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samedi 15 novembre 2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero

 

TelQuel, 14/11/2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero
Le journaliste Ignacio Cembrero. Crédit : DR

La justice espagnole va rouvrir l’enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.
Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».
Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.
Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

samedi 29 mars 2014

Les sidérants déboires d'Ignacio Cembrero, meilleur spécialiste du Maroc



Un journaliste espagnol compétent qui se voit retirer la couverture du dossier, le Maroc, dont il est sans doute le plus grand spécialiste au monde: une affaire atypique où se cachent sous couvert de «terrorisme» de sournoises influences politiques…
Une information sidérante. Voilà comment on a envie de commenter la mésaventure subie par notre confrère espagnol Ignacio Cembrero au sein de la rédaction du quotidien El Pais. 
 Cet éminent spécialiste du Maroc s’est vu retirer brutalement en février la couverture de ce dossier qu’il couvrait depuis une vingtaine d’années. Il est dorénavant rattaché à l’équipe du dimanche au journal. Mais pourquoi ? La direction du journal répond de manière laconique qu’il s’agit d’«une décision interne» qu’elle n’a pas à commenter, «un changement normal, pas étrange».
Vraiment? C’est se moquer du monde. Le contexte de l’affaire suggère en effet plutôt des explications d’ordre politique: El Pais aurait en l’occurrence retiré la couverture marocaine à Cembrero à la suite de la plainte, bien établie celle-là, du gouvernement du Maroc contre le directeur d’El Pais et contre ce journaliste. La plainte a été déposée le 20 décembre dernier à Madrid pour la diffusion sur le site internet du quotidien – en fait sur le blog de Cembrero, «Orilla Sur» – d’une vidéo intitulée «Maroc, Royaume de corruption et de despotisme». Le parquet espagnol précise que la plainte se réfère au titre du deuxième paragraphe de l’article 579.1 du code pénal espagnol relatif au délit «d’apologie du terrorisme». Diantre!
Cette vidéo a en réalité déjà fait couler beaucoup d’encre. Elle a été en effet postée le 12 septembre 2013 sur internet par Al-Andalous, un site proche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Comme l’explique le remuant site marocain, Demainonline, dans cette vidéo d’une quarantaine de minutes, «Aqmi reprend une série d’informations publiées par des médias relatives à la corruption du régime marocain, de la monarchie et de son entourage en particulier, avant d’appeler les jeunes musulmans marocains au djihad contre le régime».
A l’époque, Ali Anouzla, le directeur de la partie arabe d’un journal en ligne marocain, Lakome, également connu pour son indépendance et son esprit critique, avait parlé de cette vidéo dans un article qui donnait en hyperlien un article du blog d’Ignacio Cembrero, sur le site d’El Pais, lequel article donnait en hyperlien la fameuse vidéo des terroristes d’Aqmi.
Anouzla et Lakome ont payé cher ce papier. Le site a été fermé d’autorité et le journaliste a été emprisonné pendant cinq semaines puis libéré, son procès pour «assistance matérielle au terrorisme», «apologie du terrorisme» et «incitation à l’exécution d’actes terroriste» aura en principe lieu le 20 mai. Il risque gros et se tait dans toutes les langues depuis lors.
Curieusement, alors qu’Anouzla n’avait fait que renvoyer au blog de Cembrero, son confrère Aboubakr Jamaï, directeur de la partie francophone de Lakome, n’a jamais été poursuivi par la justice de son pays alors qu’il a fait pire, de son côté, puisqu’il a mis directement la vidéo controversée en hyperlien internet dans un article consacré au sujet.
Ajoutons que Cembrero, Anouzla et Jamaï, quand ils ont parlé de la vidéo d’Aqmi, ont tous trois bien précisé qu’il s’agissait d’une vidéo de propagande.
Alors pourquoi le gouvernement marocain attaque-t-il El Pais et à Cembrero (et pas à d’autres sites dans le monde spécialisés dans les affaires de terrorisme et qui reprennent la vidéo litigieuse)? Seule explication plausible: parce que Cembrero n’est pas un journaliste comme les autres. «C’est le meilleur spécialiste du Maroc dans le monde !, s’exclame Ali Lmrabet, notre confrère marocain qui a lancé Demainonline, contacté à Tétouan. C’est un véritable puits d’informations sur mon pays, il ne rate jamais une info et il en sait bien plus que nous les Marocains car lui jouit – faut-il dire «jouissait?» – de la liberté de la presse dans son pays. Il n’empêche, je n’en reviens pas qu’El Pais ait cédé aux pressions et lui ait retiré la couverture du Maroc. »
On peut comprendre l’hostilité qu’Ignacio Cembrero suscite en haut lieu à Rabat. C’est lui, par exemple, qui a éventé l’information l’été dernier, de la libération et du transfert vers l’Espagne du pédophile espagnol Daniel Galvan, condamné au Maroc à 30 ans de prison pour le viol de onze enfants. Il avait bénéficié d’une grâce royale, une bourde monumentale qui avait indigné tous les Marocains et obligé le palais à faire – trop tard – machine arrière. Cette affaire porte désormais le nom de «Danielgate».
Expliquer l’inimitié du régime marocain pour un journaliste de cette trempe est donc chose aisée. Ce qui l’est bien moins, c’est de trouver une explication au sort funeste subi par ledit journaliste au sein même de sa rédaction. Contacté par Le Monde cette semaine, Ignacio Cembrero n’a pas souhaité réagir. Mais, dès le 22 février, Demainonline, qui avait révélé ses ennuis à El Pais, lançait des pistes: «Apparemment, le Makhzen – le pouvoir marocain, NDLR – a réussi à convaincre les principaux dirigeants du journal, surtout Juan Luis Cebrian, le président de Prisa, la maison mère du journal, qui se trouve être un ami personnel de Felipe Gonzalez, l’ancien président du gouvernement espagnol devenu cette dernière décennie le plus efficace lobbyiste du Maroc en Espagne.» Filipe Gonzalez est un membre éminent du parti socialiste espagnol bien en cour à Rabat et El Pais un journal de gauche.
Le Monde a diffusé ce 18 mars un extrait d’une lettre qu’Ignacio Cembrero a adressée à ses amis marocains, dans laquelle il les remercie pour «toutes les infos, les impressions et les réflexions, émaillées de thé ou de couscous, que vous m’avez transmises tout au long de ces années et qui m’ont tant aidé à faire mon boulot de journaliste».
Le journaliste a été sanctionné par sa direction mais il n’est pas encore condamné en justice. «L’Audience nationale (parquet général) étudie la plainte marocaine, constate Ali Lmrabet, mais elle n’a pas encore décidé si elle poursuivra le journal et le journaliste. Et même si c’était le cas, rien ne dit que la justice espagnole les condamnera.»
BAUDOUIN LOOS

vendredi 20 septembre 2013

Demain, nous irons en pèlerinage, sur la terre des ancêtres de Ali Anouzla !

Demain, nous irons en pèlerinage, sur la terre des ancêtres de Ali Anouzla !

Mardi 17 septembre 2013 restera gravé dans nos mémoires, comme un autre jour, frappé du sceau de l’infamie.
 L’arrestation de notre confrère Ali Anouzla, au saut du lit, par une escouade d’agents de la brigade anti-terroriste, la perquisition de son domicile, puis des bureaux de LAKOME et  la saisie des unités centrales de notre journal, confirment bien que le régime marocain refuse obstinément de se départir de ses méthodes de répression des libertés, contrairement à ce qu’osent encore affirmer ses défenseurs.
Si d’aventure, on devait ne retenir qu’une seule image de cette énième exaction, commise à l’encontre d’un seul homme, ce serait bien celle de son transfert, dans les locaux de la brigade de police judiciaire de Casablanca, supposée protéger les honnêtes gens, contre les criminels de tous bords. Un mélange des genres, insupportable qui distille l’idée puante que les monstres et les démocrates seraient apparentés et que la protection de la société passe inexorablement par celle de la tyrannie.
Et de savoir Ali « entrepris » par les mêmes tortionnaires ayant sévi, durant les années de plomb, gardé à vue, dans ces locaux qui ont vu torturer tant de nos démocrates ou encore de l’imaginer couché sur ce même bat-flanc, infectés du sang, des larmes, des soupirs et de l’agonie de tant d’entre eux, conforte le sentiment que nous vivons bien sous la même tyrannie qu’hier. Un «  Tyrannistan » qui puise ses racines dans la protection des bourreaux et des assassins et l’impunité des corrompus et des prédateurs, émargeant au trésor public et aux richesses de notre pays.
Ali paie aujourd’hui le prix de son courage. Un courage exceptionnel. Physique d’abord, avant d’être intellectuel. L’homme avait choisi d’exercer son métier, à un jet de pierre de la préfecture de police de Rabat, prenant ses repas, dans les mêmes cafés où se restaurait le gotha de la maréchaussée. Il avait catégoriquement refusé que l’on ébruite, dans la presse étrangère, ou auprès des instances internationales de protection des journalistes ou des droits de l’homme, les assiduités dont il faisait l’objet de la part du régime et de sa justice aux ordres. En patriote sincère, Il considérait tout cela comme affaire domestique et par pudeur ou modestie, comme affaires strictement personnelles. Çà ne s’invente pas.
Il paie au prix fort ses articles où l’intelligence le dispute à la pertinence et à la clairvoyance politiques. Les adeptes de la servitude volontaire et les inconditionnels de la sacralité ne lui ont jamais pardonné l’évocation pêle-mêle et chaque fois que l’actualité l’exigeait, du Sahara, du train de vie de la monarchie, de l’absentéisme royal, du « DanielGate », de la prétendue nouvelle constitution,  de la trahison des élites et de tous ces autres sujets que les tyrans rêvent de passer sous silence.
Imputer à Ali l’apologie du terrorisme relève de la même aberration que si les Etats-Unis s’en étaient pris à CNN, pour une improbable complicité, dans les attentats aériens des « Twin Towers », parce que la chaîne avait diffusé les vidéos de Ben Laden ou si la France avaient poursuivi France24, BFMTV ou d’autres, pour leur implication dans l’invasion du Mali par les islamistes et les exactions criminelles qui ont suivi, parce qu’elles avaient diffusé les cassettes vidéos des terroristes appelant au Jihad.
Aux dernières nouvelles, le Maroc qui n’en finit plus de se ridiculiser, compte poursuivre le journal espagnol « El Pais »,  pour diffusion de la même vidéo qui doit à Ali son emprisonnement. Preuve supplémentaire que le pays est devenu fou, livré aux mains de gouvernants qui, non contents de s’illustrer par leur incompétence désormais proverbiale, ont pour projet immédiat, de dilapider les deniers publics, comme ils ont pris le pli de le faire, en procédures pénales, avec le risque assuré d’essuyer un nouveau camouflet, qui nous couvrirait de ridicule et d’opprobre aux yeux de la communauté internationale et particulièrement de l’Espagne. Un voisin, dont je rappelle que nous avons éclaboussé son chef de l’Etat,  il y a quelques semaines, lorsque nous avions, par excès de zèle et d’obséquiosité envers ce dernier, qui n’en demandait pas tant, libéré un dangereux pédophile et plusieurs autres criminels espagnols ! Il s’en est fallu de peu que Juan Carlos ne les ramène à Madrid, dans son propre avion. Il s’en est fallu de peu également que Daniel Galvan, le pédophile en question gracié par Mohammed VI, n’échappe définitivement à la justice, si Lakome n’avait donné l’alerte.
Et dans l’aveuglement et le suivisme général qui caractérise tant nos institutions, Il ne s’est pas trouvé un seul juriste compétent, ou une seule voix discordante, pour attirer l’attention des responsables marocains qui comptent s’attaquer au journal espagnol, sur cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, datée du 2 octobre 2008, qui a libéré un certain Denis LEROY, caricaturiste occasionnel du journal politique de gauche « Ekaitza », et anti-américaniste confirmé, de l’accusation de complicité d’apologie du terrorisme. Une affaire qui avait commencé par un dessin de l’intéressé, le 11 septembre 2001, sur les attentats terroristes qui ont endeuillé la ville de New-York,  et qui se concluait par ces mots : « Nous en avons tous rêvé……..le Hamas l’a fait ».
Condamné une première fois le 8 janvier 2002, par le tribunal correctionnel de Bayonne, l’homme fut condamné à 1 500 euros et aux frais de procédure, assortis de la contrainte par corps, jugement confirmé, le 22 septembre 2002, par la cour d’appel de Pau. La cour de cassation ayant opposé une fin de non-recevoir, le caricaturiste s’était, alors, adressé à la Cour européenne, qui l’a libéré des charges qui pesaient sur lui.  Dans sa requête, le dessinateur dont le moins que l’on puisse dire est qu’il avait tout de même applaudi à un acte terroriste qui avait coûté environ trois mille morts,  alléguait entre autres affirmations que sa condamnation pour complicité d’apologie du terrorisme, portait atteinte à sa liberté d’expression  et d’opinion garantie par les articles 9 et 10 de la Convention et se plaignait de n’avoir pas eu droit à un procès équitable, devant la Cour de Cassation, en violation de l’article 6, alinéas 1 de la Convention.
Au Maroc, on est bien loin de cette conception des Droits de l’homme et l’histoire nous dira si notre pays osera pousser le ridicule, jusqu’à traîner en justice les autres médias internationaux qui ont osé publier la vidéo d’AQMI et les millions d’Anouzla que nous sommes qui avons osé la partager. Plus rien n’étonne, venant de Rabat !
Et puisque le parquet semble tout particulièrement exceller dans la célérité à s’en prendre à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions et à communiquer à ce sujet, peut-être serait-il enfin, disposé à nous informer sur la suite qu’il a cru devoir donner  à l’enquête sur les « Cinq carbonisés d’Al Hoceïma »,  Jamal Salmi, Nabil Jaafar, Jaouad Benkaddour, Sami El Bouazzaoui, Imad Oulkadi ? Cinq jeunes gens dont tout porte à croire qu’ils ont été torturés à mort, avant d’être jetés dans les flammes. Tout comme on livre à l’incinérateur des chiens enragés, après les avoir euthanasiés.
Peut-être le Procureur du roi consentirait-il également, à déférer devant les tribunaux, les assassins présumés des autres militants du « Mouvement du Vingt-février », Karim Chaib, Kamal Ammari, Mohamed Boudouroua et Kamal Hussaini et nous expliquer pour quelles obscures raisons, le Conseil des Oulémas, continue d’échapper à ce jour,  à toutes poursuites judiciaires, après sa fatwa, appelant à tuer les apostats et pourquoi Mustapha Ramid, représentant d’un parti islamiste au pouvoir, continue d’occuper le portefeuille de la Justice et des libertés, après avoir qualifié de lieu de débauche universellement réputé, la ville de Marrakech, risquant de livrer celle-ci à la vindicte éventuelle de quelques illuminés ou quelques obscurantistes ?
Autant de dysfonctionnements et d’injustices qui n’ont guère dissuadé les suppôts de l’indéfendable d’enfoncer une porte ouverte en s’en prenant à Ali, aux première heures de son arrestation. Cruauté supplémentaire inutile et chargée des relents pestilentiels de lâcheté. Elle sonne comme l’hallali, précédant la curée. S’acharner sur un homme à terre, particulièrement lorsque ce dernier est innocent  n’a jamais grandi personne. Mais rien qui étonne pour un pays dont les élites, à quelques rares exceptions près, ont préféré rendre les armes à la dictature  et lui apporter aide et assistance, plutôt qu’aider les leurs à construire la démocratie dont ils rêvent. Après la gauche, les islamistes de Sa majesté, oubliant ces promesses de lutter contre la corruption et la tyrannie qui les avaient propulsés au pouvoir s’improvisent, à leur tour,  bras séculier de la tyrannie, pour réduire au silence les voix discordantes de la liberté. Ali est assurément l’une d’entre elles. Je me souviens avoir évoqué avec lui et les autres, cette poignée d’amoureux de la liberté que sont les journalistes de Lakome, cet instant dont nous avions, tous, la quasi certitude qu’il arriverait.
-       « 3adia ! Rien que de plus normal ! » Avait-il répondu, avant d’ajouter, dans ce merveilleux sourire qui illumine si bien son visage et fait rire ses grands yeux noirs:
-       «  De tout ce que la tyrannie continue de m’infliger,  je ne retiens qu’une seule chose, le cadeau qu’elle m’a offert, de vous avoir rencontrés ! »
Mon Ami, mon merveilleux Ami, Ali, le plus beau des cadeaux,  serait que tu puisses un jour, vivre libre et en paix, dans ce pays que tu chéris par-dessus tout. Ce jour-là, ensemble, nous pourrons, enfin, dans la sérénité retrouvée, accomplir ensemble, ce pèlerinage que tu m’as promis, sur la terre de tes ancêtres ! Ce sera sans doute, l’une des rares fois, où j’accepterai, avec un plaisir non dissimulé, de me laisser conduire là où,  je n’ai pas, moi-même, choisi d’aller !