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vendredi 19 juin 2015

Mounir Majidi perd son procès contre Ahmed Réda Benchemsi


benchemsi
      
 Le directeur du cabinet particulier du roi, Mohamed Mounir Majidi, a perdu aujourd’hui le procès en diffamation qu’il avait intentédevant la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris contre Ahmed Réda Benchemsi, l’ancien directeur du magazine Tel Quel.
Majidi avait porté plainte contre le journaliste après la publication d’un article publié dans les pages débats du quotidien français Le Monde intitulé : « La grande corruption règne en maître au Maroc ». 
Cet épilogue n’est pas une surprise. A chaque fois que le régime marocain poursuit un journaliste à l’étranger, il perd son procès.
La justice des pays européens ne peut aucunement se comparer avec la justice de Ramid. A Paris, Londres ou Madrid, les magistrats dignes de ce nom ne se laissent pas dicter leurs « sentences ».
Ali Lmrabet a été relaxé par la Audiencia Provincial de Madrid du procès que lui avait intenté l’ancien directeur du bureau de l’agence officielle MAP, Saïd Ida Hassan. Et il a gagné le procès qu’il a intenté contre le même Ida Hassan et la MAP et les a fait condamner solidairement à 12 000 euros de dommages et intérêts. Une première dans l’histoire de la MAP.
En dépit des moyens financiers faramineux mis en place par le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, la justice espagnole a refusé à trois reprises de poursuivre le journaliste Ignacio Cembrero pour « apologie du terrorisme ».
Après s’être fait tirer les oreilles, Benkirane va essayer une quatrième fois de faire poursuivre Cembrero devant une juridiction espagnole.
Bonne chance !
Demain
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mercredi 22 avril 2015

Maroc : procès de Mounir Majidi en bord de Seine

par Joan Tilouin, Le Monde,

http://s1.lemde.fr/image/2015/04/22/768x0/4620428_7_3e41_une-vue-d-ensemble-de-la-ceremonie_176b95a740435ed64abb07d743d071f6.jpg
Allégeance


 Ce 17 avril en fin d’après-midi, à Paris, s’est produit un de ces retournements que les tribunaux connaissent parfois : le plaignant s’est retrouvé sur le banc des accusés. Mounir Majidi, homme d’affaires et secrétaire particulier du roi du Maroc, Mohammed VI, avait porté plainte en diffamation contre Le Monde et contre le journaliste marocain Ahmed Benchemsi, fondateur de l’hebdomadaire Tel Quel et contributeur occasionnel du quotidien français.
L’article incriminé est paru dans la rubrique « Décryptage-Débats » du Monde, le 26 juin 2012 et était intitulé « La grande corruption règne en maître au Maroc ». Une synthèse d’une note publiée quelques jours plus tôt sur son blog.
Ahmed Benchemsi a été plusieurs fois poursuivi par la justice marocaine. « Je me réjouis de comparaître enfin devant une justice indépendante », lâche-t-il avant d’apparaître devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Le ton est donné. Venu de Washington où il réside désormais, le journaliste dit ne pas comprendre les motivations et la stratégie de Mounir Majidi et de ses avocats. Ce procès en France est pour lui et son avocat, Me William Bourdon, l’occasion de « déballer sur la monarchie ».

A l’origine, l’affaire BaySys

A la barre, Ahmed Benchemsi défend un « travail d’enquête s’appuyant sur des documents officiels et légaux » qui lui ont permis notamment de révéler l’affaire BaySys, du nom de cet équipementier aéronautique américain en difficulté et à la recherche de 25 millions de dollars.
« Je me réjouis de comparaître enfin devant une justice indépendante », Ahmed Benchemsi

vendredi 23 janvier 2015

Zakaria Moumni s'explique


Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi Mohammed VI est le commanditaire des actes de tortures que j'ai subies. Ce criminel m'avait reçu dans le Palais royal Rabat Touargua le lendemain de ma rencontre avec le roi Mohammed VI, mais il n’a pas appliqué les ordres du roi et m'a même interdit de rappeler faute d'avoir de "sérieux problèmes". Pour qui se prend ce Mounir Majidi qui n'applique pas les ordres du roi ? Ce criminel m'a empêché de voir le roi Mohammed VI et m'a menacé de mort devant la résidence royale en France.

 Tout le monde connait le palmarès glorieux dans la corruption de ce secrétaire vraiment particulier.
 Rappelons nous  l'escroquerie du terrain Habous de 4,5 ha situé dans la zone touristique de la ville de Taroudant, et l’affaire du terrain de 2,5 hectares, situé en plein centre de Rabat que Mounir Majidi voulait racheter à la ville de Rabat pour un dirham symbolique. Et rappelons nous le Mouvement du 20 Février et ces milliers de Marocains qui ont manifesté presque toutes les semaines en 2011 dans de nombreuses villes du pays pour que cessent la corruption et les passe-droits et que s’instaure une véritable démocratie. Ces manifestants ont dénoncé la corruption du directeur du secrétariat du roi Mounir Majidi qui incarne aux yeux de tous les dérives du régime. Ce personnage est connu pour être le principal chef d’un petit groupe d’affairistes qui a entrepris de faire main basse sur le Maroc.
Rappelons nous aussi  l’affaire Wikileaks et la note secrète envoyée en décembre 2009 par le consulat américain au Maroc faisant état de pratiques frauduleuses au plus haut niveau du royaume. Les diplomates américains décrivent des cas concrets ou les conseillers de Mohamed VI dont ce Mounir Majidi demandent des commissions pour autoriser des projets immobiliers.
Même le chef du gouvernement actuel Abdelilah Benkirane avait dénoncé la corruption de Majidi dans une vidéo sur youtube dans laquelle on l’entend expliquer que ce Majidi "insulte le directeur de la police national" et "donne les instructions au juge par téléphone". Quand on voit la convocation signée du procureur du roi Ilias Saloub, ce même procureur impliqué dans la fabrication du complot contre moi en septembre 2010 et visé aussi dans ma plainte pour torture à Paris auprès du Pôle spécialisé Crimes contre l'Humanité / Crimes de Guerre et Génocide, on se demande vraiment qui l’a appelé pour lui ordonner cette mascarade.
Majidi voyait toujours gros déjà avec ce grand palmarès glorieux dans la corruption et l'abus du pouvoir, cela ne lui a pas suffi, et a préféré changer de catégorie et décrocher le titre universel en s'inscrivant dans l'Histoire pour un Crime contre l'Humanité, le crime le plus grave qui peut exister. C'est lui qui m'a menacé de mort et c'est lui le commanditaire des actes de tortures que j'ai subies. Lorsque j’étais torturé, je ne cessais d’entendre de mes bourreaux : « Tu dois rayer de ta mémoire ta rencontre avec le roi et avec Mounir Majidi et ça, ça t'apprendra à aller manifester devant la résidence royale et de citer Mounir Majidi dans les médias". Ces tortures que j’ai subies durant quatre jours dans le centre de Temara, c’était sous la supervision du directeur de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, que j’ai pu voir et identifier.
Le roi a informé la Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mme Navanethem Pillay « qu’il ne pouvait pas tolérer la torture, bien qu’il ne puisse pas exclure qu'il existe des cas isolés ». Ce sont ces « cas isolés » dont je fais partie.
Le roi Mohammed VI cautionnera t-il et gardera à ses côtés ce criminel qui à commandité les actes de tortures que j'ai subis, Mounir Majidi, qui a commis un crime contre l’Humanité. Il est le secrétaire particulier du roi mais il ne cesse de salir l'image du roi et l'image du royaume dans le monde entier. Je dispose d’enregistrements d’échanges dans lesquels on me demande de « composer" avec ce criminel Mounir Majidi parce qu'il est "intouchable", en me disant que "même le roi ne peut rien faire" !
Le roi Mohammed VI est entouré d'incompétents qui s'enfoncent jour après jour dans le mensonge au lieu d'assumer leurs erreurs et salissent ainsi l'image du royaume, et c’est d’ailleurs ces dérives qui ont conduit à la grave crise franco-marocaine actuelle. Après ma plainte déposée à Paris par mes avocats Maître Patrick Baudouin, Président d’honneur de la FIDH, et Maître Clémence Bectante, auprès du Pôle spécialisé Crimes contre l’Humanité / Crimes de Guerre et Génocide, le pouvoir marocain a commencé un odieux chantage par des méthodes de voyou pour m’intimider avec des photomontages à caractère pornographique tirées de séquences vidéos filmées à notre insu dans la chambre de l’hôtel La Tour Hassan, où le ministre Mohand Laenser nous a fait séjourner du 3 au 6 mars 2013 en vue d’une audience avec le roi, et des menaces pour que je retire mes plaintes. Mais ça ne fonctionne pas avec moi. Le 02 décembre 2014, mes avocats ont alors déposé une nouvelle plainte au TGI de Nanterre pour « menace, intimidation » et « atteinte à l’intimité de la vie privée » suite à ce sordide chantage et ces menaces.
Ces pratiques démontrent une dérive inadmissible de hauts responsables marocains, ce sont des méthodes de basse police qui renvoient une image négative du royaume.
De plus, les proches collaborateurs du roi mènent depuis le début une campagne de diffamation à mon encontre, afin de me faire passer selon des versions toutes plus farfelues les unes que les autres soit pour un escroc et un traitre qui travaille pour le Polisario, soit pour les services algériens, soit encore pour le Prince Hicham.
Je tiens à préciser que je me bats depuis la grâce royale, le 04 Février 2012, pour que justice me soit rendue et pour ma réhabilitation et que je ne reçois d'instructions de quiconque.
Le monde entier voit aujourd'hui qui sont les vrais escrocs, les véritables criminels et les vrais traîtres.
Je me demande à qui revient la responsabilité politique de ce qui m’est arrivé et de ce que je vis aujourd'hui. Si je me suis rendu au Maroc, et surtout accompagné de mon épouse, c'est parce je pensais être reçu en toute sécurité suite à l'invitation royale. A aucun moment, je n'ai pensé que je serais à nouveau victime d’une trahison et d’un piège organisé par l’entourage du roi, d’autant qu’il était question de réparer une injustice existante.
Le roi acceptera t-il cela ? ou va t-il faire cesser cette mascarade dévoilé devant au monde entier.
J’ai adressé une lettre à l'ambassade du Maroc à Paris accompagnée de la copie des enregistrements de mes échanges avec Mohand Laenser, Hamid Chnouri, Adil Belgaid et Abdeljaouad Belhaj, qui parlent tous au nom du roi. L’ambassade a refusé la réception de ma lettre ! Je dispose également de cet enregistrement dans lequel on entend un émissaire du roi me dire avec aplomb que "même le roi ne peut rien faire face a ces gens-là". Maintenant je transmettrai mon message et ces enregistrements au roi par voie publique et par tous les moyens. Croyez moi, je me ferai bien entendre.
Majidi ne jouira pas de l’impunité, je le poursuivrai partout même s'il change de planète. C'est le combat de ma vie. Je ne lâcherai rien jusqu'à qu'on me rende justice et quand Majidi sera à sa vraie place : derrière les barreaux.
Mounir Majidi tu as face à toi un VRAI Marocain, FIER, qui aime son pays, qui a levé son drapeau fièrement devant toutes les nations, qui ne se laisse ni faire ni impressionner par quiconque, qui ne baissera jamais les bras, et qui ne s'inclinera devant personne.Ces pratiques de voyou de ces hauts responsables sont indignes d'un État où le souverain est Commandeur des Croyants. Si ce Mounir Majidi et Abdellatif Hammouchi n’avaient rien à se reprocher pourquoi arrêter la coopération judiciaire avec la France et faire tout ce scandale? Pourquoi ne viennent-ils pas se présenter face à moi devant la justice française, et comme ça on mettra fin à cette crise que les autorités marocaines ont créée pour protéger les criminels et tortionnaires.
C'est en luttant contre l’impunité qu’on mettra fin à la torture.
J

jeudi 1 janvier 2015

Le « Canard enchainé » traite Mounir Majidi de personnage « sulfureux »

Sans titre
Le prestigieux hebdomadaire satirique, Le Canard enchainé, se met également de la partie dans l’affaire Zakaria Moumni. Le canard reprend les mésaventures de l’ex-chamion du monde de boxe thaïe kidnappé, torturé et jeté en prison par la DST, la police politique marocaine sur ordre, comme il l’affirme, du directeur du secrétariat privé du roi : Mohamed Mounir Majidi.
L’hebdo parisien traite Majidi de « sulfureux ». Voilà qui ne va pas plaire au Palais et à ses relais rémunérés parisiens.
Edition du mercredi 31 décembre.
Edition du Canard du mercredi 31 décembre.
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lundi 13 octobre 2014

Zakaria Moumni à l'Institut du Monde Arabe

 Les Droits de l’homme au Maroc | Bienvenue à l’Institut du monde arabe à Paris
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Zakaria Moumni


Aujourd’hui était organisé en partenariat avec le CNDH un colloque sur les Droits de l’Homme au Maroc en présence de Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et Karim Lahidji, président de la fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH).

Zakaria Moumni a demandé à prendre la parole au moment des questions aux participants et s’est adressé à Driss El Yazami.
Lorsque Zakaria Moumni a évoqué les faits de torture dont il a été victime au Maroc en 2010, M. El Yazami a répondu avec une gêne visible de l’ensemble de l'auditoire qu’il "ne connaissait pas son affaire" avant de dire l’inverse en rétorquant avoir reçu l’épouse de Zakaria Moumni lorsque ce dernier était emprisonné. Deux mensonges en une phrase et une gêne visible par toute l’audience qui a salué l’intervention de Zakaria par des applaudissements.

Evidemment, M. El Yazami ne savait pas quoi répondre.
Zakaria Moumni a rappelé devant l'auditoire les faits dont il a été victime au Maroc, les actes de torture qu’il a subis au centre de Temara durant quatre jours, après avoir été enlevé à l’aéroport de Rabat le 27 septembre 2010, avant d’être victime d’un procès monté de toutes pièces, des aveux signés sous la torture et les yeux bandés qui l’ont conduit à passer dix-huit mois en prison avant d’être gracié par le roi du Maroc le 4 Février 2012.
Zakaria a rappelé que ses avocats, Maître Patrick Baudouin, Président d'honneur de la FIDH et Maître Clémence Bectarte, ont déposé le 21 Février 2014 une plainte en son nom auprès du Procureur du Pôle spécialisé Crimes contre l'Humanité / Crimes de Guerre du Tribunal de Grande Instance de Paris visant Abdellatif Hammouchi, le tortionnaire et directeur de la DGST marocaine, et Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi, le commanditaire qui a menacé Zakaria de mort devant la résidence privée du roi Mohammed VI à Betz en France. Tout cela parce que Zakaria Moumni a manifesté devant la résidence privée du roi en France le 25 janvier 2010 pour dénoncer l'injustice dont il avait été victime et la privation de ses droits légitimes de sportif de haut niveau dont Mounir Majidi était à l’origine. Ce 25 janvier 2010 devant la résidence du roi, Mounir Majidi a lancé à Zakaria Moumni «T'as de la chance parce que tu es en France. Si tu étais au Maroc, on t'aurait fait la peau ».
Zakaria Moumni a rappelé également ses échanges avec l’ancien Ministre de l’Intérieur marocain, Mohand Laenser, après sa libération et durant près d’un an et demi, et qui s’était présenté comme « mandaté par le roi » pour "réparer l’injustice" dont Zakaria avait été victime. Echanges dont Zakaria détient tous les enregistrements.
Lorsque M. Laenser a déclaré à Zakaria Moumni lors d’un ultime échange que les coupables désignés par lui étaient «intouchables» et «qu'ils ne seraient jamais traduits en justice», Zakaria Moumni a interrompu les échanges car il a toujours exigé la reconnaissance des faits de tortures qu’il a subies et la justice avant tout.

Une fois que Zakaria Moumni a pris conscience que le Maroc ne lui rendrait pas justice, il s'est donc tourné vers la justice française et internationale. Zakaria a toujours dénoncé depuis le premier jour les faits de torture dont il a été victime.
La vérité ne se limite pas à la réparation matérielle et les personnes désignées responsables des actes de tortures doivent être punies sans jouir de l’impunité.
Aujourd’hui et comme à l'accoutumée, les autorités marocaines mènent une contre-offensive scandaleuse via une campagne de diffamation dans la presse à la solde du pouvoir marocain à l'encontre de Zakaria Moumni.
Mais les autorités marocaines doivent prendre leurs responsabilités et ne peuvent plus se cacher.
Aujourd'hui, le roi du Maroc, en qualité de chef de l'Etat, ne peut rester silencieux sur cette affaire.

Presque quatre années après les bouleversements politiques dans les pays arabes, qui avaient mis les revendications pour la démocratie et la dignité au centre des...
imarabe.org

lundi 6 octobre 2014

Jeune Afrique s’en prend à Zakaria Moumni sur commande. Il répond


Zakaria Moumni manifestant devant l'ambassade du Maroc à Paris (Photo DR)Zakaria Moumni manifestant devant l’ambassade du Maroc à Paris (Photo DR)
 L’hebdomadaire français Jeune Afrique, une publication connue pour être le porte-parole des régimes dictatoriaux africains et arabes à qui il refile, contre monnaies sonnantes et trébuchantes, des dossiers de publicité finement ficelés qui chantent leurs louanges, a encore frappé.
Spécialiste des campagnes de dénigrement contre les dissidents marocains, Jeune Afrique vient de publier, peut-être gratuitement, on peut se tromper!, l’un de ses habituels articles contre une victime de l’autocratie marocaine.
Cette fois-ci Jeune-à-fric s’en prend au boxeur marocain Zakaria Moumni coupable d’avoir engagé des poursuites pénales pour « tortures » contre le secrétaire particulier du roi Mohamed Mounir Majidi et le chef de la DST marocaine Abdellatif Hammouchi.
Une affaire qui, comme on le sait, a mis à mal les relations entre le Maroc et la France.
Nous publions l’article de Jeune Afrique qui n’est pas signé, comme vous pouvez le constater. Son auteur est certainement François Soudan, agent de liaison de l’hebdomadaire avec les autorités marocaines et grand amateur de licences de pêche en Mauritanie, comme l’a révélé il y a quelques années le journaliste de L’Express, Vincent Hugeux, dans son livre « Les Sorciers Blancs. Enquête sur les faux amis français de l’Afrique », paru chez Fayard en 2007.
La spécialité de Soudan est de retranscrire les papiers que reçoit Jeune Afrique du Makhzen pour les mettre à la sauce de l’hebdomadaire.
Dans ce domaine la réputation de cette revue n’est plus à faire (lire ce que racontent les anciens correspondants de Jeune Afrique en Tunisie, en Côte d’Ivoire et ailleurs).
Nous publions également la réponse de Zakaria Moumni.
Badr Soundouss
Maroc : Zakaria Moumni voulait piéger Mounir Majidi en France
Quand l’ombre du « prince rouge » Moulay Hicham se profile derrière une improbable action en justice contre un proche collaborateur du roi Mohammed VI…
Décidément, Zakaria Moumni n’en finit pas d’étonner. Cet ancien kickboxer franco-marocain, un des acteurs de l’incident de Neuilly qui a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre le Maroc et la France, s’en prend à un autre responsable du royaume : Mohamed Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi du Maroc.
Fin juin, il dépose une plainte contre Majidi l’accusant de « menaces de mort  en France ». Lieu du dépôt : le Tribunal de première instance de Paris, soit la même juridiction où il avait déposé sa première plainte pour torture contre Abdellatif Hammouchi, patron du contre-espionnage marocain, et qui a donné lieu en février dernier à une irruption surréaliste de policiers armés à la porte de la résidence de l’ambassadeur du royaume en France, exigeant la convocation du responsable sécuritaire marocain.
Comme la première plainte, celle contre Mohamed Mounir Majidi était destinée à demeurer secrète pour des raisons évidentes : Moumni voulait profiter de la venue de Majidi en France pour demander son audition devant la Justice, exactement comme il avait planifié son premier coup contre Hammouchi, avec l’aide de l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat).
Ce n’est pas la première fois que Moumni accuse Majidi de l’avoir menacé de mort, accusation vigoureusement récusée par le secrétaire particulier du roi. Mais son intention cette fois-ci était de le prendre par surprise en France, espérant le faire convoquer par la justice pour répondre à son accusation de menaces de mort et pousser ensuite les médias à relayer amplement l’information.
Un plan qui n’en finit pas de susciter des interrogations sur ses auteurs et les parties qui peuvent en tirer profit. Selon nos informations, le 26 juin soit quelques jours avant de déposer sa plainte, Zakaria Moumni a été vu en compagnie du prince Moulay Hicham et de son épouse au Marta Bar de l’Hôtel Le Fouquet’s Barrière à Paris. Les deux hommes se sont entretenus longuement et pas seulement, on l’imagine, du job d’adjoint au chef de la sécurité de l’hôtel Georges V à Paris que lui a décroché le  « prince rouge »…
Jeune Afrique
Zakaria Moumni lors du congrès d'Amnesty international (Photo DR)








Zakaria Moumni lors du congrès d’Amnesty international (Photo DR)


COMMUNIQUE ADRESSE AU PEUPLE MAROCAIN 
ET AU ROI DU MAROC

Contrairement aux affirmations de cet article publié dans le journal Jeune Afrique, Zakaria Moumni ne voulait piéger personne en France. Il a tout simplement déposé une plainte contre les commanditaires et les tortionnaires à l’origine des tortures qu’il a subies au Maroc dans le centre de Temara. En premier Mounir Majidi le secrétaire particulier du roi Mohammed VI, en qualité de commanditaire, et Abdellatif Hammouchi, le directeur de la DGST marocaine, qui a exécuté les ordres pour enlever Zakaria Moumni, le torturer et le séquestrer.
Rappel des faits : Zakaria Moumni a été enlevé le 27 septembre 2010, à sa descente de l’avion à Rabat, il a été enlevé, puis torturé dans le centre de Temara par les agents de la DGST, en présence du Directeur Abdellatif Hammouchi, que Zakaria Moumni a pu voir puis identifier. Tout cela sous les ordres du roi et de Mounir Majidi, d’après les dires de ses bourreaux qui ne cessaient de lui répéter « Ca t’apprendra à aller manifester devant chez le roi et citer Mounir Majidi ».
Pourquoi Mounir Majidi ? Parce que c’est la seule personne qui a menacé Moumni de mort en France « T’as de la chance d’être en France, si t’étais au Maroc, on t’aurait fait la peau » devant la résidence privée du roi Mohammed VI à Betz en France en 2010.
Tout cela parce que Zakaria Moumni a manifesté devant la résidence privée du roi en France le 25 janvier 2010 pour dénoncer l’injustice dont il avait été victime et la privation de ses droits légitimes de sportif de haut niveau dont Mounir Majidi était à l’origine.
La plainte contre Mounir Majidi a été déposée en même temps que la plainte contre Abdellatif Hammouchi via Maître Patrick Baudouin, avocat, et Président d’honneur de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme), et Maître Clémence Bectarte, le 21 Février 2014 et non fin Juin 2014, comme le prétend le journal Jeune Afrique. Et non avec l’aide de l’ACAT (Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture).
Il n’y a aucun lien avec les prétendus faits décrits dans l’article Jeune Afrique, notamment que la plainte a été déposée quelques jours après que Zakaria Moumni « ait été vu en compagnie du Prince Moulay Hicham et son épouse au Marta Bar de l’Hôtel Fouquet’s Barrière. »
Pourquoi Zakaria Moumni a t-il été vu au Fouquet’s à Paris avec le Prince Moulay Hicham et son épouse le 26 Juin 2014 ? Tout simplement parce que à cette époque-là le Fouquet’s était le lieu de travail de Zakaria Moumni. Et il se trouve qu’à ce moment-là le Prince Moulay Hicham et son épouse étaient clients de l’établissement. Il était fort probable que Zakaria Moumni croise le Prince et son épouse dans le restaurant du Fouquet’s, comme au Bar, comme dans le hall de l’établissement.
D’ailleurs, précision, fin juillet 2014 le Directeur de l’Hôtel Fouquet’s Barrière, Nicolas Cloarec et le directeur de la Sécurité, Alain Kada, ont annoncé à Zakaria Moumni qu’ils mettaient fin à son contrat avec le Fouquet’s « pour des raisons politiques ». Après son insistance à comprendre car ce n’était pas son professionnalisme qui était en cause, ils ont admis qu’ils avaient reçu l’appel de l’Ambassadeur du Maroc à Paris leur demandant de se séparer de Zakaria Moumni s’ils souhaitaient toujours garder leurs clients du royaume chérifien, et ce, par rapport à sa plainte contre Abdellatif Hammouchi et Mounir Majidi, en lui conseillant même de prendre contact avec l’Ambassadeur pour « régler cette affaire ». Et quelle coïncidence le seul pays étranger où le groupe Barrière a des hôtels de luxe se trouve être le Maroc avec 2 palaces à Marrakech…. La Direction de l’hôtel précise que Mounir Majidi et Abdellatif Hammouchi sont des clients de l’hôtel et se soucie du bien-être des tortionnaires en visite à Paris. « De toutes façons, l’un comme l’autre ne peuvent plus voyager en dehors du Maroc », a répondu Zakaria Moumni.
Sur les allégations farfelues selon lesquelles Zakaria Moumni occupe le poste d’adjoint au chef de la Sécurité du palace parisien Georges V que le Prince Hicham lui aurait « décroché », toujours selon le journal JeuneAfrique, précisons que Zakaria Moumni ne travaille pas au Georges V et n’y a jamais travaillé.
Le message de Zakaria Moumni au roi du Maroc est clair :  » Vous êtes entouré par des bonimenteurs et des incompétents, comme votre ministre Mohand Laenser qui a prétendu d’abord ne pas me connaitre et reconnaître une semaine après qu’il a eu des échanges avec moi et qu’il m’a même invité pour une audience avec vous.
Moi, je suis un citoyen honnête et je l’ai prouvé, j’ai représenté le Maroc mieux que votre entourage, je suis devenu numéro 1 mondial et j’ai levé le drapeau marocain fièrement. Mais mon pays, c’est-à-dire les institutions marocaines sous votre ordre et votre entourage m’ont trahi.
Si vous voulez mettre fin à ces propos absurdes et incohérents, dignes d’une comédie ratée, j’ai tous les enregistrements de mes échanges à tous les niveaux, du petit émissaire en passant par le ministre jusqu’à votre Directeur du Protocole Royal. Moi je me bats pour moi et ma réhabilitation. Personne ne me pousse à faire quoi que ce soit et personne ne dicte mes actions. Il faut arrêter de jouer sur mes intentions car cela vous discrédite encore davantage. J’ai lu dans la presse mahzenienne tour à tour que les services secrets algériens étaient à l’origine de mes actions, puis les services secrets français et maintenant le Prince Hicham.
Quand on dit la vérité et qu’on détient toutes les preuves, on ne se cache ni d’un juge ni d’un arbitre. Je pense que vous savez parfaitement et mieux que tout le monde la vérité puisque vous avez vous-même mandaté votre Ministre de l’Intérieur Mohand Laenser et votre Directeur du Protocole Royal, M. Abdeljawad Bellhaj, pour réparer l’injustice dont j’étais victime.

Dites leur donc de cesser ce jeu médiocre.
Et je le dis haut et fort, j’ai porté plainte contre ces tortionnaires, votre secrétaire particulier, Mounir Majidi, et votre Directeur de la DGST, Abdellatif Hammouchi, parce que personne n’était capable de me rendre justice au Maroc. J’ai porté plainte en France, en Europe, aux Etats Unis, et s’il y a une autre planète que la Terre où ils peuvent aller, j’y porterai plainte aussi. Vous savez parfaitement que malgré ce que vous m’avez fait, vous ne m’avez jamais brisé et je ne baisserai JAMAIS les bras jusqu’à ce que Justice me soit rendue ».
Zakaria Moumni
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samedi 30 novembre 2013

Le retour de Zakaria Moumni

Par Badr Soundouss, 21/11/2013

Zakaria Moumni lors d'un combat (Photo DR)
Zakaria Moumni lors d’un combat (Photo DR)

Le jeune champion du monde de boxe Thaï, Zakaria Moumni, ne lâche rien. Le jeune sportif qui avait été enlevé à sa descente d’avion le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat, conduit les yeux bandés à l’ancienne prison secrète de la DST à Témara, et torturé pendant plusieurs jours par les boys d’Abdellatif Hammouchi, revient sur le devant de la scène.A l’occasion de la visite du roi Mohamed VI aux Etats-Unis, Moumni organise samedi prochain, avec le soutien de plusieurs associations de droits de l’homme en France une manifestation en face de l’ambassade du Maroc à Paris.
 Il vient également d’envoyer une lettre au président américain Barack Obama dans laquelle il lui rappelle les tortures qu’il a subies à Témara et les raisons qui l’ont amenées à ce haut lieu de la torture qui ne dépend d’aucune structure gouvernementale, étant lié directement avec le Palais royal. Zakaria Moumni a été kidnappé et passé à la gégène de « Sidi » pour avoir dérangé la quiétude du roi en son château picard, dans le nord de la France. Pour avoir exigé devant l’entrée du château de Betz (département de l’Oise), comme tout citoyen vivant dans un Etat de droit comme le Maroc (ne riez pas !), un droit auquel il pensait avoir droit (tout champion international marocain peut prétendre à un poste de conseiller au ministère des sports selon une circulaire de « Sidna » Senior), il a été puni. Touche pas le repos de « Sidna » junior !
Après un procès expéditif pour une affaire imaginaire (les plaignants ne sont jamais présentés devant la cour !), il avait été condamné à 3 ans d’emprisonnement pour « escroquerie ». Finalement, sous la pression de la FIDH, de Human Rights Watch, d’Amnesty International, ainsi que d’un grand nombre d’organisations de défense des droits de l’Homme, regroupées dans un comité de soutien à Paris, Zakaria Moumni a vu, comme par miracle, sa condamnation passer de deux ans et six mois à 20 mois… avant d’être gracié par celui qui était à l’origine de ses malheurs. A sa sortie de taule, il avait passé 18 mois de détention.

Depuis, il n’a cessé de réclamer sa réhabilitation et de demander à ce que les responsables de son enlèvement, des tortures qu’il a subies et de sa détention illégale soient traduits devant la justice. Il vise concrètement le directeur du cabinet royal et homme à tout faire du roi, Mohamed Mounir Majidi, ainsi que le patron de la DST, Abdellatif Hammouchi.
Selon ce qu’a pu savoir Demain, après un an et demi d’échanges avec le ministre de l’intérieur, mandaté par le roi, on aurait fait comprendre à Zakaria Moumni que « les responsables des actes de torture qu’il a subis ne peuvent être traduits en justice car ils sont intouchables et que ce service (en parlant de la DST) ne dépend pas du gouvernement, il est sous les ordres du roi ! ». Selon la même source, un responsable marocain lui aurait lancé à la figure :« Tu veux quoi ? tu veux qu’on juge le roi ? «  

Ce qui confirme ce que raconte Moumni depuis sa sortie de prison. Alors que les agents de Hammouchi le torturaient, l’un d’eux avait été franc avec lui (si on peut dire!), et lui avait dit : 

« Ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi. Ici, on va te découper, faire de toi de la viande hachée et tu sortiras dans des boîtes de conserve.(…) Tu as beau remuer ciel et terre, tu ne sortiras pas d’ici vivant et comme ça, ça t’apprendra à aller manifester devant chez le roi ».

Pourtant, on nous affirmé récemment qu’au Maroc on respectait les droits de l’homme, au sud comme au nord.
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vendredi 17 mai 2013

Majidi poursuit Benchemsi pour diffamation à Paris


lundi 18 mars 2013

Qui contrôle les finances des Habous ?

Actualité marocaine

 

Qui contrôle les finances des Habous ?

        Traduction de l'Arabe : Salaheddine Elayoubi

 Se pourrait-il que les Habous, qui gèrent les legs et donations religieuses, soient réduits à une affaire exclusivement spirituelle, régie par des textes juridiques et par la jurisprudence ou seraient-ils plutôt, affaire de gestion administrative, d'investissements immobiliers, d'appels d'offres, d'adjudications, de marchés et de budget et in fine de transparence, de bonne gouvernance et de mécanismes de contrôle ?
Quelle justification apporter au fait qu'au vingt et unième siècle, persiste cette anachronie qui voudrait que soit confiée au ministère des affaires islamiques, cet intendant des lieux de cultes, ce superviseur du calendrier lunaire, ce grand ordonnateur des compétitions de récitation du Coran et de la campagne de pèlerinage des lieux saints, la mission délicate de veiller, de surcroît, sur le patrimoine des Habous et de le faire fructifier ?
Ahmed Benseddik
Le débat n'en finit plus d'agiter la société civile et la presse, particulièrement depuis la vente en 2005 à vil prix d'une parcelle de terrain Habous de 40.376 m², en zone touristique de Taroudant, à Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi. Un terrain payé par l'intéressé cinquante (50) dirhams le mètre carré et qui en valait, en réalité, quatorze à vingt fois plus, puisqu'il se négociait entre sept cents (700) et mille (1000) dirhams. L'opacité dans la gestion de ces biens n'est donc plus à démonter. Pour fixer un peu les idées sur la taille du patrimoine en question, rappelons seulement que le ministre des Habous avait, lors d'une interview avec le quotidien Le Matin en date du 30 juin 2010, évoqué 200.000 hectares de terrain et 46.000 locaux commerciaux. Sans parler des immeubles et autres éléments fonciers.
1.Pour un pays qui se targue d'avoir une Cour des comptes et une inspection générale des finances, on peut légitimement s'interroger sur les raisons qui empêchent ces deux organismes de se pencher sur la gestion de ce patrimoine.
2.Le 23 Février, 2010, par Dahir n° 1.09.236, publié sur le Bulletin Officiel n° 5847 du 14 Juin 2010, était instauré le code des Habous dont l'article 157 instituait la création du «Conseil supérieur pour le contrôle financier des Habous ». Sauf que le code ne spécifie pas explicitement le retrait de la prérogative de ce contrôle à la Cour des comptes. Pourquoi donc laisser persister une telle dichotomie et quel en est le but ?
3.L'Article 41 de la nouvelle constitution, qui traite de la Commanderie des croyants évoque le « Conseil supérieur des Oulémas » comme seule instance habilitée à prononcer des consultations religieuses (fatwas). Dès lors qu'aucune allusion ni référence n'y est faite au « Conseil supérieur pour le contrôle financier des Habous », on pourrait peut-être en déduire légitimement que ce dernier n'a aucune vocation spirituelle ou religieuse.
4.Le Titre X de la nouvelle constitution est consacré à la Cour des comptes. Les articles 147 jusqu'à 150 définissent les prérogatives de celle-ci. On peut notamment lire dès les premières lignes que « La Cour des Comptes est l'institution supérieure de contrôle des finances publiques du Royaume. Son indépendance est garantie par la Constitution. ». Le fait qu'il ne soit fait mention d'aucun autre organisme n'est pas anodin. « La Cour des Comptes a pour mission la consolidation et la protection des principes et valeurs de bonne gouvernance, de transparence et de reddition des comptes de l'Etat et des organismes publics. ». Pas un mot sur une éventuelle exception pour l'administration des Habous. La constitution oblige la Cour des comptes à publier « l'ensemble de ses travaux y compris les rapports particuliers et les décisions juridictionnelles ».
5.Dans son Titre XII, consacrée à la bonne gouvernance, la constitution dit que « Les services publics sont organisés sur la base de l'égal accès des citoyennes et citoyens, de la couverture équitable du territoire national et de la continuité des prestations rendues. Ils sont soumis aux normes de qualité, de transparence, de reddition des comptes et de responsabilité, et sont régis par les principes et valeurs démocratiques consacrés par la Constitution ». Suit alors la liste des institutions concernées par la bonne gouvernance:
- le Conseil national des droits de l'Homme,
- le Médiateur,
- le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger,
- l'Autorité chargée de la parité et de la lutte contre toutes formes de discrimination,
- la Haute autorité de la communication audiovisuelle,
- le Conseil de la concurrence,
- l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de lutte contre la corruption,
- le Conseil Supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique,
- le Conseil consultatif de la famille et de l'enfance,
- le Conseil de la jeunesse et de l'action associative.
Une fois de plus le contrôle des biens Habous passe à la trappe. Se pourrait-il que l'administration en question ait été soustraite, par la grâce de la nouvelle constitution, au Service public ? Si oui, pour quelles raisons ?
6. Retour au code des Habous, où l'on peut lire en préambule : « L'objectif est de rassembler les éléments dispersés de la jurisprudence en la matière, résoudre les incohérences en opérant des arbitrages nécessaires et remettre de l'ordre dans les dispositions juridiques aussi bien sur la forme que sur le fond. Cet effort permettra de garantir la conformité au droit islamique tout en veillant à la modernisation nécessaire. Grâce à ce code, le domaine des Habous sera doté des instruments juridiques modernes qui garantissent la protection nécessaire, les systèmes efficaces de gestion pour une bonne exploitation qui cherche le meilleur profit. Les modes et choix d'investissement permettront au Habous de contribuer aux projets de développement économique et social ... » » Bien que les prérogatives dévolues au Conseil comprennent la proposition de toute mesure qui améliore la gestion financière des Habous selon les principes, de la transparence et de la bonne gouvernance, et bien qu'il lui soit imparti le rôle d'un audit annuel, dont le rapport est remis au roi et au ministre concerné, rien dans le texte n'oblige le conseil à diffuser ses conclusions, mettant sérieusement en doute la volonté de transparence.
7 L'article 158 du fameux Code, spécifie la composition des membres du Conseil. Il prévoit un Président, un Secrétaire Général, un représentant du Conseil Supérieur des Oulémas, une personnalité parmi les docteurs de la loi islamique choisie pour sa connaissance approfondie des affaires des Habous, un juge ayant grade de président de chambre à la Cour des comptes, un conseiller juridique expert des Habous, un expert comptable inscrit à l'ordre des experts comptables ainsi que trois personnalités reconnues pour leur compétence en matière de gestion administrative et financière. Autant de personnalités nommées par Dahir, à l'exclusion de tout autre instrument et sans que soit spécifiée ni la durée de leur mission, ni les modalités d'ouverture sur les composantes de la société civile concernées par la bonne gouvernance et la protection des deniers publics. Avec tous ces pouvoirs, autant le dire, le Palais garde une mainmise totale sur le Conseil.
Beaucoup plus surprenant, un des membres du Conseil Supérieur de contrôle financier des Habous se trouve juge et partie puisqu'il est également président de chambre à la Cour des comptes, la quelle chambre est chargée, entre autres, du contrôleur financier du Ministère des Habous... Le Maroc aurait-il également besoin d'un conseil supérieur de la crédibilité et de la lutte contre les entourloupettes ?
8. Quel est le bilan de ce Conseil depuis sa création en 2010 ?
Dans son édition numérique du 11 mai 2012, le quotidien « Attajdid » nous informait que le Docteur Ahmed Ramzi, Président du Conseil Supérieur de contrôle financier des Habous et son équipe avaient intégré, en 2011, les locaux qui leur étaient réservés. Dans la même livraison, il était fait état de l'organisation d'une journée de sensibilisation afin de faire connaître le Conseil et ses compétences aux cadres du ministère. Au cours de cette même période que l'on pourrait qualifier de préliminaire, le Conseil a tenu un certain nombre de réunions dans le but d'examiner les décisions et textes qu'il aurait préparé ou qui lui auraient été soumis pour avis. Ils concernent l'organisation financière et comptable, le modèle du budget annuel des Habous, le code des marchés des Habous. Le Conseil a également été saisi d'un projet de décret du ministre des Habous et des affaires islamiques, concernant l'émission d'obligations des Habous ainsi que les modalités de collecte des fonds en vue de la réalisation de projets à caractère religieux, scientifique ou social.
Le même journal, dans son édition numérique du 19 décembre 2012, poursuit : « Le ministère des Habous et des Affaires islamiques annonce que le Conseil a commencé cette année a exercer les prérogatives qui lui ont été assignées en vertu du Code des Habous, en tant d'organisme indépendant de contrôle, d'orientation et du renforcement du contrôle interne. En réalité, le Conseil n'a pu entamer son travail de contrôle, occupé qu'il est à mettre en place les textes organiques, alors que certains n'hésitent pas à parler de manœuvres d'obstruction menées par ceux à qui le statut quo profite. Dans un souci de perfectionnement certains membres du Conseil ont bénéficié d'un stage de formation organisé par l'institut international des legs islamiques de Malaisie. »
Au même moment, la MAP faisait état, le 20 décembre 2012, du décès du président du Conseil, le Docteur Ramzi.
Qui sera son successeur ? Sera-t-il nommé par le roi en contradiction totale avec la nouvelle constitution qui n'a pas intégré cette nomination parmi celles qui incombent au chef de l'Etat ?
Autant de questionnements qui, nous l'espérons, pousseront les spécialistes à nous éclairer de leurs lumières.

mercredi 4 janvier 2012

Un boxeur déplaît au secrétaire du roi du Maroc, il finit en prison

Par Ramses Kefi, Journaliste,Rue 89, 4/1/2012


Zakaria Moumni (DR)
Zakaria Moumni, 31 ans, est incarcéré au Maroc depuis septembre 2010. Officiellement, l'ancien champion du monde de light-contact (discipline dérivée du kickboxing) est accusé d'escroquerie par la justice marocaine.

Officieusement, son insistance pour décrocher un poste de conseiller sportif, qu'un décret royal accorde pourtant de fait à tous les médaillés d'or, a déplu aux autorités. Taline, son épouse française, explique :

« C'est une histoire de vengeance. Son entêtement à faire valoir ses droits a déplu au secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi. Alors, il l'a puni. »

« Aucune indépendance de la justice marocaine »

Le 27 septembre 2010, Zakaria Moumni, qui vit en France depuis 2006, est arrêté à l'aéroport de Rabat. Il est emmené à Temara, à quelques kilomètres, où il est torturé pendant quatre jours dans un centre d'interrogatoire. Épuisé par les sévices - électrocutions, passages à tabac, privation de sommeil - il signe des aveux.

Il est jugé dans la foulée, sans avocat, pour avoir, selon le tribunal, extorqué de l'argent (environ 2800 euros en tout) à deux Marocains, contre la promesse de les faire venir en France.

A la suite du procès, il écope de trois ans de prison, qu'un nouveau jugement le 22 décembre dernier a ramenés à vingt mois. Patrick Baudouin, avocat et président d'honneur de la FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme), évoque des « procès-alibis » :

»Les victimes, qui n'étaient pas là au premier procès, ont dit tout et n'importe quoi. Le verdict ne repose sur rien. La justice marocaine n'est pas indépendante et agit sur ordre des autorités. »

« Dangereux de tenir tête à Mounir Majidi »

Depuis 1999 et son sacre en light-contact, Zakaria Moumni réclame un poste au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports. D'abord via sa fédération, qui fait traîner son dossier et n'a pas donné suite.

Puis via les médias, où il dénonce régulièrement depuis 2006 la corruption au sein du sport marocain, orchestrée selon lui par des personnalités proches de Mohamed VI, dont son secrétaire particulier, Mounir Majidi.
Zakaria Moumni parle de son parcours :

L'histoire prend de l'ampleur. Mounir Majidi accepte de le recevoir. Ce qui devait être une conciliation se termine en opposition. Taline Moumni raconte :

« Mounir Majidi a reçu la consigne du roi d'appliquer le décret. Dans son bureau, il le confirme à mon mari. Mais il demande quand même à Zakaria s'il continuerait de parler aux médias si le poste lui était refusé. Il répond oui.

Ca n'a pas du tout plu à Mr Majidi. C'est un homme puissant, à qui il est dangereux de tenir tête. Tout est parti de là. »

« Ils ont fait de lui un prisonnier politique »

Le boxeur ne voit rien venir mais persiste. En 2009, il essaie de rencontrer Mohamed VI, en vacances en France. Il tombe encore sur Mounir Majidi et ses gardes du corps. L'incident finit de « griller » Zakaria Moumni, que Taline dit marqué par les propos dédaigneux du secrétaire à son encontre :

« Le premier médaillé marocain de l'Histoire a vécu pauvre, il est mort pauvre. »

Zakaria Moumni est aujourd'hui incarcéré à la prison de Salé (nord du Maroc). C'est en juin 2011 que son épouse lui rend visite pour la première fois. Elle y découvre ses cicatrices consécutives à la torture et les conditions déplorables de sa détention, que des rapports d'ONG comme ceux de la FIDH et Human Rights Watch viennent corroborer. Taline raconte :« Une cinquantaine de détenus s'entassaient dans une petite cellule. Sans eau courante, sans électricité ni hygiène. Tout ça au milieu des cafards. Ils ont fait de lui un prisonnier politique, alors que ce n'est qu'un sportif. »

« Très dommageable pour l'image du Maroc »

Son épouse se félicite de la mobilisation autour de Zakaria, « à laquelle le gouvernement marocain ne s'attendait pas », et de ses nombreux soutiens, dont celui du Parlement européen. Pourtant, elle reste terrorisée :
« Quand un article de presse sort ou que j'organise des manifestations, je ne sais pas si ça le sert ou si ça le nuit. Il est entre leurs mains, ils peuvent lui faire ce qu'ils veulent. »

Taline Moumni sur le plateau de TV5 Monde

Zakaria Moumni sortira en mai prochain, sauf si, d'ici là, il est gracié par le roi, dont Taline se demande s'il est vraiment au courant de l'histoire de son mari.

Patrick Baudouin, lui, est convaincu du contraire : Mohamed VI sait. Il lui a d'ailleurs adressé une lettre ouverte, qui pour lui, n'a pas pu passer inaperçue au Maroc :
« Cette histoire est très dommageable pour l'image d'un royaume qui dit s'engager pour le respect des libertés. Des belles paroles, mais aucun acte.»



Zacharia Moumni, portrait d'un boxeur marocain par bakchichinfo