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samedi 7 juin 2014

Les vérités de Marzouki irritent Mohammed VI


A la une  Relations intermaghrébines

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Mourad Sellami, El Watan, 2/6/14 

 
Les relations algéro-marocaines, évoquées par le président Marzouki, seraient la cause du mécontentement royal affiché par Mohammed VI, lors de son déplacement à Tunis. Les réseaux sociaux ont aussitôt pris le relais tandis que le site électronique tunisien Businessnews a été le premier à parler d’un «différend» entre le souverain alaouite et le président tunisien.

La Toile s’était affolée, avant-hier, à cause d’un imminent départ de Mohammed VI de Tunis, avant la fin de sa visite. Le monarque marocain aurait été irrité par des propos du président tunisien, Marzouki, concernant les relations algéro-marocaines. Qu’en est-il ?
Tout a commencé par un article publié sur le site électronique tunisien, Businessnews, qui a indiqué : «Un différend a éclaté entre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président tunisien Moncef Marzouki, suite à la remise, sur le tapis, du conflit du Sahara occidental par M. Marzouki. La discussion, tenue hier, a fini par une insulte de la part du roi du Maroc, qui aurait annoncé le gel du reste de ses activités.» La présidence de la République tunisienne a vite nié les faits et le porte-parole de la Présidence, Adnene Mansar, a qualifié cette information «d’absurde» à travers le même Businessnews.M . Mansar a affirmé que «la question du Sahara occidental n’a pas été abordée  au cours de l’entrevue».
Les négations officielles ont été relayées aussi par le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, qui a affirmé au quotidien tunisien Assabah, que «c’est la première fois que le monarque marocain se fait accompagner à l’étranger par le prince héritier», pour souligner l’importance de cette visite pour le Maroc. Mais, d’autres sources, préférant garder l’anonymat, ont affirmé «qu’il y aurait eu un malaise de la part du monarque marocain lorsque le président Marzouki lui aurait posé une question sur les raisons du prolongement de l’impasse dans les relations algéro-marocaines». Mohammed VI y aurait perçu «un soupçon de responsabilité marocaine derrière ce blocage». Des tractations de coulisses entre les deux délégations auraient permis de faire comprendre au roi du Maroc que le président Marzouki voulait juste «exprimer son désir de trouver une solution aux différends entre l’Algérie et le Maroc».

23 accords mais…
Le roi Mohammed VI s’est fait accompagner à Tunis par une importante délégation formée par une dizaine de ministres, une centaine d’hommes d’affaires et, même du prince héritier, Hassen, et du prince Rachid. La visite a permis de signer 23 conventions et protocoles d’accord de coopération dans plusieurs domaines (recherches scientifique et technologie, industrie, formation, citoyenneté et droits de l’homme, affaires religieuses et waqfs, tourisme, bourse, etc.). Mais la présence du roi marocain à Tunis a également suscité des réactions hostiles de la part d’une partie de la société civile et politique.
Ainsi, le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, a refusé de se rendre au dîner officiel, organisé par le président Marzouki, en l’honneur de son hôte, Mohammed VI. Dans une déclaration à El Watan, Hamma Hammami a souligné que «son geste est un signe de protestation contre les procès d’opinion, la torture dans les prisons marocaines et les pressions exercées contre les journalistes et les artistes au Maroc». M. Hamma a également appelé à «la libération de tous les prisonniers d’opinion au Maroc et au soutien de la lutte des voisins Marocains contre l’oppression».
Par ailleurs, une manifestation d’étudiants a été organisée avant-hier à Tunis. Elle a débuté au campus universitaire d’El Manar et a essayé de rejoindre le siège de l’Assemblée nationale constituante (ANC), alors que le roi Mohammed VI tenait son discours. Mais la police a empêché les étudiants d’y parvenir, en les bloquant à plusieurs centaines de mètres du siège de l’ANC. Les étudiants ont crié des slogans de soutien aux jeunes militants du mouvement du 20 Février, mais aussi contre les atteintes aux libertés au Maroc.

Moncef Marzouki est passé de dissident contre la dictature à supporter de dictateur

Le président Moncef Marzouki remettant, heureux, la plus haute décoration au dictateur marocain (Photo DR)
Le président Moncef Marzouki remettant, heureux, la plus haute décoration au dictateur marocain (Photo DR)

L’un des premiers journalistes marocains, sinon le premier, à l’avoir interviewé après qu’il soit devenu président de la république tunisienne, vient d’être condamné au Maroc, sans d’ailleurs avoir été informé de la date de son procès, mais cela ne semble pas déranger outre mesure Moncef Marzouki.
Comme ne doit pas le déranger non plus que ce même journaliste, Ali Anouzla, soit poursuivi par la justice, en fait par le Palais royal, pour « apologie du terrorisme », pour, en réalité, avoir révélé que le roi, l’homme à qui Moncef Marzouki a remis la plus haute distinction tunisienne, avait gracié un pédophile espagnol condamné à trois décennies de prison pour avoir violé une dizaine de petits marocains.
C’est ainsi. L’ancien dissident qui combattait la dictature de Ben Ali est devenu aujourd’hui un supporter d’une dictature arabe. La marocaine.
Apparemment, le fait que le Maroc ne soit pas un État de droit, que la pratique de la torture, selon les récents rapports de l’ONU, soit une constante, que des jeunes militants du Mouvement du 20 février soient condamnés à la pelle pour faire taire leur élan et que l’arbitraire le plus sauvage, comme le refus du wali de Rabat de refuser, comme l’y oblige la loi, à remettre un récépissé de constitution d’association à Freedom Now, ne semble pas émouvoir outre mesure notre ex-ami Moncef Marzouki.
Ne parlons pas des centaines de prisonniers politiques éparpillés un peu partout dans le royaume de « Sidi ».
On nous dira que le Marzouki président de la République ne doit pas se comporter comme le Moncef dissident. Oui, mais, si Marzouki est là où il est aujourd’hui c’est justement parce qu’il était un dissident et qu’il y a eu cassure  avec le passé. Cassure avec la dictature. Mais, Moncef Marzouki le comprend-il ?
Les Tunisiens ont-ils un faible pour les régimes autoritaires ? Sont-ils sensibles aux charmes de la matraque et du déni de justice ?  Comme a été affligeant pour nous autres marocains épris de liberté, de voir à la télévision cette masse de députés tunisiens de l’Assemblée constituante, dont nous connaissons personnellement certains éléments, applaudir à tout va le discours du dictateur en babouches qui nous gouverne, qui nous opprime et réprime, qui nous empêche de nous exprimer librement au Maroc.
D’autant plus que le roi Mohamed VI, jusqu’à ce que la dictature de Ben soit mise à terre, était son allié naturel. N’a-t-il pas, comme l’a révélé le journal Le Monde, ordonné l’expulsion de Kamal Jendoubi venu au Maroc à l’invitation de ses camarades marocains quelques semaines seulement seulement avant la chute du dictateur ?
Nos amis tunisiens ont la mémoire courte. Maintenant qu’ils peuvent se barbouiller entre eux sans l’oeil vigilant de Ben Ali, ils n’ont que faire de la souffrance des autres peuples du Maghreb.
Nous n’oublierons pas cette trahison à l’esprit du sacrifice de Mohamed Bouazizi. Comme nous n’oublierons pas le geste symbolique, mais ô combien honorable, de Hamma Hammami de refuser d’aller dîner avec le dictateur au nom de principes oubliés par le maître des lieux du palais présidentiel : l’ex-dissident Moncef Marzouki.
Thami Afailal
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dimanche 10 février 2013

Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale


 par Reuters, 10/2/2013

Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale
Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda, selon Ben Amor, l'un de ses cadres cité par Reuters.
Par David THOMSON , correspondant FRANCE 24 à Tunis 

Dépêche (texte)

Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda.

Le parti tire les conséquences du rejet de ses demandes, a expliqué dimanche un de ses cadres, Ben Amor, à Reuters.

"Nous disions depuis une semaine que si les ministres des Affaires étrangères et de la Justice n'étaient pas remplacés, nous nous retirerions", a-t-il dit.

Le départ des trois ministres CPR est un nouveau coup porté au gouvernement dirigé par le Premier ministre Hamadi Jebali, déjà mis à mal par l'assassinat cette semaine de l'opposant Chokri Belaïd.

Jebali a proposé la constitution d'un gouvernement de technocrates, mais a été désavoué y compris par Ennahda, dont il est membre.

Manifestations en France en hommage à Chokri Belaïd



"Résister à l'occupation, c'est vivre libre"


 
Près d’un millier de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Paris, Marseille, Lyon et Toulouse pour rendre hommage à l’opposant tunisien assassiné mercredi devant son domicile à Tunis, Chokri Belaïd, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Les 400 manifestant parisiens ont défilé au rythme de slogans tels que "Liberté, démocratie, à bas la terreur, à bas la barbarie", ou encore "Ghannouchi assassin", à l’intention du chef d’Ennahda, le parti islamiste au pouvoir à Tunis, Rached Ghannouchi.
Une grande banderole blanche, sur laquelle on pouvait lire en français et en arabe "nous sommes tous Chokri Belaïd, non aux assassinats politiques", ouvrait le cortège qui s’est rendu de Barbès à la place de Clichy (18e).
A Marseille, Toulouse et Lyon, des cortèges de 150 à 200 personnes ont défilé, brandissant drapeaux tunisiens, photos et pancartes sur lesquelles on pouvait lire "vive la Tunisie laïque" ou encore "en deuil pour ma Tunisie".
Scandant "Non à l’intégrisme" et "Tunisiens debout, jamais à genoux", les quelque 200 manifestants marseillais se sont regroupés derrière deux banderoles clamant "tous unis pour une Tunisie libre démocratique" et "le peuple tunisien n’abdiquera pas".
Des tracts invitant à une veillée funèbre "en solidarité avec le peuple tunisien" samedi en fin d’après-midi ont circulé dans le cortège.
A Lyon, les manifestants étaient regroupés autour d’un grand panneau proclamant, à côté de sa photo, "vous avez assassiné Chokri, nous sommes tous des Chokri".
"Nous sommes un peuple de Musulmans tolérants qui n’a rien à voir avec les traditions djihadistes", a déclaré dans une prise de parole Ridha Smaoui du Front Populaire tunisien (Rhône-Alpes), applaudi par les manifestants.
"C’est un acte de gens aux abois qui n’ont rien à proposer pour sortir le pays de la crise, mais nous ferons tout pour démasquer les assassins et nous jurons de rester mobilisés", a-t-il ajouté, aussitôt repris en arabe par des manifestants scandant "Chokri soit tranquille on continuera la lutte".
A Toulouse, environ 150 personnes se sont rassemblées place du Capitole, en plein coeur de la ville rose, avant de se rendre devant le consulat de Tunisie.
De nombreuses photos de l’opposant assassiné étaient visibles dans le cortège. "Il n’est pas mort sous la dictature de Ben Ali, il est mort assassiné sous la démocratie de la troïka", pouvait-on lire sur une affichette portée par une manifestante.
Des dizaines de milliers de personnes ont assisté vendredi après-midi aux funérailles de l’opposant tunisien dans le sud de Tunis, en criant leur colère contre le parti islamiste au pouvoir Ennahda, accusé de cet assassinat sans précédent dans les annales contemporaines tunisiennes.

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Jebali confirme que les islamistes doivent quitter les ministères-clés du gouvernement
"Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l’Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères", a déclaré Hamadi Jebali à la chaîne d’information France 24 qui l’interrogeait sur l’avenir de ces ministères-clés auxquels le parti Ennahda refuse de renoncer. Interrogé sur sa déclaration mercredi soir durant laquelle il a annoncé son intention de dissoudre son gouvernement, le Premier ministre a assumé sa décision : "J’ai dû la prendre sans consulter les partis politiques le jour de l’assassinat (de l’opposant Chokri Belaïd) de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l’irrationnel, a-t-il déclaré. Ce n’était pas une initiative de Jebali, c’était une initiative pour sauver le pays."

"Si l’initiative échoue, qu’avez-vous à proposer aux Tunisiens, quelle alternative ? La loi de la jungle ?" a-t-il lancé à l’adresse de la classe politique. Il a répété être prêt à démissionner s’il ne parvenait pas à avoir un soutien large de la classe politique à son futur gouvernement.
Le chef du gouvernement est entré en conflit ouvert avec la direction de son mouvement en annonçant mercredi vouloir former un gouvernement apolitique, alors que les violences en Tunisie se multipliaient après l’assassinat. S’il est en conflit avec ses troupes, sa proposition a, en revanche, été bien accueillie par l’opposition et la société civile.
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Crise ouverte au parti islamiste au pouvoir en Tunisie
Le parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie était en proie à une crise ouverte avec la menace samedi du Premier ministre Hamadi Jebali de démissionner à défaut de pouvoir former un gouvernement apolitique après l’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd.
Cette annonce est survenue au moment où plus de 3.000 personnes manifestaient à Tunis à l’appel d’Ennahda pour désavouer M. Jebali, numéro deux du parti, qui avait exprimé dès mercredi, jour du meurtre, son souhait d’un tel cabinet refusé par la direction du parti.
La manifestation a vilipendé aussi "l’ingérence" de la France après les propos du ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui a dénoncé un "fascisme islamiste" en commentant l’assassinat de l’opposant dont les proches ont pointé du doigt Ennahda.
Ces développements risquent d’enfoncer encore plus le pays dans la crise, Ennahda ne parvenant pas depuis des mois à s’accorder avec ses alliés laïcs, dont le président Moncef Marzouki, sur un remaniement gouvernemental, et l’insécurité et les conflits sociaux se multipliant.
"Je présenterai l’équipe au plus tard au milieu de la semaine prochaine. Si elle est acceptée je continuerai à assumer mes fonctions, à défaut, je demanderai au président de chercher un autre candidat pour former un nouveau cabinet", a dit M. Jebali à des médias tunisiens.
Il a ensuite souligné à l’antenne de la chaîne France 24 que "tous les ministres seront des indépendants, y compris à l’Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères", alors qu’Ennahda refuse de renoncer à ces ministères clés.
Le Premier ministre a souligné que son initiative visait à empêcher que le pays "bascule dans le chaos et l’irrationnel", avant de lancer à ses détracteurs : "Quelle alternative ? La loi de la jungle ?".
C’est la première fois que M. Jebali évoque sa démission. Les divisions au sein du parti opposent les modérés dont il fait partie et une frange radicale rangée derrière le chef Rached Ghannouchi.
Il estime aussi ne pas avoir besoin de demander la confiance de l’Assemblée nationale constituante (ANC) où Ennahda dispose de 89 des 217 sièges.
Sa proposition a été bien accueillie par l’opposition et la société civile.
Avant les menaces de M. Jebali, Ennahda avait appelé ses partisans à manifester contre l’initiative du Premier ministre et l’"ingérence" de la France.
"France dégage" et "Le peuple veut protéger la légitimité des urnes", ont crié ces militants sur l’avenue Habib Bourguiba, axe névralgique du centre de la capitale où se trouve l’ambassade de France qui fait l’objet de mesures de protection importantes depuis l’intervention militaire au Mali.
La référence à la "légitimité" fait allusion à l’importance du vote de l’ANC pour toute décision politique comme la formation d’un nouveau gouvernement.
Au sujet des déclarations de M. Valls, M. Jebali a jugé "l’incident clos" étant donné qu’il a exprimé son mécontentement à l’ambassadeur de France dès jeudi.
La Tunisie est dirigée depuis l’élection de la Constituante en octobre 2011 par une coalition entre Ennahda et deux petits partis de centre-gauche, dont celui du président.
Faute de compromis sur la nature du futur régime, l’élaboration de la nouvelle Constitution par l’ANC est paralysée.
Ces remous s’ajoutent à la multiplication des conflits sociaux en raison du chômage et de la misère, deux facteurs clés de la révolution de 2011 qui a renversé Zine Al Abidine Ben Ali. Sans oublier l’essor des groupuscules jihadistes responsables d’attaques sanglantes, dont celle contre l’ambassade américaine en septembre.
La mobilisation islamiste samedi est la première depuis le meurtre mercredi à Tunis de Chokri Belaïd, qui a été enterré la veille en présence de plusieurs dizaines de milliers de personnes scandant des slogans hostiles à Ennahda.
Signe que les autorités redoutent de nouveaux débordements, l’armée a été déployée samedi, la Tunisie vivant sous le régime de l’état d’urgence depuis 2011.
Le parti islamiste a nié toute responsabilité dans l’assassinat de l’opposant, alors que des milices pro-pouvoir, la Ligue de protection de la révolution, sont accusées d’attaquer opposants et militants syndicaux.
Rached Ghannouchi lui a rendu hommage samedi en qualifiant sa mort de crime "contre-révolutionnaire".
Le meurtre a déclenché une vague de violences à travers le pays qui a coûté la vie à un policier.


(09-02-2013 - Avec les agences de presse)

dimanche 16 décembre 2012

Le président tunisien Marzouki veut savoir qui a enlevé Houcine Manouzi en Tunisie

Par Salah Elayoubi, demainonline

Les parents de Houcine Manouzi (Photo Samlala.com)
Les parents de Houcine Manouzi (Photo Samlala.com)
Quarante ans après, la Tunisie accepte d’entrer en matière sur la disparition de Houcine Manouzi, sur son sol. C’est au président tunisien Moncef Marzouki qu’on doit cette initiative, après qu’il ait ordonné, lundi 9 décembre, que soit diligentée une enquête, afin de déterminer les circonstances dans lesquelles se serait déroulé l’enlèvement  le 29 octobre 1972, en Tunisie.
L’acharnement de la famille qui n’a jamais renoncé à la vérité sur le sort réservé au disparu a fini par payer.
C’est un des frères Manouzi rescapés, Abdelkrim Manouzi, qui a présenté au président tunisien le dossier du disparu, lors d’une réception donnée par celui-ci, en l’honneur d’officiers tunisiens, victimes du régime Ben Ali et que le président Marzouki a réhabilités.
Le President tunisien Moncef Marzouki aurait ordonné l'ouverture d'une enquête sur l'enlèvement de Houcine Manouzi, enlevé, le 29 octobre 1972, En Tunisie et emprisonné au PF3 en compagnie des militaires ayant participé au coup d'Etat de juillet 1971 au palais de Skhirat. La famille de Houcine n'a jamais renoncé et se bat toujours pour connaître la vérité, sur sa disparition en juillet 1975, apres son evasionEmprisonné au PF3, après un passage dans les chambres de torture du royaume, Houcine se trouvait en compagnie des militaires ayant participé au coup d’Etat de juillet 1971. Il s’en était évadé le 12 juillet 1975 du PF3, en compagnie du lieutenant-colonel Ababou, du  capitaine Chellat, de l’aspirant M’zireg, de l’adjudant-chef Akka et des trois frères Bourequat. Le groupe avait été repris quelques jours plus tard, l’escapade s’étant soldée par l’exécution extra-judiciaire, des militaires, dans la nuit du  7 juillet de la même année, selon le récit qu’en a fait Ali Bourequat, dans son livre « Dix-huit ans de solitude ».
colonel Benslimane, toujours en fonction
e dernier raconte qu’il  a assisté, à travers les interstices de la porte de sa cellule au supplice des militaires et leur geôliers soupçonnés de leur avoir facilité l’évasion et qu’il aurait reconnu parmi ceux qui assistaient à ces exécutions, le colonel Dlimi, le colonel Benslimane, le général Moulay Hafid,  les commissaires Houcine Jamil et  Benmansour,  Ben Cherif, le capitaine Fadoul, parmi d’autres personnes en civil.
Hormis un certificat laconique remis à la famille par la DST,  le 16 août 2001 et faisant état du décès de Houcine, le 17 juillet 1975, sa famille ignore, à ce jour, les circonstances exactes de son décès et l’emplacement où se trouverait sa dépouille.
La famille qui a payé un lourd tribu à la dictature au Maroc, après s’être illustrée dans une lutte sans concession, contre le colonialisme a perdu trois de ses membres,  disparus dans des conditions pour le moins obscures,  le Commandant Brahim Manouzi, exécuté le 13 juillet 1971, Houcine Manouzi, porté disparu et Moujahid Kacem Manouzi, mort sous la torture à Derb Moulay Chérif, au mois de septembre 1970, et dont le cadavre n’a, non plus, jamais pas été rendu à la famille. Un quatrième, le docteur Omar Manouzi, a sombré dans  la folie
C’est le deuxième geste accompli par le président tunisien, en faveur des Droits de l’homme au Maroc, après qu’il ait reçu samedi 8 décembre, au Palais de Carthage, Abdelhamid Amine, vice-président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et célèbre opposant au Makhzen.
Houcine Manouzi a été enlevé en Tunisie pendant la présidence de Habib Bourguiba, déposé par un coup d’Etat par le général, et futur dictateur, Zine Eddine Ben Ali en 1987.
Il y a quelques années, le principal dissident marocain à l’étranger, le professeur Ahmed Benani, a révélé sur sa page Facebook que l’un de ses cousins, Abdelkébir Bennani, aujourd’hui décédé, aurait tendu un piège à Manouzi, qui se trouvait alors à Tripoli, pour le faire venir en Tunisie où il a été séquestré et transféré au Maroc dans le coffre d’une voiture diplomatique.« C’est Abdelkébir Bennani qui a piégé Houcine Manouzi pour le faire venir de Tripoli à Tunis et, c’est ce même Abdelkébir qui a conduit la voiture diplomatique de Tunis aux alentours d’Oujda, avec le corps anesthésié du malheureux Houcine. Jamais une enquête ne fut ouverte, jamais Abdelkébir ne fut inquiété, ce n’est qu’après sa mort récente que des membres de ma propre famille m’ont rapporté ces faits. Immédiatement je les ai communiqués à Fettah, qu’en a t-il fait ? »
Fettah Bennani avait alors répondu à son cousin avec une bordée d’injures.
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=23298

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El Manouzi : un mystère qui dure depuis quarante ans


 
Quarante ans après la disparition du syndicaliste Houcine El Manouzi, l’affaire ne semble pas prête à être élucidée.



Alain Martini, Rachid El Manouzi, Mustapha El Manouzi.
«Il y a dix ans de cela, nous organisions un événement similaire en la mémoire de Houcine. A l’époque nous espérions que l’affaire serait résolue, mais nous revoilà encore, dix ans plus tard, sans que les conditions de disparition de Houcine El Manouzi ne soient élucidées », déclare un des frères du disparu, Rachid El Manouzi, lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition.
Cela fait quarante ans déjà que Houcine El Manouzi, syndicaliste et militant de l’UNFP, a été enlevé à Tunis. Houcine El Manouzi disparait le 29 octobre 1972 à son arrivée à l’aéroport de Tunis. Les derniers rebondissements dans l’affaire indiquent, selon des témoins, qu’il était détenu au Maroc et qu’il était encore vivant au 1er août 1975. D’anciens prisonniers du centre PF3 (Point Fixe Trois), ancien centre de détention secrète, avaient affirmé avoir vu Houcine El Manouzi au PF3. La famille apprend grâce à ces témoignages que Houcine El Manouzi a été kidnappé à l’aéroport de Tunis et transféré au Maroc où il a été emprisonné pendant au moins trois ans. Le dernier témoin à avoir vu Houcine El Manouzi serait un gardien du PF3 qui affirme que celui-ci y était « jusqu’au 1er août 1975 où il a été emmené par les forces spéciales de Dlimi ».
Selon le rapport de l’IER, le cas El Manouzi est l’un des neufs cas de disparition forcée non élucidés à ce jour. Mais, selon Rachid El Manouzi, les organisations de droits humains auraient dénombré quelques « soixante cas » non clarifés. Remarquant que les travaux de l’Instance Équité et Réconciliation (IER) n’apportent rien de nouveau dans l’affaire de Houcine, la famille Manouzi dépose une plainte pénale. Mustapha El Manouzi, frère du disparu, est également avocat de la famille. En février 2012, l’un des frères Bourequat, Midhat, ancien détenu du centre PF3, témoigne dans l’affaire de Houcine El Manouzi. Concernant ce témoignage, ne pouvant pas en divulguer les détails, Me El Manouzi précise tout de même que « Bourequat a confirmé l’enterrement de Houcine El Manouzi dans le périmètre du centre PF3 ». Mustapha El Manouzi a également déposé une requête en août dernier pour la convocation des généraux Housni Benslimane et Hamidou Laânigri en tant que témoins dans l’affaire. Selon Me Manouzi, le juge a refusé la requête considérant que « les témoins n’avaient pas de lien direct avec les événements ». « Le juge d’instruction veut que l’on accuse directement ces personnes pour leur implication dans ces événements, mais nous refusons cela. Nous soumettrons une nouvelle requête prochainement », précise-t-il. « Nous n’avons pas parié sur la justice pour connaître la vérité, mais pour briser le tabou… tout en restant dans la légalité », conclut Mustapha El Manouzi. Des rumeurs concernant la construction du siège de l’ambassade américaine sur le terrain du PF3 ont circulé dans la presse. Mustapha El Manouzi estime que la justice marocaine devrait enquêter à ce sujet et préserver cet endroit puisqu’il s’agit de la « preuve tangible » de la mort de Houcine El Manouzi. « Si Houcine est enterré au PF3, les recherches doivent être faites. Nous ne sommes pas dans une démarche de vengeance ou de haine, mais notre but est de savoir ce qui s’est réellement passé », indique Alain Martini, avocat de la famille depuis 1975. « L’État marocain le doit à la famille El Manouzi », insiste-t-il. « Au-delà de sa propre personne, Houcine El Manouzi symbolise toute une période de répression dont les séquelles sont toujours présentes ».


        3 QUESTIONS À …

Mustapha El Manouzi, frère de Houcine El Manouzi et avocat de la famille

Près d’une décennie après le début des travaux de l’IER, quel bilan pouvez-vous faire ?
En toute sincérité, le rapport de l’IER n’a pas changé grand chose dans l’affaire de Houcine El Manouzi. Les conclusions auxquelles a abouti l’instance sont les mêmes données que nous leur avions soumises. Et c’est justement parce que le travail de l’IER n’a mené à aucun avancement dans notre affaire que nous avons eu recours à la justice.


Quelles sont vos revendications aujourd’hui ?
Nous demandons à ce que le juge accélère la procédure et accepte de convoquer les témoins que nous suggérons. Ou de nous indiquer clairement son refus de résoudre l’affaire. Et dans ce cas-là nous aurons recours à la justice internationale.


Pourquoi ne pas avoir recours directement à la justice internationale, dans ce cas ?
Nous essayons d’utiliser tous les moyens dont nous disposons. Nous n’aurons recours à la justice internationale uniquement après avoir épuisé toutes les possibilités à l’échelle nationale. Nous sommes nationalistes et nous avons foi en notre pays.