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jeudi 6 novembre 2014

Ahmed Benseddik sur le long chemin de la rémission

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Ahmed Benseddik, au mois de juin 2014, sur les bords du lac d’Annecy, en France
Après plus de trois semaines d’un semi-coma, Ahmed Benseddik, semble se remettre progressivement de son accident vasculaire cérébral. L’ingénieur dont l’état de santé s’améliore, reconnaît ses proches et ses amis. Il s’entretient, plaisante avec eux et prend des nouvelles de tous ceux qui n’ont pu le visiter jusqu’à présent. Transféré de la réanimation, au service de neurologie de l’hôpital Cheikh Zayed, il a pu se lever, en début de semaine et faire quelques pas, en compagnie de ses enfants, même si la médication et l’accident dont il a été victime, le plongent dans un état de grande fatigue et lui interdisent encore les efforts prolongés. Comme on pouvait s’y attendre, le centralien, en bon hyperactif, s’est inquiété de récupérer son ordinateur et son téléphone portable et de reprendre du service.
On se souvient qu’un AVC profond avait affecté l’intéressé, dans la nuit du 12 au 13 octobre, le plongeant dans le coma, avant que des amis alertés par un journaliste espagnol, n’enfoncent la porte de son petit appartement du Bas-Agdal, pour lui porter secours. Transporté aux services des urgences de l’hôpital Avicenne, dans un premier temps, la famille de l’activiste s’était vu opposer un refus de prise en charge par l’équipe médicale, avant que ce dernier ne soit transféré vers l’hôpital Cheikh Zayed, après une attente interminable de huit heures, sans aucune prise en charge médicale, un cas flagrant de non-assistance à personne en danger. Les spéculations sont allées bon train au cours des premières heures. Certains n’ont pas hésité à imputer l’accident vasculaire à un empoisonnement criminel.
Benseddik aura sans doute, besoin d’une longue rééducation et de beaucoup de repos pour se remettre totalement de cet épisode, d’autant qu’il semble affecté d’une légère hémiplégie du côté gauche.

lundi 27 octobre 2014

Ahmed Benseddik toujors dans un état grave

Quinze jours après le malaise qui a frappé le centralien Ahmed Benseddik, l'enquête prétendument diligentée par le parquet s'est enfoncée dans la nuit et le brouillard habituels qui enveloppent les affaires du petit peuple et de ceux qui ont le courage de dire non aux corrompus qui nous gouvernent. 
Le Makhzen si prompt à envoyer ses sbires matraquer les consciences libres ou les jeter dans ses culs-de-basse fosse, rechigne dès lors qu'il faut rendre justice au marocain lambda. 
Ahmed est toujours plongé dans le coma, dans un état grave,  alors que les suspicions d'empoisonnement continuent d'alimenter les discussions. Aucune analyse bactériologique sérieuse et impartiale, n'a été diligentée ou rendue publique. 
Pourquoi faire ? Le régime marocain scélérat nous traite comme des demeurés et nous continuons à nous taire !Quinze jours après le malaise qui a frappé le centralien Ahmed Benseddik, l'enquête prétendument diligentée par le parquet s'est enfoncée dans la nuit et le brouillard habituels qui enveloppent les affaires du petit peuple et de ceux qui ont le courage de dire non aux corrompus qui nous gouvernent.
Le Makhzen si prompt à envoyer ses sbires matraquer les consciences libres ou les jeter dans ses culs-de-basse fosse, rechigne dès lors qu'il faut rendre justice au marocain lambda.
Ahmed est toujours plongé dans le coma, dans un état grave, alors que les suspicions d'empoisonnement continuent d'alimenter les discussions. Aucune analyse bactériologique sérieuse et impartiale, n'a été diligentée ou rendue publique.
Pourquoi faire ? Le régime marocain scélérat nous traite comme des demeurés et nous continuons à nous taire !

mercredi 22 octobre 2014

Affaire Benseddik, la police plutôt que les premiers secours ; nouvelle détérioration de sa santé

Par Salah Elayoubi,Demainonline, 21/10/2014



 benseddik 














Ahmed Benseddik survit à ce qui semble être un accident vasculaire cérébral (AVC) profond, sans séquelles apparentes, sa famille et ses amis pourront se réjouir et crier au miracle. Entre prise en charge tardive par les secours, absence de premiers soins appropriés, déficience des équipements, transhumance hospitalière, l’ingénieur aura goûté à la panoplie complète que les hôpitaux marocains sont capables d’infliger à ceux du petit peuple qui leur arrivent en grande détresse.

L’association Freedom now dont Ahmed Benseddik est l’un des membres fondateurs a fait état de retards conséquents dans la prise en charge de l’ingénieur, après le malaise dont celui-ci a été victime, à son domicile, dans la nuit de dimanche à lundi dernier.
Parmi les bizarreries relevées, l’arrivée tardive des éléments de la protection civile, dont la caserne se trouve pourtant à proximité immédiate du domicile de l’intéressé et le refus de l’hôpital Avicenne d’admettre ce dernier aux services des urgences.
L’association déplore également les heures précieuses perdues en palabres à l’hôpital. Plus de huit longues heures au cours desquelles Ahmed Benseddik n’a pu bénéficier des premiers secours, dont on sait qu’ils sont vitaux en cas d’AVC. Circonstance aggravante, l’absence d’Angio-scanner à l’hôpital des spécialités a contraint la famille et les amis à se rabattre sur l’hôpital Cheikh Zayed où le centralien a finalement été hospitalisé aux services de réanimation, après l’émission par Hicham Alaoui, le cousin de Mohammed VI, d’un chèque de garantie destiné à couvrir les frais d’hospitalisation
Bizarrement, aux premières minutes de l’hospitalisation de Benseddik, le moqadem est venu mener une enquête à son domicile et les couloirs de l’hôpital ont grouillé de policiers en uniforme et d’agents des renseignements, bien avant toute prise en charge médicale.
Les premiers éléments permettent de dire que Benseddik a été victime d’un AVC profond, à la suite duquel il s’est effondré, avant d’avaler son vomi, entraînant des complications pulmonaires qui ont nécessité l’administration d’antibiotiques.
L’homme se trouve toujours dans un état semi-comateux et répond faiblement, sinon pas aux sollicitations de ses médecins.
Nombre d’internautes évoquent la piste de l’attentat, sous la forme d’un empoisonnement. Benseddik s’était plaint auprès de plusieurs amis, d’une grande fatigue, au cours des mois écoulés. Au mois de juin dernier, il avait rendu visite à plusieurs amis en Suisse à qui il a ouvertement fait part de sa très grande lassitude et un besoin irrépressible de se reposer.
Rentré au Maroc, il s’était plaint auprès de plusieurs d’entre eux, d’une très forte diarrhée qui a duré plus d’une semaine, au mois de septembre. Il avait balayé d’un revers de main, les appels l’incitant à la prudence et à éviter de fréquenter les mêmes restaurants.
Plusieurs amis de l’ingénieur n’hésitent plus à monter au créneau, pour inviter la famille à le transférer dans un centre hospitalier en France ou en Suisse. Une occasion de procéder à des examens toxicologiques dignes de ce nom et préparer le malade à la rééducation qui l’attend.

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Après une brève amélioration de son état de santé, notre ami Ahmed Benseddik a subi une nouvelle détérioration, avec des difficultes respiratoires dues essentiellement à ce qu'il a avalé dans les poumons. Aujourd'hui, les médecins envisagent une trachéotomie, afin de l'aider à respirer correctement.Après une brève amélioration de son état de santé, notre ami Ahmed Benseddik a subi une nouvelle détérioration, avec des difficultés respiratoires dues essentiellement à ce qu'il a avalé dans les poumons. Aujourd'hui, les médecins envisagent une trachéotomie, afin de l'aider à respirer correctement.

 

samedi 18 octobre 2014

Entrevue entre Aziz Enhaili et Ahmed Benseddik, à réécouter


Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®
Je repartage ici l'entrevue que m'avait accordée M. Benseddik en août 2011.

Ahmed Benseddik: J’ai retiré mon allégeance à Mohamed VI

Tolerance.ca: Qu'avez-vous fait de si terrible et dangereux pour devenir l'objet d'harcèlement policier? Ahmed Benseddik: J’ai écrit une lettre au roi du Maroc pour dénoncer la corruption et l’abus de pouvoir de l’entourage du roi. J’ai annoncé au roi, que vu son silence et le silence du gouvernement suite à mes nombreuses lettres (y compris au roi lui-même), je lui retire mon allégeance. J’ai dénoncé le trop plein d’injustice et ses conséquences sur la sécurité et la santé des citoyens et sur l’argent public. J’ai dénoncé des faits graves: le risque d’effondrement d’un bâtiment public (station thermale Moulay Yacoub dont j’étais le directeur général) et  un médecin de ladite station qui pendant 12 ans pratiquait, même s’il n’avait pas l’autorisation d’exercer la médecine, etc. On  m’a alors demandé de me taire, tout en m’accusant de manque de respect au roi, et ce sans apporter la moindre preuve… C’est l’arme fatale pour se venger de moi.

Tolerance.ca: Pouvez-vous nous décrire ce à quoi vous faites face actuellement et depuis quand cela dure-t-il? Vous sentez-vous en sécurité ou craignez-vous une escalade de représailles?
Ahmed Benseddik: Cela dure depuis presque deux semaines. Quand je sors de chez moi (à pied, en taxi ou en voiture, avec un ami…), des hommes me suivent à bord d’une moto et d’une voiture (parfois deux). Quand je rentre à la maison, ils restent pointés devant les trois entrées de la résidence ou j’habite et qui comprend 113 appartements. Ils se relaient 24h par jour.  Même quand je vais à la mosquée, qui est juste à côté de chez moi, il y a toujours un homme en faction qui rentre et m’observe de loin.

Tolerance.ca: Votre cause bénéficie-t-elle d'une couverture satisfaisante au Maroc?
Ahmed Benseddik: Plusieurs sites Internet marocains suivent l’évolution de ma situation (en particulier hespress.com, lakome.com et fr.lakome.com) alors que les journaux papiers n’en parlent pas. En revanche, un prestigieux quotidien panarabe basé à Londres, Al Quds Al-Arabi a publié le 5 août un article sur mon affaire.
Cela dit, ma démarche a permis l’ouverture au pays d’un débat très utile, et c’est tant mieux.
De mon point de vue, l’allégeance est d’abord un contrat et non un chèque en blanc ou une soumission aveugle. Il est devenu, à force d’être instrumentalisé, un concept flou dans le monde moderne où le contrat qui lie les citoyens (et non pas les sujets) à leurs gouvernants est la Constitution. Certains vont jusqu’à dire que la Constitution est la forme moderne de l’allégeance…

Tolerance.ca: Qu'attendez-vous de l'opinion publique internationale? Y a-t-il un message que vous aimeriez lui transmettre?
Ahmed Benseddik: À mon sens, dénoncer la corruption et l’impunité est un devoir de tout citoyen consciencieux qui aime son pays. C’est le fond de toute cette affaire. Signaler au pays entier et au roi les dysfonctionnements graves commis par son entourage est aussi un devoir. Mais le roi reste responsable. La rupture d’allégeance est pour moi un moyen, certes inhabituel, mais uniquement un moyen au service d’un objectif. Je rends service au  pays entier et aussi au roi en dénonçant, comme le font d’autres par d’autres moyens, les dysfonctionnements graves au niveau de la gouvernance du pays.
Si nous sommes vraiment dans un État de droit avec une nouvelle Constitution, pourquoi alors le pouvoir cherche-t-il à me terroriser ainsi et terroriser du même coup ma famille et mes voisins? À la place, il ferait mieux de diligenter une enquête sur le fond de toute cette affaire.
Mon message est celui-ci: c’est qu’on arrête immédiatement l’harcèlement dont je fais l’objet. Aussi que l’on privilégie la transparence, la justice, et non l’impunité.
Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca®.
11 août 2011

    mercredi 15 octobre 2014

    Folles rumeurs après l’hospitalisation d’un dissident marocain

    Par Salah Elayoubi, Demainonline, 14/10/2014



    Ahmed Benseddik
    Ahmed Benseddik
    Ahmed Benseddik se trouve depuis ce matin à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat suite à son transfert de l’hôpital des spécialités où il se trouvait depuis lundi soir.
    Le centralien, connu pour avoir retiré son allégeance au roi du Maroc, avait été pris d’un malaise dans la nuit de dimanche à lundi dans son appartement du Bas Agdal, à Rabat.
    Inquiet de son silence, c’est l’un de ses amis, avec lequel il s’était entretenu dimanche en faisant part d’une grande fatigue, qui a donné l’alerte le premier.
    Arrivés sur place, les secours ont fracturé la porte du logement et découvert l’ingénieur inconscient, baignant dans son vomi, le visage et le cou maculés de sang.
    Le scanner réalisé hier à l’hôpital des spécialités a fait apparaître une hémorragie intracrânienne.
    Les rumeurs les plus folles ont circulé sur la toile, dont certaines faisaient allusion à un empoisonnement.
    On ignore, pour l’instant, les raisons du malaise de l’ingénieur dont on connaît l’implication dans un certain nombre d’actions militantes.
    Il est l’un des membres fondateurs de Freedom now, une association de défense de la liberté d’expression que les autorités marocaines ont refusé d’autoriser.
    Après avoir fait l’objet d’un acharnement de la part de ses supérieurs hiérarchiques, pour avoir dénoncé la corruption, il avait retiré son allégeance au roi du Maroc dans une lettre ouverte, après avoir épuisé toutes les voies de recours et adressé plusieurs suppliques au monarque et son entourage, pour attirer leur attention sur son cas.
    Infatigable, il mène depuis, un incessant combat aux côtés de plusieurs associations, pour l’instauration d’une véritable démocratie dans ce « royaume heureux ».
    Salah Elayoubi
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    Polémique sur l’hospitalisation du militant 



    Polémique sur l’hospitalisation du militant Ahmed Benseddik



    L’état de santé d’Ahmed Benseddik enflamme le web suite à l’annonce de son hospitalisation le 13 octobre. Telquel.ma retrace le parcours du militant depuis qu’il a été retrouvé gisant dans son appartement de Rabat.

    Le militant Ahmed Benseddik a été hospitalisé lundi 13 octobre après avoir été retrouvé inanimé dans son appartement à Rabat. Les raisons de son hospitalisation ont alimenté des débats nourris sur les réseaux sociaux suite à une information relayée par le site Badil.info. Ce site, qui est le premier à avoir publié une information à ce sujet, cite une source anonyme selon laquelle l’ingénieur aurait été victime d’empoisonnement. Cette même source a également indiqué que l’ancien responsable de la CDG avait reçu « des menaces de morts ».

    Hypothèses multiples

    Le neveu de Ahmed Benseddik , Adil Benseddik, raconte à Telquel.ma : « Apparemment, mon oncle aurait déclaré à l’un de ses amis, un journaliste espagnol, qu’il aurait mangé quelque chose de toxique et qu’il avait des maux de ventre ». C’est ce même journaliste espagnol qui aurait lancé l’alerte concernant le militant après plusieurs heures passées sans nouvelles. « Des amis de mon oncle sont venus à son domicile et ont forcé la porte car ils n’avaient pas de nouvelles de lui. Ils l’ont retrouvé gisant sur le sol avec des traces de vomi. Ils ont alerté la famille et nous sommes venus le chercher ».
    Suite à cela, Ahmed Benseddik a été emmené vers le service des urgences de l’hôpital Avicenne par sa famille, où il a d’abord essuyé un refus d’accueil de la part du personnel pour « manque de place ». Il a ensuite été accepté par le même hôpital, suite à une intervention d’un proche, et a été soumis à plusieurs contrôles qui ont révélé qu’il a été victime d’une hémorragie méningée « qui est probablement la cause du vomissement » selon Adil Benseddik. Des analyses d’urine ont été réclamées par la famille d’Ahmed Benseddik mais pour l’instant, aucun résultat n’a été communiqué par le centre antipoison.

    Intervention de la justice

    Le militant devait également être soumis à l’analyse d’un angioscanner mais celui-ci était indisponible pour cause de « panne ».  Suite à cette indisponibilité, Benseddik a été transporté à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat où il devait effectuer des analyses plus approfondies durant la journée du 14 octobre.
    De son côté, le procureur du roi de la Cour d’appel de Rabat, interpellé sur les soupçons d’empoisonnement, a publié un communiqué consacré à l’état de santé du militant. Il indique que la « police judiciaire a effectué une enquête » et que « des analyses de sang et d’urine » ont été effectuées. Celles-ci ont révélé que le militant a été victime « d’une hémorragie cérébrale ». L’hypothèse de l’intoxication est exclue par le procureur du roi. L’enquête de la police judiciaire est toujours en cours. Pour rappel, Ahmed Benseddik, ancien contributeur régulier du site d’information Lakome,  est connu pour avoir refusé de prêter allégeance au roi Mohammed VI lors de la cérémonie de la Bay’a en 2011.

    mardi 14 octobre 2014

    Maroc : L’opposant Ahmed Benssedik admis à l’hôpital dans un état grave

    Par Ghita Ismaili 13.10.2014 | 16h47

    L’ingénieur marocain Ahmed Benssedik aurait été admis il y a quelques heures à l’hôpital Souissi de Rabat pour un malaise. A en croire l’historien Maâti Monjib, cité par le journal en ligne arabophone Badil.info, l’homme aurait été victime d’un empoisonnement et sa vie serait actuellement en danger. « Il est en train de mourir », a-t-il fait savoir. 

    D'autres témoins, contactés par Machahid.info, affirment eux que l'homme a été retrouvé inconscient dans son appartement à Rabat, par des membres de l'association Freedom Now, dont il est l'un des fondateurs. Selon eux, des traces de sang lui couvraient une partie du visage et son cou contenait des blessures.
    La nouvelle n'a pas encore été officiellement confirmée par ses proches. Le compte Facebook de l'opposant à la monarchie est en tous cas envahi de messages. 
    Ahmed Benssedik, ancien directeur de Sothermy, connu pour avoir écrit notamment un ensemble de lettres adressées au roi Mohammed VI, dont une où il rompt publiquement son allégeance envers le souverain, aurait reçu des menaces de mort il y a quelques semaines. 

    Copyright Yabiladi.com
    http://yabiladi.com/articles/details/30089/maroc-l-opposant-ahmed-benssedik-admis.html
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    Ahmed Benseddik sera transféré à l'hôpital cheikh azymes hay Riad normalement ce soir car il n'y a pas de place dans les urgences de l'hôpital des spécialités et son état neurologique (hémorragie ) peut s'aggraver d'un moment à l'autre. Je l'ai quitté il y a quelques moments son état était stable. Il est entouré de sa famille et sa grande famille aussi d'activistes. Espérons que son état se stabilise et ne s'aggrave pas!
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    Je viens de quitter le chevet de mon très cher ami Ahmed Benseddik. Après d'innombrables obstacles "administratifs" sa famille a enfin réussit à le transférer dans un centre hospitalier décent où on pense qu'il recevra des soins adéquats. Ce fut une journée surréelle : un hôpital public qui affiche toutes les spécialités où il manque le nécessaire décent pour soigner une personne en détresse. Un personnel, quoique visiblement bien intentionné, paralysé par les procédures administratives ce qui a fait perdre de précieuse heures à Ahmed, sans parler des policiers en civil rodant dans les couloirs.
    Espérons a Ahmed un prompt rétablissement.
    Je demanderais seulement aux camarades de respecter ce qui relève de la vie privée et ne pas balancer des informations qui n'appartiennent qu'à la famille du patient. Arrêtons de lancer les diagnostics a tout va. D'après ce que j'ai appris ce soir, *rien* ne permet de conclure à l'attentat contre la vie de Ahmed. Souhaitons lui encore une fois un total rétablissement.

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    Par Mustapha Adib
    Mr Benseddik a finalement été admis au CHU Souissi de Rabat au lieu de l’hôpital Scheikh Zaid. Un lavage de l'estomac lui a été fait, et visiblement son état est stable pour le moment selon un médecin. Sa famille est à son chevet en ces moments et il a pu leur dire deux phrases en 1 heure. Il n'est donc pas encore en mesure de raconter  ce qui lui est arrivé.




    samedi 5 juillet 2014

    L'ingénieur dissident Ahmed Benseddik porte plainte contre une vidéo le menaçant de mort


    Rida Benotmane, net-citoyen et journaliste freelance au Maroc, 1/7/2014





















    L'ingénieur dissident Ahmed Benseddik

    L’ingénieur dissident Ahmed Benseddik entendu par la brigade de lutte contre la cybercriminalité





    Il porte plainte contre une vidéo sur youtube signée "la jeunesse royaliste" le menaçant de mort. La police enquête…
    L’ingénieur Ahmed Benseddik, célèbre pour avoir rompu son allégeance au roi du Maroc Mohammed 6, a déclaré sur son compte Facebook que la brigade de lutte contre la cybercriminalité l’a entendu hier lundi 30 juin suite à une plainte déposée par ses avocats, Maitres Lahbib Hajji et Aboubakr Jamai, auprès du procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca.
    Benseddik a remis un CD-rom contenant une copie de la vidéo publiée sur Youtube au cours du mois d’avril dernier et qui le menaçait de mort ainsi que d’autres journalistes, militants et membre du mouvement islamiste dissident Al Adl Wal Ihssane. Une vidéo portant la signature des "jeunesse royalistes", un groupe hostile au mouvement du 20 février prônant une réforme radicale du système politique marocain. La vidéo a depuis été supprimée de Youtube.
    Rappelons qu’Ahmed Benseddik avait rédigé une lettre en 2011 dans laquelle il annonçait la rupture de son lien d’allégeance à Mohammed 6. Un geste haut en symbole car la baia constitue le lien sacré unissant traditionnellement les marocains au trône alaouite. L’ingénieur justifiait alors son geste par son "désespoir" vis-à-vis "de la justice de Mohammed 6".
    Benseddik est également le concepteur et le directeur exécutif du projet Fès 1200 ans avant qu’il n’en soit écarté par le banquier Saâd Kettani, Haut-commissaire de l'événement. C’est lui qui a également fait éclater au grand jour les dysfonctionnements de  gestion de la société SOTHERMY, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) qui gère la station thermale de Moulay Yacoub à Fès dont Benseddik occupait le poste de directeur général.

    mercredi 5 février 2014

    L’enseignement au Maroc victime de la mauvaise gouvernance

    L’immense pouvoir du/ bac moins 10 /
    Le dernier rapport de l’UNESCO sur l’enseignement dans le monde vient nous rappeler ce que nous savons déjà : l’enseignement au Maroc est dans un état catastrophique. Sur 150 pays, le Maroc se trouve dans la catégorie de 21 pays ayant les pires systèmes éducatifs. C’est le résultat d’un crime contre la Nation et son avenir.
    Cette performance s’ajoute aux autres classements de la honte que le Maroc collectionne, dans des domaines aussi variés que le développement humain (130ème en 2012) ou la liberté de la presse (136ème en 2012), et au dernier recul enregistré dans le domaine de la perception de la corruption (passage de la 88ème place à la 91ème place entre 2012 et 2013)  ainsi que le recul de 7 places dans le classement de compétitivité élaboré par le World Economic Forum.
    La mauvaise gouvernance est le point  commun de ces tristes chiffres, qui sont corroborés par les rapports relatifs au respect des droits de l’Homme. Chacun constitue un miroir dans lequel nous pouvons admirer le vrai visage de notre pays dans le concert des nations, et voir à quel point le futur de nos enfants est incertain.
    Les médias officiels, parce qu’au Maroc il n’y a pas de vrais médias publics, évitent comme d’habitude ce type de sujet. L’agence MAP et les chaines de TV demeurent hors zone.
    La qualité des responsables est parmi les obstacles à l’amélioration du système éducatif. En novembre dernier, Lahcen Daoudi, ministre PJD de l’enseignement supérieur, a avoué devant le parlement, que « les rapports sécuritaires jouent un rôle décisif dans la nomination aux hauts postes à responsabilité ». C’est ainsi qu’un    cadre particulièrement brillant mais pas assez obséquieux vis-à-vis des autorités, ne sera ni doyen de faculté, ni président d’université.
    Compte tenu du niveau intellectuel au sein des appareils sécuritaires qui élaborent ces fameux rapports, il n’est pas étonnant qu’un mauvais bac moins 10 prive le pays entier des talents d’un bon bac plus 10.  Voilà l’une des sordides facettes de ce crime contre la Nation.
    Circulez, il n’y a rien à voir…
    La pourriture et la corruption qui rongent l’univers sécuritaire au Maroc ont conduit l’été dernier à l’éclatement d’un scandale doublé d’une tragédie lorsqu’un policier de la petite ville de Machraa Belksiri, a tué trois de ses collègues. Vraisemblablement, un banal conflit sur fond d’affectation aux barrages policiers les plus « juteux » a tourné au drame, la localité se trouvant sur la route vers Ceuta et Tétouan,  connues pour le commerce de la contrebande avec l’Espagne.
    Malheureusement, lors du procès, le juge a refusé l’expertise médicale et la convocation de témoins. De son côté, la DGSN (la direction générale de la sûreté nationale) n’a pas informé l’opinion publique des résultats de son enquête promise. Alors que ce drame devait être l’occasion de disséquer en toute transparence les dysfonctionnements de la gouvernance de cet organe important, tout a été fait pour éviter de mettre le doigt sur le vrai mal.
    Pendant ce temps, le Chef du Gouvernement, qui a oublié sa promesse de lutter contre la corruption, s’évertue à vanter les mérites des prières rogatoires à l’onction royale, alors que  les dirigeants de l’instance centrale de lutte contre la corruption multiplient les missions à l’étranger et comptent les milliers de « miles » offerts par les compagnies aériennes.
    En février 2013, le même ministre Daoudi a eu une belle occasion pour donner un coup de pied dans la fourmilière de la mal gouvernance de l’enseignement supérieur. En effet, l’incorrigible site Lakome avait révélé, preuves à l’appui, le scandale du plagiat dans le mémoire de Master de l’étudiant Khalid Fikri, obtenu en avril 2012 avec mention « très bien » à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Settat. Cet étudiant particulier, puisqu’il est garde du corps du roi, avait été, déclaré major de sa promotion. La cérémonie de remise des diplômes,  couverte par la télévision publique, avait mobilisé le Wali de Settat, le directeur des ressources humaines de la DGSN et le directeur de l’Institut royal de police.
    Au moins 60% du mémoire élaboré par Khalid Fikri a été « copié-collé », sans toujours citer les sources,  certaines phrases sont même tronquées et incomplètes. Dans un premier temps, la faculté a promis une enquête et Daoudi avait déclaré  que « cette enquête s’impose, nous devons rendre compte à la société ».
    Une année après, la société attend toujours, le parlement n’attend rien, et le ministre, incapable d’aller au bout de sa logique, a montré qu’il a raté une occasion de se taire.
    En principe, ces scandales sont autant d’opportunités d’évaluer les maux, de mettre à plat la cartographie des responsabilités en vue de prendre les mesures correctives, de sanctionner les auteurs des « wrongdoing » quel que soit leur rang hiérarchique ou leur proximité du centre du Pouvoir.
    Vous avez dit engagement ?
    Les classements scandaleux représentent des symptômes visibles des maladies du pays et devraient servir d’alerte aux gouvernants. D’ailleurs, le 13 février 2009, au Palais royal de Fès, l’Etat s’était publiquement et solennellement engagé dans ce sens, lors de la cérémonie de présentation du Pacte National pour l’Emergence Industrielle 2009-2015. Ce document, signé par 9 ministres, en plus de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc)  et le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc) comporte 111 mesures concrètes, dont la 69ème située à la page 52, stipule :
    « L’Etat s’engage à créer dans les meilleurs délais un comité Public-Privé, présidé par Monsieur le Premier Ministre. Ce comité sera chargé de :
    • L’identification des besoins et le recueil des propositions de solutions opérationnelles ;
    • La coordination et l’affectation des chantiers ;
    • La supervision de l’avancement des chantiers et l’évaluation des résultats ;
    • La mise en cohérence des projets existants ;
    • La gestion proactive des classements internationaux ;
    • La communication publique sur les réformes prévues, entamées et réalisées …. »
     Est-ce que ce comité s’est réuni ? Combien de fois ?  Quelles décisions et quelles mesures a-t-il prises pour honorer l’engagement d’assurer cette gestion proactive des classements internationaux ?
     Le même document officiel met en évidence l’importance de l’enseignement dans son tout premier paragraphe, extrait du discours du roi le 30 juillet 2008 : « Aussi profonde qu’elle puisse être, la réforme institutionnelle ne peut aboutir que si elle est étayée par des réformes structurelles ou complémentaires qui devraient nous permettre de renforcer nos atouts économiques et sociaux, en donnant une nouvelle impulsion aux secteurs clés, notamment ceux de l’enseignement, de l’agriculture, de l’énergie, de l’eau, et du développement industriel »
    Responsabilité 
     Aujourd’hui, la claque bien méritée que nous donne le rapport de l’UNESCO concerne ce premier secteur clé, et qui est LA clé des autres secteurs. Il a toujours été géré directement ou indirectement par les hommes du Palais royal, qu’ils soient ministres comme Ahmed Akhchichène ou Rachid Belmokhtar, ou conseillers du roi qui président le Conseil Supérieur de l’Enseignement, comme Feu Abdelaziz Meziane Belfqih ou actuellement Omar Azziman. Par conséquent, c’est le Palais qui endosse la plus grande responsabilité dans l’état calamiteux où se trouve notre système éducatif.
     Or, aussi bien le roi que ses conseillers et ses ministres technocrates échappent à la règle de base de la bonne gouvernance et de la démocratie, à savoir la reddition des comptes. L’acte qui consiste à rendre des comptes suppose que le  responsable politique se soumet périodiquement au jugement de ceux qui lui ont conféré la légitimité du Pouvoir.
     Cet exercice est plus délicat lorsque l’on tire sa légitimité d’un auguste spermatozoïde.
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    vendredi 1 novembre 2013

    Sahara Marocain, le discours de la panique



    Un réveil tardif
    Le roi du Maroc, une fois n'est pas coutume, reconnaît que le dossier du Sahara traverse un moment pénible.
    Lors du discours d'ouverture de la nouvelle session parlementaire le 10 octobre 2013, il a notamment déclaré: « La situation est difficile. Rien n'est encore tranché. Les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale ne vont pas s'arrêter, ce qui pourrait placer notre cause devant des développements décisifs. »

    Ahmed Benseddik
    Mohammed VI en a profité pour  reprocher aux parlementaires et aux partis leur passivité en affirmant, une fois n'est pas coutume aussi, que « la question du Sahara n'est pas seulement la responsabilité du Roi, mais elle est également la cause de tous et de chacun : institutions de l'Etat, parlement, Conseils élus, et tous les acteurs politiques, syndicaux et économiques, les organisations de la société civile, les médias et l'ensemble des citoyens. »
    Le reproche est plus vif quand il a déclaré que « la majorité des acteurs ne se mobilisent avec force qu'en cas de danger imminent menaçant notre intégrité territoriale, comme s'ils attendaient le feu vert avant d'entreprendre quoique ce soit. »
    Ainsi, après avoir monopolisé avec ses proches courtisans, la gestion de ce dossier, la  franchise soudaine traduit le désarroi d'un homme et l'échec d'un système de gouvernance qui demeure en état de gravitation perpétuelle autour du même homme et de ses humeurs, autoritarisme oblige.

    Rétrospective rapide
    Pourtant, c'est le même Mohammed VI qui, il y a à peine trois mois, affirmait sur un ton   satisfait, lors du discours du trône le 30 juillet 2013 : « Le capital sympathie dont jouit notre première cause à l'international, s'est accru grâce à une bonne appréciation des tenants et des aboutissants de la question de notre intégrité territoriale. Cette évolution trouve son illustration dans le soutien grandissant apporté à notre initiative judicieuse, en l'occurrence notre proposition d'autonomie. A cet égard, Nous relevons notamment que la dernière résolution du Conseil de Sécurité a fermement réaffirmé les paramètres incontournables pour parvenir à une solution politique consensuelle et réaliste. »
    C'est aussi le même roi, qui une année auparavant, déclarait sereinement le 30 juillet 2012: «  A cet effet, le Royaume du Maroc réaffirme sa détermination à continuer à s'investir de bonne foi dans le processus de négociation visant à trouver une solution définitive au différend régional artificiel autour du Sahara marocain, sur la base de la proposition marocaine d'autonomie, dont le sérieux et la crédibilité sont reconnus par la communauté internationale, et dans le cadre de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Maroc. »
    Deux années auparavant, le 30 juillet 2010, le discours rappelait les vertus de seule vision royale: « En tout état de cause, le Maroc continuera à défendre sa souveraineté, son unité nationale et son intégrité territoriale, avec la détermination de ne pas renoncer au moindre pouce de son Sahara. Nous continuerons donc à aller de l'avant dans la mise en œuvre de la vision ambitieuse que Nous avons définie dans Notre dernier discours de la Marche Verte. Ainsi, le Sahara marocain sera en tête des bénéficiaires du processus de régionalisation avancée. De même que seront poursuivis sans relâche les efforts soutenus que nous déployons en faveur du développement solidaire de nos provinces du Sud. Nous comptons au même titre, procéder à une restructuration profonde du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS). »

    Depuis, la régionalisation, avancée n'a pas avancé d'un iota. Quant au malheureux  CORCAS, il est tombé dans les oubliettes et a même été royalement "zappé" lorsque le roi a confié au conseil économique, social et environnemental la mission de définir une feuille de route  pour le développement des provinces du Sud. Les honorables parlementaires-applaudisseurs n'ont pas levé le petit doigt.

    Une diplomatie sans vision stratégique
    En réalité, le discours du roi du 10 Octobre reconnait à demi-mot le déficit de vision stratégique diplomatique au Maroc et l'absence de la diplomatie préventive. En effet, les millions de dollars dépensés par le Palais et ses organes, sans aucun contrôle parlementaire, pour s'attirer la sympathie de certains lobbies aux USA et ailleurs, n'ont pas été très rentables. La « taginisation » et la « mamounisation » de la diplomatie ont permis, à titre d'exemple, de gaspiller 30 millions de dollars pour financer un complexe touristique dans une île des caraïbes (Dominique) en espérant acheter la voix de son gouvernement aux Nations Unies.
    De même, le fait de décorer l'un des plus grands sionistes du monde, Malcolm Honlein en espérant que l'AIPAC, le plus grand lobby pro israélien, fasse pression sur le Congrès et l'Exécutif américains en faveur du Maroc, ne semble pas mettre à l'abri l'affaire du Sahara des turbulences qu'elle traverse et n'efface pas les dégâts causés à l'image du Maroc par la violence policière quotidienne au nord comme au sud du pays. Cette image a été encore plus ternie par le scandale de la malheureuse grâce royale accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan puis par l'emprisonnement injuste pendant 39 jours d'un journaliste talentueux, Ali Anouzla, directeur de publication de la version arabe du site Lakome, en vue de le punir d'avoir souvent brisé les lignes rouges. Ces faits successifs révèlent au grand jour les dysfonctionnements d'une gouvernance basée sur la docilité, la corruption, l'incompétence et l'absence de contre-pouvoir.
    Il est évident que le souvenir de la tentative de Washington, en avril 2013, de faire voter par le conseil de sécurité de l'ONU une résolution élargissant le mandat de la MINURSO au contrôle du respect des droits d'homme, a laissé des cicatrices profondes sur la diplomatie marocaine. Si la résolution a été retirée in extremis, rien ne garantit qu'en avril 2014 une résolution similaire (ou une autre mauvaise surprise), ne viendra pas gâcher la fête.
    Le récent rapport du US Army War College montre que la demande US d'étendre ce mandat n'était pas un coup de tête contre le Maroc mais une décision stratégique pour la région (page 74). Le rapport parle clairement d'« authoritarian regimein Rabat » (page 68) et explique les succès du Polisario par trois facteurs : le soutien de l'Algérie, la faiblesse de la Mauritanie et les erreurs du Maroc. Il signale aussi que le scepticisme des Sahraouis à propos des intentions de Rabat est bien fondé, et que ce n'est qu'à travers de vraies réformes, l'autonomie et une réduction significative de clientélisme et de la corruption que le gouvernement marocain a une chance de gagner une certaine crédibilité parmi les Sahraouis (Sahrawi skepticism about Rabat's intentions is well grounded; only through genuine reforms, autonomy, and a significant reduction in clientelism and corruption does the Moroccan government stand a chance of gaining some credibility among the Sahrawis.)
    Les brutalités légendaires des forces de sécurité marocaines, qui ne rendent compte qu'aux hommes du Palais, sont toujours prêtes à agir comme le footballeur qui marque contre son propre camp.
    En plus de l'attitude peu amicale des USA, que la diplomatie marocaine continue de qualifier d'allié stratégique du Maroc, les derniers développements de l'affaire sur le plan mondial ont de quoi inquiéter Rabat, puisque les pressions se font de plus en plus fortes pour trouver une issue à ce conflit qui a trop duré.
    Si le Maroc s'accroche à une seule solution, à savoir le plan d'autonomie, le rapport Tannock voté le 22 octobre par le parlement européen cite, dans son paragraphe 99, le mot anglais self-determination (auto-détermination) à trois reprises. A ce propos, il n'est pas inutile de rappeler que la MINURSO veut dire Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental. Signalons au passage, à propos de ce rapport, que la propagande officielle marocaine s'en est "félicité",  tout en omettant de relever que, selon le texte, le Parlement européen « se dit gravement préoccupé par le récent rapport du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture », « condamne les violations des droits de l'homme dont sont victimes les femmes sahraouies qui se manifestent notamment par du harcèlement et des violences sexuelles »,  « déplore vivement que, le 6 mars 2013, le Maroc ait expulsé une délégation de quatre députés au Parlement européen » et « soutient la création d'une mission MINURSO-CICR (Comité International de la Croix Rouge) officielle dans la zone de Fadret Leguiaa afin de procéder à l'exhumation et à la restitution des dépouilles aux familles, à la suite de la découverte de fosses communes par l'équipe d'investigation de l'Université du Pays basque. »
    Les puissances mondiales pourraient pousser vers une formule de confédération ou de fédération, sans toutefois écarter l'indépendance pure et simple, même si elles sont convaincues qu'un petit Etat Sahraoui est peu viable et serait une source d'instabilité. Quoique, le Soudan a bien perdu son sud, l'Espagne pourrait être amputée de la Catalogne, la Belgique est menacée d'être coupée en deux et le Maroc lui-même considérait la Mauritanie comme territoire marocain et n'a reconnu son indépendance qu'en 1969.
    Mais tant que les autorités Marocaines continuent de violer les droits de l'homme au Sahara, comme partout au Maroc d'ailleurs, lesquelles violations n'ont pas cessé depuis l'épisode d'avril 2013, la crédibilité de la proposition marocaine s'amenuise. En effet, autonomie ne rime pas avec absence de vraie démocratie et avec autoritarisme, qui demeure au cœur de la nature intrinsèque du régime marocain.
    En mai dernier, l'académicien espagnol Bernabé López García avait publié une analyse pertinente sur l'échec du Maroc au Sahara, qui n'a pas pris une seule ride. Il met en lumière la politique de répression, les incohérences stratégiques de Rabat et surtout son «  incapacité au cours des six années écoulées à faire évoluer vers une solution le problème du Sahara, alors qu'il constitue la plus grande hypothèque de la monarchie et sa maladie chronique. » Il conclut que « loin de constituer le point final des négociations, ce plan (d'autonomie) peine maintenant à en constituer le point de départ, si tant est qu'il puisse y arriver. »  En d'autres mots, le Maroc a une cause juste mais de mauvais avocats.

    Des services de renseignements  dépassés
    Le discours royal est aussi un aveu de l'incapacité des organes sécuritaires et de renseignements intérieurs DGST et extérieurs DGED, à contrecarrer les efforts du Front Polisario qui a réalisé des percées au sein de certains parlements nationaux (comme la Suède) et du Parlement Européen. Le dossier Sahara est devenu un élément qui hypothèque les relations Morocco-Européennes comme le montre l'évolution des accords de pêche entre les deux parties. Or, ces organes sont sous le strict contrôle du Palais. Ni le gouvernement, ni les parlementaires dont le roi a tiré les oreilles, ne les contrôlent.
    Nos services de renseignements et diplomatiques ont-ils vraiment anticipé les changements de l'administration US ? L'ancienne secrétaire d'Etat, Mme Hillary Clinton qui défendait à Washington et New-York la vision marocaine a été remplacée par un John Kerry qui semble bien moins séduit par les beaux caftans. En même temps, d'autres positions clés US ont été prises par des personnages moins sensibles au discours marocain et surtout intransigeantes lorsqu'il s'agit des violations avérées des droits de l'Homme, comme Susan Rice, responsable de la sécurité nationale et Samantha Power, ambassadrice US à l'ONU.
    Ces services ont-ils assimilé les changements majeurs de la scène mondiale: la guerre froide est finie et la guerre contre le terrorisme a pris une autre tournure. Comment élaborent-ils leurs analyses ? En principe, ils doivent  définir et mettre en œuvre des stratégies pour prémunir le pays, sa sécurité et son unité, des dangers et risques. Or, ils ont échoué sur le plan interne à contenir les aspirations séparatistes et sur le plan externe à gagner la sympathie de l'occident, y compris sa société civile et ses médias. Ils ont aussi échoué à construire une stratégie de communication crédible et convaincante. Ces services n'ont pas réussi à saisir les nouvelles techniques de la diplomatie mondiale, basée sur la coopération continue avec les grandes ONG internationales comme Transparency ou RSF, et sur les canaux de coopération avec les faiseurs d'opinion mondiale et les grands centres de recherches stratégiques.
    A l'heure où ces derniers sont devenus à travers le monde des partenaires à part entière des décideurs, de par les notes de recherche qu'ils produisent et les débats qu'ils animent, le Maroc se distingue par un Institut Royal des Etudes Stratégiques qui ne réfléchit que sur ordre du roi, puisque son texte de création  stipule : « L'Institut a pour mission de mener des études et analyses stratégiques sur les questions dont il est saisi par Notre Majesté. » Pourquoi n'a-t-il pas tiré la sonnette d'alarme avant que le roi ne prononce son discours de panique ?
    Le Maroc dispose-t-il de services de renseignement au sens noble et moderne du terme ?  Voilà un débat absent. Par ailleurs, la partie du site Internet du Ministère des AE consacrée au dossier du Sahara est loin d'être à la hauteur d'une cause réputée être nationale.

    Des parlementaires applaudisseurs
    Comme pour le dossier de l'éducation, le palais cherche à tout prix à faire endosser la responsabilité des ses propres échecs aux autres acteurs. Le roi sait très bien que dans la question du Sahara, comme tous les autres domaines dont le Palais  monopolise la gestion, les parlementaires sont réduits à de simples applaudisseurs. Après chaque discours du roi, ils se précipitent devant les caméras pour en saluer le caractère historique et exceptionnel et ânonner que leurs partis sont mobilisés derrière Sa Majesté le Roi pour appliquer ses Hautes  directives.
    Les élites politiques, dont les députés et les partis, de par leur "béni-oui-ouisme" et leur silence, le populisme et l'indigence intellectuelle de certains de leurs leaders, portent une lourde responsabilité dans cette tragi-comédie dont l'enjeu n'est autre que l'unité nationale.

    Bis repetitae
    Ainsi, la démarche est la même : le Palais s'accapare le monopole d'un dossier qui engage la nation, utilise des fonds publics colossaux sans contrôle institutionnel, le confie à ses proches nationaux ou ses soi-disant amis internationaux, et impose un discours unique. Lorsqu'il s'aperçoit qu'il y a le feu et que son meccano est défaillant, il cherche des boucs émissaires. On l'a vu pour le dossier de l'éducation où le roi a voulu faire endosser l'échec à un gouvernement qui a moins de deux ans.
    En septembre 1981, Abderrahim Bouabid, leader du parti USFP à l'époque, s'est trouvé jeté en prison pour avoir osé exprimer une divergence avec le roi Hassan II au sujet du Sahara. Lors de son procès, il a déclaré : « Ce procès s'inscrira dans l'histoire. La prison m'est plus agréable que de me taire et de ne pas exprimer mon opinion sur une question nationale déterminante et sacro-sainte. »
    Le 30 avril 2013, après l'épisode de l'ONU, le site d'information Lakome a publié un éditorial lumineux et prémonitoire cosigné Aboubakr Jamai et Ali Anouzla, intitulé Le coût de l'autoritarisme. On y lit que « seul un processus de démocratisation crédible permettrait la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara », que si « les défaillances tactiques n'ont pas manqué, plus problématique et plus lourde de conséquence est leur incohérence stratégique. » et aussi : « le Maroc a, depuis le début de cette affaire, misé sur le facteur temps pour affaiblir ses adversaires. Aujourd'hui, ce facteur s'est transformé en guerre d'usure en raison de l'accumulation des erreurs. Le temps, au lieu d'effacer ces erreurs ou les faire oublier, ne fait qu'en amplifier le coût. »
    Ils ont eu le tort d'avoir raison.