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samedi 11 février 2017

Le Maroc a sacralisé ce mensonge d'Etat ...

C'est dans ses relations avec le reste du monde que le régime marocain montre son véritable visage exclusivement dévolu au service de la monarchie et ses complices, comme pour cette affaire avec l'Union européenne ! N'allez surtout pas vous imaginer que ce sont les intérêts économiques du pays que le Makhzen défend, lorsque ses sbires montent au créneau et se font menaçants envers l'Europe, mais bien ceux de Predator VI ! 
C'est que "notre ami" a privatisé le Sahara pour en faire l'autre arrière-cour ou l'arrière-boutique de sa holding, alors même que le statut de ce territoire fait l'objet d'un litige entre les sahraouis et le Maroc qui a sacralisé ce mensonge d’État selon lequel la communauté internationale aurait reconnu la marocanité du Sahara !
On peut aisément imaginer ce qu'il adviendrait si ce territoire revenait un jour au Maroc !

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dimanche 1 janvier 2017

Extrait du beau coup de gueule de Salah Elayoubi , triste bilan et voeux de bonne année

Faut-il rappeler, en guise de bilan que notre peuple a été élu peuple le plus malhonnête du monde et que le Maroc exporte ses mythomanes, ses incompétents, ses criminels et ses terroristes dans le monde entier ?
Faut-il encore dire ce qu'ils ont fait de l'éducation nationale qu'ils ont vidée de toute substance, avant de la privatiser afin qu'elle tombe aux mains de la mafia qui s'est emparée du pays ?
Faut-il rappeler que le régime marocain est dénoncé sur les cinq continents pour sa répression des libertés ?
Faut-il encore raconter les malheurs de nos compatriotes isolés dans ces parties du Maroc inutile et qu'on met en scène, dans des campagnes indignes de distributions des produits de première nécessité, à la gloire de celui qui a largement contribué à les précipiter dans la misère ?

Faut-il encore rappeler le niveau de corruption généralisée qui gangrène le pays et qui, combiné à une confiscation pure et simple de l'acte d'entreprendre au profit d'une minorité plombe l'investissement et contribue à la misère, au chômage, à l'émigration clandestine et la montée exponentielle du crime dans nos rues ?
Faut-il évoquer que le principal responsable de ce désastre généralisé est l'un des hommes les plus riches de la planète quand la majeure partie des marocains vit sous le seuil de pauvreté ?
Il y en a encore long comme le bras de ce florilège accablant.(...)

Bonne année aux sans-voix, aux sans-abris, aux misérables et aux honnêtes gens ! Pour les autres, les crapules, les escrocs, les corrompus et les corrupteurs vivez avec tout ça !!!

jeudi 5 novembre 2015

Aux femmes du PJD, sur l'héritage, par Salah Elouadie


Opinions |

Publié le 01 novembre 2015

Aux femmes du PJD, sur l'héritage, par Salah Elouadie

A mes amies les honorables femmes du PJD,

J’ai côtoyé et travaillé avec plusieurs d’entre vous dans maints domaines et à plusieurs reprises, et j’ai gardé avec vous, sans exception, d’excellentes relations empreintes de respect et de considération. C’est aujourd’hui avec le même sentiment que je m’adresse à vous, et également à Mme Samira Bouhamdane dont l’interprétation et la position sur la question de l’héritage dénotent d’un admirable courage qui lui fait particulièrement honneur. Je forme le vœu de trouver encore plus d’occasions d’écoute mutuelle, afin de nous permettre d’atteindre une meilleure compréhension du sujet, ne serait-ce qu’en partie.

Le débat a donc encore été ouvert sur cette question de succession, et j’ai plaisir à m’adresser à vous, animé par la conviction que les consciences vives existent bel et bien en tous temps et en tous lieux, sans exception aucune.
Aujourd’hui, nous entendons des arguments et des réflexions, dont certaines prêtent à rire et d’autres à pleurer.
Aujourd’hui, nous voyons et entendons certains monter aux créneaux pour nous indiquer que cette pauvre société marocaine est conservatrice et qu’il ne faut point la heurter et encore moins l’offusquer…

dimanche 26 juillet 2015

35 jours de grève de la faim et ...

Salah Elayoubi a partagé sa publication.

35 jours de grève de la faim et 16 années de rapine, d'agapes et de boulimie compulsive ont fini par rapprocher le bourreau de sa victime !!!??

jeudi 27 novembre 2014

Salah Elayoubi : « Le régime marocain ne veut que des applaudisseurs »

par Rida Benotmane, demainonline, 17/11/2014
Le 2 novembre 2014, le monde célébrait la deuxième journée internationale de la fin de l’impunité, pour les crimes commis contre les journalistes. Un événement gravé dans le marbre, grâce à la résolution A/RES/68/163, adoptée le 18 décembre 2013, par l’Assemblée générale des Nations-Unies, lors de sa soixante-huitième (68) session. La sécurité des journalistes et la question de l’impunité sont au centre de cette résolution dont le Maroc a été l’un des premiers signataires. Mais avec la multiplication des cas de violations commises contre les journalistes au Maroc depuis la signature de cette résolution, nous avons souhaité comprendre pourquoi les autorités marocaines aiment à entretenir les paradoxes sur des questions cruciales relevant de la démocratie et de la bonne gouvernance. Une situation qui confine à la schizophrénie pour le pays qui compte officiellement accueillir le Forum Mondial des Droits de l’Homme du 27 au 30 novembre prochain à Marrakech alors que la répression bat son plein contre des mouvements et organisations pacifiques pro-démocratie. Salah Elayoubi, ancien chroniqueur sur le site d’information Lakome.com (organe de presse censuré par les autorités marocaines pour sa ligne éditoriale opposée à l’autoritarisme du régime marocain) livre à travers cette interview,  son sentiment sur la situation actuelle du journalisme au Maroc et celle des droits de l’homme, en général.
Rida Benotmane
liberté de presse2
Rida Benotmane :  À sa soixante-huitième (68) session, en 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/68/163, qui a proclamé le 2 novembre,  Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution a exhorté les États membres à prendre des mesures précises, afin de combattre la culture de l’impunité. L’Etat marocain vous semble-t-il prendre au sérieux cette résolution pour défendre les journalistes sur son territoire ?

samedi 15 novembre 2014

Lettre ouverte à Mohamed VI à propos du Sahara

Par Hamza Mahfoud
Interprétation de Salah Elayoubi, 15/11/2014

Hamza Mahfoud M6

Sire,
Si je m’adresse à vous, c’est pour faire suite à votre discours du 6 novembre et vous exposer mon avis de citoyen, tiraillé par le doute et vous dire combien il est ardu de défendre la mère patrie, lorsque celle-ci est gouvernée par l’autoritarisme, les atteintes aux droits de l’homme, les privilèges et la rente ?
«Halte aux surenchères sur le Maroc, et halte à l’instrumentalisation des droits et des libertés, pour comploter contre lui », disiez-vous, insinuant, que défendre les droits de l’homme et la liberté d’expression, serait assimilable à la trahison. Je pense qu’une appréciation différente sur la question du Sahara, relève plutôt de la liberté d’opinion, alors que le mélange des genres entre pouvoirs et affaires, se rapproche bien plus du crime que vous évoquez.
Défendre les droits de nos semblables est un devoir citoyen, même s’il est le fait de ceux qui ne partagent pas nos opinions. A contrario, justifier les exactions et les atteintes aux droits de l’homme et en protéger les auteurs est assurément un crime.
Affirmer que l’Algérie est une dictature est une vérité que nul ne vous contestera. Mais cela ne fait de sens que si vous vous décidiez à sauter le pas, pour vous joindre au club des démocrates tout en abandonnant le monde des affaires, avant que les indépendantistes sahraouis ne fassent, demain, des émules, dans d’autres régions du pays.
Vous dites que le Sahara occidental coûte au Maroc sept dirhams investis, pour un dirham de ses recettes ! Que doivent en penser les habitants du Sud-est marocain qui survivent dans l’exclusion et dans la plus insupportable des misères ? Devraient-ils, à leur tour, revendiquer leur indépendance, pour que nous leur prêtions enfin attention ? Comment se convaincre de son appartenance à une nation qui vous refuse toute dignité et vous contraint à l’exil, au péril de votre vie. Vous citez votre ancêtre, à propos des envieux. Pourquoi n’évoquez-vous pas plutôt cet autre Hadith : « Je m’étonne que ne brandisse le glaive, celui qui ne dispose de son pain quotidien ! ».
Dois-je comprendre de vos paroles qu’un ralliement des sahraouis à la patrie, signerait la fin des investissements colossaux que vous évoquez, comme vous le faites des autres provinces du pays ?
Pardonnez toutes ces questions. Elles viennent en réponse à ce jeu hilarant que vous aviez initié, avec votre drôle de question, « Où sont les richesses du Maroc ? ». Nous avions répondu, dans un même élan, que leur grande majorité était passée dans vos poches, celles de votre famille et vos courtisans. Des richesses bâties grâce à la proximité avec le Palais. Nul ne nous avait alors, écoutés.
Sire,
De Washington à Paris en passant par New York et Bruxelles, nombreuses sont les bonnes volontés, des compatriotes, des amis du Maroc, cadres hautement qualifiés et décideurs qui seraient disposées à défendre un projet cohérent, mais qui s’en abstiennent, face à l’ampleur de la tyrannie, des exactions et de la corruption qu’ils découvrent et qui les révulse. Alors, affirmer aussi péremptoire que vous le faites, que «  Le Maroc restera dans son Sahara jusqu’à la fin des temps » relève, si vous me le permettez, du sophisme pur ! Nul ne sait, en effet, si le Maroc existera dans une centaine d’années, car l’une des particularités de « l’injustice est de détruire toute civilisation », comme disait notre ancêtre commun, Ibn Khaldoun.
Tout comme il ne peut y avoir d’horizon commun, sans un minimum de justice.

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mercredi 15 octobre 2014

Folles rumeurs après l’hospitalisation d’un dissident marocain

Par Salah Elayoubi, Demainonline, 14/10/2014



Ahmed Benseddik
Ahmed Benseddik
Ahmed Benseddik se trouve depuis ce matin à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat suite à son transfert de l’hôpital des spécialités où il se trouvait depuis lundi soir.
Le centralien, connu pour avoir retiré son allégeance au roi du Maroc, avait été pris d’un malaise dans la nuit de dimanche à lundi dans son appartement du Bas Agdal, à Rabat.
Inquiet de son silence, c’est l’un de ses amis, avec lequel il s’était entretenu dimanche en faisant part d’une grande fatigue, qui a donné l’alerte le premier.
Arrivés sur place, les secours ont fracturé la porte du logement et découvert l’ingénieur inconscient, baignant dans son vomi, le visage et le cou maculés de sang.
Le scanner réalisé hier à l’hôpital des spécialités a fait apparaître une hémorragie intracrânienne.
Les rumeurs les plus folles ont circulé sur la toile, dont certaines faisaient allusion à un empoisonnement.
On ignore, pour l’instant, les raisons du malaise de l’ingénieur dont on connaît l’implication dans un certain nombre d’actions militantes.
Il est l’un des membres fondateurs de Freedom now, une association de défense de la liberté d’expression que les autorités marocaines ont refusé d’autoriser.
Après avoir fait l’objet d’un acharnement de la part de ses supérieurs hiérarchiques, pour avoir dénoncé la corruption, il avait retiré son allégeance au roi du Maroc dans une lettre ouverte, après avoir épuisé toutes les voies de recours et adressé plusieurs suppliques au monarque et son entourage, pour attirer leur attention sur son cas.
Infatigable, il mène depuis, un incessant combat aux côtés de plusieurs associations, pour l’instauration d’une véritable démocratie dans ce « royaume heureux ».
Salah Elayoubi
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Polémique sur l’hospitalisation du militant 



Polémique sur l’hospitalisation du militant Ahmed Benseddik



L’état de santé d’Ahmed Benseddik enflamme le web suite à l’annonce de son hospitalisation le 13 octobre. Telquel.ma retrace le parcours du militant depuis qu’il a été retrouvé gisant dans son appartement de Rabat.

Le militant Ahmed Benseddik a été hospitalisé lundi 13 octobre après avoir été retrouvé inanimé dans son appartement à Rabat. Les raisons de son hospitalisation ont alimenté des débats nourris sur les réseaux sociaux suite à une information relayée par le site Badil.info. Ce site, qui est le premier à avoir publié une information à ce sujet, cite une source anonyme selon laquelle l’ingénieur aurait été victime d’empoisonnement. Cette même source a également indiqué que l’ancien responsable de la CDG avait reçu « des menaces de morts ».

Hypothèses multiples

Le neveu de Ahmed Benseddik , Adil Benseddik, raconte à Telquel.ma : « Apparemment, mon oncle aurait déclaré à l’un de ses amis, un journaliste espagnol, qu’il aurait mangé quelque chose de toxique et qu’il avait des maux de ventre ». C’est ce même journaliste espagnol qui aurait lancé l’alerte concernant le militant après plusieurs heures passées sans nouvelles. « Des amis de mon oncle sont venus à son domicile et ont forcé la porte car ils n’avaient pas de nouvelles de lui. Ils l’ont retrouvé gisant sur le sol avec des traces de vomi. Ils ont alerté la famille et nous sommes venus le chercher ».
Suite à cela, Ahmed Benseddik a été emmené vers le service des urgences de l’hôpital Avicenne par sa famille, où il a d’abord essuyé un refus d’accueil de la part du personnel pour « manque de place ». Il a ensuite été accepté par le même hôpital, suite à une intervention d’un proche, et a été soumis à plusieurs contrôles qui ont révélé qu’il a été victime d’une hémorragie méningée « qui est probablement la cause du vomissement » selon Adil Benseddik. Des analyses d’urine ont été réclamées par la famille d’Ahmed Benseddik mais pour l’instant, aucun résultat n’a été communiqué par le centre antipoison.

Intervention de la justice

Le militant devait également être soumis à l’analyse d’un angioscanner mais celui-ci était indisponible pour cause de « panne ».  Suite à cette indisponibilité, Benseddik a été transporté à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat où il devait effectuer des analyses plus approfondies durant la journée du 14 octobre.
De son côté, le procureur du roi de la Cour d’appel de Rabat, interpellé sur les soupçons d’empoisonnement, a publié un communiqué consacré à l’état de santé du militant. Il indique que la « police judiciaire a effectué une enquête » et que « des analyses de sang et d’urine » ont été effectuées. Celles-ci ont révélé que le militant a été victime « d’une hémorragie cérébrale ». L’hypothèse de l’intoxication est exclue par le procureur du roi. L’enquête de la police judiciaire est toujours en cours. Pour rappel, Ahmed Benseddik, ancien contributeur régulier du site d’information Lakome,  est connu pour avoir refusé de prêter allégeance au roi Mohammed VI lors de la cérémonie de la Bay’a en 2011.

mercredi 17 septembre 2014

Lire ou relire, toujours d'actualité un an plus tard : Maroc, le triomphe de la forfaiture

Le 17 septembre, au petit matin, la Brigade de police judiciaire arrêtait Ali Anouzla, Directeur de publication du journal électronique Lakome, pour avoir publié un article faisant état d’une vidéo d’AQMI menaçant le Maroc. En appui de cette information, le journal mentionnait un lien renvoyant vers le journal espagnol « El Païs » qui publiait le film en question, intitulé  « Maroc, le royaume de la corruption et du despotisme ». Le journaliste est jeté en prison après une garde-à-vue de huit jours, avec les charges surréalistes, d’apologie du terrorisme et d’aide et assistance à une entreprise terroriste.
Quelques jours plus tard, le 30 septembre, lorsque l’ex-ministre marocain des affaires étrangères et de la coopération, Saad Eddine El Othmani, défend devant la soixante-huitième (68) session des Nations unies, à New York, la candidature du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, pour la période 2014-2016, il n’ignore pas que son pays vient d’envoyer un innocent en prison. Pas plus qu’il n’ignore que le pays se fourvoie, à nouveau, dans une campagne de répression qui ne dit pas son nom et qui démontre à quel point le régime qui a échappé de peu au séisme du Printemps arabe, refuse obstinément de tirer les leçons du passé.

La forfaiture en système de gouvernance, l’exception marocaine.  
Rien n’est plus insupportable que dénoncer son pays, mais rien n’est plus intolérable que de se taire, lorsque ce dernier commet l’irréparable. Cette maxime est le fondement même de toute démocratie. La liberté, la justice et la dignité sont à ce prix. Une maxime à graver, un jour, aux frontons de nos institutions, en souvenir de tous ceux qui sacrifièrent leur vie, leur liberté, leur carrière, ou simplement leur droit à la parole, pour avoir accompli leur devoir citoyen de dénoncer un crime, une injustice ou une forfaiture.
A l’heure où le Maroc postule pour un siège au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, il est bon de rappeler qu’en matière de forfaiture, notre pays n’a plus rien à prouver. Il a tout inventé. En économie, Hassan II avait tout confisqué, après avoir fait semblant de « Marocaniser ». Il se comportait avec la courtisanerie comme un dieu qui pouvait vous attribuer aujourd’hui, ce qu’il vous confisquera le lendemain, si vous deviez, ne serait-ce que lui déplaire. Pour les autres, les opposants, il avait ses chambres de tortures, ses bagnes mouroirs, ses exécutions sommaires et ses fosses communes, dans un black-out total. Les parodies de procès n’avaient pour seul but que celui de lustrer la façade internationale du régime. Au semblant de légalité dispensée par les jugements des tribunaux, succédait alors la grâce du tyran. Généreuse, royale, divine même, elle était principalement destinée à séduire le petit peuple et entretenir dans l’imaginaire collectif, l’image du bon roi. Clément et miséricordieux.

Des forfaitures économiques par brassées 
Mohammed VI ne se comporte guère différemment. Même si toutefois, lui et les siens, doivent nourrir une bien sévère nostalgie pour ces temps bénis où les dictateurs pouvaient encore jeter une chape de plomb étanche sur leurs exactions. Les tyrans s’éprouvent malchanceux de vivre à une époque où l’information voyage à la vitesse de l’éclair. Tant et si bien que leurs forfaitures et leurs basses besognes à peines accomplies, se retrouvent dans les pipe-lines des rédactions et des réseaux sociaux.
C’est ainsi que l’on sut que le roi qui se trouve officiellement, à la tête d’une fortune personnelle estimée à plus de deux milliards cinq cents millions (2.500.000.000) de dollars, estimation largement minorée, n’en continue pas moins de ponctionner annuellement, au trésor public marocain trois cent seize millions sept cent mille (316.700.000) dollars (vingt quatre fois le budget de la monarchie espagnole), dans un pays où la misère est une pandémie.
C’est ainsi également, que l’on apprit comment Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi et son âme damnée, à qui l’on doit la pollution visuelle de nos villes, à coups de panneaux publicitaires géants de sa société FC-Com avait, en 2005, mis la main, sur un terrain « Habous », (biens de main morte gérés par l’Etat) avec la connivence du ministre en charge du département. Quatre hectares et demi (4,5), en zone touristique à Taroudant au prix ridicule de cinquante (50) dirhams le mètre carré, dans une zone où le commun des mortels doit débourser dix (10) à quinze (15) fois plus. Quelques mois plus tard, en 2008, l’homme, bombardé Président du Fath Union Sport (FUS), récidivait en tentant de mettre la main au dirham symbolique, sur les deux hectares et demi (2.5) de terrain, appartenant à la ville de Rabat et sur lequel évolue le club sportif, contre la promesse d’un nouveau complexe sportif. La péréquation devait permettre à notre homme, de réaliser un projet immobilier et commercial en plein centre de Rabat, au prix de vente du mètre carré construit avoisinant les trente mille (30.000) dirhams.
 
C’est aussi de cette façon que l’on apprit comment deux hauts fonctionnaires, le ministre de l’économie et des finances, Salaheddine Mezouar et  Nourredine Bensouda, trésorier général du Royaume et ancien camarade de classe du roi avaient joué à un ping-pong incestueux, avec l’argent du contribuable en se « téléphonant » des primes exorbitantes. Un échange de bons procédés, dignes d’une mafia.

C’est encore ainsi que l’on apprit comment Moncef Belkhayat, alors ministre de la jeunesse et des sports aimait tant les Audi A8, qu’il en loua une, aux frais du contribuable, pour une durée de trente six mois (36) mois, pour un montant total de trois millions deux cent quarante mille (3.240.000) dirhams, le prix approximatif de trois véhicules du même modèle. Et comment le même homme fit attribuer à Bull Maroc dont un membre de sa famille, Mehdi Kettani est le Président Directeur Général, un contrat de services informatiques, pour son département pour une valeur de plusieurs dizaines de millions de dirhams.
C’est ainsi que l’on sut également comment la holding du roi, la « Société Nationale d’Investissement » (SNI) empoisonne depuis plusieurs décennies, les populations d’Imider, dans l’Atlas marocain, en captant dans un premier temps, les eaux de la nappe phréatique servant à ces derniers d’eau potable, avant de les rejeter chargées des scories du minerai, de cyanure et de mercure provenant de sa mine d’argent.

C’est ainsi que l’on apprit également comment Yasmina Baddou, ancienne ministre de la santé publique et son époux,Ali Fassi-Fihri, Directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et Président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), tous deux proches du Palais, avaient acquis, pour deux millions d’Euros, deux appartements au 48 rue Bassano et au 15 rue Magellan à Paris, au mépris de la législation marocaine des changes et sans que jamais, une enquête n’ait été diligentée par la justice marocaine, à propos de la provenance des fonds.
C’est ainsi que les nouvelles de la grâce royale d’un pédophile espagnol et d’un trafiquant de drogue avant même que ce dernier ne soit jugé, se répandirent comme traînée de poudre et rallumèrent la flamme de la contestation qui somnolait en cet été 2013.

Des forfaitures judiciaires aussi
Un florilège non exhaustif, qu’on pourrait dérouler à l’infini, comme un tapis d’infamies et qui ne doit pas nous faire oublier que si la forfaiture consiste à s’enrichir honteusement dans l’impunité, elle revient également à instrumentaliser la justice, pour s’en prendre à ceux qui la dénoncent. En 2013, on continue toujours de torturer, mais on n’exécute plus, du moins pas sommairement. On emprisonne toujours, mais sans faire disparaître totalement. On continue de tuer, pas forcément physiquement, mais économiquement, en asphyxiant les détracteurs, en les privant de l’exercice de leur métier ou de leur activité. Hassan II l’avait expérimenté à grande échelle, au détriment du Rif, qu’il avait soumis à un blocus économique.
Mohammed VI l’entreprend comme l’araignée tisse la toile qui va engluer ses proies. Patiemment, sournoisement, subrepticement, presque imperceptiblement, pour ne pas s’attirer les foudres de la communauté internationale. En maquillant par exemple, sa vengeance de simulacres de procès, au cours desquels les charges reprochées aux militants et aux opposants assimilent ces derniers à de vulgaires droits communs, des criminels voire des terroristes. C’est ainsi que un par un les polices du régime rattrapent tous ceux qui avaient osé apporter la contradiction à ce dernier, lors du Printemps 2011. Selon la formule consacrée de « Tanger à Lagouira », tout ceux qui, de près, ou de loin avaient dénoncé les quelques turpitudes énoncées plus haut, ont fini aux mains d’une justice, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est aux ordres, au point que les membres du gouvernement ont à chaque arrestation semblé avoir été mis au courant après coup, avec pour mission de défendre, coûte que coûte, le point de vue officiel, quitte à se couvrir de ridicule. Monsieur Saad Eddine El Othmani ne pouvait ignorer que militants et opposants se comptent à présent, par centaines dans les prisons du royaume et ceux qui, à ce jour, ont échappé aux nombreux coups de filet, s’attendent à être interpellés à tout moment.
Monsieur Saad Eddine El Othmani ne pouvait ignorer non plus, que deux jours avant son intervention, le régime arrêtait M’barek Daoudi, en compagnie de son fils Brahim. L’ex-militaire marocain avait osé témoigner, à plusieurs reprises, avoir assisté, pendant la guerre contre le Polisario, aux exécutions sommaires des membres d’une même famille, dont les corps ont été récemment découverts, dans une fosse commune à Amgala, au Sahara. Deux des fils de l’intéressé, Taha, et Omar, arrêtés le 9 août dernier avec quatre autres militants sahraouis de Guelmim, suite à des échauffourées à l’occasion d’un match de football local, avaient été condamnés le 26 septembre, en appel, à un an de prison. Un troisième fils est porté disparu, comme au plus fort des années de plomb.
Le 3 octobre, la communauté internationale apprenait, estomaquée, l’arrestation de trois adolescents à Nador, pour attentat à la pudeur. Les deux premiers, un jeune homme de quinze (15) ans, Mouhsine et sa petite amie, Raja, quatorze (14) ans avaient échangé un baiser comme des millions d’amoureux dans le monde. Le troisième interpellé, Oussama, 16 ans, avait simplement immortalisé l’événement en prenant en photo, la démonstration d’affection des deux amoureux. Détail sordide, c’est une association de défense des droits de l’homme qui a porté plainte contre les trois adolescents après la parution de la photo sur Facebook. Preuve que certains « Droit-de-l’hommistes » marocains ont définitivement intégré dans leurs gènes, les réflexes inculqués par des décennies de dictature.
Dimanche 6 octobre, trois (3) militants du « Mouvement du vingt février » et de l’ «Association Marocaine des Droits de l’Homme » (AMDH), Mouad Khalloufi, Rabie Houmazen et Hamza Haddi ont été interpellés pour outrage et agression sur des policiers dans l’exercice de leurs fonctions. Violemment torturés par la police casablancaise, les trois militants privés de nourriture, de soins et de visites, paient leur participation active aux marches du « Vingt février ». Les trois jeunes gens étaient venus s’enquérir de l’état de santé de Fatiha Haloui, la propre mère de Hamza Haddi, elle-même violemment passée à tabac, la veille au soir, au commissariat de Lissasfa et à qui « on » n’a jamais pardonné ses déclarations fracassantes, lors des marches du Mouvement du vingt février, à Casablanca. La mère de famille devra répondre le 25 octobre prochain, d’outrage à agent public.
Le 9 Octobre s’ouvrait le procès de Omar Maanaoui, Militant du « Mouvement du Vingt Février », impliqué dans les événements du 4 Janvier 2013, à Koucha, Taza et dans la manifestation contre la grâce accordée par le roi, au pédophile espagnol Daniel Galvan. Le militant encourt une peine de plusieurs années de prison, pour les chefs d’accusation d’insultes à fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions et usage de la violence à leur encontre au moyen d’armes, de destruction de biens publics, de refus d’obtempérer, d’atteinte à l’ordre public, de mise en danger de la vie d’autrui, de coups et blessures, de port d’arme, de vol et de menaces. Rien que ça !

Au royaume des « droits de l’homme intégrés »
Dans son éditorial « Le matin du Sahara » osait écrire, au lendemain de l’allocution du ministre marocain devant l’assemblée des Nations Unies : « Le Royaume, qui dispose désormais d’un système intégré d’institutions engagées dans la promotion et la protection des droits de l’Homme, aspire légitimement à devenir membre de ce Conseil, le principal organe des Nations unies, œuvrant pour la promotion et la protection des droits fondamentaux. ».  Or, si le Maroc avait été une réelle démocratie il n’y aurait aucun « système intégré » d’institutions défendant les droits de l’homme, comme ce Conseil National des Droits de l’Homme, mais compterait plutôt des organisations indépendantes du pouvoir, parce que, comme dit le vieux dicton, on dénonce difficilement ses compagnons de débauche de la veille.
Avec le Maroc, un autre pays frappe à la porte du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, l’Algérie. Deux voisins qui après s’être fait la vraie guerre, se livrent à une seconde, à coups de communiqués, de déclarations ou de discours où transpire la haine réciproque que les deux régimes se portent mutuellement. A moins qu’ils ne fassent semblant, car tant de choses réunissent leurs dirigeants, comme la prédation économique, le népotisme, le mensonge, l’hypocrisie, la dilapidation des deniers publics, les exactions, la répression et les crimes en tous genres. Tant et si bien, qu’ils devraient rougir de honte, de vouloir siéger à l’ONU, pour juger de la conception que d’autres font des Droits de l’homme.
 

mercredi 10 septembre 2014

De la benalisation du Maroc


De la benalisation du Maroc

Du mimétisme chez les dictateurs
ali anouzlaEcrit par Ali Anouzla
Interprété par Salah Elayoubi

Ali Anouzla
Zine El Abidine Ben Ali, n’aura rien légué de bien mémorable à l’Histoire ou à l’Humanité, sinon de s’être fait l’éponyme des régimes policiers qui sévissent à travers le monde. Le Maroc fait partie de ceux-là et notre pays avait, bien avant la Révolution du Jasmin, succombé à la Benalisation et ses corollaires : soumission des partis politiques, atteintes aux libertés fondamentales, répression de la presse, arrestations de militants, poursuites des activistes, contrôle de l’économie……………

Une équation simpliste et coûteuse
Le régime Ben Ali fut un moment d’ontologie en matière d’égotisme, de culte de la personnalité, de primauté des intérêts de quelques uns, sur ceux de la communauté. Il fut également un modèle du genre, en matière de terrorisme policier. Il fit basculer des millions de tunisiens, dans une psychose de la dénonciation telle, qu’elle confinait à la paranoïa. Autant d’ingrédients d’une équation simpliste, mais qui allait s’avérer coûteuse : Stabilité intérieure et défense des intérêts occidentaux, en échange d’un soutien de ces derniers et de leur silence face à la tyrannie, aux violations des droits de l’homme et à la corruption économique.
Ben Ali fit de ce paradigme, une profession de foi, pour autant que l’homme en ait jamais eu une, qu’il se fut agi de s’en prendre aux Islamistes, au prétexte de lutter contre le terrorisme, d’ouvrir le marché tunisien aux entreprises occidentales, ou d’octroyer une marge ténue de liberté aux féministes, aux artistes et aux défenseurs des libertés individuelles.
Mais aux premiers coups de boutoir de la révolution et le Printemps arabe qui s’en est suivi, le système s’est effondré. Démocrates et progressistes qui voyaient dans cette Tunisiation, une réponse appropriée à la Benalisation, se prirent à rêver de transposer le modèle de Révolution populaire tunisienne et les valeurs qu’il véhiculait, à la réalité de leur propre pays.
Trois ans ont passé. En Egypte, un coup d’Etat militaire, soutenu par les pétromonarchies du golfe, a eu raison du premier président civil, démocratiquement élu. De l’atlantique à la mer d’Oman, bien des régimes furent sérieusement ébranlés. Certains se sont même effondrés. Mais toute porte à croire que la benalisation a encore de beaux jours devant elle, tout comme son concepteur, bien à l’abri derrière les hauts murs d’un palais saoudien. Pour se rendre compte de cette résurgence, arrêtons-nous, l’espace d’un instant sur les rives de l’Atlantique, au Maroc.
Benali et Mohammed VI
Tout, puis son contraire

Lors de son discours à l’Assemblée constituante à Tunis, le 31 mai dernier, Mohammed VI avait soigneusement évité de prononcer le mot « révolution », ce que les observateurs s’étaient accordés à mettre au compte d’un certain triomphalisme de la continuité dans la tyrannie. Et  pour mieux saisir la signification cachée du discours de Tunis, il convient de se souvenir de celui du 21 février, au lendemain des grandes marches du 20 Février 2011. Le monarque y dépeignait les revendications des manifestants, comme de la « démagogie »  et de « l’improvisation », avant de se raviser le 9 Mars, promettant de renoncer à certaines de ses prérogatives au profit d’institutions élues. Tout et son contraire, en moins d’un mois. Les promesses sont, hélas, restées des vœux pieux, les réformes cosmétiques n’ayant en rien entamé le caractère autoritaire du régime marocain. Plusieurs faits attestent du retour en force de la benalisation :
  • Arrestations et condamnations de militants, d’activistes, d’avocats, de journalistes et de juristes.
  • Recours aux écoutes téléphoniques, à la surveillance de la correspondance privée, à l’espionnage sur internet ou à la fabrication de scandales sexuels, dans le but de discréditer, intimider et  bâillonner ceux qui osent franchir les lignes rouges.
  • Mise au ban des associations et organisations qui refusent de participer au jeu politique, tel que fixé par le pouvoir, comme c’est le cas pour l’organisation islamiste Al Adl Wal Ihsane ou le parti marxiste-léniniste Annahj Addimocrati.
-    Répression des organisations qui dénoncent les atteintes aux droits de l’homme, telles que l’Association Marocaine      des Droits de l’Homme, la Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits Humains, et les différentes    organisations des droits de l’homme, au Sahara occidental, auxquelles le Maroc continue de refuser toute légitimité.
  • Répression des manifestations, sous prétexte qu’elles ne sont pas au bénéfice d’une autorisation. Pourtant, des milliers de ces manifestations se sont tenues sans autorisation en 2011.
  • Refus du quitus pour les partis politiques ou les organisations, dont les responsables ne sont pas en odeur de sainteté, auprès des autorités, comme ce fut le cas pour Al Oumma  et  Alternative civile, toutes deux à tendance islamiste modérée, pour  Freedom now, organisation de défense des libertés d’opinion et d’expression, pour  Droits numériques, qui défend la liberté d’utiliser Internet, et pour l’Union Marocaine du Travail Orientation Démocratique.
  • Elimination de toute forme de presse indépendante, par le truchement de procès fabriqués, d’amendes colossales, d’années d’emprisonnement ou en forçant les journalistes à la démission ou à un exil volontaire, hors des frontières du pays.
  • Elimination des espaces de libertés d’opinion et d’expression, par un contrôle des médias, de leur ligne éditoriale, de leurs ressources et monopolisation des  chaînes de télévision, des stations de radio, des agences de presse, pour une meilleure diffusion de la propagande officielle et pour mieux museler les opinions dissidentes.
  • Pollution du paysage médiatique, par la création de journaux et de sites Web, spécialisés dans l’anathème et la diffamation des voix dissidentes ou le traitement de sujets triviaux ou de banalités désolantes, telles que criminalité, sexe, scandales, vie privée des autres.
  • Mise en échec à tout rapprochement entre islamistes et gauchistes laïques qui risquerait de mener à la formation d’un front démocratique contre la tyrannie.
  • Inhibition de toute forme de pensée politique ou de dissidence par la domestication des partis, des syndicats et de leur leadership, la division dans leurs rangs et l’ingérence dans leurs décisions.
  • Création de partis et de syndicats aux ordres avec financement du trésor public, afin de susciter chez le peuple, confusion et perte de confiance, dans l’action politique.
  • Retour en force du spectre du péril islamiste, avec la plus large publicité donnée au démantèlement de cellules terroristes et l’exagération du nombre des terroristes présumés arrêtés, dans le but de semer la terreur dans les esprits et justifier par la lutte contre le terrorisme, la poigne sécuritaire.
  • Persistance d’une justice coup de téléphone, dénoncée par le Club des magistrats du Maroc, et dernièrement par un tribunal texan, qui parle de crainte de la colère royale, lorsqu’il est question des intérêts de la famille royale.
  • Enfin last, but not the least, le mélange des genres entre pouvoir et argent, au plus haut niveau de la pyramide du pouvoir, en violation totale des lois et des règlements les plus élémentaires de la concurrence.
Les gênes de sa propre destruction
Ceux qui rêvent de redonner vie à une benalisation  du Maroc, font courir au pays les plus gros risques. Le modèle porte, en effet, en lui, les germes de sa propre destruction. C’est parce que Ben Ali avait, à ce point vidé de leur substance tant d’acteurs de la vie civile, de médiateurs  indépendants, de partis politiques, de syndicats, de médias et d’organisations non gouvernementales, que le système s’est autodétruit,  dans l’implosion du 14 Janvier 2011.
Le régime marocain n’agit pas autrement, lorsqu’il  neutralise ces soupapes de sécurité que sont les partis politiques, les syndicats, les médias, les acteurs de la vie civile et les libertés d’opinion et d’expression. Rien d’étonnant à ce que, tôt ou tard, survienne la déflagration qui pourrait tout emporter.

Texte original en langue arabe ici :

mercredi 3 septembre 2014

Makhzen, la vengeance pour crédo !


Par Salah Elayoubi, 3/9/2014

AMDH (Photo DR)
AMDH (Photo DR)

Opinion. On le savait, le Makhzen enchaîne depuis toujours ignominies et interdictions. Il vient d’interdire plusieurs manifestations que devait tenir l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH).
Ce n’est pas une première, le régime marocain est terrorisé par tout ce qui ressemble de près ou de loin, à une organisation des droits de l’homme.
On se souvient que l’association en constitution, Freedom now avait essuyé le 9, puis le 14 mai dernier, et sans aucune explication, une fin de non recevoir à sa demande d’enregistrement à la wilaya de Rabat. L’association qui compte dans ses rangs des noms prestigieux tels que Ali Anouzla, journaliste, chroniqueur, «héros de médias» décerné par Reporters sans frontières en 2013, Prix Leaders pour la démocratie, en 2014 décerné par l’organisation américaine Pomed en 2013, Khadija Ryadi, Prix de l’ONU des Droits de l’homme, Maâti Mounjib, universitaire, historien, politologue et écrivain, Fatima Ifriki, journaliste, mais également Ahmed Benseddik, le centralien qui avait retiré son allégeance au roi et Rida Benotmane, juriste, injustement condamné, en 2007, à quatre (4) ans de prison, pour une prétendue  apologie du terrorisme.
Les autorités s’en étaient également prises à Freedom now, lorsque celle-ci avait voulu organiser une conférence débat, au club des avocats de Rabat, en faisant pression sur le club en question, obligeant les conférenciers à se rabattre sur le siège de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, le 10 juillet.
Revanchard un jour, revanchard toujours, le Makhzen s’est alors retourné contre l’AMDH, en interdisant un certain nombre des réunions qu’elle avait programmées, à travers le territoire marocain, alors même qu’il les avaient autorisées, notamment à Safi, Azrou, Ifrane, Tahla, Kariat Ba Mohamed et El Jadida.
***En interdisant des manifestations qu’il avait autorisé auparavant, le  régime marocain se couvre de ridicule et confirme les attendus du juge texan James R. Nowlin, qui avait eu à trancher, il y a quelques semaines, sur la demande de la justice marocaine d’appliquer son jugement qui condamnait John Paul DeJoria et Michael H Gustin, dans l’affaire Talsint.
Le magistrat avait alors parlé de la propension du régime marocain à la vengeance et aux représailles, contre ceux qui lui déplaisent.

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