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jeudi 19 janvier 2017

Il y a un an : indics bien payés dans les prisons, au Maroc et en Belgique

On engage des indics à la prison de Salé II : Moulat Driss et Mohamed Al Baqali vous offrent un GSM Galaxy comme outil de travail.

17/1/2016

par Luk Vervaet
L’utilisation d’informateurs et d’indicateurs par la police et les services de renseignements est une pratique courante aussi bien en Belgique qu’au Maroc. Aussi et surtout dans les prisons. En échange d'une rémunération, d'un assouplissement du régime carcéral ou d’une diminution de peine, des détenus sont recrutés pour procurer des informations sur leurs codétenus à la police et à la direction pénitentiaire. Au Maroc, ce genre de pratiques dépasse tous les limites.
Récemment un énième scandale a éclaté à la prison de Salé II.
Depuis un an, la DGAPR du Maroc (la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion) est en train d’établir un rapport sur chaque détenu qui se trouve dans les prisons marocaines. 

lundi 18 janvier 2016

On engage des indics à la prison de Salé II : Moulat Driss et Mohamed Al Baqali vous offrent un GSM Galaxy comme outil de travail.

17/1/2016

par Luk Vervaet
L’utilisation d’informateurs et d’indicateurs par la police et les services de renseignements est une pratique courante aussi bien en Belgique qu’au Maroc. Aussi et surtout dans les prisons. En échange d'une rémunération, d'un assouplissement du régime carcéral ou d’une diminution de peine, des détenus sont recrutés pour procurer des informations sur leurs codétenus à la police et à la direction pénitentiaire. Au Maroc, ce genre de pratiques dépasse tous les limites.
Récemment un énième scandale a éclaté à la prison de Salé II.
Depuis un an, la DGAPR du Maroc (la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion) est en train d’établir un rapport sur chaque détenu qui se trouve dans les prisons marocaines. 
Des détenus à Salé II ont découvert récemment que deux membres du personnel pénitentiaire, monsieur Moulat Driss et monsieur Mohamed El Baqali, engagés pour faire ce travail pour la DGAPR, recrutaient systématiquement des détenus en détention préventive, non-condamnés, pour faire ce sale boulot. 
En échange de promesses d’un bon rapport sur leur comportement en prison, d’une diminution de leur peine éventuelle ou même d’un blanchissement lors du procès à venir, Driss et El Baqali offraient à ces détenus des GSM Galaxy pour espionner, filmer et enregistrer d’autres détenus. Les détenus indics en question avaient reçu comme ordre de bien cacher leurs GSM lors des fouilles des cellules ou même les jeter par la fenêtre si nécessaire.
S’il faut une illustration supplémentaire de l’état de non-droit au sein des prisons marocaines, de la corruption, des méthodes illégales et de la manipulation des détenus les plus faibles qui y règnent, en voilà une.
La DGAPR est-elle au courant des pratiques illégales de Driss et El Baqali ? 
Et les couvrira-t-elle ?

      

lundi 29 juillet 2013

Mais qui est Benachim Driss, ce gardien détesté à la prison de Salé II ?




Par Luk Vervaet, 23/8/2013

Il y a les gardiens dans les prisons qui font leur travail avec respect pour la dignité des détenus. Mais il y a aussi ceux pour qui la prison est l'endroit rêvé pour abuser de leur pouvoir, maltraiter les détenus, imposer un régime arbitraire ou même torturer les prisonniers. Certains le font de manière subtile, jusqu'à ce qu'un détenu craque afin qu'ils puissent lui sauter dessus, le massacrer et le mettre au cachot ou le faire transférer. Chaque sanction, en soi légale, peut devenir une arme de maltraitance et même de torture, en la multipliant sans limite. 
En tant qu'enseignant dans les prisons belges, j'ai pu constater de mes propres yeux ce genre de pratiques de la part de certains gardiens.

Pour le Maroc, ces faits sont avérés.
Il y a moins d'un an, le 30 octobre 2012, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), présentait un rapport choc, intitulé : “La crise des prisons, une responsabilité partagée : 100 recommandations pour la protection des droits des détenu(e)s”. Ce rapport est, selon ses auteurs, un rapport « objectif et précis ». Il dénonce « les exactions commises par le personnel des prisons, portant atteinte aux droits des détenu(e)s ». Il est basé sur des visites des membres du CNDH dans 15 établissements pénitentiaires durant la période allant du 31 janvier au 19 juin 2012.
L’image de la situation carcérale marocaine y apparaît dans toute sa clarté.
On peut y lire ceci : « Les violations (dans les prisons) se manifestent par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre, à l’exception des prisons d’Inezgane et de Dakhla où seuls des cas isolés ont été enregistrés. » (page 4 du résumé du rapport).
On apprend que dans la plupart des prisons « l’alimentation amenée par les familles est parfois refusée ou détruite (!) ». Il révèle aussi « l’existence d’une pratique de punitions collectives et les transferts administratifs comme mesure disciplinaire… »
Le rapport insiste sur l’absence total « de procédures et de mécanismes de contrôle, d’enquêtes au sujet des plaintes déposées à l’encontre du personnel, y compris le personnel sanitaire, ou au sujet des violations relatées par la presse et les associations. Il y a la « non effectivité du contrôle judiciaire » (page 5).
En un mot : l’arbitraire et l’abus de pouvoir règnent dans les prisons marocaines.
Mais, ce que le rapport du CNDH ne dit pas, c'est que sans protection ou sans approbation, ouverte ou silencieuse, des autorités supérieures dans les prisons ces abus ne seraient pas possibles, ni tolérés. Tout comme à Abu Graibh en Irak, ou à Guantanamo.

Benachim Driss

Un exemple qui pourrait se retrouver dans le rapport du CNDH et qui suscite bien des questions est celui de Benachim Driss, gardien à la prison de Salé II. Monsieur Driss est originaire de la ville de Mekness. Il travaillait à la prison de Toulal, d'où il a été muté vers la prison de Salé II en 2010. Le directeur actuel de Salé II vient lui aussi de la prison de Toulal. Pure coïncidence ?
Benhachim Driss est un gardien. Mais il est surtout spécialiste du harcèlement. Il aime faire souffrir des détenus, par exemple, en les privant de sommeil. La nuit, monsieur Driss peut refermer la porte d'une cellule brutalement toutes les 15 minutes. Il crie, allume la lumière, effrayant ainsi des détenus en permanence. Ses pratiques provoquent à la fin une explosion de colère chez ces certains détenus qui pourront ainsi être punis.
Les incidents qui nous sont rapportés par différents détenus à son sujet sont multiples.
Force est de constater que Driss est protégé par le directeur. Qu'il agit ou bien sous sa tutelle ou celle de son adjoint, ou qu'il peut être même encouragé par ces derniers à se comporter de telle sorte. Parce qu'il ne s'agit pas d'un incident isolé. Début 2011, il obligeait des détenus à s'agenouiller lors des appels et à placer les mains sur la tête pendant des heures interminables. Quand des détenus sont sous les douches, il les obligeait à sortir nus et pleins de savon.
Nous demandons que l'impunité cesse. Qu'une enquête soit ouverte contre Benachim Driss en interrogeant les détenus sur son comportement, et que les complicités éventuelles du directeur et de son adjoint soient exposées et que les sanctions qui s'imposent soient prises.
http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.com.au/2013/08/mais-qui-est-benachim-driss-ce-gardien.html

vendredi 15 février 2013

Abdelkader Belliraj se rappelle au bon souvenir de l’Occident

Par Abdelkader Belliraj

Lettre manuscrite d'Abdelkader Belliraj, envoyée clandestinement depauis la prison de Sale 2.
Lettre manuscrite d’Abdelkader Belliraj, envoyée clandestinement depuis la prison de Sale 2.
Depuis sa cellule de la prison de Salé 2, près de Rabat, le prisonnier Abdelkader Belliraj a envoyé une lettre ouverte à l’occasion de la conférence de presse de l’AMDH du samedi 16 février à Bruxelles, que nous reproduisons ci-dessous. 
La Belgique est parfaitement au courant du fonctionnement de la justice marocaine – une justice, qui n’existe pas. Le Maroc est perçu par l’Occident politique comme le gendarme nécessaire pour exécuter le sale boulot que les services de l’Occident ne peuvent exécuter.
L’Occident se sert du Maroc comme premier barrage contre le trafic de drogues et/ou contre les déplacements des candidats immigrés. En sachant que ces fléaux sont conséquents des politiques occidentales vis-à-vis des pays concernés.
L’Occident se sert du Maroc comme levier de propagande pour le terrorisme, chose dont l’Occident politique fait usage pour militariser la planète et étaler son hégémonie géostratégique et politique, avec comme but de régner en maître du monde.
Par conséquent la Belgique – entre autres – est parfaitement au courant du fonctionnement de la justice marocaine – qui n’existe pas – vis-à-vis de ces dossiers.
La Belgique agit en parfait complément et complice de l’état marocain en jugeant recevable des requêtes formulées par l’état marocain sous prétexte d’honorer des conventions bilatérales en matière judiciaire, ratifiées par les deux états concernés, sans vérifier le bon déroulement des procédures légitimes.
Il faut mettre en évidence ce qui suit :
Comment expliquer la collaboration d’une justice démocratique (belge) avec une non-justice ? Où les procès sont expéditifs et les tribunaux dignes de l’inquisition ?
Comment expliquer ceci en sachant que les autorités belges concernées sont tout à fait averties et parfaitement informées de la réalité de la dite justice marocaine ?
Comment juger équitablement quelqu’un au Maroc pour des faits commis en Belgique sans présence du dossier et sans procuration judiciaire belge autorisant ce fait ?
Et si la Belgique a transmis des documents concernés en étant parfaitement averti de la réalité judiciaire marocaine, elle endosse la personnalité d’un faussaire.
Si les documents ne sont pas transmis, elle est complice de crime contre l’humanité en légitimant des pratiques barbares (enlèvements, tortures, viols…) par le fait de tendre la main à des bourreaux en donnant suite à pareils actes de piraterie.
Par conséquent, toute procédure belge dans le cas Belliraj, Aarrass, et autres .. est caduque et illégitime, dépourvue de toute logique judiciaire.
Elle ne peut être jugée recevable par des tribunaux démocratiques.
Il s’agit tout simplement de la traite d’êtres humains monnayés de part et d’autre par des chasseurs de prime dépourvus de toute valeur humaine et d’un minimum de considération pour l’individu comme un être humain.
Abdelkader Belliraj
Prison de Salé II, Maroc