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samedi 15 novembre 2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero

 

TelQuel, 14/11/2014

Vidéo d’Aqmi: l’Espagne cède au Maroc et rouvre l’enquête sur Cembrero
Le journaliste Ignacio Cembrero. Crédit : DR

La justice espagnole va rouvrir l’enquête sur le journaliste Ignacio Cembrero et le quotidien El País pour avoir diffusé une vidéo d’Aqmi dans laquelle le groupe terroriste menaçait le Maroc.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qu’est devenue « l’affaire Anouzla » : un communiqué du ministère de Mustapha Ramid indique qu’une Cour de justice espagnole « a ordonné au juge d’instruction de rouvrir l’enquête pour apologie du terrorisme » contre le quotidien El País et le journaliste Ignacio Cembrero.
Pourtant, en juin dernier, un procureur de l’Audience nationale − la plus haute juridiction pénale espagnole −, avait décidé de classer sans suite la plainte déposée par le gouvernement Benkirane le 20 décembre 2013. Une seconde plainte avait été également classée sans suite en août par la même juridiction. On s’en souvient, le gouvernement marocain avait porté plainte contre Ignacio Cembrero pour avoir publié en septembre 2013 sur son blog, hébergé par El Pais, une vidéo d’Aqmi appelant au jihad contre les autorités marocaines, mais aussi contre le roi. Un lien vers ce blog a valu au journaliste et fondateur du site Lakome, Ali Anouzla, une arrestation (le 17 septembre 2013), un passage en prison (il est toujours poursuivi en état de liberté provisoire) et la fermeture de son site.

« Il suffit d’une seconde »

« L’affaire a déjà été classée deux fois », réagit Ignacio Cembrero. Joint au téléphone par Telquel.ma, le journaliste semble très remonté. Il regrette ironiquement que « le ministère n’a pas daigné publier de communiqué quand la justice espagnole a classé l’affaire cet été ».
Finalement, il semble que le gouvernement marocain a eu gain de cause, car la Cour espagnole, « après avoir réexaminé la vidéo en question, à la demande du Maroc, a constaté que les photos et les messages font sans aucun doute l’apologie du terrorisme », affirme le communiqué du ministère de la Justice.
Une chose est sûre, le Maroc n’est pas prêt à laisser tomber l’affaire : le communiqué insiste sur les conséquences que la publication d’une telle vidéo peut avoir, estimant que le retrait − rapide − de la vidéo par El País « ne change rien ». « Que la vidéo soit postée pendant des minutes, des heures ou des jours, ne change rien. Il suffit d’une seule seconde pour que les ordres terroristes soient diffusés partout dans le monde. »

samedi 21 juin 2014

La justice espagnole déboute le chef du gouvernement marocain Benkirane


Dans un monde aux prises avec plusieurs menaces, dont le terrorisme international, les journalistes ont le devoir d’en informer la population. C’est, entre autres, l’accès à cette information cruciale qui aidera les citoyens à faire la part des choses entre les dangers réels et les fantasmes et donc à prendre les bonnes décisions au moment opportun. C'est donc l'accès à cette donnée et non sa dissimulation qui fera de la population la plus solide et la plus efficace des défenses face aux menaces qui guettent un pays.

Tout ou presque avait commencé le 13 septembre 2013. L’illustre journaliste espagnol Ignacio Cembrero avait mis sur son blog ''Orilla Sur'' hébergé sur le site d’El País une vidéo imputée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et où le réseau terroriste fustigeait la monarchie alaouite et appelait les jeunes marocains à la renverser. Le spécialiste du Maghreb au quotidien ibérique avait pris la précaution d’usage dans le traitement journalistique de ce domaine sensible de préciser dans sa chronique, entre autres, qu’il s’agissait là d’un document de propagande du groupe terroriste. Le 17 septembre, son ancien canard avait retiré la vidéo controversée de son blog. Mais, cela n’avait pas eu l’air de suffire pour calmer la grogne des autorités marocaines.

Rejet de la plainte d’Abdelilah Benkirane contre le journaliste Ignacio Cembrero

Le 20 décembre, l’islamiste Benkirane avait, au nom de son gouvernement, porté plainte contre le journaliste espagnol (et son patron au moment des faits) pour ''apologie du terrorisme''. Une démarche intervenue plusieurs semaines après l’arrestation, le 17 septembre, du journaliste marocain Ali Anouzla pour avoir mis sur son site arabophone d’information Lakome un lien menant au blog du journaliste Cembrero qui hébérgeait la fameuse vidéo d'AQMI. Sa mise en garde à l’intention de ses lecteurs à l’effet qu’il s’agissait là d’un document de propagande de réseau terroriste n’avait pas non plus calmé la colère des autorités ni lui avait épargné une triple et gravissime accusation: ''apologie'', ''incitation'' et ''aide matérielle'' au terrorisme. On y reviendra ci-dessous.
Après avoir ouvert une enquête en date du 20 mars 2014, le procureur de la plus haute instance pénale d'Espagne s’est rendu compte que ni M. Cembrero ni son patron de l'époque n’avaient commis le moindre délit et a par conséquent rejeté en date du 17 juin la plainte du chef du gouvernement marocain. La plainte a donc été définitivement classée!
Quelques semaines après le dépôt de la plainte de M. Benkirane, le journaliste  Une annonce qui avait alors choqué, du moins attristé plusieurs de ses lecteurs du Maghreb et d’ailleurs. Le flot des commentaires outrés sur la page du groupe Facebook qu’il administre, ''Maghreb Information'', et sur plusieurs pages personnelles a montré sa popularité et le rejet d’une telle décision. Le 30 avril, M. Cembrero a quitté son journal.
La décision du magistrat de l’Audience nationale (Audiencia Nacional) n’est pas une surprise puisque ce qu’avait fait le journaliste espagnol est conforme aux règles de l’art dans le domaine journalistique. D’ailleurs, de grands médias électroniques en Occident diffusent assez régulièrement à la télévision et sur leurs sites web des vidéos de groupes ou réseaux terroristes car cela fait partie du devoir qu’ont les journalistes d’informer le public des dangers que représentent de tels groupes extrémistes pour leur sécurité. Les autorités de ces pays sont de leur côté conscientes du fait qu’une population informée de cette menace est mieux à même d’y faire face. C’est pourquoi il arrive régulièrement dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, à nombre d’anciens agents des services secrets et de responsables de sécurité nationale de participer, aux côtés de spécialistes universitaires et de journalistes, à l’analyse de vidéos diffusées sur le web par des groupes terroristes en général et Al-Qaïda en particulier.


Et Ali Anouzla dans tout cela?
Comme on l’a vu ci-dessus le directeur du site arabophone Lakome, Ali Anouzla, reste sous le coup de trois chefs d’accusation inappropriées et absurdes et court donc le risque d’écoper d’une peine de vingt ans de réclusion criminelle.
Si le journaliste marocain bénéficie depuis le 25 octobre de liberté provisoire, c’est grâce à la mobilisation de la société civile marocaine, à la solidarité internationale d’organisations de professionnels et de défense des droits humains et aux fortes pressions exercées par le ministère américain des affaires étrangères sur Rabat. D’ailleurs, Reporters sans frontières en a fait cette année un de ses "100 héros de l’information" et l’ONG américaine Project on Middle East Democracy lui a, le 8 mai, décerné (ainsi qu’au directeur du site francophone de Lakome Aboubakr Jamaï) le "Prix POMED: Leaders pour la démocratie".
En dépit de ses différentes démarches, son site demeure à ce jour censuré par l’autorité de tutelle, l’ANRT.
Le Maroc ferait mieux de méditer la triple poursuite engagée contre le journaliste Anouzla à la lumière de la décision du magistrat espagnol et tirer les conclusions qui s’imposent... C’est dans l’intérêt du pouvoir en place d’en prendre acte et d’annuler inconditionnellement et rapidement les charges qu’on lui reproche. Il en va de son image dans le reste du monde et au pays.
***
Le journaliste espagnol a donc eu sa revanche sur le chef du gouvernement marocain et sur son ancien patron. Cela dit, la démarche du pouvoir marocain dans cette affaire est contre-productive. Dans le monde fluide dans lequel nous vivons, l’information circule à la vitesse de la lumière. Toute atteinte à la dignité humaine fait le tour du monde en un laps de temps très court. Quand un régime engloutit des sommes faramineuses dans sa campagne de relations publiques en Occident, la dernière chose dont il aurait besoin, c’est de saboter lui-même sa propre campagne d’image en s’en prenant par exemple à des journalistes.
19 juin 2014
*

Le Maroc a le meilleur service secret de la Galaxie avec Abdellatif Hammouchi, le miracle anti-islamiste personnifié

Abdellatif Hammouchi, le miracle anti-islamiste personnifié
Abdellatif Hammouchi, le miracle anti-islamiste personnifié
Les services de Sa Majesté Chérifienne sont plus puissants que tous les services sophistiqués au monde y compris le FBI, la CIA, le MI5 et le MI6

Ils ont démantelé 18 « cellules terroristes » entre 2011 et 2013 ! Bien sûr quand on dit « ils », il s’agit d’Abdellatif Hammouchi et de sa boutique des horreurs, la DST où on entre innocent et on en ressort coupable.
Dix-huit « cellules terroristes », procédant au recrutement et à la formation de jihadistes, ont été démantelées au Maroc entre 2011 et 2013, selon des statistiques officielles citées mercredi par le quotidien Aujourd’hui Le Maroc.
« Pendant la période 2011-13, 18 cellules terroristes ont été démantelées », écrit le journal dans le cadre de la publication de chiffres de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) sur la « criminalité ».
Durant ces trois années, les autorités du royaume ont régulièrement communiqué sur de tels démantèlements, ne masquant pas leur « inquiétude » face à une « prolifération » de cellules procédant au recrutement et à l’envoi de combattants auprès de groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Ces derniers mois, les coups de filets réalisés ont aussi concerné la formation de jihadistes pour la Syrie.
Selon des experts, les combattants marocains seraient actuellement « plus de 2.000″ en Syrie, et plus de 400 auraient été tués depuis le début de l’insurrection contre le régime de Bachar al-Assad en 2011.
Les dernières arrestations remontent à fin mai, les autorités soulignant alors le danger que représentent ces combattants ayant bénéficié « d’entraînements militaires », une fois de retour dans leur pays.
Le Maroc a procédé au démantèlement de plus d’une centaine de cellules islamistes au total depuis les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Perpétrés par 12 kamikazes originaires d’un bidonville de la capitale économique, ces attaques avaient fait 33 morts.
Avec AFP
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=32127

jeudi 2 janvier 2014

Les camps des réfugiés sahraouis sont infiltrés par la DGED marocaine pour mener des activités subversives contre les Sahraouis et le Polisario


Les services d'espionnage marocains, la DGED, sont connus pour être très efficaces et actifs en Europe. Deux sujets principaux mobilisent les espions du Maroc : la question du Sahara Occidental et l'intégrisme islamique. 
La DGED a réussi, en 1990, à infiltrer le ministère des affaires étrangères espagnol. Son agent lui a transmis un rapport confidentiel sur le contenu d'une rencontre entre le ministre des Affaires Etrangères de l'époque, Francisco Fernandez Ordoñez et un responsable du Front Polisario.
Selon Mondial Nieuws, en Belgique, le 8 juillet 2008, le patron de la Sûreté belge Alain Winants demanda à Mohamed Yassine Mansouri, chef de la DGED, de rappeler trois agents marocains repérés en Belgique. "Cette mesure n'était pas liée à l'affaire Belliraj. Dans le passé, il y a déjà eu des problèmes répétées avec les agents de la DGED. Ils avaient par exemple organisé une manifestation devant l’ambassade d’Algérie à Bruxelles", déclare Alan Winants. "Les allégations de la Sûreté belge étaient tellement graves que la DGED a non seulement rappelé les trois agents démasqués mais a également décidé de fermer carrément sa représentation en rappelant tous ses agents", a ajouté la même source.
En 2008, les services secrets marocains ont réussi à recruter Redouane Lemhaouli, 42 ans, un policier hollandais d'origine marocaine qui avait accès à la base de données du Ministère de l'Intérieur des Pays Bas qu'il transmettait aux officiers de renseignement exerçant à l'ambassade marocaine sous couverture diplomatique. 
Au mois de juin 2010, l'ex-policier sahraoui Mustapha Salma Sidi Mouloud se rend dans la ville occupée de Smara où se trouve son père. Mustapha appartient à la même tribu que le transfuge Omar Hadrami. Celui a été désigné par Rabat comme chef du budget alloué aux subventions appelées communement "cartilla", une aide destinée aux plus démunis. Hadrami mise sur deux axes pour attirer ses proies : le tribalisme et les 2000 Dirhams mensuels. Mustapha est vite contacté par Hadrami. Ils passeront trois mois ensemble à Rabat pour préparer l'opération du retour de Mustafa en Algérie pour louer les "bienfaits" de la proposition marocaine d'autonomie. Deux mois avant son retour, les médias marocains vont relayer son histoire. Le coup médiatique est réussi, mais inefficace parce que Mustafa, après avoir embrassé les thèses marocaines, n'a plus le droit de revendiquer le statut de réfugié en Algérie. 
Le succès médiatique du recrutement de Mustafa Salma Sidi Mouloud a encouragé les services secrets marocains à redoubler leurs opérations dans les camps des réfugiés sahraouis de Tindouf. Dans ce but, les Marocains ne rechignent pas sur les moyens. Selon le site Bladi, se basant sur des informations rapportées par le journal libanais Addiyar, le budget de la DGED avoisine un milliard de dollars par an. 
Un mois après le feuilleton de Mustafa, deux coopérants espagnols et une italienne sont kidnappés de Rabouni, siège des principales administrations de la RASD. Al-Qaida nie toute implication dans cette opération. Une semaine après, un mystérieux mouvement revendique l’enlèvement. Il se fait appeler Mouvement pour l'Unicité et le Jihad dans l'Afrique de l'Ouest (MUJAO). Les conséquences sont néfastes pour les Sahraouis. Ils sont accusés de complicité avec les kidnappeurs. Pire encore, l'Espagne décide d'évacuer ses coopérants des camps des réfugiés. Les soupçons des Sahraouis sont vite portés sur les services secrets marocains. En plus, le MUJAO, au lieu de diriger ses opérations vers les pays de l'Afrique de l'Ouest, il ne vise que le Polisario et l'Algérie. Celle-ci est visée en tant que principal allié des Sahraouis et pour saper sa position de partenaire numéro 1 des USA dans la lutte anti-terroriste au Sahel contre Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).
L'activité souterraine de la DGED continue dans les pays voisins dont la position compte dans la recherche d'une solution au conflit sahraoui-marocain. En janvier 2011, deux Marocains amazighs sont arrêtés par l’agence libyenne de sûreté extérieure. Ils exécutaient un plan concocté par la DGED et le Mossad dans le but "de briser l’unité territoriale de Algérie, la Libye et la Tunisie".
A Nouakchott, un agent qui agit sous couvert de correspondant de la MAP en Mauritanie, Abdelhafid El Bakkali, a été sommé, en décembre 2011, de quitter le territoire mauritanien dans un délai de 24 heures à cause de son activité visant, entre autres, à dénigrer le Polisario et l'Algérie dans les médias mauritaniens. Pire encore, certaines sources accusent les services marocains d'être derrière la tentative d'assassinat du président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz.
En mai 2013, le Centre national d’intelligence espagnol (CNI) a ordonné l’expulsion de Nour-Eddine Ziani, un Marocain accusé d’être un "agent" de la et de mettre en danger la sécurité de l’Etat à cause de ses "relations" avec l’islamisme radical.
Dans la ville algérienne de Tindouf, des ressortissants algériens, certains d'origine sahraouie, ont été recrutés pour mener des activités subversives dans les camps des réfugiés sahraouis et un vaste trafic de cannabis est organisé en vue d'accuser le mouvement sahraoui de "collusion avec le trafic de drogue et les organisations terroristes". Des officiers de l'armée marocaine installés dans le mur de défense marocain et à Zouérate vont fournir la drogue aux trafiquants.
Dans les camps, d'autres agents vont attiser le feu de la rébellion contre la direction du Front Polisario. La dernière en date, une manifestation devant le siège de la présidence sahraouie contre les mesures prises par le Front Polisario pour combattre la contrebande de carburants.

samedi 28 septembre 2013

Affaire Anouzla: le journaliste Cembrero et le ministre Haddad débattent sur Twitter

A gauche, Lahcen Haddad, ministre marocain du Tourisme. A droite, Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais

Le 20 septembre, un échange de tweets s’enclenche entre Ignacio Cembrero, le correspondant du journal espagnol El Pais dans la région du Maghreb et un certain Nouaama Malainine qui demande au journaliste ses motivations derrière la diffusion d’une vidéo d'Al-Qaïda appelant à tuer des Marocains.
Cembrero répond alors qu’il s’agit d’"un pamphlet politique fait par des terroristes, mais intéressant à voir!", en rappelant que des sites américains avaient publié la même vidéo.
Lahcen Haddad entre en lisse 
Aussitôt, c’est le ministre MP du tourisme, Lahcen Haddad qui réagit au tweet du journaliste espagnol en s’interrogeant : "pourquoi à voir? Pour inciter des jeunes à se faire exploser et tuer des innocents? Qu'advient-il de l'éthique du journalisme?".
Le ministre précise également qu’ "il ne s'agit pas d’un travail de journalisme mais de la transgression de normes éthiques dont la règle la plus fondamentale est de ne pas donner la parole aux tueurs".
Cembrero explique alors au ministre que "la vidéo d’AQMI est en ligne sur les sites américains qui s'intéressent au terrorisme", "Savez-vous que de grands médias de Paris ont mis en ligne des vidéos menaçantes d’AQMI ? Savez-vous qu’El País publie les communiqués d’AQMI qui menacent l'Espagne de reconquérir Sebta, Melilla et l’Andalousie ?" Demande l’espagnol.
Le ministre répond qu’il ne trouve pas « normales » les publications d’El Pais. Cembrero s’étonne alors de cette "étrange approche de la liberté de la presse" Pour lui, les lecteurs sont "adultes" et "ont le droit de savoir et de voir, avec la nécessité de préciser qu’AQMI est une organisation terroriste".
Haddad, le nazisme, le sexe et le terrorisme
Dans ces tweets, le ministre insiste sur l’importance de l’éthique dans le travail journalistique et s’en prend à la conception in extenso que se fait Cembrero du droit à l’information. Une logique qui, selon le ministre permettrait la diffusion de contenu pornographique ou antisémite.
Le journaliste espagnol exprime alors son désaccord avec cette "vision très restrictive de la liberté d'expression". Mais se dit "content qu’un ministre marocain dialogue".
Lahcen Haddad esquive la question sur la poursuite judiciaire des sites américains
Cembrero demande à Haddad "si Ramid va porter plainte contre les sites américains qui ont diffusé la vidéo comme il l’a fait pour El Pais et Lakome". Haddad suggère à Cembrero de poser la question directement à Ramid et de préciser que "le droit à l'information qui conduit au meurtre n'est plus un droit. C'est être de connivence et une caution pour le tueur" avant d’ajouter : "le fait que Ramid ne poursuive pas ces sites ne vous donne pas le droit de diffuser ce contenu qui incite les jeunes à tuer".
Cembrero : Anouzla n’est-il pas victime de sa ligne éditoriale ?
La discussion prend alors un autre tournant et le journaliste espagnol reproche au ministre de penser que "les marocains ne sont pas assez mûrs pour regarder des vidéos d’AQMI". Il interroge alors le ministre si le Maroc n’est pas embarrassé par la position "de dizaines d’ONG qui estiment qu’Anouzla a été arrêté non pas pour une vidéo mais pour sa ligne éditoriale".
A brûle-pourpoint, Haddad répond à Cembrero qu’il « cherche toujours à nuire au Maroc et aux marocains et par n'importe quel moyen » et de poursuivre qu’il s’interdit de se prononcer sur une enquête en cours.
Haddad contredit son parti, le MP
Ignacio Cembrero demande alors pourquoi "le MP peut se prononcer sur le cas Anouzla" et pas le ministre "sur les poursuites éventuelles de Ramid contre des sites américains »?
Haddad a répondu que son parti, le MP "s'est prononcé avant qu’Anouzla ne soit arrêté et placé en garde à vue". Mais une personne qui avait pris part au fil de discussion rappelle au ministre que le communiqué du MP est paru le 17 septembre, c'est-à-dire le même jour de l’arrestation du journaliste Ali Anouzla. 
 Lahcen Haddad a quitté alors la conversation pendant plus de 24H, pour revenir à la charge et déclarer que "les Marocains doivent être protégés par leur gouvernement contre les terroristes d'Aqmi qui trouvent un support gratuit chez des médias irresponsables », entendez Lakome et l’ensemble des sites professionnels d’information, européens et étrangers ayant travaillé sur la vidéo d’Aqmi, menaçant le régime marocain.


Amina Madmoun via Lakome
Déclaration de Maati Mounjib sur l’arrestation d’Ali Anouzla et l’absence d’Ignacio Cembrero qui étaient invités à la table ronde sur les médias et le printemps démocratique, organisée le 21 Septembre 2013.

Média/Actualités/Édition ·


 Mounjib: Anouzla est arrêté car il critique la monarchie marocaine


mercredi 18 septembre 2013

Al Qaïda menace encore une fois le Maroc


16 septembre 2013 Al Qaïda menace encore une fois le Maroc

(AQMI) menace le Maroc de représailles, dans une vidéo consacrée pour la première fois exclusivement au Maroc. L’enregistrement diffusé sur Youtube est une menace claire proférée contre les institutions marocaines et ses symboles.

Dans une vidéo de plus de 40 minutes, le dénommé Abou Moussab Abdelwadoud, chef d’AQMI, critique la situation au Maroc, en se référant notamment à des extraits de l’intervention d’une députée marocaine, qui dénonçait les conditions de vie au pays et les festivals organisés dans plusieurs villes du Royaume.
Au Maroc, des barrages de sécurité ont été dressés aux entrées et sorties des plus grandes villes du pays, principalement à Casablanca, El Jadida et Rabat, peu de temps après la diffusion samedi de la vidéo de la nébuleuse terroriste sur Youtube.
En août dernier, la Direction de la surveillance du territoire (DST) a démantelé une cellule terroriste qui opérait dans les villes de Meknès, Fès, Taounate et Tiznit. Les membres de cette cellule comptaient "perpétrer des actes de sabotage contre des établissements de l’Etat".

lundi 24 juin 2013

Mali : 13 ans et déjà soldats

El Watan, 21/6/2013
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Détenus, forcés de combattre, chargé des besognes, violentés…Les enfants du Mali font la guerre comme des grands. Le dernier rapport des Nations unies dénonce le calvaire des enfants soldats au Mali. Autant de victimes de la guerre que les soldats tombés sur le champ de bataille.

«Ce rapport est une honte pour le Mali. Il est difficile de croire que les communautés du Nord et l’armée malienne ont recours à des enfants», s’alarme Ramata Camara, syndicaliste et présidente d’une association pour la protection des enfants «Les groupes armés et les milices  soutenant l’armée malienne ont fait beaucoup de tort à nos enfants et nos familles. Le gouvernement malien est complice et le rapport onusien le prouve. Il est impossible d’ignorer la participation d’enfants dans les rangs de l’armée loyaliste malienne», affirme-t-elle. En 2012, la situation sécuritaire au Mali s’est précipitamment dégradée, au point de constater que les violences contre les enfants étaient visibles pour les ONG sur place et les enquêteurs indépendants. Le nouveau rapport des Nations unies sur le sort des enfants en temps de conflit armé dénonce le recrutement massif de centaines d’enfants maliens.
D’abord dans les rangs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), d’Ançar Eddine, du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et également dans les milices de l’armée malienne. «Les groupes armés opérant dans le nord du Mali ont formé des coalitions changeantes au fil du temps, menant des opérations militaires conjointes et partageant des campements communs», lit-on dans le rapport, en précisant que d’après les informations «limitées» dont ils disposent, «la composition de ces groupes armés est extrêmement fluide, de sorte qu’il est difficile d’essayer de définir les chaînes de commandement pour les violations commises contre des enfants signalées pendant toute l’année 2012. Bien que la situation sur le plan de la sécurité ait sévèrement limité tout accès, l’Organisation a reçu de nombreuses informations selon lesquelles des groupes armés se livreraient à une exploitation et un recrutement massif d’enfants.
Les premières informations ont indiqué que des centaines d’enfants, principalement des garçons âgés de 12 à 15 ans, ont été enrôlés pendant la période considérée». «Ce rapport des Nation unies démontre une fois de plus que le MNLA n’a jamais été un mouvement sérieux, mais plus un groupe de pression et de propagande. En recrutant des enfants pour mener la guerre et les mener à l’abattoir, souligne une fois de plus l’indifférence de ses membres, cloîtrés dans les hôtels, vis-à-vis des populations du Nord», déclare M. Touré, originaire de Gao et président de la Nouvelle jeunesse africaine. «Les hautes autorités maliennes qui ont commis cela doivent êtres détectées et soumises au joug de la justice malienne. Le Mali, avec les instances internationales, travaille pour que recrutement malsain soit aboli», précise-t-il.

«Petite besogne»

Le rapport de l’ONU spécifie qu’en octobre 2012, le Mali a créé «un groupe de travail interministériel pour empêcher les violations graves contre des enfants, en le chargeant notamment de mener des campagnes de sensibilisation pour prévenir le recrutement et l’utilisation des enfants» soutenu par des missions internationales «pour déterminer s’il y avait des enfants dans les rangs des milices d’autodéfense». Longtemps, l’accès aux régions du nord du Mali a été difficile, beaucoup de partenaires internationaux n’ont pu aller sur le terrain pour mener à bien leurs enquêtes.
«Lors de notre mission au Mali, nous avons eu des informations sur les enfants qui étaient enrôlés et relégués à ce qu’on appelle ‘‘la petite besogne’’ avec l’interdiction de porter des armes. Les rapports des institutions internationales ont indiqué le contraire et affirmé qu’il y avait une réelle violation», déclare Maya Sahli, juriste et rapporteur spécial à la Commission  africaine des droits de l’homme et des peuples. «Ces enfants ont besoin d’une prise en charge psychologique, suite aux conséquences dramatiques de la guerre au Mali», ajoute-t-elle.

Extrait du rapport de l’ONU :

Art. 95. On dispose de très peu d’informations sur les meurtres et les mutilations d’enfants en 2012. Cependant, 17 incidents ont été signalés, au cours desquels six enfants ont été tués et 22 ont été blessés par des restes explosifs de guerre. Pendant l’offensive, les dépôts d’armes des forces armées nationales ont été pillés, en particulier à Tombouctou, et des armes et des munitions ont été essaimés aux alentours des villes.
Des groupes armés ont également posé des bombes et laissé d’autres engins explosifs dans le nord du Mali en prévision des opérations militaires, faisant des morts et des blessés parmi les enfants. Entre mars et août 2012, 28 incidents graves auraient été occasionnés par des mines et des restes explosifs de guerre dans le nord du Mali, entraînant la mort de 24 enfants.
Il a été en outre affirmé que des enfants associés aux groupes armés ont été tués ou mutilés lors de la campagne militaire franco-malienne déclenchée en janvier 2013, notamment pendant les bombardements aériens. Certains enfants auraient été utilisés par les groupes armés comme boucliers humains. Les représailles interethniques contre des enfants d’origine arabe ou touareg, menées notamment par les forces armées nationales, demeurent préoccupantes.

 http://www.elwatan.com//international/mali-13-ans-et-deja-soldats-21-06-2013-218202_112.php http://www.elwatan.com//international/mali-13-ans-et-deja-soldats-21-06-2013-218202_112.php

samedi 15 juin 2013

Torture : La CEDH demande à la France de ne pas extrader vers le Maroc un jihadiste présumé

Des juges de la Cour européenne des droits de l'homme (Photo AFP)
Des juges de la Cour européenne des droits de l’homme (Photo AFP)
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a demandé jeudi à la France de ne pas extrader vers son pays un Marocain de 37 ans, car elle estime que cet homme, accusé par Rabat d’être lié au réseau Aqmi, risque d’être torturé en prison.
L’intéressé, Rachid Rafaa, un informaticien établi à Metz, fait l’objet depuis fin 2009 d’un mandat d’arrêt international émis par Rabat, pour « constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes ».
Les autorités marocaines le soupçonnent d’être lié à des responsables d’Al-Qaida au Maghreb islamique(Aqmi), qu’il aurait aidés à diffuser leurs messages via internet. Ce soupçon est partagé par les services anti-terroristes français, qui considèrent que l’homme est connu pour « son appartenance à la mouvance djihadiste internationale ».
Mais M. Rafaa, qui réfute ces accusations, affirme que le véritable motif des poursuites à son encontre est lié à son soutien à la cause du Sahara occidental. Il affirme qu’il a d’ailleurs, pour cette raison, été détenu et torturé pendant vingt jours à Rabat début 2009, peu de temps avant de s’enfuir en France.
Devant la justice française, il a tenté en vain de contester le décret autorisant son extradition. Il a également déposé, sans succès, une demande d’asile politique.
Dans leur arrêt rendu jeudi, les juges de la CEDH se réfèrent à des rapports de l’ONU ou d’Amnesty International faisant état de « nombreuses allégations de torture et de mauvais traitements » dans les prisons marocaines. Ils considèrent en conséquence que le requérant encourt un risque « réel » d’être torturé s’il est extradé vers le Maroc.
L’interdiction de la torture ou des mauvais traitements doit prévaloir « quels que soient les agissements de la personne concernée, aussi indésirables et dangereux soient-ils », ont-ils ajouté.
Autrement dit, la France violerait la Convention européenne des droits de l’homme si elle extradait M. Rafaa vers le Maroc, a jugé la CEDH.
Ce jugement n’est pas définitif: Paris a trois mois pour demander éventuellement un nouvel examen du dossier devant la Grande chambre de la Cour européenne. En attendant, « il est souhaitable, dans l’intérêt du bon déroulement de la procédure, de ne pas expulser le requérant jusqu’à ce que le présent arrêt devienne définitif », a insisté la Cour de Strasbourg
AFP
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Un des 12 Commentaires pour “Torture : La CEDH demande à la France de ne pas extrader vers le Maroc un jihadiste présumé”

  1. Républicain
    On dirait que le régime despotique du Maroc n’a aucun programme à proposer à son peuple que la persécution, la torture et l’incarcération. Mais enfin ! Quelle est cette folie ?
    Ce régime absolu et féodal n’a aucun programme politique ou social à construire sur l’ensemble du pays. Il n’en a jamais eu. Il est impossible qu’il en ait !
    Son existence et sa continuité en tant que famille régnante dépend totalement de sa fermeture sur elle même. La possibilité de toute ouverture démocratique au peuple par des programmes politiques signifie la fin du règne de la famille.
    C’est pour cela que la monarchie perfide ne peut produire qu’hypocrisie et mensonges. La démocratie, c’est son auto-destruction.
    Cela fait cinquante sept ans (Trois générations perdues. C’est déjà trop !) qu’elle ne fait que louvoyer, tergiverser, mentir et falsifier, uniquement pour subsister. Pour gagner du temps. Pour appliquer ses desseins d’abrutir et de terrifier la population, pour s’imposer, par l’effroi et la terreur psychologique.
    Ce n’est pas seulement Rachid Rafaa qui doit être protégé par la CEDH, mais le peuple marocain en entier, en attendant l’arrivée de son printemps de l’Atlas….prochainement..

samedi 2 février 2013

Procès du groupe Gdaym Izik reporté au 8/2, le Maroc cafouille encore

par 2 /2/2013
Vendredi 1er  février 2013 vers 08.30, suite à un appel des familles des prisonniers politiques du « groupe Gdaim Izik », plus de 100 personnes ont participé à une manifestation en solidarité avec les prisonniers devant la cour martiale de Rabat, la capitale marocaine.
Les autorités marocaines ont déployé l'armée et la police en addition des effectifs des  renseignements généraux aux alentours de la cour avant de fermer le boulevard de " Ennaser" du quartier Agdal menant à la cour.
15 min après le début de cette manifestation sahraouie,  plus de 50 marocains habillés en vêtements traditionnels sahraoui s ont mené une manifestation parallèle, brandissant des drapeaux marocains et des photos du camp de Gdaim Izik après sa destruction par l'armée marocaine. Ils demandaient par leurs pancartes l'exécution des accusés.
Au tribunal, les autorités marocaines ont laissé entrer les familles des prisonniers dans la salle d'audience et en ont interdit l’accès aux militants des droits de l'homme.
La cour a reporté le procès au 8 février suite à la demande de la défense. Celle-ci  a souhaiter écouter des responsables marocains  comme le ministre de l'intérieur, la député au parlement marocain Gajmoula ment Abbi , le gouverneur de la ville de El Aaiun occupée et d'autres témoins .
La cour a refusé d'inviter les responsables et a accepté d'inviter 4 témoins dont l'activiste sahraoui Lehsan Dalil.
Le procès écourté s’est tenu en présence d’observateurs, juristes et journalistes étrangers.
A El Aaiun occupée, malgré le blocus sécuritaire impose par les autorités d'occupations, des dizaines des sahraouis sont sortis de chez eux pour manifester leur solidarité avec les prisonniers de Gdaim Izik.
4 manifestations d’une cinquantaine de personnes ont été dispersées par la violence, selon les méthodes usuelles des forces d'occupation, sans ménager ni les femmes ni les enfants.
Les violences généralisées et des agressions privées ont eu lieu à cette occasion.
Par exemple, Momna Chomad, dont le mari est emprisonné sans charge depuis le 6 novembre 2012 a été violement giflée par un policier en civil alors qu’elle sortait pour manifester. Cette femme fière qui ne cède à aucune intimidation a nommé son enfant Ahmed Ben Bella (de l’ancien président algérien) pour affirmer sa résistance à l’occupant.
L'activiste des droits de l'homme et ancien porté disparu Mustapha Dah a lui été agressé directement par le Pacha, vice gouverneur de El Aaiun occupée  Mohamed Ennachti.
De nombreux manifestants dont M. Dah ont déclaré  que ces réactions violentes n’arrêteront pas la résistance civile qui parviendra à briser l'embargo et à dévoiler les crimes commis par l'état marocain au Sahara Occidental.
EM, El Aaiun, Sahara Occidental occupé

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Sahara Occidental: Médi1 reste au service du Makhzen

Par Demainonline, 2/2/2013
Une émission de grande valeur intellectuelle sur Médi1 (Photo DR)
Une émission culturelle de grande portée sur Médi1 (Photo DR)

Le journalisme français aux ordres se porte bien. Hier, vendredi 1er février, premier jour du procès des 24 indépendantistes sahraouis accusés du massacre de Gdeim Izik, il y a plus de deux ans, les auditeurs de Médi1 s’attendaient à de l’information contrastée pour savoir ce qui s’est passé ce jour de 2010 quand 10 membres des forces de l’ordre marocaines, un ambulancier et deux sahraouis ont perdu la vie dans des circosntances tragiques.
Au lieu de cela, Médi1, qui appartient à un consortium public franco-marocain, a fait montre d’un journalisme digne des années de plomb. Et pour une fois, ce ne sont pas des journalistes marocains qui en ont été les protagonistes, mais deux journalistes français.
Au lieu de parler du procès, la journaliste française qui présentait le journal de 12h30 a préféré évoquer le « ralliement de 300 militants du Polisario » à AQMI, le mouvement terroriste maghrébin. Ajoutant, pour conforter son « information », que c’est « un chercheur tunisien, un spécialiste des mouvements terroristes » qui le rapporte.
Mais qui est-il ce spécialiste tunisien ?  Son nom ? Silence radio. On n’en saura rien. Tout au plus elle assène ses auditeurs avec un « ce chercheur tunisien a recoupé le constat de plusieurs thinks tank américains ».
La parole est alors donnée à Claude Porsella, correspondant à Washington de Médi1 (Jean-Louis Pourtet pour RFI). Et là on se serait cru à la bonne époque de la vieille RTM (Radio télévision marocaine), la télé et la radio publiques, figées et archaïques, de l’ère Hassan II.
Le Polisario serait l’allié d’AQMI, nous dit Porsella en se basant sur les déclarations d’un analyste américain, Yonah Alexander, qui répète ces assertions depuis plusieurs années sans que le Département d’Etat américain, qui veille au grain pour savoir qui est avec qui dans la grande mouvance jihadiste, ne lui fasse cas. Yonah Alexander a visité le Maroc et le Sahara en janvier 2011 à l’invitation des autorités marocaines.
Puis le vieux journaliste franco-américain, qui a quitté la Voix de l’Amérique il y a quelques années parce qu’il s’estimait « censuré », reprend des termes qui sont généralement utilisés par la presse marocaine pour traiter le conflit du Sahara. Le Polisario aurait signé un « partenariat » avec AQMI, les camps de réfugiés de Tindouf seraient en réalité des « camps de séquestrés » (même si l’ONU dit le contraire!), et les indépendantistes seraient des « séparatistes », etc…
Qu’un journaliste marocain débite ces formules et ces adjectifs, c’est dans l’ordre des choses. Le journalisme au Maroc est patriotique avant d’être informatif. Mais que des journalistes professionnels français singent verbalement leurs confrères marocains, c’est assez inhabituel. Sauf sur Médi1 bien sûr.
Le Polisario allié d’AQMI, on en rêve à Rabat. Mais pour le moment c’est un non-sens total que même le plus débile des analystes des mouvements terroristes islamistes rejeterait sans la moindre discussion.
Une alliance du Polisario avec AQMi serait un suicide en bonne et due forme de ce mouvement indépendantiste dont la survie économique, politique et diplomatique dépend du bon vouloir de l’Etat algérien. AQMI est l’ennemi mortel de l’Etat algérien ; et qui finance et porte à bout de bras le Polisario sinon l’Etat algérien.
Le Polisario allié avec les terroristes d’AQMI on voudrait bien, comme ça on demandera à l’armée française de François Hollande de nous en débarrasser. Mais pour le moment c’est plus un désir qu’une réalité.
Au fait, une information qui n’a pas été relevée par les journalistes français de Médi1 : le procès des 24 Sahraouis a été reporté au 8 février. 

mardi 22 janvier 2013

La « justice » française à l’oeuvre au nord Mali

Un militaire français au Mali. Le visage de la mort ?
Un militaire français au Mali, avec un foulard à tête de mort (Photo AFP)
Par Demainonline, 22/1/2013

Exactions, tortures et exécutions sommaires sont entrain de devenir le lot quotidien du Nord Mali. Et cette fois-ci ce n’est pas AQMi qui est pointée du doigt, mais plutôt l’armée malienne « alliée » de l’armée française.
On fusille à tout va dans le nord Mali. Le quotidien français Le Monde avait commencé il y a une semaine à parler de « rumeurs d’exactions qui se multiplient ». Depuis quelques jours, Amnesty International nous apprend que ces « rumeurs » sont devenues des « évidences ».

Les victimes seraient des touaregs et des membres de l’ethnie des Fulani, accusés par l’armée d’avoir sympathisé avec les islamistes. Le chef de la police islamique de Gao aurait même été lynché (massacré à la machette selon des témoins) par la population.
Hier, AQMI et ses appendices locaux coupaient les mains des voleurs et fouettaient les couples adultères. Aujourd’hui, l’armée malienne fusille des innocents et jette leurs corps dans les puits.
La différence c’est que AQMI est une organisation terroriste et barbare ; et l’armée malienne, qui est tout de même une milice putschiste qui a fait tomber un régime et un gouvernement légitimes et démocratiques, travaille sous le parapluie bienveillant et protecteur de la France.
Au fait, elle est où la différence entre AQMI et l’armée malienne quand il s’agit de tuer des innocents ?


URL courte: http://www.demainonline.com/?p=24590

dimanche 20 janvier 2013

Femmes du Mali: Disons "NON !" à la guerre par procuration

Slate, 20/1/2013

La féministe Aminata Traoré et de nombreuses personnalités maliennes s'opposent à l'intervention armée au Mali.

Femmes voilées en classe à Gao le 10 septembre 2012. Reuters/Stringer
l'auteur

De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit: l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays.
Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir.
Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable.
Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme: le religieux à travers l’islam radical; l’économique à travers le tout marché; le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice.
Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire «Non» à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus.

Le déni de démocratie

La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime.
Il n'est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclut par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Benghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer.
La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA), de Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen.
Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les Chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste?
Marginalisée et humiliée dans la gestion de la crise libyenne, l'Union Africaine doit-elle se lancer dans cette aventure au Mali sans méditer les enseignements de la chute du régime de Mouammar Kadhafi?
Où est la cohérence dans la conduite des affaires du continent par les dirigeants africains, dont la plupart s’était opposé en vain à l’intervention de l’OTAN en Libye, lorsqu'ils s’accordent sur la nécessité d'un déploiement de forces militaires au Mali, aux conséquences incalculables.

L’extrême vulnérabilité des femmes dans les zones en conflit

L'international Crisis Group prévient, à juste titre, que:
«Dans le contexte actuel, une offensive de l’armée malienne appuyée par des forces de la Cédéao et/ou d’autres forces a toutes les chances de provoquer davantage de victimes civiles au Nord, d’aggraver l’insécurité et les conditions économiques et sociales dans l’ensemble du pays, de radicaliser les communautés ethniques, de favoriser l’expression violente de tous les groupes extrémistes et, enfin, d’entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme sans ligne de front dans le Sahara».
Ces conséquences revêtent une gravité particulière pour les femmes. Leur vulnérabilité qui est sur toutes les lèvres, devrait être présente dans tous les esprits lors des prises de décisions, et dissuasive quand la guerre peut être évitée. Elle peut l'être. Elle doit l’être au Mali.
Rappelons que les cas de viols que nous déplorons dans les zones occupées du Nord de notre pays risquent de se multiplier avec le déploiement de plusieurs milliers de soldats. A ce risque, il faut ajouter celui d’une prostitution plus ou moins déguisée qui se développe généralement dans les zones de grande précarité et par conséquent les risques de propagation du Sida.
Le  plan d’intervention militaire sur lequel le Conseil de Sécurité va se pencher prévoit-il des moyens de mettre réellement les femmes et les fillettes du Mali à l’abri de ce type de situation désastreuse?
Rappelons également que sur l'ensemble du territoire les sanctions économiques imposées par la communauté internationale au peuple malien au nom du retour à un ordre constitutionnel discrédité affectent considérablement les groupes vulnérables.
Les femmes du fait de la division sexuelle des tâches sont confrontées au niveau domestique à l'énorme difficulté d'approvisionnement des familles en eau, nourriture, énergie domestique, médicaments.
Cette lutte quotidienne et interminable pour la survie est déjà en soi une guerre. Dans ces circonstances de précarité et de vulnérabilité des populations, et des femmes en particulier, l'option militaire en préparation est un remède qui a toutes les chances d'être pire que le mal alors qu’une alternative pacifique, émanant de la société malienne, civile, politique et militaire, sera constructive.

Des incohérences de la communauté internationale

Chacun des puissants représentants  de la «communauté internationale»  ainsi que  la Cédéao (la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et l’UA (Union africaine) ont prononcé des mots à propos de nos maudits maux de femmes en situation de conflit.
A tout seigneur tout honneur,  le président français, François Hollande, qui joue le rôle de chef de file dans la défense de l’option militaire, a souligné la souffrance des femmes «premières victimes des violences de guerre»                                                                                                        
Et pourtant, il a déclaré le 26 septembre 2012, à New York, lors de la réunion spéciale sur le Sahel, en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies:
«Je sais qu'il peut y avoir une tentation de mener des négociations. Négocier avec des groupes terroristes? Il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s'éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes».                                                 
«Il faut savoir terminer une guerre», semblent dire les présidents américains et français.
«La guerre d’Afghanistan s’est prolongée au-delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention et j’en prends ici l’engagement», déclara le candidat François Hollande dans son discours d’investiture à l’élection présidentielle.
La Secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Hillary Clinton dont l’escale du 29 octobre 2012, à Alger, avait en partie pour objet de convaincre le président Abdelaziz Bouteflika de rejoindre le camp de la guerre, s'était adressée aux chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en ces termes :
«En République Démocratique du Congo, la poursuite des actes de violences contre les femmes et les filles et les activités des groupes armés dans la région orientale du pays, sont pour nous une source constante de préoccupation. L’Union Africaine et les Nations Unies ne doivent épargner aucun effort en vue d’aider la RDC à réagir à ces crises sécuritaires incessantes ».
L’initiative du secrétaire des Nations Unies, Ban Ki Moon, intitulée «Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes », lancée le 25 janvier 2008, accorde une attention particulière aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. C'était avant les guerres en Côte d'Ivoire et en Libye qui ont largement compromis la réalisation des objectifs assignés à cette initiative.
Nous comprenons sa réserve quant au déploiement militaire et espérons qu'il ne soutiendra pas le plan d'intervention des Chefs d'États de la Cédéao. La guerre, rappelons-le, est une violence extrême contre les populations civiles, dont les femmes. Elle ne peut que nous éloigner des objectifs visés par cette initiative. 
Pourquoi les puissants de ce monde qui se préoccupent tant du sort des femmes africaines ne nous disent pas la vérité sur les enjeux miniers, pétroliers et géostratégiques des guerres.
La présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour sa part, souligne qu' «il est crucial que les femmes contribuent à, et s’impliquent activement dans, la recherche d’une solution au conflit. Leurs voix doivent être entendues dans les efforts visant à promouvoir et à consolider la démocratie dans leur pays. A cette fin, vous pouvez, sans aucun doute, compter sur le soutien de l`UA, ainsi que sur mon engagement personnel.»
La nomination pour la première fois d'une femme à ce poste pourrait être un facteur véritable d'émancipation politique pour les femmes et donc de libération du continent, si Nkosazana Dlamini-Zuma accepte d'élargir la base du débat sur les femmes africaines en y intégrant les enjeux globaux qui nous sont dissimulées.

Notre triste statut d’otages

Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n'ont aucun compte à nous rendre, à commencer par la Cédéao. L'une des traductions de cette réalité est l'énorme pression exercée sur ce qui reste de l'État malien.
Le Président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est.
Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate.
«J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et», insiste-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation.  Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix… », a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis.
Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d'un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l'art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l'aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 Milliards de francs CFA. La quasi totalité des investissements publics sont suspendus.
La fermeture de nombreuses entreprises a occasionnée licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics.

Paix et intégrité territoriale

Le tourisme, l'artisanat, l'hôtellerie et la restauration, qui subissaient depuis 2008 les conséquences de l'inscription du Mali sur la liste des pays à risques, sont gravement affectés alors qu'ils constitutuaient des sources de revenus substantiels pour les régions aujourd'hui occupées, notamment celle de Tombouctou.
Référence est faite au statut d'otage non point pour dédramatiser l'épreuve insupportable des otages européens et de leurs familles mais pour rappeler l’égale gravité de la situation de tous les êtres humains piégés dans des systèmes dont ils ne sont pas personnellement responsables.
La question est toutefois de savoir comment agir de telle sorte que notre pays retrouve son intégrité territoriale et la paix, et que les six Français détenus par Aqmi retrouvent leurs familles sains et saufs, sans que ces libérations n’ouvrent la voie à une intervention militaire qui mettrait en péril la vie des centaines de milliers d'habitants du Nord Mali qui sont autant d'otages (...)
Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d'interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n'adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.

Signataires :Aminata D. TRAORE ; SISSOKO Safi  SY ; SANOGO Sylvie KONE ; IMBO Mama SY ;  Kadiatou TOURE ;  TRAORE Sélikèné SIDIBE(Vieux) ;  DICKO Rokia SACKO ; Ténin  DIAKITE ;  DOUMBIA Fanta DIALLO ;  KONE Mamou TOURE ;  TRAORE Sarata SANOGO ;  TRAORE Penda DIALLO ; DIABATE Kadiatou KOUYATE ; Aminata BOCOUM ; Oumou KODIO ;  Assatou KAREMBE ; Awa KOÏTA ; Aminata DOUMBIA ; Fatoumata COULIBALY ; Badji BOIRE ; Awa TOURE ; Bintou KONE ; Fatoumata MARIKO ; Mariam KONE ; Minata DIARRA ; Oumou KEITA ; Kadiatou DIALLO ; Kankou KONE ; Rokia NIARE ; Kadia DJIRE ; Ada NANTOUMA ; Awa COULIBALY ; Soungoura DOUMBIA ; Fanta KANTE ; Safiatou COULIBALY ; Djaba TANGARA ; KONE Mama DIARRA ; Ismael DIABATE ; Karamoko BAMBA; Doumbi FAKOLY; Coumba SOUKO ;  Clariste SOH-MOUBE ; Nathalie M’Dela-Mounier ;
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