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dimanche 2 octobre 2016

EM. Réactions à l’arrestation de deux journalistes sahraouis d’EM

Dernière heure |  Les deux journalistes sahraouis sont libérés après deux jours enlevés dans le sud du Maroc.  
https://t.co/UYIGGez0fx https://t.co/XRxkO7m8py


Apso Lument

EM. Flash : arrestation de deux journalistes EM à Guelmim


Vendredi 30 septembre 2016, à 14h, cela fait 3h que nous sommes sans nouvelles de nos collègues journalistes Said Amidan et Brahim Laajail.
Les  deux journalistes de l’Equipe Média, étudiants à Agadir, voyageaient à bord d’un bus de Supratours (filiale de la compagnie nationale marocaine ONCF ) sur la ligne El Aaiun-Agadir.
Ils partaient pour l’université dont c’est la rentrée scolaire. Said est en 2ème année en droit privé et  Laajail, titulaire d’une licence en sociologie est en  2ème année en droit public.

Il y a 3h, Said a envoyé un sms à Ahmed Ettanji, président de l’Equipe Média, pour l’informer que la police marocain les avaient arrêtés dans le bus , au barrage sud de Guelmim (sud du Maroc) et les conduisait vers la préfecture de police de la ville. Contacté en retour son téléphone a sonné sans réponse.
Les deux activistes sont des techniciens de l’Equipe. Said filme les manifestations et réalise des documentaires, Brahim est monteur des vidéos et réalisateurs du journal vidéo de l’Equipe Média.

Le chef de la DGST (Direction Générale de la surveillance du territoire national) de Guelmim a été officier à El Aaiun, il s'appelle Mouloud Boukricha. Il est probable que c’est lui qui mène les interrogatoires.
La durée légale de la garde à vue des autorités marocaines pour enquête est de 72h, pendant lesquelles les prévenus ne peuvent pas communiquer avec leurs familles, ni être assistés d’un avocat.

Contactée par téléphone, la préfecture de police de Guelmim a nié la présence des deux journalistes dans ses locaux.
Nous ne manquerons pas de publier toutes nouvelles informations.

EM, El Aaiun, Sahara occidental occupé
Le 30 septembre 2016

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Articles parus en septembre

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jeudi 23 juillet 2015

François Hollande en visite au Maroc en septembre ...pour décorer un tortionnaire


👤 Par Christophe Sidiguitiebe, 22/7/2015

 François Hollande en visite au Maroc en septembre

Mohammed VI reçu par François Hollande à l'Elysée le 9 février 2015. Crédit: AFP

François Hollande est annoncé au Maroc en septembre prochain pour décorer Abdellatif Hammouchi, le patron de la DGST et de la DGSN.
Le président français François Hollande devrait  effectuer une visite officielle au Maroc en septembre prochain selon le site du magazine Jeune Afrique. Selon le site de l’hebdomadaire, le chef de l’Etat français devrait dans le cadre de cette visite « décerner les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, patron de la police et du contre-espionnage marocains».  Une décoration qui permettra de « clore  définitivement » le chapitre de la brouille diplomatique entre les deux pays qui a connu son épilogue le 9 février dernier après la visite de Mohammed VI en France.
La réconciliation entre les deux pays s’est matérialisée récemment par l’approbation du  protocole additionnel aux accords de coopération judiciaire par l’Assemblée nationale et le Sénat français. Côté marocain, le texte a été adopté par la Chambre des représentants..
François Hollande devrait également décerner lors de sa visite une médaille de commandeur à l’artiste peintre marocain Mehdi Qotbi. Cette visite officielle du président français serait la deuxième effectuée au Maroc après celle d’avril 2013.

jeudi 16 juillet 2015

Maroc : La DGST écarte la gendarmerie de la surveillance des palais et du siège de la DGED


Mohammed Jaabouk, 14/7/2015
Pol. nationale

La direction générale de la surveillance du territoire élargit ses prérogatives. Elle ajoute la surveillance des locaux de la DGED et des palais à ses attributions. Une mission qui était du ressort de la gendarmerie royale.
La DGST continue de gagner du galon au détriment de son grand rival, la gendarmerie. La création, en mars, du Bureau central des investigations judiciaires (une sorte de FBI marocain) était un élément révélateur du nouveau rapport de force qui est en train de s’opérer au Maroc en faveur des agents de Hammouchi. Une tendance qui se confirme avec ce que rapporte le quotidien Assabah dans son édition d’aujourd’hui.
Mettre un terme à une pratique vieille de 42 ans
Le journal arabophone affirme que la surveillance du siège général de la DGED et de toutes ses sections à travers le royaume est désormais assurée par la DGST et non plus par les hommes de général Hosni Benslimane. De « hautes instructions », explique Assabah, sont à l’origine du changement de taille qui met un terme à une pratique vieille de plus de quatre décennies. C’est en 1973, c'est-à-dire une année après la tentative du coup d’État menée par la général Oufkir contre Hassan II, que la gendarmerie avait été chargée de surveiller l’armée et protéger le roi.
Depuis, ce corps a largement diversifié ses champs d’actions et ses interventions sur terre, en mer et même dans les airs au point de devenir une armée dans l’armée. Il bénéficie de moyens importants et de ressources humaines compétentes qui lui permettent de remplir ses missions. Au lendemain des attentas du 16 mai 2003, les agents de Hosni Benslimane se sont vus confier la mission de traquer les groupes terroristes.
Par ailleurs, la même source ajoute que les gendarmes qui travaillaient pour la sécurité de palais et des résidences royales ont reçu des ordres de ne plus se rendre à leurs anciens lieux de travail. Là aussi, ce sont des éléments de la Direction général de la surveillance du territoire qui ont pris la relève aux côtés de parachutistes et de membres de la Garde royale.
Il y a deux semaines des médias s’interrogeaient sur la disparition des gendarmes du palais de Casablanca. La piste d’une « colère royale » avait été alors avancée.

Copyright Yabiladi.com

samedi 16 mai 2015

Promesse de légion d'honneur en France, promotion au Maroc : Abdellatif Hammouchi devient chef de la police


Hammouchi devient chef de la police
 tout en conservant la DGST 
En attendant une nouvelle Légion d’honneur, Abdellatif Hammouchi se voit confier un autre service de sûreté au Maroc. La police passe désormais dans son giron.

Abdellatif Hammouchi / DR
Une promotion pour Abdellatif Hammouchi. Le conseil des ministres du vendredi 15 mai a approuvé sa nomination à la tête de la Direction générale de la sûreté nationale. Il garde toujours entre ses mains les rênes de la Direction générale de la surveillance du territoire. Après une année 2014 mouvementé, c'est évidemment un succès personnel, une expression de plus de la confiance royale dont bénéficie le natif de Fès.
C’est la deuxième fois sous le règne de Mohammed VI que le patron de la DGST ajoute la DGSN à ses responsabilités. En effet, au lendemain des attentats du 16 mai 2003, le général Hamidou Laânigri avait pris la place de Hafid Benhachem à la tête de la police.

Hammouchi saura-il apporter l’ordre qui manque à la DGSN ?
Une désignation qui intervient à la veille du 59ème anniversaire de la création de la police. Son prédécesseur Bouchaib Rmail n’était plus dans les petits papiers des hauts responsables. Les scandales de corruptions et d’indisciplines dans les rangs des policiers se sont multipliés ces derniers mois.
Son « indulgence » à l’égard de certains cadres régionaux de la DGSN qui auraient trempé dans de sales affaires a certainement précipité sa chute. Et pourtant lorsqu’il avait succédé (le 8 février 2012) à Charki Draiss, l’homme jouissait d'un capital de confiance et d’estime auprès de ses supérieurs hiérarchiques au ministère de l’Intérieur grâce à sa longue expérience, notamment à Casablanca et à la tête de l’académie de formation des policiers à Kenitra.

Hammouchi et les ONG des droits de l’Homme
La nomination de Hammouchi couronne les toutes dernières réalisations accomplies par la DGST à travers son nouveau Bureau central d’investigations judiciaires, créé en mars dernier. Les éléments de la BCIJ ont réussi récemment à arrêter plusieurs trafiquants de drogues. Un champ d’action qui était réservé jusque là à la DGSN.
De toute évidence, l’arrivée à la tête de la police d’un homme qui a longtemps travaillé dans l’ombre n’est pas sans soulever des réticences voire même des craintes de la part d’ONG nationales et internationales, notamment concernant le respect des droits de l’Homme dans les locaux des commissariats. Lors de la cérémonie officielle du lancement du BCIJ, et en présence du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur, Abdellatif Hammouchi avait dans son allocution tenté de rassurer ces associations.

vendredi 20 février 2015

La France sauve « son ami » le roi et anoblit un dangereux tortionnaire !

Diaspora saharaui, 18/2/2015

Sans doute que le dénouement de cette affaire participe de la volonté du royaume de se rapprocher de la France à la veille de l’examen annuel de la question du Sahara Occidental au Conseil de sécurité.


La France vient de sauver de la manière la plus officielle le royaume de « son ami » le roi d’un étouffement diphylétique. Le patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi, convoqué en février 2014 devant un tribunal parisien suite à une plainte pour torture et complicité de torture de l’ONG française l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), sera prochainement décoré de la légion d’honneur !

Cette information renversante a été annoncée samedi par le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, depuis Rabat, où il est en visite. Quel retournement de situation pour un homme clé du Makhzen qui a failli se retrouver en taule à Paris il y a une année jour pour jour…

Celui qui a été accusé de torture et dont la convocation à un tribunal parisien a jeté un froid glacial entre la France et le Maroc, vient ainsi d’être lavé voire « anobli » par l’Élysée.

« Je veux à cet égard tout particulièrement saluer l’action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) » a déclaré à la surprise générale le premier flic de France lors d’un point de presse conjoint avec son homologue marocain, Mohamed Hassad. Il n’a pas tari d’éloge sur le général d’Abdelatif Hammouchi et sa DGST dont il a loué « l’expertise » et « l’efficacité ».

« La France saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant les insignes d’officier », a annoncé Bernard Cazeneuve. A nouveau parce que le chef du contre espionnage marocain a déjà reçu en 2011 le titre de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

Un tortionnaire anobli

Voilà donc un tortionnaire aux yeux des organisations de défense des droits de l’homme qui se voit élevé par la « patrie des droits de l’homme » à ce rang prestigieux.

Le siège de la DGST à Temara est en effet décrit par l’Association marocaine des droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch comme un « lieu de torture et de détentions arbitraires ».

Mais à Paris on ne s’encombre pas de scrupules quand il s’agit de défendre son «ami le roi» qui offre Riads, argent, juteux contrats et plus si affinités aux responsables français à Marrakech et Agadir.

Le diplomate Hasseni n’a pas eu ces égards

Après une année de brouille diplomatique liée précisément à la convocation de ce général suite à une plainte pour torture, Paris répare de manière spectaculaire cet « impair ». Entre temps, le roi M6 a fait un saut à l’Elysée pour sceller la fin des hostilités avec François Hollande.

La coopération judiciaire suspendue entre les deux pays a été rétablie au terme d’une rencontre le 31 janvier dernier entre le ministre marocain de la Justice, Mustapha Ramid, et son homologue française Christiane Taubira.

Sans doute que le dénouement de cette affaire participe de la volonté du royaume de se rapprocher de la France à la veille de l’examen annuel de la question sahraouie au Conseil de sécurité.

Le Makhzen qui craint l’élargissement du mandat de la Minurso compte comme d’habitude sur la France pour opposer son véto. En contrepartie, les entreprises françaises vont certainement se sucrer un peu plus, histoire de « payer » ce geste capital de Paris.

Le diplomate algérien Rachid Hasseni n’a pas eu les mêmes égards, lui qui a été traîné comme un malfrat dans les commissariats de l’Hexagone, au prétexte qu’il était le commanditaire de l’assassinat de Ali Mecili.

Une accusation qui s’est révélée sans fondements et le diplomate algérien n’a obtenu aucune réparation ni matérielle ni morale pour le grave préjudice qu’il a subi.


mardi 21 octobre 2014

Affaire Hammouchi : nomination d’un nouveau juge d’instruction



AbdellatIf Hammouchi, le chef de la DGST. Crédit: DR
  Affaire Hammouchi : nomination d’un nouveau juge d’instruction


AbdellatIf Hammouchi, le chef de la DGST. Crédit: DR


Un nouveau juge a été nommé par la justice française pour prendre en charge l’affaire Hammouchi. Il s’agit de David De Pas, un juge d’instruction spécialisé dans les affaires relatives aux génocides.

L’affaire Hammouchi change de main. C’est désormais le juge d’instruction David De Pas qui est en charge de cette affaire impliquant le chef de la Direction générale de la sûreté du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi. Ce dernier fait l’objet d’une plainte déposée par l’Association chrétienne pour l’abolition de la torture (Acat). Le responsable marocain est accusé de complicité de tortures dans les centres de détention de Temara. Pour rappel, cette convocation avait mené à la détérioration des relations diplomatiques entre la France et le Maroc suite à la convocation du patron de la DGST par les services de police français. Deux mois plus tard, les accords de coopération juridique entre les deux pays ont été suspendus unilatéralement par le Maroc.

David De Pas est un juge d’instruction du pole Crimes contre l’humanité du Tribunal de grande instance de Paris, qui a notamment traité des affaires relatives aux génocides du Rwanda ainsi que les massacres de populations kurdes par des armes chimiques en Irak. Il remplace Sabine Kheris, qui travaillait sur le dossier lors de l’incident diplomatique.

vendredi 28 février 2014

A relire et diffuser ! Centre de détention secret de Témara, lettre ouverte à Abdelilah Benkirane


Portrait de Ali El-Gazi
Par Ali El-Gazi, 13/1/2013
Ali El Gazi, ancien commissaire à la DGST, revient sur l'existence du centre de détention de Témara, un lieu dont la classe politique nie bien volontiers l'existence malgré l'insistance des ONG internationales.


Monsieur,
En tant que citoyen marocain et en ma qualité d’ancien commissaire de police ayant servi dans les rangs de la DGST pendant plus de 19 ans et compte tenu du vent de changement qui a soufflé sur le Maroc,  je me fais un devoir de briser le silence ou plutôt mon silence autour de la question des violations des droits de l’homme au Maroc et du centre de détention secret de Témara, véritable symbole des atteintes aux droits et à la dignité de l’homme.
Les événements qu’a connus le Maroc au cours de l’année 2011 à savoir l’organisation du référendum (1er juillet 2011) et la tenue d’élections législatives (25 novembre 2011) ont suscité en moi beaucoup d’espoirs auxquels j’ai cru naïvement. Mais le silence complice de plus d’un responsable qui entoure cette prison secrète et les sévices qui y ont été perpétrés a brisé tous mes espoirs d’un lendemain qui chante en matière des droits de l’homme.

Les autorités marocaines ont beau nier l’existence de ce tristement célèbre centre, la première fois c’était en 2004, l’année où le procureur général du Roi auprès de la Cour d’appel de Rabat a effectué une visite d’inspection au siège de la DGST et à l’issue de laquelle il a affirmé n’avoir constaté l’existence d’aucun local pouvant servir d’un lieu de détention secret. Après une deuxième visite effectuée sous la pression de la rue le 18 mai 2011, le procureur général du Roi a réaffirmé les mêmes conclusions à savoir que les locaux de ce siège n’abritaient aucun lieu de détention. Cette visite a été suivie par celle du Président et du Secrétaire général du CNDH et de celle des parlementaires, dont Lahcen Daoudi, qui ont tour à tour fait le même constat. Un constat d’autant plus surprenant qu’il émane, entre autres, d’anciens détenus politiques et défenseurs des droits de l’homme qui ont eux‑mêmes subi, au cours des années de plomb, les affres de la détention et de la torture. Le 2 novembre 2011, une délégation marocaine s’est fait l’écho, devant les experts du Comité contre la torture réunis à Genève, des résultats de ces visites et a tenté en vain de nier l’existence de ce centre de détention. Et depuis lors le Maroc n’a eu de cesse d’en nier l’existence chaque fois que l’occasion se présentait.

Par ces dates, j’avoue que je ne vous apporte rien de nouveau puisqu’il s’agit là d’un secret de Polichinelle, sauf qu’en ma qualité d’ancien commissaire de police à la DGST, je déclare en mon âme et conscience que ce centre a bel et bien existé.
Dire que ce centre n’a jamais existé ou qu’il s’agit d’une légende qui n’a que trop duré comme l’a déclaré l’ancien ministre de la Communication et porte‑parole du gouvernement Al Fassi, M. Khalid Naciri dans un entretien à RFI relève de la distorsion de la réalité et de la désinformation. Ce haut lieu de torture a été, par excellence, un lieu de torture et de violation des droits de la personne les plus élémentaires où les détenus ont enduré les traitements et les sévices les plus dégradants.

Pire encore, ce centre a servi de lieu de détention où la DST a pratiqué la torture sur des détenus étrangers pour le compte d’autres pays. Là encore, je ne vous apporte rien de nouveau, M. Mustapha Ramid, pour ne citer que celui‑là, alors député du PJD n’a‑t‑il pas un jour déclaré urbi et orbi que dans ce centre on pratiquait la torture « par procuration » au profit d’autres pays? Ce même député n’a‑t‑il pas annoncé avoir rassemblé de nombreux témoignages de citoyens qui auraient été victimes d’actes de torture dans ce centre de détention? Des actes abominables pratiqués dans ce centre et dans d’autres endroits au Maroc que je dénonce et auxquels j’ai toujours refusé de participer. Mon refus d’y participer n’a pas été sans me valoir de gros ennuis qui m’ont contraint à signer mon départ « in » volontaire en 2005 et à quitter mon pays.

N’est‑il pas donc grand temps, Monsieur le Chef du gouvernement, que M. Mustapha Ramid, aujourd'hui ministre de la Justice et des Libertés ordonne l’organisation d’une visite en bonne et due forme à ce siège en présence d’anciens pensionnaires de ce centre de détention, de leurs avocats et d’experts internationaux pour recueillir tout indice susceptible de révéler l’existence de cette prison? N’est‑il pas urgent qu’il ordonne l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits de la personne et sur la torture pratiquée systématiquement dans ce centre de détention et ailleurs?
Les auteurs de ces violations tiennent toujours les commandes et ils ont même bénéficié de plusieurs promotions. Faut‑il donc attendre des années ou des décennies pour que leur responsabilité soit établie, qu’il soit mis fin à l’impunité dont ils bénéficient, que la justice soit faite et que l’existence de ce centre de détention soit reconnue?
On a beau nier, des années durant, l’existence de Tazmamart, d’Agdz et de Kelaat Magouna pour ne citer que ceux‑là, mais on a fini par reconnaître leur existence. Qu’on le veuille ou non, le centre de détention de Témara subira tôt ou tard, le même sort que ceux‑là, car tout finira, un jour, par se savoir.

Maintenant que le ministère de la Justice est échu à votre parti et que la nouvelle constitution vous accorde des pouvoirs élargis, vous n’avez pas le droit de vous trouver des excuses pour ne pas faire diligenter des enquêtes sur les exactions commises. Vous n’avez pas non plus le droit d’être insensible et sourd aux nombreux témoignages sur la torture, pratiquée dans ce centre, relayés par des associations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.
Sachez, Monsieur le Chef du gouvernement, que nier l’existence de ce centre de sinistre mémoire revient à nier les cruels sévices infligés à ses anciens pensionnaires dont les aveux, qui leur ont été extorqués, ont souvent été utilisés, devant les tribunaux, comme preuves pour leur condamnation. Sachez aussi que nier cette existence est une injustice flagrante à leur égard, puisque, ce faisant, vous leur déniez un droit élémentaire à savoir celui d’être rétablis dans leurs droits et de poursuivre en justice les responsables des violences qu’ils ont subies.
Je ne doute nullement de votre volonté ni de vos bonnes intentions, mais la seule volonté et toutes les bonnes intentions du monde ne suffisent pas. Seule une bonne dose de courage moral et politique, une qualité, je n’en doute pas, dont vous ne manquez pas, vous permettra de veiller à une bonne gouvernance sécuritaire. Et la bonne gouvernance, un principe qui vous est très cher, passe par une gestion transparente du dossier des violations des droits de l’homme.
Certes, vous avez hérité de plusieurs dossiers et leur traitement ne se réalise pas d’un coup de baguette magique, je vous le concède, mais ma plus grande crainte est de vous voir traiter le dossier des droits de l’homme avec votre fameuse formule سلف عما الله اعف (faire table rase du passé) ou de le mettre aux oubliettes.

Enfin, permettez‑moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de saluer, à travers cette lettre ouverte, le courage et la persévérance des jeunes et des moins jeunes du Mouvement du 20 février, toutes tendances confondues, grâce auquel votre parti a gagné les élections, qui ont bravé toutes les interdictions et ont tenté d’organiser le 15 mai un pique‑nique devant le siège de la DST pour dénoncer les violations des droits de l’homme qui y ont été perpétrées. L’histoire retiendra surtout la persévérance et la détermination de ces jeunes qui ne désarment pas en dépit de la répression qui continue à s’abattre sur eux et les procès iniques dont ils sont l’objet. 

Permettez-moi, Monsieur le Chef du gouvernement, de vous exprimer mes vœux de succès les plus sincères et j’espère que vos promesses électorales relatives à la bonne gouvernance ne restent pas de vœux pieux.

vendredi 21 février 2014

Plaintes pour torture: le Maroc "avertit" la France

Par h24info.ma, 22/2/2014 


Le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, est accusé de "complicité de torture" par une ONG française.
Le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, est accusé de "complicité de torture" par une ONG française. ©DR


Un incident diplomatique entre le Maroc et la France a été provoqué par la plainte, cette semaine, d'une ONG française réclamant l'audition du patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, sur des accusations de "complicité de torture".
 L'ambassadeur de France au Maroc a été convoqué vendredi soir au ministère des Affaires étrangères à Rabat. Le Maroc "proteste vigoureusement" contre la plainte d'une ONG française concernant le patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, accusé de complicité de torture. 


Un communiqué des Affaires étrangères publié ce samedi matin indique que la ministre déléguée Mbarka Bouaida vendredi soir au siège du ministère, l'ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, "pour lui signifier la protestation vigoureuse du Royaume du Maroc, à la suite des informations faisant état d'une plainte contre le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST) pour une prétendue complicité de torture au Maroc".


Un avertissement envoyé à la France

Après avoir rejetté "catégoriquement, aussi bien la procédure cavalière et contraire aux usages diplomatiques utilisée et davantage encore les cas judiciaires, sans fondements, évoqués", Mbarka Bouaida a même ajouté que "cet incident grave et inédit dans les relations entre les deux pays est de nature à porter atteinte au climat de confiance et de respect mutuel qui a, toujours, existé entre le Maroc et la France". Ce qui sonne indéniablement comme un avertissement.

L'association Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) avait demandé jeudi aux autorités françaises de profiter de la présence en France du patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, pour l'auditionner dans le cadre de plaintes déposées à Paris concernant notamment des faits présumés de torture au sein du centre de détention marocain de Temara, qui dépendrait de la Direction générale marocaine de la surveillance du territoire (DGST).

M. Hammouchi accompagnait jeudi le ministre marocain de l'Intérieur Mohamed Hassad pour un G4 avec ses homologues français, espagnol et portugais.


Des policiers à la résidence de l'ambassadeur à Paris

L'ambassade du Maroc en France a rapporté dans un communiqué que sept policiers français s'étaient rendus jeudi à la résidence de l'ambassadeur à Paris"pour notifier une convocation émanant d'un juge d'instruction" au directeur général de la surveillance du territoire, en ignorant "le recours au canal diplomatique".
 
L'ambassade a exprimé  "son étonnement face à l'absurdité de cette affaire" et a dénoncé la démarche qui viole "les règles et usages diplomatiques universels" et  "les conventions entre les deux pays" et qui "suscite de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de cette affaire et ses véritables commanditaires".
 
D'après l'ambassade, les cas évoqués par l'ONG et qui motivent sa demande d'audition "concernent des affaires dans lesquelles la DGST, conformément à ses attributions, n'a été nullement et de quelque manière que ce soit concernée".
 

Accusations de torture à Temara et Laayoune

L'une des plaintes, déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, avait donné lieu à l'ouverture fin 2013 d'une information judiciaire à Paris, selon une source proche du dossier. Adil Lamtalsi affirme avoir été arrêté en octobre 2008 près de Tanger (nord), puis torturé pendant trois jours à Temara, près de Rabat, avant qu'on ne l'oblige -selon lui- à signer des aveux.


Il a nié devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés mais a été condamné en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine. M. Hammouchi est visé dans cette plainte pour complicité de torture.

La deuxième plainte est plus récente puisqu'elle a été déposée cette semaine (le 20 février) par l'avocat d'un militant indépendantiste sahraoui, Naâma Asfari. Un des condamnés du procès Gdim Izik (30 ans de prison), Naâma Asfari, a porté plainte en France et à l'ONU contre le Maroc: il aurait été frappé et affamé dans les prisons de Laâyoune.
A.C. avec agences
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Point de vue de la MAP : 

Charles Fries (Photo MAP)
Charles Fries (Photo MAP)

La ministre déléguée aux Affaires étrangères et à la Coopération (MAEC), Mbarka Bouaida, a convoqué hier soir l’ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, pour lui signifier la colère du régime pour les plaintes pour « complicité de torture au Maroc » déposées contre Abdellatif Hammouchi, le patron de la DST, la police politique marocaine. 

Selon une dépêche de la MAP, l’agence de presse officielle, Mme Bouaida a convoqué l’ambassadeur Fries « pour lui signifier la protestation vigoureuse du Royaume du Maroc, à la suite des informations faisant état d’une plainte contre le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST) pour une prétendue complicité de torture au Maroc« .
Toujours selon la MAP, un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération indique que Mme Bouaida a, en outre, précisé que « le Maroc rejette, catégoriquement, aussi bien la procédure cavalière et contraire aux usages diplomatiques utilisée et davantage encore les cas judiciaires, sans fondements, évoqués ».
La ministre déléguée a affirmé que « cet incident grave et inédit dans les relations entre les deux pays est de nature à porter atteinte au climat de confiance et de respect mutuel qui a, toujours, existé entre le Maroc et la France ».
Le royaume du Maroc, ajoute le communiqué, « exige, avec insistance, que des explications urgentes et précises soient données à cette démarche inadmissible et que les responsabilités soient identifiées ».
Bien sûr ! Que la France arrête les victimes et qu’elle les renvoie au Maroc pour qu’elles soient soumises à la question. C’est-à-dire qu’elles passent à la gégène pour donner des « explications urgentes et précises soient données à cette démarche inadmissible et que les responsabilités soient identifiées ». 
Quelques heures après la convocation de l’ambassadeur français, l’ambassade du Maroc à Paris, dont le second est impliqué dans une affaire policière en France, commettait un communiqué dans lequel elle exprimait son étonnement face à « l’absurdité » de cette affaire.
Dans ce communiqué, qui avait tout l’air d’avoir été rédigé au ministère marocain de l’intérieur, l’ambassade s’en prend d’une manière extraordinairement véhémente aux victimes.

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