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mercredi 10 décembre 2014

Allocution de l’ASDHOM à l’occasion de la soirée de solidarité du 21 novembre à Nanterre


Cher Gilles Perrault,
Mesdames et Messieurs les élu-e-s,
Mesdames et Messieurs les représentant-e-s des associations amies,
Chers parrains et marraines,
Nous nous retrouvons ce soir dans le cadre de la 17ème édition de la SSI (Semaine de la solidarité internationale) pour témoigner et apporter notre soutien aux victimes de l’injustice.
L’ASDHOM, partie prenante de cette semaine, était présente dans l’organisation des « Six heures pour la Palestine » qui ont donné, dans cette même salle, le coup d’envoi de la SSI qui s’étale du 15 au 22 novembre. Elle a également participé et co-organisé le débat du mercredi 19 novembre « Migrants, ici et ailleurs » qui a porté essentiellement sur la situation dramatique des Subsahariens au Maroc.
Aujourd’hui, et en partenariat avec la Mairie de Nanterre, l’ASDHOM consacre cette soirée à la solidarité avec les victimes de la détention politique au Maroc. L’occasion pour nous de donner un nouvel élan et un nouveau souffle à la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc que nous avons lancée, ici même, un 17 novembre 2012, sous la présidence de notre ami, l’écrivain,Gilles Perrault, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous aujourd’hui.

samedi 6 décembre 2014

Deux jours après le « FMDH », le Maroc interdit une « journée d’études sur le journalisme »


Driss El Yazami (Photo DR)
Le directeur du CNDH et organisateur présumé du Forum mondial des droits de l’homme de Marrakech, Driss El Yazami (Photo AICPRESS)







Le Makhzen reprend du poil de la bête. Même pas deux jours après la très médiatique « fête » du Forum mondial des droits de l’homme à Marrakech, une réunion internationale censée présenter le Maroc comme un Etat respectueux des droits et des libertés, les autorités marocaines ont sonné la fin de cette illusoire récréation.

Chassez le naturel, il revient au galop !
Une journée d’études organisée par l’Union européenne et la BBC sur le « journalisme et la justice » qui devait se tenir jeudi prochain à l’Institut supérieur de journalisme de Rabat, a été annulée par le rectorat de l’Université Mohamed V de Rabat.
Cette rencontre, à laquelle devaient participer le journaliste Omar Brouksy, l’avocat (et ex-conseiller pour les affaires de droits de l’homme de l’ancien Premier ministre ittihadi Abderrahman YoussoufiAbdelaziz Nouaydi, et l’historien Mâati Monjib, a été interdite à la dernière minute.
Les intervenants croient que la précipitation par le rectorat de l’université répond à un ordre venu de haut. Sûrement du ministère de l’intérieur.
Le plus cocasse dans cette histoire c’est que Nadir Moumni, membre du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), l’organisme qui a organisé théoriquement le Forum mondial des droits de l’homme, et un responsable de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), devaient également participer à cette journée d’études.
Quand on sait que le CNDH et la HACA sont deux créatures du Makhzen, on ne peut que rire jaune face à cette interdiction.
Demain
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URL courte: http://www.demainonline.com/?p=35896

mercredi 3 décembre 2014

Deux jours après le « Forum mondial des droits de l’homme », le Maroc interdit une « journée d’études sur le journalisme »

  • demainonline/ 3/12/2014
Driss El Yazami (Photo DR)Le directeur du CNDH et organisateur présumé du Forum mondial des droits de l’homme de Marrakech, Driss El Yazami (Photo AICPRESS)
Le Makhzen reprend du poil de la bête. Même pas deux jours après la très médiatique « fête » du Forum mondial des droits de l’homme à Marrakech, une réunion internationale censée présenter le Maroc comme un Etat respectueux des droits et des libertés, les autorités marocaines ont sonné la fin de cette illusoire récréation.
Chassez le naturel, il revient au galop !
Une journée d’études organisée par l’Union européenne et la BBC sur le « journalisme et la justice » qui devait se tenir jeudi prochain à l’Institut supérieur de journalisme de Rabat, a été annulée par le rectorat de l’Université Mohamed V de Rabat.
Cette rencontre, à laquelle devaient participer le journaliste Omar Brouksy, l’avocat (et ex-conseiller pour les affaires de droits de l’homme de l’ancien Premier ministre ittihadi Abderrahman YoussoufiAbdelaziz Nouaydi, et l’historien Mâati Monjib, a été interdite à la dernière minute.
Les intervenants croient que la précipitation par le rectorat de l’université répond à un ordre venu de haut. Sûrement du ministère de l’intérieur.
Le plus cocasse dans cette histoire c’est que Nadir Moumni, membre du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), l’organisme qui a organisé théoriquement le Forum mondial des droits de l’homme, et un responsable de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), devaient également participer à cette journée d’études.
Quand on sait que le CNDH et la HACA sont deux créatures du Makhzen, on ne peut que rire jaune face à cette interdiction.
Demain
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Droits de l’homme au Maroc : Jusqu’à prison tout va bien

Par Ahmed Snoussi, Demain, 3/12/2014

Ahmed Snoussi à Marrakech (Photo AicPress)
Ahmed Snoussi à Marrakech (Photo AicPress)

Il y a quelques années, le Parlement marocain organisa une « journée d’études » sur la problématique de la culture du cannabis (kif) dans le Nord du Maroc. Les partis politiques marocains ainsi que des experts, nationaux et internationaux, furent invités à proposer des solutions pour remédier à ce fléau qui fait du Maroc l’un des premiers exportateurs de drogue douce dans le monde.
Et c’est ce que fit ce beau monde. Tout au long de cette journée, les experts égrenèrent une série de propositions qui furent prises au sérieux par les législateurs marocains qui, bien entendu !, jurèrent de tout faire pour les prendre en considération et les mettre en application.
La « journée d’études » s’acheva avec un sentiment de « mission accomplie ». A joint prochain ! se saluèrent les participants au conclave.
Mais le lendemain de ce mémorable et fructueux jour, les parlementaires retournèrent à leur longue et ronflante sieste et oublièrent totalement les recommandations qu’ils avaient applaudies auparavant.
En fait, le Makhzen s’était approprié de cette « journée d’études » pour donner, en direction de l’étranger, inquiet de la production toujours en hausse de la culture de cannabis, la sensation qu’il était conscient de la nocivité de ce fléau et qu’il cherchait à le combattre.
Dans cette même logique, il y a quelques jours s’est ouvert à Marrakech le Forum mondial des droits de l’homme. Et encore une fois, le régime a profité de l’occasion non pas pour améliorer les droits de l’homme des Marocains, mais plutôt pour retaper sa propre image.
L’idée est de faire de ce faux-rum, organisé par le très officiel Conseil national des droits de l’homme (CNDH), un leurre dont le but est de faire oublier pour un week-end que le Maroc viole systématiquement et de manière réitérée les libertés fondamentales, que la torture est toujours là, que le droit d’association n’existe que dans les textes, que la liberté d’expression est un vain mot et que la justice se couche toujours devant les instructions venues d’en haut.
Et c’est ainsi que pendant ces quelques jours de « fête », le Makhzen a pu mettre en avant ses « réformes » et ses « acquis » en cherchant à vendre l’image d’un pays stable alors que la seule stabilité réelle au Maroc c’est la crise et l’injustice. Il a fait étalage des « libertés » obtenues par les Marocains alors que la seule vraie liberté qui existe est la sienne. Particulièrement quand il s’agit de manier la matraque, de fermer des journaux, d’emprisonner journalistes et rapeurs, de réprimer les manifestations des associations de droits de l’homme et d’interdire à vie les artistes.
A Marrakech, les annonces publicitaires que l’on voit exhibées sur les panneaux publicitaires des grandes avenues et qui vantent la tenue du Forum mondial ne sont que des slogans mensongers. Une contrefaçon caractérisée qui ne semble pas intéresser la police ou la justice, les seules institutions habilitées à sévir contre les bonimenteurs.
Au contraire, dans la ville ocre, les forces d’intervention rapide se sont montrées promptes au moment de bâtonner une manifestation d’aveugles venus réclamer leurs droits et qui qui n’ont obtenu que le droit à une répression aveugle.
On aurait souhaité que ces forces d’intervention rapide aient fait montre du même empressement au moment de secourir les victimes des inondations du sud du Maroc dont les victimes ont dû attendre plusieurs jours avant de bénéficier du droit au secours.
C’est ça notre cher Maroc. Ces inondations n’ont pas empêché notre pays de subir une sécheresse endémique de droits de l’homme.
Alors un forum mondial des droits de l’homme au Maroc, pourquoi pas ? Mais pourquoi ne pas organiser également un forum mondial sur la glace au Sahara ?
Les participants à cette grande supercherie vont repartir chez eux, mais nous, Marocains, qui allons rester,  nous devrions méditer la devise d’Etienne de la  Boétie qui disait : « Soyez résolus à ne plus servir, et vous serez libres ».
Ahmed Snoussi
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Drogue. Un homme d’affaires marocain cerveau d’un trafic international. 7 de ses complices ont été interpellés à Mellila et 2,5 millions d’euros leur appartenant ont été gelés. Le présumé baron de drogue menait une double vie grâce aux services d’un avocat qui "camouflait ses activités   et leur donnait une apparence de légalité juridique", précise la Guardia civil. Pour transporter le cannabis des côtes marocaines vers l’Espagne, les membres du réseau voyageaient en yacht. Ils se faisaient passer pour des amateurs de pêche et de sports nautiques. h24 info


lundi 1 décembre 2014

Les médias étrangers profitent du FMDH pour épingler le Maroc



Article de El Pais Les médias étrangers profitent du FMDH pour épingler le Maroc

Le Forum mondial des droits de l’Homme n’a pas fait couler beaucoup d’encre à l’étranger, où les médias se sont surtout intéressés au boycott de l’événement par plusieurs ONG marocaines.

Si elles n’ont pas perturbé son bon déroulement, les associations marocaines qui ont boycotté le Forum mondial des droits de l’Homme de Marrakech ont, semble-t-il, réussi leur communication. A l’étranger, on ne parle pratiquement pas du déroulement du forum, de ses -nombreux- participants ou de ses débats animés. En revanche, les médias évoquent largement le refus des associations d’y participer, l’occasion pour la presse étrangère d’évoquer des violations des droits humains au Maroc.
Ainsi, le journal américain The Washington Post par exemple, n’a publié qu’un seul article. Titré «  Morocco rights groups boycotting Marrakech meeting »  il revient sur les motivations des associations concernées et les déclarations du ministre de l’Intérieur, en juillet dernier,  qui les accusent de « réaliser des faux rapports et dossiers afin de pousser certains appareils et organismes internationaux à adopter des positions hostiles au Maroc ». Des propos repris par beaucoup de médias étrangers ces derniers jours, comme Al Jazeera par exemple.

La parole aux militants

Les quotidiens espagnols ont eux aussi largement relayé l’information du boycott en donnant la parole aux associations, l’AMDH en tête. Le site elmundo.es par exemple, a consacré quatre articles à la question ces derniers jours. Ce 1er décembre, son journaliste Ignacio Cembrero a même dédié un article à l’analyse du discours de José Luis Rodríguez  Zapatero qui n’a pas critiqué les violations des droits de l’Homme au Maroc. Même tendance remarquée pour El Pais : aucun papier concernant le forum en lui-même mais un sur la protestation (« les protestations assombrissent le forum des droits de l’Homme au Maroc ») et l’autre sur le rôle du CNDH (« Les réformes systématiques sont celles qui mettent fin aux mauvais traitements »).
En France, le pureplayer d’investigation Mediapart a consacré plus de 15 000 signes au désistement des associations (édition pour abonnés). Il y donne la parole à plusieurs militants, le boycott étant utilisé comme prétexte pour évoquer les violations des droits de l’Homme au Maroc. Le début du papier commence ainsi par : «  Le régime marocain accueille le Forum mondial des droits de l’homme alors qu’il réactive ses vieux réflexes sécuritaires et multiplie les procès après une  »parenthèse »" de trois ans, liée au Mouvement 20 Février ». Le journaliste multiplie les exemples, citant les manifestations interdites, le refus des autorités d’inclure les associations dans l’organisation du forum ou encore l’emprisonnements de rappeurs engagés.

Et pourtant…

Pas un mot sur l’événement lui-même. Pourtant, cette deuxième édition du FMDH est loin d’avoir été un échec. Il a d’abord fait le plein, avec plus de 7 000 participants, soit 2 000 de plus que lors de la première édition au Brésil. Et avec des participants provenant d’une d’une centaine de pays, les débats ont été marqué par le la diversité des points de vue exprimés.
Enfin, le gouvernement en a profité pour faire des annonces. Le discours royal lu par Mustapha Ramid, à l’occasion de l’ouverture du forum, a donné le ton. Le ministre de la Justice et des libertés a ainsi annoncé  le dépôt par le Maroc des instruments de ratification du protocole facultatif de la Convention internationale contre la torture et autres traitements inhumains, cruels ou dégradants,  ainsi que la ratification du troisième protocole de la Convention relative aux droits de l’enfant. Le souverain a aussi annoncé la préparation d’une loi sur le travail domestique et la création d’un autre texte portant sur la lutte contre les violences à l’égard des femmes. Et le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Mustapha El Khalfi a annoncé  la création d’un observatoire visant à traiter les cas d’agressions sur les journalistes.


samedi 29 novembre 2014

FMDH : Sahara occidental: les eurodéputés dénoncent les violations "systématiques" des droits de l'homme par le Maroc

Diaspora Saharaui, 29/11/2014


STRASBOURG,
 Des eurodéputés ont dénoncé vendredi les violations "systématiques" des droits de l'homme commises par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Dans une déclaration rendue publique à l'occasion de la tenue au Maroc du deuxième Forum mondial des droits de l'homme, ces eurodéputés ont dénoncé la situation générale des droits de l'homme au Maroc et dans les territoires occupés du Sahara occidental.
"Les autorités marocaines bafouent systématiquement les droits des Sahraouis dans les territoires occupés. Cela va de l'interdiction de toute liberté de réunion, d'expression, d'association ou de mouvement à la torture des prisonniers qui sont le plus souvent victimes de procès iniques", ont-ils déploré.
Les eurodéputés ont affirmé, dans leur déclaration, que ce Forum "ne doit pas cacher la situation grave des droits humains qui prévaut au Maroc comme dans les territoires occupés du Sahara occidental".
"Il ne doit pas constituer un effort cosmétique. Au contraire, il doit provoquer un sursaut de la communauté internationale et, donc, de l'Union européenne, pour qu'elle exerce une pression décisive sur le Maroc pour l'amener à cesser toute violation des droits humains", ont-ils souligné.
Les eurodéputés ont déclaré soutenir les organisations de défense des droits humains qui boycottent l'événement, comme la ligue marocaine des droits de l'homme et les ONG sahraouies de défense des droits humains.
"Nous demandons à tous ceux qui sont épris de justice de dénoncer fortement les violations des droits de l’homme commises par l'Etat marocain", ont-ils ajouté. APS

vendredi 28 novembre 2014

Forum mondial : Les « amis » de Driss El Yazami l’assomment avec un rapport négatif

par demainonline, 26/11/2014
La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) vient de publier un communiqué pour le moins sévère sur le Maroc, ses « réformes » et sa « justice ».
Quand on sait que Driss El Yazami, le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), la boutique droitlhommiste du Makhzen, est un ancien responsable de la FIDH, on ne peut que retenir son souffle.
Le rapport assomme gentiment Driss El Yazami au moment même où ce dernier s’apprête à fêter « son » Forum mondial des droits de l’homme.
El Yazami a été récupéré par le régime pour s’en servir au moment approprié pour neutraliser ses anciens copains du FIDH.
C’était le cas avec la Tunisienne Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH de 2007 à 2013, très liée avec Driss El Yazami jusqu’au point d’avoir donné une interview à un journal aux ordres marocain, Libération, dans laquelle elle s’en prenait à la presse indépendante. Au moment même où celle-ci était persécutée par le régime.
Apparemment, depuis l’élection de Karim Lahidji à la tête de la FIDH en 2013, cette organisation internationale commence à sortir de sa léthargie.
Demain

Le communiqué de la FIDH
Maroc : les réformes de la justice doivent aboutir et être traduites en actes
Les réformes en matière de justice initiées par les autorités marocaines depuis 2011 sont essentielles mais ne peuvent à elles seules protéger effectivement les droits humains dans le pays, a déclaré aujourd’hui la FIDH, lors de la présentation à Marrakech de son rapport d’une mission d’enquête menée au Maroc en juin 2014.

jeudi 27 novembre 2014

Marrakech, jeudi 27 novembre 2014 : Driss El Yazami présente le Big Makhzen Circus

Par Ali Fkir
Marrakech, le jeudi 27 novembre 2014, le jour du "démarage" du carnaval des " droits humains": le vrai visage de la "démocratie" héritée de l'ère de Hassan II, le tyran.
Les Marocain-es libres boycottent la mascarade


Photo de Ali Fkir.
http://badil.info/images/pdf/0_0_0_0_0_0_0_00_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_0_.jpg

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Je livre ici mon témoignage de ce que j'ai pu voir/constater durant mon premier jour au Forum Mondial des Droits de l'Homme :
Arrivé à l'hôtel et après avoir réglé les formalités standards, je me dirige vers le stand d'accueil des participant(e)s au forum. Personnel sympathique et accueillant. On m'indique la navette à prendre, je m’exécute. Dans la navette le chauffeur se plaignait du fait qu'il faisait le tour des hôtels mais que les participant(e)s ne se manifestaient pas, sauf à un hôtel où à chaque horaire de passage il trouvait un groupe de participant(e)s qui l'attendaient devant l'hôtel.

Salah Elayoubi : « Le régime marocain ne veut que des applaudisseurs »

par Rida Benotmane, demainonline, 17/11/2014
Le 2 novembre 2014, le monde célébrait la deuxième journée internationale de la fin de l’impunité, pour les crimes commis contre les journalistes. Un événement gravé dans le marbre, grâce à la résolution A/RES/68/163, adoptée le 18 décembre 2013, par l’Assemblée générale des Nations-Unies, lors de sa soixante-huitième (68) session. La sécurité des journalistes et la question de l’impunité sont au centre de cette résolution dont le Maroc a été l’un des premiers signataires. Mais avec la multiplication des cas de violations commises contre les journalistes au Maroc depuis la signature de cette résolution, nous avons souhaité comprendre pourquoi les autorités marocaines aiment à entretenir les paradoxes sur des questions cruciales relevant de la démocratie et de la bonne gouvernance. Une situation qui confine à la schizophrénie pour le pays qui compte officiellement accueillir le Forum Mondial des Droits de l’Homme du 27 au 30 novembre prochain à Marrakech alors que la répression bat son plein contre des mouvements et organisations pacifiques pro-démocratie. Salah Elayoubi, ancien chroniqueur sur le site d’information Lakome.com (organe de presse censuré par les autorités marocaines pour sa ligne éditoriale opposée à l’autoritarisme du régime marocain) livre à travers cette interview,  son sentiment sur la situation actuelle du journalisme au Maroc et celle des droits de l’homme, en général.
Rida Benotmane
liberté de presse2
Rida Benotmane :  À sa soixante-huitième (68) session, en 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/68/163, qui a proclamé le 2 novembre,  Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution a exhorté les États membres à prendre des mesures précises, afin de combattre la culture de l’impunité. L’Etat marocain vous semble-t-il prendre au sérieux cette résolution pour défendre les journalistes sur son territoire ?

FMDH : trop drôle quand on connait la situation réelle

La presse française boycotte-t-elle l'évènement mondial ?

Je n'ai rien vu à la télé, que je regarde rarement, et rien lu ni avant, ni aujourd'hui dans les journaux que je consulte souvent : le Parisien, l'Express, l'Humanité, mediapart, la Croix, Politis, etc

 ******

Mais ce texte parfumé doit avoir été écrit par la MAP !

J-1 avant le lancement de la 2ème édition du Forum mondial des droits de l’Homme 

L’événement mondial débute le 27 novembre et se poursuivra jusqu’au 30 du mois courant, à Marrakech. La cité Ocre, destination touristique phare du Royaume, est fin prête pour accueillir plus de 5.000 participants venus des quatre coins du monde et qui se sont donnés rendez-vous dans le cadre de cette grand-messe planétaire des droits de l’Homme. "Nous ne voulons pas d'un forum vitrine, mais un forum pluraliste dans le respect des règles du dialogue". Le message que véhiculent les diplomates marocains sur la deuxième édition (après celle du Brésil) du FMDH, est d'un ton nouveau, rapporte Jeune Afrique. 

mercredi 26 novembre 2014

Communiqué ACAT : Maroc : derrière le FMDH, la réalité de la torture

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Communiqué de presse
Le Forum mondial des droits de l’homme aura lieu à Marrakech du jeudi 27 au dimanche 30 novembre. Pour l’ACAT, le fait que le Maroc héberge cet événement ne doit pas faire oublier le bilan désastreux du pays en matière de lutte contre la torture.

La torture sera un des thèmes abordés durant cet événement. En effet, le Maroc se félicite d’être un des 5 pays à l’origine de l’initiative mondiale contre la torture. Le 4 mars 2014, il s’est joint au Chili, au Danemark, au Ghana et à l’Indonésie pour lancer l’initiative mondiale pour la ratification de la Convention contre la torture. Pourtant, depuis le lancement de cette initiative, les mesures de rétorsion à l’encontre des victimes de tortures et des ONG qui luttent contre le phénomène tortionnaire se sont multipliées.

dimanche 23 novembre 2014

COMMUNIQUE A PROPOS DU FORUM MONDIAL DES DROITS DE L’HOMME

23/11/2014



Le MAROC organise la deuxième session du forum mondial des droits de l’homme à MARRAKECH du 27 au 30 novembre 2014. Alors que certains acteurs l’ont boycotté depuis l’annonce de son organisation, la plupart des associations des droits humains ont répondu aux appels du comité d’organisation pour participer à la première rencontre préliminaire du 18,20,21 juin à CASABLANCA, puis à la seconde rencontre à RABAT le 11 octobre ; les organisations participantes aux deux rencontres ont fait montre d’une bonne volonté , de disposition à participer et ont considéré que ce forum est l’occasion pour discuter de la situation des droits humains au MAROC malgré la préparation unilatérale , la préparation exclusive de la part de l’ETAT et le fait de se contenter, dans les deux rencontres, d’informer les participants de ce qui se fait sans entrer dans les détails ; la principale revendication des associations concernant la nécessité d’assainir le climat politique et de libérer les prisonniers politiques et les prisonniers d’opinion et à leur tête ceux que le comité onusien chargé de la détention arbitraire a réclamé la libération, n’a pas été prise en considération.
Les autorités publiques ont plutôt poursuivi leur politique d’entraves aux associations des droits humains en les privant d’utiliser les espaces publics , en interdisant leurs activités et en les accusant, par la voix du ministre de l’intérieur, de porter préjudice à la renommée du pays et de travailler pour des agendas extérieurs ; ainsi l’ETAT a voulu manifestement créer une tension plutôt qu’assainir le climat comme l’ont souhaité les organisations.
Parallèlement à cela le comité d’organisation a fait montre d’un comportement de tergiversation en gelant la préparation du forum depuis le 21 juin jusqu’au 11 octobre ; de plus il n’a pas pris au sérieux les propositions des organisations compte tenu du fait que les organisations concernées n’ont pas reçu de réponses écrites qui attestent d’un traitement responsable des suggestions et qui formalisent les engagements du comité d’organisation.
Ces raisons, et d’autres encore, ont amené un ensemble d’organisations à annuler leur participation ou à boycotter le forum mondial des droits humains.
Les associations signataires, qui se sont réunies à deux reprises le 17 novembre au siège de la ligue pour la défense des droits de l’homme et le 20 novembre au siège de l’association marocaine des droits humains, déclarent ce qui suit :

· Elles soulignent la régression de la situation des droits humains au MAROC comme elles condamnent la politique des autorités publiques qui vise le mouvement des droits humains ; elles condamnent également les entraves systématiques aux activités des associations des droits humains en les privant de l’utilisation des espaces publics

· Elles soutiennent l’initiative de la coordination locale pour la défense des libertés et des droits à MARRAKECH quant aux activités prévues sous forme de participation alternative à la marge du forum mondial des droits de l’homme

· Elles organisent une conférence de presse le lundi 24 novembre à 10H du matin au siège de l’association marocaine des droits humains à RABAT pour informer l’opinion publique nationale et internationale sur les vraies raisons qui ont poussé les associations initiatrices à annuler leur participation dans le forum ou à boycotter toutes ses activités

· Elles annoncent leur participation au sit-in de protestation parallèle à la séance d’ouverture du forum le 27 novembre, et aussi à la caravane nationale organisée pour dénoncer les violations de l’ETAT dans le domaine des droits humains et célèbrent la journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien le samedi 29 novembre à MARRAKECH.



RABAT LE 22 NOVEMBRE 2014



LES ORGANISATIONS SIGNATAIRES/

- LA LIGUE MAROCAINE POUR LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME

- L’ASSOCIATION MAROCAINE DES DROITS HUMAINS

- L’OBSERVATOIRE AMAZIGH DES DROITS ET LIBERTÉS

- L’ASSOCIATION POUR LE CONTRAT MONDIAL DE L’EAU

- ATTAC/MAROC

- L’INSTANCE DES DROITS DE L’HOMME DU GROUPE AL ADL WA L IHSANE (JUSTICE ET BIENFAISANCE)

- L’ASSOCIATION FREEDOM NOW

- MOUVEMENT DU 20 FÉVRIER : COORDINATION DE RABAT

dimanche 2 novembre 2014

Point n°66 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc

 

Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point n°66 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc

Non, l’ASDHOM n’ira pas faire du tourisme droits-de-l’hommiste à Marrakech aux frais de la princesse

La 2ème édition du Forum mondial des Droits de l’Homme (FMDH) aura lieu du 27 au 30 novembre 2014 à Marrakech avec la participation de près de 5.000 acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux. Le premier forum dont la conception s’inspire des forums sociaux mondiaux, a eu lieu en 2013 au Brésil.
« Le Forum mondial des Droits de l’Homme est une reconnaissance internationale des réalisations du Royaume dans ce domaine et de la vitalité des institutions nationales », a souligné le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Driss El Yazami, dans une déclaration en marge du 1er séminaire international préparatoire du FMDH. La messe est dite….
L’État marocain n’a pas lésiné sur les moyens pour accueillir ce forum. Des billets d’avion sont distribués sans compter et des hôtels huppés ont été réservés pour loger les convives et ce, au moment où les citoyens marocains, dont les droits sont censés être au cœur de ce forum, sortent pratiquement toutes les semaines pour crier leur colère contre la cherté de la vie et notamment contre la hausse des factures d’eau et d’électricité.
Rien ne doit entraver l’organisation de ce « grand évènement » ; Pas même l’épidémie d’Ebola qui a, par contre, été évoquée et son drapeau agité quant à l’organisation de la coupe d’Afrique des Nations (CAN) du football que le Maroc accueillera en 2015.
Le président du CNDH, Driss El Yazami, ne se trompe pas quand, dans ses innombrables tournées mondiales, il n’arrête pas de répéter à ceux qui veulent l’entendre que l’image du Maroc sera soignée en terme de respect des droits de l’Homme.
À l’annonce de ce FMDH à Marrakech, les organisations marocaines de défense des droits de l’Homme avaient espéré que l’État marocain donne des signaux positifs et fasse des gestes forts en matière de libertés démocratiques comme la libération des prisonniers d’opinion et l’arrêt des poursuites contre syndicalistes, les journalistes, les avocats et les défenseurs des droits de l’Homme, etc.
Ceci aurait pu garantir une participation dans un climat apaisé, et ainsi donner au Maroc une chance de couper enfin avec le passé des violations.
Non seulement ces espoirs ont été déçus, mais au contraire, nous avons enregistré une volonté d’escalade contre le mouvement des droits de l’Homme. Les faits sont là et ils sont têtus. Nous vous renvoyons au point précédent (n°65) pour s’en rendre compte

-         Dans son discours du 15 juillet devant la Chambre des conseillers, le ministre de l’Intérieur charge et criminalise les organisations de défense de droits de l’Homme en les traitant « d’agents de l’étranger qui cherchent à entraver l’action du pays contre le terrorisme et pour son intégrité territoriale » ;
-         Plusieurs associations dont l’AMDH, la LMDDH, Amnesty International-Maroc et Freedom-Now, etc. se sont vues interdire leurs activités ;
-         Les procès d’opinion se sont multipliés contre les étudiants de l’UNEM, les défenseurs des droits de l’Homme, les militants du mouvement 20-Février, les syndicalistes, les Sahraouis, les enseignants, etc. Pire encore, des jugements -jugés cléments par le parquet- ont été durcis à l’encontre de plusieurs d’entre eux. C’est le cas des 35 ouvriers, syndicalistes et militants politiques de Ouarzazate dont Hamid Majdi qui, à lui seul, il est poursuivi depuis 2009 dans 9 affaires, de la jeune Wafae Charaf et Boubker El Khamlichi de Tanger qui ont vu leur peine passer respectivement à deux ans de prison ferme et un an de prison avec sursis, et des 9 enseignants de Rabat, jugés à deux ans et 4 mois après 7 mois de détention préventive, etc.
-         Les conditions de détention sont exécrables et les responsables pénitentiaires les laissent pourrir condamnant ainsi des détenus à la mort comme on l’a vu avec les prisonniers politiques de l’UNEM Noureddine Abdelouahab et Mustapha Méziani et du Sahraoui Hassana Elouali     

Plus généralement, et au-delà de l’opacité qui entoure l’organisation de ce FMDH, l’État marocain  n’a donné aucune garantie quant à l’application des recommandations faites par l’ex-IER en 2006. S’il a signé et ratifié des traités et conventions internationaux tels que ceux concernant la torture et les disparitions forcées, ce dont nous nous félicitons, il n’en demeure pas moins qu’il n’a toujours pas déposé auprès de l’ONU les instruments pour leur mise en pratique au niveau du pays. Aucun mécanisme national de protection (MNP) n’a été mis en place au jour d’aujourd’hui.
Les quelques tentatives de dépôt de plainte pour torture et traitement dégradant et inhumain ont été balayés d’un revers de main. Le jeune Zakaria Moumni, champion du monde de boxe thaïe, ainsi que le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, ont vu leurs plaintes recevoir une fin de recevoir. Les jeunes militant(e)s de l’AMDH et du mouvement 20-Février, Wafae Charaf et Oussama Housni, ont quant à eux été condamnés à des peins de prison pour s’être plaints de tortures. C’est dire que l’impunité sévit encore au Maroc et que les autorités marocaines, contrairement au discours officiel, protègent encore les responsables de crimes et exactions et ne sont toujours pas prêtes à ouvrir une page de vérité et de justice.   

Nous avons malheureusement toutes les raisons de craindre que ce forum ne soit qu’une nième initiative de l’État marocain pour embellir sa façade démocratique et masquer la réalité des atteintes et violations des droits de l’Homme. L’ASDHOM refuse de donner quitus aux responsables marocains tant qu’ils ne font pas preuve d’une volonté réelle de couper avec les méthodes du passé et de faire le choix d’un État de droit. C’est pour cette raison qu’elle n’ira pas à Marrakech.

L’ASDHOM vous donne, par contre, rendez-vous le vendredi 21 novembre, à une semaine de ce FMDH, pour sa soirée de solidarité avec les prisonniers politiques et d’opinion au Maroc. Cette soirée est organisée dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale (SSI) qui se déroule du 15 au 22 novembre. Une communication spéciale vous parviendra dès que le programme sera finalisé. Mais sachez d’ores et déjà qu’elle se fera en présence de l’écrivain et démocrate Gilles Perrault, parrain de notre campagne internationale de parrainage. Des organisations internationales des droits de l’Homme seront également associées à cette rencontre pour insuffler une nouvelle dynamique à cette campagne de solidarité.
Ce sera l’occasion pour l’ASDHOM de faire le point et un bilan chiffré de deux ans de cette campagne qui n’a cessé de gagner en visibilité et en crédibilité. Nous avons, à titre d’exemple, enregistré avec satisfaction le parrainage dernièrement de Wafae Charaf par un professeur de droit à Toulouse, par le Maire de Saint Denis (93) et par le groupe des élus communistes et républicains de la ville d’Evry (91).
Nous avons reçu d’autres informations préoccupantes concernant des procès en cours et d’autres plus joyeuses sur quelques libérations en fin de peine, notamment de prisonniers politiques sahraouis. Nous les traiterons dans le prochain point à l’occasion de la soirée du 21 novembre 2014.

Bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, 2 novembre 2014