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samedi 21 novembre 2015

Immigration à Ceuta et Melilla : Amnesty demande l'arrêt de la coopération entre l'Espagne et le Maroc

Immigration à Ceuta et Melilla : Amnesty demande l'arrêt de la coopération entre l'Espagne et le Maroc

Amnesty International exige de l’Espagne qu’elle cesse sa coopération en matière de politique migratoire avec le Maroc au nom de la violation supposée des droits des migrants qui tentent de passer au dessus de la frontière grillagée de Ceuta et Melilla, rapporte le site d’El Pais.
Dans un rapport sur les frontières de l’Europe, l’ONG estime avoir des « photographies, images et témoignages » constituant des preuves de « coups à l’aide de bâton, de pieds et de pierres » subis par les migrants qui tentent quasi quotidiennement de franchir les grillages délimitant la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et de Melilla. Amnesty estime également que l’étroite collaboration entre les deux royaumes aboutit dans la pratique à de violents raids de la police marocaine contre les migrants. Côté espagnol, cette collaboration donne parfois lieu à des « expulsions sommaires » d’immigrés irréguliers. Des expulsions sommaires que l’Espagne essaie de faire passer pour légales, ce qui, selon l’ONG porterait atteinte au droit d’asile.
Pour l’ONG, l’Espagne se rend responsable de toute violence subie par les immigrés expulsés vers le Maroc en raison de l’accord de réadmission signé entre les deux pays, puisque les immigrés peuvent y subir des violences policières. L’ONG ne manque pas aussi de dénoncer l’usage excessif de la force par les éléments de la Guardia Civil.
Rappelons que le rapport de l’ONG a été publié suite aux attentats de Paris. L’ONG s’inquiète ainsi de la répercussion des mesures que vont prendre les pays européens à l’égard des migrants et des réfugiés. 


...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/40240/immigration-ceuta-melilla-amnesty-demande.html
 Par La rédaction,17/11/2015 

Amnesty International exige de l’Espagne qu’elle cesse sa coopération en matière de politique migratoire avec le Maroc au nom de la violation supposée des droits des migrants qui tentent de passer au dessus de la frontière grillagée de Ceuta et Melilla, rapporte le site d’El Pais.

Dans un rapport sur les frontières de l’Europe, l’ONG estime avoir des « photographies, images et témoignages » constituant des preuves de « coups à l’aide de bâton, de pieds et de pierres » subis par les migrants qui tentent quasi quotidiennement de franchir les grillages délimitant la frontière entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et de Melilla. Amnesty estime également que l’étroite collaboration entre les deux royaumes aboutit dans la pratique à de violents raids de la police marocaine contre les migrants. Côté espagnol, cette collaboration donne parfois lieu à des « expulsions sommaires » d’immigrés irréguliers. Des expulsions sommaires que l’Espagne essaie de faire passer pour légales, ce qui, selon l’ONG porterait atteinte au droit d’asile.

Pour l’ONG, l’Espagne se rend responsable de toute violence subie par les immigrés expulsés vers le Maroc en raison de l’accord de réadmission signé entre les deux pays, puisque les immigrés peuvent y subir des violences policières. L’ONG ne manque pas aussi de dénoncer l’usage excessif de la force par les éléments de la Guardia Civil.

Rappelons que le rapport de l’ONG a été publié suite aux attentats de Paris. L’ONG s’inquiète ainsi de la répercussion des mesures que vont prendre les pays européens à l’égard des migrants et des réfugiés.

jeudi 12 septembre 2013

Subsahariens : La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique.

 
Depuis 2004, en plein lune de miel avec l’Espagne de Zapatero, le Maroc s’est engagé, parfois même trop, dans la lutte contre l’immigration illégale à destination de l’Europe. Presque dix ans plus tard, le pays subit les revers de cette politique. Les ONG et l’ONU critiquent la multiplication des rafles et des déportations des Subsahariens.
                                                                                                  La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique. A l’initiative du Comité Maroc du manifeste euro-africain sur la migration, une conférence-débat sera organisée, demain à Rabat au siège du club des avocats, pour débattre de cette poussée de la xénophobie au Maroc, spécialement, voire même exclusivement, contre les Subsahariens. Preuve en est les quatre assassinats racistes de ressortissants africains, entre juin et août « commis, près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires », assure l’ONG dans un communiqué.

Des crimes dont les auteurs n’ont pas encore été traduits devant la justice. Mais la conférence du mercredi ne sera pas le seul rendez-vous pour dénoncer la politique de rafles et de déportations de Subsahariens vers le no-man’s land entre le Maroc et l’Algérie. Le samedi 14 septembre à 17h00, un sit-in aura lieu à Rabat devant le siège du parlement.

Le rôle de gendarme de l’Europe écorne l’image du Maroc  
L’AMDH, dans un rapport rendu public fin juillet, a estimé le nombre de migrants subsahariens expulsés du Maroc, entre janvier et juillet 2013, à 6400 personnes, parmi lesquelles figurent 22 enfants. Le 4 mars dernier, le rapporteur de l’ONU sur la torture, l’Argentin Juan Mendez a fait état, dans son rapport présenté devant les membres du conseil des droits de l’Homme, « de passages à tabac et de violences sexuelles subis par les migrants subsahariens tentant chaque année de se rendre en Europe par le détroit de Gibraltar ou via Ceuta et Melilla ».  
Il en est de même pour des « abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d’autres objets, agressés sexuellement ou menacés d’agression sexuelle et soumis à d’autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus ».
Des remarques que l’actualité corrobore. Le 1er août dernier, soient onze jours avant le meurtre du jeune sénégalais Ismaila Faye à Rabat, une Ivoirienne, âgée de 16 ans, aurait été violée par cinq policiers, ceux-là même qui l’ont arrêté, quelques heures auparavant, à la médina de Tanger. Là aussi, aucune enquête n’a été lancée pour punir les coupables alors que les matricules des deux voitures utilisées par les éléments de la sûreté sont connues. Il aurait suffi d’un simple contrôle de routine pour savoir les noms complets des agents en service aux moments des faits.
Aucune enquête n'a été non plus ordonnée concernant la mort, fin juillet dernier, d'un ressortissant congolais. Arrêté le 24 juillet dernier, pour être expulsé du Maroc via Oujda, l'homme avait trouvé la mort après avoir été jeté, au niveau d'Assilah, par la fenêtre d’un bus de police en marche. Idem pour la mort de Clément, Camerounais de nationalité, décédé le 16 mars dernier après avoir été passé à tabac par des forces de l'ordre marocaines et espagnoles, lors d’une tentative de passage à la frontière de Melilia.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19493/subsahariens-sit-in-samedi-rabat-contre.html

jeudi 11 octobre 2012

Un autre Maghreb et une autre politique migratoire sont possibles

Déclaration d’Oujda

Les migrants, les associations de la société civile maghrébine, les syndicats et les organisations de solidarité internationale réunis dans le cadre de la seconde édition du Forum Social Maghrébin à Oujda, et étendu à Oran, les 6 et 7 octobre 2012 sous la thématique migration et libre circulation au Maghreb, et en commémoration des évènements de Ceuta de 2005 dont ont été victimes une
centaine de migrants subsahariens, relèvent :
  Le coût du non-Maghreb sur les plans économiques, sociaux, culturels et même psychologiques constitue une perte énorme pour le présent et l’avenir des peuples de la région. Par le passé ils ont mené un combat commun contre le colonialisme aussi bien sur leurs territoires que dans
l’immigration en Europe. Ils ont réussi à forger une identité commune et un imaginaire de société émancipateur. Actuellement, alors qu’ils aspirent à l’avènement d’un espace géo-politique démocratique, de justice sociale, de liberté favorisant les échanges entre les peuples, ouvert et
accueillant vis-à-vis des migrants vivant et travaillant dans les différents pays maghrébins, nous assistons, bien au contraire, et ce depuis des décennies, à une accélération d’une insertion dépendante dans le marché mondial au dépend d’une intégration et d’un développement régional
maghrébin. Ce choix est incapable d’insuffler une dynamique maghrébine unitaire à la hauteur des enjeux globaux régionaux et internationaux et des aspirations des peuples de la région..

Sur le plan migratoire, nous assistons à la mise en place de politiques sécuritaires stigmatisant les migrants vivants sur le sol maghrébin, au mépris de l’histoire qui lie les peuples du Nord de l’Afrique à ceux de l’Afrique subsaharienne, au mépris des intérêts mutuels de développement et d’enrichissement culturel et civilisationnel.

Nos gouvernants rivalisent dans la mise en application des politiques et directives européennes érigeant un mur entre
les 2 rives de la méditerranée, responsables de milliers de morts et de disparus, transformant la méditerranée en un vaste cimetière.
Les vagues d’arrestation, de refoulement, de traitements dégradants des migrants(es) subsahariens et la criminalisation de leur présence constituent l’une des atteintes graves aux droits humains les plus élémentaires.

Les migrants, les organisations de la société civile maghrébine et de solidarité internationale réunies au sein du Forum des migrants d’Oujda, dénoncent cette collusion entre les intérêts d’une Europe frileuse, barricadée derrière ses frontières et ceux des gouvernements maghrébins incapables de construire une politique alternative au service des intérêts des peuples de la région.

Le traitement sécuritaire de la question migratoire est une impasse. Les migrations ont été de tout temps une chance pour les peuples de départ et d’arrivée. Le Maghreb de tradition migratoire ancienne est devenu un territoire aussi bien d’immigration que d’émigration. La présence des migrants subsahariens et d’autres pays est une chance pour le développement des 2 espaces africains. L’avenir de l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne passe par l’ouverture sur l’Autre et par les échanges humains source d’enrichissement mutuel.

La construction d’un Maghreb des peuples riche de sa diversité culturelle, linguistique et sociale nécessite une vision globale d’avenir attachée à un espace sans frontières intra-pays du Maghreb, démocratique et respectueux des droits humains, basé sur quelques principes fondateurs notamment :
- L’ouverture des frontières permettant la libre circulation et d’installation aussi bien des nationaux que des migrants vivants sur le sol maghrébin ;
- La régularisation de la situation de tous les sans papiers souhaitant s’installer et vivre dans les pays maghrébins ;
- Le rejet de la politique européenne sécuritaire érigeant des murs au lieu de construire des ponts entre les 2 rives de la méditerranée.
- La fermeture de tous les lieux d’enfermement des immigrés et la dépénalisation de la
situation des sans papiers ;
- Arrêt de toutes les formes de violence à l’égard des femmes migrantes qui subissent de graves humiliations et la nécessité de poursuites judiciaires sans concession vis-à-vis de toute forme d’atteinte à leurs droits ;
- L’égalité des droits économiques, sociaux et culturels reconnus universellement, et le respect par l’application intégrale des conventions internationales de protection des
immigrés et des réfugiés notamment la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée par les Nations Unies le 18 décembre 1990 ; ainsi que les conventions de l’OIT relatives à la migration ;
- Le rejet et la criminalisation des discriminations et du racisme, et la promulgation par les parlements nationaux de lois sanctionnant les actes racistes et xénophobes.
Oujda (Frontière algéro-marocaine) le 7 octobre 2012

إعلان وجدة
منطقة مغاربیة أخرى ممكنة وسیاسة أخرى للھجرة ممكنتین
إن المھاجرین/ ات وجمعیات ومنظمات المجتمع المدني و النقابات المغاربیة، ومنظمات التضامن
الدولي المجتمعین في إطار الدورة الثانیة من المنتدى الاجتماعي المغاربي بوجدة، الممتد على
وھران، یومي 6 و 7 أكتوبر 2012 حول موضوع الھجرة وحریة التنقل بالمنطقة المغاربیة، وتخلیدا
لأحداث سبتة وملیلیة 2005 والتي ذھب ضحیتھا العشرات من مھاجري جنوب الصحراء،یعلنون:
أن كلفة انعدام الوحدة المغاربیة على المجالات الاقتصادیة والاجتماعیة والثقافیة و حتى 
النفسیة تشكل خسارة كبرى لحاضر ومستقبل شعوب المنطقة. ففي الماضي خاضت ھذه
الشعوب معركة موحدة ضد الاستعمار سواء من أجل أراضیھا أو بالنسبة للھجرة بأوروبا. و
تمكنت من إقامة ھویة موحدة ومخیال مجتمعي تحرري. و في الحاضر، وفي الوقت الذي تطمح
فیھ إلى تحقیق فضاء جیوسیاسي دیمقراطي، تسود فیھ العدالة الاجتماعیة والحریة، ویعزز
التبادل بین الشعوب، ومنفتح وحاضن للمھاجرین/ت الذین یعیشون ویشتغلون بمختلف دول
المنطقة المغاربیة، فإننا نشاھد على العكس من ذلك، ومنذ عقود تسریع التبعیة للسوق
العالمیة على حساب اندماج ، تنموي ،جھوي مغاربي إن ھذا الاختیار عاجز عن إعطاء
نفس لدینامیة مغاربیة وحدویة في مستوى الرھانات الشاملة الإقلیمیة والدولیة ومعبرة عن
تطلعات شعوب المنطقة.
على مستوى الھجرة، نشھد على إرساء سیاسات أمنیة تستھدف المھاجرین/ات الذین یعیشون 
فوق الأراضي المغاربیة، في تعارض مع التاریخ الذي یربط بین شعوب شمال إفریقیا وشعوب
إفریقیا جنوب الصحراء، وضدا على المصالح المشتركة للتنمیة والغنى الثقافي والحضاري.
أن حكامنا یتنافسون في تطبیق السیاسات والتعلیمات الأوروبیة، مقیمین جدارا بین ضفتي 
المتوسط، ومسؤولون عن ألاف الموتى والمفقودین، محولین المنطقة المتوسطیة إلى مقبرة
كبیرة.
أن حملات الاعتقالات والإبعاد والمعاملات المھینة للمھاجرین من جنوب الصحراء وتجریم 
تواجدھم تمثل إحدى الانتھاكات الخطیرة لأبسط الحقوق الإنسانیة.
أن المھاجرین/ات ومنظمات المجتمع المدني المغاربیة و التضامن الدولي المجتمعین في إطار 
المنتدى الاجتماعي المغاربي حول الھجرة بوجدة، یدینون التواطؤ بین أوروبا المتخوفة على
مصالحھا والمتحصنة وراء حدودھا و مصالح حكومات مغاربیة عاجزة عن إقامة سیاسات
بدیلة في خدمة مصالح شعوب المنطقة.
أن المعالجة الأمنیة لقضیة الھجرة ستؤدي إلى باب مسدود. فالھجرات في كل الأزمنة تمثل 
فرصة إیجابیة لبلدان الانطلاق أو العبور أو الاستقبال. إن المنطقة المغاربیة ذات التقالید
القدیمة في الھجرة أصبحت أرضا في الآن ذاتھ مصدرة ومستقبلة للھجرة. ویشكل تواجد
المھاجرین /ات من جنوب الصحراء و بلدان أخرى فرصة لتنمیة الفضائین الإفریقیین.
فمستقبل شمال إفریقیا وإفریقیا جنوب الصحراء یمر عبر الانفتاح على بعضیھما والمبادلات
الإنسانیة كمصدر للاغتناء المتبادل.
أن بناء مغرب الشعوب الغني بتعدده الثقافي، اللغوي والاجتماعي یتطلب رؤیة شمولیة 
للمستقبل مرتبطة بفضاء بدون حدود بین البلدان المغاربیة، دیمقراطي، یحترم حقوق الإنسان،
مبني على بعض المبادئ الأساسیة:
- فتح الحدود لتحقیق حریة التنقل والإقامة سواء بالنسبة لمواطني البلدان المغاربیة أو
المھاجرین/ات الذین یعیشون في المنطقة؛
- تسویة وضعیة المھاجرین بدون أوراق والراغبین في الاستقرار والعیش في البلدان
المغاربیة؛
- رفض السیاسة الأوروبیة الأمنیة التي تقیم الجدران عوض بناء الجسور بین ضفتي
المتوسط؛
- إغلاق كل أماكن احتجاز المھاجرین/ات وعدم تجریم وضعیة من ھم بدون أوراق؛
- العمل من أجل القضاء على مختلف أشكال العنف الممارس تجاه النساء المھاجرات
اللواتي یتعرضن لإذلال خطیر، وضرورة المتابعة القضائیة بدون ھوادة تجاه أي انتھاك
لحقوقھن؛
- المساواة في الحقوق الاقتصادیة والاجتماعیة والثقافیة المعترف بھا كونیا واحترامھا
عبر التنفیذ الكامل للاتفاقیات الدولیة المتعلقة بحمایة حقوق المھاجرین واللاجئین،
وعلى الأخص اتفاقیة جنیف الصادرة في 28 یولیوز 1951 المتعلقة بوضعیة اللاجئین
والاتفاقیة الدولیة لحمایة حقوق جمیع العمال المھاجرین وأفراد عائلتھم المصادق علیھا
في 18 دجنبر 1990 ، وكذا اتفاقیات منظمة العمل الدولیة المتعلقة بالھجرة؛
- رفض كل أشكال التمییز والعنصریة، وإصدار برلمانات الدول المغاربیة لقوانین تجرم
الأفعال العنصریة وكراھیة الأجانب.
وجدة (الحدود الجزائریة – المغربیة) في 7 أكتوبر 2012

mardi 9 octobre 2012

Les altermondialistes appellent à la réouverture des frontières maroco-algériennes

Réunis à Oujda, ils ont plaidé pour un autre Maghreb : Les altermondialistes appellent à la réouverture des frontières maroco-algériennes

Par Mustapha Elouizi, 9/10/2012
Les altermondialistes maghrébins, réunis ce week-end à Oujda, ont appelé vivement à un autre Maghreb, épris de valeurs démocratiques, de justice sociale et de liberté. Lors de cette deuxième édition du Forum social maghrébin, plus de 400 personnes ont mis l'accent sur le coût politique, économique, culturel, social et même psychologique du non-Maghreb.

Une énorme perte pour les peuples de la région qui demeurent la partie lésée dans cette situation de désunion, souligne la déclaration d'Oujda, à laquelle ont adhéré des migrants de tous bords, des associations de la société civile maghrébine, des syndicats et des organisations de solidarité internationale, entre autres.
L'aspiration populaire à un espace géo-politique démocratique, de justice sociale, de liberté favorisant les échanges entre les peuples, ouvert et accueillant vis-à-vis des migrants, est confrontée à un manque de volonté politique et à une accélération de la dépendance au marché mondial aux dépens d'une intégration et d'un développement régional. « Ce choix est incapable d'insuffler une dynamique maghrébine unitaire à la hauteur des enjeux globaux régionaux et internationaux et des aspirations des peuples de la région », lit-on dans la déclaration d'Oujda.
La construction d'un Maghreb des peuples riches de sa diversité culturelle, linguistique et sociale nécessite une vision globale d'avenir attachée à un espace sans frontières intra-pays du Maghreb, démocratique et respectueux des droits humains, basé sur quelques principes fondateurs notamment l'ouverture des frontières permettant la libre circulation et l’installation aussi bien des nationaux que des migrants vivants sur le sol maghrébin.
Dans ce cadre, les altermondialistes maghrébins ont souligné que le traitement sécuritaire de la question migratoire est dans l’impasse. Les pays du Maghreb ont été appelés, à cet effet, à adopter une autre politique migratoire, à même de garantir la dignité du migrant, en tant qu'être humain d'abord. Ainsi, les altermondialistes maghrébins ont fait le procès des politiques sécuritaires stigmatisant les migrants vivant sur le sol maghrébin, au mépris de l'histoire qui lie les peuples du Nord de l'Afrique à ceux de l'Afrique subsaharienne, au mépris des intérêts mutuels de développement et d'enrichissement culturel et civilisationnel.
«Nos gouvernants rivalisent dans la mise en application des politiques et directives européennes érigeant un mur entre les deux rives de la Méditerranée, responsables de milliers de morts et de disparus, transformant la Méditerranée en un vaste cimetière », lit-on dans la déclaration d'Oujda.
Et de rappeler, son sans condamnation, les vagues d'arrestations, de refoulements, de traitements dégradants des migrants(es) subsahariens et la criminilisation de leur présence, ce qui constitue l'une des atteintes graves aux droits humains les plus élémentaires.
Les participants à cette rencontre ont souligné que le Maghreb, de tradition migratoire ancienne, est devenu un territoire aussi bien d'immigration que d'émigration. La présence des migrants subsahariens et d'autres pays, selon eux, est une chance pour le développement des deux espaces africains. L'avenir de l'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne passe par l'ouverture sur l'Autre et par les échanges humains, source d'enrichissement mutuel.

Recommandations
- Régularisation des sans-papiers souhaitant s'installer et vivre dans les pays maghrébins;
- Rejet de la politique européenne sécuritaire érigeant des murs au lieu de construire des ponts entre les deux rives de la Méditerranée;
- Fermeture de tous les lieux d'enfermement des immigrés et dépénalisation de la situation des sans-papiers ;
- Bannissement de toutes les formes de violence à l'égard des femmes migrantes;
- Rejet des discriminations et du racisme.

 http://www.e-joussour.net/node/11808

samedi 26 novembre 2011

Les forces de l’ordre marocaines et espagnoles complices dans la violence faite aux migrants

 Communiqué du GADEM*

Allégations d’atteinte à la sécurité et à la vie à proximité de Sebta

Deux tentatives d’interception de migrants en mer par les forces de l’ordre marocaines et espagnoles ont conduit à la noyade de plusieurs personnes et à l’arrestation et au refoulement violents de dizaines de rescapés.

Citant des informations de la MAP, le quotidien Al Massae rapportait dans son édition du 5-6 novembre 2011 le refoulement par les autorités marocaines, le 25 octobre, de 90 personnes et le 3 novembre, de 60 personnes qui tentaient de passer à Sebta (Ceuta) par la mer.

Les nombreux témoignages recueillis par le GADEM permettent d'affirmer que leurs interceptions en mer alors qu’ils cherchaient à rejoindre Sebta ont été particulièrement violentes, et dans certains cas mortelles. Ces opérations ont donné lieu à des violences disproportionnées et à de nombreuses exactions. D’autres événements similaires antérieurs et plus récents retracent le même type de pratiques par les autorités marocaines et/ou espagnoles qui portent une atteinte grave au droit à la vie de ces personnes.

photo Google
Les 90 personnes refoulées le 25 octobre à la frontière algérienne sont les rescapés d'un naufrage provoqué suite à l'intervention conjointe des forces de sécurité espagnoles et marocaines pour intercepter leur embarcation qui tentait de contourner par la mer le grillage installé sur la côte entre Fnidq et Sebta. Si certains migrants ont réussi à rejoindre le territoire sous contrôle espagnol, 10 à 15 personnes seraient mortes noyées, selon des témoignages concordants.
Le 3 novembre, 74 personnes, ressortissants de différents pays d’Afrique subsaharienne[1] ont tenté de rejoindre Sebta à la nage. Ils ont été rattrapés par les bateaux de la marine marocaine, alors que des tirs de balles en caoutchouc de la Guardia civil retardaient leur progression et que des civils marocains, apparemment incités par les forces de l’ordre marocaine, leur jetaient des pierres depuis le rivage. Seules 13 personnes ont pu rejoindre les eaux jouxtant Sebta. Les trois premières arrivées ont été immédiatement remises par la Guardia civil aux forces auxiliaires marocaines, qui ont cependant refusé de reprendre les 10 autres migrants.

Les migrants interviewés par le GADEM, accusent des hommes en uniforme qui leur semblaient être des militaires marocain de les avoir frappés et d’avoir enfoncé la tête de certains sous l'eau jusqu'à la limite de la noyade avant de les ramener à terre, où ils les auraient dépouillés de leur argent et téléphones portables.

Après avoir été emmenés dans différents commissariats des environs puis regroupés dans celui de Tetouan, ils ont été transportés en bus vers le commissariats d’Oujda puis finalement refoulés à la frontière avec l'Algérie, à l'exception des 5 personnes, séparées du reste du groupe, car elles auraient été gravement blessées lors de l’opération d’arrestation.

Selon les témoignages recueillis, ces pratiques sont récurrentes[1] et accompagnent la chasse aux migrants dans les forêts du nord du Maroc, les destructions régulières des campements où se réfugient les migrants[2] et les violences qui les accompagnent.

Dans un communiqué rendu public le 9 septembre 2011[3], le GADEM dénonçait une série de rafles opérées contre les migrants subsahariens à Rabat et Nador en réponse à la pression accrue exercée par l'Espagne sur le Maroc. Le GADEM avertissait contre l'intensification de la répression policière annoncée par M. Khalid Zerouali, Responsable de l'immigration et du contrôle des frontières au sein du ministère de l'Intérieur.

Le GADEM considère les exactions commises aux abords de Sebta comme le résultat de la complicité entre les autorités marocaines et espagnoles pour freiner l'entrée des migrants en Europe. Ces agissements violent manifestement différentes des dispositions de la législation marocaine (non-assistance à personne en danger, violences, procédure de reconduite à la frontière, droits de défense, protection contre les violences et les confiscations, etc.) et des Conventions internationales dûment ratifiées par le Maroc.

Ils soulignent également certaines pratiques courantes s’exerçant depuis des années en dehors de tout cadre légal, comme la remise immédiate et collective par les autorités espagnoles aux autorités marocaines de migrants, sans examen de leur situation individuelle ni respect de l’obligation internationale de non refoulement des demandeurs d’asile.

Le GADEM exhorte les autorités marocaines, ainsi que les instances de défense des droits Humains en particulier le Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH), à prendre rapidement les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces pratiques et pour veiller au respect des droits et de la dignité des étrangers au Maroc. La lumière doit être faite sur les allégations de violences perpétrées par ou en complicité avec les agents de l’Etat à l’encontre de cette population, violences régulièrement dénoncées par le GADEM[4] et d’autres organisations. 

*(Groupe antiraciste de défense et d'accompagnement des étrangers et migrants)

Contact : gademm@gmail.com
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[1] Le GADEM a d’ailleurs déjà dénoncé ces pratiques. Consulter GADEM, « 11 naufragés repêchés dans la mer Méditerranée et refoulés à la frontière algérienne 24 heures plus tard », Communiqué du 23 septembre 2009

[2] L’association Prodhein a dénoncé le durcissement de la chasse aux migrants dans le nord du Maroc dans un communiqué publié le 17 novembre. Disponible sur http://www.cgtandalucia.org/Melilla-Prodein-denuncia-el

“los llevan en camión, los hacen bajar en mitad de ninguna parte y los ahuyentan disparando al aire. Cuando se acercan a Argelia les espera un recibimiento similar, más tiros al aire para que se den la vuelta. Algunos logran salir de este limbo, otros ya no vuelven jamás”.[extrait]

[3]« Les forces de l’ordre marocaines vont pleinement reprendre leur rythme à réaliser leurs tâches habituelles » : http://www.gadem-asso.org/Les-forces-de-l-ordre-marocaines

[4].Voir rubrique « communiqués/rapports » du GADEM sur http://www.gadem-asso.org/
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L’ASDHOM se joint au GADEM pour dénoncer ce traitement inhumain et dégradant. Le Maroc doit cesser de faire le gendarme de l’Europe et veiller au respect du droit de circulation comme le stipulent les conventions et les pactes internationaux auxquels le Maroc est partie.
La Convention Internationale pour la protection des migrants et de leurs familles que le Maroc a signée et ratifiée l’oblige d’adopter un autre comportement vis-à-vis des migrants sur son sol

samedi 17 septembre 2011

Plus de 1400 migrants sont morts en mer entre l'Afrique du Nord et l'Europe depuis le début de cette année



UNITED NATIONS INFORMATION MEDIA

LE COMITÉ POUR LA PROTECTION DES DROITS DE TOUS LES TRAVAILLEURS MIGRANTS OUVRE SES TRAVAUX


Le Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille a ouvert, ce matin, les travaux de sa quinzième session en adoptant son ordre du jour et son programme de travail et en entendant la responsable de la Section des groupes thématiques au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, Mme Wan-Hea Lee. Le Comité a également auditionné plusieurs organisations non gouvernementales au sujet de la situation qui prévaut, au regard de l'application des dispositions de la Convention, dans les trois pays dont les rapports doivent être examinés durant la présente session, à savoir l'Argentine, le Chili et le Guatemala.

Mme Lee a notamment souligné que, depuis la dernière session du Comité, les événements en Afrique du Nord ont continué à dominer l'actualité, et qu'un nombre important de migrants continuent de quitter la Libye et d'autres pays de la région. À travers le monde, la migration continue d'être une entreprise risquée voire, souvent, fatale. Dans un rapport sur la situation des migrants et des requérants d'asile qui fuient les événements récents en Afrique du Nord le Haut-Commissariat aux droits de l'homme estime que plus de 1400 migrants sont morts en mer entre l'Afrique du Nord et l'Europe depuis le début de cette année et note que des contrôles plus stricts aux frontières peuvent accroître le risque pour les migrants de mourir ou d'être blessés, en ce sens qu'ils sont alors acculés à adopter des modes de voyage de plus en plus dangereux pour échapper à ces contrôles. Mme Lee a d'autre part attiré l'attention sur une réunion entre le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et le Haut-Commissariat pour les réfugiés qui a notamment permis de rappeler qu'il n'existe aucune preuve formelle indiquant que la détention aurait une quelconque fonction dissuasive sur la migration irrégulière.

Ce matin, le Président du Comité, M. Abdelhamid El Jamri, a souligné que la situation actuelle des travailleurs migrants dans le monde est inquiétante: la mobilité augmente pour différentes raisons, en particulier en cette année de crise, et rend les migrants encore plus vulnérables. Il est donc important d'appeler à la mobilisation de tous les acteurs pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants, a-t-il insisté. Dans ce contexte, M. El Jamri a lancé un appel à tous les États parties afin qu'ils fassent la déclaration prévue à l'article 77 de la Convention, reconnaissant la compétence du Comité pour examiner des plaintes individuelles. Le Président du Comité a par ailleurs insisté sur la nécessité d'assurer une non-différenciation, en termes de droits, en fonction de la situation administrative des travailleurs migrants, qu'ils se trouvent en situation régulière ou irrégulière. À ce sujet, a rappelé le Président, le Comité va tenir lundi prochain, 19 septembre, une journée de discussion générale sur les travailleurs migrants en situation irrégulière. C'est la Suisse qui est chargée d'organiser le prochain Forum global sur la migration et le développement, a par ailleurs indiqué M. El Jamri.

Plusieurs autres membres du Comité ont pris la parole durant cette séance d'ouverture pour présenter différentes activités auxquelles ils ont participé depuis la dernière session du Comité. Un expert s'est en outre interrogé sur la manière dont le Comité pouvait assurer la surveillance de la mise en œuvre de la Convention dans un État partie même en dehors de l'examen d'un rapport dudit État, soulevant dans ce contexte le problème soulevé par la Libye.

En effet, la surveillance de la situation en Libye manque actuellement de clarté étant donné la rupture juridique dans cet État partie à la Convention, où nombre de travailleurs migrants sont touchés par la situation qui y prévaut. Il s'est interrogé sur les mesures qui pourraient être prises ou que le Comité pourrait recommander concernant les travailleurs migrants qui ont été pris au piège ou maltraités dans ce contexte.

lundi 28 février 2011

Pétition contre le racisme et la politique d'immigration du gouvernement français

Extrait d'un message de Marguerite Rollinde :
Cela me semble très important (de signer cette pétition), en ce moment, de joindre nos efforts face à la politique menée par Sarko sur les questions migratoires, liées dans son discours et ses pratiques, à la question sécuritaire (terrorisme et protection des frontières face au "danger" que font courir les révolutions arabes). C'est pour cela que notre soutien à ce qui se passe au Maroc, en Tunisie, en Egypte, en Lybie etc passe par notre condamnation de la politique migratoire de la France et de l'Europe avec la fermeture des frontières et l'expulsion des sans papiers.
Il serait important que ce message soit signé non seulement par les associations de droits de l'homme basées en France mais aussi par celles qui sont dans les  autres pays. Donc si possible relayer ce message auprès de nos collègues de l'AMDH, du FMAS et de tous les contacts possibles.


Texte de la pétition
Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers
À diffuser largement !
Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 était créé, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement. Depuis, des dizaines de milliers d’étrangers en situation irrégulière, hommes, femmes, enfants, sont traqués, arrêtés et expulsés, y compris dans un pays en guerre comme l’Afghanistan. Voulue par le chef de l’Etat, mise en œuvre par ses gouvernements successifs, le ministère de l'Intérieur aujourd'hui, et soutenue par l’UMP et ses alliés à l’Assemblée, cette politique est inacceptable car elle viole des principes humanitaires élémentaires et des dispositions internationales ratifiées par la France. A cela se sont ajoutés les effets désastreux du pseudo-débat sur l’identité nationale puis la chasse aux Rroms.
Pour que cesse cette situation qui porte atteinte à des droits fondamentaux, menace gravement le droit d’asile et ruine l’existence des personnes étrangères visées, nous appelons à une manifestation nationale et unitaire au mois de mai 2011, à la date anniversaire de la création du ministère de l’Immigration qui perdure aujourd'hui sous une autre forme.
Nous exigeons sa suppression, l’arrêt immédiat de cette politique et la régularisation des sans-papiers.
Mise à jour des signatures : 24 février 2011

mardi 25 janvier 2011

Orly : Des passagers s’opposent à l’expulsion de clandestins vers le Maroc

L’avion de la compagnie Royal Air Maroc, reliant Orly à Casablanca, devait décoller mercredi matin  19 janvier à 9h25. C’était sans compter sur la fronde de passagers qui ont refusé de s’asseoir, “par solidarité“, protestant contre l’expulsion de deux sans-papiers.

Ces derniers ont finalement été débarqués avant que l’avion ne reparte vers 11 heures.


C'est le fruit de la politique de Sarkozy avec les immigrés marocains, et c'est aussi sa façon de remercier le roi du Maroc, Mohamed VI, pour les belles vacances que le président français et son épouse passent dans les palais royaux alaouites.

mercredi 22 septembre 2010

Étrangers : conditions d’accueil et traitement des dossiers à la préfecture de Bobigny : l’indignité !

Transmis par Fouad Fourji, 22/9/2010
Pour la première fois, dix-huit organisations investies dans la défense des étrangers et la lutte contre les discriminations* ont synthétisé leurs observations dans un Livre noir élaboré en commun, qui dénonce les conditions d’accueil réservées aux étrangers à la préfecture de Bobigny (93). Les constats, partagés par des élus du département et des syndicalistes, sont étayés par de nombreux exemples très concrets.
Loin de s’expliquer par des dysfonctionnements temporaires ou par une « spirale de retards accumulés » comme le prétendaient les autorités préfectorales en 2009, le traitement des étrangers dans le département de France qui en compte le plus grand nombre est le reflet du mépris et des comportements discriminatoires dont ils sont l’objet au plus haut niveau.
Septembre 2010, Ouvrage collectif, 40 pages, 2 € + 1,90 € de frais d'envoi
Téléchargeable gratuitement ici :  
*Livre noir réalisé par les associations investies dans la défense des étrangers et la lutte contre les discriminations dans le département de la Seine Saint-Denis (Amoureux au ban public, ASTI 93, Aubervilliers sans la peur, CDSP Montreuil, Cimade IdF, Collectif de SP de Livry-Gargan, Collectif Michelet Bondy, Coordination 93 de lutte pour les SP, Comede, Dom’Asile, GISTI, Ensemble vivre et travailler, Ligue des Droits de l’Homme 93, MRAP 93, Plate-forme des Asso)

samedi 27 février 2010

Immigrés : le test de la "journée sans nous"

par Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 27/2/2010
Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif "24 heures sans nous, une journée sans immigrés" entend "démontrer l'apport indispensable de l'immigration" à la France, en particulier son poids dans l'économie. Elle vise aussi à exprimer l'exaspération d'une nouvelle génération d'immigrés et d'enfants d'immigrés à l'égard des "dérapages" et des propos stigmatisants de plus en plus fréquents dans le discours politique.
Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s'inspire d'une expérience observée aux États-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d'immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.
En France, le mouvement, qui se veut apolitique, cherche avant tout, en cessant de consommer et/ou de travailler, à "marquer la nécessité de la participation des immigrés à la vie de la cité".
En réalité, leur apport n'a jamais été mesuré. A la différence d'autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne, la France n'a jamais cherché à connaître l'impact de l'immigration sur son économie.
Les immigrés occupent pourtant une part non négligeable dans la population active. Selon les dernières données tirées du recensement par l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient 8,6 % des actifs.
Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : de 10,7 % en 1995, elle s'établissait à 11,3 % en 2007, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "Cette stabilité de la présence des immigrés dans l'emploi total montre que quelle que soit la conjoncture, on ne s'en passe pas", relève Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l'OCDE.
Cette stabilité globale masque une situation contrastée selon les secteurs. Mais, contrairement à une idée reçue, les immigrés sont loin de travailler dans les seuls secteurs en déclin que sont l'agriculture ou l'industrie. Leur présence, bien qu'en recul, reste forte dans la construction. Elle l'est cependant plus encore et tend à croître dans les services. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent désormais majoritairement dans le tertiaire. Dans certaines activités, comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, ils représentent même plus de 20 % de la main-d'oeuvre.
"FORCE DE TRAVAIL "
Leur nombre est important et progresse dans des secteurs plus qualifiés, tels l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Les immigrés accompagnent ainsi l'évolution de l'appareil productif de l'industrie vers les services. "Ils ne constituent pas qu'une main-d'œuvre non substituable et confinée à deux ou trois secteurs. Ils sont une force de travail complémentaire à la main-d'œuvre nationale", insiste M. Garson.Leur part dans la création nette d'emplois tend d'ailleurs à croître. De 13 % en moyenne entre 1997-2007, celle-ci a connu un renforcement marqué sur la seconde moitié de cette décennie, s'élevant à 40 %, selon l'OCDE.
Bien que non négligeable, la contribution des immigrés à la création nette d'emplois en France reste néanmoins inférieure à ce qu'elle est notamment au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Italie, pays qui ont connu sur la même période des flux migratoires à des fins d'emploi nettement plus forts. "L'apport des immigrés dépend étroitement de la structure de l'emploi et de l'intensité de l'activité du pays. Or, en France, le marché du travail n'est pas très porteur. Et surtout les réserves de main-d'œuvre sont encore importantes, en particulier parmi les jeunes et les femmes", explique M. Garson. Si, partout, les immigrés, plus vulnérables, jouent un rôle d'amortisseur en temps de crise, ils viennent dans d'autres pays davantage renforcer la croissance qu'en France. "C'est là, dit M. Garson, une leçon à retenir dans la perspective de la reprise et du rôle déterminant que peuvent y jouer les travailleurs immigrés."