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samedi 15 novembre 2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero

 

TelQuel, 14/11/2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero
Le journaliste Ignacio Cembrero. Crédit : DR

La justice espagnole va rouvrir l’enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.
Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».
Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.
Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

samedi 28 juin 2014

PJD, du compagnonnage avec la tyrannie, à l’enfer de la compromission


Fin de non-recevoir
Comme il fallait s’y attendre, la justice espagnole a débouté le Maroc, dans sa plainte contre El Pais, pour sa publication de la vidéo intitulée "Maroc, Royaume de la corruption et du despotisme".
On se souvient qu’entre le déclenchement de ce qu’il est désormais convenu d’appeler "l’affaire Ali Anouzla", le 17 septembre 2013 et la plainte du Maroc, le 20 décembre 2013, déposée au titre du deuxième paragraphe de l’article 579.1 du code pénal espagnol, relatif au délit “d’apologie du terrorisme”, il se sera écoulé plus de trois mois. Un sombre trimestre au cours duquel le Maroc a essuyé la campagne de critiques la plus violente et la plus sévère, depuis l’accession au trône de Mohammed VI. Plus de cinquante organisations et associations avaient alors dénoncé l’arrestation du journaliste et s’étaient solidarisées avec lui, suite à son inculpation pour les crimes d’assistance à une entreprise terroriste, de fourniture de logistique à la perpétration d’actes terroristes et d’apologie d’actes de terrorisme.
Le pays ne s’en est toujours pas remis, au vu des dénonciations qui continuent de pleuvoir, à ce jour, comme celles récentes émanant du Washington Post, du New-York Times et du The Economist.
Le journaliste lui, y a d’abord gagné en notoriété internationale, comme nombre de ses confrères qui l’ont précédé dans la tragédie. Il a ensuite été honoré, en même temps qu’Aboubakr Jamaï, le Directeur de la publication francophone de Lakome, du Prix "Leader pour la Démocratie" décerné par l’ONG américaine "Project on Middle East Democracy " (POMED)
Le régime marocain aura donc pris le temps de la réflexion, avant de passer à l’action devant les tribunaux espagnols. Rabat aurait mieux fait de s’abstenir tout court, la justice espagnole étant très peu encline à la compromission avec les dictatures, comme le régime de Mohammed VI, dont le monde entier connaît à présent, la sordide réalité et les travers, sinon les crimes.
Ironie du sort, une seule personne tire son épingle du jeu, l’avocat du Maroc, José Luiz Sanz Arribas, qui, sans le moindre effet de manche se sera vu gratifié d’une avance d’un million de dirhams sur les trois promis en guise d’honoraires. Le tout facturé au contribuable marocain, bien entendu. Mais, n’allez surtout pas espérer de nos responsables qui se sont tant fourvoyés, de s’en tenir là, lorsqu’ils sont rappelés à l’ordre par les réalités des démocraties, avec lesquelles ils sont appelés à traiter. Aux dernières nouvelles, le Maroc aurait fait appel de la décision de la justice espagnole. Les misérables barbus ayant décidé de boire le calice jusqu’à la lie.  Perseverare diabolicum est !!!!!
A l’origine de cette misérable plainte, il y a les déclarations indignes des responsables du PJD, avec à leur tête le chef du gouvernement, son ministre de la justice et celui de la communication. Dans leur acharnement vengeur à enfoncer Ali Anouzla et alors que l’affaire n’avait même pas encore été examinée par un juge d’instruction, le trio s’était fait menaçant et avait promis de s’en prendre à tous ceux qui s’étaient fait l’écho de la vidéo de propagande, dont le quotidien espagnol. Vaste programme. Des dizaines d’autres journaux et sites Internet et des centaines de milliers d’internautes, à travers le monde en avaient fait de même. Difficile de se dédire après ça, sans perdre le peu de crédit qui reste encore au PJD, d’autant que nombreux étaient ceux qui ne manquaient pas de rappeler régulièrement et avec force sarcasmes sur les réseaux sociaux et dans la rue, sa promesse à Benkirane. En plus d’y laisser du crédit, les islamistes de Sa Majesté auront, une fois de plus, fait perdre la face au pays, la justice espagnole n’ayant même pas accepté d’entrer en matière.
La diarrhée verbale à tout bout de champ
En politique, il faut savoir se taire ou à tout le moins ne s’exprimer qu’à bon escient. Au PJD, où l’on ignore tout de la politique, de l’intelligence, de la retenue ou encore du bon sens, on ne sait tout simplement pas se taire. On a la diarrhée verbale facile. La logorrhée irrépressible. De celle qui vient aux désœuvrés. Car au parti, on se trouve fort désœuvré, vidé de toute substance par le diabolique Makhzen. Alors, lorsqu’on a tout perdu, il vous reste la langue, pour donner le change et faire illusion. Bien pendue, et bien fourchue, particulièrement lorsqu’il s’agit de vouer aux gémonies, les contestataires des méthodes du régime ou de simples citoyens révoltés par leurs conditions de vies. Mais un organe bien taiseux, lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux corrompus et aux salauds.

 
Surtout laisser somnoler Pharaon Alors tels des mégères, Benkirane et ses acolytes font dans le commérage. Pour rien. Pour le fun. Pour épater la galerie. Ou simplement pour exister. On glose, on plaisante, on expectore des glaires douteux, on ricane de tout, y compris des sujets les plus graves. Un jour, sur le suicide d’un diplômé chômeur, fatigué de sa condition de misérable. Le lendemain sur les détenus politiques dont on nie jusqu’à l’existence, alors que plus de trois cents d’entre eux hantent les geôles du Makhzen et y subissent les affres de la torture. On s’attaque aux sujets les plus futiles, ceux qui ne prêtent pas à conséquence, les "petits murets", comme les surnomment le marocain, ceux qui ne risquent pas d’empêcher Pharaon de somnoler, comme l’affaire Danone, curieusement devenue sujet d’actualité brûlante, depuis que Mohammed VI s’est dessaisi de ses parts dans la compagnie. Le Chef du gouvernement, fidèle à sa légendaire propension à l’épanchement s’en est même pris aux femmes actives, les accusant, en termes à peine voilés, de participer du délitement de la vie de la famille.
Et lorsque les sujets se font plus sérieux et les questions plus embarrassantes, l’homme botte en touche et fait appel au Créateur ou plutôt aux calendes grecques. La démocratie ? « In chaa Allah », en 2891, question de tempo ! La lutte contre la corruption ? « Bi haouli Allah », en 2672, il faut savoir laisser du temps au temps !
On ne peut s’empêcher de compatir avec le militant de base qui rêvait du Paradis du Pouvoir pour son parti et qui vit l’enfer à voir les élites de ce dernier se compromettre allègrement avec la dictature du Makhzen.

Les idiots utiles de la dictature
L’affaire El País confirme ce que l’on suspectait déjà. On aurait du se méfier de ce parti qui arbore en guise d’armoiries cette lanterne antédiluvienne, instrument du passé. Il n’a pas une once de lumière à dispenser à ses propres troupes. A fortiori au reste du monde. Il est devenu, en quelques mois, l’idiot utile de la dictature marocaine. Ces islamistes-là, dont on se doutait qu’ils ne valaient pas tripette, avant leur investiture, en sont à "compagnonner" avec la tyrannie, lui prêtant aide et assistance, dans les moindres de ses coups fourrés ou complots. Mieux que n’importe quelle juridiction, c’est l’Histoire qui se chargera un jour, de rendre justice aux marocains et de faire renaître à la lumière, la Mère Patrie.


mercredi 19 février 2014

Anouzla: une nouvelle audition programmée le mai, Lakome reste fermé


h24info.ma, 18/2/2014 


Le site Lakome reste suspendu en attendant une notification du parquet adressé à l'ANRT.

Le site Lakome reste suspendu en attendant une notification du parquet adressé à l'ANRT. © AFP


Le journaliste Ali Anouzla comparaissait ce mardi devant le juge d'instruction du tribunal de Salé. L'audience a été une nouvelle fois repoussée.
Ali Anouzla attendra encore pour être fixé sur son sort. Ce mardi, le directeur du site Lakome.com a comparu devant le juge d'instruction de la Cour d'appel de Salé. Ce dernier a de nouveau repoussé l'audience, qui se tiendra finalement le 20 mai prochain. Anouzla s'était présenté devant le juge pour la dernière fois fin décembre.
Sur les raisons d'une telle lenteur de la justice, Me Semlali, avocat du journaliste, nous confie que "le juge a décidé qu'il avait besoin de plus de temps pour compléter son enquête sur le sujet. Nous espérons que cette nouvelle date soit la dernière et à son issue une date du procès soit fixée".

Début janvier, Anouzla avait exprimé sa volonté de relancer son site Lakome. Me Semlali nous avait alors déclaré "je ne sais pas si l’ANRT va accepter cette demande ou pas. Si l’Agence refuse, il pourrait à ce moment s'en remettre à la Justice". Procédure faite, Semlali nous a confié qu'actuellement "l'ANRT demande un ordre du parquet pour procéder à la levée de suspension du site".
 

Pour comprendre l'affaire, lisez notre article: L’affaire Ali Anouzla pour les nuls.

samedi 5 octobre 2013

Entretien. “Ali paie pour le DanielGate”


Propos recueillis par Jules Crétois, TelQuel, 4/10/2013



Entretien. “Ali paie pour le DanielGate”
Aboubakr Jamaï (Aicpress)
L’arrestation du directeur de Lakome a remis sur les devants de la scène Aboubakr Jamaï, le fondateur du défunt Journal Hebdomadaire et actuel  directeur de la version francophone du site. Depuis l’Espagne, où il vit depuis plusieurs années, il multiplie les contacts à l’international pour plaider la cause de son collègue. Entretien.

Comment avez-vous appris l’arrestation de Ali Anouzla ?
Étant en contact constant avec la rédaction de Lakome, j’ai reçu un coup de fil d’un des journalistes qui m’a dit “Ils ont arrêté Ali, ils sont dans la rédaction…“ Cela m’a rappelé des épisodes douloureux du Journal Hebdomadaire. 

Quelle a été votre réaction ?
L’indignation. Ali est une personne honnête et courageuse. Je suis un privilégié de travailler avec lui. Le fait qu’une personne aussi droite se retrouve  aujourd’hui en prison en dit long sur la nature du régime…

Quelle lecture faites-vous de cette arrestation ?
La question est très compliquée. Il y a certainement une logique derrière cette arrestation, peut-être plusieurs. On peut spéculer sur la ou les personnes qui ont pris cette décision. Le ministre de la Justice, Mustafa Ramid, a beau affirmer que cette arrestation est de son ressort, je n’en suis pas totalement convaincu. Il faut rappeler que le simple retour du mot “terrorisme” dans le champ médiatique est le bienvenu pour certains sécuritaires, de nouveau légitimés. Dans l’état des choses, il est difficile de dire qui est derrière cette décision. Une chose est sûre : c’est un test pour la société civile et la presse indépendante, la mobilisation est donc importante.

Êtes-vous déçu par l’attitude du ministre de la Justice du PJD ?
Le PJD est un parti qui vit une sorte de complexe vis-à-vis de tout ce qui est lié au terrorisme. Il ne veut pas apparaître comme “soft” ou laxiste sur la question. Il faut se souvenir qu’en 2003, il a failli être interdit au lendemain des attentats de Casablanca. J’ai aussi l’impression que le PJD répète l’erreur de l’USFP à l’époque où il était au gouvernement : tonner contre la presse pour prouver son envergure de parti dirigeant.

Que pensez-vous du motif de l’arrestation de Ali Anouzla ?
Lakome et Ali paient pour l’enquête sur les carrières de sable, pour le Danielgate… Souvent, les motifs de poursuite officiels ne sont pas les vraies raisons. Les journalistes sont souvent punis pour une accumulation d’articles qui ont déplu mais qui ne justifieraient pas, ou du moins difficilement, une arrestation ou des poursuites.

Mais vous ne vous doutiez pas que publier une vidéo d’AQMI pourrait justement légitimer une arrestation ?
Je l’avoue, j’ai peut-être péché par naïveté : je ne m’y attendais pas. A l’international, tout le monde le dit : selon les standards du journalisme, nous avons juste fait notre travail. Des associations américaines qu’on ne saurait soupçonner de laxisme envers le terrorisme soutiennent Anouzla. Et puis, Lakome est absolument insoupçonnable de ce côté : comment croire que nous pourrions encourager le terrorisme quand on lit le site régulièrement ? Comment croire que Anouzla – qui est à mon sens un progressiste, attaché aux libertés individuelles, laïque – puisse soutenir le jihadisme ?   

Quel est votre statut à Lakome ?
Je suis cofondateur du groupe et, comme c’est inscrit sur le site, directeur de publication de la version francophone. Je donne le feu vert pour les publications. Je suis donc celui qui a publié la vidéo, alors que Ali n’a publié qu’un lien. Aujourd’hui, au vu de la situation, je gère pratiquement la totalité du site.

Donc vous pourriez aussi être attaqué en justice ?
Je l’ai déjà dit et je vous le répète : je suis à la disposition de la justice. Un appel et je me présente.

Le ton de Lakome est très libre. Liez-vous cela à la “libération de la parole” qu’aurait engendrée le Mouvement du 20 février ou à l’outil Internet ?
Effectivement, le 20-Février a changé bien des choses sur ce plan-là. Quant à la presse en ligne, il faut faire attention. Les gens qui pensent que la presse papier indépendante peut mourir et que la presse en ligne prendra le relais se trompent. Il ne faut pas se faire d’illusions : Lakome survit. Grâce à des ONG internationales, entre autres, et parce que nous sommes tous mal payés ou pas payés du tout. Mais il est essentiel que la presse indépendante continue à vivre.

L’existence de Lakome est-elle compromise ?
Nous tiendrons. Encore une fois, nous avons des coûts tellement bas que nous pouvons continuer à vivoter.

Qu’en est-il de la rumeur reliant Lakome à Moulay Hicham ?
Le site n’a aucune relation directe ou indirecte avec le prince et personne ne reçoit un centime de sa part.

Qu’attendez-vous du Code de la presse numérique ?
Honnêtement, je n’en attends rien. Mon travail, aujourd’hui, c’est de toujours penser à comment être le plus indépendant possible de tout cela, tout en prouvant mon sens de l’éthique et ma crédibilité. De nombreux journaux touchent de l’argent public et publient n’importe quoi. Moi, je ne touche rien des Marocains, mais je me dois d’adopter un comportement exemplaire.

Certains vous reprochent, à vous comme à Lakome, d’être dans l’opposition de principe.  
Je ne suis pas d’accord, mais je comprends ce point de vue. Je ne prétends pas à l’objectivité. Je la cherche, mais je ne dis pas que je la trouve. En revanche, je suis dans l’honnêteté et je ne transige pas avec. Là, je défie quiconque de prouver le contraire. Il reste que nous avons une ligne éditoriale. Nous pensons par exemple que le référendum pour la Constitution de juillet 2011 ne représente pas un véritable effort de démocratisation.

La presse est-elle à vos yeux un contre-pouvoir ?
De tout temps et en tout lieux, le sujet le plus important dans la presse a été cette question : qui a le pouvoir et comment il le gère ? Le problème que nous vivons au Maroc, c’est le conformisme de la presse malgré l’illusion de pluralisme quantitatif. Il nous faut un vrai pluralisme qualitatif, un pluralisme de points de vue.

Pensez-vous rentrer au Maroc pour suivre la mobilisation ?
Pour être honnête, c’est un dilemme : rentrer ou pas ? Pour le moment, j’ai pris le parti de rester à l’étranger, de gérer la rédaction de Lakome à distance. Je m’occupe aussi de mobiliser à l’international. Dans une quinzaine de jours, je suis invité aux Etats-Unis et je compte bien en profiter pour communiquer à propos de l’affaire. Je continue aussi à travailler en tant que journaliste sur le sujet. J’étais justement en train d’éplucher des documents de l’ONU et du CCDH, critiques vis-à-vis de la loi antiterroriste et du danger qu’elle représente pour la presse.

Lire aussi :
Libérez Ali Anouzla !
Poursuites. Une loi qui terrorise
Médias & Pouvoirs. La chasse aux sorcières
 http://www.telquel-online.com/content/entretien-%E2%80%9Cali-paie-pour-le-danielgate%E2%80%9D#.Uk_MsdUohNs.facebook

Affaire Ali Anouzla. Mobilisation sans précédent des journalistes marocains


Plus de 90 journalistes exerçant dans le royaume dénoncent l'arrestation d'Ali Anouzla. Une cinquantaine de leurs collègues marocains à l'étranger ont de leur côté poursuivi samedi une grève de la faim symbolique de 24h.
Les journalistes marocains sont mobilisés en faveur de leur collègue Ali Anouzla, arrêté le 17 septembre dernier et incarcéré à la prison de Salé dans le cadre de la loi anti-terroriste.
Dans un communiqué publié le 23 septembre, et qui compte samedi plus de 90 signatures, ils dénoncent les charges «scandaleuses» retenues contre Ali Anouzla (apologie, incitation, et aide matérielle au terrorisme) et exigent sa libération immédiate. «C'est un crime plein et entier commis par le gouvernement marocain afin de mettre un terme à la presse libre et indépendante au Maroc», expliquent-ils.
Le communiqué dénonce également «le silence honteux» du syndicat national de la presse marocaine (SNPM), qui a refusé dans sa première sortie médiatique de soutenir Ali Anouzla, acceptant de fait que le journaliste soit poursuivi sous le coup de la loi anti-terroriste. Face aux nombreuses critiques de la profession suscitées par cette position, la direction du SNPM a tenté de rectifier le tir en demandant aux autorités le 25 septembre d'appliquer le Code de la presse à cette affaire.
Les journalistes marocains exerçant à l'étranger – de plus en plus nombreux depuis la vague de répression de 2009 contre la presse – se sont eux aussi mobilisés en faveur de leur collègue Ali Anouzla. Après les messages de soutien envoyés au Maroc, une cinquantaine d'entre eux ont décidé de mener une grève symbolique de la faim de 24h ce samedi dans leurs pays de résidence respectifs.

Liste des signataires du communiqué des journalistes marocains (au 28/09/2013) :
Laila Anouzla
Hanane Bakour
Alae Bennani
Atimad Salam
Mohamed Taiaa
Ghizlane Amahmoud
Mustapha Bourakkadi
Abdelmjid Ambay
Samad Iach
Amer Chaabane
Salaheddine Lemaizi
Amine Belghazi
Najib Chaouki
Khalid Gueddar
Imad Chokairi
Bilal Mosjid
Imad Boutaib
Ismail Bellaouali
Ranya Sossey Alaoui
Hosni Mokhliss
Mehdi Maryouch
Ali Hassan Dahbi
Anass Iach
Younes Ait Yassine
Mohamed Belkacem
Khalid Oubaamer
Mustapha Azoukah
Moncef Youssef
Mouhib Abdelilah
Meryem Boutouraout
Rachid Bouqsim
Ghassan Wail El Karmouni
Fatiha Aarour
Sara Aajoub
Kawtar Bentaj
Amal Baba Ali
Wadiaa El Mouedden
Jamal Wahbi
Adel Semmar
Wissam El Bouhdaini
Youssef Zeghari
Nbarek Amraou
Montassir Ithri
Ismail Azzam
Mohamed Ezzouak
Fedwa Misk
Abdellah Tourabi
Ghita Zine
Bilal Sate
Mounia Kabiri Kettani
Hassan Jabiri
Sana Guessouss
Ouidade Melhaf
Hayat Kamal El Idrissi
Aicha Akelay
Abdelhakem Kerbouz
Maria Daïf
Omar Labchirit
Ikram Ouchen
Réda Mohsine
Asmae Souitate
Mehdi Lahdidi
Sara Rami
Qods Chebaa
Fatema Salam
Azzeddine Soualha
Mohamed El Youbi
Omar Radi
Imad Stitou
Mohamed Ahmed Odda
Adnane Ahizoune
Mahjoub Feryate
Ikram Bencherif
Nizar Bennamate
Nadia Lamlili
Ahmed Mediani
Kawthar Oudghiri
Khalid Ghali
Hamza Mahfoud
Mohamed Semmouni
Jalal Rafik
Ismail Rouhi
Hicham Ramram
Rachid El Belghiti
Journalistes marocains à l'étranger :
Sarah Raïs
Younes Aït Malek
Azzeddine El Hadef
Anas Bendrif
Mohamed Mohammed Nabil Mouline

Liste des journalistes marocains de l'étranger qui ont participé à la grève de la faim :


http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1420-affaire-ali-anouzla-mobilisation-sans-precedent-des-journalistes-marocains

Le ridicule peut tuer, contrairement au temps de Hassan II où on pouvait bâillonner tout un peuple

Par Fouad Abdelmoumni L'Etat marocain a pu arrêter #FreeAnouzla pour avoir diffusé un lien vers une vidéo prêtée à des terroristes. Que fera-t-il contre l'Espagne, dont l'Etat commet le même crime ? Peut-être annoncera-t-il la conscription de l'ensemble des MarocainEs en âge de porter les armes, afin d'aller occuper l'Espagne et lui faire chèrement payer ce crime absolu ??!
Il faut que le palais et ses exécutants des basses œuvres comprennent enfin qu'en politique actuellement, le ridicule peut tuer, contrairement au temps de Hassan II où on pouvait bâillonner tout un peuple, corrompre une partie significative de ses élites et mettre en prison celles qui refusent de se laisser acheter...

Espagne : le ministère de l’Intérieur publie lui aussi la vidéo d'un groupe terroriste sur son site web

http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1434-le-departement-espagnol-d 

Ali Anouzla : seizième jour !

Seizième jour d'incarcération pour Ali Anouzla et amplification de la grogne internationale contre cette énième exaction du régime contre la liberté de presse et la liberté tout court ! Même au sein de l'administration des deux alliés traditionnels du Maroc, l'heure est à l'indignation !
Pendant ce temps, du fond de son cachot, un petit homme exemplaire de discrétion et d'humilité et qui ne demandait qu'à faire son travail, se trouve propulsé à son corps défendant, au devant de la scène, et devient le héros de la lutte contre la tyrannie et un symbole de courage admiré dans le monde entier !
Le monde entier ? oui ! Sauf dans son propre pays où des lâches, des mythomanes et des suppôts de l'insupportable croient bon devoir l'enfoncer en déclarations indignes, pour se grandir aux yeux du tyran !

Une chose que certains d'entre vous ignorent peut-être: Ali tient son courage exceptionnel de son père qui combattit le colonialisme avec tellement de bravoure que des dizaines de tribus du Sud marocain se reconnurent en lui et adoptèrent le nom Anouzla en hommage à son patriotisme à nul autre pareil. Il ne savait pas qu'à la dictature du colon succéderait une dictature encore plus prédatrice, plus hideuse, plus sournoise et plus violente !!
Tout ça pour ça !!!


Le ministre Mustapha El Khalfi mis à mal par France24

Par Demainonline, 27/9/2013

El khalfi
Mustapha El Khalfi (Photo prise d’écran)
Le ministre islamiste de la communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a été malmené par une journaliste de la chaîne internationale française en arabe France24, au sujet de l’incarcération du journaliste et directeur du site Lakome, Ali Anouzla.
El Khalfi, un ex-journaliste devenu ces dernières années proche de certaines conceptions idéologiques américaines après un long séjour aux Etats-Unis, un séjour payé par l’Oncle Sam, défend, un peu mal, on le voit, une décision qui, comme le signalent la plupart des observateurs, n’a pas été prise par le gouvernement.
C’est en effet, le Palais royal qui a décidé ces poursuites contre Ali Anouzla après l’affaire du pédophile Daniel Galvan, gracié par le roi Mohamed VI. C’est en effet Lakome a mis en lumière le fait que c’est l’entourage du roi qui décide de tout et que ce dernier ne fait que signer des documents qu’il ne lit pas.
Une vérité que le roi n’a pas pardonné au journaliste. Tout comme le fait que le souverain ait été obligé de se dédire en retirant la grâce qu’il avait octroyée au pédophile. Du jamais vu.
Dans cette affaire, la presse indépendante attendait de ce gouvernement qu’il se range de côté dans cette énième affaire de règlement de comptes, mais comme ses prédécesseurs le gouvernement Benkirane a secondé  (on ne va pas dire « choisi » car qu’il n’a pas cette faculté) cette vengeance contre Anouzla.

samedi 28 septembre 2013

Interview : Khalid Jamai sur l’affaire Anouzla

Khalid Jamai, journaliste

Khalid Jamai a bien voulu répondre aux questions de Lakome sur l’affaire Ali Anouzla. Pour lui, cette poursuite est hautement politique et témoigne d’un acharnement qui ne date pas d’hier contre la presse libre au Maroc.
Selon vous, pourquoi le journaliste Ali Anouzla fait objet de poursuite dans le cadre de la loi anti-terroriste ?
Il est erroné de croire que c’est Ali Anouzla qui est visé par cette arrestation. L’objectif est de fermer le site Lakome.  Lakome est une équation qui réunit deux expériences gênantes pour le régime marocain : Le journal Hebdo et Al Jarida Al Oula respectivement dirigée par Abou Bakr Jamai et Ali Anouzla. On se souvient tous comment le pouvoir avait usé de toutes sortes de stratagèmes pour juguler ces deux organes de presse.
Lakome constitue, avec d’autres sites d’information électroniques ce dernier carré de résistance de la liberté d’expression au Maroc. Je pense aussi que la version francophone du site gêne les autorités car son contenu touche les représentations diplomatiques et un public étranger habitués aux dépêches et aux communiqués officiels.
Pensez-vous que la ligne éditoriale de Lakome constitue une menace pour le régime marocain ?
Absolument. Lakome mène des investigations sur des problématiques gênantes pour l’entourage du roi Mohammed VI. Je pense notamment à l’enquête sur les carrières de sable pour laquelle aucun communiqué officiel, ni de la part du Cabinet royal, ni du ministère de l’équipement n’est venu démentir les conclusions de cette enquête. C’est aussi Lakome qui a révélé l’affaire du DanielGate.
Pensez-vous qu’Ali Anouzla a fait de l’apologie du terrorisme en informant les Marocains de l’existence d’une vidéo d’Aqmi qui menace le roi du Maroc ?
Je pense plutôt que la vidéo est un prétexte, car les autorités en croyant arrêter Anouzla pensaient faire cesser le site Lakome de fonctionner.
Certains parlent d’acharnement contre la presse indépendante, partagez-vous cet avis ?
Parfaitement. Les censeurs d’aujourd’hui sont en parfaite harmonie avec ce qu’avaient commencé leurs prédécesseurs quelques années auparavant en fermant un certain nombre d’organes de presse comme Demain, Le Journal Hebdo, Assahifa ou Al Jarida Al Oula. C’est la même logique liberticide contre la liberté de la presse qui continue. Le génie qui a orchestré ce procès contre Anouzla est le même esprit qui a pondu l’incident diplomatique avec l’Espagne sur le rocher Leila et qui a failli coûté une guerre entre le Maroc et L’Espagne au point que Colin Powel écrivit dans ces mémoires "ces Marocains qui m’ont fait perdre 24 heures de ma vie !".
La décision de poursuite contre Anouzla aurait alors un caractère politique ?
Je dirai même qu’il s’agit d’une décision hautement politique qui a été prise au cabinet royal, sinon plus haut. Personne ne pourra me faire croire que  le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane ou son ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid ont pu prendre pareille décision. Je pense qu’ils ont été les derniers à être informés des poursuites engagées contre Ali, mais ceci n’exonère en rien leur responsabilité dans cette histoire, en tant que membres du gouvernement. Ramid est Chef du parquet. Le fait pour lui de ne pas avoir initié les poursuites n’exclut pas sa responsabilité. Je pense aussi que c’est une affaire qui a été montée au niveau de la Direction des Affaires pénales et des Grâces, connue pour se charger de ce genre de dossier et surtout pour ses liens avec certains cercles influents du pouvoir.
Le ministère public n’a-t-il pas pensé aux conséquences désastreuses d’une telle affaire sur l’image du Maroc d’autant qu’un très large mouvement de solidarité à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc s’est constitué en faveur du journaliste Ali Anouzla ?
Mon sentiment est que les autorités marocaines sont conscientes d’enfreindre la loi dans cette affaire. Elles sont dans une logique de répression aveugle qui ne se soucie guère d’une reddition des comptes. Par contre, elles ont sous-estimé les effets d’une telle arrestation. Aujourd’hui, 50 des organisations de défense des droits de l’homme et de libertés de la presse les plus réputées dans le monde s’indignent contre une telle décision. Des tribus sahraouies dont Ali Anouzla est originaire et dont une partie se trouve à Guelmim et l’autre en Mauritanie se sont soulevées contre cette injustice. C’est dire la portée internationale d’une telle décision non réfléchie.
Pensez-vous que le Maroc a eu raison de poursuivre El Pais pour avoir fait un papier sur la vidéo d’AQMI ?
Le ridicule ne tue plus au Maroc ! Je me demande pourquoi Ramid n’attaque pas le site Youtube, tant qu’il y est ! Ou les sites américains qui ont relayé l’information. Mais je ne pense pas que les autorités vont aller  au bout de leur logique liberticide. Jusqu’à maintenant aucune plainte officielle n’a été enregistrée contre le quotidien espagnol. Mais l’intelligence de ce gouvernement n’arrête pas d’égrener des perles. Monsieur El Khalfi, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement nous justifie la plainte contre El Pais par le fait que la vidéo incriminée  a été diffusé en langue arabe. Et là j’ai une question à poser à monsieur le ministre : si la vidéo comportait des expressions diffamatoires à l’égard du roi du Maroc, en anglais ou dans une autre langue, celle-ci aurait été tolérée ?
Le timing de l’arrestation d’Ali Anouzla a-t-il une signification pour vous ?
Je pense que le Makhzen veut nous montrer comment il compte appliquer le contenu de la nouvelle charte de la réforme de la justice et remet ainsi en question la crédibilité de son contenu.
De plus, cette arrestation a été précédé d’une série d’encarts publiés ici et là contre Lakome pour préparer l’opinion publique à une telle décision. Ces articles rappellent la méthode adoptée contre le Journal Hebdo lorsqu’il fut accusé de "5ème colonne", de média pro-polisario ou hostile à l’intégrité territoriale.
Que pensez-vous de la réaction de certains partis politiques concernant cette affaire ?
Ils  restent fidèles à leur vocation. Je vous rappelle le rôle joué par Nabil Benabdellah lorsqu’il était ministre de la Communication ainsi que son acolyte Khalid Nassiri durant l’affaire du Journal Hebdo. On assiste au même modus operandi. On se souvient comment ces deux-là avaient écumé les plateaux de télévisions pour préparer la mise à mort de ce qui restait de la presse libre au Maroc. Le PJD ainsi que les autres partis (MP, RNI, etc…) ont publié des communiqués dans lesquels ils expriment leur solidarité avec ceux qui ont donné l’ordre de poursuivre Ali. La messe est dite. Ces partis partagent une caractéristique qui leur est consubstantielle : ils vont toujours au delà du désir du pouvoir ! 
Votre pronostic sur l’avenir de la presse indépendante ?
Je pense que l’ensemble du peuple marocain et pas seulement la presse sont dans une sorte de « liberté provisoire » qui menace tous les esprits libres et qui se dresse en épouvantail contre toute appréciation critique des centres de décision au Maroc.

jeudi 26 septembre 2013

Titres d'articles publiés sur Solidmar du 15 au 22 septembre 2013

     Une affaire chasse l’autre, la scandaleuse arrestation d’Ali Anouzla éclipse le minable DanielGate . Il faut bien que Sa Majesté se venge...
    Pourtant, et si l’affaire Ali, après l’affaire de”Daniel”, était le deuxième pallier de la vraie marche vers l’Etat de droit tant attendu ?
                                              A notre tour nous demandons :
       Liberté pour Ali !
    Les fosses communes au Sahara occidental qui dénoncent les mensonges d’Etat, passent sous silence.
     Immigration subsaharienne, on voudrait bien croire au changement promis, mais tant d’autres changements ont été promis !