendre visite afin de se rendre compte de visu de la pression dont il fait l’objet, mais aussi de lui exprimer sa solidarité dans cette épreuve. Voici le récit de cette visite, par Abdellah Zaâzaâ et les photos qui ont été prises à cette occasion :

Jeudi 4 aoùt 2011. Abdullah Abaakil et moi, Abdellah Zaâzaâ nous sommes rendus chez Monsieur Ahmed Bensiddik au quartier El Oulfa, résidence Al Wiam, à Casablanca

Monsieur Samadi, membre du PSU, voisin d’Ahmed et président du syndic de la résidence, nous attendait sur le Boulevard Oum Errabiaâ, tout près de la Résidence, pour nous montrer le chemin.
A l’arrivée à la résidence nous avons constaté aux abords de deux portes de la résidence, la présence de deux jeunes avec chacun une moto, qui à notre arrivée, reconnaissant parmi nous M. Samadi, essayaient de se dérober à notre vue, avec l’air de dire « nous ne sommes pas là » ou encore « nous ne sommes là que fortuitement ».
Sion Assidon nous a rejoints vers 18h. Nous avons pu échanger avec MM. Benseddik et Samadi. Selon ce dernier « cette surveillance est en fait de l’intimidation, qui vise à détruire psychologiquement Ahmed Benseddik et le pousser à des actes ou gestes inconsidérés. Toute la population de la résidence à l’impression que cette dernière est en état de siège. Si certaines personnes expriment leur respect pour Ahmed, beaucoup d’autres craignent que la police se mettent à enquêter sur elles mêmes. En tout cas des membres du service de sécurité du syndic sont mis à contribution par la police pour la renseigner sur les déplacement de M. Benseddik». Avant de repartir nous avons fait ensemble le tour de la résidence. Aux deux premières portes les jeunes motards se sont dérobés à l’objectif de la caméra du téléphone d’A.Abaakil et se sont mis à téléphoner (certainement pour s’informer les uns les autres).


C’est le même matricule signalé par Mr Benseddik dans son email du 01 08 2011 à 23h24. Le conducteur qui semblait nous attendre nous lança « allez-y au zoom même et si vous voulez envoyer vos photos à la télé » et démarra en trombe.
Moins d’une minute plus tard la voiture revint suivie des deux motards. Le conducteur se mit à nous prendre en photo avec une caméra. A la remarque qui lui fut faite « du vrai travail de mercenaires » il répondit « Je travaille pour l’Etat » (Ma khaddamch 3andek, khaddam m3a eddawlat), puis semblant reconnaître Sion il lui lança sur un ton de mépris« Toi le juif, va-t’en en Israël ! »

Pourtant, la toute nouvelle constitution mentionne dans son préambule que le l’Unité du Maroc « s’est nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ».

Conclusion à chaud : Ainsi, non seulement l’Etat engage l’argent public et une lourde logistique pour terroriser un citoyen, sa famille et ses voisins en violant le minimum requis des principes d’un l’Etat de droit, mais en plus, un de ses fonctionnaires se permet de mépriser un citoyen marocain en raison de sa confession juive. C’est très grave. Il y aura des suites à cette visite.

Voilà. Après avoir pris une photo ensemble devant la résidence, nous avons quitté MM. Benseddik et Samadi qui ont tenu à nous accompagner jusqu’à nos voitures.

Photos du reportage : http://24.mamfakinch.com/visite-sous-surveillance-a-notre-ami-ahmed-be

 ------------------------------------------------------------------------------------------------

Voir la video :

Ahmed Benseddik parle de la surveillance et l’intimidation policières qu’il subit. Les militants Abdellah Zaâzaâ, Abdellah Abaakil et Sion Assidon, lui ont rendu visite à son domicile. Ils n’ont pas échappé, à leur tour, au harcèlement des agents de la DST (Direction de la surveillance territoriale).Ahmed Benseddik parle aussi des raisons qui ont motivé sa décision de retirer son allégeance au roi Mohamed VI, et donne des détails sur l’affaire de «Moulay Yaacoub». Entretien.

http://fr.lakome.com/component/content/article/54-podcasts/679-temoignage-dahmed-benseddik-html
http://fr.lakome.com/politique/54-podcasts/679-temoignage-dahmed-benseddik-.html