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vendredi 22 juillet 2016

Bassima Hakkaoui commande une enquête sur la pauvreté des enfants au Maroc







ENFANCE - A quelques mois de la fin de son mandat, Bassima Hakkaoui, la ministre PJD de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social met les bouchées doubles. Mardi 22 juin, son projet de loi portant création du Conseil consultatif de la famille et de l'enfance a été adopté à la majorité en deuxième lecture par la Chambre des représentants. 

Et la ministre semble préparer activement la mise en place de ce conseil qui suscite beaucoup d'attentes chez la société civile. Le département de Hakkaoui prépare actuellement, en collaboration avec l'Observatoire national du développement humain, deux études qui porteront respectivement sur la situation des enfants pauvres au Maroc, et sur celle des personnes âgées, selon les Inspirations éco. 

mardi 19 avril 2016

Une manifestation de solidarité avec la femme qui s'est immolée à Kénitra


JUSTICE - De son vivant, on l'appelait "Mmi Fatiha" (Mère Fatiha) ou "la vendeuse de crêpes", du fait de la fonction qu'elle exerçait. Elle habitait au quartier de Oulad Oujih, à Kénitra.
Le 9 avril, selon plusieurs témoignages, la vendeuse aurait été frappée par un caïd, qui lui a arraché son voile et l'a malmenée sur la voie publique. Pour protester contre cet abus, elle s'est dirigée à la moqataâ où siège le caïd, puis s'est immolée par la suite, devant la moqataâ. 

Souffrant de brûlures au troisième degré, elle a été transportée à l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca où elle a succombé à ses blessures. Elle a été enterrée le 13 avril à Kénitra.
Sa fille, Hind, accordera plusieurs interviews à des médias, et participera ainsi à ébruiter l'affaire. "Ma fille, ils m'ont humiliée", a confié Mmi Fatiha à sa fille sur son lit d'hôpital. "Les pauvres ne peuvent-ils plus vivre? La loi est-elle là pour nous protéger ou pour nous faire du tort?", s'interroge Hind, en sanglots, dans une interview avec le site d'information Febrayer.
La cause a ému et indigné les Marocains, qui ont été nombreux à parler de l'affaire, et ont lancé une pétition pour demander que justice soit faite. Ainsi, la vendeuse de crêpes est devenue un symbole de la lutte contre l'abus de pouvoir.

Une manifestation de solidarité
Ce lundi 18 avril, une manifestation de solidarité s'est tenue devant les locaux de la moqataâ du quartier de Oulad Oujih. Celle-là même devant laquelle la vendeuse de crêpes s'est immolée. La manifestation a vu la participation de citoyens, d'activistes et de militants associatifs, de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) et du Mouvement du 20 février notamment. Les manifestants demandent l'ouverture d'une enquête concernant le décès de la femme, ainsi que l'arrestation et le jugement du caïd.
Selon le site d'information Alyaoum24, le parquet général a ordonné, le même jour, l'ouverture d'une enquête sur le décès de la vendeuse de crêpes. Le site rapporte aussi que le ministère de l'Intérieur a dépêché une commission sur les lieux, afin qu'elle mène l'enquête sur les circonstances du décès de Mmi Fatiha, ainsi que les accusations portées contre le caïd.

samedi 15 novembre 2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero

 

TelQuel, 14/11/2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero
Le journaliste Ignacio Cembrero. Crédit : DR

La justice espagnole va rouvrir l’enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.
Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».
Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.
Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

vendredi 8 août 2014

Melilla : Un juge enquête sur la collaboration hispano-marocaine concernant le mauvais traitement des migrants


Un juge espagnol va enquêter sur la collaboration des forces de sécurité marocaines avec la garde civile à Melilla pour contrer l’assaut des migrants survenu le 18 juin dernier. Réclamée par trois ONG qui ont remis une vidéo mettant en cause les agents marocains et espagnols, l’enquête pourrait déboucher sur des sanctions pour mauvais traitements des migrants.
L’action des forces de sécurité marocaines à Melilla pourrait avoir de lourdes conséquences pour quelques agents. Un juge espagnol va en effet enquêter sur la collaboration des forces de sécurité du royaume avec la garde civile pour contrer l’entrée de 400 migrants à Melilla, lors d’une tentative survenue le 18 juin dernier. L’enquête intervient suite à un recours collectif déposé au tribunal d’instruction n°2 de Melilla par trois ONG de défense des droits de l’homme et des migrants : Prodein, Andalousie Accueil et SOS Racisme, indique EFE.

Vidéo accablante pour les forces de sécurité marocaines et espagnoles
Les trois ONG ont déposé une vidéo comme preuve, souligne El Farodigital, en mettant en cause les policiers marocains qui maltraitaient des migrants lors de cet assaut. Plus accablant encore, les agents espagnols déployés sur les lieux n’ont pas réagi et ont laissé agir les forces auxiliaires marocaines alors qu’ils étaient sur les lieux. En faisant une description de la vidéo le juge, Emilio Lamo de Espinosa, explique comment les forces auxiliaires entrent « sur le territoire national (espagnol) », et battent un immigrant, le tout en présence d'un véhicule des forces de sécurité ibériques placé à  « moins de 15 mètres ».  Aucun agent n’est intervenu pour « arrêter cet agissement » des forces marocaines, déplore-t-il sur EFE.
En plus, Emilio Lamo de Espinosa note qu’un groupe d’immigrants qui était entre les deux clôtures a été rapatrié de force au Maroc par les forces auxiliaires alors qu’ils se trouvaient en territoire espagnol et que certains d’entre eux étaient déjà blessés.

Un rapport pour identifier les agents présents lors de l’assaut du 18 juin
Le juge a par ailleurs demandé à la garde civile de présenter un rapport permettant d’« identifier » les agents qui ont été déployés lors de l’assaut du 18 juin dernier, ainsi que le responsable de ce dispositif mis en place durant les faits. Plus précisément, le rapport doit inclure « le protocole suivi dans la journée et les ordres spécifiques reçus par les agents concernant  ​​la façon de procéder avec les immigrés ».

Une Commission rogatoire au Maroc
Il est aussi question dans ce document « d'identifier les policiers qui apparaissent dans la vidéo », et le « membre des forces auxiliaires marocaines qui a frappé un immigrant ». Le juge demande en outre de rappeler « le dispositif qui a été mis en place pour que les immigrants soient expulsés vers le Maroc à travers la porte de la double clôture ». Aucun détail ne sera omis dans le document qui sera présenté par la garde civile.
L’affaire pourrait prendre en tout cas des proportions beaucoup plus sérieuses. Le juge a également demandé l’identification des forces auxiliaires marocaines et des gendarmes qui étaient présents le jour des faits. Pour ce faire, le Maroc devrait mettre en place une commission rogatoire et demander le témoignage des photojournalistes qui ont enregistré la vidéo. Les autorités marocaines devraient donc également répondre des actions des forces de l’ordre à la frontière avec Melilla.

Satisfaction des ONG
Chez les ONG, qui ont déposé le recours collectif et la vidéo de 48 minutes, la satisfaction est de mise. Cela fait plusieurs mois qu’elles dénoncent l’action des agents marocains et espagnols lors des assauts des migrants et le non respect de leurs droits. Elles ont interpellé l’Union Européenne et le Maroc sur cette question par le passé. Pour le coordonnateur de l'équipe juridique d’Andalousie Accueil, José Luis Rodríguez Candela, « les violations de la clôture de Melilla, de lois espagnoles et européennes sont des règles systématiques », la vidéo est un « élément clé » de cette enquête.  
Pour sa part, Mikel Mazkiaran de SOS Racisme estime que l’action des forces de sécurité a été mise à nu dans cette vidéo. « Nous avons entendu des témoignages dans des affaires antérieures et nous savions que ça pourrait constituer un crime, mais les images parlent d'elles-mêmes ». Enfin, Jose Palazón, le président de PRODEIN, l'une des organisations les plus actives dans la défense des droits des migrants, « cette plainte soulève un important précédent en Espagne et en Europe, parce qu’« elle permet de clarifier ce qui est légal ou non dans la conduite de forces de sécurité espagnoles et marocaines ».

vendredi 20 septembre 2013

Affaire Anouzla : Le procureur général espagnol refuse d'ouvrir une enquête contre El País


Le procureur général de l’Etat espagnol a refusé l’ouverture d’une enquête contre le journal El Pais après la diffusion en version arabophone de la vidéo d’Aqmi menaçant le Maroc, a-t-on appris d’Alifpost. « Les conditions d’une accusation ne sont pas encore réunies », d’après le procureur qui attendra ce que le Maroc présentera comme preuve.

« Les lois espagnoles contre le terrorisme sont très sophistiquées en raison de la présence de groupes terroristes comme l’ETA  et des attentats de Madrid de 2004 », a-t-il indiqué. « L'article 578 du droit pénal sur l'incitation au terrorisme ne s’appliquera pas à l'El Pais et aux autres médias parce que le lien d'Al Qaïda ne constitue pas un délit d'incitation au terrorisme », précise la même source. « La décision de la justice espagnole sur ce sujet a été prise depuis que les experts ont discuté de la couverture par les médias des propagandes des terroristes de l’ETA ».

« L’ouverture d’une enquête contre El Pais serait donc la source d’autres procédures contre plusieurs médias espagnols », a-t-il précisé. Toutefois, la requête du Maroc serait étudiée dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays, mais le dossier devrait être rapidement clos en l’absence d’éléments incitant au crime.

http://www.yabiladi.com/articles/details/19767/affaire-anouzla-procureur-general-espagnol.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

mercredi 18 septembre 2013

DanielGate : la police de Rabat convoque un militant du M20F

Répression de la manifestation du 2 août dernier à Rabat


Nabil El Yassmini, militant du Mouvement du 20 février à Kénitra, a été convoqué ce lundi par le chef du service préfectoral de la police judiciaire de Rabat. 

Nabil El Yasmini, membre actif du M20F à Kénitra, a annoncé à Lakome avoir reçu ce lundi une convocation de la police judiciaire de Rabat. Il explique que l'objet de la convocation n'est pas précisé mais que le commissaire de police de Sidi Kacem, qui lui a remis la convocation, l'a informé qu'il s'agit de poursuivre l'enquête dans le cadre de son arrestation la nuit de la manifestation organisée le vendredi 2 août à Rabat, contre la grâce royale accordée au pédophile Daniel Galvan (et retirée depuis).
Il y a une semaine, le journaliste Ibrahim Bidoune a expliqué avoir été convoqué au commissariat de Salé. Selon son témoignage, la police enquête sur les violences commises contre... des éléments des forces de l'ordre pendant la manifestation du 2 août.
Le soir de l'événement, ce sont pourtant les forces de sécurité qui avaient réprimé la manifestation en causant plusieurs blessures chez de nombreux participants, dont des journalistes. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice avaient déclaré ne pas avoir donné d'instructions visant à porter atteinte à l'intégrité physique des manifestants.
Le ministre de l'Intérieur, Mohand Laenser, avait également annoncé l'ouverture d'une enquête, dont les résultats n'ont pas encore été rendus publics à ce jour. De leur côté, les avocats des victimes des violences policières ont annoncé avoir porté une action en justice contre le ministre.
Par ailleurs, l'enquête officielle lancée par le cabinet royal pour déterminer l'origine de «l'erreur» ayant conduit à la grâce du pédophile espagnol, n'a mis que 24 heures pour dédouaner le cabinet royal et rejeter «l'entière responsabilité» de l'affaire sur le Délégué général des prisons, Hafid Benhachem, qui a été démis de ses fonctions.
Les résultats de cette enquête n'ont pas été rendus publics.


dimanche 16 décembre 2012

Le président tunisien Marzouki veut savoir qui a enlevé Houcine Manouzi en Tunisie

Par Salah Elayoubi, demainonline

Les parents de Houcine Manouzi (Photo Samlala.com)
Les parents de Houcine Manouzi (Photo Samlala.com)
Quarante ans après, la Tunisie accepte d’entrer en matière sur la disparition de Houcine Manouzi, sur son sol. C’est au président tunisien Moncef Marzouki qu’on doit cette initiative, après qu’il ait ordonné, lundi 9 décembre, que soit diligentée une enquête, afin de déterminer les circonstances dans lesquelles se serait déroulé l’enlèvement  le 29 octobre 1972, en Tunisie.
L’acharnement de la famille qui n’a jamais renoncé à la vérité sur le sort réservé au disparu a fini par payer.
C’est un des frères Manouzi rescapés, Abdelkrim Manouzi, qui a présenté au président tunisien le dossier du disparu, lors d’une réception donnée par celui-ci, en l’honneur d’officiers tunisiens, victimes du régime Ben Ali et que le président Marzouki a réhabilités.
Le President tunisien Moncef Marzouki aurait ordonné l'ouverture d'une enquête sur l'enlèvement de Houcine Manouzi, enlevé, le 29 octobre 1972, En Tunisie et emprisonné au PF3 en compagnie des militaires ayant participé au coup d'Etat de juillet 1971 au palais de Skhirat. La famille de Houcine n'a jamais renoncé et se bat toujours pour connaître la vérité, sur sa disparition en juillet 1975, apres son evasionEmprisonné au PF3, après un passage dans les chambres de torture du royaume, Houcine se trouvait en compagnie des militaires ayant participé au coup d’Etat de juillet 1971. Il s’en était évadé le 12 juillet 1975 du PF3, en compagnie du lieutenant-colonel Ababou, du  capitaine Chellat, de l’aspirant M’zireg, de l’adjudant-chef Akka et des trois frères Bourequat. Le groupe avait été repris quelques jours plus tard, l’escapade s’étant soldée par l’exécution extra-judiciaire, des militaires, dans la nuit du  7 juillet de la même année, selon le récit qu’en a fait Ali Bourequat, dans son livre « Dix-huit ans de solitude ».
colonel Benslimane, toujours en fonction
e dernier raconte qu’il  a assisté, à travers les interstices de la porte de sa cellule au supplice des militaires et leur geôliers soupçonnés de leur avoir facilité l’évasion et qu’il aurait reconnu parmi ceux qui assistaient à ces exécutions, le colonel Dlimi, le colonel Benslimane, le général Moulay Hafid,  les commissaires Houcine Jamil et  Benmansour,  Ben Cherif, le capitaine Fadoul, parmi d’autres personnes en civil.
Hormis un certificat laconique remis à la famille par la DST,  le 16 août 2001 et faisant état du décès de Houcine, le 17 juillet 1975, sa famille ignore, à ce jour, les circonstances exactes de son décès et l’emplacement où se trouverait sa dépouille.
La famille qui a payé un lourd tribu à la dictature au Maroc, après s’être illustrée dans une lutte sans concession, contre le colonialisme a perdu trois de ses membres,  disparus dans des conditions pour le moins obscures,  le Commandant Brahim Manouzi, exécuté le 13 juillet 1971, Houcine Manouzi, porté disparu et Moujahid Kacem Manouzi, mort sous la torture à Derb Moulay Chérif, au mois de septembre 1970, et dont le cadavre n’a, non plus, jamais pas été rendu à la famille. Un quatrième, le docteur Omar Manouzi, a sombré dans  la folie
C’est le deuxième geste accompli par le président tunisien, en faveur des Droits de l’homme au Maroc, après qu’il ait reçu samedi 8 décembre, au Palais de Carthage, Abdelhamid Amine, vice-président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et célèbre opposant au Makhzen.
Houcine Manouzi a été enlevé en Tunisie pendant la présidence de Habib Bourguiba, déposé par un coup d’Etat par le général, et futur dictateur, Zine Eddine Ben Ali en 1987.
Il y a quelques années, le principal dissident marocain à l’étranger, le professeur Ahmed Benani, a révélé sur sa page Facebook que l’un de ses cousins, Abdelkébir Bennani, aujourd’hui décédé, aurait tendu un piège à Manouzi, qui se trouvait alors à Tripoli, pour le faire venir en Tunisie où il a été séquestré et transféré au Maroc dans le coffre d’une voiture diplomatique.« C’est Abdelkébir Bennani qui a piégé Houcine Manouzi pour le faire venir de Tripoli à Tunis et, c’est ce même Abdelkébir qui a conduit la voiture diplomatique de Tunis aux alentours d’Oujda, avec le corps anesthésié du malheureux Houcine. Jamais une enquête ne fut ouverte, jamais Abdelkébir ne fut inquiété, ce n’est qu’après sa mort récente que des membres de ma propre famille m’ont rapporté ces faits. Immédiatement je les ai communiqués à Fettah, qu’en a t-il fait ? »
Fettah Bennani avait alors répondu à son cousin avec une bordée d’injures.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=23298

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El Manouzi : un mystère qui dure depuis quarante ans


 
Quarante ans après la disparition du syndicaliste Houcine El Manouzi, l’affaire ne semble pas prête à être élucidée.



Alain Martini, Rachid El Manouzi, Mustapha El Manouzi.
«Il y a dix ans de cela, nous organisions un événement similaire en la mémoire de Houcine. A l’époque nous espérions que l’affaire serait résolue, mais nous revoilà encore, dix ans plus tard, sans que les conditions de disparition de Houcine El Manouzi ne soient élucidées », déclare un des frères du disparu, Rachid El Manouzi, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition.
Cela fait quarante ans déjà que Houcine El Manouzi, syndicaliste et militant de l’UNFP, a été enlevé à Tunis. Houcine El Manouzi disparait le 29 octobre 1972 à son arrivée à l’aéroport de Tunis. Les derniers rebondissements dans l’affaire indiquent, selon des témoins, qu’il était détenu au Maroc et qu’il était encore vivant au 1er août 1975. D’anciens prisonniers du centre PF3 (Point Fixe Trois), ancien centre de détention secrète, avaient affirmé avoir vu Houcine El Manouzi au PF3. La famille apprend grâce à ces témoignages que Houcine El Manouzi a été kidnappé à l’aéroport de Tunis et transféré au Maroc où il a été emprisonné pendant au moins trois ans. Le dernier témoin à avoir vu Houcine El Manouzi serait un gardien du PF3 qui affirme que celui-ci y était « jusqu’au 1er août 1975 où il a été emmené par les forces spéciales de Dlimi ».
Selon le rapport de l’IER, le cas El Manouzi est l’un des neufs cas de disparition forcée non élucidés à ce jour. Mais, selon Rachid El Manouzi, les organisations de droits humains auraient dénombré quelques « soixante cas » non clarifés. Remarquant que les travaux de l’Instance Équité et Réconciliation (IER) n’apportent rien de nouveau dans l’affaire de Houcine, la famille Manouzi dépose une plainte pénale. Mustapha El Manouzi, frère du disparu, est également avocat de la famille. En février 2012, l’un des frères Bourequat, Midhat, ancien détenu du centre PF3, témoigne dans l’affaire de Houcine El Manouzi. Concernant ce témoignage, ne pouvant pas en divulguer les détails, Me El Manouzi précise tout de même que « Bourequat a confirmé l’enterrement de Houcine El Manouzi dans le périmètre du centre PF3 ». Mustapha El Manouzi a également déposé une requête en août dernier pour la convocation des généraux Housni Benslimane et Hamidou Laânigri en tant que témoins dans l’affaire. Selon Me Manouzi, le juge a refusé la requête considérant que « les témoins n’avaient pas de lien direct avec les événements ». « Le juge d’instruction veut que l’on accuse directement ces personnes pour leur implication dans ces événements, mais nous refusons cela. Nous soumettrons une nouvelle requête prochainement », précise-t-il. « Nous n’avons pas parié sur la justice pour connaître la vérité, mais pour briser le tabou… tout en restant dans la légalité », conclut Mustapha El Manouzi. Des rumeurs concernant la construction du siège de l’ambassade américaine sur le terrain du PF3 ont circulé dans la presse. Mustapha El Manouzi estime que la justice marocaine devrait enquêter à ce sujet et préserver cet endroit puisqu’il s’agit de la « preuve tangible » de la mort de Houcine El Manouzi. « Si Houcine est enterré au PF3, les recherches doivent être faites. Nous ne sommes pas dans une démarche de vengeance ou de haine, mais notre but est de savoir ce qui s’est réellement passé », indique Alain Martini, avocat de la famille depuis 1975. « L’État marocain le doit à la famille El Manouzi », insiste-t-il. « Au-delà de sa propre personne, Houcine El Manouzi symbolise toute une période de répression dont les séquelles sont toujours présentes ».


        3 QUESTIONS À …

Mustapha El Manouzi, frère de Houcine El Manouzi et avocat de la famille

Près d’une décennie après le début des travaux de l’IER, quel bilan pouvez-vous faire ?
En toute sincérité, le rapport de l’IER n’a pas changé grand chose dans l’affaire de Houcine El Manouzi. Les conclusions auxquelles a abouti l’instance sont les mêmes données que nous leur avions soumises. Et c’est justement parce que le travail de l’IER n’a mené à aucun avancement dans notre affaire que nous avons eu recours à la justice.


Quelles sont vos revendications aujourd’hui ?
Nous demandons à ce que le juge accélère la procédure et accepte de convoquer les témoins que nous suggérons. Ou de nous indiquer clairement son refus de résoudre l’affaire. Et dans ce cas-là nous aurons recours à la justice internationale.


Pourquoi ne pas avoir recours directement à la justice internationale, dans ce cas ?
Nous essayons d’utiliser tous les moyens dont nous disposons. Nous n’aurons recours à la justice internationale uniquement après avoir épuisé toutes les possibilités à l’échelle nationale. Nous sommes nationalistes et nous avons foi en notre pays.