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mercredi 26 octobre 2016

Le saviez-vous ? Selon Mahjoub El Haiba, HCDH, le Maroc baigne dans les droits humains !

Aucun texte alternatif disponible.
Ali Lmrabet علي المرابط

Je suis au Comité des Droits de l’homme qui se réunit au siège du Haut commissariat Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) à Genève.
Mahjoub El Haiba, délégué interministériel aux droits de l’homme, dont on n’entend jamais parler au Maroc, assure que le Maroc baigne dans les droits humains. Non sans oublier de louer l'action du roi Mohamed VI (exercice obligatoire pour tout sujet) qui, sûrement, ne sait même pas qu'il y a cette réunion aujourd'hui. Et encore moins qui est M. El Haiba.
En somme, la propagande habituelle.
« M. El Haiba se trouve à la tête d'une impressionnante délégation officielle marocaine », s’extasie l’Argentin Fabián Salvioli, le président du Comité des Droits de l’homme. 

samedi 2 juillet 2016

Au Maroc, la liberté d’expression en danger


Camille Gillet, 30/6/2016
Humanite.fr

L’historien Maâti Monjib
L’historien Maâti Monjib
Le procès de l’historien Maâti Monjib et de six défenseurs des droits de l’homme marocain devait se conclure hier. Le jugement a été reporté pour la cinquième fois. Une audience est à nouveau programmée à Rabat le 26 octobre prochain.
Répression policière, intimidations, harcèlements, expulsions… : au Maroc, les entraves à la liberté d’expression se durcissent. Les procédures judiciaires à l’encontre des journalistes, des militants ou des intellectuels – qui critiquent les méthodes anticonstitutionnelles et immorales du gouvernement – se multiplient. La dernière affaire en date : le procès de l’historien Maâti Monjib et de six autres défenseurs des droits de l’Homme, militants et journalistes confondus. Les sept inculpés ont été poursuivis, en octobre 2015, pour « atteinte à la sécurité de l’Etat » et « financements étrangers illégaux ». L’affaire qui devait être jugée hier a été reportée pour la cinquième fois. La prochaine audience aura lieu à Rabat, le 26 octobre 2016.

« Une parole différente est une parole qui faut faire taire »

Pour Sandrine Lacombe, fondatrice du comité de soutien international au chercheur et journaliste marocain Maâti Monjib, « ce procès est un cas grave. Depuis la mort du Roi Hassan II, il n’y a pas eu de telles d’accusations à l’encontre de journalistes ou de défenseurs des droits de l’Homme. Les ONG internationales s’inquiètent et craignent que cet évènement ne soit le début d’une situation qui ne va aller qu’en s’empirant». En 2014, l’association marocaine de défense des droits de la presse  Freedom Now tirait déjà la sonnette d’alarme : « la situation de la liberté des médias et  d’expression au Maroc aujourd’hui est pire que celle qui avait prévalu durant les trois dernières années du siècle dernier ». 

lundi 18 janvier 2016

Le Comité belge de soutien au peuple sahraoui appelle au refus du bâillonnement opéré par le Maroc


 17/1/2016

DR

Le président du Comité belge de soutien au peuple sahraoui, Pierre Galand, a appelé vendredi à refuser le "bâillonnement" opéré par le Maroc, après l'annulation, à Liège, de la projection d'un documentaire traitant de la résistance au Sahara occidental.

 La décision d'annuler la projection a été prise "suite à de nombreuses pressions du côté marocain", précise un communiqué du Comité.
Le Centre culturel arabe de Liège (CCAPL) prévoyait en date du 23 janvier, pour la rentrée 2016, la projection du documentaire de la réalisatrice Lara Lee : "La vie attend : référendum et résistance au Sahara occidental". Le documentaire aborde la question de la jeunesse sahraouie, née et ayant grandi sous occupation dans les territoires occupés par le Maroc depuis 1975 ou dans l’exil dans les camps de réfugiés de Tindouf, sa vie, ses aspirations, ses défis et sa manière d’aborder la lutte non violente contre l’oppresseur marocain.

 "Le consulat du Maroc en Belgique, le conseiller communal Mohamed Bougnouch et la police de Liège sont intervenus auprès du CCAPL pour l’inviter à annuler la projection, prétextant l'état d'alerte pour déclarer cette activité à risque", selon le texte qui insiste sur l’"urgence de préserver nos espaces démocratiques". Pourtant, la projection a été réalisée à Bruxelles et à Namur en 2015 sans qu’aucun incident ne soit relevé.

 Le gouvernement marocain, "à force de chantage et de menaces", entrave depuis maintenant 40 ans le droit international, les droits de l’homme, le droit humanitaire, la liberté d’expression et enfin, le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, regrette Pierre Galand. Ne pas projeter le documentaire, c’est aujourd’hui accepter de venir entraver la liberté d’expression en Belgique, et laisser le peuple sahraoui dans l’oubli, permettant au Maroc de violer ces droits en toute impunité, selon le Comité belge de soutien au peuple sahraoui. Pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et pour la garantie de la liberté d’expression, le Comité belge de soutien au peuple sahraoui assure "d’ores et déjà qu’une nouvelle projection sera organisée à Liège ainsi que dans d’autres villes de Belgique".

jeudi 7 janvier 2016

Plus que jamais, soutenez la liberté d’expression

Amnesty International Belgique Francophone

Signer en ligne
7 janvier 2016


Plus que jamais, soutenez la liberté d’expression


Il a un an déjà, 12 personnes périssaient dans un attentat contre leur journal. Quelques jours plus tard, en réaction, les puissants de ce monde se rassemblaient à l’occasion d’une marche en faveur de la liberté d’expression. 

 Pourtant, depuis lors, la situation est loin de s’être améliorée : les exemples de répression de ce droit sont nombreux, et ce, sur tous les continents. Liu Xiaobo en Chine, Raif Badawi en Arabie saoudite, Fred Bauma et Yves Makwambala en RDC, Daria Polioudova en Russie... Un grand nombre d’individus payent le prix fort pour le simple fait d’avoir voulu exprimer leurs opinions. Plus proche de nous, la Pologne a récemment adopté une loi menaçant gravement la liberté de la presse en remettant le contrôle des médias publics aux mains du gouvernement.
Le gouvernement belge, à plusieurs reprises, a manifesté sa volonté de défendre la liberté d’expression. Il doit maintenant prendre ses responsabilités. 
Signez notre appel à Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, pour lui demander de rappeler leurs obligations aux pays qui foulent aux pieds la liberté d’expression lors de ses rencontres avec ses homologues étrangers.
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samedi 3 octobre 2015

France : nos parlementaires doivent refuser la surveillance de masse

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jeudi 6 août 2015

Amnesty International : Maroc. Harcèlement d’un journaliste indépendant

Après 10 ans d’interdiction d’exercice, Ali Lmrabet se voit aujourd’hui empêché de lancer un hebdomadaire

[04/08/2015]
Les autorités marocaines doivent lever les obstacles administratifs qui empêchent un journaliste et satiriste au franc parler, Ali Lmrabet, de lancer une nouvelle publication, ont déclaré Human Rights Watch et Amnesty International mardi 4 août 2015.
Le 24 juin, Ali Lmrabet a entamé une grève de la faim devant le siège des Nations unies, à Genève, après que la municipalité de Tétouan a refusé de lui remettre un certificat de résidence, document indispensable au renouvellement de ses papiers d’identité et à l’enregistrement de l’hebdomadaire qu’il prévoit de lancer. Le 28 juillet, le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad a expliqué la procédure que devait suivre le journaliste, actuellement en Europe, pour obtenir « légalement » un certificat de résidence au Maroc. Il a donc cessé sa grève de la faim.
Au regard du Code de la presse marocain, aucune autorisation n’est requise pour lancer une publication, mais certaines conditions sont à respecter, notamment être résident au Maroc et communiquer aux autorités des informations telles que l’adresse du directeur et des rédacteurs de la publication.
« Le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’Ali Lmrabet pouvait obtenir ses papiers en suivant la même procédure que n’importe quel autre citoyen, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. Nous allons le prendre au mot – même si on a emprisonné cet homme en raison de ses écrits, qu’on lui a interdit d’exercer sa profession et, plus récemment, qu’on a refusé de lui remettre les documents officiels dont il avait besoin pour enregistrer son magazine. »

jeudi 23 juillet 2015

Le gouvernement marocain doit délivrer son passeport à M. Ali Lmrabet


EuroMed Droits exprime sa profonde préoccupation concernant la situation du journaliste marocain Ali Lmrabet, actuellement en grève de la faim à Genève. Son travail de journaliste et son attachement à la liberté de la presse lui ont valu depuis l‘an 2000 la fermeture des journaux qu’il dirigeait, des amendes et finalement une interdiction professionnelle et une lourde condamnation de prison. Ali Lmrabet a reçu une dizaine de prix internationaux et fut l’objet d’une vaste campagne internationale pour sa libération en 2005.

Le journaliste, qui a purgé les dix ans d’interdiction professionnelle et avait annoncé publiquement la reprise de son activité journalistique dans son pays, est désormais sans passeport dont le renouvellement a été refusé.
Cette situation marque la volonté du gouvernement marocain de faire taire une voix dérangeante alors que la liberté d’expression est un instrument fondamental pour la consolidation d’un État démocratique et est essentiel à l’éducation des citoyens et des citoyennes et contre l’obscurantisme et l’intolérance.
Quelles que soient les arguties administratives mises en avant, il s’agit bel et bien d’un retour d’anciennes pratiques tendant à faire prévaloir l’arbitraire de l’Etat sur les libertés individuelles. Cette sorte de pratiques arbitraires, dont la société civile est aussi l’objet, se multiplie, contredisant les changements qui ont été engagés au Maroc et portant atteinte à l’État de droit et aux dispositions constitutionnelles.
EuroMed Droits demande au gouvernement marocain de délivrer, sans délai, son passeport à M. Lmrabet. Il est essentiel, de manière plus générale, que la société civile et les défenseurs des droits humains retrouvent une liberté d’action totale et que le gouvernement garantisse la liberté d’expression.

samedi 11 juillet 2015

Abdelhak Serhane : Ils veulent qu'on vive comme des morts



Tribunes, points de vue et libres opinions des invités de la rédaction de Mediapart.
L'écrivain marocain Abdelhak Serhane s'inquiète de la régression de la liberté (d'expression notamment) au Maroc. « Si l'Etat a définitivement décidé de bâillonner tous ceux qui ne chantent pas la gloire des maîtres du moment, ne s’adaptent pas aux ténèbres, ne s’inclinent devant personne, n’acceptent pas l’artifice, à quoi servent alors tous les centres culturels bâtis ou en construction, les grands théâtres mirobolants, les musées, les conservatoires de danse, de chant, de chorégraphie ?  »

  
« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » A. Camus

Au Maroc, depuis une décennie au moins, nous assistons à des offensives répétées de la part du système contre les libertés en général et la liberté d’expression en particulier. La presse dite indépendante fait désormais partie du souvenir et rien ne justifie la violence physique disproportionnée ou le harcèlement psychologique dont use l’État contre la liberté des citoyens.

mercredi 1 juillet 2015

AMDH-Paris/IDF : soutien au journaliste Ali Lmrabet en grève de la faim à Genève depuis le 26 juin 2015

par AMDH, Paris, le 29 juin 2015
lamrabet
L’Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF (AMDH-Paris/Ile-De-France) déplore la répression subie par le journaliste Ali Lmrabet. Ce dernier a été à de nombreuses fois victime du non-respect de la liberté d’expression par les autorités marocaines.
Rappel des principales dérives dont il a été (il est) victime :
-          2000 : interdiction de son journal Demain.
-          2003 : condamnation à 3 ans de prison ferme pour outrage au roi et fermeture de ses journaux Demain magazine et Doumane.
-          2005 : interdiction d’exercer ses fonctions de journaliste pendant 10 ans (du 11 avril 2005 au 11 avril 2015)
Énième épisode de l’acharnement des autorités marocaines, ces dernières refusent désormais de lui renouveler ses papiers d’identité. Face à cette situation abracadabrantesque et injuste, Ali Lmrabet a entamé vendredi 26 juin 2015 une grève de la faim devant l’entrée de l’ONU, place des Nations à Genève.
L’AMDH-Paris/IDF :
-          Dénonce l’acharnement des autorités marocaines contre Ali Lmrabet.
-          Soutient sa demande légitime et légale à avoir des papiers.
-          Appelle les autorités marocaines à lui délivrer au plus vite ses papiers d’identité.
-          Considère que l’État marocain porte l’entière responsabilité de cette situation et de ses éventuelles conséquences sur la santé d’Ali Lmrabet.

lundi 2 février 2015

Liberté d'expression ? L'écrivain italien Erri de Luca devant le tribunal

vendredi 9 janvier 2015

Union syndicale Solidaires : Après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo


L’Union syndicale a signé hier le communiqué intersyndical « Le monde du travail, ensemble, pour les libertés et la démocratie ». En revanche, nous avons décidé de ne pas signer  celui à l’initiative des partis politiques « défendons les valeurs de la République », au vu de son contenu et surtout des organisations signataires. Ci-joint, une expression de Solidaires qui explique dans quel cadre nous participons aux rassemblements prévus notamment ce week-end et rappelle nos positions. En pièce jointe également, un visuel qui peut être utilisé lors de ces initiatives et plus largement.

 Après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo

Nous défendons la liberté d’expression

Après l'assassinat collectif commis au siège du journal Charlie-Hebdo, l'Union syndicale Solidaires réaffirme la nécessité de défendre toujours et partout la liberté de la presse. Nous sommes plus que jamais solidaires avec toutes celles et ceux, qui, dans les métiers de la presse, sont horrifiés par le meurtre de leurs collègues.

Nous combattons les fanatismes religieux

Les assassins ont clamé agir au nom d'un Dieu. L'Union syndicale Solidaires respecte le droit de croire ou non de chacun et chacune, mais nous savons aussi qu'à travers l'histoire, nombre de massacres ont été perpétrés au nom de diverses religions. Le fondamentalisme religieux est un danger pour l'Humanité.

Nous agissons contre les discriminations

Cet assassinat fait le jeu de tous les ennemis de la liberté dont la volonté est de stigmatiser des individus et groupes, en fonction de leur origine, de leur culture, de leur religion. L'Union syndicale Solidaires refuse ces amalgames honteux et dangereux. Elle ne participera pas à une « union nationale » qui désignerait un ennemi bouc-émissaire incarné par telle ou telle « communauté ».

Nous refusons toutes les politiques réactionnaires

Cet assassinat fait le jeu de toutes les forces réactionnaires et des politiques impérialistes, qui l'utilisent pour construire une société toujours plus policière et prônent une unité nationale qui rassemblerait exploiteurs et exploités. L'Union syndicale Solidaires ne combattra pas pour la liberté et l'égalité aux côtés des ennemis de la liberté et de l'égalité.

L'Union syndicale Solidaires respecte la douleur des proches de toutes les victimes, s'associe aux rassemblements unitaires organisés partout en France et appelle à poursuivre le combat pour une profonde transformation sociale, en rupture avec les processus totalitaires d'où qu'ils viennent.

Le 9 janvier 2015

Christian Mahieux
+33 (0)6 83 43 00 84
mahieux@solidaires.org
Union syndicale Solidaires
www.solidaires.org
Fédération des syndicats SUD-Railwww.sudrail.fr

samedi 6 septembre 2014

Liberté d'expression et de rassemblement au Maroc ? Parlons-en !

Communiqué reçu de la part de Hisham Almiraat, Président de l'Association ADN

Rabat, le 4 septembre 2014
Du 29 au 30 août 2014 s’est tenu à Rabat un atelier sous le thème : "Liberté d'expression et droits humains à l'âge numérique". Un évènement co-organisé par l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et Privacy International, une organisation de défense de la vie privée basée à Londres.
L’événement qui devait avoir lieu à l’hôtel Mercure (Groupe Accor) au quartier Hassan de Rabat devait se conclure par une conférence de presse le samedi 30 Août annonçant la constitution d’une nouvelle association marocaine portant le nom d’Association des droits numériques (ADN).
L’évènement, auquel étaient conviés des experts internationaux, venant de Grande Bretagne, de Belgique, de France, du Kenya, de l’Ouganda, du Canada et de la Tunisie avait pour but l’échange d'expériences et la rencontre avec les acteurs de la société civile marocaine œuvrant pour la défense de la liberté d’expression, de la vie privée et de l’accès à l’information sur internet.
La veille de l’événement, nous avons été surpris par la direction de l’hôtel Mercure nous informant d'une décision "orale" des autorités nous interdisant l’accès aux salles de conférence louées pour l’occasion. La direction de l’hôtel n’ayant désigné aucun responsable administratif spécifique ni aucune autorité particulière en rapport avec l’incident.
Prenant conseil auprès d’avocats, nous avons conclu à une interdiction qui s’apparente à une violation arbitraire sans fondement légal.
Suite à cela, l’ADMH a bien voulu accueillir l’événement au siège de son bureau central de Rabat, permettant ainsi le dénouement d’une situation fort délicate pour les organisateurs et les participants venus de divers pays étrangers.
Par ce communiqué, le bureau d’ADN :
1/ Tient à témoin l'opinion publique nationale et internationale ;
2/ Exprime sa vive protestation contre cette atteinte au droit de rassemblement garanti par la Constitution marocaine et les lois en vigueur ;
3/ Se réserve le droit de recourir à la justice pour se prévaloir d’une liberté publique érigée au rang constitutionnel et dont la censure administrative témoigne d’un déficit évident en termes de démocratie et de liberté pour l’autorité qui l’a commandée ;
4/ Rappelle aux autorités administratives de Rabat, à l’origine de cet acte inconstitutionnel, les engagements internationaux de l'Etat marocain en termes de respect des droits d’association et de rassemblement découlant des différentes conventions et traités internationaux dont le Maroc est partie.
Bureau exécutif ADN

samedi 17 mai 2014

Maroc : condamné, en danger de mort, pour avoir offensé Mohammed VI














par Enoch El Fassi, 16/7/2013-revu 10/5/2014






                               Le Roi Mohammed VI et son frère le prince Moulay Rachid

Que devient Abdessamad Haydour, cet étudiant marocain condamné à trois ans de prison ferme pour « offense au Roi » ? Il a déjà purgé la moitié de sa peine. Human Rights Watch réclame sa libération.

Abdessamad Haydour
Abdessamad Haydour
Déjà un an et cinq mois qu’Abdessamad Haydour, étudiant marocain de 24 ans, fait les 200 pas dans sa cellule à la prison de Taza, au nord du Maroc. Sauf que depuis quelques temps, c’est entre la prison et l’hôpital de Taza que le prisonnier politique fait ses va et vient. Suite à la grève de la faim entamée il y a plusieurs mois, pour dénoncer sa condamnation pour « insulte » au Roi Mohammed VI, le jeune étudiant est, à l’instar de plusieurs autres prisonniers politiques, dans une situation critique que l’on pourrait assimiler à un couloir de la mort. Sa vie pourrait en effet être en danger. Human Rights Watch (HRW) a appelé ce mardi à la libération d’Abdessamad Haydour. « L’Association marocaine des Droits Humains (AMDH) sortira un nouveau rapport la semaine prochaine, sur la situation des Droits de l’Homme au Maroc et sur le nombre de détenus politiques », a précisé Khadija Ryadi, ex-présidente et membre de l’AMDH.

Taza l’énervée
Rappelez-vous, c’était en 2012, des manifestations d’une violence sans précédent s’étaient emparées de la ville de Taza, au nord du Maroc, pour dénoncer l’oppression, le chômage et la pauvreté. Ces évènements témoignaient d’un malaise social profond et d’un désespoir social des jeunes diplômés sans emploi.
Un soir, Abdessamad Haydour se met à converser dans la rue pour exposer son point de vue sur la situation politique et économique du Maroc. Il s’agissait d’une simple conversation entre jeunes, qui n’avait pas pour objectif d’être exportée sur internet, si l’un des jeunes qui filmait n’avait pas publié en ligne la vidéo.
Abdessamad Haydour paie aujourd’hui les pots cassés de son franc-parler. Jugé lundi 13 février 2012 par le tribunal de première instance de Taza pour « insultes à la personne du roi », Abdessamad Haydour a écopé de trois ans de prison ferme. Et il n’est pas le seul à avoir été réprimé pour ces mêmes motifs.

« Mohammed VI, le dictateur, l’assassin... »
Ce qu’a dit Abdessamad :
« Pourquoi nous vivons dans la pauvreté ? Parce que le colonisateur dont le représentant à Rabat est Mohammed VI, le dictateur, l’assassin et le tueur, et que chacun le traite comme il le veut… tout qualificatif conviendrait à ce chien et aux chiens qui l’entourent.
On n’installe pas à la tête de l’Etat un sioniste de Tel Aviv, on en choisit un de chez nous. Il est installé dans ses palais, il organise des fêtes et il fait ce qu’il veut.
Quant à ce chien de peuple, il peut crever de faim. Comme le dit le dicton de chez nous : “Si tu affames ton chien, il te suivra toujours !” Mais, il ne faut pas que le pouvoir oublie que tant que le chien n’aura pas mangé, il ne lâchera pas prise. C’est aussi simple que ça. Et, inch’Allah, qu’il le veuille ou non, le chien aura sa pitance un jour. »

Le roi sacré
L’affaire pose la question fondamentale de la « la sacralité du roi ». Elle est la revendication essentielle du Mouvement du 20 février (M20F), l’abrogation de l’article 19 qui octroie les pleins pouvoirs au souverain. La condamnation d’Abdessamad Haydour, et de dizaines d’autres Marocains arrêtés pour les mêmes motifs, rappelle les années de plomb d’Hassan II, lorsque ses opposants étaient emprisonnés sans procès, la plupart du temps dans des prisons secrètes.
Deux ans après l'adoption de  la nouvelle Constitution marocaine censée consacrer la liberté d’expression, « le Maroc devrait abolir les lois répressives qui ont permis de mettre cet étudiant en prison », estime HRW dans un communiqué. « L’attaque de Haydour contre le roi peut paraître grossière et irrespectueuse à certaines personnes, mais tant qu’il est en prison pour s’être exprimé ainsi, aucun Marocain ne jouit vraiment du droit de parler librement du roi », ajoute le communiqué. Les amis du M20F à l’étranger rappellent que « Nul n’est sacré, si ce n’est l’intérêt général du peuple ».

De nouvelles manifestations ?
Au plus fort de la contestation dans les pays arabo-berbères-musulmans, le Maroc a vu des millions de personnes descendre dans les rues. Un moment historique qui a donné suite à des élections anticipées et à l’adoption d’une nouvelle Constitution qui, visiblement ne semble toujours pas respecter la démocratie et la liberté d’expression comme le prouve l’arrestation de jeunes militants. Ce n’est pas une Constitution, mais « de la poudre aux yeux », pour le M20F.
Un message qui sonne comme une double piqûre de rappel : « Le Maroc n’est pas à l’abri d’une nouvelle vague de contestation comme en témoignent les évènements en Egypte, affirme Hamid, membre du M20F. Les Marocains sont au bord de descendre de nouveau dans la rue, étant donné la situation qui ne change pas, mais qui empire. Et cette fois, la population ne sera pas aussi calme et patiente que la première fois », prévient le jeune militant, sûr de lui. A suivre…

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