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samedi 14 mai 2016

Rapport du Défenseur des droits : “On parle à des étrangers avant de parler à des êtres humains”

Des droits que possèdent toute personne humaine ne sont pas respectés : éloignement des famille, placement en centre de rétention de gens qui n’ont rien à y faire (familles, mineurs, personnes malades…).
La présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, revient sur le rapport “Les droits fondamentaux des étrangers en France” qui étrille l’administration et la société sur les pratiques discriminatoires réservées aux non-Français.
Le rapport rendu par le Défenseur des droits Jacques Toubon sur les droits des étrangers en France est loin d’être tendre avec l’administration publique, les préfectures et l’Etat. Il pointe aussi du doigt des préjugés tenaces. Avec, en filigrane des 305 pages qui composent le document, l’application, de facto, d’une sorte de préférence nationale concernant l’accès aux droits fondamentaux. « L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt », explique Jacques Toubon en introduction.

samedi 30 mai 2015

ACAT, JOURNÉE THÉMATIQUE - Aborder l'asile (20 juin)

logo ACATJOURNÉE THÉMATIQUE - Aborder l'asile

Aborder l'asile
Aujourd'hui, il est plus nécessaire que jamais de défendre le droit d'asile.

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin), l’ACAT vous propose une journée thématique pour réfléchir ensemble aux enjeux du droit d’asile.

Lors de cette journée d'information, nous identifierons les principes du droit d’asile, nous repérerons comment ils sont présents concrètement dans la procédure et nous prendrons conscience du périmètre du doit d'asile par rapport aux autres droits des étrangers et au contexte international.


Frais d'inscription : 10 euros
Juin 2015


20

 
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> Au programme...


10h       Accueil
10h15   Bienvenue et présentation de la journée : objectifs, déroulement, actualité
11h       Conférence par Eve Shahshahani, responsable des programmes asile à l'ACAT
13h       Pause déjeuner
14h       Questions-réponses, ateliers, et travaux interactifs
17h30   Conclusion et envoi

La journée thématique aura lieu à l'Accueil St-Paul à Issy-les-Moulineaux (accès en métro)
> Pour en savoir plus...
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jeudi 24 mars 2011

La France fait la sourde oreille aux injonctions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme

par l'Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers, 23 mars 2011
Les ressortissants ivoiriens se présentant aux frontières françaises pour y demander une protection continuent d’être refoulés vers le pays par lequel ils ont transité, alors que la Côte d’Ivoire reste le théâtre de violents affrontements depuis les élections du 28 novembre 2010.
Au moins quatre demandeurs d’asile ivoiriens ont ainsi été refoulés vers leur pays de transit, le Maroc, depuis le début de l’année 2011. Dans ce pays, ils se trouvent dans une situation d’absolue vulnérabilité - sans droit au séjour ni véritable protection. De plus, les autorités peuvent à tout moment procéder à leur renvoi vers la Côte d’Ivoire.
Pourtant, le HCR a recommandé le 21 janvier 2011 de suspendre tous les renvois de ressortissants ivoiriens vers leur pays, et l’Anafé a demandé aux autorités françaises de se conformer à cette recommandation dans un communiqué du 1er février intitulé « Réflexe d’inhumanité : la France renvoie des Ivoiriens vers leurs tortionnaires ».
Le 18 mars 2011, l’Anafé a saisi en urgence la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) de la situation de M. Y, de nationalité ivoirienne, arrivé à l’aéroport de Marseille le 7 mars pour y demander une protection à la France.
Au regard du danger imminent, la CEDH avait enjoint aux autorités françaises de suspendre son renvoi forcé vers Casablanca. Le soulagement n’aura été que de courte durée: en dépit de cette décision, la Police aux Frontières a tout de même tenté de refouler M. Y dans les heures suivantes, prétendant n’avoir jamais été informée par le Ministère de l’Intérieur de la mesure de suspension.
Au mépris des principes du droit international, le Ministère aura donc ignoré pendant trois heures une injonction de la CEDH. Celle-ci note par ailleurs une recrudescence alarmante des requêtes de mesures provisoires au titre de l’article 39 de son Règlement, seule possibilité de suspendre en urgence un renvoi forcé et dangereux. Finalement le Ministère a décidé de libérer M.Y et de l’admettre sur le territoire français, faute de pouvoir le renvoyer dans son pays de provenance ou d’origine.
Ce grave incident éclaire non seulement sur le manque préoccupant de communication au sein de l’administration, mais également sur la détermination des autorités françaises à appliquer coûte que coûte une politique migratoire ferme et incohérente, au risque d’être parfois cruelle et inhumaine.
  • Déclaration du Président de la Cour européenne des droits de l’homme concernant les demandes de mesures provisoires (Article 39 du règlement de la Cour)
Face à une augmentation alarmante du nombre des demandes de mesures
 provisoires et à ses implications pour une juridiction déjà surchargée de travail,
le Président de la Cour, Jean-Paul Costa, rend publique la déclaration suivante.
Celle-ci rappelle aux Gouvernements et aux requérants (ainsi qu’à leurs
représentants) quel est le rôle approprié, mais limité, de la Cour en matière
d’immigration et de droit d’asile, et insiste sur leurs responsabilités respectives
quant à une pleine coopération avec la Cour.

jeudi 11 février 2010

Ça s’est passé dans « cette » Autriche-là : Justice politique, la veille de Noël 2009

par Vladislav MARJANOVIC, 8/2/2010.Traduit par  Michèle Mialane, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Leopold Figl, chancelier autrichien,
discours de Noël 1945
La justice des démocraties occidentales est bien étrange. Plus la chute du Mur de Berlin s’éloigne dans le temps, plus elle est susceptible lorsqu’on porte publiquement  des jugements sur des personnes impliquées dans des affaires de droits humains. La justice fait aussitôt entendre son courroux pour - diffamation !
Mais qu’est-ce que la « diffamation » ? Les interprétations de ce mot, que l’on trouve également dans les lois qui régissent les  médias, semblent plutôt élastiques. Un mot qui n’a pas plu et déjà vous êtes accusé d’atteinte à l’honneur des personnes. Que le jugement de valeur (moral de surcroît !) repose sur des faits avérés ou sur une interprétation étroite ne semble plus jouer de rôle. Le contexte n’importe pas. Seul le mot compte. En voici un exemple.
De mortui nihil nisi bene
Ça s’est passé en Autriche. Le 31 janvier 2006 Liese Prokop, ex-Ministre de l’Intérieur est morte subitement. De toute évidence la défunte était appréciée de ses collègues. L’ex-sportive de haut niveau, médaillée d’argent de pentathlon aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968, est entrée peu après en politique, dans l’aile droite du parti conservateur  ÖVP. Ce qui lui permit d’être la bienvenue  dans le gouvernement de coalition que l’ex-chancelier Wolfgang Schüssel a formé en 2004 avec le parti d’extrême-droite FDP. La toute nouvelle Ministre de l’Intérieur se mit immédiatement au travail.  Elle réforma la police et se montra dure et inflexible envers les demandeurs d’asile. Elle entreprit d’amender (autrement dit de restreindre) le droit d’asile et des étrangers, en particulier parce qu’elle estimait que 45% des musulmans étaient rebelles  à toute intégration.
Le décès subit de la ministre fut déploré par tous les partis. Wilhelm Molterer, Secrétaire général en exercice du Volkspartei (ÖVP) était « sans voix ». Alfred Gusenbauer, alors Président  du Parti social-démocrate et futur chancelier, salua une « femme d’envergure » et une «  politicienne hors du commun », tandis qu’Alexander von Bellen, qui cette année-là présidait aux destinées des Verts, loua l’esprit d’ouverture de la défunte ministre. On fit ensuite à celle-ci des obsèques solennelles, auxquelles assista la plus haute instance morale du pays, le Président fédéral autrichien.
Pendant que les VIP célébraient un deuil public, un homme du commun osa exprimer un  autre avis. C’était le dirigeant de l’association «  Asyl in Not » (Droit d’asile en danger, NdlT), Michael Genner. Moins de 24 heures après la mort de Madame Prokop, il publia un communiqué qui débutait ainsi : « Une bonne nouvelle en ce début d’année : Madame Prokop, Ministre de la Torture et de la Déportation, est morte. Le souvenir des souffrances endurées par des personnes recherchant désespérément, mais en vain, un abri, restera pour toujours lié à son nom. » et s’achevait par cette sentence : « Madame Prokop était une criminelle en col blanc, espèce dont la cruelle histoire de ce pays offre nombre d’exemples. »
 
Ces paroles, publiées dans un simple communiqué d’une association, firent l’effet d’une bombe. Tous les journaux conservateurs autrichiens (il n’en existe d’ailleurs pas d’autres), depuis la « Presse » jusqu’au journal du métro, « Heute », clouèrent au pilori le manque de cœur de son auteur. De mortui nihil nisi bene (Des morts, on ne doit parler qu’en bien) : les médias rappelèrent la bonne vieille coutume que respectaient les peuples de l’Antiquité. Comme l’article de Michael Genner y faisait infraction, la famille de la défunte s’en mêla et de sa propre initiative (ou peut-être pas ?) porta plainte pour diffamation.
« J’en appelle à la liberté de la presse »
Le premier procès a eu lieu le 25 mai 2007 et n’a duré qu’une demi-heure. La juge Lucie Kaindl-König s’est efforcée de traiter les faits avec grande objectivité. À ses yeux, peu importaient les excuses écrites formelles que Genner avait présentées le 8 janvier pour la phrase incriminée. Et encore moins la tragédie vécue par les réfugiés et leurs familles du fait des mesures renforcées qu’on leur avait appliquées lorsque  Madame Prokop était ministre et des maltraitances qui en avaient été le corollaire. « Le Tribunal sait bien que les réfugiés subissent un traumatisme du fait de la rétention administrative » déclara la juge, balayant ainsi d’un revers de main les arguments de Genner relatifs aux tortures physiques et psychiques subies par les réfugiés. Seul l’intéressait ce que Genner entendait par  «déportations »  et « criminels en col blanc » ainsi que par « raciste ». Dans cette optique elle demanda (provocation ?) : « Madame Prokop était-elle raciste elle aussi, ou était-ce seulement le cas de ses fonctionnaires ? » À la parade de Genner : « Les fonctionnaires qui ont exercé une pression », la juge réagit en attaquant : « Saviez-vous, en écrivant cet article, qu’il ferait autant de vagues ?  Saviez-vous que ce que vous écriviez est déshonorant ? Étiez-vous conscient que c’est de la diffamation ?» La réponse de Genner a été claire : « J’en appelle à la liberté de la presse. »
C’était apparemment le nœud  du problème. A-t-on le droit de critiquer des responsables politiques nationaux pour des mesures appliquées à l’encontre d’un groupe de personnes sans être traîné en justice pour diffamation ? Visiblement pas, car, si l’on s’en rapporte aux termes employés par Madame la juge Kaindl-König cela « fera [trop] de vagues ». Pourtant seuls les derniers États totalitaires ont peur des « vagues ».  Ou ne seraient-ils pas les seuls ?
La « diffamation » est, on l’a dit, une notion assez élastique. Toute critique directe, dès lors qu’elle est publique, peut être « diffamatoire ». Les faits ou preuves comptent alors moins, pour la justice, que les termes employés. Il s’agit donc de faire très attention et de s’(auto)censurer à temps , et si possible d’éviter toute polémique directe, même sous forme de lettre ouverte ! Le contenu ou les raisons des critiques publiques adressées à des personnalités politiques n’intéressent pas la justice. C’est en vain que Michael Genner a souligné lors de son premier procès qu’il avait présenté ses excuses à la famille de la défunte et même  proposé de « supprimer  » la phrase incriminée. La juge s’est contentée de remarquer qu’il existe « diverses façons de formuler ». Peut-être parce que Michael Genner, tout en présentant ses excuses, a souligné qu’elles ne « changeaient absolument rien » à son argumentation.
La procédure en est restée là, comme il a déjà été dit, et a été ajournée ... jusqu’au 19 septembre suivant. Et là, la sentence tombe : en première instance Michael Genner est déclaré coupable de diffamation. Selon la juge, il a porté un « jugement excessif » et il est en conséquence condamné à une amende de 1200 € avec sursis partiel à exécution. Michael Genner a fait appel. Il considérait ce jugement « ...non seulement comme une atteinte à la liberté des médias (...) mais aussi l’expression d’une solidarité du tribunal avec le système juridique indirectement critiqué lui aussi ». Mais ce n’était pas l’avis de la Cour suprême. Peu avant Noël 2009 elle a confirmé le jugement du Tribunal de  première instance.
« Une condamnation légitime » ?
Les médias ont pris acte de ce jugement . Le très respecté quotidien « Die Presse » faisait le commentaire suivant : « Le dirigeant de l’association Asyl in Not, Michael Genner, a reçu une condamnation  légitime pour avoir diffamé la défunte Ministre de l’Intérieur.» C’est ce qu’il écrivait dans sa livraison du 20 décembre dernier. Il faut dire que dans le même texte, on faisait remarquer  que « La Cour suprême pose des limites à la liberté d’opinion même dans le domaine politique. » Que faut-il comprendre? Est-ce une approbation ou une manière discrète de pointer une tendance inquiétante du système ?
Difficile de trancher, car l’opinion publique reste muette. Même les partisans de Michael Genner ne pipent mot. C’est bien étonnant, car certains d’entre aux avaient pourtant fait l’éloge de Michael Genner le 27 octobre 2008, à l’occasion de son 60ème anniversaire. Le Président de SOS-Mitmensch Burgenland (SOS –Notre prochain du Burgenland, État fédéral le plus oriental de l’Autriche, Ndlt), Rainer Klien, avait par exemple déclaré : « Un mot relatif à ta notice nécrologique sur Prokop : on doit être autorisé - indépendamment du respect dû aux morts- à exprimer une telle opinion. J’attends chaque jour de voir au banc des accusés les responsables des morts aux frontières extérieures de l’UE ». Volker Kier, Président honoraire d’Asyl in Not et ex-député libéral, avait souligné que « Michael Genner s’engage en faveur des droits humains sans craindre les risques pour lui-même, y compris celui de sa propre destruction. » Toutes ces approbations ont été prononcées devant 150 personnes environ à l’occasion du soixantième anniversaire de Genner. Mais aujourd’hui on fait silence autour de lui.
Ce qui frappe le plus, c’est le mutisme des partis d’opposition, de gauche ou écologistes, d’autant plus, en qui concerne ces derniers, que Michael Genner avait été candidat des Verts au Conseil national [chambre basse du Parlement, NdE]. La députée verte Teresija Stoïsitz lui avait décerné ces louanges : « Le procès fait à Michael Genner est un procès politique. S’il est illégal de dire que les réfugiés ont besoin de protection et que nous leur apportons notre aide pour empêcher leur expulsion, alors je veux bien entrer en délinquance.» L’hebdomadaire « Falter » avait rapporté ces paroles le 17 mai 2006. Et maintenant ?
Un silence de plomb
Bon. On était en pleines fêtes de fin d’année et la sentence de la Cour suprême contre Genner est tombée juste avant Noël. À cette époque on est généralement préoccupé de tout autre chose que de points juridiques délicats. Cela permettait à la Cour suprême de publier son jugement, de confirmer l’accusation de diffamation et la peine relativement légère infligée en première instance sans provoquer quelque réaction indésirable. Les médias y ont fait un vaste écho. Du moins pendant un peu de temps. Puis le silence s’est fait autour de Michael Genner. Aucune organisation, aucune personnalité, pas même issue du milieu de l’immigration, n’a osé mettre en question ce jugement. On aurait pu pourtant s’y attendre, car Michael Genner se bat depuis des années, et de toutes ses forces, pour que les demandeurs d’asile soient traités humainement. Mais son dérapage verbal semblait constituer un obstacle infranchissable. Avoir blessé les proches de Madame la Ministre Prokop juste après sa mort pèse plus lourd, dans l’opinion publique, que l’expulsion de demandeurs d’asile et la dislocation légale de familles, ce qui s’est produit avec son accord et au su de tout le gratin quand elle était ministre. Il semble en tout cas que Genner et son « communiqué de bonne nouvelle » aient fourni à ses adversaires politiques haut placés un argument bienvenu pour discréditer son association et sa personne.
Et de fait : dès le 24 mai 2008 l’éditorialiste Gerald Freihofner, dans ses « Notes de bas de page », traitait Genner de « petit chef communiste » . Non content de reprocher à Genner son appartenance passée à l’organisation d’extrême-gauche « Spartakus », Freihofner l’accuse d’être l’auteur du slogan figurant sur le site Internet de la « Kommunistische Initiative  » (Initiative communiste, KI) sous le sigle de la faucille et du marteau : « Nous nous battons pour le renversement de l’ordre établi !  En tout cas le message est clair : « Laissons tomber Genner ! »
La "pierre de Marcus Omofuma ", d'Ulrike Truger - 2003, Mariahilferstrasse/VienneLes associations de soutien aux migrants et assimilées pensent-elles aussi qu’il vaut mieux se taire dans le cas Genner? Cela n’aurait rien d’étonnant. Ces associations sont dépendantes des subventions de certaines fondations, assez liées à l’establishment. Du reste les milieux gouvernementaux ne se contentent pas de tolérer leurs demandes de non-discrimination raciale, religieuse ou ethnique : ils encouragent leur participation  aux institutions politiques. Ils en ont donné un signal de grande portée symbolique : à Vienne, on a érigé un monument à la mémoire de Marcus Omofuma, un demandeur d’asile nigérian mort des suites de maltraitances policières au cours de son expulsion en 1999. Un monument très moderne, mais impersonnel et abstrait. Peut-être pour ne pas éveiller plus d’émotion que les autorités ne peuvent en tolérer?   Puisque les autorités font quelque chose pour l’intégration, quel sens cela aurait-il de se solidariser avec un marginal critique envers la société si l’on peut parfaitement, sous ce rapport, collaborer avec elles ? Du reste Genner s’est trompé. Sous les successeurs de Madame Prokop la situation des demandeurs d’asile n’a fait qu’empirer.  À bien y réfléchir, le propos de Genner n’était peut-être pas simplement de la « diffamation » ?
On aurait sûrement  pu envisager les choses sous cet angle, si les arguments de Michael Genner avaient été  de pure fiction. Or il n’en est rien. Les exemples qu’il a fournis suffisent à légitimer sa réaction. La violation systématique des droits humains au nom de la loi est, au regard de la morale universelle, bien pire que la tenue de propos irrespectueux sur la  responsable de ces violations  qui vient de mourir. Les souffrances, non pas de quelques, mais de milliers de gens en détresse qui ont échoué en Autriche n’éveillent pas la compassion de la juge de Genner, et pas davantage  celle de l’establishment. Pourquoi en irait-il autrement ? Juge et establishment ne font qu’appliquer les décisions de la Conférence de Dublin. C’est l’Union européenne elle-même qui est derrière cette politique.  Il ne s’agit pas en l’occurrence d’humanité, mais, comme le disait de la solution finale Adolf Eichmann, le modèle du parfait bureaucrate nazi, de statistiques. Si nous éliminons les Juifs, le peuple des seigneurs aura davantage à manger. C’était la logique d’alors. Et la logique actuelle ? Si nous expulsons les migrants et demandeurs d’asile vers leur patrie secouée de guerres et de crises pour y mourir, en Autriche, en Europe et dans tous les pays riches la situation sur le  marché de l’emploi sera moins tendue. Cacher dans sa maison des réfugiés menacés d’expulsion reviendra, comme autrefois pour ceux qui cachaient les Juifs persécutés, à être en infraction avec la loi. Pourtant Michael Genner, en 2006 à Innsbruck, a osé y appeler ses concitoyens.
A-t-on le droit de le lui reprocher ? Peut-être juste autant qu’à ceux qui n’ont pas eu peur de s’opposer à la domination nazie. Le courage civique reste nécessaire aujourd’hui car l’Holocauste ne s’est malheureusement pas limité à l’époque nazie. Cette fois-ci il menace non pas telle ou telle communauté ethnique ou religieuse, mais l’humanité tout entière. On continue à le perpétrer,  mais sous une autre forme, plus perfide mais non moins efficace, et pas dans un seul pays, mais dans le monde entier, grâce à la solidarité planétaire des dirigeants. Déportation ou expulsion forcée, où est la véritable différence ? Discriminer les demandeurs d’asile en leur déniant leurs droits ou être antisémite à une certaine époque, où est la différence ? Même les mariages mixtes sont criminalisés, on les brise par force et on fait éclater les familles. Mais tandis que les dirigeants attestent leur solidarité par des expiations rituelles en mémoire de l’Holocauste, se lavant ainsi les mains de tous les péchés contre la société qu’ils ne cessent de commettre, les victimes, elles, ne se serrent pas les coudes. C’est pourquoi les rares individus qui luttent pour l’humanisation de la société, comme Michael Genner, ne trouvent aucun soutien. Pour combien de temps encore ?

mardi 3 novembre 2009

Au titre de la réparation nous demandons la régularisation pour les 19 afghans de Nîmes !

Par La Cimade Languedoc, 2/11/2009
 

Dix-neuf demandeurs d’asile afghans, « évacués » de la "jungle" de Calais le 22 septembre dernier ont été placés en centre de rétention à Nîmes puis libérés par le juge des libertés et de la détention le 28 septembre à minuit.Depuis, avec l'aide d'associations et de citoyens, ils multiplient les démarches pour pouvoir déposer leur demande d'asile.
Renvoyés de la préfecture du Gard à celle de l'Hérault, après être passés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), ils attendent toujours de pouvoir accéder à une procédure d'asile normale. La préfecture de l'Hérault exprime son acharnement en voulant les placer délibérément dans une procédure expéditive dans laquelle ces afghans ne pourront pas faire valoir leurs droits.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson a été aussi sollicité, par diverses associations, en vain...
Nous signataires de la présente pétition, dénonçons vivement le non-respect du droit d'asile et des droits fondamentaux de ces migrants.
Empêcher ces Afghans de demander l'asile dans des conditions normales :
- C'est, les priver des conditions d’accueil décentes qui devraient leur être garanties et les mettre en situation d'échec.
- C’est, les renvoyer vers les passeurs de la « jungle »,
- C'est, préparer leur expulsion vers un pays en guerre et en pleine insécurité.
Nous signataires de la présente pétition demandons, en réparation des nombreux manquements aux droits de la part de l'État, la régularisation inconditionnelle des 19 Afghans de Nîmes afin qu'ils puissent bénéficier de l'asile en France.
Signez la pétition ICI


La Presse en parle :
Montpellier-Journal : Le gouvernement veut-il vraiment aider les Afghans de Calais ?
Midi Libre : Nîmes : Le bel élan solidaire autour des Afghans réfugiés
L'humanité : Afghans : Dans le Gard, un peu de chaleur après la « jungle »


Urgent!!
Ecrivez au Préfet de l'Hérault
Préfet de l'Hérault (adresse - fax - mail )
Monsieur Claude Baland
Préfet de l'Hérault
Place des Martyrs de la Résistance
34 062 Montpellier Cedex 2
Fax : 04 67 66 36 30
Préfet : claude.balland@herault.pref.gouv.fr
Voici un exemple de texte que vous pouvez envoyer au préfet. Vous pouvez l'adapter à votre convenance tout en restant courtois...
Monsieur le Préfet,
Par la présente, j'interviens concernant les 19 afghans de Nîmes libérés du centre de rétention depuis le 29 septembre...
Il s’avère que ces afghans souhaitent déposer d’une demande d’asile dans le cadre de la procédure « normale ». Ceci leur permettrait, et c’est essentiel, de bénéficier pendant l’examen de cette demande des droits administratifs et sociaux afférents. C'est cette solution qui a été choisi par le Préfet du Rhône pour les afghans qui sont dans la ville de Lyon.
Quelque soit la procédure en cours, aucun obstacle ne vous empêche de revenir sur telle ou telle mesure d’éloignement ou de réadmission qui concerne ces afghans.
L’alternative me semble relativement simple. Soit nous tentons d’aider ces personnes à se « fixer » durant la procédure d’asile – or la procédure prioritaire que vous voulez leur appliquer ne le permet pas - soit elles reviendront inévitablement dans le Calaisis en s’en remettant à nouveau aux filières.
En effet ,empêcher ces Afghans de demander l'asile dans des conditions normales :
- C'est, les priver des conditions d’accueil décentes qui devraient leur être garanties et les mettre en situation d'échec.
- C’est, les renvoyer vers les passeurs de la « jungle »,
- C'est, préparer leur expulsion vers un pays en guerre et en pleine insécurité.
Je vous demande donc d'admettre au séjour l'ensemble de ces afghans afin qu'ils puissent accéder à une procédure d'asile normale.
En vous remerciant de la réponse rapide que vous pourrez m’apporter, je vous adresse, Cher Monsieur, l’assurance de mes meilleures salutations ".
Contact : afghansnimes@placeauxdroits.net