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jeudi 21 février 2013

Jean-Luc Mélenchon au Maroc

Casablanca, Conférence HEM Rabat

Au Maroc, l’écosocialisme et la Méditerranée



Récit du voyage de Jean-Luc Mélenchon au Maroc, par Corinne Morel-Darleux.

Arrivée au Maroc accueillie par un croissant de lune mercredi soir, le sourire aux lèvres. Voyager, c'est à chaque fois décaler un peu le temps et l'esprit, prendre une grande inspiration, faire le pas de côté essentiel pour se décoller le nez. Confronter aussi ses présupposés à la réalité… Et au Maroc, tous les ingrédients sont réunis pour donner envie d'aller y voir de plus près.
Ici, sur les rives de la Méditerranée, flotte encore le parfum du printemps arabe et du mouvement marocain du 20 février. Ses répercussions politiques, comme en témoigneront les représentants de la société civile, syndicalistes, associatifs, représentants d'Attac et militants des droits de l'homme, politiques de gauche que nous allons rencontrer, n'ont pas fini de secouer la société marocaine. La parole des syndicalistes et associatifs se libère, l'autre gauche se rassemble et s'organise, des problématiques écologiques et sociales comme l'accès à l'eau et sa gestion publique grandissent. Ajoutez à cela qu'ici les deux tiers de la population a moins de 30 ans, que le pays est dirigé par un monarque et un gouvernement avec le parti islamiste PJD, et vous aurez une idée des raisons pour lesquelles nous faisons l'analyse que le Maroc est un des lieux où peut naître et grandir la révolution citoyenne. Le tout sur fond de mimosas, de palmiers et d'eucalyptus… Bref, bien décidée à ouvrir grands le regard, l'esprit et le cœur, à ne pas en perdre une miette.
A Casablanca je retrouve donc Jean-Luc Mélenchon et Alain Billon, notre responsable Maghreb-Machrek du PG. Eux ont déjà largement entamé cette tournée écosocialiste en Tunisie et Algérie. Ils me racontent l'ambiance à Tunis, le centre culturel d'Alger, et le programme chargé qui nous attend au Maroc. Le tout autour d'un plat de calmars frits dans un restaurant populaire de Casa, et la joyeuse interruption permanente de marocains qui viennent saluer Jean-Luc, toujours amicaux et respectueux, et nous remercier avec chaleur de la campagne présidentielle. C'est fou de se rendre compte à quel point tout ce que nous avons fait, à grandes foulées et le nez dans le guidon, a été suivi ici avec attention et beaucoup d'enthousiasme. Ici aussi nous avons par nos actions, sans toujours en avoir conscience, redonné espoir à plein de gens. Franchement c'est une chouette piqûre de rappel. Et tout au long de notre séjour nous serons ainsi stupéfaits de voir à quel point le discours du Prado à Marseille, mais aussi les images de la Bastille et notre discours contre le FN ont marqué les esprits. Jean-Luc est connu ici comme le loup blanc, on lui donne du « Président » à chaque coin de rue. Jusqu'aux journalistes qui une fois l'interview terminée reviennent sur leurs pas pour partager leur propre souvenir de campagne et repartir avec leur cliché-souvenir. On se prend à rêver…
Et c'est précisément avec trois journalistes que démarre notre périple marocain. Il s'agit du journal "L'économiste", qui attaque l'entretien sur ce qui différencie notre écosocialisme de la sociale-écologie du PS. Ah. Sociale-écologie ? Au PS ? Mais la seule Ministre porteuse d'écologie au PS, Nicole Bricq, a été débarquée en moins de deux dès qu'elle a commencé à ruer contre les forages off-shore en Guyane ! Soyons sérieux. Je ne développerai pas sur la pratique écologiste du gouvernement actuel, j'en fais chaque jour ou presque un communiqué, un tract, un billet. Puis un peu plus tard, nous sommes interrogés sur l'écologie profonde. Mais on ne peut pas passer son temps à se comparer aux mille et une tendances qui existent dans toutes les branches de l'écologie ! Comme le répond Jean-Luc, pour nous l'écosocialisme n'est pas une nouvelle métaphysique, ni une nouvelle idéologie de discussion de salon, c'est une réponse très concrète. Et puisque nous sommes sur ses rivages, nous allons beaucoup nous appuyer, tout au long de ces journées marocaines, sur l'exemple de la Méditerranée. De part et d'autre de la mer nous sommes tous interdépendants de cet espace naturel sensible. La Méditerranée forme une communauté économique, écologique et humaine pour nos peuples. Ainsi, à une journaliste qui l'interroge sur ses racines marocaines et son caractère « mélangé », Jean-Luc répond : « Mélangé ? Mais c'est le même peuple qui tourne en rond depuis 2000 ans autour de la Méditerrannée ! ». Et je repense à mon dernier passage à Marseille, le vieux port relooké en vaste surface de bitume, les Docks ouvriers repoussés au profit des « bronze culs » de l'Europe… Marseille ville méditerranéenne métropolisée de force par l'architecture et une forme d'urbanisme qui se veut moderne, qui tente d'aseptiser la ville rebelle. Qu'ils bétonnent et miroitent, Marseille restera une ville orientale ! Et pour en revenir à cette mer commune, si nous voulons éviter d'en faire un cloaque, il va falloir planifier et investir, et non laisser l'argent s'évaporer sous forme de dividendes. Alors certes, la conscience n'est probablement pas encore mûre sur ce sujet. Elle le deviendra probablement dès que les médias comprendront qu'il s'agit d'un sujet économique. En attendant, nous prenons notre part : car parler de la Mer ici c'est trouver une langue commune, rendre le discours audible et démontrer que notre projet écosocialiste n'est pas hors sol. C'est ainsi que loin de paraître incongru, le thème de l'écosocialisme, bien ancré dans le réel, a attiré 700 personnes dont beaucoup de jeunes à la conférence de Jean-Luc Mélenchon à Tunis et ce, en pleine effervescence citoyenne suite à l'assassinat de notre camarade Chokri Belaid.
Mais l'écosocialisme, il ne suffit pas d'en parler. Pour bâtir ce projet, nous avons besoin de forces autonomes, capables d'entrer en rupture avec le système, et de porter l'écosocialisme un peu partout dans le monde. Après Londres ou Sarrebruck, et avant le Forum de Quito en avril, c'est aussi le but de cette tournée au Maghreb : repérer les écosocialistes en puissance, témoigner de notre expérience du Front de Gauche, et donner du cœur aux camarades en rappelant que l'alternative est possible. Car de fait, comme nous le rappellerons à chaque occasion durant ces trois jours, les nôtres vont bientôt faire leur retour au Parlement en Italie, dont l'autre gauche avait été rayée depuis l'illusion de l'alliance entre la gauche et le centre. Le mouvement monte également au Portugal,  où le Bloco et le PCP s'ils s'unissaient atteindraient pas loin de 25%, en Espagne avec Izquierda Unida, Syriza bien sûr en Grèce, et désormais l'espoir suscité par le Front populaire en Tunisie… Prochaine étape, le Maroc ! Nous avons donc rencontré les trois partis de l’Alliance démocratique de gauche, et la Voie Démocratique. Car la recomposition politique est en marche. Suite au mouvement du 20 février, le volet marocain du Printemps arabe, le Roi a proposé une nouvelle Constitution, soumise à référendum. Mais nos camarades ici nous expliquent l'illusion de renouveau. Ils nous racontent que toutes leurs propositions d'ouverture démocratique (commission autonome, accès aux médias, révision des listes électorales…) ont été refusées. En conséquence, plusieurs organisations politiques et syndicales ont refusé de prendre part à cette mascarade de démocratie et n'ont pas participé aux élections anticipées qui ont suivi, refusant bien sûr également de co-gérer le pays avec le parti islamiste PJD arrivé en tête. Parmi eux, les trois partis de l'Alliance démocratique de gauche qui sont en voie de regroupement vers ce qui pourrait ressembler à notre Front de Gauche et que nous avons longuement rencontrés. Ils disposent déjà d'une plateforme commune, se présentent ensemble aux élections. Leur objectif est désormais d'aller vers la constitution d'une véritable fédération avec des instances décisionnelles partagées et à terme, qui sait, un grand parti de l'autre gauche… La réunion de travail s'est prolongée par un accueil fraternel chez un de nos hôtes, autour d'un grand dîner à la marocaine. Entre pastilla et pâtisseries orientales, j'ai passé avec vif plaisir une grande partie de la soirée à discuter avec la nouvelle Secrétaire générale du Parti socialiste unifié, Nabila Mounib. Il est singulier de voir à quel point, malgré un contexte politique très différent, nous dressons la même analyse, sommes confrontées aux mêmes difficultés. Aux mêmes espoirs aussi. Nos indignations, nos combats et nos rêves sont les mêmes. Échange de coordonnées, je me promets de l'inviter à nos prochaines Assises pour l'écosocialisme.
Résidence de France à Rabat, un paradis de citronniers, d'eucalyptus et de palmiers dessiné par le dernier disciple de Le Corbusier. Comme il est étrange de penser que dans moins d'une heure nous allons rencontrer la CGT du Ministère des Affaires Etrangères… Nous rencontrerons également au cours de notre séjour l'Ambassadeur de France, l'USFP (Parti Socialiste local) qui a refusé de gouverner avec le PJD. Il sera également question de l'usine à bas salaires de Renault à Tanger, futur grand port de la Méditerranée en pleine expansion, du projet de grand Maghreb démocratique, de la ligne LGV Tanger-Casa accordée à Alstom en compensation des avions achetés aux Etats-Uniens, de la question Saharienne et des relations avec Alger, de l'absence de véritable séparation des pouvoirs politiques, religieux, économiques, médiatiques et judiciaires au Royaume du Maroc, d'éducation et d'arabisation dans les écoles et d'ambiance dans les facultés, de répression et de criminalisation des militants et de libertés…
Ce soir à Rabat, devant mille personnes, Jean-Luc démarrera sa conférence sur l'écosocialismepar la bifurcation anthropologique. Taux d'alphabétisation, accès à la contraception, tout ce qui crée le terreau d'une humanité plus libre. C'est bien là que ça se joue. Car notre projet écosocialiste est avant tout un humanisme, un idéal d'émancipation universel. Que nous aurons brièvement touché du doigt et auquel nous aurons apporté notre modeste pierre entre Casablanca et Rabat…
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Jean-Luc MELENCHON

> Communiqué du 15 février 2013

PS / Ennahda : l’inacceptable rencontre

 J'apprends avec stupéfaction qu'une mission parlementaire française dirigée par le PS a rencontré hier officiellement Rached Ghannouchi à Tunis dans le bureau de ce dernier.
Je déplore le soutien ainsi apporté à un parti d'extrême droite religieuse dont le chef n'a aucune fonction officielle dans les institutions tunisiennes.

 Cette visite faite en accord avec les autorités françaises est un coup de poignard dans le dos des démocrates tunisiens.
 C'est une faute politique de s'afficher ainsi aux côtés de M. Ghannouchi au siège du parti Ennahda, en plein tumulte institutionnel où ce parti d'extrême droite essaie de renforcer son emprise.
 Sans doute cette rencontre a-t-elle pour sens de légitimer l'action du parti ami du PS, Ettakatol, qui gouverne avec Ennahda. On mesure dorénavant toute l'hypocrisie des déclarations de Manuel Valls sur le "fascisme islamique" en Tunisie. Et la totale incompréhension par le PS du sens de la révolution citoyenne tunisienne.

mardi 19 février 2013

Face à Ennahda, la révolution doit refleurir en Tunisie



Avatar de Hakim Becheur
Édité par Alexis Toulon  Auteur parrainé par François Reynaert
Grève générale en Tunisie le 8 février 2013
Grève générale en Tunisie le 8 février 2013 (HAMMI/SIPA)

TUNISIE. L’assassinat de Chokri Belaïd, figure emblématique de la gauche tunisienne, marque un tournant majeur dans la transition politique qui a suivi la chute du régime de Ben Ali en 2011.

C’est la nature même de ce changement qui est questionnée : va-t-il s’orienter vers une démocratie véritable ou est-il en train de sombrer dans le chaos voire la "guerre civile" ?

Aucune révolution n’est un long fleuve tranquille, pas plus en Tunisie qu’ailleurs.

Ces derniers mois l’ont montré : un dirigeant d’un parti d’opposition a été lynché dans le sud tunisien par une foule en furie se réclamant de "ligues de protection de la révolution" (LPR), des réunions publiques ont été perturbées voire empêchées, des personnalités politiques ou de la société civile tout comme quelques journalistes ou encore des artistes ont été molestés et intimidés, des mouvements sociaux ont été violemment réprimés, l’ambassade américaine a été attaquée par des salafistes djihadistes et la liste n’est pas exhaustive.

La laïcité : l'ennemi d'Ennahda

C’est dans ce climat délétère que l’irréparable s’est produit. Chokri Belaïd, dont le courage ne s’est jamais démenti, se savait menacé : il n’a cessé de dénoncer les appels à la haine et au meurtre propagés impunément sur les réseaux sociaux ou par des "prédicateurs" qui se sont appropriés certaines mosquées.

Le parti Ennahda qui occupe tous les ministères dits régaliens, doit assumer la pleine responsabilité politique de cette situation dramatique.

L’a-t-il sciemment voulu comme pourrait le laisser penser sa coupable passivité voire sa participation active à l’instauration d’une violence politique qui est allée crescendo, notamment par le biais de ces LPR, transformées en authentiques milices à la solde du pouvoir ?

C’est ce que clament clairement l’opposition et une frange de plus en plus importante de la population qui est descendue massivement dans la rue à l’occasion de l’enterrement de Chokri Belaïd pour crier sa colère et son ras-le-bol.

Des milliers de Tunisiens assistent à l'enterrement de Chokri Belaïd le 8 février 2013 près de Tunis
Des milliers de Tunisiens assistent à l'enterrement de Chokri Belaïd le 8 février 2013 près de Tunis. (HAMMI/SIPA) 

Les dirigeants d’Ennahda tentent tant bien que mal de s’exonérer d’une telle responsabilité et cherchent à l’imputer aux "résidus" contre-révolutionnaires de l’ancien régime ou encore à quelques "puissances étrangères" hostiles.

Avant que l’enquête ne révèle l’identité des assassins et de leurs commanditaires (à supposer qu’elle aboutisse, ce dont beaucoup doutent), il serait irresponsable d’accuser nommément le parti au pouvoir d’un tel crime.

Il n’en demeure pas moins qu’il est l’aboutissement tragique d’un échec gouvernemental patent.

C’est ce que semble avoir compris le chef même de ce gouvernement, Hamadi Jébali qui vient de décider de nommer une équipe sans appartenance partisane, pour gérer les affaires courantes jusqu’à la tenue des prochaines élections générales. Contre l’avis de sa propre formation, Ennahda.

Le pouvoir sépare les islamistes

Ces dissensions qui éclatent au grand jour, montrent que les islamistes ne sont pas tous sur la même ligne politique. Hamadi Jébali, conscient que la Tunisie est, sans conteste, à un tournant de son histoire, agit – au moins en apparence – en homme d’Etat.

A dire vrai, la solution qu’il préconise désormais, avait été réclamée par de nombreux partis d’opposition à l’issue des élections pour l’assemblée constituante en octobre 2011 : les députés se seraient consacrés à la rédaction de la constitution, tâche pour laquelle ils ont été élus.

Mais c’était sans compter sur la volonté d’une grande partie des islamistes (et à leur tête le "cheikh" Rached Ghannouchi), forts de la légitimité conférée par les urnes, d’exercer pleinement le pouvoir, sans plus attendre.

Vers une confédération islamique ?

En vérité, nombreux sont ceux qui pensent que cette tendance au sein d’Ennahda n’a d’autre but que l’accaparement de l’Etat tunisien pour promouvoir, à terme, un vaste projet transnational de confédération islamique.

L’hypothèse peut paraitre alarmiste ou exagérée mais ne doit pas être pour autant négligée.

La controverse constitutionnelle qui s’est engagée autour du caractère "civil" de l’Etat tunisien sera, à cet égard, cruciale. En clair, la question de la laïcité est plus que jamais posée.

Or, force est de constater que les "laïcs" ont perdu, de ce point de vue, la bataille de la communication et de la pédagogie politiques tant le terme même est devenu tabou car synonyme d’athéisme ou pire d’apostasie.

Ce qui vaut condamnation à mort pour certains esprits embrigadés. Chokri Belaïd en a sans doute été victime.

Laïcité et islam solubles dans la démocratie 

Pourtant, même le chef du gouvernement turc, l’islamiste Erdogan dont le parti l’AKP avait été érigé – un temps- en modèle par Ennahda, avait expliqué à Tunis même que la laïcité était tout à fait compatible avec l’islam.

Mieux, que cette notion – inscrite en toute lettre dans la constitution turque - était le meilleur rempart de la démocratie contre toute tentation théocratique.

En effet, comment discuter des lois et autres aspects de la vie d’une nation si l’une des parties au lieu d’user d’arguments rationnels, se prévaut d’un dogme religieux, par définition immuable, pour clore tout débat ?

La séparation – étanche - de la sphère politique et religieuse est donc indispensable.

La Tunisie est ouverte à la laïcité

Ce qui n’empêche nullement que des politiques s’inspirent de la spiritualité que confère la religion pour promouvoir leurs idées et leurs conceptions du monde mais sans prétendre imposer tel ou tel précepte au motif qu’il s’agit là de la "parole de Dieu". A défaut, la démocratie serait menacée. En Tunisie, comme partout ailleurs.

Contrairement à une idée reçue, ce discours est tout à fait audible par de larges pans de la société tunisienne et pas seulement dans les milieux "instruits" ou "occidentalisés".

La sécularisation ancienne de la Tunisie, son histoire millénaire qui en a fait une terre de brassage de cultures et de civilisations, sa conquête récente de la liberté de parole, sont autant d’atouts qui peuvent rassembler les Tunisiens et transcender les antagonismes sociaux.

Sauf que l’opposition aurait tort de considérer que le seul rejet du dogmatisme de certains islamistes conjugué à l’émotion suscitée par l’assassinat de Chokri Belaïd suffira à leur attirer les suffrages populaires.

Ennahda : puissance militante bien organisée 

Sans discours ni perspectives qui prennent en compte la désespérance sociale des habitants de nombreuses régions et quartiers délaissés, sans effort visant à faire participer les citoyens à la vie politique en démocratisant le fonctionnement de leurs partis pour y attirer des militants susceptibles de relayer leurs idées, le camp "laïc" risque, à nouveau, de se fourvoyer.

Car, en face, Ennahda, dispose d’un vaste réseau militant, présent partout et de longue date. Et l’argent de certains pays du Golfe – qui n’ont sans doute pas "intérêt" que l’expérience tunisienne réussisse – ne manque pas.

Oui, la Tunisie est à un tournant. Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Chokri Belaïd est de ne pas emprunter des chemins de traverse qui conduisent à une impasse ou à l’affrontement destructeur.

Chacun doit prendre ses responsabilités y compris dans le rang des islamistes soucieux de la pérennité de la jeune démocratie tunisienne. Sans jamais oublier les principaux mots d’ordre de la révolution : liberté, dignité et justice sociale.

A cette condition, réalisable, possible, en vérité vitale, la mort de Chokri Belaïd, aura été le ciment d’une nation fière de sa liberté reconquise. Avec l’aide de tous ceux qui sont attachés à la démocratie, les Tunisiens sont capables de faire refleurir le printemps sur cette rive sud de la Méditerranée.

dimanche 10 février 2013

Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale


 par Reuters, 10/2/2013

Le parti du président Marzouki quitte la coalition gouvernementale
Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda, selon Ben Amor, l'un de ses cadres cité par Reuters.
Par David THOMSON , correspondant FRANCE 24 à Tunis 

Dépêche (texte)

Le Congrès pour la république (CPR), parti laïc du président tunisien Moncef Marzouki, a quitté la coalition gouvernementale formée avec les islamistes d'Ennahda.

Le parti tire les conséquences du rejet de ses demandes, a expliqué dimanche un de ses cadres, Ben Amor, à Reuters.

"Nous disions depuis une semaine que si les ministres des Affaires étrangères et de la Justice n'étaient pas remplacés, nous nous retirerions", a-t-il dit.

Le départ des trois ministres CPR est un nouveau coup porté au gouvernement dirigé par le Premier ministre Hamadi Jebali, déjà mis à mal par l'assassinat cette semaine de l'opposant Chokri Belaïd.

Jebali a proposé la constitution d'un gouvernement de technocrates, mais a été désavoué y compris par Ennahda, dont il est membre.