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mercredi 9 septembre 2015

Lourde défaite judiciaire de Benkirane à Madrid



Benkiki Cembrero

L’Audience nationale (Audiencia Nacional), la plus haute juridiction pénale d’Espagne, vient de classer pour la troisième fois la plainte du chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane contre l’ancien journaliste du journal El País, Ignacio Cembrero.
Ce dernier était poursuivi pour « apologie du terrorisme » pour avoir publié dans son blog d’El Pais une vidéo d’AQMI appelant à la révolte contre le régime marocain.
Le journaliste n’avait pourtant laissé, comme l’a reconnu à plusieurs reprises la justice espagnole, aucun doute sur la nature propagandistique et « terroriste » du message diffusé par AQMI.
C’est en fait la quatrième fois que la justice espagnole, procureur ou magistrat, classe cette même plainte sans que cela n’affecte l’envie effrénée de l’exécutif marocain de faire juger le journaliste.
On peut donc affirmer qu’après quatre tentatives, qui ont coûté beaucoup d’argent aux arcanes publiques marocaines, ce classement est une lourde défaite pour Benkirane et son gouvernement.

Car aucun recours n’est possible contre cette décision.
En seulement quelques mois, c’est la deuxième déconvenue judiciaire de l’establishment marocain face à un journaliste. La première a été l’acquittement par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris du journaliste Ahmed Réda Benchemsi. Il était poursuivi par le secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi, pour « diffamation ».
Détail important : ces deux Bérézina ont eu lieu devant des juridictions étrangères. Si cela avait eu lieu au Maroc, où la justice ne brille pas par son indépendance, le résultat aurait été différent….

Rédaction Demain
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Le Mardi 8 septembre 2015 17h56, IGNACIO CEMBRERO <icembrero@gmail.com> a écrit :
La Audiencia Nacional de España archiva por tercera vez la querella del Gobierno de Marruecos contra el ex periodista de El País, Ignacio Cembrero, por enaltecimiento del terrorismo. La Fiscalía ya archivó en junio de 2014 una denuncia del Ejecutivo marroquí por el mismo asunto. Ya no cabe ningún recurso.
 
L’Audience Nationale, la plus haute instance pénale d’Espagne, classe pour la troisième fois la plainte du gouvernement du Maroc contre l’ancien journaliste du journal El País, Ignacio Cembrero, pour apologie du terrorisme. Le procureur avait déjà classé, en juin 2014, une dénonciation de l’Exécutif Marocain. Contre ces deux décisions aucun recours n’est possible.
National Audience, highest criminal court in Spain, rejected for the third time the complaint of the Government of Morocco against former El País newspaper journalist Ignacio Cembrero for advocating terrorism. The Prosecutor had already classed a similar denunciation of Moroccan Government in june 2014. Against both decisions no appeal is possible.

samedi 16 mai 2015

La justice espagnole rejette pour la troisième fois la plainte de Benkirane contre Cembrero et El Pais



Ignacio Cembrero (Photo DR)
Ignacio Cembrero (Photo DR)


Le juge Javier Gómez Bermúdez de l’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, a classé aujourd’hui, et ce pour la deuxième fois, la plainte déposée par le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane contre l’ancien directeur du quotidien El Pais, Javier Moreno et le journaliste Ignacio Cembrero pour « apologie du terrorisme ».
El Pais et Cembrero étaient poursuivis pour une vidéo d’AQMI que le journaliste avait diffusé dans son blog.
Le magistrat signale dans ses attendus que le journaliste ne laisse aucun doute sur la nature « terroriste » du message diffusé par AQMI dans la vidéo.
C’est la deuxième fois que le juge Javier Gómez Bermúdez classe la plainte de Benkirane et la troisième fois que la justice espagnole renvoie la plainte du chef du gouvernement marocain.
Cembrero croit que Benkirane va faire appel. Mais il est plus que probable que la justice espagnole classera une quatrième fois la plainte du chef du gouvernement.
Benkiki, qui a perdu beaucoup d’argent des arcanes publiques dans cette affaire, croit-il que la justice espagnole est la même que celle de Ramid ?
Demain

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URL courte: http://www.demainonline.com/?p=39575

mardi 6 janvier 2015

WikiLeaks marocain: le corbeau «ne semble pas professionnel»


media Capture d'écran du compte Twitter de @Chris_Coleman24 . DR
Depuis le 3 octobre 2014, un anonyme qui se fait appeler @Chris_Coleman24 publie sur Twitter des centaines de documents qui dévoilent les dessous de la diplomatie marocaine, dans une sorte de WikiLeaks version marocaine, qui met en cause des membres de la famille royale, des ministres, dont celui des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, des diplomates, les services de renseignements marocains mais également des sociétés privées.
Qui est-cet homme ? Que nous apprend-il sur le Maroc ? Les documents sont-ils authentiques ? Comment réagissent les autorités face à ce WikiLeaks marocain ? Au micro de RFI, Ignacio Cembrero, journaliste en Espagne et spécialiste du Maroc, revient sur l’affaire.
On est absolument sûr de l’authenticité des câbles diplomatiques : il n’y a pas eu de démentis des autorités marocaines qui n’ont même pas dit que les câbles avaient été manipulés (…) Pour les autres documents, j’ai également tendance à croire qu'ils sont authentiques
Ignacio Cembrero analyse les documents publiés par @Chris_Coleman24 05/01/2015

 http://www.rfi.fr/afrique/20150105-wikileaks-maroc-corbeau-professionnel-coleman24-cembrero/

samedi 27 décembre 2014

Un journaliste espagnol révèle : «Les Français ne sont pas les seuls à être corrompus par Rabat»

Rafik Meddour, 

/
Le journaliste Ignacio Cembrero. D. R.
Ignacio Cembrero


Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, qui a couvert l’actualité du Maghreb pour le quotidien El Pais, vient de jeter un autre pavé dans la mare bien pestilentielle du Maroc, en attestant que le régime de Rabat a corrompu des journalistes d’autres nations, notamment des Américains et des Italiens. 
Dans une tribune publiée sur le site Orient XXI, ce journaliste espagnol assure, en effet, que d'autres journalistes ont bel et bien reçu de l'argent du Maroc en contrepartie d’articles orientés en faveur du régime de Rabat et contre l’Algérie et le Front Polisario. «Les agents de la DGED (renseignement intérieur) et leurs collaborateurs parviennent, moyennant finances, à ce que des journalistes et des think tanks français, américains et même italiens produisent des articles et des analyses favorables aux thèses du Maroc et préjudiciables à l’Algérie et au Front Polisario qui revendiquent, depuis 1973, l’indépendance du Sahara Occidental», écrit Cembrero qui confirme dans ce sillage que la DGED s’emploie aussi, à travers des intermédiaires, à séduire le lobby juif aux Etats-Unis dans l’espoir qu’il pèsera auprès de l’administration Obama pour qu’elle soit plus compréhensive avec les thèses marocaines sur le Sahara. Le journaliste d’El Pais dit également avoir appris qu’Israël et le Maroc maintenaient, du moins en 2011 et 2102, un dialogue politique permanent, alors que l’armée israélienne continue de massacrer des Palestiniens, hommes, femmes et enfants.
 Après avoir lu des centaines de câbles mis en ligne depuis le 2 octobre par le fameux profil anonyme «@chris_coleman24», le journaliste Ignacio Cembrero arrive à la conclusion que «le Maroc voit le monde à travers la lorgnette du Sahara». Ainsi, «ce bout de désert, affirme-t-il, est partout, dans les réunions du Conseil d’association avec l’Union européenne, dans les visites ministérielles en Europe ou dans les relations avec des pays aussi lointains que le Paraguay». Cela explique ainsi l’acharnement du Makhzen contre l’Algérie qu’il accuse d’être derrière ses revers diplomatiques sur ce dossier dont semble dépendre l’avenir de la monarchie. Ces documents confidentiels, mis en ligne par ce fameux Chris Coleman, qui se présente comme un Marocain installé à l’étranger, ont le mérite de mettre à nu la grande hypocrisie du régime marocain, qui use et abuse de méthodes et pratiques répréhensibles pour faire passer son projet d’autonomie du Sahara Occidental. En vain.

mardi 16 décembre 2014

Un « Wikileaks marocain » qui secoue le pouvoir


Le monde vu à travers le prisme du Sahara occidental


Depuis deux mois, un faux profil met en ligne sur Twitter les secrets du royaume. Gouvernement et partis politiques n’osent ni analyser ni débattre des conséquences du piratage de milliers de câbles de la diplomatie marocaine.

En apparence il n’est pas très professionnel, et pourtant il a réussi à mettre sens dessus dessous les autorités du pays réputé le plus stable de l’Afrique du Nord : le Maroc. Depuis le 2 octobre, un profil anonyme (@chris_coleman24)1 distille sur Twitter des centaines de câbles de la diplomatie marocaine, de la Direction générale des études et de la documentation (DGED) — l’équivalent marocain de la Central Intelligence Agency (CIA) américaine ou de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française — et aussi des courriels d’hommes de presse apparemment proches. Il a même mis en ligne des photos privées, comme celles du mariage de la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, Mbarka Bouaida, qui n’ont guère d’intérêt.
Tout cela est déversé sur le réseau dans le désordre le plus total — certains documents sont même mis en ligne trois fois — et dans les formats les plus divers. Celui qui se fait passer pour Chris Coleman, l’entraîneur de la sélection de football galloise, a commencé son déballage sur Facebook. Sa page a été fermée. Il a alors émigré sur Twitter, mais son compte a subi le même sort jusqu’à ce qu’il parvienne à convaincre l’entreprise de le rouvrir.
Ses tweets renvoyaient à des documents mis en ligne sur des sites de stockage et de partage de fichiers tels Dropbox, Mediafire ou 4Shared, mais sur ces supports, ses comptes ont été clôturés. «  C’est vrai que depuis quelques jours, le Makhzen2 a multiplié ses menaces pour me décourager  », se plaignait-il sur Twitter. «  Il a mobilisé d’importantes ressources, notamment financières, pour empêcher la diffusion des informations  », ajoutait-il, tout en promettant de continuer à se battre au risque de sa vie. Les métadonnées qui accompagnent ses tweets donnent à penser qu’il est au Maroc, mais il se peut qu’il ait réussi le tour de force de tromper Twitter sur l’endroit où il se trouve.

Un État fâché avec les Nations unies

samedi 15 novembre 2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero

 

TelQuel, 14/11/2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero
Le journaliste Ignacio Cembrero. Crédit : DR

La justice espagnole va rouvrir l’enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.
Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».
Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.
Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

dimanche 7 septembre 2014

L'Etat islamique rêve de conquérir Al-Andalus

Par Kapitalis, 6/9/2014
Etat-islamique-Espagne-Banniere
«Je vous dis que l'Espagne est la terre de nos ancêtres et nous allons la conquérir, inchallah», lance, en espagnol, un jihadiste marocain dans une vidéo tournée cet été en Syrie.

Par Ignacio Cembrero (Traduit de l'espagnol par Abdelatif Ben Salem)

L'Etat islamique (EI), l'organisation terroriste probablement la plus puissante que l'histoire ait jamais connue, caresse le rêve de libérer Al-Andalus.
Cette terre qui rappelle aux musulmans le temps de leur splendeur passée. Mais son rêve ne se limite pas seulement à l'actuelle Andalousie, il englobe la totalité de la péninsule ibérique, à l'exception d'une partie de la Corniche Cantabrique et d'une petite portion du sud-est de la France.
Au cours de cet été, et au fur et à mesure que l'EI étendait son pouvoir sur les territoires syriens et irakiens – s'emparant du tiers environ de chaque pays – certains de ses chefs se sont rappelés au bon souvenir d'une Espagne qui fut dominée pendant huit siècles par l'islam (du VIIIe au XVe) estimant que le temps pour qu'elle réintègre la Oumma musulmane est venu.
«Je vous dis que l'Espagne est la terre de nos ancêtres et nous allons la conquérir, inchallah.» C'est en espagnol, que la nouvelle fut annoncée dans une vidéo postée au mois de juillet dernier par un jihadiste originaire de nord du Maroc, qui a été identifié par le quotidien ''Al-Massaa'' de Casablanca comme étant Noureddine Majdoubi, présenté dans la séquence de vidéo, en espagnol également, par un autre terroriste, un certain Slaheddine Ghaitoun (tué juste après le tournage de la vidéo).
A l'heure actuelle, on compte plus de 1.200 Marocains engagés aux côtés de l'EL parmi lesquels on dénombre une cinquantaine d'Espagnols ou de résidents étrangers en Espagne environ.
La production jihadiste en vidéo traitant du thème d'Al-Andalus a été riche cet été. Même Mohamed Hamdouch, plus connu par le sobriquet «Kokito» a publiquement joint sa voix pour exprimer son envie de revenir en Espagne pour la «conquérir». Marocain de Castillejos, marié à une Espagnole, M. Hamdouch a vécu un temps dans le quartier du Príncipe à Sabta. Il s'était fait connaître en postant sur les réseaux sociaux au printemps dernier, une photo de lui exhibant fièrement les têtes coupées de cinq Syriens qu'il venait d'assassiner.
Mohamed-Hamduch-alias-Kokito
Le jihadiste marocain Mohamed Hamduch alias Kokito en Syrie.
Photomontages de monuments historiques

L'autre manière de revendiquer cette «conquête» consiste à poster sur des comptes Twitter des photomontages de monuments historiques érigés au temps de l'Espagne musulmane, comme par exemple le palais fortifié de d'Aljafería à Saragosse (Al-Ja'fariyya, construit au XIe par Abû Ja'afar Ahmad al-Muqtadir, XIe roitelet de l'Etat indépendant de Saraqusta sur laquelle régna la dynastie taifa de Banû Hûd(1)), ou encore l'Alhambra (Borj al-Hamra') de Grenade, en insérant au premier plan le drapeau noir de l'EI frappée d'une inscription en arabe «Nous sommes tous l'Etat islamique.» Mais il arrive parfois que le monument choisi n'ait aucun rapport avec le modèle d'architecture musulmane, tel le Sacré-Cœur construit au sommet du Mont Orgull à San Sébastien, sur lequel, suivant le même procédé, les adeptes de l'EI ont apposé le drapeau noir, bien qu'il n'y eu aucune présence musulmane sur la côte basque.
L'Espagne constitue l'un des objectifs stratégiques du «Jihad global», a reconnu le ministre de l'Intérieur Jorge Fernádez Díaz peu de temps après le démantèlement d'une cellule terroriste. Plus grave, le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a lancé à la fin de la semaine dernière cette mise en garde: «Je suis certain, que si nous ne faisons pas attention, l'Etat islamique en Irak et en Syrie atteindra l'Europe dans un mois et l'Amérique dans deux mois au plus tard».
Nonobstant, les rêves jihadistes, même dans un infime mesure, ne deviendront jamais réalité. A preuve l'Egyptien Ayman Zawahiri, l'actuel leader d'une Al-Qaïda en chute libre, à longtemps gesticulé, exigeant lui aussi le «rétablissement d'Al-Andalus musulman», allant même jusqu'à comparer Sabta et Melilia à la Tchétchénie sous l'occupation russe. Mais depuis 2004, à peine si l'Espagne a été touchée par des attentats terroristes islamistes.
Carte-Etat-islamique
Carte de l'Etat islamique projeté par Aboubakr Al-Baghdadi.
Des proclamations incendiaires
Certains spécialistes comme Abdallah Rami, chercheur au Centre marocain des sciences sociales (CMSC) estime que pour l'EL, «Al-Andalus est un objectif tellement brumeux qu'à peine s'il lui accorde la moindre importance».
Contrairement à Al-Qaïda, qui a tenté de frapper tantôt à gauche, tantôt à droite, l'EI, malgré ses déclarations incendiaires, donne l'impression d'être concentrée plutôt sur la consolidation de son pouvoir en Syrie et en Irak.
Le «calife» Aboubakr Al-Baghdadi, chef de ce mastodonte jihadiste, a bien évoqué la conquête de Bagdad comme capitale du Califat abbasside et de Damas comme capitale des Omeyyades, mais n'a pas mentionné Cordoue, capitale du Califat omeyyade en Andalousie. Pour l'heure, le risque ne peut venir que de ceux qu'on appelle les loups solitaires, ces jeunes auto-radicalisés, tentés d'entreprendre une guerre à leur propre compte.
Certains experts comme Mohamed Tozy, politologue marocain connu, insistent pour dire qu'Al-Andalus ne constitue pas uniquement un espace géographique, mais va au-delà de ce simple constat, car «il incarne au yeux de L'EI le mythe de l'unité musulmane, mais aussi le mythe d'une grande civilisation perçue comme une alternative à la civilisation occidentale sur laquelle il compte étendre son hégémonie».
«La revendication d'une nouvelle conquête d'Al-Andalus est plus qu'un problème de perception ou, pour être précis, d'hallucination idéologique, écrivait Kamel Daoud journaliste au ''Quotidien d'Oran'', il s'agit pour nous [Arabes] de l'obligation de reconnaître enfin notre responsabilité dans la fabrication d'une génération qui, sans présent ni futur, s'est précipité corps et âme dans un abominable délire sur son propre passé».

Source : ''El Mundo'' - Madrid
Illustration : Le drapeau noir de l'Etat islamique collé sur la photo du palais d'Al-Ja'fariyya de Saragosse.
Note:
1) Les précisions historiques sont du traducteur (N.d.T).

samedi 5 juillet 2014

Le Makhzen furieux : Ignacio Cembrero récupéré par « El Mundo »

 Ignacio Cembrero (Photo DR)

Ignacio Cembrero (Photo DR)
Ignacio Cembrero, l’ex-correspondant du quotidien espagnol El Pais, qui avait démissionné de manière fracassante du journal où il avait travaillé quasiment toute sa vie après que sa direction se soit couchée devant les remontrances du Makhzen, vient de rejoindre l’autre grand quotidien espagnol El Mundo.

Son blog Orilla Sur (Rive Sud), qu’il animait dans El Pais, a été récupéré par El Mundo, et Cembrero a publié d’ailleurs hier son premier article intitulé : Extraditado por España, torturado por Marruecos (Extradé par l’Espagne, torturé par le Maroc), où il raconte la tragique histoire d’Ali Aarrass, ce belgo-marocain remis à la DST, la police politique marocaine dirigée par Abdellatif Hammouchi, par le gouvernement « socialiste » de José Luis Rodriguez Zapatero en 2010, et affreusement torturé.
Le retour de Cembrero tombe très mal pour le Makhzen et pour son faire-valoir dans cette affaire le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Non seulement le procureur de l’Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, a archivé, le mardi 17 juin, la plainte de Benkirane contre Cembrero, mais ce dernier revient donc en force. 
El Mundo est certes le deuxième quotidien en diffusion en sa version papier, après El Pais, mais il est le premier site électronique espagnol, devant El Pais.
Et surtout, El Mundo est connu pour être peu réceptif aux pressions marocaines. Des informations qui ne passent généralement presque jamais dans El Pais sont aisément publiables dans El Mundo.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=32753

samedi 21 juin 2014

Affaire Anouzla : Le parquet Espagnol met à nu la Justice marocaine

  Par Alif Post

Affaire Anouzla : Le parquet Espagnol refuse la plainte du Maroc contre El Pais et met à nu la Justice marocaine

Affaire Anouzla : Le parquet Espagnol refuse la plainte du Maroc contre El Pais et met à nu la Justice marocaine
L’audience nationale, la plus haute Cour en Espagne, vient de refuser la plainte déposée par le Chef du Gouvernement Marocain Abdelilah Benkirane contre le journal El Pais et le journaliste Ignacio Cembrero Alifpost-Analyse - 20 يونيو، 2014 
 
L’audience nationale, la plus haute Cour en Espagne, vient de refuser la plainte déposée par le Chef du Gouvernement Marocain Abdelilah Benkirane contre le journal El Pais et  le journaliste Ignacio Cembrero pour avoir publié une vidéo attribuée à Al-Qaida au Maghreb Islamique, qui menace Maroc. Cette décision judiciaire constitue un embarras majeur pour la justice marocaine, qui poursuit le journaliste Ali Anouzla parce qu’il a publié sur le site Lakome un lien vers l’article d’El Pais.
L’audience nationale a estimé qu’El Pais et Cembrero n’ont fait que leur travail dans le cadre de la liberté d’information, ne commettant ainsi aucune infraction.   Selon El Pais, la Cour a estimé qu’il n’y a pas de preuve pour justifier une enquête avec le journaliste et le journal. En conséquence, le dossier est classé, et la Cour va dans les prochains jours notifier à l’avocat des autorités marocaines les justifications juridiques de son rejet de la plainte.
Alifpost avait publié un article il y a quelques jours qui préfigurait la décision de l’audience nationale. De même, quand le ministre de la Justice Mustafa Ramid avait annoncé la décision du Maroc d’attaquer en justice El Pais, Alifpost avait publié une analyse qui penchait pour le rejet de la plainte, pour deux raisons. 
La première est que dans les cas de vraie menace terroriste ou d’apologie de terrorisme, le parquet espagnol se mobiliste très vite. En effet, les lois espagnoles anti-terrorisme sont parmi les plus avancées dans le monde parce que ce pays a souffert du terrorisme de l’ETA depuis les années soixante et ainsi développé tout un arsenal juridique approprié. Dans le cas d’El Pais, il n’y avait aucune preuve d’apologie du terrorisme.
La deuxième raison est que la publication par les médias d’une vidéo au contenu terroriste est une pratique courante qui relève du travail d’information. D’ailleurs, c’est ce qu’a dit le journal américain Washington Post lorsqu’il consacré le 2 Octobre dernier un éditorial à l’arrestation d’Ali Anouzla. Le 19 mai dernier, le journal prestigieux est revenu à la charge en exigeant que le Roi Mohammed VI arrête la poursuite contre Anouzla.
Non seulement les autorités du Maroc ont refusé d’écouter les experts de droit espagnol qui leur avaient déconseillé de s’engager dans une bataille juridique perdue d’avance, et se trouver dans une posture très inconfortable à l’échelle nationale et internationale, mais elles se sont adressées à un avocat dont la réputation est pour le moins louche.  Me José Luiz Sanz Arribas a défendu des personnes impliquées dans le coup d’Etat militaire de 1981 en Espagne et certains membres de la mafia et des trafiquants d’armes.
D’ailleurs, selon les sources d’Alifpost, le Maroc a versé à cet avocat une première avance de 115.000 Euros lors de l’ouverture du dossier, soit environ 1.300.000 dirhams, sur un total d’honoraires de 3.000.000 dirhams. Cependant, cette information n’est pas encore confirmée.
A la lumière de ces développements, comment réagira le système judiciaire marocain dans le dossier d’Ali Anouzla ?  En effet, la justice espagnole qui a une image solide en matière de lutte antiterroriste et dispose d’un arsenal juridique sophistiqué, a rejeté la plainte du Maroc contre El Pais qui a publié la vidéo d’AQMI. Au Maroc, où le site Lakome arabophone n’a fait que publier le lien vers le site d’El Pais, la justice poursuite Ali Anouzla pour apologie du terrorisme. A l’opposé de la justice espagnole connue mondialement pour son indépendance, l’image de la justice marocaine dans le monde est celle d’une justice des « instructions ». Elle se trouve, encore une fois, devant une véritable épreuve.

Affaire Anouzla : revers judiciaire pour Benkirane face à Cembrero


La justice espagnole a rejeté la plainte déposée par Abdelilah Benkirane contre le journaliste espagnol Ignacio Cembrero.


Affaire Anouzla : revers judiciaire pour Benkirane face à Cembrero
Ignacio Cembrero. Crédit : AFP

L’Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, a décidé, mardi 17 juin, de classer sans suite une plainte déposée par le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane.
L’affaire remonte à décembre 2013. Après les remous provoqués par l’affaire Ali Anouzla, poursuivi au Maroc selon la loi antiterroriste pour avoir diffusé le lien pointant vers une vidéo d’Al Qaïda, Abdelilah Benkirane avait annoncé qu’il engageait, au nom du gouvernement marocain, des poursuites à l’encontre du journaliste d’El País pour avoir diffusé cette même vidéo sur un blog de son journal.
Une plainte est déposée en Espagne à l’encontre de Cembrero et de son ancien employeur El País pour apologie du terrorisme.
Le journaliste espagnol a publié un tweet pour annoncer la nouvelle :
— Ignacio Cembrero (@icembrero) 18 Juin 2014
Si la décision de la justice espagnole signifie la fin des poursuites à l’encontre d’Ignacio Cembrero, il n’en va pas de même pour le journaliste Ali Anouzla. L’ancien directeur du journal électronique Lakome est toujours poursuivi pour aide matérielle, apologie et incitation au terrorisme. Après avoir été maintenu en détention provisoire du 17 septembre au 25 octobre 2013, le journaliste marocain est toujours poursuivi, et encourt jusqu’à 20 ans de prison.
En 2014, Reporters sans frontières, qui demande l’abandon des charges contre le journaliste, a fait figurer Ali Anouzla au rang des « 100 héros de l’information ».

La justice espagnole déboute le chef du gouvernement marocain Benkirane


Dans un monde aux prises avec plusieurs menaces, dont le terrorisme international, les journalistes ont le devoir d’en informer la population. C’est, entre autres, l’accès à cette information cruciale qui aidera les citoyens à faire la part des choses entre les dangers réels et les fantasmes et donc à prendre les bonnes décisions au moment opportun. C'est donc l'accès à cette donnée et non sa dissimulation qui fera de la population la plus solide et la plus efficace des défenses face aux menaces qui guettent un pays.

Tout ou presque avait commencé le 13 septembre 2013. L’illustre journaliste espagnol Ignacio Cembrero avait mis sur son blog ''Orilla Sur'' hébergé sur le site d’El País une vidéo imputée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et où le réseau terroriste fustigeait la monarchie alaouite et appelait les jeunes marocains à la renverser. Le spécialiste du Maghreb au quotidien ibérique avait pris la précaution d’usage dans le traitement journalistique de ce domaine sensible de préciser dans sa chronique, entre autres, qu’il s’agissait là d’un document de propagande du groupe terroriste. Le 17 septembre, son ancien canard avait retiré la vidéo controversée de son blog. Mais, cela n’avait pas eu l’air de suffire pour calmer la grogne des autorités marocaines.

Rejet de la plainte d’Abdelilah Benkirane contre le journaliste Ignacio Cembrero

Le 20 décembre, l’islamiste Benkirane avait, au nom de son gouvernement, porté plainte contre le journaliste espagnol (et son patron au moment des faits) pour ''apologie du terrorisme''. Une démarche intervenue plusieurs semaines après l’arrestation, le 17 septembre, du journaliste marocain Ali Anouzla pour avoir mis sur son site arabophone d’information Lakome un lien menant au blog du journaliste Cembrero qui hébérgeait la fameuse vidéo d'AQMI. Sa mise en garde à l’intention de ses lecteurs à l’effet qu’il s’agissait là d’un document de propagande de réseau terroriste n’avait pas non plus calmé la colère des autorités ni lui avait épargné une triple et gravissime accusation: ''apologie'', ''incitation'' et ''aide matérielle'' au terrorisme. On y reviendra ci-dessous.
Après avoir ouvert une enquête en date du 20 mars 2014, le procureur de la plus haute instance pénale d'Espagne s’est rendu compte que ni M. Cembrero ni son patron de l'époque n’avaient commis le moindre délit et a par conséquent rejeté en date du 17 juin la plainte du chef du gouvernement marocain. La plainte a donc été définitivement classée!
Quelques semaines après le dépôt de la plainte de M. Benkirane, le journaliste  Une annonce qui avait alors choqué, du moins attristé plusieurs de ses lecteurs du Maghreb et d’ailleurs. Le flot des commentaires outrés sur la page du groupe Facebook qu’il administre, ''Maghreb Information'', et sur plusieurs pages personnelles a montré sa popularité et le rejet d’une telle décision. Le 30 avril, M. Cembrero a quitté son journal.
La décision du magistrat de l’Audience nationale (Audiencia Nacional) n’est pas une surprise puisque ce qu’avait fait le journaliste espagnol est conforme aux règles de l’art dans le domaine journalistique. D’ailleurs, de grands médias électroniques en Occident diffusent assez régulièrement à la télévision et sur leurs sites web des vidéos de groupes ou réseaux terroristes car cela fait partie du devoir qu’ont les journalistes d’informer le public des dangers que représentent de tels groupes extrémistes pour leur sécurité. Les autorités de ces pays sont de leur côté conscientes du fait qu’une population informée de cette menace est mieux à même d’y faire face. C’est pourquoi il arrive régulièrement dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, à nombre d’anciens agents des services secrets et de responsables de sécurité nationale de participer, aux côtés de spécialistes universitaires et de journalistes, à l’analyse de vidéos diffusées sur le web par des groupes terroristes en général et Al-Qaïda en particulier.


Et Ali Anouzla dans tout cela?
Comme on l’a vu ci-dessus le directeur du site arabophone Lakome, Ali Anouzla, reste sous le coup de trois chefs d’accusation inappropriées et absurdes et court donc le risque d’écoper d’une peine de vingt ans de réclusion criminelle.
Si le journaliste marocain bénéficie depuis le 25 octobre de liberté provisoire, c’est grâce à la mobilisation de la société civile marocaine, à la solidarité internationale d’organisations de professionnels et de défense des droits humains et aux fortes pressions exercées par le ministère américain des affaires étrangères sur Rabat. D’ailleurs, Reporters sans frontières en a fait cette année un de ses "100 héros de l’information" et l’ONG américaine Project on Middle East Democracy lui a, le 8 mai, décerné (ainsi qu’au directeur du site francophone de Lakome Aboubakr Jamaï) le "Prix POMED: Leaders pour la démocratie".
En dépit de ses différentes démarches, son site demeure à ce jour censuré par l’autorité de tutelle, l’ANRT.
Le Maroc ferait mieux de méditer la triple poursuite engagée contre le journaliste Anouzla à la lumière de la décision du magistrat espagnol et tirer les conclusions qui s’imposent... C’est dans l’intérêt du pouvoir en place d’en prendre acte et d’annuler inconditionnellement et rapidement les charges qu’on lui reproche. Il en va de son image dans le reste du monde et au pays.
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Le journaliste espagnol a donc eu sa revanche sur le chef du gouvernement marocain et sur son ancien patron. Cela dit, la démarche du pouvoir marocain dans cette affaire est contre-productive. Dans le monde fluide dans lequel nous vivons, l’information circule à la vitesse de la lumière. Toute atteinte à la dignité humaine fait le tour du monde en un laps de temps très court. Quand un régime engloutit des sommes faramineuses dans sa campagne de relations publiques en Occident, la dernière chose dont il aurait besoin, c’est de saboter lui-même sa propre campagne d’image en s’en prenant par exemple à des journalistes.
19 juin 2014
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La justice espagnole assène une magistrale gifle à Benkirane

Demainonline, 19/6/2014

benkiki cembrero

Le procureur de la plus haute instance pénale d’Espagne rejette la plainte de Benkirane et du Makhzen contre le journaliste espagnole Ignacio Cembrero. 
Le procureur de l’Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, à archivé, le mardi 17 juin, la plainte du premier ministre du Maroc, Abdelillah Benkirane, contre celui qui était à l’époque le directeur d’El País (Javier Moreno) et contre l’auteur du blog Orilla Sur (Ignacio Cembrero) hébergé sur le site du journal.
Le procureur considère qu’ils n’ont commis aucun délit.
Cette décision sera communiquée dans les prochains jours au Gouvernement du Maroc à travers le Ministère de la justice espagnol, d’après des sources judiciaires.
Benkirane avait porté plainte, le 20 décembre 2013, au nom du Gouvernement du Maroc, pour « apologie du terrorisme », contre Cembrero (article 578 du code pénal espagnol). Ce journaliste d’El País avait mis sur son blog, le 13 septembre 2013, la première vidéo d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) entièrement consacrée au Maroc. Dans le « papier » qui accompagnait la vidéo il y disait que c’était un document de propagande terroriste et que le Maroc avait été le pays d’Afrique du Nord le plus épargné par les attaques d’AQMI grâce à l’efficacité de ses forces de sécurité et à la légitimité de sa monarchie comparée aux républiques arabes environnantes.
La vidéo, qu’El País retira du blog le 17 septembre, est toujours visible sur d’autres sites, notamment américains et spécialisés en terrorisme comme TRAC. Benkirane n’a pas porté plainte contre eux. En Espagne le Ministère de l’intérieur a également mis sur son site, le 22 juin 2013, la vidéo d’un jihadiste espagnol de Ceuta qui s’immole en Syrie en faisant sauter un bâtiment.
Benkirane s’est fait représenter en Espagne par l’avocat José Luis Sanz Arribas. Au cours de sa longue carrière il a défendu, entre autres, deux militaires impliqués dans la tentative de coup d’État de 1981. Il a aussi été l’avocat du chef mafieux italien Giovanni Greco, extradé par l’Espagne en Italie, et du trafiquant d’armes d’origine syrienne Monzer al Kasser, extradé aux États-Unis.
Sanz Arribas a formulé sa plainte auprès du Procureur général de l’Etat (équivalent espagnol du Procureur général de la République en France), ce qui est légal mais atypique. Celui-ci ne peut traiter directement la plainte mais seulement la transmettre au procureur de l’Audience nationale ce qu’il fit à là mi janvier. En bonne logique Benkirane aurait dû la formuler, selon des sources judiciaires, auprès du juge de permanence de l’Audience nationale mais il ne l’a sans doute pas fait de crainte qu’elle soit tout de suite archivée.
Le procureur de l’Audience nationale n’a pas classée la plainte. Il a ouvert le 20 mars une enquête qui a consisté, pour l’essentiel, à faire traduire la vidéo de l’arabe à l’espagnol et à demander à El País si le document d’AQMI avait pu être consulté à partir du blog Orilla Sur et pendant combien de temps. Une fois son enquête terminée il a classé l’affaire. Aucun recours ne peut être formulé contre cette décision.
Au Maroc le journaliste marocain indépendant Ali Anouzla, directeur du site d’information Lakome à Rabat, a été arrêté, le 17 septembre 2013, et emprisonné pour avoir mis un lien entre un de ses articles et le blog d’Ignacio Cembrero. Il a été accusé par le juge d’instruction d’apologie, d’incitation et d’aide matérielle au terrorisme. Il risque 20 ans de prison. Depuis fin octobre il est en liberté provisoire, grâce notamment aux démarches du Département d’État américain, mais Lakome demeure fermé.
Trois semaines après que la plainte marocaine soit parvenue à l’Audience nationale espagnole, Javier Moreno, à l’époque directeur d’El País, a retiré à Cembrero la couverture journalistique du Maghreb pour l’envoyer à l’équipe qui élabore le quotidien du dimanche. Cembrero a demandé à ce que son transfert soit ajourné jusqu’à ce que la plainte marocaine soit archivée, mais la direction d’El País lui a répondu que sa mutation pressait. Elle lui a donné trois jours ouvrables pour changer de service. Cembrero a quitté El País le 30 avril dernier.
La plainte du Maroc contre El País et Cembrero a été recueillie par de nombreux médias au Maghreb et aussi en France (Le Monde, Libération, L’Express, Le Point, AFP), au Benelux (Le Soir, Volkskrant, L’Essentiel) et en Afrique subsaharienne (Gabon, Sénégal etc). Deux sites spécialisés aux États-Unis s’en sont également fait écho. El País n’a pas repris cette information.
Durant plusieurs mois, le Makhzen, sa presse aux ordres et les marionnettes islamistes, d’Abdelilah Benkirane à El Mostafa Ramid en passant par le ministre de la communication Mustapha El Khalfi, avaient juré partout que l’affaire était grave, qu’elle attentait contre la sécurité du Maroc et qu’on allait voir ce qu’on allait voir.
Finalement, on n’a rien vu. A part le ridicule dans lequel s’est mis volontairement le gouvernement marocain.

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