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lundi 13 juin 2016

Abdellatif Hammouchi & torture : Coup de tonnerre à Paris


Selon des informations que je viens de confirmer auprès d'une source digne de foi, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris vient de déclarer dans un arrêt argumenté recevable la plainte pour "torture" du militant associatif sahraoui, Naâma Asfari, contre une série de fonctionnaires marocains dont le patron de la DST (police politique marocaine), Abdellatif Hammouchi.

Cette information signifie que Hammouchi affronte dorénavant deux plaintes pour torture en France. Celle de Zakaria Moumni et celle de Naâma Asfari.

En juin 2015, le site de Majidi, le "360", traitait Joseph Breham, l'un des avocats, avec Ingrid Metton, de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture), qui ont obtenu cette très importante victoire judiciaire, "d'avocat des causes perdues d'avance".

Apparemment non...

samedi 30 avril 2016

Le Maroc de M6, Hassad et Hammouchi selon l'AMDH



346 détenus politiques en 2015.

111 étudiants de l’UNEM (Union nationale des étudiants du Maroc)

85 activistes politiques ayant fait campagne pour le boycott des élections régionales et communales du 4 septembre

63 acteurs associatifs et syndicalistes

41 sahraouis

13 journalistes

10 diplômés chômeurs

8 membres du réseau Belliraj

3 chanteurs de rap.

On comprend mieux maintenant le virage anti-occidental du régime.

dimanche 27 septembre 2015

Titres http://Solidmar.blogspot.com du 20 au 27 septembre 2015

 
  • Le monde est tombé sur la tête, les pires sont honorés :
    - La France brade la Légion d’Honneur en  promettant au tortionnaire en chef du Maroc, Abdellatif Hammouchi, déjà chevalier de la Légion d’Honneur, de le promouvoir au rang d'Officier de cette distinction mal nommée !
  • - L’ONU déshonore le Conseil des Droits de l’Homme en le confiant à l’Arabie Saoudite, le pays qui décapite plus que Daech !
  • ---------------------------------------

samedi 26 septembre 2015

Survie : Hollande au Maroc

Visite de François Hollande au Maroc : la Légion d’honneur pour un responsable soupçonné de complicité de torture ?

17/9/2015 par Survie

Alors qu’un déplacement du président et du ministre des affaires étrangères français au Maroc est prévu les 19 et 20 septembre, l’ACAT, Euromed Droits – REMDH, la FEMED, la FIDH, la LDH et Survie sont vivement préoccupées par la possibilité qu’Abdellatif Hammouchi, le directeur de la DGST marocaine, soit élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur, conformément à une déclaration du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve [1].
La Légion d’honneur distingue des personnalités ayant « rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’homme, liberté de la presse, causes humanitaires…) [2] ».
Il est inacceptable qu’elle soit remise à une personnalité mise en cause pour complicité dans une affaire de torture. M. Hammouchi, qui dirige les services de sécurité marocains, dont le recours à la torture est notoire, documenté [3] et impuni, est mis en cause pour complicité de torture dans trois plaintes déposées en France.
Le 20 février 2014, un juge d’instruction français chargé d’enquêter sur l’une des plaintes déposées par l’ACAT [4] aux côtés de victimes alléguant avoir été torturées au Maroc avait requis l’audition de M. Hammouchi, mis en cause dans deux affaires et alors présent sur le territoire français.
Une troisième plainte pour faits de torture déposée au pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre du Tribunal de grande instance de Paris a de surcroît donné lieu à la délivrance par le Parquet d’une dénonciation officielle aux autorités marocaines à l’encontre de M. Hammouchi.
A la suite de ces procédures, les autorités marocaines ont interrompu toute coopération judiciaire avec la France, adopté des mesures de rétorsion  [5] contre les victimes ayant porté plainte en France, et entamé contre elles des poursuites judiciaires pour diffamation et dénonciation calomnieuse devant la justice marocaine.
Signe de la volonté du gouvernement français de protéger M. Hammouchi, la France et le Maroc ont toutefois rétabli leur coopération judiciaire le 31 janvier 2015 et adopté un amendement à la convention franco-marocaine d’entraide pénale qui prévoit désormais que toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France soit aussitôt transférée au Maroc.
Bien que vivement dénoncé par les organisations de défense des droits humains [6], par les associations de magistrats et d’avocats ainsi que par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, cet accord est entré en vigueur en juillet 2015.
Pour nos organisations, la remise de la Légion d’honneur à M. Hammouchi serait un symbole désastreux et ne servirait qu’à blanchir les autorités marocaines et à encourager l’usage de la torture dans ce pays. Ces dernières semaines, plusieurs militants des droits humains au Maroc ont été convoqués, interrogés ou interdits de territoire. Nous appelons le président François Hollande à affirmer son engagement inconditionnel contre la torture et en faveur des droits humains dans l’ensemble des pays arabes sans distinction, condition sine qua non de la stabilité régionale et internationale.
Communiqué de presse de : ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Euromed Droits – REMDH, FEMED (Fédération Euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées), FIDH (Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Survie
[1] Le 14 février 2015, Bernard Cazeneuve avait déclaré : « La France avait déjà eu l’occasion de distinguer M. Hammouchi en 2011 en lui attribuant le titre de chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. Elle saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant cette fois les insignes d’officier »
[2] http://www.legiondhonneur.fr/fr/pag...
[3] « La Justice marocaine en chantier », rapport de la FIDH, novembre 2014
[4] Récapitulatif des plaintes déposées par l’ACAT : http://www.acatfrance.fr/communique...
[5] Voir le communiqué : 10 ONG inquiètes des mesures d’intimidation exercées contre les victimes de torture et une ONG qui les représente
[6] Pour plus d’informations sur la convention d’entraide judiciaire : http://www.acatfrance.fr/actualite/...

A lire aussi

lundi 21 septembre 2015

Affaire Hammouchi

Par FS, 20/9/2015 
Que dire quand tout semble avoir été dit ? – Que dire quand on n’appartient à aucun des deux protagonistes en présence ?... Qu’oser dire lorsqu’on est ni Français ni Marocain mais simplement un être humain soucieux de justice quelle que soit son appartenance…appartenance équivalant toujours à une aliénation.
Je me permets donc de dire qu’aujourd’hui même la France vient de commettre  une grave atteinte aux principes fondateurs de la démocratie à savoir la séparation des pouvoirs et, en l’occurrence, l’intrusion de l’exécutif, de son président, de son ministre des Affaires étrangères et de celui l’intérieur dans le domaine judiciaire français.
L’attribution programmée du titre d’Officier de la Légion d’honneur à un individu mis directement en cause pour faits de torture et crime de guerre avérés sur base de trois plaintes actées par le Tribunal de grande instance de Paris et soutenu par le témoignage du rapporteur général de l’O.N.U., éclabousse, dévalue et discrédite les instances républicaines.
Aujourd’hui même, en visite à Rabat, le Président de la République française s’est réjoui de l’heureuse résolution des incompréhensions réciproques entre la France et le Maroc, c'est-à-dire de la mise sous le boisseau de l’affaire Abdellatif Hammouchi.
Il y a lieu de se demander quels sont les éminents services rendus à la France par le récipiendaire Hammouchi qui lui confèrent le droit aux palmes de la Légion d’honneur alors que la charte fondamentale de l’Ordre stipule que tout candidat doit avoir un casier judiciaire vierge. Or il se fait que le sieur Hammouchi fait l’objet d’inculpation pour crime de guerre par le Tribunal de grande instance de Paris. Cette accusation étant étayée par le témoignage de Monsieur Juan Mendes, rapporteur général de l’O.N.U.-
Ce soir même, sur la 4e chaine de télévision française, monsieur Hollande se félicitait du rétablissement des relations diplomatiques et judiciaires entre les deux Etats parce qu’il assurera la réalisation de perspectives économiques.
Une fois encore les droits humains sont bafoués au nom d’intérêts financiers.
La République française ne sort pas grandie en rendant les honneurs à un tortionnaire.

                            

jeudi 23 juillet 2015

François Hollande en visite au Maroc en septembre ...pour décorer un tortionnaire


👤 Par Christophe Sidiguitiebe, 22/7/2015

 François Hollande en visite au Maroc en septembre

Mohammed VI reçu par François Hollande à l'Elysée le 9 février 2015. Crédit: AFP

François Hollande est annoncé au Maroc en septembre prochain pour décorer Abdellatif Hammouchi, le patron de la DGST et de la DGSN.
Le président français François Hollande devrait  effectuer une visite officielle au Maroc en septembre prochain selon le site du magazine Jeune Afrique. Selon le site de l’hebdomadaire, le chef de l’Etat français devrait dans le cadre de cette visite « décerner les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, patron de la police et du contre-espionnage marocains».  Une décoration qui permettra de « clore  définitivement » le chapitre de la brouille diplomatique entre les deux pays qui a connu son épilogue le 9 février dernier après la visite de Mohammed VI en France.
La réconciliation entre les deux pays s’est matérialisée récemment par l’approbation du  protocole additionnel aux accords de coopération judiciaire par l’Assemblée nationale et le Sénat français. Côté marocain, le texte a été adopté par la Chambre des représentants..
François Hollande devrait également décerner lors de sa visite une médaille de commandeur à l’artiste peintre marocain Mehdi Qotbi. Cette visite officielle du président français serait la deuxième effectuée au Maroc après celle d’avril 2013.

mardi 2 juin 2015

Torture : un projet de loi pour donner priorite à la justice marocaine

Zakaria Moumni et Naâma Asfari au journal de Soir 3 hier soir
Par Hélène L., 2/5/2015

Lundi 1er juin, France 3 revient sur les plaintes pour torture contre le Maroc qui empoisonnent les relations entre Paris et Rabat depuis maintenant un an et demi.




(FRANCE 3)

173 cas de torture en quatre ans

En avril dernier, Manuel Valls s'est rendu à Rabat et a accepté un nouvel accord. Les tribunaux marocains auraient priorité pour juger les faits commis dans leur pays, même quand la victime est française. Ce projet de loi scandalise les juristes d'Amnesty, notamment car des chercheurs d'Amnesty viennent de documenter 173 cas de torture au Maroc et au Sahara occidental en quatre ans.



mercredi 27 mai 2015

Hammouchi reçu par le roi le 16 mai en présence du ministre de l’intérieur Mohamed Hassad.


Hammouchi reçu par le roi le 16 mai en présence du ministre de l'intérieur Mohamed Hassad.
Hammouchi reçu par le roi le 16 mai en présence du ministre de l’intérieur Mohamed Hassad.

Dans le long reportage publié cette semaine par l’hebdomadaire français L’Obs, « France-Maroc : Notre ami l’espion du roi », sur Abdellatif Hammouchi, le dorénavant patron de toutes les polices du royaume, et la torture au Maroc, un élément troublant vient étayer, s’il est toutefois confirmé, la complicité de l’Etat français avec le régime marocain.

A la fin de ce reportage de cinq pages qui rapporte les déclarations des trois citoyens français d’origine marocaine (Mostafa Naïm, Adil Lamtalsi et Zakaria Moumni) qui accusent la DST (devenue DGST pour tenter de laver la terrible image de police politique qui est la sienne), de les avoir séquestrés et torturés, la conclusion est pour le moins inquiétante.
Conclusion du reportage de L'Obs paru le 21 mai dernier.
Conclusion du reportage de L’Obs paru le 21 mai dernier.
Sauf que Abdellatif Hammouchi a bien accompagné le ministre de l’intérieur Mohamed Hassad en France. L’Obs affirme d’ailleurs au début du reportage que quand les policiers français ont débarqué dans la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Neuilly, le majordome leur a bien déclaré qu’il allait « le chercher » avant de revenir pour informer les policiers qu’il était « reparti au Maroc ».
Extrait de l'article de L'Obs.
Extrait de l’article de L’Obs.
Hammouchi était donc bien présent à Paris ce jour-là.
Et comme il ne bénéficiait d’aucune immunité diplomatique ou autre, il est bien passé par un contrôle policier.
Comment ça se fait alors que ni place Beauvau, le siège du ministère français de l’intérieur, ni les ordinateurs de la police de l’air et des frontières n’aient gardé une trace du passage d’un citoyen marocain non résident ?
Cela veut dire, si on croit L’Obs, que l’Etat français a effacé toute trace du passage de ce dernier en France.
C’est très troublant et inquiétant.
Demain
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mardi 26 mai 2015

Selon L’Obs, le ministère français de l’intérieur aurait effacé toute trace du passage de Hammouchi en France


Hammouchi reçu par le roi le 16 mai en présence du ministre de l'intérieur Mohamed Hassad.
Hammouchi reçu par le roi le 16 mai en présence du ministre de l’intérieur Mohamed Hassad.

Dans le long reportage publié cette semaine par l’hebdomadaire français L’Obs, « France-Maroc : Notre ami l’espion du roi », sur Abdellatif Hammouchi, le dorénavant patron de toutes les polices du royaume, et la torture au Maroc, un élément troublant vient étayer, s’il est toutefois confirmé, la complicité de l’Etat français avec le régime marocain.

A la fin de ce reportage de cinq pages qui rapporte les déclarations des trois citoyens français d’origine marocaine (Mostafa Naïm, Adil Lamtalsi et Zakaria Moumni) qui accusent la DST (devenue DGST pour tenter de laver la terrible image de police politique qui est la sienne), de les avoir séquestrés et torturés, la conclusion est pour le moins inquiétante.
Conclusion du reportage de L'Obs paru le 21 mai dernier.
Conclusion du reportage de L’Obs paru le 21 mai dernier.
Sauf que Abdellatif Hammouchi a bien accompagné le ministre de l’intérieur Mohamed Hassad en France. L’Obs affirme d’ailleurs au début du reportage que quand les policiers français ont débarqué dans la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Neuilly, le majordome leur a bien déclaré qu’il allait « le chercher » avant de revenir pour informer les policiers qu’il était « reparti au Maroc ».
Extrait de l'article de L'Obs.
Extrait de l’article de L’Obs.
Hammouchi était donc bien présent à Paris ce jour-là.
Et comme il ne bénéficiait d’aucune immunité diplomatique ou autre, il est bien passé par un contrôle policier.
Comment ça se fait alors que ni place Beauvau, le siège du ministère français de l’intérieur, ni les ordinateurs de la police de l’air et des frontières n’aient gardé une trace du passage d’un citoyen marocain non résident ?
Cela veut dire, si on croit L’Obs, que l’Etat français a effacé toute trace du passage de ce dernier en France.
C’est très troublant et inquiétant.
Demain
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lundi 9 mars 2015

Petite avalanche d’émissions françaises sur le roi et Abdellatif Hammouchi


Capture d’écran 2015-03-07 à 19.39.47
La presse française se lâche. La télévision et la radio françaises ne se gênent plus pour parler, et pas en bien, du roi Mohamed VI et de son patron de la DST, la police politique marocaine, Abdellatif Hammouchi.
Dans ces émissions les noms de Mohamed VI, son château de Betz, son compte bancaire en Suisse, les tortures à la chaîne de prisonniers menées à Témara, sans oublier l’évocation du cas du directeur du cabinet privé du roi, Mohamed Mounir Majidi, y sont cités.
Canal + a dédié une partie de son émission « Le Supplément » du dimanche 1 mars au Maroc avec un reportage intitulé « Maroc-France : c’est compliqué » (pour voir l’émission cliquer ici)
Puis, samedi 7 mars, une émission de France Inter, « Comme un bruit qui court », est vouée entièrement au roi, son château et encore une fois Hammouchi. (Pour écouter l’émission cliquer ici).
Demain

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Si ça ne marche pas le bon lien (vers la page où il suffit de cliquer sur réécouter) est :
http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-mohammed-vi-notre-voisin-le-roi
ou, pour accéder directement sur l'écoute de l'émission :

mercredi 4 mars 2015

Maroc : l’affligeante complicité de Paris (FIDH)

Par

Le ministre français de l'intérieur Bernard Cazeneuve  rend visite au Maroc, après une année de brouille diplomatique entre les deux pays et la suspension de la coopération judiciaire.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/03/03/534x0/4586547_7_df70_le-ministre-francais-de-l-interieur-bernard_8c2fcf4cc9af22bbd150919602d73e5f.jpg

La France est-elle dans les actes aussi vertueuse que dans les discours lorsqu’il s’agit de lutte contre la torture, de poursuite de crimes contre l’humanité, de défense de la liberté d’expression ? La réponse est hélas négative à l’aune des récentes péripéties des relations franco-marocaines.
A la suite de plusieurs plaintes pour torture déposées en France, le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain, Abdellatif Hammouchi, s’était vu notifier lors d’un passage à Paris, en février 2014, une demande d’audition de la justice française. Pareille audace, incompréhensible pour un État où la magistrature n’a nulle indépendance par rapport au pouvoir politique, a suscité une réaction courroucée de Rabat qui s’est traduite par une suspension des coopérations judiciaire et sécuritaire.
Si la France a cherché à mettre un terme à cette situation préjudiciable, elle aurait pu éviter de le faire au prix d’un deal honteux. C’est ainsi que le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, en visite au Maroc à la mi-février, a solennellement annoncé que M. Hammouchi, celui-là même qui est poursuivi pour torture, allait se voir remettre les insignes d’officier de la Légion d’honneur.
Sans aucun souci d’un minimum de décence, et pas davantage d’une élémentaire prudence, Paris n’a pas craint d’accomplir un geste déshonorant en décernant une décoration, méritant d’être réservée à des personnalités irréprochables, au chef des services de sécurité d’un pays pour lequel le recours à la torture est dénoncé par des organisations de défense des droits de l’homme. En termes de symbole, politique, judiciaire, moral, le message est désastreux.

Prime à l’impunité

Plus grave encore, afin d’éviter à l’avenir tout risque de désagrément pour des responsables marocains soupçonnés de torture, de passage sur le territoire français, il a été prévu en catimini d’amender la convention franco-marocaine d’entraide pénale. Désormais, toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France sera aussitôt transférée à ce pays pour qu’il exerce sa compétence.
Cela signifie par exemple dans le cas de M. Hammouchi, que, même pour une plainte déposée par un citoyen français, la justice française serait dessaisie, avec les suites qu’on imagine, au vu de la protection dont bénéficient les présumés tortionnaires au Maroc.
Autrement dit, c’est une prime donnée à l’impunité. Alors que, selon le droit applicable, la France a l’obligation de poursuivre, arrêter et juger toute personne suspectée d’actes de torture se trouvant sur son territoire, un tel précédent serait d’autant plus dangereux que d’autres pays que le Maroc ne manqueront pas alors de formuler les mêmes exigences. Cet abandon de fait de la notion de justice universelle ne sera rien d’autre qu’un signal de bienvenue pour tous bourreaux et autres tortionnaires.
La France s’est aussi déshonorée en abandonnant à leur sort les deux journalistes français qui ont été interpellés au Maroc puis expulsés à leurs frais. En présence de cette atteinte caractérisée à la liberté de la presse, aucune voie officielle n’a jugé bon de protester ou de s’indigner, là encore pour ne pas heurter la susceptibilité du grand ami marocain. Qui aurait pu penser que le gouvernement opère un tel reniement, peu après avoir rassemblé le monde entier autour de la défense des libertés d’expression ?
Un tel signal de complaisance donné aux censeurs et bourreaux ne peut que discréditer la parole de la France. Ni la logique du business ni les impératifs sécuritaires ne doivent conduire à céder au chantage pour en arriver à trahir les valeurs universelles que la France devrait défendre et promouvoir sans relâche. Il ne suffit pas d’exceller dans l’art des belles envolées lyriques sur les droits et libertés, encore faut-il pour convaincre se montrer exemplaire dans leur mise en œuvre.

 http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/03/maroc-l-affligeante-complicite-de-paris_4586548_3232.html#AJETDkPWl4XExDJO.99

mardi 24 février 2015

Maroc : Les droits de l’Homme bafoués avec la complicité active du Gouvernement français



Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre, 24/2/2015

 
Le conseil d’administration de l’ASDHOM, réuni le 22 février 2015 à Paris,s’est préoccupé de la recrudescence inquiétante des atteintes aux droits humains au Maroc. Au-delà des mouvements que mènent les détenus politiques pour améliorer leurs conditions de détention et les arrestations qui seront traités dans le point régulier de l’ASDHOM, dans le cadre de sa campagne de parrainage, le Conseil d’Administration tient à faire la déclaration suivante :

L’intrusion violente dans les  locaux de l’AMDH à Rabat par une trentaine de policiers en civil, sans mandat, en dit long sur la poursuite de l’acharnement des autorités contre cette composante militante et active de la société civile marocaine. Les policiers ont molesté Rabia Bouzidi, membre de la commission administrative de l’AMDH, qui leur a fait courageusement face en refusant de leur fournir les clefs du local, avant de procéder au saccage des portes. Le but de l’opération était de mettre la main sur deux journalistes français, pris en filature et surveillés depuis leur arrivée au Maroc. Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, journalistes d’investigation de l’Agence Premières Lignes, avaient demandé l’autorisation de filmer pour réaliser un documentaire sur l’économie marocaine pour le compte de la chaîne de télévision France3. N’ayant pas eu de réponse à leur demande, ils ont décidé de se rendre au Maroc pour effectuer des entretiens en privé sur le sujet. Tout leur matériel a été confisqué. Dépossédés même de leurs portables, ils ont été expulsés vers la France. Cette pratique est loin d’être une exception, puisqu’il y a quelques semaines une équipe de France 24 se sont vu confisquer leurs enregistrements d’entretiens avec des humoristes sur la liberté d’expression artistique au Maroc.

L’invasion des locaux de l’AMDH est le prolongement des intimidations faites lors du discours du 15 juillet 2014 du ministre de l’Intérieur devant le Parlement marocain où il a chargé les organisations de défense des droits de l’Homme au Maroc en les traitant d’agents de l’étranger. L’AMDH s’est vue interdire pratiquement toutes ses activités. Les autorités sont allées jusqu’à la menacer de lui retirer son statut d’utilité publique et lui reprochent d’accueillir dans son siège des réunions et conférences d’associations non autorisées comme c’est le cas de « Freedom Now » qui milite pour la liberté de la presse. Les autorités marocaines s’obstinent à ne pas permettre aux journalistes de mener en toute indépendance leurs investigations sur la réalité sociale, économique et politique du Maroc.

C’est justement ce que viennent de dénoncer les organisations de défense de la liberté de la presse telle que celle du Prix Albert Londres. Dans son communiqué du 20 février relatif à l’expulsion manu militari des deux journalistes français, cette association qui récompense les meilleurs reportages journalistiques a décidé d’annuler l’édition qui était prévue au mois de mai à Tanger pour protester contre cette expulsion. Elle trouve que « les conditions –précaires- de la liberté de la presse dans le Royaume sont de notoriété publique » et que « le Prix Albert Londres ne peut pas laisser planer le doute d’une quelconque indulgence pour des pratiques contraires à son éthique, encore moins d’une connivence avec des autorités qui ordonnent ou laissent faire ».

Ces atteintes aux droits humains se multiplient au lendemain de la tenue à Marrakech du Forum Mondial des Droits de l’Homme, où les officines officielles tel que le CNDH se sont mobilisées pour essayer de berner l’opinion internationale et de lui faire croire que le Maroc a tourné la page des années de plomb.

Le gouvernement  français loin de se préoccuper de cette situation, s’est empressé de donner des signes dits d’amitié en décidant de décorer un dignitaire de ce pouvoir répressif en remettant l’insigne d’officier de légion pour Abdellatif Hammouchi.

Abdellatif Hammouchi, n’est autre que le patron de la DGST, le contre-espionnage marocain. C’est contre lui, rappelons-le, que trois plaintes ont été déposées en France. Deux pour « complicité de torture », déposées par l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) au nom du citoyen franco-marocain, cinéaste de son état, Adil Lamtalsi, et de Naâma Asfari, défenseur des droits de l’Homme sahraoui incarcéré à Salé. Et une troisième pour « torture », déposée par le jeune champion du monde de boxe thaïe, Zakaria Moumni. Un épisode de brouille diplomatique conduisant le Maroc à suspendre toute collaboration judiciaire avec la France est survenu au moment où un juge français a essayé, il y a un an, de remettre une convocation à Abdellatif Hammouchi quand il était à Paris.

Le gouvernement français en se déshonorant ainsi, espère retrouver la collaboration policière avec le Maroc, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ravivée par les lâches actes commis contre les journalistes de Charlie Hebdo et les clients de supermarché cacher à Paris en janvier. Est-ce pour ces mêmes raisons d’Etat que les autorités du Maroc et de la France ont évité de dénoncer ou de s’inquiéter des menaces de mort proférées via les réseaux sociaux  à l’encontre de la journaliste marocaine collaboratrice à Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui, et de son compagnon ?

Cette décoration est un affront aux victimes de la torture et à la justice. L’exécutif français commet une grave erreur en se rendant complice de l’État marocain dans sa protection d’un présumé tortionnaire. Tout est fait pour que Abdellatif Hammouchi ne soit pas inquiété par la justice, mais d’un autre côté, l’Etat marocain contre-attaque en déposant plainte contre les victimes Zakaria Moumni, Adil Lamtalsi et son soutien l’ACAT. Des convocations à se présenter devant un juge à Rabat, le 24 février 2015, leur ont été adressées.

Cette affaire est non sans nous rappeler, malheureusement et toute proportion gardée, la tristement célèbre affaire Ben Barka. Cela fait bientôt cinquante ans que cette affaire se perd entre les arcanes de la justice à cause, justement, de ces complicités des États qui ne veulent pas que la justice et la vérité se fassent.

L’ASDHOM rappelle à l’État marocain qu’il vient de signer, au sortir du Forum mondial des droits de l’Homme de Marrakech, le protocole facultatif contre la torture et qu’il a aussi déposé auprès du secrétaire général de l’ONU les instruments pour mettre en place un mécanisme national de protection (MNP). Cet engagement l’oblige à protéger ses citoyens de la torture et non d’encourager l’impunité en protégeant des présumés responsables de torture ou de crimes.
L’ASDHOM rappelle également à l’État français qu’il est soumis au devoir de la séparation des pouvoirs. Il doit protéger les victimes en leur facilitant l’accès à la justice et non entraver cette dernière en accordant des honneurs à des présumés responsables de crime. L’ASDHOM se félicite que des ONG telles que la LDH, la FIDH, le REMDH, le MRAP et l’ACAT, entre autres, se soient indignées de l’octroi de cette légion d’honneur en parlant de « déshonneur ».

Le Conseil d’Administration, fidèle aux engagements incessants de l’ASDHOM depuis sa création en 1984 pour la défense des droits humains universels,appelle tous les adhérents à se mobiliser pour réussir l’assemblée générale
élective  du 14 mars 2015.

Le Conseil d’administration de l’ASDHOM,Paris, le 22 février 2015