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lundi 31 octobre 2016

Le drame d'Al Hoceima : La presse française en parle : Le Monde, Le Point, l'Express, Libération..

La mort d’un vendeur de poissons dans une opération de police choque le Maroc




Refusant que sa marchandise soit confisquée, Mouhcine Fikri a été broyé par une benne à ordures. Les images diffusées en ligne ont provoqué un mouvement de protestation.



Une manifestante drapée du drapeau du Rif marocain, à Al-Hoceima, dimanche 30 octobre.

La mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson broyé par une benne à ordures après la confiscation de sa marchandise par la police, a indigné le Maroc et poussé des milliers de personnes à manifester dans plusieurs villes du pays.

Les funérailles de l’homme âgé d’une trentaine d’années ont eu lieu, dimanche 30 octobre, à Al-Hoceima, ville de la région du Rif où il est mort vendredi soir. Plusieurs milliers de personnes y ont participé, dans le calme.

dimanche 29 mai 2016

Détendez-vous, ça ira mieux, et autres conseils aux autorités marocaines



Le roi Mohammed VI.

Jeudi 26 mai, France 3 a certainement battu ses records d’audience au Maroc. La chaîne française diffusait un documentaire-portrait de Mohammed VI, monarque à la tête de la SNI, un holding puissant présent dans plusieurs secteurs économiques. En février 2015, son réalisateur, Jean-Louis Pérez, a été arrêté et expulsé du Maroc. La journaliste Catherine Graciet, engagée comme « consultante » pour le film, est depuis août 2015 sous le coup d’une inculpation pour « chantage » et « tentative d’extorsion » sur la personne du roi du Maroc, avec son confrère Eric Laurent.

Ces ingrédients réunis renforcent le rejet du documentaire au Maroc, d’autant que l’enquête n’apprendra rien aux sujets les plus informés de Mohammed VI. D’un côté, de réelles difficultés pour les journalistes étrangers – surtout ceux de la télévision – à enquêter librement sur les sujets sensibles : monarchie, Sahara-Occidental, terrorisme, trafic de drogue, etc.
De l’autre, l’exaspération marocaine devant des journalistes qui ne maîtrisent pas toujours leur sujet et donnent souvent la parole aux mêmes voix critiques, sans véritable contradicteur. Au final, un « bad buzz » pour tous. De ce nouvel épisode sur les relations « Je t’aime moi non plus » entre les médias français et la monarchie, un premier conseil, en toute modestie, aux autorités marocaines : éviter de fabriquer des martyrs de la liberté d’expression.

Lâcher du lest sur les rapports et classements

Le royaume est passé maître dans l’exercice de l’autopromotion, sauf quand il s’agace au plus haut niveau de la parution d’un rapport désagréable. Ce qui arrive souvent. Amnesty International, Human Rights Watch, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et d’autres ONG peuvent en témoigner. Des publications économiques, tels l’indice du développement humain du PNUD ou le rapport « Doing Business » de la Banque mondiale, ont été ciblées par Rabat dans le passé.
Récemment, le rapport annuel du département d’Etat américain sur la situation des droits humains a provoqué une riposte au bazooka de la part du ministère de l’intérieur marocain. Le 17 mai, le ministre Mohamed Hassad fustige le texte qui, selon lui, « passe de l’approximation de l’information à son invention pure et simple, de l’appréciation erronée au mensonge caractérisé ». Et, comme si ce chérifien coup de griffe n’était pas assez explicite, il met en garde : « Le Maroc ne peut pas accepter que l’on fabrique des faits, que l’on monte de toutes pièces des cas et que l’on fomente des allégations pour des motivations politiques obscures. »

Eviter d’insulter Ban Ki-moon

Au Maroc, le dossier du Sahara-Occidental reste la cause nationale par excellence. Ce territoire contesté depuis la fin de la colonisation espagnole a été annexé par Rabat en 1975, mais la souveraineté du Maroc sur ces 266 000 km2 largement désertiques n’est pas reconnue par la communauté internationale, qui y a installé une mission de maintien de la paix des Nations unies.
Après plusieurs revers diplomatiques récents pour le Maroc, les relations entre Rabat et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, se sont tendues de façon spectaculaire. L’acmé de la crise ayant consisté en une manifestation populaire contre le secrétaire général organisée le 14 mars dans la capitale marocaine. Le cortège de tête comprenait une bonne partie du gouvernement marocain, y compris le ministre des affaires étrangères, Salaheddine Mezouar. Ban Ki-moon s’y est même fait traiter de « Pokémon » par une députée. Or, en novembre, le Maroc accueillera à Marrakech la COP22, la conférence des Nations unies sur le changement climatique. Rabat a beau promettre de faire la part des choses, on voit mal comment MM. Mezouar et Ban vont pouvoir jouer la partition d’une parfaite entente.

Sortir de l’isolement

Le Maroc est un pays dont la transition s’étire depuis bientôt deux décennies sans que l’on sache vraiment dans quelle direction. Régime autoritaire, monarchie absolue de droit divin, démocratisation ? Ilôt de stabilité en Afrique du Nord ? Economie de marché et futur pays à revenu intermédiaire ? Vieil empire converti tardivement au concept d’Etat-nation ? Le Maroc est-il vraiment l’une des « stars de la croissance » du continent, comme l’affirme le cabinet de conseil américain McKinsey dans son rapport « Lions on the move » ? Il y a autant de visions possibles que d’avis tranchés sur un pays de 34 millions d’habitants, situé à seulement 14 kilomètres de l’Espagne, mais qui paraît isolé.
Patrouilles espagnoles et barrière électrifiée au nord, notamment autour des enclaves de Ceuta et Melilla ; frontière hermétiquement close avec l’Algérie à l’est depuis 1994 ; relations tendues avec la Mauritanie au sud. Le Maroc, qui a quitté l’Organisation de l’Union Africaine en 1984, ressemble parfois à une île alors qu’il ne cesse de proclamer sa vocation panafricaine.
Youssef Ait Akdim

mardi 26 mai 2015

« Much Loved » de Nabil Ayouch : une mise à nu qui provoque la haine au Maroc




Capture d'écran de Much Loved, du réalisateur Nabil Ayouch.
 image: http://s1.lemde.fr/image/2015/05/25/768x0/4639786_7_2337_capture-d-ecran-de-much-loved-du-realisateur_827e3069fc9bb0e12142eb277629b7d1.jpg
Contrairement à son titre, Much Loved, le dernier film du cinéaste marocain Nabil Ayouch présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, suscite, au Maroc, un véritable déchaînement de haine. La raison tient au sujet mis en scène : quatre prostituées filmées avec un réalisme cru, dans des hôtels, clubs et appartements dédiés au commerce de la chair.Tout se passe à Marrakech, de la nuit à l’aube, sous un ciel bas et lourd qui accentue le sordide de certains lieux et situations. Un Marrakech sans le soleil éclatant et les clichés enchanteurs qui présentent cette ville comme un paradis exotique. Un enfer plutôt, peuplé de filles qui n’existent que pour la jouissance tarifée du client. Elles ont des aventures mais elles n’ont pas d’histoire puisque leur seul avenir est celui de la nuit suivante qui ne fait que répéter la précédente. Pour elles, aucune figure de « père » respectable, à la loi duquel se fier ; seuls des hommes libidineux, que ce soit de riches Saoudiens, des Occidentaux ou encore, faute de mieux, des Marocains moins fortunés. A cela, vient s’ajouter une chaîne d’individus : mère maquerelle, chauffeur de taxi, flic, garçon de café, videur de boîte de nuit, « amant de cœur », parents : bref, tout un système où chacun trouve son compte.

« Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire »

Nabil Ayouch n’a pas fait un film sur le Maroc et encore moins sur un Maroc de carte postale : « J’avais envie de dire cette réalité, loin des mythes. Dire c’est montrer. Tout. Sans retenue, sans concession ni fausse pudeur. Lever le voile sur cette industrie, c’est mettre chacun face à ses responsabilités… »
Après les enfants des rues dans Ali Zoua, les bidonvilles comme fabrique de djihadistes dans Les Chevaux de Dieu, il s’est attaché dans Much Loved à représenter une autre forme de marginalité : la prostitution. Si celle-ci n’a rien d’une spécificité marocaine, le Maroc n’y échappe pas, loin de là.
Il y a quelques années, la presse marocaine - dont le magazine Tel Quel - avait osé aborder la question. Mais à l’écran, voilà que la réalité crève les yeux. On peut comprendre alors que ce long-métrage, qui pointe un tabou de taille, provoque une sorte de blessure narcissique collective. Il blesse en ce qu’il donne à voir. Il est insupportable au regard d’un conformisme social dominant, qui fait sienne la devise des trois petits singes : « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ».
Il a suffi de quelques extraits diffusés sur la Toile pour que les réseaux sociaux bruissent de fureur contre ce qui est perçu comme une atteinte à l’image du Maroc, et aux valeurs de l’islam que tiennent à donner les Marocains.

« Fils de… », « sioniste », les insultes fusent

Pour cette trahison, voire ce crime de lèse-majesté, Nabil Ayouch a fait l’objet d’une véritable fatwa, fulminée par le cheikh salafiste Hammad Al- Kabbaj sur sa page Facebook, et disparue au bout de 24 heures : « J’appelle en ma qualité de citoyen marocain à traduire en justice cet homme parce qu’il porte gravement atteinte aux mœurs et à l’intégrité morale des Marocains. J’appelle aussi au lancement d’une vaste campagne nationale pour réclamer au gouvernement l’interdiction de ce film ordurier ».
Hammad Al- Kabbaj qui est un proche du très rigoriste cheikh Al- Maghraoui (auteur notamment d’une fatwa autorisant le mariage des filles de 9 ans), ne se contente pas de condamner et d’appeler à la mobilisation, il inscrit Much Loved dans le cadre d’un « plan savamment étudié pour faire de la société marocaine régie par la chasteté et la vertu une société dépravée et décadente ».
Ce thème complotiste est repris à l’unisson par une meute d’internautes dont les mots élégamment choisis ne sont pas assez violents pour insulter Nabil Ayouch : « Fils de pute » quand ça n’est pas « fils de pédé », « fils de juive » ou encore « sioniste ».
Selon le site d’information Actu Maroc, un auditeur s’exprimant sur une radio privée aurait promis d’engager un avocat pour le traduire en justice et appelé à la mobilisation de l’opinion publique pour organiser une grande marche nationale contre ce film jugé scandaleux et infamant.

Un film pornographique, au sens littéral du terme

Dans le même registre, une autre page Facebook, ornée de portraits de Nabil Ayouch barrés d’une croix rouge, invite à dire « Non à la pornographie dans le cinéma marocain ». Pornographie, le terme est lancé. Much Loved n’a rien d’un film pornographique au sens vulgaire du terme, désignant ces films achetés ou piratés sur les « sex-shop » qui fleurissent sur Internet.
En revanche, il est bien un film pornographique au sens littéral du mot, dont l’étymologie grecque est composée de « pórnê » signifiant « prostituée » et gráphô, « peindre » ou « décrire ». Nabil Ayouch ne fait donc rien d’autre que cela, mais dans une visée qui n’a rien de graveleux.
Dans ce concert d’anathèmes vertueux, quelques voix discordantes tout de même, telle celle de cette jeune femme : « Franchement, vous méritez tous de passer devant un tribunal, bande d’hypocrites. Je suis une femme marocaine et je suis plus qu’honorée qu’un réalisateur marocain montre au monde entier ce que la femme marocaine endure, et si ça vous déplaît, personne ne vous oblige à regarder Much Loved »
Si la fièvre continuait à monter, les autorités marocaines se trouveraient face à cette alternative :
  1. Céder à la pression de la rue et de la Toile, et refuser d’accorder le visa d’exploitation permettant au film d’être diffusé au Maroc.
  2. Refuser de céder à la vindicte populaire et prouver leur attachement déclaré à la liberté d’expression artistique.
De quel côté penchera la balance ? Les paris sont ouverts.
Ruth Grosrichard, professeure agrégée de langue arabe et de civilisation arabo-islamique à Sciences Po Paris.


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mercredi 22 avril 2015

Maroc : procès de Mounir Majidi en bord de Seine

par Joan Tilouin, Le Monde,

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Allégeance


 Ce 17 avril en fin d’après-midi, à Paris, s’est produit un de ces retournements que les tribunaux connaissent parfois : le plaignant s’est retrouvé sur le banc des accusés. Mounir Majidi, homme d’affaires et secrétaire particulier du roi du Maroc, Mohammed VI, avait porté plainte en diffamation contre Le Monde et contre le journaliste marocain Ahmed Benchemsi, fondateur de l’hebdomadaire Tel Quel et contributeur occasionnel du quotidien français.
L’article incriminé est paru dans la rubrique « Décryptage-Débats » du Monde, le 26 juin 2012 et était intitulé « La grande corruption règne en maître au Maroc ». Une synthèse d’une note publiée quelques jours plus tôt sur son blog.
Ahmed Benchemsi a été plusieurs fois poursuivi par la justice marocaine. « Je me réjouis de comparaître enfin devant une justice indépendante », lâche-t-il avant d’apparaître devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Le ton est donné. Venu de Washington où il réside désormais, le journaliste dit ne pas comprendre les motivations et la stratégie de Mounir Majidi et de ses avocats. Ce procès en France est pour lui et son avocat, Me William Bourdon, l’occasion de « déballer sur la monarchie ».

A l’origine, l’affaire BaySys

A la barre, Ahmed Benchemsi défend un « travail d’enquête s’appuyant sur des documents officiels et légaux » qui lui ont permis notamment de révéler l’affaire BaySys, du nom de cet équipementier aéronautique américain en difficulté et à la recherche de 25 millions de dollars.
« Je me réjouis de comparaître enfin devant une justice indépendante », Ahmed Benchemsi

mercredi 4 mars 2015

Maroc : l’affligeante complicité de Paris (FIDH)

Par

Le ministre français de l'intérieur Bernard Cazeneuve  rend visite au Maroc, après une année de brouille diplomatique entre les deux pays et la suspension de la coopération judiciaire.

 image: http://s2.lemde.fr/image/2015/03/03/534x0/4586547_7_df70_le-ministre-francais-de-l-interieur-bernard_8c2fcf4cc9af22bbd150919602d73e5f.jpg

La France est-elle dans les actes aussi vertueuse que dans les discours lorsqu’il s’agit de lutte contre la torture, de poursuite de crimes contre l’humanité, de défense de la liberté d’expression ? La réponse est hélas négative à l’aune des récentes péripéties des relations franco-marocaines.
A la suite de plusieurs plaintes pour torture déposées en France, le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire marocain, Abdellatif Hammouchi, s’était vu notifier lors d’un passage à Paris, en février 2014, une demande d’audition de la justice française. Pareille audace, incompréhensible pour un État où la magistrature n’a nulle indépendance par rapport au pouvoir politique, a suscité une réaction courroucée de Rabat qui s’est traduite par une suspension des coopérations judiciaire et sécuritaire.
Si la France a cherché à mettre un terme à cette situation préjudiciable, elle aurait pu éviter de le faire au prix d’un deal honteux. C’est ainsi que le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, en visite au Maroc à la mi-février, a solennellement annoncé que M. Hammouchi, celui-là même qui est poursuivi pour torture, allait se voir remettre les insignes d’officier de la Légion d’honneur.
Sans aucun souci d’un minimum de décence, et pas davantage d’une élémentaire prudence, Paris n’a pas craint d’accomplir un geste déshonorant en décernant une décoration, méritant d’être réservée à des personnalités irréprochables, au chef des services de sécurité d’un pays pour lequel le recours à la torture est dénoncé par des organisations de défense des droits de l’homme. En termes de symbole, politique, judiciaire, moral, le message est désastreux.

Prime à l’impunité

Plus grave encore, afin d’éviter à l’avenir tout risque de désagrément pour des responsables marocains soupçonnés de torture, de passage sur le territoire français, il a été prévu en catimini d’amender la convention franco-marocaine d’entraide pénale. Désormais, toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France sera aussitôt transférée à ce pays pour qu’il exerce sa compétence.
Cela signifie par exemple dans le cas de M. Hammouchi, que, même pour une plainte déposée par un citoyen français, la justice française serait dessaisie, avec les suites qu’on imagine, au vu de la protection dont bénéficient les présumés tortionnaires au Maroc.
Autrement dit, c’est une prime donnée à l’impunité. Alors que, selon le droit applicable, la France a l’obligation de poursuivre, arrêter et juger toute personne suspectée d’actes de torture se trouvant sur son territoire, un tel précédent serait d’autant plus dangereux que d’autres pays que le Maroc ne manqueront pas alors de formuler les mêmes exigences. Cet abandon de fait de la notion de justice universelle ne sera rien d’autre qu’un signal de bienvenue pour tous bourreaux et autres tortionnaires.
La France s’est aussi déshonorée en abandonnant à leur sort les deux journalistes français qui ont été interpellés au Maroc puis expulsés à leurs frais. En présence de cette atteinte caractérisée à la liberté de la presse, aucune voie officielle n’a jugé bon de protester ou de s’indigner, là encore pour ne pas heurter la susceptibilité du grand ami marocain. Qui aurait pu penser que le gouvernement opère un tel reniement, peu après avoir rassemblé le monde entier autour de la défense des libertés d’expression ?
Un tel signal de complaisance donné aux censeurs et bourreaux ne peut que discréditer la parole de la France. Ni la logique du business ni les impératifs sécuritaires ne doivent conduire à céder au chantage pour en arriver à trahir les valeurs universelles que la France devrait défendre et promouvoir sans relâche. Il ne suffit pas d’exceller dans l’art des belles envolées lyriques sur les droits et libertés, encore faut-il pour convaincre se montrer exemplaire dans leur mise en œuvre.

 http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/03/maroc-l-affligeante-complicite-de-paris_4586548_3232.html#AJETDkPWl4XExDJO.99

jeudi 19 février 2015

Swiss-Leaks : Le roi du Maroc répond au quotidien Le Monde


Caricature de Dilem.
Caricature de Dilem.
Pour la première fois de son règne, le roi du Maroc, Mohamed VI, alias « Sidna » que dieu le préserve, vient de répondre à un vulgaire et roturier journal, Le Monde en l’occurrence, qui a osé révéler il y a quelques jours que le souverain marocain, le « roi des pauvres » selon la propagande officielle, possède un compte bancaire secret assez fourni en Suisse.
A la suite de la publication de notre article « Sa Majesté ­Mohammed VI, client numéro 5090190103 » (Le Monde du 10 février) , nous avons reçu ­du roi du Maroc le courrier suivant   :
« Dans l’édition de votre journal en date du 10 février 2015, dont la couverture comporte le titre “Comptes ­secrets en Suisse” et le sous-titre “Le gotha des évadés fiscaux français”, vous avez publié en page 8 un article intitulé “Sa Majesté Mohammed VI, client numéro 5090190103”, avec comme sous-titre “Le roi du Maroc a ouvert un compte à Genève en 2006 avec son secrétaire particulier, Mounir Majidi”, dans lequel vous faites état d’un compte en banque ouvert en Suisse auprès de la banque HSBC au nom de Sa Majesté le Roi ­Mohammed VI.

vendredi 4 avril 2014

Moulay Hicham: Le règne de Mohammed VI, ” un rendez-vous raté avec l’Histoire “

Entretien avec Le Monde /Moulay Hicham: Le règne de Mohammed VI, ” un rendez-vous raté avec l’Histoire “

Entretien avec Le Monde /Moulay Hicham: Le règne de Mohammed VI, ” un rendez-vous raté avec l’Histoire “
Prince Moulay Hicham Le Monde 5 avril 2014 - 4 أبريل، 2014 
 
Moulay Hicham, cousin du roi, dénonce la toute-puissance du ” Makhzen “, la cour marocaine
 Surnommé ” le prince rouge ” pour ses prises de position iconoclastes sur la monarchie marocaine, Moulay Hicham El- Alaoui, 50 ans, récidive. Dans le Journal d’un prince banni (Grasset), à paraître le 9 avril, le cousin de Mohammed VI dresse un portrait intime et féroce de la cour chérifienne, où il a été élevé. L’auteur, qui vit depuis 2002 aux Etats-Unis, plaide surtout pour l’abolition du Mahkzen, terme qui a donné en français ” magasin ” et qui désigne la cour, les institutions liées au palais et les proches conseillers du roi.
Pourquoi publier aujourd’hui un livre que vous avez commencé à écrire en 2007 ?
Dès le début des années 1990, j’ai peu à peu conquis ma liberté, ma liberté critique et ma liberté intellectuelle. Non seulement je l’ai conquise, mais je l’ai défendue bec et ongles. Ce livre est le couronnement de cette libre pensée à laquelle je suis très attaché. Petit à petit, j’ai subi une transformation qui m’a rendu étranger, non au Maroc, mais étranger à la famille et au milieu dans lesquels j’ai grandi. J’ai senti que, dans mon itinéraire, une séquence était fermée, et aussi que quelque chose avait profondément changé avec le ” printemps arabe “. Tout ce que j’ai dit pendant des années trouve maintenant une actualité brûlante.
Je veux éclairer les gens, contribuer au débat et, dans ce cas précis, faire comprendre une partie de l’histoire contemporaine de mon pays. Je suis allé au cœur du réacteur. Beaucoup diront : ” Vous êtes tombé du carrosse et vous cherchez à revenir. “ Non. Dans ma culture, ce n’est pas comme cela que l’on revient. On revient en intriguant, en faisant amende honorable.
 
Vous affirmez ne prétendre à aucun rôle, mais vous ne vous interdisez rien…
C’est exact. On ne sait pas de quoi est fait l’avenir. Si l’occasion se présentait, j’apporterais ma contribution, mais je ne crois pas que cela viendra du Palais. Cela dépend de l’interaction de forces à un moment particulier : va-t-on vers un scénario de rupture, de changement apaisé ? Aucune idée ! Mais j’ai quitté ma maison, et je n’y reviendrai pas.
Vous dites qu’il faut ” démanteler le Makhzen “. Mais celui-ci n’est-il pas constitutif de la monarchie ?
Le Makhzen s’appuie sur la monarchie pour vivre et la monarchie s’appuie elle-même sur le Mahkzen pour vivre à sa manière ; c’est une relation symbiotique et il faut redéfinir complètement cette interdépendance. Tout l’exercice des trois rois qui se sont succédé - depuis l’indépendance - a été de maintenir cette dualité, chacun à sa manière. Je pense, moi, que le Maroc ne peut pas se développer avec le Makhzen. Et s’il ne peut pas, c’est la monarchie qui en paiera le prix. La mise à mort du Makhzen est indispensable. C’est un pouvoir néo-patrimonial qui empêche le développement économique, un système de prédation et de subjugation. Il ne peut donc pas libérer les énergies économiques et donc il ne pourra pas, non plus, faire monter l’eau de la source. Le deuxième volet, c’est la création d’un véritable Etat moderne, un État de droit. Aujourd’hui, nous avons une monarchie avec une Constitution, nous n’avons pas une monarchie constitutionnelle.

Vous paraissez plus indulgent pour votre oncle Hassan II à la fin de son règne que pour votre cousin Mohammed VI…
Indulgence n’est pas le mot. Mais à la fin de son règne, Hassan II a trouvé le ressort de voir qu’il était dans une impasse. Or, lorsque Mohammed VI accède au pouvoir, il hérite d’une situation de consensus et d’apaisement inédite dans la monarchie marocaine. C’est la première fois que le passage de témoin se passe dans des conditions aussi favorables, tous les autres ont eu lieu dans un moment de troubles et de tensions. Au début, Mohammed VI a hésité. Mais, finalement, nous sommes restés dans la même logique. C’est un rendez-vous raté avec l’Histoire.
Sous Hassan II, il y a eu une alternance avec un gouvernement socialiste coopté. Cela aurait pu mener à la démocratie. Or qu’a fait Mohammed VI ? Il a abandonné la logique démocratique pour un gouvernement de technocrates en 2002 - dirigé par Driss Jettou - , puis cinq ans après, avec un autre issu de l’Istiqlal - parti de l’indépendance dirigé par Abbas El-Fassi - qui a été vidé de toutes ses prérogatives avec la création de commissions royales et de hautes instances. A partir de 2007-2008, Mohammed VI s’apprêtait à donner le coup de grâce avec la création d’un nouveau parti, le PAM - Parti authenticité et modernité - . Il ne reculera qu’avec les mouvements populaires et le ” printemps arabe “, le secours d’une nouvelle Constitution qui crée beaucoup d’ambiguïtés, et une méthode utilisée avec les socialistes : créer un renouvellement de façade avec les islamistes du PJD - Parti de la justice et du développement - . On amène de nouvelles élites que l’on vampirise, pour les lâcher ensuite comme des zombies sans vie. Pour moi, tout cela rentre dans la logique de la continuité. On joue le temps, on vide la coquille de sa substance et on attend que la pression descende.
**
Hassan II avait trop de passion pour le métier de roi, ce qui l’a poussé vers l’absolutisme. Avec Mohammed VI, c’est le contraire  : un manque de passion qui a fait que la démocratisation n’a pas abouti. Un même résultat avec deux personnalités différentes.

Vous avez soutenu le ” printemps arabe ” et prédit la chute des monarchies arabes, mais pas une n’a bougé
…Bahreïn est une occupation saoudienne ! Oui, j’ai été proche des familles royales saoudienne et jordanienne, mais se respecter, c’est aussi respecter les opinions des autres. Aujourd’hui, ces monarchies m’en veulent beaucoup, parce qu’on estime que je me suis retourné contre ma race. Il n’y a pas d’exception marocaine, il y a un avantage monarchique. C’est un système qui n’est pas entièrement fermé  : il y a des vannes et des soupapes. Mais je pense que les soupapes ne sont pas assez grandes pour évacuer la pression. Le changement de génération, de classe moyenne, la récession en Europe, sont autant de nouveaux paramètres. La vraie exception, ce n’est pas le Maroc. La vraie exception du monde arabe, c’est la Tunisie, et ça le reste. Mais la fascination pour l’autoritarisme dans la région s’est cassée. Le sentiment d’impuissance aussi.

Quelle solution pour le Sahara occidental, qui reste un problème épineux ?
Le Maroc bute sur le Sahara parce qu’il n’a pas de projet de démocratisation. Le problème du Sahara est le même que celui du Maroc : au lieu d’engager les gens sur une base citoyenne, on les a engagés sur des bases clientélistes. Et le clientélisme ne donne rien. Cette décentralisation va forcément devoir intégrer des principes de droit international. Je veux m’en tenir là, parce que si je dis ” autodétermination “, nous allons entrer dans des qualificatifs de ” traître à la patrie “, etc. Mais forcément, cette décentralisation doit être au diapason du droit international. Tout le reste est une question de négociations.
Propos recueillis par Isabelle Mandraud



vendredi 25 octobre 2013

Affaire Anouzla : Jamaï et les avocats vont s’expliquer mardi 22/10

Par demainonline, 21/10/2013

Abderrahim Jamaï, l'un des quatre avocats d'Ali Anouzla (Photo DR)
Abderrahim Jamaï, l’un des quatre avocats d’Ali Anouzla (Photo DR)
Le mardi prochain, à 16h00, au Club des avocats de Rabat, rue Afghanistan, dans le quartier de l’Océan, les quatre avocats du journaliste Ali Anouzla, maîtres Abderrahim Jamaï, Abderrahman Benameur, Khalid Soufiani et Naïma El Guellaf, accompagnés d’Aboubakr Jamaï, vont tenir une conférence de presse dans laquelle ils expliqueront ce qui se passe dans la défense du directeur de Lakome après l’apparition d’un nouveau avocat, Hassan Semlali.
En effet, depuis quelques jours, Me Semlali, qui s’est présenté comme nouvel avocat d’Ali Anouzla, a commencé à gérer la défense de ce dernier sans en informer le quatuor qui jusqu’à présent a mené la charge.
Après le fameux communiqué de lundi 14 octobre, dans lequel Anouzla annonçait la suspension de son site, sans en convenir apparemment avec l’autre fondateur, Aboubakr Jamaï, il y a eu, une décision jugée brutale par les supporters du journaliste, le changement de serrures des locaux du même site, ainsi que l’ordre donné à l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications) qui a, avec la complicité de Maroc Télécom, a rendu inaccessible depuis le Maroc la consultation des deux sites de Lakome (arabe et français).
Il est donc apparu urgent pour ses premiers défenseurs de donner une explication à l’opinion publique marocaine. D’autant plus que Hassan Semlali, qui dans la passé a défendu Anouzla dans d’autres affaires, a commencé à parler de l’affaire Anouzla comme s’il était son seul défenseur.
Semlali, un proche d’Ilias El Omari, le dirigeant du PAM, le « parti de Sidna », aurait été selon l’entourage de Jamaï à l’origine du dernier communiqué d’Anouzla. Celui-ci aurait été rédigé et tapé dans son cabinet. De même, d’après le dernier communiqué de Jamaï, Semlali aurait reconnu lors d’un échange tendu avoir été celui qui a transmis aux autorités marocaines la demande de suspension des deux sites.
Demain, lundi, le quatuor d’avocats visitera Ali Anouzla dans la prison de Salé pour s’enquérir de ses intentions. De cette rencontre découle leur décision de continuer ou non à assurer la défense de leur client.

jeudi 30 mai 2013

Festival Debout tout le monde pour la justice, la paix et le désarmement nucléaire, qui aura lieu à Crozon le dimanche 9 juin 2013

Demande de soutien pour le festival Debout tout le monde pour la justice la paix et le désarmement nucléaire qui aura lieu à Crozon le dimanche 9 juin 2013
Nous, associations et organisations de Bretagne et de l'Ouest, membres du réseau ICAN France, avons décidé à l'issue du Forum pour la paix tenu à Brest en Septembre 2012 d'engager une grande opération de ré-information de l'opinion publique dans cette région qui accueille sur la base des sous-marins nucléaires de l'île longue de l'ordre de 90 % des armes nucléaires françaises.
Cette campagne va connaître une étape décisive le dimanche 9 juin 2013 à l'occasion du festival dénommé : « festival debout tout le monde, pour la justice, la paix et le désarmement nucléaire »
Ce festival se déroulera le dimanche 9 juin sur le petit port du Fret, face la base de sous-marins nucléaires de l'île longue où est mis en œuvre actuellement le programme de modernisation des armes nucléaires dénommé programme M 51, dont un spécimen d'un coût de 120 à 150 millions d'Euros a récemment explosé en plein vol au large de Penmarc'h.
Nous avons inscrit ce festival dans le cadre des campagnes du réseau ICAN (campagne internationale pour l'élimination des armes nucléaires).
Nous avons lancé une campagne massive d'information et d'éducation populaire sur tous les départements de l'Ouest.
Cette initiative répond à la volonté de créer un événement ou pour le moins, un acte politique fort pour lancer le débat sur ces questions quelques semaines après la publication du Livre blanc de la Défense et à quelques semaines du dépôt du projet de loi de programmation militaire.
A ce stade de leur mobilisation, dont vous pourrez prendre connaissance de l'ampleur par consultation du site Web que nous avons créé à cet effet, nous sollicitons le soutien de tous ceux qui partagent notre souhait que la France s'engage résolument, avec les autres puissances nucléaires, dans la mise en œuvre d'une convention internationale d'élimination des armes nucléaires.
Nous espérons que votre soutien puisse s'exprimer de 3 manières:
  • politique en demandant à chaque personne de partager l'information sur ce festival à travers ses réseaux sociaux et sites web etc, en participant à ce festival
  • en apportant un soutien financier à cette opération conduite entièrement par des bénévoles. Les versements peuvent se faire par chèque à adresser à "mouvement de la paix- festival" ; ou paiement par Paypal
    Vous recevrez pour chaque versement une attestation vous permettant de déduire 66% de la somme versée du montant des vos impôts.
En espérant votre soutien nous vous invitons à prendre connaissance de notre travail à travers la consultation, de notre site internet http://culturedelapaix.org/festivaljusticepaix/
Cordialement
Pour le collectif d'organisation
Roland NIVET - Mouvement de la paix
Hervé Cadiou (université européenne de la paix)

jeudi 21 mars 2013

Am, Stram, Gram

Par Salah Elayoubi, demainonline, 19/3/2013

Salah Elayoubi

J’ignore si vous avez quelques réminiscences de votre plus tendre jeunesse. Pour ma part, petit garçon, j’imaginais le monde des adultes peuplé de « bon pères de famille ». Des gens sérieux, travailleurs, intègres, honnêtes et dignes ! Il ne pouvait en être autrement, dans mon esprit où s’étaient enracinés les fondamentaux inculqués par le triumvirat famille, école, sport.
Famille mise à part, l’école, comme la compétition sportive fut un extraordinaire champ d’expérimentation de la vie sociale. On y percevait déjà les bribes de ce que chacun d’entre nous allait devenir. Il y avait les sages, les excités. Les timides, les effrontés. Les courageux, les lâches. Les surdoués, les maladroits. Les travailleurs et les paresseux.
Je me souviens que les pires de tous étaient les flagorneurs, ceux que le langage populaire appelle communément les fayots, les cireurs de bottes. Encore que le respect que je dois à cette catégorie professionnelle honnête et besogneuse, m’interdit de l’associer aux premiers.
Les fayots, un genre honni de tous, y compris par l’objet même de leur admiration, le maître d’école, le coach ou le gros bras de service, lesquels, sans doute conscients de leur capacité de nuisance, surmontaient l’aversion qu’ils leur inspiraient et les gardaient sous le coude. Ils étaient capables du pire : vous trahir, vous dénoncer, tricher sur un point décisif ou encore se ranger aux côtés du plus fort pour vous humilier, vous battre comme plâtre ou vous arracher votre « quatre heures ».
En grandissant, je compris pourquoi tant de mes compatriotes avaient renoncé à la politique, dégoûtés par le spectacle puéril du microcosme politique marocain qui s’était mis à ressembler à ce que je viens d’énoncer plus haut : une cour de récréation.
Petit flash-back. Souvenez-vous de la photo de classe, le jour de la nomination du gouvernement actuel. Une véritable foire d’empoignes, immortalisée par le regard froid des caméras. Elle  avait opposé les ailiers pour leur éviter la relégation au deuxième rang et leur permettre de se rapprocher le plus possible du centre, objet de toutes les convoitises. Bassima Hakaoui, en avait fait les frais. Elle avait proprement disparu, préférant s’effacer, face à la puissante offensive d’un Benabdallah déterminé, au guidon de sa moustache et de son légendaire opportunisme et celui de ses collègues,  jouant misérablement des coudes et des épaules.
Des écoliers  auraient eu plus de considération pour une camarade féminine et un extraterrestre qui aurait assisté à cette bataille de chiffonniers, pour une dérisoire place au premier rang, aurait tout compris de nos hommes politiques et de la suite dont elle augurait. Avec Benabdallah et les siens, ces drôles de gauchistes, dont une malformation congénitale avait placé le cœur à l’extrême-droite et les a fait depuis toujours, loucher sur la dictature, Comme Chimène sur Rodrigue (1), on croyait alors, avoir tout vu des trajectoires de la compromission et de la honte. « Changer les choses de l’intérieur »  prétextaient-ils, pour expliquer l’inexplicable.
Avec le PJD, nous avons droit à un remake de l’insupportable. Le même leitmotiv décliné à la mode barbue. Les déclarations se suivent et se ressemblent, les signes de la courtisanerie aussi. Comme ce ministre de la santé publique, absent ou atone, lorsque la mort qui rôdait à Anfgou ou ailleurs, commandait sa présence, auprès des familles des victimes et qui se montre soudain si présent et si obséquieux qu’il en devient lourd et envahissant, dès lors qu’il s’agit du lancement d’un plan national des urgences médicales , en présence du chef de l’Etat. Un moment pitoyable où notre homme affiche en tête de liste des motivations ayant poussé son département à réaliser le projet en question, les instructions de Sa Majesté. Par la grâce du fayotage,  et de la flagornerie, voilà les souffrances de nos compatriotes, les besoins de la population,  la programmation des réalisations et la loi de finance, passés à la trappe. Souvenez-vous, le cancre de la classe, n’agissait pas autrement, lorsque convoqué au tableau,  il  encensait le maître pour lui faire oublier ses lacunes.
Et lorsque notre chef du gouvernement reçoit la presse étrangère, avec un décorum à la gloire du roi, dressé pour la circonstance, derrière lui,  et qu’il entame ses réponses si indigentes, avec « je vais vous dire », ou encore « écoutez », on s’attendrait presque à l’entendre prononcer le fameux « Plouf », annonciateur du rituel de notre enfance « Am, stram, gram, Pic et pic et colégram, Bour et bour et ratatam, Am, stram, gram ».
Soixante trois (63)  fois, il aura prononcé  « Sa majesté », pour expliquer à Isabelle Mandraud (Le Monde), Bruno Daroux (RFI) et Xavier Lambrechts (TV5)  interloqués, qu’il n’a aucun pouvoir et qu’il ne sait rien d’autre que ce qu’on voudrait bien lui dire de ce Maroc, dont il est pourtant supposé conduire les affaires. Même lorsque notre ami fait mine d’endosser un soupçon de responsabilité, comme sur l’affaire du Mali, le courage ne l’étouffe pas puisqu’il s’empresse aussitôt de désigner le chef de l’Etat, dans le but de ne pas heurter l’aile extrémiste de son mouvement, farouchement opposée à l’aventure malienne : « Ce n’est pas moi, c’est l’autre…..! »
Et comme toute indigence de la réflexion ou des neurones s’accompagne le plus souvent de brutalités ou de menaces à peine voilées, notre homme, revanchard, reprend du poil de la bête, dès lors qu’il s’agit d’affronter la presse marocaine complaisante ou ses collègues du parlement. Le plus souvent en faisant assaut  de hurlements, de froncements de sourcils et de sous-entendus vengeurs.
Ainsi va la vie dans la plus belle récréation du monde, en attendant que retentisse la cloche qui renverra tout ce petit monde à ses études.
Salah Elayoubi
(1)  Le Cid de Corneille

mardi 15 janvier 2013

Le pays des Droits de l'Homme contre les Droits de l'Homme au Sahara occidental

Par PhilippeBolopion, 13/1/2013
Dans le journal  LEMONDE l'article " Sahara occidental: LA FRANCE contre les droits de l'homme"

L'auteur Philippe Bolopion, directeur ONU de Human Rights Watch, explique le comportement de la diplomatie française (du temps de sarkozy) vis à vis du problème du sahara occidental.
"Les évènements qui ont embrasé El-Ayoun, la capitale du Sahara occidental, le 8 novembre, devraient convaincre la diplomatie française de changer de cap sur un dossier peu connu, mais qui embarrasse jusqu'aux plus aguerris de ses diplomates. Depuis plusieurs années, à l'abri des portes closes du Conseil de sécurité de l'ONU, la France use du pouvoir de dissuasion que lui confère son droit de veto pour tenir les Nations unies à l'écart des questions touchant au respect des droits de l'homme dans le territoire annexé par son allié marocain en 1975".
La protection de FRANCE à l'égard de son protégé est clairement mise en lumière.
"Si ces évènements s'étaient déroulés en République démocratique du Congo, en Haïti ou au Soudan, des experts en droits de l'homme de l'ONU auraient immédiatement été dépêchés sur place pour établir une version objective des événements et informer le Conseil de sécurité, contribuant ainsi à apaiser les tensions. La présence d'observateurs de l'ONU aurait aussi pu s'avérer dissuasive pour les forces de sécurité marocaines qui ont à plusieurs reprises, selon notre enquête, passé à tabac des personnes arrêtées à la suite des troubles."
L'abus de la FRANCE de son droit de veto est manifeste. Le peuple sahraoui a eu le malheur d'être occupé par le Royaume du MAROC.
Est ce que la FRANCE DE HOLLANDE aura la sagesse de rectifier  le tir . Il faut savoir que des personnalités françaises sont investies (Le plus souvent offert) dans le royaume de sa majesté.

 URL: http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/22/sahara-occidental-la-france-contre-les-droits-de-l-homme_1456151_3232.html

dimanche 25 novembre 2012

Le Monde traite élogieusement Driss El Yazami de " proche du Makhzen"

Le Monde rend justice à Driss El Yazami
par Demain online, 24/11/2012

Cela fait des années qu’un certaine presse impertinente accuse Driss El Yazami, l’ancien responsable de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme) et actuel patron de Conseil national des droits de l’homme (CNDH, la boutique des droits de l’homme du régime), et également grand Manitou du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME, le KGB chargé de contrôler les résidents marocains à l’étranger), d’être un affreux makhzenien.

Naturellement, l’intéressé répond à qui veut le croire qu’il n’en est rien qu’il a fait juste le pari, selon ses dires, d’accompagner le régime sur le bon chemin de la démocratie et du respect des droits de l’homme.
Avec des prisons marocaines regorgeant de prisonniers politiques, le tabassage ordonné de toute forme de manifestation, le retour de la torture, devenue systématique selon l’envoyé des Nations unies, et une presse complètement soumise aux desiderata du pouvoir, la route vers la démocratie d’El Yazami est plutôt un chemin de croix.
La seule réussite d’El Yazami est la mise en boîte de la FIDH, dont l’actuelle présidente, la Tunisienne Souhayr Belhassen est plus offensive quand il s’agit de dénoncer son pays d’origine, où des élections démocratiques et transparente ont pourtant eu lieu, que le Makhzen où règne un monarque absolu de droit divin.
Il n’empêche, Driss El Yazami vient d’être défini tel qu’il est réellement par le « journal de référence » Le Monde. Dans un article intitulé « Maroc, une année de cohabitation », l’envoyée spéciale au Maroc du quotidien du soir traite Driss El Yazami de « proche du Makhzen », c’est-à-dire,quand on sait comment fonctionne la relation Makhzen-sujets, de pantin béni oui-oui, de marionnette tels l’ancien Premier ministre Driss Jettou et l’ancien ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, cités également dans la liste des makhzeniens.
El Yazami est tout de même considéré par le quotidien parisien comme un « militant des droits de l’homme ». A la bonne heure ! Si ça peut lui servir d’être « militant des droits de l’homme » dans un pays où il n’y a ni « droits » ni même un vrai « homme » capable de dire au sultan ses quatre vérités….

samedi 13 août 2011

HOGRA – L’immolation qui dérange les autorités marocaines (« El Pais »)

Par Le Monde, 12/8/ 2011

Mi-décembre, dans la foulée du suicide de Mohammed Bouazizi en Tunisie, le monde découvrait la hogra, ce mot arabe qui désigne le mépris et l'arbitraire avec lesquels certaines tranches de la population du Maghreb se sentent traitées par les autorités, mais aussi la détresse, le mal-être et l'impression de n'avoir plus d'issue. Dans ce blog, nous consacrions fin janvier une note à la vague de suicides par le feu qui avait touché l'Algérie cet hiver.


Il y a quelques jours encore, le Maroc ne connaissait pas le phénomène des "immolés de la hogra". C'est le journal espagnol El Pais qui met en lumière, ce vendredi, l'histoire de Hamid Kanouni, déjà abordée par quelques sites consacrés à l'actualité marocaine.

Hamid Kanouni.
Hamid Kanouni.



Le 7 août, le jeune homme de 27 ans s'est aspergé d'essence et s'est fait brûler devant le commissariat de Berkane, dans le nord-est du Maroc. Transféré dans un hôpital de Casablanca, il est mort le lendemain. "C’est la hogra. Ils m’ont méprisé. Mon gagne-pain est perdu", auraient été ses derniers mots, selon un ami qui l'accompagnait dans l'ambulance.

Les versions divergent sur les raisons qui ont poussé Hamid Kanouni à s'immoler par le feu. Le jeune homme était un marchand ambulant de pain, son commerce se résumant à la charrette qu'il poussait dans les rues de Berkane. Il était en conflit avec une boulangère de la ville, qui l'avait employé un temps et n'appréciait pas de le voir stationner à proximité de sa boutique. "Les clients de l’établissement convoitaient davantage le pain fabriqué par Hamid", assure Info Maroc.net.

Après une énième dispute, la boulangère aurait demandé à la police d'intervenir. Selon le président de la branche locale de l'Association marocaine des droits de l'homme, cité par El Pais, "la police l'a battu, insulté et a saisi la voiture" avec le pain, qu'elle a détruit.

Une version confirmée par plusieurs témoignages mais que dément la police. Citées par l'agence de presse MAP, les autorités assurent que le vendeur ambulant s'était "réconcilié" avec la boulangère, que "sa marchandise a été détruite par un inconnu" pendant qu'il était au commissariat et qu'il s'est immolé "à proximité du commissariat". Il aurait attribué son geste, avant son transfert à l'hôpital, "à ses relations tendues avec la propriétaire du four qui l'employait dans son local avant de le renvoyer".

A Rabat, l'histoire semble déranger. Jusqu'au démenti de la police, aucune information n'avait été publiée sur le sujet par l'agence MAP. Surtout, assure El Pais, la police aurait essayé de convaincre la famille que Hamid Kanouni soit enterré à Casablanca plutôt qu'à Fès, sa ville natale, où habite sa famille. Finalement, son cercueil a été transféré à Fès. L'ambulance qui le transportait est tombée en panne, et l'autre véhicule envoyé n'est arrivé qu'à minuit. Dans le cimetière, raconte El Pais, il y avait beaucoup de monde, mais il n'y a pas eu de mouvement de protestation.
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NDLR SOLIDMAR : Une centaine de commentaires, à la suite de cette information, certains très préoccupants,  témoignent de l'émotion suscitée par cette affaire.

Commentaire de  Med | le 12 août 2011 à 17:36
L’information donnée par El País est fiable, elle émane de Ignacio Cembrero, le meilleur spécialiste du Maroc de la presse occidentale qui connait très bien le Maroc pour y avoir très longtemps vécu et travaillé mais qui avait du le quitter tant le régime lui faisait des « ennuis ». Ses connaissances des rouages du pouvoir à Rabat n’ont pas d’équivalent dans la presse française d’ordinaire si dévouée au régime.
L’agence de presse officielle du Maroc MAP n’est qu’une caisse de résonance d’une des pires dictatures qui soit au monde, ce que tout observateur un peu sérieux du Maroc ne peut que reconnaître. MAP est la championne de la manipulation de l’information et elle est coutumière des communiqués modifiés selon les désirs du pouvoir.
L’affaire de Berkane est assez révélatrice de l’ambiance d’un pays où le pouvoir de nuisance des forces de l’ordre est sans limite autre que les volontés du sommet de cette dictature. Il faut en outre savoir que le pouvoir de Rabat entretient une cellule d’intervention dans la blogosphère et le courrier des lecteurs des journaux, en particulier français, elle est composée de personnes qui se relaient en permanence pour contrer toute information qui risque de gêner le régime, ces intervenants ne sont que téléguidés par le ministère de l’intérieur, donc par le Palais de Rabat. Ce ne sont pas des « trolls » comme le pensent certains, mais d’authentiques agents rétribués par l’Etat pour créer des contre-feux aux informations qui déplaisent.
Il faut encore savoir que le Maroc entretient une cellule chargée de suivre tous les travaux de recherche universitaires qui en Europe, mettent leur nez au Maroc, qu’il existe encore une autre cellule chargée de « fliquer » les personnes marocaines qui travaillent en Europe et sont politiquement ou syndicalement actives, cette cellule travaille de conserve avec les consulats marocains qui leur fournissent la liste des ressortissants de leur circonscription. Cette cellule vérifie encore par exemple que les enfants de ces travailleurs émigrés ou simplement de ceux qui ont la double nationalité sont bien sous le contrôle d’associations culturelles ou religieuses « inspirées » par le pouvoir de Rabat. Les Marocains en Europe (France, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Italie essentiellement) sont l’objet d’un authentique « flicage » de tous leurs faits et gestes.
Tous ces « réseaux » de surveillance montrent à quel point la dictature marocaine craint comme la peste la circulation des idées, elle risquerait de véhiculer des idées de contestation du régime. C’est donc par la peur que les Marocains à l’étranger sont tenus par un système policier infiniment pire que l’ancien système du bloc soviétique défunt. Le système marocain ne peut être comparé qu’au système hitlérien chargé de poursuivre l’opposition qui avait du fuir hors d’Allemagne.
Sachant cela, on comprend vite comment fonctionne le système à l’intérieur même du Maroc. Quelque chose de bien pire que le système Ben Ali en Tunisie. Tout cela se fait bien entendu avec la complicité active ou tacite des pays européens, en particulier en France et en Espagne. Seuls, les Pays-Bas dénoncent régulièrement cet état des choses, eux connaissent en particulier la politique marocaine de surveillance des Berbères marocains qui s’organisent pour tenter de ne pas trop subir les pressions de la dictature de leur pays d’origine.
C’est dans un tel cadre qu’il faut considérer l’affaire de Berkane qui alarme bien sûr le pouvoir du Maroc « officiel »… Il existe heureusement un autre Maroc, malheureusement peu connu donc peu soutenu en Europe.
Souhaitons qu’une prise de conscience puisse avoir lieu chez nous dans des délais raisonnables… faute de quoi, certains pourraient avoir bientôt mauvaise conscience d’avoir laissé faire et surtout de n’avoir rien dit pour dénoncer l’infecte dictature alaouite (et son bras armé qui se nomme « le Makhzen » – le pouvoir régalien de la monarchie). Prenez donc garde à des informations tendant à faire croire que ce régime se « démocratise ». Il n’en est rien.

NDLR SOLIDMAR : Cette immolation par désespoir n’est cependant pas un phénomène nouveau ni unique au Maroc. En 2001 des diplômés chômeurs aveugles et handicapés moteurs ont décidé de s’immoler collectivement, après une très longue grève de la faim. Pour qu’ils abandonnent ce projet, le pouvoir, averti par des pétitions, leur a promis des emplois. Ces promesses n’ont pas été tenues, et depuis ces actes de désespoir se sont multipliés, mais la presse ne s’en est fait l’écho que rarement. La dernière immolation date de février : une jeune mère de famille, Fadoua Laroui qui n’a pas supporté d’être chassée de son gourbi par la police et mise à la rue avec ses enfants, a mis fin à ces jours en s'immolant par le feu.

L'article d'El País

El suicidio que conmueve a Marruecos

Rabat intenta impedir un estallido social después de que Hamid Kanuni se quemara a lo bonzo tras ser maltratado por la policía en Berkane

IGNACIO CEMBRERO | Madrid 11/08/2011
http://www.elpais.com/articulo/internacional/suicidio/conmueve/Marruecos/elpepuint/20110811elpepuint_14/Tes
"He padecido la hogra. (...) He perdido mi pequeño sustento". Estas fueron algunas de las últimas palabras que pronunció Hamid Kanuni, de 27 años, según su amigo Faisal, autorizado a subir a bordo de la ambulancia que le transportó de Berkane (noreste de Marruecos) hasta el hospital universitario de Casablanca, donde falleció el martes.
Su historia es casi idéntica a la de Mohamed Buazizi, el joven tunecino que se inmoló el pasado diciembre
La hogra es esa palabra con la que desde hace una década los jóvenes argelinos primero, y ahora el conjunto del Magreb, describen el desprecio y la arbitrariedad con los que son tratados por las autoridades. Kanuni, vendedor ambulante de pan, la sufrió el domingo y se rebeló prendiéndose fuego a lo bonzo ante la comisaría central de Berkane (80.000 habitantes).
Su historia es casi idéntica a la de Mohamed Buazizi, el joven tunecino que se inmoló el 17 de diciembre ante el Gobierno Civil en Sidi Buzid y falleció días después a consecuencia de las heridas. Su gesto fue el detonante de la revolución tunecina que cuatro semanas después expulsó al dictador, el presidente Zine el Abidine Ben Ali, del poder. En Marruecos no ha sucedido nada parecido.
"Kanuni vendía pan cerca de una panadería", cuenta Abderrahim Saddiqi, presidente de la sección local de la Asociación Marroquí de Derechos Humanos. "Al dueño de la panadería no le gustó y llamó a la policía tras enfrentarse al vendedor", prosigue. "La policía le golpeó, le insultó y se incautó del carro" con el pan, que destruyó.
Hamid reaccionó, según su amigo Faisal, "comprando cinco litros de gasolina y rociándose el cuerpo. (...) Se inmoló ante la comisaría". Entre policías y transeúntes apagaron las llamas y le condujeron al hospital Adrak de Berkane, pero ante la gravedad de su estado los médicos decidieron trasladarle en ambulancia al hospital universitario de Casablanca.
Las autoridades no ahorraron esfuerzos para evitar un estallido social. Enviaron unidades de Fuerzas Auxiliares (antidisturbios) a Berkane al tiempo que el fiscal de la ciudad prometió abrir una investigación. La agencia de prensa oficial, MAP, ignoró primero el suicidio, y solo rompió su silencio para difundir una versión policial que recoge una declaración del joven vendedor hecha en la ambulancia, pese a que, según Faisal, el joven estuvo casi todo el tiempo en coma. En ella atribuye su inmolación a la pelea con el panadero y exime a la policía.
Paralelamente, intentaron convencer a la familia del vendedor de que fuese enterrado en Casablanca y no en Fez, donde residen sus padres. "Los responsables quieren impedir así cualquier tipo de protesta", señaló Mustafá Kanuni, hermano del difunto, a la web informativa Lakome.
Los familiares no aceptaron, pero sí accedieron, en cambio, a que fuese inhumado nada más llegar el féretro a Fez. La ambulancia en la que viajaba el ataúd se averió el miércoles en el camino. Hubo que esperar a que estuviese disponible otro vehículo y, finalmente, el cuerpo de Kanuni llegó a su destino a última hora de la noche. Fue entonces, poco antes de medianoche, cuando se llevó a cabo el sepelio. Acudió mucha gente al cementerio, pero no hubo protestas.
Desde que Mohamed Buazizi se quemó a lo bonzo, decenas de magrebíes, incluida alguna madre de familia con hijos pequeños, se han inmolado. El pasado fin de semana cerca de Tipaza, a 70 kilómetros de Argel, se alcanzó el cénit del horror cuando un padre roció con gasolina su cuerpo y el de sus dos hijos, de cuatro y dos años, y les prendió fuego, al no haber conseguido una vivienda oficial. Todos están hospitalizados con graves quemaduras.