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mercredi 2 janvier 2013

Le 1er janvier, expulsé "comme un chien"pendant les voeux de Hollande

-Par Marie Barbier, 1/1/2013

Exclusif: un jeune sans-papier expulsé "comme un chien" raconte

A 20 heures lundi, alors que le président François Hollande prononçait ses voeux aux Français pour la nouvelle année, Ahmed Sohail, 23 ans, en France depuis l’âge de 15 ans, était dans l’avion qui le ramenait de force vers le Pakistan. Il raconte.
Arrivé à 1h41 du matin à Karachi, le jeune homme a décrit son vol dans un message téléphonique que nous nous sommes procurés : «Ils m’ont renvoyé comme un chien, j’avais la bouche scotchée, les pieds attachés». Menotté dans le dos, Ahmed est escorté par quatre policiers. Visiblement déboussolé à son arrivée à Karachi - à plus de 1200 kms de son village natal près d’Islamabad - Ahmed ne cesse de répéter «Je ne sais pas quoi faire maintenant».
Le jeune homme est arrivé seul en France à 15 ans, via un passeur payé par ses parents. Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à ses 21 ans, il obtient un CAP plomberie et bénéficie d’un titre de séjour étudiant. Un employeur veut l'engager, mais finit par se désister face à la longueur de l’examen du dossier en préfecture. La suite est un long acharnement pour le renvoyer au Pakistan où il n'a plus aucune attache. "Même sous Sarkozy, on n’est jamais arrivé jusqu’à ce stade là", soupire Malika Chemmah, militante au Réseau éducation sans frontières (RESF).
Retrouvez l'intégralité de l'article dans l'Humanité de ce mercredi


samedi 10 décembre 2011

Persécutions racistes en milieu sportif ? Un jeune Ivoirien victime de multiples tracasseries , risque d'être renvoyé dans son pays

CISSE Adamah Abdoul, originaire de Côte d'ivoire, est venu en France sur invitation du club de foot de Gap et avec un contrat de travail en septembre 2009. Pendant plusieurs mois, le club de foot gapençais l'a fait jouer et entrainer les jeunes sans le payer. Le GAP HAFC s'était engagé à obtenir son titre de séjour et à régulariser sa situation.

Ne voyant rien venir, M CISSE a fait une demande lui-même à la préfecture en mars 2010. Le club de foot loin de le soutenir, le dénonçait et déclarait que M CISSE avait démissionné. M CISSE a alors essuyé un refus de séjour avec une Obligation de Quitter le Territoire Français.
Il a attaqué le club de foot aux prud'hommes et obtenu la reconnaissance de son statut de salarié du club, ce dernier a été condamné à lui verser ses salaires, conformément à son contrat de travail, ainsi que des dommages et intérêts. Le président du club de foot et son vice président, avocat du club ont expliqué, sans honte, pour se justifier, avoir fait un contrat de travail de complaisance à M CISSE.

Pendant que M CISSE tentait de retrouver sa dignité en France et de régulariser sa situation dans son pays d'origine, la Côte d'Ivoire, sa propre famille subissait des persécutions en raison de l'engagement politique de sa mère. Pendant la campagne électorale et pendant les événements qui ont suivi les élections, la maison familiale a été saccagée, sa famille menacée. Ils ont tous été contraint de fuir le pays, sa mère au Ghana, son père et ses sœurs au Mali.

En mars dernier, M CISSE saisissait la préfecture d'une nouvelle demande d'admission au séjour faisant valoir sa situation de victime du GAP HAFC et demandant la protection de la France face aux risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays.
Malgré cela la préfecture a de nouveau refusé la demande de titre de séjour de M CISSE et lui a refusé le droit de déposer sa demande d'asile dans le cadre normal estimant que sa demande était frauduleuse, énoncé pour faire échec à l'obligation de quitter le territoire français.
Il était alors placé en procédure prioritaire, autorisé à séjourner exceptionnellement quelques semaines le temps que sa demande soit examinée par l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA), sans droit au travail, sans ressources.

L' OFPRA a rejeté sa demande d'asile.

Son obligation de quitter le territoire était maintenue à l'issue de la réponse de l'OFPRA avec une possibilité de recours mais sans droit de rester sur le territoire pour se défendre.
Il a fait un recours auprès de la CNDA mais n'a plus de droit au séjour. M CISSE a déposé de nombreux recours gracieux auprès de Mme la Préfète mais sans rien obtenir. Il a fourni tous les documents prouvant les persécutions subies par sa famille, il a déposé le jugement des prud'hommes, fourni l'engagement d'un autre club prêt à l'accueillir dès qu'il aura sa carte de séjour, rien !

Mme la Préfète reste sourde à ses multiples demandes le privant même du droit minimal reconnu par l'Union Européenne de pouvoir accéder effectivement aux procédures lui permettant de voir son statut de réfugié reconnu ( Directive 2005/85/CE du Conseil du 1er décembre 2005) le privant de sa dignité de travailleur en refusant de lui reconnaitre sa qualité de victime exploité du Hautes Alpes Football Club de Gap.

Une fois de plus, l'employeur ne risque que peu tandis que M CISSE est renvoyé dans son pays.

Soutien :  Réseau Éducation Sans Frontière 05
resf05@laposte.net

mardi 15 novembre 2011

Un citoyen haut alpin est injustement accusé risque3 ans d'emprisonnement et 45000€d'amende

Par Réseau Éducation Sans Frontière 05(RESF05), Gap, 14/11/2011

Un citoyen haut alpin est injustement accusé "d'outrages, menaces et violences à agents de la force publique" suite à la mobilisation qui avait permis de faire respecter le droit au mariage d'un jeune sans papier à Aspres-sur-Buech en novembre 2010

IL RISQUE 
3 ANS  D'EMPRISONNEMENT
ET 45.000€ D'AMENDE.

Le Procureur de la République refuse, malgré les évidences, d'abandonner les poursuites. Toutes les personnes présentes à Aspres sur Buëch qui ont été entendues depuis par la gendarmerie ont unanimement témoigné de l'irréalité des faits reprochés à Joël et ont condamné les violences policières subies ce jour là.

Voila qu'un an après, alors que la situation de Farid est régularisée (l'enfant est né et se porte bien!), qu'il a reçu de la part de la préfecture des Hautes-Alpes une lettre lui souhaitant bienvenue en France, le Procureur de la République demande un complément d'enquête et re-convoque Joël à la gendarmerie, de Briançon cette fois.....

Cette enquête ne vise qu'à stigmatiser et à criminaliser l'action citoyenne, politique, militante et humaniste.

Nous, simples citoyens, militants associatifs, politiques ou syndicaux, nous déclarons solidaires de Joël BROCHIER.

Nous appelons l'ensemble des citoyens à un rassemblement le jour de la convocation de Joël, mercredi 23 novembre 2011 à 13h30, devant la gendarmerie de Briançon, (caserne Major Chandelier, 12 rue pasteur, 05100 Briançon) pour exiger l'arrêt immédiat des poursuites.

Un co-voiturage sera organisé le 23 novembre au départ de Gap entre 11h45 et 12h, Parking du Bocage , avenue Émile Didier, 05000 GAP.

resf05@laposte.net
RESF-05 / BP 111 / 05003 GAP CEDEX
n° de tél pour les urgences: 04 92 24 45 95

e-mail envoyé aux 3782 signataires de la pétition http://resf.info/P1877

mercredi 9 novembre 2011

URGENT : LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS EXIGENT DE LA DIGNITÉ

Par le collectif ci-dessous, 9/11/2011

La situation des jeunes migrants tunisiens arrivés en France après la révolution continue à s'empirer et devient alarmante. Ceux qui avaient pu obtenir un hébergement par la mairie de Paris ont été évacués le 31 aout 2011. Une partie d'entre eux ont bénéficié de l'aide complémentaire de la Mairie de 700 euros et sont rentrés en Tunisie, les autres qui n'ont pas reçu cette aide se sont rajoutés aux autres centaines et sont à la rue dans des situations encore plus précaires. L'arrivée de la saison froide rend leur situation plus inquiétante.

Le gouvernement français continue sa politique injuste et répressive contre les jeunes tunisiens sans papiers, il refuse de négocier avec les associations et les représentants des jeunes migrants pour fixer des conditions permettant un retour digne au pays pour ceux qui le souhaitent. Les demandes maintes fois répétées de formation professionnelle spécifique pour faciliter le retour et l'insertion sont ignorés avec mépris.
Étranglée financièrement la F.T.C.R. continue à apporter un accueil aux jeunes migrants tunisiens et à leur faciliter l'accès à un minimum de droits qui reste fondamentalement insuffisant : ouverture d'un café social "Passage Migrants au 158 rue de Charenton Paris 12ème et accueil juridique et sanitaire au siège.
Aussi pour éviter que la tragédie de Pantin ne se répète, et avant que la rigueur de l'hiver ne se répande, la F.T.C.R. répond à l'appel lancé par un certain nombre de jeunes migrants et demande à tous ses amis et partenaires : associations, syndicats et partis et organisations politiques françaises et tunisiennes de se mobiliser pour rompre la politique de mépris et de dénis du gouvernement français contre les jeunes migrants de la révolution tunisienne.
La F.T.C.R. appelle à un RASSEMBLEMENT

Le mercredi 9 novembre 2011 à 18H30 à Paris

Vers la Préfecture de Paris
PLACE du CHÂTELET
RASSEMBLEMENT POUR :
-  Aider les migrants qui le veulent à organiser leur retour vers la Tunisie dans la dignité.

-  L'ouverture immédiate de lieux d'hébergement d'urgence pour les jeunes migrants.

-  Octroi effectif à l'aide médicale d'urgence pour ceux qui ont font la demande

-  La régularisation des jeunes migrants arrivés en France à l'issue de la révolution tunisienne.

Signataires : F.T.C.R. – U.T.I.T. Ile-de-France – Tunisie Verte – A.F.A.D. - F.A.S.E. – A.T.M.F. –Vérité et Justice Pour l'Algérie – UNIT*S – A.C.O.R.T. – P.G.- P.C.F. – Le Manifeste des libertés – MOPAD France – Les Alternatifs – Collectif d'Ailleurs Nous Sommes d'Ici – Secrétariat International C.N.T. – E.E.L.V. – L.D.H. – P.C.O.F. – A.T.T.A.C. – A.D.T.F. – P.D.P. France – N.P.A. – Sortir du Colonialisme – A.M.F. –M.R.A.P. – C.E.D.E.T.I.M. – PARTENIA 2000 – F.A.S.T.I. – Association Tunisienne des Femmes Progressistes – Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – L.T.D.H. – Les Amis de Bouazizi – C.R.I. – U.J.F.P. – Elamel Tunisie – P.T.T. France

mardi 30 août 2011

France : Urgence, un toit !

Appel à l’initiative du collectif urgence un toit, 30/8/2011

En pleine période estivale le gouvernement a décidé de mettre en place une réduction de 30% du budget dédié à l’hébergement d’urgence, et ce en continuant de restreindre l’accès aux logements. Cette réduction conduit à la rue des milliers de personnes supplémentaires, dont de nombreuses familles.

Dans le même temps, l’état réduit de 10 à 25 % les budgets des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Ce désengagement entraine la fermeture de CHRS et en prive d’autres des moyens d’accompagner les personnes hébergées vers la réinsertion.

Déjà aujourd’hui, près de 700 000 personnes sont sans domicile personnel dont plus de 100 000 personnes à la rue. Aux sans abris de longue date, s’ajoute un nombre croissant de travailleurs pauvres.

Or, la rue, c’est le bannissement social et une condamnation à une mort lente en moyenne à l’âge de 45 ans, comme le démontrent de multiples rapports.

Le gouvernement, contrairement à ses obligations, refuse d’appliquer les lois sur l’accueil inconditionnel de toute personne sans abri et sur le relogement de toute famille reconnue prioritaire en vertu de la loi Dalo. Il refuse d’appliquer les autres dispositions qui permettraient de répondre aux urgences, notamment la mobilisation des locaux et logements vacants dans le contexte actuel de grave crise du logement, de cherté des loyers, et de spéculation immobilière.

Depuis le début de l’été, des salariés de l’urgence sociale, révoltés par l’impossibilité d’assurer leur mission, se sont mis en grève à deux reprises. Les familles sans abri, expulsées, ou prioritaires Dalos, ont installé des campements à Paris et en région parisienne cet été.

Malgré la répression policière, l’indifférence, le cynisme et le double langage du gouvernement, la détermination des laisséEs pour compte du droit au logement reste entière, et l’indignation des salariéEs de l’urgence sociale, du secteur social, de ceux et celles solidaires et des associations et organisations engagées, reste intacte.

La promesse du chef de l’État de ne plus laisser une seule personne à la rue est restée lettre morte. Pire, l’État ignore délibérément les lois protégeant les plus vulnérables, piétine et démantèle le travail social et ses missions d’intérêt général.

Nous, organisations solidaires et signataires, mal-logés et sans abri laissés pour compte, simples citoyens exaspérés par la duplicité des discours gouvernementaux, appelons à nous mobiliser, pour exiger :

- La mise en œuvre du droit à un accueil inconditionnel de toute personne sans abri, le déblocage des moyens budgétaires suffisant pour atteindre cet objectif, comprenant l’accueil, l’hébergement, si besoin l’accompagnement (notamment pour l’urgence et les CHRS), en attendant le relogement,

- Le respect de la loi Dalo avec le relogement dans les délais de tout les mallogés et les sans logis reconnus prioritaires,

- L’application de la loi SRU (et son obligation de création de 20% de logements sociaux dans chaque commune),

- La mobilisation/réquisition de plusieurs milliers de logements et locaux vacants appartenant à de grands propriétaires publics et privés,

- un moratoire sur les expulsions locatives,

- l’ouverture de négociations pour le relogement de toutes les personnes et familles en lutte installées dans différents campements en ile de France,

Nous appelons à la mobilisation la plus large possible partout en France le 3 septembre pour que le gouvernement réponde à ces exigences.

RENDEZ-VOUS 
LE SAMEDI 3 SEPTEMBRE A 14 H
A SEVRES-BABYLONE (SQUARE BOUCICAUT), 
M°12, PARIS 7E

http://collectifurgenceuntoit.over-blog.com

Les 1ers signataires :
Le D.A.L, le Collectif Des Sans Logis, la Coordination nationale de l’urgence sociale, le Mouvement solidaire des salariés du SamuSocial de Paris, Le Comité Action Hébergement Logement 94, Jeudi Noir, la Ligue des droits de l’Homme, Bagagérue, Réelengagement 95, SUD santé-sociaux, Solidaires, l’Union Syndicale de la Psychiatrie, Le collectif Rrom la Baraka, ATTAC, AITEC-IPAM, ATMF, SNUclias – FSU, CGT fonction publique, La Confédération du Planning Familial, Collectif de soutien aux migrants de Lampedusa, les Lutheuses de Rue
--


samedi 9 avril 2011

LA SOLIDARITE NE DOIT PAS DEVENIR UN DELIT !

Par RESF05, mars/avril 2011
Non à la criminalisation des actions citoyennes !
Le 10 novembre 2010, la Police de l'Air et des Frontières des Hautes Alpes tentait pour la seconde fois d'arrêter un jeune Algérien le jour de son mariage, à la Mairie d'Aspres-Sur-Buëch.
Le grand-père de la mariée, Armand GIANGRECO a agi comme l'aurait fait tout grand-père, en accompagnant sa petite-fille et son futur mari à la mairie.
Un militant de Réseau Éducation Sans Frontières et responsable syndical, Joël Brochier, a défendu le droit pour ce jeune couple de se marier, comme l'ensemble des personnes présentes (une soixantaine d'amis, citoyens et militants), dans une action pacifique et déterminée, devant une machine policière répressive pour qui être en situation irrégulière est un grave délit. Face à cette solidarité, les policiers n'ont pas hésité à faire usage de la violence, allant jusqu'à lancer des gaz lacrymogènes sur la foule et la mariée, enceinte de surcroît.
L'action pacifique de tous a permis aux époux de faire valoir leur liberté fondamentale et constitutionnelle de se marier.
Quatre mois plus tard, Armand GIANGRECO et Joël BROCHIER sont convoqués à la gendarmerie et interrogés dans le cadre d'une enquête préliminaire pour « outrages, menaces et violences à agents de la force publique ». Ils risquent 3 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende.
Ces accusations sont dénuées de tout fondement et jettent le discrédit sur les militants, citoyens, parents, amis, venus soutenir un jeune couple et son droit légitime au mariage.
Nous, simples citoyens, militants associatifs, politiques ou syndicaux, nous déclarons solidaires des deux du mariage d'Aspres-sur-Buëch.
Nous exigeons l'arrêt immédiat des poursuites contre ces deux personnes et contre toutes les personnes  poursuivies en raison de leur soutien aux personnes sans-papiers. Cette enquête ne vise qu’à stigmatiser et à criminaliser l'action citoyenne, politique, militante et humaniste.
Faire respecter un droit ne peut pas devenir un délit !
La pétition peut  être signé à l'adresse suivante :
Organisations signataires : Union syndicale SOLIDAIRES, NPA, PG,
Union Syndicale SOLIDAIRES05, CGT05, FSU05, CFTC05, SUD Education05, RESF05, NPA05, PG05, PCF05, Association Citoyenne du 15 mars, Solidarité Maroc05,PAGC-FASE05, LDH05, Union Syndicale Solidaires04 -83,
Premiers signataires : Annick COUPÉ (secrétaire générale de l'Union syndicale SOLIDAIRES,Brigitte Lafont (Comité exécutif SUD Education), Olivier BESANCENOT (Porte parole du NPA), Joël Giraud ( Député), Martin Billard (Député), Régis Blanchot (administrateur salarié de La Poste-SUD PTT), Jean-claude Eyraud (conseiller municipal Gap), Cécile Leroux (présidente PAGC05),

jeudi 24 mars 2011

La France fait la sourde oreille aux injonctions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

par l'Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers, 23 mars 2011
Les ressortissants ivoiriens se présentant aux frontières françaises pour y demander une protection continuent d’être refoulés vers le pays par lequel ils ont transité, alors que la Côte d’Ivoire reste le théâtre de violents affrontements depuis les élections du 28 novembre 2010.
Au moins quatre demandeurs d’asile ivoiriens ont ainsi été refoulés vers leur pays de transit, le Maroc, depuis le début de l’année 2011. Dans ce pays, ils se trouvent dans une situation d’absolue vulnérabilité - sans droit au séjour ni véritable protection. De plus, les autorités peuvent à tout moment procéder à leur renvoi vers la Côte d’Ivoire.
Pourtant, le HCR a recommandé le 21 janvier 2011 de suspendre tous les renvois de ressortissants ivoiriens vers leur pays, et l’Anafé a demandé aux autorités françaises de se conformer à cette recommandation dans un communiqué du 1er février intitulé « Réflexe d’inhumanité : la France renvoie des Ivoiriens vers leurs tortionnaires ».
Le 18 mars 2011, l’Anafé a saisi en urgence la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de la situation de M. Y, de nationalité ivoirienne, arrivé à l’aéroport de Marseille le 7 mars pour y demander une protection à la France.
Au regard du danger imminent, la CEDH avait enjoint aux autorités françaises de suspendre son renvoi forcé vers Casablanca. Le soulagement n’aura été que de courte durée: en dépit de cette décision, la Police aux Frontières a tout de même tenté de refouler M. Y dans les heures suivantes, prétendant n’avoir jamais été informée par le Ministère de l’Intérieur de la mesure de suspension.
Au mépris des principes du droit international, le Ministère aura donc ignoré pendant trois heures une injonction de la CEDH. Celle-ci note par ailleurs une recrudescence alarmante des requêtes de mesures provisoires au titre de l’article 39 de son Règlement, seule possibilité de suspendre en urgence un renvoi forcé et dangereux. Finalement le Ministère a décidé de libérer M.Y et de l’admettre sur le territoire français, faute de pouvoir le renvoyer dans son pays de provenance ou d’origine.
Ce grave incident éclaire non seulement sur le manque préoccupant de communication au sein de l’administration, mais également sur la détermination des autorités françaises à appliquer coûte que coûte une politique migratoire ferme et incohérente, au risque d’être parfois cruelle et inhumaine.
  • Déclaration du Président de la Cour européenne des droits de l’homme concernant les demandes de mesures provisoires (Article 39 du règlement de la Cour)
Face à une augmentation alarmante du nombre des demandes de mesures
 provisoires et à ses implications pour une juridiction déjà surchargée de travail,
le Président de la Cour, Jean-Paul Costa, rend publique la déclaration suivante.
Celle-ci rappelle aux Gouvernements et aux requérants (ainsi qu’à leurs
représentants) quel est le rôle approprié, mais limité, de la Cour en matière
d’immigration et de droit d’asile, et insiste sur leurs responsabilités respectives
quant à une pleine coopération avec la Cour.

mardi 15 mars 2011

OBSERVATOIRE DE L'ENFERMEMENT DES ETRANGERS


Invitation à la prochaine rencontre de l’OEE
le lundi 4 avril 2011, de 18h à 20h :
« Pratique médicale et questions de santé
dans les Centres de rétention administrative »
La rencontre aura lieu à la Ligue des Droits de l’Homme, 
salle Alfred Dreyfus.
LDH, 138-140 rue Marcadet, Paris 18ème, 
M12 Lamarck-Caulaincourt. 

Le projet de loi sur l’Immigration actuellement débattu au parlement s’attaque aux droits fondamentaux des personnes de nationalité étrangère, et notamment au droit au séjour et à la protection contre l’éloignement des étrangers atteints d’une maladie grave et résidant en France.
Après les restrictions d’accès à l’aide médicale d'État entrées en vigueur depuis le 1er mars, quelles seront les conséquences sur l’état de santé des étrangers placés en centre de rétention administrative ? Comment les médecins et les associations de défense des étrangers pourront-ils favoriser à l’avenir la continuité des soins pour les personnes atteintes de maladie grave et menacées de mort, faute de soins, en cas d’éloignement vers leur pays d’origine ?
Ces questions seront abordées lors de la prochaine rencontre de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers, avec les interventions du Dr Pascale Beaupère, médecin au CRA de Lyon-Saint-Exupéry, du Dr Patrick Spiess, médecin au CRA de Strasbourg-Geispolsheim, et la projection du film « Scènes de sorties, chroniques d’un centre de rétention » réalisé par AnnKo et Patrick Spiess, avec le concours de la Ville de Strasbourg et Action Sida Ville.

lundi 14 mars 2011

Cannes: Mohamed, sans papiers depuis 50 ans

Nice Matin, 28/1/2011
À 88 ans et après une vie de travail en France, Mohamed Elwardyi se retrouve sans papiers, sans retraite et sans assurance-maladie. Sa nièce en appelle au préfet pour le sortir de l’ornière.

Mohamed Elwardyi voudrait pouvoir rester en paix après cinquante ans de labeur sur les chantiers de France
Il ne peut pas vivre l’âme en paix et rumine des idées noires. Il n’a pas beaucoup d’argent mais là n’est pas le problème. Sa santé va bien aussi, et, à 88 ans, il pose encore du carrelage dans le voisinage pour gagner quelques sous et rester actif. Mais quelque chose mine le moral de Mohamed Elwardyi, qui vit chez sa nièce à La Bocca.
Il n’a plus de papiers d’identité, ne peut pas toucher sa petite retraite, ne bénéficie pas de la sécu, et il ne peut pas sortir du territoire français. Quand son fils unique est mort, il n’a pas pu aller à l’enterrement, là-bas au Maroc dont il est originaire. Et ça fait maintenant 23 ans qu’il n’a pas revu sa femme restée au pays. C’est tout cela qui brise le cœur du vieil homme et, s’il n’était endurci par une vie de labeur sur les chantiers, les larmes inonderaient ses joues. « Il déprime, il commence à parler de suicide. Il voudrait juste retourner une fois au Maroc et finir sa vie ici en paix » confie sa nièce, Zora Benhida.
Question de dignité aussi, car Mohamed Elwardyi est un de ces travailleurs immigrés de première génération qui sont venus en France prêter leurs bras aux entreprises du bâtiment. Il est arrivé à Nice en 1957. Il avait 34 ans. Plâtrier carreleur, maçon, il a travaillé toute sa vie avec des titres de séjours provisoires, des feuilles de paye aléatoires, parfois erronées ou fantaisistes. Il a aussi été artisan quelques années avant de faire faillite, plombé par un gros client insolvable.
L’administration a toujours été compliquée pour cet homme qui pendant longtemps ne savait guère lire et encore moins écrire le français. Mais il a toujours eu l’essentiel, du travail. « Je gagnais bien ma vie. Mieux qu’un ministre ! À l’époque en France, c’est l’ouvrier qui manquait, pas le docteur » raconte-t-il avec un sourire qui ride à peine son visage encore étonnamment lisse. Ses mains épaisses, son dos un peu courbé, racontent pourtant que Mohamed Elwardyi a beaucoup travaillé. Jusqu’à 84 ans, revendique-t-il avec fierté. À Nice, à Paris, à Toulouse et enfin à Cannes depuis1992. Aujourd’hui, il est toujours ressortissant marocain et à 88 ans, après avoir longtemps négligé les formalités, il espérait bien toucher la petite pension de 80€ par mois validée récemment par la CRAM sur la foi de ses feuilles de paye valides. Juste de quoi dédommager un peu sa nièce pour son hébergement.
Je sais bien que c’est ma faute ”
Seulement, voilà, il a perdu ses papiers, qui d’ailleurs étaient tous périmés. Carte d’identité, passeport marocain et titre de séjour. Il n’a plus de justificatifs pour demander de nouveaux documents au Maroc et l’administration française est devenue très tatillonne. « J’ai passé toute ma vie en France, je n’ai jamais touché un centime du chômage ou de la sécurité sociale. Rien de rien, même quand j’ai été blessé sur les chantiers. Et je me retrouve comme un clochard. Je sais bien que c’est ma faute, j’aurai dû m’occuper des papiers avant » s’accuse-t-il. Sa nièce, qui a multiplié les démarches pour le sortir de l’ornière, en appelle maintenant au préfet. « Je voudrai voir M. le préfet pour lui dire que mon oncle est un honnête homme et qu’il ne demande pas grand-chose. Juste une carte de résident pour qu’il puisse finir sa vie sereinement. »

vendredi 4 mars 2011

Solidarité avec les étrangers en grève en centre de rétention de Vincennes






Communiqué de presse
Par le « Collectif Vigilance Paris 12e pour les droits des étrangers/RESF », 3/3/2011
Le collectif se déclare totalement solidaire des étrangers enfermés dans le centre de rétention de Vincennes, en grève de la faim depuis 9 jours.
Nombre d’entre eux sont originaires des pays arabes en révolution ou proches de cet état : Tunisie, Égypte, Libye, Algérie, Maroc.

Avec les grévistes, nous exigeons :
• la cessation immédiate du chantage de la suppression des visites en cas de poursuite de la grève de la faim.
• le respect de leur dignité et de leurs droits en particulier l’accès aux soins et la possibilité de voir un médecin,
• l’arrêt de toutes les violences, les brimades, et les menaces à leur encontre,
• la suspension de signature des laisser passer des consulats des pays arabes en cours de révolution.

Le « Collectif Vigilance pour les droits des étrangers-RESF-Paris 12ème » :
- Exige l’arrêt de toutes les expulsions
- Demande la fermeture de tous les CRA
- Appelle à une
Présence solidaire devant le centre de rétention de Vincennes, 
 samedi 5 mars 2011 à 15h
RER A2: Joinville le Pont
Collectif Vigilance Paris 12e pour les droits des étrangers/RESF
contact : bureau@collectif12.com http://www.collectif12.com/ Tel 06 45 25 95 95