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dimanche 11 janvier 2015

Union syndicale Solidaires - Récupération nauséabonde, après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo


L’Union syndicale Solidaires a signé jeudi midi le communiqué intersyndical « Le monde du travail, ensemble, pour les libertés et la démocratie ». En revanche, nous avons décidé de ne pas signer de celui à l’initiative des partis politiques « défendons les valeurs de la République », au vu de son contenu et surtout des organisations signataires.

La participation très massive aux nombreux rassemblements organisés depuis mercredi dernier montre une forte volonté populaire de refuser le fascisme sous toutes ses formes. A l’opposé, la liste des responsables politiques et gouvernementaux, de France et d’autres pays, présent-es à la manifestation parisienne du 11 janvier, outre qu’elle est une véritable insulte pour ceux qui ont été assassinés au nom de ce qu’ils défendaient à Charlie-Hebdo, montre une vaste entreprise de récupération totalement nauséabonde ; certain-es contribuent aux massacres de populations partout dans le monde, d’autres à la misère de millions de personnes, voire soutiennent des politiques ouvertement racistes.

Voici une expression de Solidaires qui explique dans quel cadre nous participons aux rassemblements prévus notamment ce week-end et rappelle nos positions.

Après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo

Nous défendons la liberté d’expression
Après l'assassinat collectif commis au siège du journal Charlie-Hebdo, l'Union syndicale Solidaires réaffirme la nécessité de défendre toujours et partout la liberté de la presse. Nous sommes plus que jamais solidaires avec toutes celles et ceux, qui, dans les métiers de la presse, sont horrifiés par le meurtre de leurs collègues.

Nous combattons les fanatismes religieux
Les assassins ont clamé agir au nom d'un Dieu. L'Union syndicale Solidaires respecte le droit de croire ou non de chacun et chacune, mais nous savons aussi qu'à travers l'histoire, nombre de massacres ont été perpétrés au nom de diverses religions. Le fondamentalisme religieux est un danger pour l'Humanité.

Nous agissons contre les discriminations
Cet assassinat fait le jeu de tous les ennemis de la liberté dont la volonté est de stigmatiser des individus et groupes, en fonction de leur origine, de leur culture, de leur religion. L'Union syndicale Solidaires refuse ces amalgames honteux et dangereux. Elle ne participera pas à une « union nationale » qui désignerait un ennemi bouc-émissaire incarné par telle ou telle « communauté ».

Nous refusons toutes les politiques réactionnaires
Cet assassinat fait le jeu de toutes les forces réactionnaires et des politiques impérialistes, qui l'utilisent pour construire une société toujours plus policière et prônent une unité nationale qui rassemblerait exploiteurs et exploités. L'Union syndicale Solidaires ne combattra pas pour la liberté et l'égalité aux côtés des ennemis de la liberté et de l'égalité.

L'Union syndicale Solidaires respecte la douleur des proches de toutes les victimes, s'associe aux rassemblements unitaires organisés partout en France et appelle à poursuivre le combat pour une profonde transformation sociale, en rupture avec les processus totalitaires d'où qu'ils viennent.
Le 9 janvier 2015
Union syndicale Solidaires
www.solidaires.org
Fédération des syndicats SUD-Railwww.sudrail.fr

samedi 10 janvier 2015

D'Utøya à Charlie Hebdo




Par Luk Vervaet – 9/1/2015


Pendant les informations sur le massacre chez Charlie Hebdo, la presse a tenu à mettre aussi les événements en perspective.  A dès lors 
défilé la liste des attentats terroristes en Europe les 10, 20 dernières années. Je ne pouvais qu’assister consterné : dans cette mise en perspective, aucune trace ou presque du terrorisme raciste et fasciste.

Il ne s’agit pas ici de comparer les attentats les uns aux autres, ni de prétendre que la cruauté des uns justifierait celle des autres.

Il n’y a pas d’excuse.

Il n’y a pas de justification.

Ce qui m’inquiète, c’est que le terrorisme soit assimilé à la terreur de l’islam. Et que se crée dans ce cadre une fausse unité nationale de l’état et du peuple. Ce qui m’inquiète, c’est la partialité de notre indignation et de notre humanité, lorsqu’il s’agit de la violence terroriste contre « les autres », contre les minorités.
C’est précisément cette partialité qui emporte l’opinion publique, consciemment ou inconsciemment, vers encore plus de peur et de haine, vers plus de racisme et d’islamophobie.

Le massacre chez Charlie Hebdo, suivi des deux autres tueries et prises d’otage à Paris, donne l’impression que nous avons été ou que nous sommes assaillis de toutes parts par des djihadistes d’Al Qaeda. Après Charlie Hebdo, l’usage des mots a radicalement changé. Il y a quinze ans, seul Bush parlait en termes de « nous ou eux » et de « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Aujourd’hui, les responsables politiques parlent sans vergogne d’une « guerre entre la barbarie et la civilisation ». La question à se poser est dans quelle mesure non seulement la barbarie, mais la civilisation elle-même n’est pas contaminée par le terrorisme
 
Breivik et Zschäpe ?
 
Lors des énumérations des massacres terroristes, celui de Breivik n’a pratiquement pas été mentionné. Breivik est blanc. Inspiré par la défense des valeurs européennes contre l’islamisation grimpante. Le 22 juillet 2011, il a d’abord fait exploser une bombe devant le Regjeringskvartalet, le parlement norvégien à Oslo, ce qui a coûté la vie à huit personnes. Deux heures plus tard, il abattait de sang-froid 69 personnes, surtout des jeunes, de sa propre main, un par un, dans le camp de vacances sur l’île d’Utoya. J’y ai consacré un petit essai, The making of Anders B. Breivik, impressionné par le silence assourdissant qui a régné en Europe après cet attentat. Non, il n’y a pas eu de manifestations monstres dans des dizaines de villes en Europe et dans le monde, pas de T-shirts, pas de tag « Je suis Utoya », pas de marches républicaines, chefs d’État du monde entier en tête. Les partis politiques d’extrême droite ont fait profil bas ou ont déclaré que leur propagande raciste et islamophobe n’avait rien à voir avec ce massacre.
 
Dans la rétrospective des attentats terroristes, pas de trace non plus des assassinats de la NSU en Allemagne, dont furent victime des Turcs et des Grecs ainsi qu’une policière. Le procès de la NSU et de Beate Zschäpe est en cours actuellement : elle est inculpée pour 10 meurtres racistes, 25 tentatives de meurtre, 10 braquages, extorsion et, oui, d’appartenance à une organisation terroriste.
 
Pas de trace non plus des attentats terroristes contre les migrants, les tziganes, les musulmans ou les chercheurs d’asile. Comme la démolition en 2008 et 2009, de seize maisons de Roms en Hongrie, État-membre de l’Union européenne. Ou les 47 attentats entre 2008 et 2012 contre les mêmes Roms en République Tchèque, qui coûtèrent la vie à au moins cinq d’entre eux.

Pas de mention non plus du fait que les attentats terroristes en Europe du fait de fondamentalistes musulmans, selon les rapports européens officiels sur le terrorisme, sont minoritaires par rapport à toutes les autres tendances politiques confondues.

La « limite est atteinte », une « frontière est franchie », répète-t-on en boucle sur tous les médias. Et chacun devient brusquement Charlie. Mais pourquoi la limite n’était-elle pas déjà atteinte avec les attentats de Breivik et Cie. ?
 
La terreur inégalée de la guerre 

 
Dans la “mise en perspective” du massacre à Charlie Hebdo, aucune mention de la guerre et de la terreur que font régner nos états civilisés. La guerre mondiale contre le terrorisme, the global war on terror, a été lancée après le 11 septembre 2001. Ce n’était ni plus ni moins que le déclenchement d’une guerre sans fin, et non pas une question de justice, de protection des populations ou de plus grande recherche de paix.

Pratiquement tous les pays européens libéraux, libres et civilisés se sont lancés dans cette guerre les dernières années, la France, l’Allemagne et la Belgique après quelques réticences il est vrai. Ils savaient sans doute que cela déboucherait sur une catastrophe. Mais ces réticences n’ont pas résisté longtemps aux pressions américaines.
Dès le début de cette guerre, Michael Ratner, du Centre (américain) for Constitutional Rights, dénonçait cette guerre comme une guerre, non contre le terrorisme, mais contre les musulmans. En quinze ans, cette guerre a transformé le monde en un gigantesque champ de bataille, une jungle sur laquelle poussent maintenant les champignons que nous avons semés, de Breivik à Isis, il n’y a pas de différence. Et tous deux veulent importer cette guerre sur le continent.

Le climat raciste et islamophobe en Europe est clairement lié à cette guerre, dans laquelle la communauté musulmane est considérée comme une sorte de cinquième colonne. L’islam doit s’adapter, les musulmans sont sommés de se distancier, de s’excuser, de condamner… Les imams et les musulmans prêts à le faire sont activement recherchés par les médias. Nous a-t-on invités à faire de même lors des attentats de Breivik ou de Zschäpe ? Nous a-t-on dit que nous étions pratiquement obligés de descendre dans la rue ?

C’est dans ce climat que Charlie Hebdo a vendu ces dernières années son « humour » sordide contre l’Islam et son prophète, sur les femmes musulmanes voilées, toutes esclaves du sexe, et j’en passe.Sur l’attentat lui-même contre Charlie Hebdo : toute ma compassion pour toutes les victimes qui ne méritaient en rien de mourir de cette manière et pour leurs familles durement et injustement éprouvées.

Mais « Je suis Charlie » ? No way
.

vendredi 9 janvier 2015

Union syndicale Solidaires : Après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo


L’Union syndicale a signé hier le communiqué intersyndical « Le monde du travail, ensemble, pour les libertés et la démocratie ». En revanche, nous avons décidé de ne pas signer  celui à l’initiative des partis politiques « défendons les valeurs de la République », au vu de son contenu et surtout des organisations signataires. Ci-joint, une expression de Solidaires qui explique dans quel cadre nous participons aux rassemblements prévus notamment ce week-end et rappelle nos positions. En pièce jointe également, un visuel qui peut être utilisé lors de ces initiatives et plus largement.

 Après les meurtres commis dans les locaux de Charlie-Hebdo

Nous défendons la liberté d’expression

Après l'assassinat collectif commis au siège du journal Charlie-Hebdo, l'Union syndicale Solidaires réaffirme la nécessité de défendre toujours et partout la liberté de la presse. Nous sommes plus que jamais solidaires avec toutes celles et ceux, qui, dans les métiers de la presse, sont horrifiés par le meurtre de leurs collègues.

Nous combattons les fanatismes religieux

Les assassins ont clamé agir au nom d'un Dieu. L'Union syndicale Solidaires respecte le droit de croire ou non de chacun et chacune, mais nous savons aussi qu'à travers l'histoire, nombre de massacres ont été perpétrés au nom de diverses religions. Le fondamentalisme religieux est un danger pour l'Humanité.

Nous agissons contre les discriminations

Cet assassinat fait le jeu de tous les ennemis de la liberté dont la volonté est de stigmatiser des individus et groupes, en fonction de leur origine, de leur culture, de leur religion. L'Union syndicale Solidaires refuse ces amalgames honteux et dangereux. Elle ne participera pas à une « union nationale » qui désignerait un ennemi bouc-émissaire incarné par telle ou telle « communauté ».

Nous refusons toutes les politiques réactionnaires

Cet assassinat fait le jeu de toutes les forces réactionnaires et des politiques impérialistes, qui l'utilisent pour construire une société toujours plus policière et prônent une unité nationale qui rassemblerait exploiteurs et exploités. L'Union syndicale Solidaires ne combattra pas pour la liberté et l'égalité aux côtés des ennemis de la liberté et de l'égalité.

L'Union syndicale Solidaires respecte la douleur des proches de toutes les victimes, s'associe aux rassemblements unitaires organisés partout en France et appelle à poursuivre le combat pour une profonde transformation sociale, en rupture avec les processus totalitaires d'où qu'ils viennent.

Le 9 janvier 2015

Christian Mahieux
+33 (0)6 83 43 00 84
mahieux@solidaires.org
Union syndicale Solidaires
www.solidaires.org
Fédération des syndicats SUD-Railwww.sudrail.fr

Manifestations samedi 10/1 et dimanche 11/1 /2015





Manifestations samedi 10 janvier

Narbonne
Rassemblement est organisé le samedi 10 janvier, à 11 heures, place de l'Hôtel de ville, à Narbonne, suite à la tragédie d'hier.
Les Ulis
Rassemblement le samedi 10 janvier, à 10 heures, Pierre de la Liberté, aux Ulis
Montbard
Rassemblement à 17h30, place Gambetta, à Montbard.
Martigues
Marche silencieuse le samedi 10 janvier,  à 11 heures, du Monument aux morts à l’hôtel de ville.
Puy-en-velay
Rassemblement le samedi 10 janvier à 14h30, place des droits de l’Homme.
Lille
Rassemblement le 10 janvier, à 14 heures, à la porte de Paris.
Melun
Rassemblement la samedi 10 janvier, à 10 heures, place Saint-Jean.
Saint-Nazaire
Rassemblement le samedi 10 janvier à 11h, à l’esplanade des droits de l’Homme.
Besançon
Rassemblement le  samedi 10 janvier après-midi (heure à préciser), place de la Révolution.
Rouen
Rassemblement le samedi 10 janvier, à 15 heures, place de l’hôtel de ville.
Manosque
Rassemblement le samedi 10 janvier à 11 heures, porte Saunerie.
Digne-les-Bains
Rassemblement le samedi 10 janvier à 10 heures,  place du Tampinet.
Saint-Auban
Rassemblement le samedi 10 janvier à 10 heures,  place Péchiney.
Le Mans
Rassemblement le samedi 10 janvier à 14h30, place du marché des Sablons.
Castelnaudary
Hommage avec la municipalité de Castelnaudary, le samedi 10 janvier à 11 heures, à la galerie Paul Sibra.
Abbeville
Rassemblement le samedi 10 janvier à 15 heures, devant l'Hôtel de Ville.
Beauvais
Marche le samedi 10 janvier à 15h30, au départ de l’hôtel de ville.
Nantes
Marche le samedi 10 janvier à 14h30, place du Commerce (allée Brancas).
Dunkerque
Rassemblement et manifestation le samedi 10 janvier, à 15 heures, place Jean Bart.
Istres
Rassemblement le samedi 10 janvier, à 17 heures, devant le collège Pasteur, suivi d’une marche silencieuse jusqu’à l’hôtel de ville.
Marseille
Manifestation le samedi 10 janvier à 15 heures, au Vieux Port.
Gérardmer
Rassemblement citoyen est organisé  le samedi 10 janvier à 16 heures, sur le parvis des droits de l'Homme, devant la Mairie.
Epinal
Manifestation le samedi 10 janvier à 14h30, place des Vosges.
Cergy
Manifestation le samedi 10 janvier à 15 heures, sur le parvis de la préfecture.
 Gap                     Marche le samedi 10 janvier à 14 heures esplanade de la Paix
 Toulouse             Marche le samedi 10 janvier au départ du Capitole             


Manifestations dimanche 11 janvier

Périgueux
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 14 heures, devant l'arbre de la liberté (près de la poste centrale).
Châteauroux
Rassemblement le dimanche 11 janvier, place de la République, à 14h30.
Châtellerault
Rassemblement le dimanche 11 janvier 2015 à 14h30 et à rejoindre le kiosque à musique, boulevard Blossac.
Conflans
Rassemblement devant la mairie de Conflans, le dimanche 11 janvier, à 11 heures.
Rodez
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 14h30, à la place d’Armes.
Bordeaux
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 14h30, place des Quinconces.
Avignon
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 14h30, devant la gare d'Avignon.
Dijon
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 15 heures, place Darcy.
Nancy
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 15 heures, place de la République.
Tourcoing
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 11 heures, sur le parvis de l’hôtel de ville.
Arles
Rassemblement le dimanche 11 janvier à 15 heures, place de la République.
Saint-Brieuc
Rassemblement le dimanche 11 janvier, à 14h30, place du général de Gaulle.
Amiens
Rassemblement le dimanche 11 janvier sur le parvis de la Maison de la culture
Clermont-Ferrand
Manifestation le dimanche 11 janvier, 15h, Place de Jaude.
Caen
Rassemblement le dimanche 11 janvier à 15 heures, place de la République.
Tulle
Marche silencieuse et pacifique le dimanche 11 janvier à 14 heures,  place Martial Brigouleix.
Redon
Rassemblement citoyen le dimanche 11 janvier, à 14h30, en face de la sous-préfecture.
Lorient
Marche silencieuse le dimanche 11 janvier à 15 heures, place Rouge (Hôtel de ville).
Laval
Rassemblement le dimanche 11 janvier à 14h30, devant la mairie de Laval.
Poitiers
Rassemblement le dimanche 11 janvier à 14h30, place du maréchal Leclerc, devant la mairie.
Boulogne-sur-Mer
Manifestation unitaire le dimanche 11 janvier à 15 heures, place Dalton.
Pont-Audemer
Rassemblement le dimanche 11 janvier à 14h30, devant la rédaction du journal local L'Eveil de Pont-Audemer.
Vienne
Marche silencieuse le dimanche 11 janvier à 10 heures, de la sous-préfecture à l’hôtel de ville.
Rennes
Marche républicaine le dimanche 11 janvier 2015 à 15 heures, place de la Mairie.

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