par Luk Vervaet
Part
one : Pourquoi la Belgique ne mérite pas son siège au Conseil des
droits de l'homme des Nations Unies
Le
Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU. Le Maroc en fait partie pour
la période 2014-2016.
La Belgique vient d'y être élue pour la période de 2016-2018.
Le
28 octobre 2015, le site de la diplomatiebelgium.be
nous communique la joie qui règne au gouvernement belge pour ce
nouveau coup de force au niveau international : « une
indication de la confiance internationale dans l'expertise et
l'expérience de la diplomatie belge à l'ONU et ailleurs ».
Voici
quelques extraits de ce communiqué.
«
Le Vice-Premier
Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se
réjouit de l’élection de la Belgique pour un mandat au Conseil
des droits de l'Homme des Nations Unies pour la période de
2016-2018...
Lors
de son mandat de trois ans à Genève, la Belgique continuera de
travailler sur des dossiers prioritaires comme la lutte contre
l'impunité, l'abolition de la peine de mort, les droits de la femme,
le droit des enfants et la liberté d'expression. Nous attachons une
grande importance au rôle de la société civile, pour les
institutions de l'ONU, dans les Etats membres de l'ONU et bien sûr
en Belgique-même. Notre pays travaillera également à renforcer les
institutions qui défendent les droits de l’homme sur le terrain,
comme le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU et des
organisations régionales telles que le Conseil de l'Europe ou
l'Union africaine. La Belgique vise une action commune des États
membres de l'UE et donne priorité au développement d'une diplomatie
européenne des droits de l'Homme.
Pour
Didier Reynders, il reste, dans le monde, une longue route à
parcourir pour les droits de l'Homme. Ceci est une motivation pour
engager notre pays pour les droits de l'homme dans une institution de
l'ONU avec un mandat global, qui représente une référence cruciale
pour les défenseurs des droits de l'homme partout dans le monde
». Pour ces derniers, et en particulier pour tous ceux et celles qui
se battent depuis huit ans contre la torture du Belge Ali Aarrass au
Maroc, ce discours de Reynders est tout simplement hallucinant. Jugez
vous-même des paroles et des actes de la Belgique dans ce dossier :
la Belgique mérite-t-elle sa place dans ce Conseil?
La
Belgique et la torture : entre justification, déni et silence
complice
Voilà
des années que les preuves de la torture
et de la maltraitance d'Ali Aarrass,
ainsi que les confirmations onusiennes de sa torture, sont sur la
table.
Ali
Aarrass a été torturé pendant sa garde-à-vue du 14 au 24 décembre
2010, après son extradition par l'Espagne au Maroc. De sa torture,
il existe
son propre témoignage et
celui de l'avocat marocain, qui l'a rencontré dans sa cellule à la
prison de Salé II, brisé physiquement et psychologiquement, après
sa sortie des mains des tortionnaires de la BNPJ (Brigade nationale
de la police judiciaire). Sa plainte contre la torture, sous
forme d'un document détaillé, a été déposée le 2 mai 2011
auprès des autorités marocaines,
qui l'ont immédiatement classé sans suite.