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mercredi 15 octobre 2014

Folles rumeurs après l’hospitalisation d’un dissident marocain

Par Salah Elayoubi, Demainonline, 14/10/2014



Ahmed Benseddik
Ahmed Benseddik
Ahmed Benseddik se trouve depuis ce matin à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat suite à son transfert de l’hôpital des spécialités où il se trouvait depuis lundi soir.
Le centralien, connu pour avoir retiré son allégeance au roi du Maroc, avait été pris d’un malaise dans la nuit de dimanche à lundi dans son appartement du Bas Agdal, à Rabat.
Inquiet de son silence, c’est l’un de ses amis, avec lequel il s’était entretenu dimanche en faisant part d’une grande fatigue, qui a donné l’alerte le premier.
Arrivés sur place, les secours ont fracturé la porte du logement et découvert l’ingénieur inconscient, baignant dans son vomi, le visage et le cou maculés de sang.
Le scanner réalisé hier à l’hôpital des spécialités a fait apparaître une hémorragie intracrânienne.
Les rumeurs les plus folles ont circulé sur la toile, dont certaines faisaient allusion à un empoisonnement.
On ignore, pour l’instant, les raisons du malaise de l’ingénieur dont on connaît l’implication dans un certain nombre d’actions militantes.
Il est l’un des membres fondateurs de Freedom now, une association de défense de la liberté d’expression que les autorités marocaines ont refusé d’autoriser.
Après avoir fait l’objet d’un acharnement de la part de ses supérieurs hiérarchiques, pour avoir dénoncé la corruption, il avait retiré son allégeance au roi du Maroc dans une lettre ouverte, après avoir épuisé toutes les voies de recours et adressé plusieurs suppliques au monarque et son entourage, pour attirer leur attention sur son cas.
Infatigable, il mène depuis, un incessant combat aux côtés de plusieurs associations, pour l’instauration d’une véritable démocratie dans ce « royaume heureux ».
Salah Elayoubi
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Polémique sur l’hospitalisation du militant 



Polémique sur l’hospitalisation du militant Ahmed Benseddik



L’état de santé d’Ahmed Benseddik enflamme le web suite à l’annonce de son hospitalisation le 13 octobre. Telquel.ma retrace le parcours du militant depuis qu’il a été retrouvé gisant dans son appartement de Rabat.

Le militant Ahmed Benseddik a été hospitalisé lundi 13 octobre après avoir été retrouvé inanimé dans son appartement à Rabat. Les raisons de son hospitalisation ont alimenté des débats nourris sur les réseaux sociaux suite à une information relayée par le site Badil.info. Ce site, qui est le premier à avoir publié une information à ce sujet, cite une source anonyme selon laquelle l’ingénieur aurait été victime d’empoisonnement. Cette même source a également indiqué que l’ancien responsable de la CDG avait reçu « des menaces de morts ».

Hypothèses multiples

Le neveu de Ahmed Benseddik , Adil Benseddik, raconte à Telquel.ma : « Apparemment, mon oncle aurait déclaré à l’un de ses amis, un journaliste espagnol, qu’il aurait mangé quelque chose de toxique et qu’il avait des maux de ventre ». C’est ce même journaliste espagnol qui aurait lancé l’alerte concernant le militant après plusieurs heures passées sans nouvelles. « Des amis de mon oncle sont venus à son domicile et ont forcé la porte car ils n’avaient pas de nouvelles de lui. Ils l’ont retrouvé gisant sur le sol avec des traces de vomi. Ils ont alerté la famille et nous sommes venus le chercher ».
Suite à cela, Ahmed Benseddik a été emmené vers le service des urgences de l’hôpital Avicenne par sa famille, où il a d’abord essuyé un refus d’accueil de la part du personnel pour « manque de place ». Il a ensuite été accepté par le même hôpital, suite à une intervention d’un proche, et a été soumis à plusieurs contrôles qui ont révélé qu’il a été victime d’une hémorragie méningée « qui est probablement la cause du vomissement » selon Adil Benseddik. Des analyses d’urine ont été réclamées par la famille d’Ahmed Benseddik mais pour l’instant, aucun résultat n’a été communiqué par le centre antipoison.

Intervention de la justice

Le militant devait également être soumis à l’analyse d’un angioscanner mais celui-ci était indisponible pour cause de « panne ».  Suite à cette indisponibilité, Benseddik a été transporté à l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat où il devait effectuer des analyses plus approfondies durant la journée du 14 octobre.
De son côté, le procureur du roi de la Cour d’appel de Rabat, interpellé sur les soupçons d’empoisonnement, a publié un communiqué consacré à l’état de santé du militant. Il indique que la « police judiciaire a effectué une enquête » et que « des analyses de sang et d’urine » ont été effectuées. Celles-ci ont révélé que le militant a été victime « d’une hémorragie cérébrale ». L’hypothèse de l’intoxication est exclue par le procureur du roi. L’enquête de la police judiciaire est toujours en cours. Pour rappel, Ahmed Benseddik, ancien contributeur régulier du site d’information Lakome,  est connu pour avoir refusé de prêter allégeance au roi Mohammed VI lors de la cérémonie de la Bay’a en 2011.

vendredi 17 mai 2013

Majidi poursuit Benchemsi pour diffamation à Paris


mardi 12 février 2013

« Tel Quel » : le directeur sur le départ


Le directeur de la publication de l’hebdomadaire casablancais Tel Quel, Karim Boukhari, a été gentiment poussé à la sortie par les actionnaires. Il devrait être remplacé par Fahd Iraqui qui s’entraîne déjà pour prendre la relève.
Karim Boukhari (Photo DR)
Karim Boukhari (Photo DR)
En déficit depuis plusieurs mois à cause d’un manque à gagner important en pub et une baisse des ventes ce newsmagazine risque carrément de fermer comme récemment son confrère Actuel, qui était pourtant soutenu par l’ONA (l’entreprise hégémonique marocaine qui intégre aujourd’hui la SNI). 
C’est en tout cas le message qui a été envoyé par les actionnaires à la direction du journal.
Les rentiers du journal ont donné à la direction jusqu’au mois de juin pour renflouer la publication en pub ou augmenter sensiblement les chiffres de ventes. Mais cet objectif, censé équilibrer les comptes, semble difficile à atteindre tant la situation économique du Maroc en général et de la presse marocaine en particulier ne sont pas du tout bonnes.
Une banque d’affaires qui avait évalué il y a quelques années le prix de Tel Quel à 80 millions de dirhams estime aujourd’hui qu’il ne vaut pas plus de 20 millions. Et encore, les acheteurs ne se bousculent pas au portillon.
Quant à Karim Boukhari, pas d’inquiétude pour son futur. Il devrait partir en France pour faire dans « l’édition ».
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=25122

samedi 26 janvier 2013

Maroc - Fermeture de l'hebdomadaire Actuel

  Un vrai signal d'alarme !

Par Slate 22/1/2013
L'hebdomadaire marocain francophone Actuel publiait son dernier numéro le 5 janvier 2013. Jeune Afrique revient sur cet évènement, un «signal d'alerte» pour nombre de journaux du Royaume chérifien.
  «Le contexte économique marocain particulièrement difficile, en 2012, a conduit les principaux annonceurs à couper dans leurs budgets publicitaires au point de mettre certains titres de presse en difficulté», rapporte Yabiladi.
Selon Yabiladi, l’hebdomadaire a été lancé en 2009 pour concurrencer l'autre magazine francophone Tel Quel. La fermeture d'Actuel est pourtant bien un "Signal d'alarme" selon l'éditorialiste de Tel Quel, qui s'adresse autant à la presse qu'aux lecteurs.
Avec une circulation totale des journaux qui stagne depuis 2008 selon l'Organisme de la justification de la diffusion du Maroc, la diffusion moyenne est de trois exemplaires par an et par habitant.  Un chiffre bien moins élevé que celui de l'Algérie, rapporte Jeune Afrique.
En effet, le développement des sites web d'infos gratuits vient perturber la diffusion de la presse payante, et son financement par la publicité, plus attirée par le web.
Mais le problème vient aussi de ce que ces journaux sont francophones, dans un pays très majoritairement arabophone, relève Jeune Afrique.
Pour Aziz Boucetta, éditeur du site Panoramaroc «depuis le Printemps arabe, l'argument qui consistait à cibler, via l'utilisation de la langue française, les cadres et les professions supérieures (ndlr) fonctionne de moins en moins».
Pour Karim Boukhari, éditorialiste de Tel Quel, au-delà du magazine Actuel et du papier, c'est l'indépendance de la presse marocaine qui est en jeu.
«Le Maroc, qui a eu tant de mal à enfanter une presse indépendante digne de ce nom, est évidemment concerné.»
Mais l'avènement du web et de la gratuité dans une certaine mesure, ont permis aussi de redonner, selon Tel Quel, une certaine liberté au lecteur, qui impose de plus en plus ses choix.
Et dans ce contexte, «si la presse papier perd en vente, elle gagne, en revanche, en influence et en impact, en recrutant dans le même temps des lecteurs nouveaux, supplémentaires», conclut l'éditorialiste.
 http://www.slateafrique.com/102175/maroc-lhebdomadaire-actuel-cest-deja-du-passe

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samedi 6 août 2011

Le peuple, la monarchie, et nous

Par Karim Boukhari (directeur de publication de TelQuel, 6/8/2011

Le roi aurait pu, et dû, accorder un grand entretien à un ou plusieurs journaux marocains

Le peuple, la monarchie, et nous
Dans sa forme et dans son contenu, le dernier discours du Trône n’a rien apporté de nouveau. Il a sonné comme un rappel à l’ordre puisque le roi a expliqué à sa manière que c’est lui qui gouverne, et lui seulement. S’il y avait le moindre doute, le voilà levé. Ce n’est pas un hasard si le discours a d’ailleurs fait la part belle à la toute nouvelle Constitution puisque celle-ci consacre, comme nous le savons, le principe du roi qui gouverne. Et tout cela est très peu en rapport avec l’idéal de démocratie auquel nous aspirons… L’avenir ? Il porte un nom : les élections anticipées, qui devraient se tenir
début octobre. Là-dessus, Mohammed VI a été clair : il veut, il lui faut de nouvelles élites politiques pour mettre en exécution…son programme à lui. Ce que le roi a dit, libre à nous de le traduire très simplement ainsi : “Peuple, choisissez bien vos candidats ; futurs élus, n’oubliez pas d’appliquer ce que je dis”. En gros, le discours qui clôture en quelque sorte la saison politique a été très conservateur. Il a mis un terme à sept mois, pourtant, durant lesquels nous avions cru entrevoir autre chose, un souffle nouveau, un vent de fraîcheur, la possibilité et surtout la volonté, je dirais même le besoin, de changer.
La montagne a accouché d’une souris, voilà c’est dit. La monarchie n’a pas joué franc jeu, elle a plus manœuvré et cherché à gagner du temps (ce qu’elle a bien réussi, du reste) qu’autre chose. Elle n’a fondamentalement pas changé et elle a prouvé, au passage, qu’elle n’est pas près de le faire. Qu’entend-on par “changer” ? Lâcher du lest et laisser les autres gouverner, déjà. Mais pas seulement.

Changer, c’est aussi jouer sur l’immédiat, améliorer sans plus tarder ce qui peut l’être et ce qui ne coûte rien : c’est-à-dire le cérémonial, la forme, le détail, l’élément humain. Je vais vous dire une chose : le roi aurait pu, et dû, accorder un grand entretien à un ou plusieurs journaux marocains. J’insiste sur le vocable “marocains”.

Parce qu’il a des choses à nous dire et parce qu’on a des choses à lui demander. S’il avait consenti à le faire, on aurait eu l’immense plaisir de découvrir (oui, découvrir) que le chef de l’Etat est avant tout un être humain comme les autres, un Marocain pas au-dessus des autres, quelqu’un d’accessible et qui nous ressemble, qui doute et qui n’a pas réponse à tout, quelqu’un qui peut se tromper et le dire, et tout cela aurait renforcé la crédibilité de l’institution monarchique et donné un formidable coup de fouet au très vague “projet démocratique marocain”. Dieu sait si nous en avions tous besoin…

Dans le même ordre d’idées, le roi aurait pu, et dû, alléger le rituel de la Bey’a, dont le dernier épisode, qui nous a été donné à voir en fin de semaine, n’est pas très réjouissant. Tout de même : comment peut-on, au 21ème siècle, et au moment où le vent de la démocratie et de l’égalité entre les hommes souffle sur la planète entière, admettre – excusez-moi le terme – qu’une “armée d’esclaves” se plie en quatre et se roule par terre au passage du souverain ? Anachronique, archaïque et même, même, osons le terme parce qu’il est juste : dégradant, esclavagiste. Je sais bien ce que l’on va me répondre : ce cérémonial est une manière de garder l’équilibre entre tradition et modernité. Certes. Mais qu’attend-on pour l’alléger et le rendre plus humain ? Que perdra-t-on à faire cela ? N’est-il pas temps de faire en sorte que la tradition ne soit plus un frein au progrès ? Pourquoi enfermer le cérémonial dans ce schéma maître – serviteurs et dominant – dominés comme si le Maroc sortait à peine d’une bataille médiévale ?

Nous sommes donc déçus mais pas aigris, pas le moins du monde. Je ne crois pas. Le système, le Makhzen, l’archaïsme ont gagné…mais contre qui ? Je vais le dire autrement : “ils” ont gagné mais ceux d’en face, c'est-à-dire le peuple, n’ont pas perdu. Je ne suis personnellement pas aigri parce que j’ai vu des petites choses changer, des détails, des réflexes. Le peuple, et contrairement à des idées reçues, n’est pas seulement celui dont on achète la voix, qui dit oui ou non sans réfléchir, qui est corrompu jusqu’à l’os et qui ne pense qu’à brûler et à casser.

Le peuple n’est pas bête. Il a peut-être mis du temps à se réveiller mais il n’est pas près de s’endormir. Nous avons pu le constater tout au long de ces premiers mois de l’année 2011…

C’est sur cette note malgré tout optimiste que je vous dis au revoir, au nom de toute l’équipe de TelQuel. Merci de nous lire et de nous soutenir. Et rendez-vous en septembre avec l’espoir que, d’ici là, le Maroc sera meilleur. On peut rêver, non ?