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samedi 22 octobre 2016

De quoi Ali Aarrass est-il le nom ?








Ali Aarrass. 54 ans. Belgo-Marocain emprisonné injustement au Maroc, pays où il n’a jamais vécu et dont il ne connaît pas la langue. Le 10 octobre 2016, il est transféré de la prison de Salé 2 vers celle de Tiflet 2 sans avertissement préalable. Les heures qui suivent son transfert sont marquées par l’angoisse et une attente insoutenable pour sa famille résidant en Belgique qui est sans nouvelles de lui. Elle apprend finalement qu’Ali Aarrass a été placé en régime strict dans cette nouvelle prison, sans motif précis et sans que soit notifiée une décision administrative pouvant être contestée. Ses conditions de détention sont particulièrement dures : il est confiné 23h/24h dans une minuscule cellule où il n’y a pas de lit, il est confronté à la malnutrition, il n’a accès aux douches qu’une seule fois par semaine, il ne peut parler avec aucun détenu et les contacts avec sa famille sont limités à un seul appel hebdomadaire d’une durée de 5 minutes.
Ce texte est un nouvel appel aux autorités belges compétentes afin qu’elles assistent effectivement Ali Aarrass dans son combat pour le respect de ses droits fondamentaux.

jeudi 29 octobre 2015

La vidéo choc d'Ali Aarrass : « odieuse tromperie » ou irréfutable preuve de torture ?

jeudi 29 octobre 2015

La vidéo choc d'Ali Aarrass : « odieuse tromperie » ou irréfutable preuve de torture ?


par Luk Vervaet 
Part one : Pourquoi la Belgique ne mérite pas son siège au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU. Le Maroc en fait partie pour la période 2014-20161. La Belgique vient d'y être élue pour la période de 2016-2018.
Le 28 octobre 2015, le site de la diplomatiebelgium.be 2 nous communique la joie qui règne au gouvernement belge pour ce nouveau coup de force au niveau international : « une indication de la confiance internationale dans l'expertise et l'expérience de la diplomatie belge à l'ONU et ailleurs ».
Voici quelques extraits de ce communiqué.
« Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se réjouit de l’élection de la Belgique pour un mandat au Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies pour la période de 2016-2018...
Lors de son mandat de trois ans à Genève, la Belgique continuera de travailler sur des dossiers prioritaires comme la lutte contre l'impunité, l'abolition de la peine de mort, les droits de la femme, le droit des enfants et la liberté d'expression. Nous attachons une grande importance au rôle de la société civile, pour les institutions de l'ONU, dans les Etats membres de l'ONU et bien sûr en Belgique-même. Notre pays travaillera également à renforcer les institutions qui défendent les droits de l’homme sur le terrain, comme le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU et des organisations régionales telles que le Conseil de l'Europe ou l'Union africaine. La Belgique vise une action commune des États membres de l'UE et donne priorité au développement d'une diplomatie européenne des droits de l'Homme.
Pour Didier Reynders, il reste, dans le monde, une longue route à parcourir pour les droits de l'Homme. Ceci est une motivation pour engager notre pays pour les droits de l'homme dans une institution de l'ONU avec un mandat global, qui représente une référence cruciale pour les défenseurs des droits de l'homme partout dans le monde ». Pour ces derniers, et en particulier pour tous ceux et celles qui se battent depuis huit ans contre la torture du Belge Ali Aarrass au Maroc, ce discours de Reynders est tout simplement hallucinant. Jugez vous-même des paroles et des actes de la Belgique dans ce dossier : la Belgique mérite-t-elle sa place dans ce Conseil?

La Belgique et la torture : entre justification, déni et silence complice

Voilà des années que les preuves de la torture et de la maltraitance d'Ali Aarrass, ainsi que les confirmations onusiennes de sa torture, sont sur la table. 
Ali Aarrass a été torturé pendant sa garde-à-vue du 14 au 24 décembre 2010, après son extradition par l'Espagne au Maroc. De sa torture, il existe son propre témoignage et celui de l'avocat marocain, qui l'a rencontré dans sa cellule à la prison de Salé II, brisé physiquement et psychologiquement, après sa sortie des mains des tortionnaires de la BNPJ (Brigade nationale de la police judiciaire). Sa plainte contre la torture, sous forme d'un document détaillé, a été déposée le 2 mai 2011 auprès des autorités marocaines3, qui l'ont immédiatement classé sans suite.