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mardi 14 mars 2017

Bruno Le Roux, hier solidaire des enfants de sans-papiers, aujourd’hui leur bourreau



Lettre ouverte à Bruno Le Roux, hier solidaire des enfants de sans-papiers, aujourd’hui leur bourreau

Monsieur le Ministre,
Vous êtes en train de faire expulser Brahim TOUNKARA vers le Mali. Au-delà du fonctionnement « normal » de vos services, votre responsabilité personnelle est engagée : j’ai appelé votre cabinet, le secrétariat de votre conseiller immigration Emmanuel CAYRON puis votre directeur de Cabinet Jean-Luc NEVACHE.
 J’ai fini par pouvoir m’entretenir avec un chargé de mission, M. ROUGIER. Je vous ai également envoyé un sms, au numéro de portable auquel il m’est arrivé plusieurs fois de vous alerter sur des expulsions particulièrement honteuses… mais vous n’étiez pas encore ministre.
Brahim TOUNKARA vit en France depuis 15 ans (2001), sa femme Coumba KONTE l’a rejoint en 2010. Ils ont deux enfants, Noukhoussa, trois ans et demi, scolarisé en maternelle aux Ulys (91) et Boubou deux ans. Ils attendent un troisième enfant. Je veux croire que vous mesurez la dévastation de la situation de cette jeune femme et de ses enfants, conséquence de votre décision. 


mercredi 1 février 2017

RESF : situations dramatiques dans les Hautes Alpes

Aux signataire de ce manifeste ou œuvre pour lasolidarité :

Nous vous proposons de nous réunir le jeudi 2 février à 18H30 au (petit
saloon? ou ....) pour voir les différentes actions que nous pourrions
mener dont un grand rassemblement le vendredi 10 février 2017 à Gap.

La date du 10 février correspond à la date du délibéré du procès de
Cédric Herrou, agriculteur solidaire et militant jugé à Nice pour "aide
à l'entrée, à la circulation et au séjour d'étrangers en situation
irrégulière".

Si RESF se mobilise c'est parce qu'il est aussi témoin de situation
dramatiques concernant les enfants dans le département des Hautes-Alpes
(voir ci-dessous) et qu'il est partie prenante et solidaires du
soutien qui leur est apporté.

Manifeste et un point des situations préoccupantes
dans les Hautes-Alpes

Plusieurs « catégories » de personnes laissées dans la précarité ou
plongées dans la précarité par le refus de délivrance de titre de séjour :

1/ Le couperet des 18 ans : dur d’être un ado quand 18 ans signifie un
refus de titre de séjour et un ordre de quitter le territoire. Sans titre de
séjour, pas de possibilités de passer des examens. Plusieurs jeunes sont
dans cette situations et scolarisés à Paul Héraud, au lycée Sévigné.

2/ Les enfants de parents dont l’un a une pathologie de longue durée. Le
parent malade a un titre de séjour et le droit de travailler, le parent en
forme n’a ni l’un ni l’autre… puis le parent malade perd aussi son titre au
moment du renouvellement. D’abord, la préfecture entretient la précarité
en ne donnant le titre avec autorisation de travail qu’à la personne
malade, puis achève son travail de précarisation des familles en bloquant
tout. Comment les enfants peuvent poursuivre sereinement leur scolarité
dans ces conditions ?
Une famille a connu la violence de cette situation cette automne, 2 autres
sont en attente de la réponse de leur renouvellement de titre.
Écoles concernées : PEV, Collège Mauzan et centre, Anselme Gras.

3/ Les enfants de femme isolée : malgré le parcours de ces femmes dans
leur migration, les violences subies, la préfecture refuse toujours de leur
délivrer un titre de séjour. Elles se retrouvent seules, sans aucun droit, à
élever des enfants, souvent nés en France, dans des conditions très
difficiles, sans perspective autre que les 4 murs d’une minuscule chambre
d’hôtel.
4 femmes sont dans cette situation. École de Beauregard, La Gare,
Anselme Gras, Lycée Sévigné.

4/ Les familles qui ont le tort de ne pas avoir été acceptées par la
procédure asile, très restrictive en France. Elle se retrouvent sous la
pression constante des autorités avec : refus de titre de séjour, ordre de
quitter le territoire, interdiction de retour sur tout l’espace Schengen,
pointage au commissariat, prise de photos d’identité de force au
commissariat,
Les enfants sont scolarisés depuis plusieurs années, ont des copains mais
subissent tous les jours les violences que leurs parents vivent
quotidiennement dans la criminalisation de leur situation.
Ecoles concernées : PEV, Pasteur, la Gare, Collège Mauzan,
--
RESF05
Réseau éducation sans frontière dans les Hautes Alpes


https://www.mediapart.fr/journal/france/290117/croquis-la-grande-lessive-des-primaires?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66
Sur le web : Hamon : "Président, j'abrogerai la loi travail"
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lundi 2 mai 2016

Après douze jours à l’aéroport de Roissy, Ibrahim, 8 ans, va pouvoir rester en France


Maryline Baumard, LE MONDE 1/5/

A 8 ans, Ibrahim vient de passer douze jours enfermé dans un appartement, entouré de barbelés, au bout d’une piste de l’aéroport de Roissy. Après trois passages devant un juge et un refus d’embarquer vers les Comores vendredi matin 1er avril, il a finalement pu rejoindre, en fin de journée, l’appartement de sa grand-tante, à qui il a été officiellement confié.

Ibrahim se souviendra sans doute longtemps de ces premiers jours en France. Lundi 21 mars, le garçon, qui vient de parcourir seul les 8 000 kilomètres qui séparent les Comores de la France, atterrit à Roissy. Sa grand-tante, qui vit ici, est venue en famille l’accueillir. Elle ne le verra pourtant pas car le passeport français qu’Ibrahim présente à la sécurité ne convainc pas la police aux frontières.
Et pour cause, le passeport qu’il présente est celui de son cousin qui a trois ans de moins que lui. Le garçon est emmené directement sous bonne escorte en zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI). Un lieu carcéral, entre la zone de fret et une piste de l’aéroport, où il partage l’espace pour mineurs avec deux jeunes de 16 et 17 ans.

Sa grand-tante a prêté le passeport

La ZAPI de Roissy est la plus fréquentée des 67 que compte le pays. En 2014, elle a reçu à elle seule 80 % des personnes qui n’ont pas été autorisées à entrer sur le territoire à la descente de leur avion ; soit 8 931 personnes. Les gares internationales, les ports et les aéroports, ont chacun la leur. Globalement, 57 % de ceux qui y sont envoyés sont refoulés.

lundi 4 janvier 2016

Emprisonné, persécuté, Souleymane ne doit pas être expulsé

---------- Message transféré ----------
De : SNUipp-FSU 83 - Var <snu83@snuipp.fr>29/12/2015

Mineurs isolés étrangers (MIE)
Le scandale des tests osseux continue.
Pour lecture, action et diffusion dans vos réseaux.


De: "RESF INFO" <resf.info@resf.info>
À: "resf. info" <resf.info@rezo.net>, resf-adminsite@rezo.net


Souleymane Kone est le 6e mineur isolé étranger transféré de la maison d'arrêt de Caen au CRA de Rennes. Comme à Lyon, les mineurs, déclarés majeurs après les tests osseux, sont déférés en comparution immédiate et condamnés à la prison ferme.

Souleymane est né le 16/01/98 en Côte d'Ivoire. Il a 3 documents d'état civil attestant de son identité et son âge, il n'a pas 18 ans.

Il est arrivé à Caen en novembre 2014, à 16 ans et 10 mois. Il a été pris en charge pendant 9 mois par le Conseil Départemental du Calvados, jusqu'à l'été dernier dans un hôtel, puis le Juge pour enfant a demandé sa prise en charge effective.

Pendant cette période Souleymane a bénéficié de cours de remise à niveau. Suite à la disparition de ses parents, il avait été contraint de quitter l'école à l'âge de 11 ans en Côte d'Ivoire. Il s'est également inscrit dans un club de foot et s'est fait rapidement des amis. Tout allait bien, il devait débuter un CAP cuisine le 24 septembre...

Arrestation et condamnation

Le 24 septembre, il est arrêté à son domicile. Il subit les tests osseux qui le déclarent majeur, puis il est placé en garde à vue pour "détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs, déclaration fausse ou incomplète pour obtenir d'une personne publique ou d'un organisme chargé d'une mission de service public une allocation, une prestation, un paiement ou un avantage indu".

Souleymane est aussitôt placé en détention provisoire et jugé le 22 octobre 2015. Il est condamné à 2 mois de prison ferme et 22 686 € d'amende (remboursement de sa prise en charge) !

Une OQTF (obligation de quitter le territoire) lui est notifiée en détention le 17 novembre 2015, sans lui expliquer les voies de recours. Le 24 novembre, Souleymane est transféré au CRA de Rennes directement à sa sortie de prison. Il est trop tard pour contester l'OQTF, l'expulsion vers la Côte d'Ivoire est donc exécutoire, sans que Souleymane puisse faire valoir ses droits devant le juge administratif.

L'enfermement continue...

Souleymane est présenté le 27 novembre devant le Juge des libertés qui prolonge sa rétention de 20 jours en attendant la position du consulat ivoirien sur l'authenticité de ses documents. Si les documents sont déclarés vrais, le juge s'engage à provoquer une nouvelle audience en urgence pour ordonner sa remise en liberté.

La présentation consulaire se déroule le 3 décembre. Souleymane est très optimiste, confiant dans les autorités ivoiriennes qui lui ont délivré ces documents. Considérés comme faux, ils sont toujours conservés par la PAF et ne seront même pas produits devant le consulat !

Souleymane est très vulnérable. Il supporte mal l'enfermement et la cohabitation avec les autres retenus.

Le 17 décembre, il est prolongé pour la seconde fois de 20 jours supplémentaires en rétention. Cela fait maintenant près de 3 mois que Souleymane est enfermé (2 mois en prison + 1 mois en rétention). Il n'en peut plus, il veut que ça s'arrête...

Désespéré le jeune Ivoirien tente le 19 décembre de mettre fin à ses jours au CRA. Il est transféré à l'Hôpital psychiatrique Guillaume Régnier de Rennes.

Hospitalisé mais toujours menacé d'expulsion

Suite à une requête de la Cimade par rapport au non-respect des droits de Souleymane depuis son hospitalisation, une nouvelle audience devant le JLD a lieu le 24 décembre.

Le juge maintient Souleymane sous le régime de la rétention. Il est retourné à l’hôpital, mais il reste sous la menace d'une expulsion, si un laissez-passer est délivré par les autorités ivoiriennes avant le 8 janvier.

Cette situation est insupportable pour lui, il est dans une grande détresse. La criminalisation des mineurs isolés étrangers doit cesser.


Préfecture de Seine-Maritime
Téléphone : 02 32 76 50 00
Fax  : 02 32 76 54 53
Fax service des étrangers  : 0232765456
Secrétaire général  : yvan.cordier@seine-maritime.pref.gouv.fr
Chef du service de l’immigration  : chantal.gys@seine-maritime.pref.gouv.fr

Sans oublier là où se prennent réellement les décisions :
Elysée
Secrétaire général : jean-pierre.jouyet@elysee.fr
Directeur de cabinet : thierry.lataste@elysee.fr
Secrétaire g-al adjoint : boris.vallaud@elysee.fr

Matignon
Chef de Cabinet sebastien.gros@pm.gouv.fr
Ministère de l'Intérieur :
Conseiller immigration : raphael.sodini@interieur.gouv.fr



_______________________________________________
Resf.info@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf.info


Pour ne plus recevoir de mails de cette liste , cliquez sur le lien ci-dessous et saisissez votre adresse e-mail : http://list.snuipp.fr/cgi-bin/mailman/listinfo/snu83_synd

samedi 4 avril 2015

RSF appelle à la libération de Hicham Mansouri

Reporters sans frontières


RSF appelle à la libération de Hicham Mansouri


Publié le 3/4/2015

Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète des irrégularités dans le procès de Hicham Mansouri, chargé de projet à l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI) condamné à 10 mois de prison ferme pour “complicité d’adultère”. Derrière cette condamnation, c’est l’association de défense des droits de l’homme qui pourrait être visée.
Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, plusieurs irrégularités ont entaché, le 30 mars 2015, le procès de Hicham Mansouri condamné à dix mois de prison ferme et 40 000 dirhams (3 800 euros) d’amende pour « complicité d’adultère », conformément aux articles 490 et 491 du code pénal marocain.
Arrêté le 17 mars à son domicile à Rabat par au moins dix policiers en civil, sans qu’aucun mandat d’arrêt ne lui soit présenté, le chargé de projet de l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI) a été déshabillé et passé à tabac avant d’être conduit à un poste de police. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé la violence de son interpellation.
Lors des premières vingt-quatre heures suivant son arrestation, il n’a pu entrer en contact avec ses avocats. Le lendemain, il a été présenté au parquet qui a décidé de le poursuivre pour « adultère et préparation d’un local pour la prostitution ». Selon la FIDH, le juge aurait refusé d’entendre les témoins appelés par la défense tandis que les preuves présentées par le parquet ne suffisaient pas à établir l’infraction.
“Reporters sans frontières condamne fermement l’arrestation et la condamnation arbitraire de Hicham Mansouri et demande sa libération immédiate et inconditionnelle” déclare Lucie Morillon, directrice des programmes de RSF.
Le président de l’AMJI, Maâti Monjib, a qualifié cette affaire de “procès politique”. Selon lui, les autorités s’acharnent sur Hicham Mansouri pour affaiblir l’association qui œuvre en faveur des droits de l’homme. Il ne fait aucun doute, pour lui, que c’est l’association qui est visée.
Les autorités marocaines suivent de près les journalistes, médias et organisations qui travaillent sur des sujets sensibles. L’Association marocaine du journalisme d’investigation, créée en 2011 pendant le « Printemps arabe » pour promouvoir la liberté d’expression, le journalisme d’enquête et le droit à l’information, n’y échappe pas. Selon nos sources, ses activités sont systématiquement interdites depuis septembre 2014. Pour rappel, une rencontre sur le journalisme d’investigation à l’initiative de la fondation allemande Friedrich Naumann prévue le 22 janvier 2015 avait été empêchée dans les locaux d’un hôtel à Rabat par les autorités sans aucun motif.
Le Maroc figure à la 130e place (sur 180) du Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

CLASSEMENT MONDIAL

jeudi 9 janvier 2014

Communiqué RESF : POUR QUE 2014 NE SOIT PAS LA SUITE DE DIX ANNEES DE SARKOZYSME


Par RESF, 10/1/2014

En novembre, Manuel Valls avait donné aux préfets la consigne orale de suspendre les expulsions d’enfants scolarisés. C’était la  suite de l’émotion et des manifestations lycéennes provoquées par l’expulsion d’un lycéen, Katchik, l’arrestation en pleine sortie scolaire de Léonarda, puis l’expulsion de toute la famille par avion spécial. 
 Mais, chassez le naturel, il revient au galop : à l’approche des fêtes, il leur demandait de « mener à bien (!!) tous les éloignements de familles avec enfants scolarisés ou de jeunes majeurs ».

Profitant des vacances de Noël, le préfet de la Creuse, un certain Christian Choquet, a donc fait arrêter le 30 décembre à 6 heures du matin une famille arménienne avec trois enfants scolarisés, dont un petit handicapé. La classe ! Ils ont été sur le champ expulsés en Russie.

De tels faits, que la gauche considérait comme intolérables sous Sarkozy, le sont tout autant sous Hollande. Ils accréditent, une fois de plus, le constat qu’en matière d’immigration, ce gouvernement mène une politique qui, ne présente aucune rupture majeure avec celle de la droite qui l’a précédé.

Du Sarkozy aménagé à la marge
Le gouvernement ne veut pas prendre de décisions claires sur l'immigration, il laisse Manuel Valls proférer des propos racistes sur les Roms sans que le chef de l’Etat ou celui du gouvernement les condamnent.
Le gouvernement se targue d’avoir abrogé la circulaire Guéant interdisant aux étudiants étrangers diplômés de travailler, d’avoir réduit le nombre d’enfants placés en rétention… sans toutefois en interdire le principe contrairement aux engagements du candidat Hollande, d’avoir augmenté de 10% le nombre des naturalisations… qui avait diminué de 40% sous Sarkozy ..
Le ministre affiche 16 000 régularisations de plus, pour l’essentiel, des parents d’enfants scolarisés. Mais la circulaire Valls du 28 novembre 2012 n’a ouvert pour la majorité des travailleurs sans papiers et des jeunes scolarisés, presque aucune possibilité d’obtenir un titre de séjour, ni maintenant, ni jamais.
Rien n’indique de la part de François Hollande une volonté de réformer en profondeur le code du séjour des étrangers et des demandeurs d’asile (CESEDA) pour permettre de régulariser ceux qui vivent parmi nous, diminuer la précarité des titres de séjour, améliorer l’accès aux droits, élargir le droit d’asile, garantir les possibilités de recours… Des réformes qui risquent de passer aux oubliettes comme le droit de vote des étrangers aux élections locales ou la délivrance d’un récépissé lors des contrôles d’identité.
Il ne s’agit pas que de chiffres. En l’absence de tout discours et projet novateur sur l’immigration,  la gauche au pouvoir aboutit à ancrer dans l’opinion l’idée qu’il n’y a qu’une politique possible : celle mise en place par Sarkozy et Guéant, poursuivie par Hollande et Valls. Si les mots peuvent changer, si des aménagements à la marge se font, le cœur de la politique du pays, les procédures, les objectifs, demeurent, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.

Manuel Valls injurie l’avenir.
La faute politique  de ce gouvernement va en outre bien au-delà des drames qu’il inflige et des désillusions qu’il occasionne :
- Il fait le choix du repli sur soi, de la méfiance vis-à-vis de l’autre, dans 
un monde qui exigerait ouverture et promotion des droits, circulation des
 hommes et des idées.
- il offre par avance une justification imparable à toutes les mesures, y compris les pires, que prendra la droite revenue au pouvoir. Des années durant, les politiciens de droite ont utilisé, en la tronquant, la fameuse phrase de Michel Rocard « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde « .  Ceux de demain ne manqueront pas de ressasser « Comme le disait très justement Manuel Valls, les Roms ne sont pas intégrables » ou « comme l’affirmait à juste titre Manuel Valls, le regroupement familial n’est pas un tabou », etc.
C’est dire combien il est urgent et important que se produise la rupture, souhaitée par nombre de ceux qui ont voté François Hollande, avec la politique de Sarkozy.


lundi 29 juillet 2013

France : Enfants en rétention: la parole de François Hollande non tenue




Récit des exploits honteux commis à l'encontre des familles sans papiers par la volonté de Nicolas Sarkozy et, hélas de son successeur aussi

Lettre à François Hollande, président de la République mais aussi à quelques ministres et à quelques élus qui, jadis, il y a un peu plus d’un an, n’auraient pas laissé faire

Riyad et Ramyi, les deux enfants pleurant derrière les grilles du centre de rétention de Saint Jacques de La Lande  près de Rennes ont respectivement 3 ans et demi  et  2 ans et demi. Ils sont les emblèmes d’une politique hypocrite et inhumaine. Celle sur laquelle vous fermez les yeux.
Ces deux enfants sont enfermés avec leurs parents depuis le 21 juillet. Ils sont tchétchènes, région troublée s’il en est, sur laquelle on se lamente beaucoup dans les discours officiels et dont on plaint beaucoup les habitants… à condition qu’ils restent au loin. On ne connaît pas les détails de l’histoire des parents Mejidov. On sait seulement qu’ils sont demandeurs d’asile, et que plusieurs de leurs proches sont réfugiés en France, ce qui laisse à penser que leur demande n’est pas dénuée de fondement, les violences s’exerçant souvent sur la famille au sens large. Les autorités françaises ne le contestent d’ailleurs pas : elles appliquent un texte européen (Accords Dublin II, dont vous avez-vous-mêmes souvent dénoncé les effets dévastateurs), selon lequel les demandeurs d’asile doivent déposer leur dossier dans le premier pays par lequel ils entrent dans l’Union européenne, le plus souvent la Pologne pour les Tchétchènes.  Ce qui permet au gouvernement de proclamer dans ses discours son indéfectible  attachement aux droits de l’Homme, en Tchétchénie en particulier et, dans le même temps, de renvoyer des Tchétchènes, parents et enfants, en Pologne où ils sont souvent emprisonnés avant d’être réexpédiés en Tchétchénie. Un peu d’hypocrisie, peut-être ?
Même s’il est probable que les jeunes vies de Riyad et Ramyi n’ont pas été que de miel et de roses, les conditions de leur séjour en France ces dernières semaines ont dû leur enseigner qu’ils n’avaient pas gagné le paradis en arrivant à Nantes, en février dernier.

Comme de nombreux demandeurs d’asile, ils ont commencé par plusieurs semaines d’errance entre la rue et le 115. Éclaircie en avril : la famille obtient un hébergement stable en hôtel qui permet de scolariser Riyad. Mais, début juillet, la préfecture entreprend « d’appliquer la loi ».  En apparence, c’est neutre, c’est légitime, c’est même un devoir. C’est la loi de la République, elle s’applique à tous, se gargarise Valls. A voir ! D’abord parce que les états ne sont pas obligés appliquer rigoureusement les accords de Dublin et peuvent toujours autoriser le dépôt de demande d’asile sur leur territoire. Mais aussi et surtout parce que ces lois sont discriminatoires puisqu’elles ne s’appliquent qu’à certaines catégories de population, les étrangers ! 

« En application de la loi » donc, les parents Mejidov sont assignés à résidence et leurs enfants avec eux. Une convocation leur est adressée pour un vol à destination de la Pologne le 11 juillet. Naturellement, ils n’y défèrent pas : ils ont fui leur pays, ils ont traversé toute l’Europe dans les conditions qu’on imagine et on voudrait qu’ils soient volontaires pour rentrer !  
Le 21 juillet à 7h du matin, une vingtaine de policiers font irruption dans leur chambre d’hôtel, réveillent brutalement  le couple et les deux jeunes garçons. On rassemble en hâte quelques bagages, tous sont embarqués vers le commissariat de Nantes, puis vers le CRA de Rennes.  « L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer » assurait François Hollande.
Le lendemain, nouveau réveil brutal par la police aux frontières, à 4 heures du matin, cette fois pour être conduits à l’aéroport. Hurlements des parents, des enfants aussi on suppose, qui refusent d’être embarqués. Menaces des policiers qui finissent par renoncer provisoirement : la prochaine fois, on utilisera la force.  « L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer ».
L’arrestation au petit matin par des dizaines de policiers, le transport dans des véhicules de police, le commissariat, les grillages du centre de rétention, les cellules, les uniformes, la tentative d’embarquement, les hurlements, le stress et, pour finir, l’expérience du tribunal. Le tribunal administratif pour commencer qui « en application de la loi », maintient tout le monde en prison puis le Juge des libertés et de la détention qui fait de même le 26 juillet, le représentant de la préfecture assurant avec une belle inconscience : "En refusant de suivre l'escorte à l'aéroport, les parents ont prolongé la rétention des enfants". 

Dans une lettre au RESF du 20 février 2012, le candidat François Hollandeécrivait : « Je serai à cet égard particulièrement attentif au sort des enfants. Sur ce point, je prends un engagement : celui de refuser la rétention des enfants. […] L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer ».  Il a manqué à sa parole.
Riyad et Ramyi Mejidov en prison depuis une semaine, maltraités, trimballés de commissariat en tribunal, réveillés à l’aube, témoins des menaces et des pressions sur leurs parents, en sont la preuve comme la vingtaine, au bas mot,  d’enfants passés par les CRA depuis un an.
Car, si le ministre Valls signait bien le 6 juillet 2012 une circulaire conseillant aux préfets de préférer l’assignation à résidence au placement en rétention des familles, le texte, visiblement rédigé par les hauts fonctionnaires mis en place par Sarkozy, prévoyait tant de dérogations et d’exceptions qu’en définitive seuls les enfants dont les parents sont volontaires pour  être expulsés sont assurés d’échapper au centre de rétention.  

Au-delà même de la question des enfants en rétention, cette affaire illustre une certaine conception des principes et dela politique. Quand en 1981, FrançoisMitterrand et RobertBadinter abolissent la peine de mort, ils le font au nom de principes, alors même qu’ils sont minoritaires dans le pays sur cette question. S’ils avaient fait du Valls, ils auraient aboli la peine de mort sauf dans le cas où et celui où, à la condition que, si toutefois. Bref, ils n’auraient pas eu le courage d’abolir la peine de mort tout comme, en réalité, Hollande et Valls n’ont pas eu le courage de supprimer la rétention des enfants ni celui de revenir sur 10 ans de Sarkozysme en matière d’immigration.

Vous le savez, et nous connaissons assez certains d’entre vous pour savoir aussi que vous le regrettez sincèrement. Plusieurs d’entre vous ne nous le cachent pas. Vous voulez des noms ?
Pourtant, la question n’est pas de le déplorer in petto, ni même de nous dire à demi-mot votre désaccord. Elle est, sur cette question comme sur tant d’autres, de trouver le courage d’affirmer publiquement que la seule politique possible n’est pas celle menée par Sarkozy, à quelques aménagements près. Répéter, comme le fait Valls, vouloir procéder à autant d’expulsions que Guéant et ne pas régulariser plus que lui revient à valider la politique de ses prédécesseurs. C’est ancrer dans l’opinion l’idée qu’à quelques nuances près dans le discours (et il est vrai que, sauf sur les Roms, le discours a évolué), la seule politique possible est celle mise en œuvre aussi bien par la droite que la gauche. Le risque est que le Front national en soit le grand bénéficiaire. 
Richard Moyon (RESF)

samedi 16 mars 2013

Florina, bébé rrom de 7 mois séparé de sa maman une deuxième fois ; expulsion de Rroms à Vimeux


"Ne parlons plus de la France comme pays des droits de l'homme." 

Un bébé Rom de 7 mois arraché brutalement au sein maternel, Valls récidive !
 Par RESF Urgent et important
Il ne fait décidément pas bon d'être un bébé Rom de nos jours en France.... Florina n'a que 7 mois mais a connu déjà deux épisodes douloureux de séparation d'avec sa mère qui la nourrit au sein. Une première fois à la fin de l'année 2012 dans les mêmes circonstances : contrôlée à Gare du Nord, le préfet de police place la mère de Florina en rétention sur la base d'une Obligation de Quitter le Territoire Français en date de juillet 2012, soit antérieure à la naissance de sa fille.  

Depuis vendredi 8 mars, alors que nous célébrons la journée de la femme, Florina et sa mère Florentina souffrent de nouveau psychologiquement et physiquement de cette séparation arbitraire causée par une politique du chiffre qui consiste à expulser n'importe qui, n'importe comment, sans se soucier le moins du monde de l'intérêt supérieur de l'enfant qui doit pourtant prévaloir dans toutes les décisions administratives comme indiqué dans la Convention Internationale des droits de l'Enfant, ratifiée par la France. C'est d'ailleurs à ce titre que Florentina avait pu être libérée sur décision préfectorale, le 28 décembre dernier. 

Alors pourquoi trois mois après, les mêmes horreurs se reproduisent-elles contre cette maman et son bébé ? Florina refuse les biberons que lui donne son père depuis 3 jours. Remettre en liberté cette maman est une question de bon sens, rien de plus car il y va de sa santé et de celle de son enfant.

Pour protester auprès des responsables de si glorieux faits :
Préfet de police de Paris : Bernard BOUCAULT

 A l'Elysée :
Secrétaire général :
pierre-rene.lemas@elysee.fr

 Directrice de cabinet :  sylvie.hubac@elysee.fr 

Matignon : premier-ministre@cab.pm.gouv.fr

A l'Intérieur :
Dircab thierry.lataste@interieur.gouv.fr
Conseiller yves.colmou@interieur.gouv.fr

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  Trois jours plus tard...

Témoignage d'une expulsion à Vimeux


"Nous étions sur place à Vigneux avec Marie-France Rivasseau, Robi et moi vers 6h30 hier matin et nous avons assisté aux expulsions ; nous ne commenterons pas cette horreur maintenant terriblement ordinaire, regardez la vidéo ci-jointe de Christian.


UNE VIDEO DE CHRISTIAN IONASCU DE L'ASEFRR* sur l'expulsion des familles ROMS DU11 MARS 2013

Merci à lui pour ces images superbes ..... et TERRIBLES à la fois. A voir absolument !
http://www.youtube.com/watch?v=DdoS2Sd4v_8

  Sachez seulement que ces scènes étaient insupportables à de vieux militants pourtant aguerris. Ne parlons plus de la France comme pays des droits de l'homme.  Mais surtout sachons qu'elle avait ce 11 mars le visage de cette policière rencontrée hier aux aurores: encore plus agressive que ses collègues masculins, aboyant, ameutant ses hommes, elle poussait rageusement sans vague à l'âme, hors de leur logis, une jeune femme et son petit enfant, pressée qu'elle était, de le détruire et de les expulser ! La Croix Rouge était là. Des jeunes gens bien propres sur eux, agréables à regarder. Mais pourquoi étaient-ils là ? Pas un moment ils n'ont donné la main à un enfant, aidé à porter un bagage, empêché de tomber dans la boue, partagé un café. Leur mission les en empêchait-elle ? Quelle était-elle au juste ?




(...) La famille dont les cinq enfants sont scolarisés a été traitée en dernier et envoyée dans un hôtel vraiment minable de Malakoff mais elle a un rendez-vous jeudi au SIAO pour que sa situation soit examinée, un dossier va être réalisé afin que la famille soit rapprochée et les enfants puissent faire leur rentrée lundi prochain comme leurs camarades. (Mais avec quelles vacances !  ) Finalement, ça, c'est tout de même positif si cela ne reste pas lettre morte. 



Par rapport à l'hôtel nous remarquerons que la famille compte sept personnes donc que nous nous attendions à trouver sept couchages et que c'est pour cela que cette situation avait été  réglée en dernier. Mais que nenni ! Il n'y avait que six couchages dans une seule pièce. Le patron de l'hôtel à qui je faisais la remarque, répondant qu'un des enfants -ils sont trois garçons en primaire et deux jeunes filles vont être en collège- pouvait dormir avec leurs parents ! Mais combien facture-t-il de couchages au Conseil général de l'Essonne ? 



A ses réponses globalement dérisoires face à de telles détresses,  enfants et parents serrent les dents et font face avec dignité.  On sentait chez la police une grande brutalité la plupart du temps contenue, grâce, je crois, à notre présence. A part quand même quand  un policier a donné un coup de pied dans une valise qu'il a fait dévaler dans la boue ...

* Association de Solidarité en Essonne aux Familles Rroms


mercredi 2 janvier 2013

Le 1er janvier, expulsé "comme un chien"pendant les voeux de Hollande

-Par Marie Barbier, 1/1/2013

Exclusif: un jeune sans-papier expulsé "comme un chien" raconte

A 20 heures lundi, alors que le président François Hollande prononçait ses voeux aux Français pour la nouvelle année, Ahmed Sohail, 23 ans, en France depuis l’âge de 15 ans, était dans l’avion qui le ramenait de force vers le Pakistan. Il raconte.
Arrivé à 1h41 du matin à Karachi, le jeune homme a décrit son vol dans un message téléphonique que nous nous sommes procurés : «Ils m’ont renvoyé comme un chien, j’avais la bouche scotchée, les pieds attachés». Menotté dans le dos, Ahmed est escorté par quatre policiers. Visiblement déboussolé à son arrivée à Karachi - à plus de 1200 kms de son village natal près d’Islamabad - Ahmed ne cesse de répéter «Je ne sais pas quoi faire maintenant».
Le jeune homme est arrivé seul en France à 15 ans, via un passeur payé par ses parents. Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à ses 21 ans, il obtient un CAP plomberie et bénéficie d’un titre de séjour étudiant. Un employeur veut l'engager, mais finit par se désister face à la longueur de l’examen du dossier en préfecture. La suite est un long acharnement pour le renvoyer au Pakistan où il n'a plus aucune attache. "Même sous Sarkozy, on n’est jamais arrivé jusqu’à ce stade là", soupire Malika Chemmah, militante au Réseau éducation sans frontières (RESF).
Retrouvez l'intégralité de l'article dans l'Humanité de ce mercredi


mardi 17 janvier 2012

RESF URGENT ET IMPORTANT: M. Guéant : le chiffre avant l'intérêt supérieur de l'enfant ??

Pour Luka et Zaza, ses fils, libérez David Kuridze !

Le terrible compte à rebours a commencé pour Luka, 9 ans, son frère Zaza, 10 ans et leur mère Lali.

Leur père et époux D. Kuritze, Georgien en situation irrégulière en France, où le couple vit depuis 12 ans, sera expulsé par avion spécial mardi 17 janvier : Le Bourget, Toulouse, Lyon, Vienne en Autriche puis la Georgie.

Pourtant le 15 novembre 2011, la Commission spéciale des expulsions auprès du TGI de Chartes a émis un avis défavorable à l’expulsion de D. Kuritze. Son épouse, infirmière, est handicapée à 80%. Pour la commission, D. Kuritze doit aider sa famille en France mais le Préfet d'Eure et Loir passe outre...
D. Kuridze est le bouc émissaire idéal, suite à quelques démêlés avec la justice. Sa peine purgée, il a été envoyé en rétention.

En 2004, N. Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait pourtant affirmé son opposition à la double peine...

A Courbevoie, autour de Luka et Zaza, c'est la consternation des parents, enseignant, animateurs... Les signatures qui s'amoncellent en ligne  et devant l'école fléchiront-elles l'administration ?

Monsieur Guéant vantait récemment sa politique du chiffre et ses objectifs d’expulsions dépassés de plus de 5 000 étrangers. Alors, si la France laissait Luka et Zaza grandir enfin entre leurs 2 parents ?

La convention des droits de l'enfant signée en 1990 est bafouée tous les jours. 
L’expulsion de D. Kuritze sera le cruel désaveu des articles 3 et 9 : « L'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale » ; « Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré ».

Et que penser de la réalité de « la journée du migrant et du réfugié » célébrée le 15 janvier par la communauté catholique française dont se réclament pourtant nombre de nos décideurs ?

Mardi matin, un sursaut d'humanité doit réveiller la Préfecture, pour que le père de Luka et Zaza puisse vivre auprès de sa famille.

Pour dire fermement mais sans injure ni diffamation ce que vous pendez de leur attitude à ces très hauts fonctionnaires :
Préfet d'Eure et Loire : patrick.subremon@eure-et-loire.gouv.fr

Secrétaire général du 92 : didier.monchamp@hauts-de-seine.gouv.fr

Préfet du 92 : pierre-andre-.peyvel@hauts-de-seine.gouv.fr