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samedi 27 février 2010

Immigrés : le test de la "journée sans nous"

par Laetitia Van Eeckhout, Le Monde, 27/2/2010
Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif "24 heures sans nous, une journée sans immigrés" entend "démontrer l'apport indispensable de l'immigration" à la France, en particulier son poids dans l'économie. Elle vise aussi à exprimer l'exaspération d'une nouvelle génération d'immigrés et d'enfants d'immigrés à l'égard des "dérapages" et des propos stigmatisants de plus en plus fréquents dans le discours politique.
Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s'inspire d'une expérience observée aux États-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d'immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.
En France, le mouvement, qui se veut apolitique, cherche avant tout, en cessant de consommer et/ou de travailler, à "marquer la nécessité de la participation des immigrés à la vie de la cité".
En réalité, leur apport n'a jamais été mesuré. A la différence d'autres pays, comme la Grande-Bretagne ou l'Espagne, la France n'a jamais cherché à connaître l'impact de l'immigration sur son économie.
Les immigrés occupent pourtant une part non négligeable dans la population active. Selon les dernières données tirées du recensement par l'Insee, en 2007, 2,4 millions d'immigrés résidant en France métropolitaine déclaraient travailler ou se trouver au chômage : ils représentaient 8,6 % des actifs.
Si l'on s'en tient à la seule population active occupée (hors chômeurs), leur part se maintient même à un niveau plus élevé : de 10,7 % en 1995, elle s'établissait à 11,3 % en 2007, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "Cette stabilité de la présence des immigrés dans l'emploi total montre que quelle que soit la conjoncture, on ne s'en passe pas", relève Jean-Pierre Garson, chef de la division des migrations internationales de l'OCDE.
Cette stabilité globale masque une situation contrastée selon les secteurs. Mais, contrairement à une idée reçue, les immigrés sont loin de travailler dans les seuls secteurs en déclin que sont l'agriculture ou l'industrie. Leur présence, bien qu'en recul, reste forte dans la construction. Elle l'est cependant plus encore et tend à croître dans les services. Comme le reste de la population en emploi, les immigrés travaillent désormais majoritairement dans le tertiaire. Dans certaines activités, comme les services domestiques et l'hôtellerie-restauration, ils représentent même plus de 20 % de la main-d'oeuvre.
"FORCE DE TRAVAIL "
Leur nombre est important et progresse dans des secteurs plus qualifiés, tels l'informatique (17,4 %) ou les services aux entreprises (16,5 %). Les immigrés accompagnent ainsi l'évolution de l'appareil productif de l'industrie vers les services. "Ils ne constituent pas qu'une main-d'œuvre non substituable et confinée à deux ou trois secteurs. Ils sont une force de travail complémentaire à la main-d'œuvre nationale", insiste M. Garson.Leur part dans la création nette d'emplois tend d'ailleurs à croître. De 13 % en moyenne entre 1997-2007, celle-ci a connu un renforcement marqué sur la seconde moitié de cette décennie, s'élevant à 40 %, selon l'OCDE.
Bien que non négligeable, la contribution des immigrés à la création nette d'emplois en France reste néanmoins inférieure à ce qu'elle est notamment au Royaume-Uni, en Espagne, ou encore en Italie, pays qui ont connu sur la même période des flux migratoires à des fins d'emploi nettement plus forts. "L'apport des immigrés dépend étroitement de la structure de l'emploi et de l'intensité de l'activité du pays. Or, en France, le marché du travail n'est pas très porteur. Et surtout les réserves de main-d'œuvre sont encore importantes, en particulier parmi les jeunes et les femmes", explique M. Garson. Si, partout, les immigrés, plus vulnérables, jouent un rôle d'amortisseur en temps de crise, ils viennent dans d'autres pays davantage renforcer la croissance qu'en France. "C'est là, dit M. Garson, une leçon à retenir dans la perspective de la reprise et du rôle déterminant que peuvent y jouer les travailleurs immigrés."

vendredi 19 février 2010

L'ATMF soutient la journée sans immigrés du 1er mars 2010


L'ATMF soutient la journée sans immigrés du 1er mars 2010et appelle à la lutte continue contre les lois racistes et discriminatoires 
 et appelle l'ensemble de ses associations membres à y participer activement.

Cette journée de mobilisation est l'occasion de rappeler que les immigrés sont une cible privilégiée des politiques en France. A quelques semaines des régionales, voici Besson qui sort de ses tiroirs une nouvelle réforme du CESEDA, code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la cinquième en six ans. Comme les précédentes elle prévoit de réduire davantage les droits des immigrés, de criminaliser les sans papiers, d'asseoir l'immigration jetable.
L'association des travailleurs maghrébins de France, rappelle que l'immigration n'est pas que devoirs comme on nous le martèle souvent, elle est aussi droits, essentiellement ceux consacrés par les conventions et accords internationaux.
L'ATMF exige : 
-La fin de la xénophobie et de la criminalisation institutionnalisées contre les immigrés par :
L'abrogation des lois CESEDA et l'abandon de la réforme à venir
-La régularisation totale des sans papiers et la fermeture des centres de rétention
-La fin des pratiques discriminatoires banalisées par : 
l'arrêt des contrôles au faciès
de la provocation des jeunes dans nos quartiers où les gardes à vue deviennent ordinaires
-La fin de l'inégalité de traitement face aux crimes et pratiques racistes et islamophobes par:
des procès contre les auteurs des déclarations racistes ou islamophobes
l'égalité de traitement dans la poursuite des policiers impliqués dans la mort de citoyens d'origine immigrée.
-La fin des inégalités dans les droits par :
l'instauration pour les migrants âgés de droits liés à la personne et non à la résidence
l'égalité de traitement dans les pensions entre les anciens combattants français et étrangers
l'attribution du droit de vote aux étrangers non originaires de l'union européenne, à l'instar des immigrés communautaires.
-Enfin, l'ATMF rappelle son attachement au vivre ensemble, dans le respect de l'autre et rejette le «choc des civilisations », que certains brandissent et instrumentalisent pour des raisons électoralistes ou partisanes.
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L'association des travailleurs maghrébins de France nationale est une fédération qui regroupe plusieurs référents et des associations membres : ATMF Aix-en-Provence, ATMF Argenteuil, ATMF Bagneux, ATMF Gennevilliers, ATMF Nancy, ATMF Reims, ATMF Strasbourg, ATMF bassin houiller lorrain (BHL), ATMF Sens, ATMF Vauréal, Association des Mineurs et anciens mineurs Marocains du nord AMMN, CALIMA, Wachma.

Les coordonnées de nos associations sont disponibles sur notre site :http://www.atmf.org
Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre. 75018. Paris
Tel :01 42 55 91 82 / Fax : 01 42 52 60 61
national@atmf.org / www.atmf.org