Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est honte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est honte. Afficher tous les articles

mercredi 14 octobre 2015

Une centaine de personnes ont participé à l'action de ce jour pour Ali Aarrass


Photo de couverture


    Une centaine de personnes ont participé à l'action de ce jour pour Ali Aarrass

Je remercie infiniment toutes celles et ceux qui étaient là avec nous à ce rendez vous devant le ministère des AE, malgré le temps pluvieux et froid d'aujourd'hui. Merci beaucoup de nous avoir témoigné votre solidarité et votre plus qu'appréciable soutien à la cause d'Ali qui se trouve à l'heure actuelle en grand danger. 
 
Je remercie tous ceux et celles qui voulaient être là mais qui n'ont pas pu pour les raisons qui sont les leurs et que je ne me permettrai jamais de discuter.
Le combat pour sortir cet homme innocent de cet horrible cauchemar est loin d'être gagné.
Il nous incombe de nous unir, tous et autant que nous sommes à vouloir que justice soit faite à Ali Aarrass. Tous autant que nous sommes à avoir compris qu'il s'agit d'une terrible situation dont le dénouement dépendra surtout de notre intervention et implication à tous.
Nous ne baisserons pas les bras, et continuerons à réclamer, à exiger que justice soit rendue à Ali.
Nous sommes tous belges et égaux devant la loi, et devons donc pouvoir jouir des mêmes droits.
Les prétextes utilisés par les autorités belges pour justifier leur non intervention, nous prouvent une fois de plus qu'il s'agit d'une raison bien plus grave que celle qu'on croit.
Car les autorités belges en se ventant d'avoir d'excellentes relations avec le Maroc et qu'ils ne voudraient en aucun cas les froisser en allant rendre visite à Ali Aarrass, ont été (et ça on le savait déjà) jusqu'à introduire un pourvoi en cassation ici en Belgique, ce qu'il s'est empressé d'annoncer à son homologue marocain... Oui, il s'agit de ne pas entacher leur relation qui se veut si bonne.
D'une autre part, la Cassation devrait, si elle est gagnée par l'état belge, empêcher la création d'une jurisprudence, d'un précédent juridique. Ce qui pourrait aider à tous les détenus belgo-marocains qui ont été victimes de torture. C'est du moins ce qui peut découler comme idée dans un premier temps lorsqu'on apprend cette information.
Mais en examinant le tout et si je me fie à mon instinct, il me semble que ce qui embête le plus les autorités belges, et ici en l'occurrence monsieur le ministre des Affaires Étrangères, Didier Reynders, c'est de devoir répondre à l'ordonnance de la juge belge qui est exécutoire malgré le pourvoi en cassation. Ce qui exige qu'une visite hebdomadaire soit rendue à Ali Aarrass... au risque (je me répète) de fâcher ces excellentes relations avec le Maroc.
Et c'est là que je me pose la question suivante qui me turlupine depuis l'entrevue avec le Consul belge à Rabat, depuis l'entretien cet après midi avec le représentant du cabinet :
"Mais qu'aurait donc à perdre le ministre s'il en venait à heurter les autorités marocaines ? "
J'ai une petite idée, mais je me la garde pour l'instant....
Ce qui est sûr et certain par contre et malgré qu'on m'ait confirmé le contraire cet après midi au ministère, c'est qu'ils ne maîtrisent pas du tout le dossier d'Ali Aarrass, car ils ont été incapables de répondre à des questions clés concernant le dossier, et se sont fait piéger à plus d'une reprise.
Merci à vous de continuer à suivre cette affaire et revenons à ce qu'il y a de plus humain que tout le reste, la situation difficile que vit Ali à l'heure actuelle, dont j'ignore s'il a été amené ou pas à l’hôpital pour être pris en charge.
Je ne manquerai pas de vous tenir informés de la suite quant à son état de santé dès que j'aurais des nouvelles, et vous remercie encore et encore de tenir bon à nos côtés.
Farida Aarrass

 ---------------------------------------------------------------------------
 2753 Jours de détention



« Après le rassemblement devant le Ministère … », par Julie Jaroszewski et Farida Aarrass (14 octobre)


Par Julie Jaroszewksi :

« Cette après midi nous étions cent face aux ministères des affaires étrangères, pour tenter de faire entendre nos voix et relayer ainsi celle d’Ali Aarrass.
Il y a l’épuisement dans la lutte, celui qui fait face à tant de racisme institutionnalisé, l’épuisement après avoir gagné deux fois devant le tribunal et arraché une décision de justice imposant à l’état belge d’apporter à Ali Aarrass une assistance consulaire. Celui de voir Reynders parader sur les plateaux de RTL, jurant qu’il fait tout son possible alors qu’au même moment il pourvoit en cassation afin de faire invalider cette décision de justice. Celui de voir le journaliste laisser passer, et continuer son show sensationnaliste plutôt que de mener à bien sa mission d’information. Il lui demande de fermer les yeux et de se souvenir sincèrement de son enfance. Reynders parle de son père. Son visage est lisse et sincère.

Il y a l’abasourdissement face à tant de cynisme.
Et puis au milieu de cette petite foule, consciente des enjeux, il y a les cris spontanés de colère d’une sœur. Sa révolte est belle, et sa gorge ne s’est pas nouée, elle crie, elle crie dignement face à tant de honte à être ainsi dépossédé de droits les plus élémentaires. Elle crie pour cent, elle crie pour mille.
Il y a Houria, la femme d’Ali. Il y a Farida, sa soeur. Il y a Luk. Alors que nous sommes là pour les soutenir, au final ce sont eux qui nous soutiennent dans la lutte. Pour ne pas lâcher. Et au final, alors que nous soutenons Ali, c’est lui qui nous soutient pour continuer et tenir bon, non pas pour lui seulement, mais pour le droit. Pour qu’un citoyen vaille un citoyen, et ce même s’il est un belgo-machin.
Il pleut, il fait froid, et nous pleurons. Parce que nous menons cette lutte depuis 7 ans et demi. Parce qu’elle fût médiatisée, parce que les associations nous ont rejoint, parce que la justice nous a donné raison et que rien ne change. Ali est toujours en prison, innocent, tabassé, malmené. En danger de mort imminente aujourd’hui.
Je vous écris aussi pour vous dire ma honte, celle d’être dans cette petite foule si peu nombreux.
La honte de n’être dans ces 100 qu’une petite dizaine de belges aux yeux bleu.

Il y a aussi une formidable parlementaire, comme il en faudrait cent.
Malgré la peine, le découragement, je vous écris pour peindre cet instant. Parce qu’il y avait sous la pluie et le silence cette après midi en bas des fenêtres de notre ministère des affaires étrangères (confisqué par le pouvoir renégat de quelques hommes cyniques) tant d’humanité.
Demain Ali entame son 52ème jour de grève de la faim. Nous ne savons pas s’il est à l’hôpital ou en prison. Cet homme a décidé d’aller jusqu’au bout, dignement car il est innocent. Il a décidé d’endosser le combat dans toutes les dimensions de ses enjeux.
Je vous écris car j’aimerais vous y retrouver. Aussi parce que je crois, comme on dit au Burkina que « notre nombre est notre force ». Et que nos forces aujourd’hui manquent cruellement de nombre.
La semaine prochaine nous entamerons une grève de la faim en solidarité. Car nous n’avons plus d’autres moyens d’action. »


mercredi 4 mars 2015

Maroc : l’affligeante complicité de Paris (FIDH)

Par

Le ministre français de l'intérieur Bernard Cazeneuve  rend visite au Maroc, après une année de brouille diplomatique entre les deux pays et la suspension de la coopération judiciaire.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/03/03/534x0/4586547_7_df70_le-ministre-francais-de-l-interieur-bernard_8c2fcf4cc9af22bbd150919602d73e5f.jpg

La France est-elle dans les actes aussi vertueuse que dans les discours lorsqu’il s’agit de lutte contre la torture, de poursuite de crimes contre l’humanité, de défense de la liberté d’expression ? La réponse est hélas négative à l’aune des récentes péripéties des relations franco-marocaines.
A la suite de plusieurs plaintes pour torture déposées en France, le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain, Abdellatif Hammouchi, s’était vu notifier lors d’un passage à Paris, en février 2014, une demande d’audition de la justice française. Pareille audace, incompréhensible pour un État où la magistrature n’a nulle indépendance par rapport au pouvoir politique, a suscité une réaction courroucée de Rabat qui s’est traduite par une suspension des coopérations judiciaire et sécuritaire.
Si la France a cherché à mettre un terme à cette situation préjudiciable, elle aurait pu éviter de le faire au prix d’un deal honteux. C’est ainsi que le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, en visite au Maroc à la mi-février, a solennellement annoncé que M. Hammouchi, celui-là même qui est poursuivi pour torture, allait se voir remettre les insignes d’officier de la Légion d’honneur.
Sans aucun souci d’un minimum de décence, et pas davantage d’une élémentaire prudence, Paris n’a pas craint d’accomplir un geste déshonorant en décernant une décoration, méritant d’être réservée à des personnalités irréprochables, au chef des services de sécurité d’un pays pour lequel le recours à la torture est dénoncé par des organisations de défense des droits de l’homme. En termes de symbole, politique, judiciaire, moral, le message est désastreux.

Prime à l’impunité

Plus grave encore, afin d’éviter à l’avenir tout risque de désagrément pour des responsables marocains soupçonnés de torture, de passage sur le territoire français, il a été prévu en catimini d’amender la convention franco-marocaine d’entraide pénale. Désormais, toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France sera aussitôt transférée à ce pays pour qu’il exerce sa compétence.
Cela signifie par exemple dans le cas de M. Hammouchi, que, même pour une plainte déposée par un citoyen français, la justice française serait dessaisie, avec les suites qu’on imagine, au vu de la protection dont bénéficient les présumés tortionnaires au Maroc.
Autrement dit, c’est une prime donnée à l’impunité. Alors que, selon le droit applicable, la France a l’obligation de poursuivre, arrêter et juger toute personne suspectée d’actes de torture se trouvant sur son territoire, un tel précédent serait d’autant plus dangereux que d’autres pays que le Maroc ne manqueront pas alors de formuler les mêmes exigences. Cet abandon de fait de la notion de justice universelle ne sera rien d’autre qu’un signal de bienvenue pour tous bourreaux et autres tortionnaires.
La France s’est aussi déshonorée en abandonnant à leur sort les deux journalistes français qui ont été interpellés au Maroc puis expulsés à leurs frais. En présence de cette atteinte caractérisée à la liberté de la presse, aucune voie officielle n’a jugé bon de protester ou de s’indigner, là encore pour ne pas heurter la susceptibilité du grand ami marocain. Qui aurait pu penser que le gouvernement opère un tel reniement, peu après avoir rassemblé le monde entier autour de la défense des libertés d’expression ?
Un tel signal de complaisance donné aux censeurs et bourreaux ne peut que discréditer la parole de la France. Ni la logique du business ni les impératifs sécuritaires ne doivent conduire à céder au chantage pour en arriver à trahir les valeurs universelles que la France devrait défendre et promouvoir sans relâche. Il ne suffit pas d’exceller dans l’art des belles envolées lyriques sur les droits et libertés, encore faut-il pour convaincre se montrer exemplaire dans leur mise en œuvre.

 http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/03/maroc-l-affligeante-complicite-de-paris_4586548_3232.html#AJETDkPWl4XExDJO.99

vendredi 20 février 2015

La France sauve « son ami » le roi et anoblit un dangereux tortionnaire !

Diaspora saharaui, 18/2/2015

Sans doute que le dénouement de cette affaire participe de la volonté du royaume de se rapprocher de la France à la veille de l’examen annuel de la question du Sahara Occidental au Conseil de sécurité.


La France vient de sauver de la manière la plus officielle le royaume de « son ami » le roi d’un étouffement diphylétique. Le patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi, convoqué en février 2014 devant un tribunal parisien suite à une plainte pour torture et complicité de torture de l’ONG française l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), sera prochainement décoré de la légion d’honneur !

Cette information renversante a été annoncée samedi par le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, depuis Rabat, où il est en visite. Quel retournement de situation pour un homme clé du Makhzen qui a failli se retrouver en taule à Paris il y a une année jour pour jour…

Celui qui a été accusé de torture et dont la convocation à un tribunal parisien a jeté un froid glacial entre la France et le Maroc, vient ainsi d’être lavé voire « anobli » par l’Élysée.

« Je veux à cet égard tout particulièrement saluer l’action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) » a déclaré à la surprise générale le premier flic de France lors d’un point de presse conjoint avec son homologue marocain, Mohamed Hassad. Il n’a pas tari d’éloge sur le général d’Abdelatif Hammouchi et sa DGST dont il a loué « l’expertise » et « l’efficacité ».

« La France saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant les insignes d’officier », a annoncé Bernard Cazeneuve. A nouveau parce que le chef du contre espionnage marocain a déjà reçu en 2011 le titre de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

Un tortionnaire anobli

Voilà donc un tortionnaire aux yeux des organisations de défense des droits de l’homme qui se voit élevé par la « patrie des droits de l’homme » à ce rang prestigieux.

Le siège de la DGST à Temara est en effet décrit par l’Association marocaine des droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch comme un « lieu de torture et de détentions arbitraires ».

Mais à Paris on ne s’encombre pas de scrupules quand il s’agit de défendre son «ami le roi» qui offre Riads, argent, juteux contrats et plus si affinités aux responsables français à Marrakech et Agadir.

Le diplomate Hasseni n’a pas eu ces égards

Après une année de brouille diplomatique liée précisément à la convocation de ce général suite à une plainte pour torture, Paris répare de manière spectaculaire cet « impair ». Entre temps, le roi M6 a fait un saut à l’Elysée pour sceller la fin des hostilités avec François Hollande.

La coopération judiciaire suspendue entre les deux pays a été rétablie au terme d’une rencontre le 31 janvier dernier entre le ministre marocain de la Justice, Mustapha Ramid, et son homologue française Christiane Taubira.

Sans doute que le dénouement de cette affaire participe de la volonté du royaume de se rapprocher de la France à la veille de l’examen annuel de la question sahraouie au Conseil de sécurité.

Le Makhzen qui craint l’élargissement du mandat de la Minurso compte comme d’habitude sur la France pour opposer son véto. En contrepartie, les entreprises françaises vont certainement se sucrer un peu plus, histoire de « payer » ce geste capital de Paris.

Le diplomate algérien Rachid Hasseni n’a pas eu les mêmes égards, lui qui a été traîné comme un malfrat dans les commissariats de l’Hexagone, au prétexte qu’il était le commanditaire de l’assassinat de Ali Mecili.

Une accusation qui s’est révélée sans fondements et le diplomate algérien n’a obtenu aucune réparation ni matérielle ni morale pour le grave préjudice qu’il a subi.


mardi 17 février 2015

Accusé de torture, un haut responsable marocain va être décoré par la France


Le patron du contre-espionnage marocain, visé par une plainte pour "torture" en France, va être élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur. 



Le président français, François Hollande, et le roi du Maroc, Mohammed VI, le 9 février 2015 à l'Elysée.Le président français, François Hollande, et le roi du Maroc, Mohammed VI, le 9 février 2015 à l'Elysée. (ALAIN JOCARD / AFP)





C'est une distinction qui suscite l'étonnement. A l'occasion d'une visite au Maroc, samedi 14 février, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé que Paris allait prochainement décorer le patron du contre-espionnage marocain, pourtant visé par une plainte pour "torture" en France. Cette décision est censée marquer la fin de la brouille née il y a un an entre Paris et Rabat, justement après le dépôt de cette plainte contre Abdellatif Hammouchi.
A la suite de cette plainte, le Maroc avait en effet suspendu la coopération judiciaire avec la France, et limité au strict minimum la coopération sécuritaire. Une décision levée à la fin janvier, après un accord entre les deux gouvernements. En visite au Maroc, samedi, Bernard Cazeneuve a longuement loué "l'expertise" et "l'efficacité" du Maroc "dans l'échange de renseignements", évoquant "un partenaire clé".
Rendant hommage "en premier lieu" à Abdellatif Hammouchi, le patron de la DGST marocaine, le pensionnaire de la place Beauveau a précisé que Paris comptait élever ce dernier au grade d'officier de la Légion d'honneur. Et ce malgré la plainte qui vise toujours ce haut responsable marocain. "La France saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant les insignes d'officier", a assuré Bernard Cazeneuve.

"Un véritable scandale, une honte pour la France"

Sans surprise, l'annonce de cette future décoration a fait l'objet de vives critiques à Paris. Décorer Abdellatif Hammouchi dans ces circonstances "me paraît un véritable scandale, une honte pour la France", clame Me Patrick Baudouin, avocat d'un des plaignants, et président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Et de qualifier d'"avilissant" le fait "d'avoir cédé dans le cadre d'un deal passé avec les autorités marocaines pour permettre un rétablissement de la coopération militaire et sécuritaire", évoquant "une façon de perdre son âme".
C'est une ONG française qui avait déposé une première plainte contre Abdellatif Hammouchi, pour des faits présumés de torture envers deux citoyens marocains. L'association avait été suivie par un boxeur marocain, Zakaria Moumi, qui avait lui aussi déposé plainte contre le patron du contre-espionnage marocain, l'accusant d'avoir assisté à des séances de tortures dans un centre de rétention.

  http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/accuse-de-torture-un-haut-responsable-marocain-va-etre-decore-par-la-france_824943.html
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 Poursuivi pour actes de torture, Abdellatif Hammouchi décoré par Paris
 http://www.lepoint.fr/monde/poursuivi-pour-actes-de-torture-abdellatif-hammouchi-decore-par-paris-16-02-2015-1905503_24.php

mardi 13 janvier 2015

Humour très noir : Netanyahu à Paris pour la liberté de la presse : l’homme qui a assassiné 17 journalistes à Gaza cet été

par Farah B dans Politique, 12/12/2015

Combattre le terrorisme, en invitant celui qui est directement lié au terrorisme sioniste et qui a causé la mort de très nombreuses victimes palestiniennes ?

Nous n’allons pas vous faire languir plus longtemps, il s’agit bel et bien du premier ministre israélien Benjamin Nentanyahu, qui a pris la peine de quitter Israël pour venir rejoindre les représentants du monde entier ce dimanche à la marche à Paris, place de la république, afin de condamner les actes “terroristes” dont la France a été victime ces derniers jours.
« A tous les juifs de France, tous les juifs d’Europe, je vous dis : Israël n’est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier, l’Etat d’Israël est votre foyer » ; a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée.

Netanyahu souhaite-il faire carrière en tant qu’humoriste ? Est-il nécessaire de mentionner l’abomination que fait subir son Etat au peuple palestinien ?
Il ajoute : «  Nous présentons nos sincères condoléances à nos frères juifs qui ont été tués pour le seul fait qu’ils étaient juifs. Nos frères et sœurs de la communauté juive de France, nous partageons votre peine devant ces terribles pertes  », faisant référence aux quatre victimes juives abattus dans un supermarché casher : Yohav Hattab, Philippe Braham, Yohan Cohen et Francois-Michel Saada.
Récapitulons : des milliers de français et étrangers à travers le monde sont sortis dans les rues afin de manifester leur peine à l’égard des victimes tuées lors de la fusillade, ainsi que de défendre la liberté de presse.
Parallèlement, est-il légitime de participer à une marche pour défendre la liberté de la presse après avoir abattu froidement 17 journalistes dont le seul tort était d’informer le monde entier sur les atrocités à Gaza ?

Voici la liste des noms de ces 17 journalistes, tués dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza :
1. Hamid Abdullah Shehab – « Media 24 »
2. Najla Mahmoud Haj – media activiste
3 Khalid Hamad – the « Kontnao » Media Production company
4. Ziad Abdul Rahman Abu Hin – al-Ketab satellite
5. Ezzat Duheir – radio des Prisonniers
6. Bahauddin Gharib – Palestine TV
7 Ahed Zaqqout – journalist sportif
8 Ryan Rami – Palestinian Media Network
9 Sameh Al-Arian – Al-Aqsa TV
10 Mohammed Daher – éditeur à al-Resala paper
11. Abdullah Vhjan – journaliste sportif
12 journalist Khaled Hamada Mqat- Directeur de Saja news
13. Shadi Hamdi Ayyad, journaliste free-lance
14 Mohammed Nur al-Din al-Dairi – photojournaliste pour « Palestinian Network »
15. Ali Abu Afesh – Doha Center for Media
16 Simone Camille - journaliste photographe pour the Associated Press
17. Abdullah fadel Murtaja
[ Ne manquez plus aucune info et rejoignez vite Halalbook, le réseau social des musulmans sur Facebook en cliquant ICI ! ]

vendredi 12 décembre 2014

Maroc-la-Honte : budgets énormes pour l'organisation des festivals, même pas une tente pour les sinistrés !



12 décembre 18:03
Par Aziz BakouUn Maroc pour tous - Citoyens Solidaires, 11/12/2014


Presque deux semaines après les inondations qui ont causé la mort d'une cinquantaine de personnes, et la destruction de plusieurs maisons, des familles composées de parents et de leurs enfants encore à ce jour, sont sans abris à Sidi Ifni. 
Ils passent leurs journées et leurs longues nuits glaciales de Décembre, sous des tentes qu'ils ont confectionnées eux même. Alors que l'État dépense des budgets énormes pour l'organisation des festivals en assurant tout le confort à ses invités, qui ont reçu des primes d'une valeur qui dépasse les 2 millions de dirhams, comme le cas de l'égyptien Adel Imam. Par contre aucun responsable ne s'est soucié de ces familles qui ont tout perdu à cause des intempéries. C'est une honte!
Je saisi l'opportunité pour faire appel à la conscience des responsables marocains s'ils en ont encore.

samedi 22 novembre 2014

SHAME(e) - A Human Rights Forum in Morocco?

Par Nadir Bouhmouch

http://youtu.be/QmfVKeSnw7o

<a href="/channel/UCGXVDfguDOPI6tkH6s2nnQQ" class=" yt-uix-sessionlink spf-link g-hovercard" data-ytid="UCGXVDfguDOPI6tkH6s2nnQQ" data-sessionlink="ei=R_pwVMSvPMjhcpzRgJgD" data-name="">Nadir Bouhmouch</a>

dimanche 17 août 2014

Belle et bonne France !

Je viens d'assister à une scène effroyable.
En passant rue la chapelle Paris 18e,
Un homme (noir) s'exclame : " mais vous m'avez pris mes effets personnels?! Je fais comment moi sans les effets personnels ?! C'est du vol !"
Les flics : "et oui monsieur, débrouillez vous "
Les flics montent alors dans leur fourgon et le monsieur se jette sur l'un d'eux...
4 ( voire 5 flics à certains moment) se sont mis à violenter l'homme, l'ont tasé, l'ont gazé, l'ont frapé ...
Une petite foule s'est alors formée (moi y compris), un monsieur (relativement âgé) s'est fait gazer à bout portant ainsi que sa fille de 9 ans alors qu'ils ne représentaient aucune menace ... Par la même occasion nous avons reçu quelques vapeurs ...
Pas moins de 4 voitures de flics sont venues à la rescousse pour nous maîtriser, nous dangereux individus ...
Honte à ce pays !

samedi 12 avril 2014

Jaafar, Sahraoui torturé de manière ignoble à El AAIUN dans la nuit du 9 au 10/4/2014



Par Claude Mangin, recueilli par Crisrina Martinez Benitez de Lugo 10/4/2014


 Jaafar Carcoub Hmad, Sahraoui, a été arrêté à minuit dans la nuit du 9 au 10 avril 2014, quand il se promenait dans le port de El Aaiun, près d’un magasin de sardines.



Jaafar est neveu de l’activiste des droits de l’homme, Hmad Hammad, très connu. Hmad connaît bien les tortures marocaines et la persécution systématique. Encore aujourd’hui, il traîne les séquelles des tortures qu’on lui infligea. Il a été opéré des vertèbres, il a de terribles douleurs. Être neveu de Hmad n’est pas une bonne carte de visite.



Jaafar fut attrapé par cinq ou six gendarmes marocains. Ils disaient qu’il essayait de brûler les magasins. Ils sentirent ses mains et dirent qu’elles sentaient l’essence.



Ils l’emmenèrent au Commissariat de la plage. Tout de suite arrivés, ils l’assommèrent avec une brique sur la tête, et il perdit connaissance. Ensuite il l’enfermèrent dans des toilettes répugnantes. Là, il fut rossé de coups et de coups de pied. Ce fut un assaut organisé, collectif. On le battit sur le visage avec des tennis. On lui asséna des coups de pied sur la tête avec la pointe des bottes et on marcha sur sa tête. Ils le mirent par terre et ils sautaient sur son dos comme s’ils étaient sur un matelas. Ils se relayaient. Ensuite, quelqu’un donna l’ordre de le retourner, et ils continuèrent à sauter sur sa poitrine. Il avait des menottes aux mains et aux pieds. Il était couvert de sang. Il déféqua dans sa culotte. Ils n’accédèrent pas à le changer ni à lui donner de l’eau.



Il hurlait. “tu peux y aller, personne ne t’entend”. Une personne avec une moustache lui dit: “Sais-tu que de nombreuses personnes qui ont été ici, dans ce cachot, n’ont plus donné signe de vie? Certains ont réussi à sortir, mais, malheureusement, pas tous”.



Quand il fut arrêté, il y avait une personne avec lui qui put fuir et prévenir la famille. Sa tante se rendit au commissariat. Ils lui dirent que ce n’était rien, que c’était une bagarre. Sa tante savait très bien de quoi il en était. Quand elle partit, le gendarme de dire: “Ces natifs, ce sont des ignares. Ils croient tout”.



On le battit pendant toute la nuit. On le laissait un peu et ils recommençaient. Ils s’amusaient avec lui. À 5h. ils le laissèrent par terre et s’en furent prendre une collation.



Ils l’appelaient séparatiste, ils l’insultaient, ils lui crachaient dessus.



Jaafar saignait des yeux. Il ne pouvait se protéger la figure. On lui cassa le nez et un sourcil. Il a mal partout, les coudes, les genoux, la tête, le dos, surtout le dos. Il ne peut pas bouger.



Jaafar raconte ce qu’il éprouvait. Il fut surpris de l’énorme cruauté des gendarmes qui donnaient ces coups pleins de haine, de méchanceté. Ils n’ont pas peur. Ils savent qu’ils sont couverts.



On l’interrogeait. Mais avant qu’il ne pût répondre, on le battait de nouveau. Question – coup. On lui demandait à propos de personnes qu’il ne connaissait pas, ce qu’il faisait à El Aaiún (Jaafar y est depuis trois mois seulement), quelle était sa relation avec son oncle Hmad.



Jaafar leur dit: “attendez, il ne reste pas longtemps pour l’élargissement de la MINURSO”. “Tiens Minurso” et ils le battaient davantage.


Jaafar leur dit qu’il n’était pas séparatiste, que pour se séparer de quelque chose il faut avoir été uni auparavant. Et que le Sahara n’avait jamais appartenu au Maroc.



Ces réponses de Jaafar aux gendarmes peuvent surprendre dans une situation si dure, mais Jaafar me dit que c’était une injustice si absurde que tout lui était égal. Il voulait mourir. Il ne supportait plus la douleur dans la poitrine, l’estomac, le dos, la figure. Il voulait combattre la violence avec la vérité, avec la raison.

“Moi, je suis contre la spoliation”. Davantage de coups. Le mot spoliation -qui se dit “nahb” en arabe- est un mot tabou au Maroc. Il est défendu.


On lui fit signer des papiers dont il ne connaissait pas le contenu. On lui mit l’empreinte sur le papier. Lui essayait de tacher la déclaration, mais on le battait toujours.

On l’emmena à l’hôpital pour lui coudre les blessures de la tête. Et ils le retournèrent au cachot. Là ils demandèrent que la famille lui amène des vêtements pour qu’il se présente devant le juge dans un autre état.


Le rapport médical : dans une page d’un bloc, un gendarme note “un coup sur la tête, un coup sur le sourcil” et il le garde dans sa poche.

Le matin, le groupe fut relayé. Ces nouveaux gendarmes avait l’air sympathique et jovial.”Qui t’a fait ça?” “Vos camarades”. “Non, tu ne dois pas dire ça. Ça ne va servir à rien”. On lui disait : “Il faut abandonner la politique. La politique est menée par quelques uns et ensuite c’est les pauvres gens qui payez les pots cassés”.

On insista une et mille fois pour qu’il ne dise pas au juge ce qu’on lui avait fait ou il y trouverait son compte. Un policier avec beaucoup de galons lui dit : “Si tu te mets du côté des activistes, il y aura des conséquences. Ton oncle sait bien de quoi je parle”. Il le lui répéta en marquant bien ses mots, comme pour lui laisser réfléchir sur toutes les possibilités de représailles. “Je te l’ai dit trois fois et je ne le redirai pas”.



Devant le juge, Jaafar raconta tout. Le juge ne voulait pas l’écouter. “Je ne te crois pas, ça ne va pas figurer”. Jaafar, malgré son état, insistait devant le juge “on ne m’a pas informé de mes droits, et maintenant que je suis devant le juge, il ne veut pas m’écouter”.


Le juge fut net. “Si tu veux que tout se passe bien, ne dis pas que c’est la Gendarmerie qui t’a tabassé”. Il le menaça de la Prison Noire. Plus tard, il changea un peu et lui dit: “Écoute, tu vas être acquitté, mais tu ne dois pas dire qu’on t’a frappé au commissariat”.



On venait de lui faire cadeau d’un bon portable. À la gendarmerie on lui rendit ses deux portables cassés, écrasés avec des bottes. Il confisquèrent ses deux cartes mémoire. Quelques jours auparavant son e-mail avait été bloqué.



                                     ----------------



 Ce genre d’épisodes se produit régulièrement au Sahara Occidental occupé.

À cinq jours du renouvellement du mandat de la MINURSO, le gouvernement marocain continue de torturer. Ils se savent à l’abri. Les Nations Unies renouvelleront une autre fois le mandat sans l’élargir à la surveillance des droits humains, avec un petit mot demandant au Maroc de mieux se tenir. On voit bien que le Maroc a tout ficelé et bien ficelé.

Tous les pays des Nations Unies savent ce qui se passe au Maroc où l’on torture les Sahraouis pour s’exprimer. Mais c’est honteux qu’un organisme supranational qui dit défendre les méthodes pacifiques appuie sans gêne un Maroc qui torture et qui occupe une nation, pour servir les intérêts économiques ou stratégiques de certains pays.

Quelle honte.





recueilli par Crisrina Martinez Benitez de Lugo

Le 10 avril 2014.