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vendredi 28 octobre 2016

82% des Français se disent favorables à l'accueil des réfugiés

Bizarrement de temps en temps on a de bonnes surprises..

Selon un sondage commandé par Amnesty international, 63% des Français pensent même que "le gouvernement devrait davantage les aider".
francetvinfo.fr
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Monia Jaafar à Le Canard Enchainé


samedi 13 août 2016

Urgent: de nouvelles violations affectent les droits des détenus d’Imider....



Urgent: de nouvelles violations affectent les droits des détenus d’Imider....
La direction de la prison locale d’Errachidia a transféré le détenu d’Imider Omar Hourane, en grève de la faim depuis  26 Juillet, vers la prison de Khenifra et Omar Moujane vers celle de Meknès, arbitrairement ce matin  12 Août 2016.
Selon  nos sources fiables, le transfèrement des deux détenus, loin des habitats de leurs familles, est un fait arbitraire violent à l’égard de leurs droits; en l’absence d’aucun  préavis ni explication de la part de l'administration de la prison d’Errachidia à propos de cette action soudaine.
Avant cet événement, des membres des familles des détenus ont quitté Imider hier 11 Août vers Errachidia en vue de rendre visite aux détenus qui se plaignent de leurs souffrances pendant plusieurs semaines en raison des harcèlements, des provocations et des pratiques abusives à leur encontre par le personnel et l'administration de la prison. Cependant, Omar Hourane, Mustafa Faska et Omar Moujane n'ont pas vu leurs familles pour des raison inconnues jusqu’à présent !!
Pour rappel, les détenus d’Imider ont été mis sous la surveillance en ce qui concerne les appels téléphoniques et tous leurs déplacements à l'intérieur de la prison et interdit de se rencontrer les uns avec les autres. En plus il y a eu une tentative de l'administration de la prison de les accuser pour incitation de leurs collègues à la grève de la faim. Le reste des prisonniers témoigne du respect de nos détenus politiques des programmes et de l’ordre intérieur de la prison et leurs innocence de ces accusations fabriquées, toujours selon nos sources fiables.
     Il est à noter que les familles des détenus ont envoyé des appels d’intervention au centre marocain des droits de l'homme CMDH et au comité régional de défense des droits humains CNDH d’Errachidia le 09 Août 2016. Amnesty International à son tour est au courant, en attendant leurs soutiens.
Note: Nous n’avons pas encore des nouvelles des détenus autres que Moujane et Hourane qui ont été transférés abusivement ! 
Imider le 12-08-2016

mardi 5 avril 2016

Amnesty appelle les autorités marocaines à libérer les détenus politiques sahraouis







L’organisation Amnesty International a lancé samedi un appel urgent aux autorités marocaines à libérer les treize Sahraouis militants des droits de l’homme, détenus dans la prison de Salé au Maroc, et qui observent une grève de la faim depuis le début mars, inscrivant cette question sur la liste de ses actions urgentes.

L’ ONG a dénoncé encore une fois le jugement des 13 militants sahraouis des droits de l’homme en grève, après un procès «inique» par un tribunal militaire en 2013, exhortant les autorités marocaines à les libérer après cinq ans de détention «arbitraire». Les 13 détenus sahraouis, Sidahmed Lemjayed, Ahmed Sbai, Mohamed Bachir Boutanguiza, Naâma Asfari, Hassan Dah, Cheikh Banga, Mohamed Bani, Sidi Abdallah Abhah, Mohamed Bourial, Mohamed Embarek Lefkir, Bachir Khadda, Abdallah Toubali et Brahim Ismaili, ont été condamnés de 20 ans de prison à perpétuité, pour leur militantisme pacifique, lors des manifestations de Gdeim Izik, en novembre 2010. 

Au total, 25 manifestants et militants sahraouis avaient été arbitrairement arrêtés et jugés. Le 1er mars dernier, 13 parmi eux ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire, ainsi que celle de huit autres, après un procès inéquitable. Amnesty International tire la sonnette d’alarme quant à leur état de santé, soulignant qu’outre l’importante perte de poids, ils souffrent, à ce stade de leur grève, de «fatigue extrême, maux de tête intenses, douleurs abdominales et perte de conscience». 

lundi 4 avril 2016

Prisonniers sahraouis : Les syndicats britanniques interpellés et Amnistie International demande au Maroc leur libération


Le procès avait été reporté à trois reprises. Les accusés étaient en détention provisoire, sans inculpation pendant plus de deux ans, ce qui est illégal, en vertu du Code criminel marocain. 

D.R
Le Congrès des syndicats britanniques (TUC : Trades  Union Congress) a été interpellé par le Front Polisario, afin qu’il exhorte le gouvernement britannique d’intervenir auprès des autorités marocaines au sujet des détenus politiques sahraouis dans la prison de Salé (Maroc), a-t-on appris auprès de la représentation du Front à Londres. L’officier international au TUC, Bandula Kothalawala, a été sollicité par la représentation du Polisario à Londres, afin de soutenir et d’interpeller, à son tour, le gouvernement britannique sur le cas des 13 détenus politiques sahraouis au Maroc, ayant entamé une grève de la faim le 1er mars 2016. 

jeudi 7 janvier 2016

Plus que jamais, soutenez la liberté d’expression

Amnesty International Belgique Francophone

Signer en ligne
7 janvier 2016


Plus que jamais, soutenez la liberté d’expression


Il a un an déjà, 12 personnes périssaient dans un attentat contre leur journal. Quelques jours plus tard, en réaction, les puissants de ce monde se rassemblaient à l’occasion d’une marche en faveur de la liberté d’expression. 

 Pourtant, depuis lors, la situation est loin de s’être améliorée : les exemples de répression de ce droit sont nombreux, et ce, sur tous les continents. Liu Xiaobo en Chine, Raif Badawi en Arabie saoudite, Fred Bauma et Yves Makwambala en RDC, Daria Polioudova en Russie... Un grand nombre d’individus payent le prix fort pour le simple fait d’avoir voulu exprimer leurs opinions. Plus proche de nous, la Pologne a récemment adopté une loi menaçant gravement la liberté de la presse en remettant le contrôle des médias publics aux mains du gouvernement.
Le gouvernement belge, à plusieurs reprises, a manifesté sa volonté de défendre la liberté d’expression. Il doit maintenant prendre ses responsabilités. 
Signez notre appel à Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, pour lui demander de rappeler leurs obligations aux pays qui foulent aux pieds la liberté d’expression lors de ses rencontres avec ses homologues étrangers.
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jeudi 17 décembre 2015

Amnesty : Empêchez l’exécution de 3 militants mineurs saoudiens


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15 décembre 2015

Arabie Saoudite

Empêchez l’exécution de 3 militants mineurs saoudiens


« Les peines prononcées contre nos enfants sont uniques dans l’histoire saoudienne. Nous ne nous tairons que s’ils nous tuent aux côtés de nos enfants ». Ce sont les mots de mères saoudiennes qui, dans une lettre adressée au gouvernement saoudien, demandent l’annulation des peines et l’organisation de nouveaux procès pour leurs enfants.
En effet, en 2014, l’Arabie saoudite a condamné à la peine de mort trois jeunes militants chiites pour des faits qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient mineurs. Ils avaient participé à des rassemblements contre le gouvernement et ont été condamnés à la suite de procès iniques. L’exécution d’Ali al Nimr, Dawood al Marhoon et Abdullah al Zaher pourrait être imminente. Pourtant, la Convention relative aux droits de l’enfant, que l’Arabie saoudite a ratifiée, indique clairement que la peine de mort ne peut être prononcée pour des infractions commises par des personnes mineures.
Signez notre pétition pour demander aux autorités d’Arabie saoudite d’annuler la condamnation à mort de ces trois jeunes militants.
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samedi 21 novembre 2015

Immigration à Ceuta et Melilla : Amnesty demande l'arrêt de la coopération entre l'Espagne et le Maroc

Immigration à Ceuta et Melilla : Amnesty demande l'arrêt de la coopération entre l'Espagne et le Maroc

Amnesty International exige de l’Espagne qu’elle cesse sa coopération en matière de politique migratoire avec le Maroc au nom de la violation supposée des droits des migrants qui tentent de passer au dessus de la frontière grillagée de Ceuta et Melilla, rapporte le site d’El Pais.
Dans un rapport sur les frontières de l’Europe, l’ONG estime avoir des « photographies, images et témoignages » constituant des preuves de « coups à l’aide de bâton, de pieds et de pierres » subis par les migrants qui tentent quasi quotidiennement de franchir les grillages délimitant la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et de Melilla. Amnesty estime également que l’étroite collaboration entre les deux royaumes aboutit dans la pratique à de violents raids de la police marocaine contre les migrants. Côté espagnol, cette collaboration donne parfois lieu à des « expulsions sommaires » d’immigrés irréguliers. Des expulsions sommaires que l’Espagne essaie de faire passer pour légales, ce qui, selon l’ONG porterait atteinte au droit d’asile.
Pour l’ONG, l’Espagne se rend responsable de toute violence subie par les immigrés expulsés vers le Maroc en raison de l’accord de réadmission signé entre les deux pays, puisque les immigrés peuvent y subir des violences policières. L’ONG ne manque pas aussi de dénoncer l’usage excessif de la force par les éléments de la Guardia Civil.
Rappelons que le rapport de l’ONG a été publié suite aux attentats de Paris. L’ONG s’inquiète ainsi de la répercussion des mesures que vont prendre les pays européens à l’égard des migrants et des réfugiés. 


...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/40240/immigration-ceuta-melilla-amnesty-demande.html
 Par La rédaction,17/11/2015 

Amnesty International exige de l’Espagne qu’elle cesse sa coopération en matière de politique migratoire avec le Maroc au nom de la violation supposée des droits des migrants qui tentent de passer au dessus de la frontière grillagée de Ceuta et Melilla, rapporte le site d’El Pais.

Dans un rapport sur les frontières de l’Europe, l’ONG estime avoir des « photographies, images et témoignages » constituant des preuves de « coups à l’aide de bâton, de pieds et de pierres » subis par les migrants qui tentent quasi quotidiennement de franchir les grillages délimitant la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et de Melilla. Amnesty estime également que l’étroite collaboration entre les deux royaumes aboutit dans la pratique à de violents raids de la police marocaine contre les migrants. Côté espagnol, cette collaboration donne parfois lieu à des « expulsions sommaires » d’immigrés irréguliers. Des expulsions sommaires que l’Espagne essaie de faire passer pour légales, ce qui, selon l’ONG porterait atteinte au droit d’asile.

Pour l’ONG, l’Espagne se rend responsable de toute violence subie par les immigrés expulsés vers le Maroc en raison de l’accord de réadmission signé entre les deux pays, puisque les immigrés peuvent y subir des violences policières. L’ONG ne manque pas aussi de dénoncer l’usage excessif de la force par les éléments de la Guardia Civil.

Rappelons que le rapport de l’ONG a été publié suite aux attentats de Paris. L’ONG s’inquiète ainsi de la répercussion des mesures que vont prendre les pays européens à l’égard des migrants et des réfugiés.

mercredi 18 novembre 2015

Amnesty : Au lendemain des attentats, comment faire face au terrorisme ?



 Nous condamnons avec la plus grande fermeté les attentats odieux qui ont couté la vie à au moins 129 personnes et en ont blessé des centaines d’autres selon les autorités, à Paris, le 13 novembre 2015. Notre solidarité la plus profonde va aux victimes et à leurs proches.

LE RESPECT DES DROITS HUMAINS

Les attaques abjectes contre des centaines de personnes innocentes à Paris et Saint-Denis constituent de graves atteintes aux droits humains, et notamment au droit à la vie et à la sécurité des personnes. 

Les autorités françaises ont l’obligation de protéger leurs populations, et de poursuivre en justice tous ceux qui ont ordonné, planifié, organisé et participé à ces attaques.

Face à la menace terroriste, la France doit prendre toutes les mesures nécessaires, dans le respect du droit et de ses obligations internationales. Car assurer réellement la sécurité des personnes et de la population passe nécessairement par un renforcement du respect des droits humains de tous, et non par l’érosion des droits humains.

Ainsi, les 15 dernières années ont montré que les politiques antiterroristes violant les droits humains n’avaient en rien protégé les populations de la menace terroriste : elles ont au contraire contribué à renforcer cette menace tout en rognant durablement et gravement sur les libertés de leurs populations.


LA FRANCE ET L'ETAT D'URGENCE

Le 14 novembre, le président François Hollande a déclaré l’état d’urgence, ce qui se justifie par  la situation d’urgence exceptionnelle dans laquelle se trouve la France.

L’état d’urgence permet notamment de :

-    Interdire les manifestations publiques en Ile de France, jusqu’au 20 novembre

-    Assigner à résidence toute personne « dont les actions sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public »

-    Prononcer des interdictions de séjour

-    Mener des perquisitions, jour et nuit, sans supervision judiciaire

Les mesures d’urgence doivent à la fois être temporaires, justifiées, nécessaires et proportionnées à la menace. Elles ne doivent pas être discriminatoires à l’encontre de personnes en fonction de leur appartenance à un groupe (religieux ou autre) ou de leurs opinions.


LES RÉFUGIÉS FUIENT LES MÊMES MENACES QUE CELLES QUE NOUS SUBISSONS

 Le 14 novembre a été annoncé le rétablissement des contrôles aux frontières. Si les attaques dont a été victime notre pays peuvent justifier une telle mesure, elles ne doivent pas se faire au détriment des droits des réfugiés et demandeurs d’asile, qui fuient les zones de violence, en les repoussant à l’extérieur de nos frontières et en les exposant à des violences encore plus grandes.

Ce risque est d’autant plus grand que se multiplient les discours faisant le lien entre crise des réfugiés et les attaques terroristes.

La grande majorité des réfugiés fuient des zones de conflit, de violence, et de terreur, notamment perpétrées par des groupes comme l’État Islamique.

Les autorités françaises doivent s’assurer que ces personnes auront accès au territoire français et pourront demander l’asile dans notre pays, en assurant des routes sûres et légales, pour les réfugiés. Dans le cas contraire, non seulement la France tournerait le dos à ses obligations internationales, mais elle mettrait directement en danger la vie de milliers de personnes.

FAIRE FACE A TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATIONS, DISCOURS OU CRIMES DE HAINE
Les jours et semaines qui ont suivi les attentats de janvier 2015 en France ont été émaillés d’une hausse spectaculaire des actes, discours et crimes de haine, notamment à l’encontre de la population musulmane.

Plusieurs actes de haine ont déjà été répertoriés en France suite aux attaques du 13 novembre. Par ailleurs, de nombreux discours politiques ont tenté de faire le lien entre populations migrantes et réfugiés, et les terroristes.

Il est essentiel que les autorités françaises garantissent la sécurité de toutes les personnes sur le sol français, notamment :

-    En s’abstenant de toute mesure ou propos discriminatoire

-    En poursuivant et condamnant avec fermeté les auteurs de ces actes


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mercredi 11 novembre 2015

AI - Déclaration publique : Maroc. Les 21 Sahraouis incarcérés il y a cinq ans doivent être libérés ou rejugés



AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE





5 novembre 2015



Maroc. Les 21 Sahraouis incarcérés il y a cinq ans doivent être
libérés ou rejugés



Appel lancé conjointement par des organisations de défense des droits à l'occasion de l'anniversaire des affrontements



(Rabat, le 5 novembre 2015) – Les autorités marocaines doivent libérer les 21 prisonniers qui purgent de longues peines de réclusion liées aux mouvements de protestation de 2010 au Sahara occidental qui ont entraîné des morts ou leur accorder un procès équitable devant un tribunal civil, et enquêter sur toutes les allégations de torture, ont déclaré quatre organisations de défense des droits humains le 5 novembre.



Le 8 novembre 2010, les forces de sécurité marocaines ont démantelé le camp de protestation installé par des Sahraouis un mois auparavant à Gdeim Izik, au Sahara occidental, placé sous le contrôle du Maroc. Onze membres des forces de sécurité et deux civils sont morts lors des troubles qui ont eu lieu dans le camp et à El-Ayoun, la ville principale du Sahara occidental. Le 17 février 2013, un tribunal militaire a condamné 25 hommes, parmi lesquels se trouvaient des militants des droits humains, pour leur rôle présumé dans les violences qui ont fait des morts, à l'issue de procès marqués par de graves irrégularités.



« Les familles de ceux qui ont perdu la vie en novembre 2010 ont le droit d'obtenir justice, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. Toutefois, ce n'est certainement pas rendre la justice que d'enfermer un groupe de Sahraouis reconnus coupables par un tribunal militaire sur la base d'aveux qui auraient été obtenus par la contrainte ou par la torture, alors qu'aucun autre élément de preuve ne les relie à ces homicides. »



Les organisations signataires de ce communiqué sont Human Rights Watch, Amnesty International, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture et l'Association sahraouie des victimes des violations graves commises par l’État marocain.



Deux des 25 hommes ont purgé leur peine et été remis en liberté, un troisième a été condamné par contumace, et un quatrième a été libéré de façon provisoire pour raisons de santé. Les 21 autres purgent des peines allant de 20 ans d'emprisonnement à la réclusion à perpétuité. Le tribunal s'est basé presque exclusivement sur des déclarations faites par ces hommes pour rendre son verdict, et il n'a pas enquêté sur les allégations des accusés selon lesquelles la police les a torturés pour les forcer à signer de fausses déclarations.



Si les autorités rejugent les accusés, elles doivent respecter le principe du droit international relatif aux droits humains de présomption de libération dans l'attente du procès, à moins qu'un juge n'estime qu'il existe des motifs valables justifiant leur détention, ont déclaré les organisations. S'il est établi qu'ils ont été victimes d'une erreur judiciaire, l'État doit alors les dédommager, en vertu de l'article 14, paragraphe 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que le Maroc a ratifié en 1979. La Constitution marocaine, dans son article 122, accorde un droit à réparation de la part de l'État à la victime d'une « erreur judiciaire »



Les 21 accusés emprisonnés se trouvent dans la prison de Salé, à 1 200 kilomètres de leurs familles au Sahara occidental. Parmi eux se trouvent Naâma Asfari, Ahmed Sbaï et Mohamed Tahlil, tous trois membres d'organisations sahraouies de défense des droits humains qui contestent la mainmise du Maroc sur ce territoire.



En octobre 2010, plusieurs milliers de Sahraouis ont installé un camp avec des tentes à Gdeim Izik pour appuyer une série de revendications concernant des droits sociaux et économiques. Les autorités marocaines ont entamé des négociations avec des dirigeants du mouvement de protestation, mais à un certain stade elles ont décidé d'obliger les protestataires à partir. Tôt dans la matinée du 8 novembre, les forces de sécurité sont arrivées pour démanteler le camp, et il s'en est suivi de violentes confrontations qui ont gagné la ville d'El-Ayoun, non loin du camp.



Les autorités ont arrêté des centaines de Sahraouis, mais elles les ont finalement relâchés à l'exception de 22 d'entre eux qui ont été déférés devant un tribunal militaire et inculpés pour la plupart d'« association de malfaiteurs » et de participation à des violences commises contre les forces de l'ordre ayant entraîné « la mort, avec l'intention de la donner », ou de complicité. Deux de ces hommes ont aussi été accusés d'avoir souillé un cadavre. Au cours des mois qui ont précédé le procès, les autorités ont arrêté deux autres personnes dans cette même affaire et libéré à titre provisoire un des accusés pour raisons de santé ; un autre accusé a été jugé par contumace.



Les comptes rendus judiciaires montrent que la plupart des accusés ont déclaré tôt dans la procédure judiciaire que la police les avait soumis à la torture ou à d'autres formes de contrainte pour qu'ils signent de fausses déclarations. Plusieurs accusés ont dit au juge d’instruction que la police ne leur avait même pas permis de lire ces déclarations avant de les signer, et qu'ils n'avaient été informés de leur contenu que plus tard.



Quand le procès a enfin débuté, 27 mois après les événements, les accusés ont tous nié les charges retenues contre eux. Beaucoup ont redit qu'ils avaient été torturés et contraints à signer de fausses déclarations les incriminant. Le juge a maintenu la publicité du procès – y compris pour les observateurs mandatés par plusieurs des organisations qui publient ce communiqué – et permis de manière générale aux accusés de s'exprimer, mais il n'a pas ordonné d'enquête sur les allégations des accusés faisant état de mauvais traitements et de déclarations falsifiés, et il a finalement accepté de recevoir ces déclarations en tant que preuves suffisantes pour prononcer des verdicts de culpabilité.



L'accusation n'a présenté aucun témoin ni aucune preuve matérielle permettant d'établir de façon décisive un lien entre les accusés et les homicides. Elle a produit devant la cour des armes que la police a prétendument saisies dans le camp, mais aucune preuve établissant un lien entre ces armes et les accusés, en dehors de leurs « aveux ». La cour a rejeté les demandes de la défense visant à faire pratiquer des tests d'ADN sur les armes afin de savoir s'il existait un lien entre ces armes et les accusés.



La cour a également rejeté les requêtes de la défense demandant que les policiers ayant enregistré les déclarations des accusés soient cités à comparaître. Aucun rapport d'autopsie n'a été produit au cours du procès afin de déterminer comment et quand chacun des membres des forces de l'ordre était mort.



Le fait de juger des civils devant des tribunaux militaires est contraire aux dispositions des normes internationales relatives aux droits humains, ont déclaré les organisations.  De plus, la législation marocaine ne permet pas aux accusés jugés par une juridiction militaire d'avoir accès à tous les moyens de recours disponibles devant la justice civile. Les accusés jugés par une juridiction militaire ne peuvent déposer un recours que devant la Cour de cassation, qui examine les questions d'erreurs de procédure, de compétence, d'abus de pouvoir ou d'application de la loi. La Cour de cassation a reçu les recours des accusés de Gdeim Izik en mars 2013 mais elle n'a toujours pas rendu de décision.



Une loi entrée en vigueur en juillet a modifié la loi marocaine sur la justice militaire afin de soustraire les civils à la compétence des tribunaux militaires. Cette nouvelle loi ne mentionne pas le statut judiciaire des civils emprisonnés par des tribunaux militaires avant son entrée en vigueur.



La Constitution marocaine de 2011 garantit le droit à un procès équitable dans ses articles 23 et 120. L'article 109 dispose : « Tout manquement de la part du juge à ses devoirs d’indépendance et d’impartialité, constitue une faute professionnelle grave, sans préjudice des conséquences judiciaires éventuelles. » La Constitution interdit également en toutes circonstances les actes de torture ou les actes « cruels, inhumains, dégradants ou portant atteinte à la dignité » (article 22).



La Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, que le Maroc a ratifiée en 1993, oblige les États parties à abolir la torture et les autres formes de mauvais traitements et aussi à empêcher que de tels actes ne portent atteinte au droit à un procès équitable. Elle accorde aux victimes de torture le droit de porter plainte devant les autorités qui doivent procéder immédiatement et impartialement à l'examen de leur cause (article 13). Elle prévoit en outre que les États parties doivent veiller à ce que « toute déclaration dont il est établi qu’elle a été obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve dans une procédure, si ce n’est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une déclaration a été faite » (article 15). Aux termes de la Convention, les autorités sont aussi tenues d'enquêter sur toute allégation de torture même en l'absence d'une plainte officielle.



Le Maroc a modifié son Code pénal afin de définir et d'ériger en infraction pénale la torture (articles 224 à 232), et son Code de procédure pénale afin que les aveux obtenus par la « violence » ou la « contrainte » ne puissent pas être utilisés en tant que preuve (article 293). En pratique, les tribunaux n'enquêtent quasiment jamais sur les allégations selon lesquelles des aveux ont été obtenus par la torture ou la contrainte avant de recevoir à titre de preuve de tels aveux, sur lesquels est alors principalement fondée la déclaration de culpabilité.



En 2012, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a demandé au Maroc de « renforcer les moyens médicolégaux du parquet et des tribunaux » et « de donner effet au droit de plainte et de faire en sorte que les défendeurs qui comparaissent devant le mécanisme aient une bonne chance de formuler leurs allégations au sujet des tortures et des mauvais traitements qu’ils ont pu subir » aux mains de la police ou des services de renseignement.



« Le Maroc a pris une mesure positive cette année en mettant fin aux procès militaires pour les civils, a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint d’Amnesty International pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Il doit à présent faire en sorte que les personnes injustement condamnées par un tribunal militaire peu avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, et emprisonnées depuis de longues années, obtiennent justice. »







Document public

************************************

Pour en savoir plus, veuillez prendre contact avec :

À Washington, DC, Eric Goldstein (anglais, français) +1-917-519-4736 (mobile) ; ou goldstr@hrw.org, Twitter : @goldsteinricky

À Washington, DC, Ahmed Benchemsi (anglais, arabe, français) +1-929-343-7973 (mobile) ou
+1-202-612-4345 ; ou
benchea@hrw.org Twitter : @AhmedBenchemsi

À Paris, Pierre Motin (français, anglais) +33-1-40-404-024 ou +33-6-12-126-394 (mobile) ; ou Pierre.motin@acatfrance.fr, Twitter : @PierreMotin

À Londres, Sara Hashash (anglais, français, espagnol) +44 (0) 20 7413 5511 ou
+44 (0) 7831640170 (mobile) ; ou
sara.hashash@amnesty.org, Twitter : @sarahashashAmnesty







Liste des accusés avec les charges pour lesquelles ils ont été condamnés et les peines prononcées contre eux :



Nom       
Charges pour lesquelles ils ont été condamnés
Peine prononcée
Ahmed Sbaï
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Mohamed Bachir Boutanguiza
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner, avoir souillé un cadavre
Réclusion à perpétuité
Sidi Abdallah Abhah
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner, avoir souillé un cadavre
Réclusion à perpétuité
Mohamed Bani   
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Brahim Ismaïli
Appartenance à une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Sidahmed Lemjayed
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Abdallah Lekhfawni            
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Abdeljalil Laâroussi             
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
Réclusion à perpétuité
Hassanna Alia (jugé par contumace)
La version écrite du verdict de la cour ne contient apparemment pas la liste des charges
Réclusion à perpétuité
Naâma Asfari       
Appartenance à une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
30 ans
Hassan Dah           
Appartenance à une association de malfaiteurs et complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner  
30 ans
Cheikh Banga
Appartenance à une association de malfaiteurs et complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner  
30 ans
Mohamed Bourial                 
Formation d'une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique dans l'exercice de ses fonctions ayant entraîné la mort               
30 ans
Mohamed Tahlil
Appartenance à une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner  
20 ans
Mohamed Lamine Haddi
Appartenance à une association de malfaiteurs et complicité de violences contre un agent de la force publique
25 ans
Abdallah Toubali                   
Formation d'une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner, participation à et complicité de violences (les charges ont été modifiées au cours du procès)
25 ans
Hocine Zaoui        
Formation d'une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner, complicité de violences, avoir souillé un cadavre (les charges ont été modifiées au cours du procès)
25 ans
Daich Daf
Formation d'une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner               
25 ans
Mohamed Embarek Lefkir                    
Appartenance à une association de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner (les charges ont été modifiées au cours du procès)
25 ans

Mohamed Khouna Babeit                                       
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
25 ans
Larbi Elbakai         
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner
25 ans
Mohamed el Ayoubi (jugé pendant sa libération provisoire pour raisons de santé)    
Appartenance à une association de malfaiteurs, violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner               
20 ans (en liberté provisoire pour raisons de santé)
Bachir Khadda                         
Entente de malfaiteurs, complicité de violences contre un agent de la force publique ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner             
20 ans

Taki el Machdoufi                  
Voies de fait avec préméditation contre des agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions (les charges ont été modifiées au cours du procès)             
Condamné à une peine qu'il a purgée (2 ans) et remis en liberté

Sidi Abderrahmane Zayou                    
Participation à des voies de fait avec préméditation contre des agents de la force publique dans l'exercice de leurs fonctions (les charges ont été modifiées au cours du procès)
Condamné à une peine qu'il a purgée (2 ans) et remis en liberté