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lundi 13 février 2017

Les réfugiés au Maroc, une richesse pour le royaume

    •  9/2/2017 

Plus qu’un pays de transit, le Maroc s’illustre de plus en plus comme une terre d’accueil. Qu’en est-il de l'impact des réfugiés sur le royaume ?
A l’heure où des vies s’abîment dans les eaux méditerranéennes, les réfugiés font presque quotidiennement les titres de la presse. Un sujet, devenu leitmotiv, sur lequel certaines figures politiques occidentales en mal de populisme surfent sans vergogne. Oubliant là qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui mérite d’être traité autrement : loin d’être un fardeau, les réfugiés peuvent apporter beaucoup à leur terre d’accueil.
La semaine dernière, Yabiladi livrait le témoignage d’une famille irakienne qui a trouvé refuge au Maroc dans les années 2000. Aussi précaire soit leur situation, leur volonté de réussir ne s’est pas éteinte. Le père est en recherche d’emploi depuis deux ans. Il se dit capable de travailler dans n’importe quel domaine. Maryam, la mère, racontait : «Je n’arrive pas à croire que ça fait presque vingt ans qu’on est installés au Maroc, ce n’était pas du tout prévu.» Et pour cause, ce qui ne devait être qu’un passage est devenu une résidence permanente.
«Les réfugiés peuvent amener de la richesse»
«Le Maroc reste un pays de transit. La population est habituée à voir des gens qui transitent. Ça peut être des personnes qui mendient au feu rouge et qui n’ont pas forcément envie de rester au Maroc, qui vivent dans la précarité et subsistent grâce à de petits métiers en attendant d’aller en Europe, surtout dans les villes comme Tanger, Oujda et Nador», explique à Yabiladi Jean-Paul Cavalieri, représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Maroc.
«Or, de plus en plus de migrants ou réfugiés décident de rester au Maroc», ajoute-t-il, précisant que la nouvelle politique migratoire et d’asile offre une véritable protection aux réfugiés. «Cette législation est due à une prise de conscience politique. Le Maroc est devenu un pays de destination, il faut donc agir dans ce sens-là», préconise-t-il.
«Les réfugiés sont mieux perçus, leur image est en train de changer : on les retrouve désormais au travail, à l’école, à la mosquée, au sein du voisinage», détaille Jean-Paul Cavalieri. «L’expérience positive du Maroc est nourrie de celle des Marocains résidents à l’étranger qui reviennent avec des souvenirs tantôt positifs, tantôt négatifs. Ils disent : ‘attention à ne pas traiter les migrants comme nous avons été traités’, ou bien : ‘nous avons bénéficié nous-mêmes d’aides en tant que migrants, il faut en faire de même pour les réfugiés ou demandeurs d’asile’», poursuit le représentant du HCR.
D’autres raisons ont permis de faire du Maroc un pays d’accueil pour les réfugiés : «Le royaume est un pays où différentes populations cohabitent depuis longtemps, il est donc bien équipé pour appréhender ces situations. Dans l’islam, dans le Coran, il existe toute une tradition d’accueil de l’étranger», soutient-il. «Il faut montrer que les réfugiés peuvent amener de la richesse.»
«Histoires sans visas»
Pour montrer la réalité de la vie des réfugiés, le HCR organise le 9 mars à l’Ecole de gouvernance et d’économie de Rabat un projet de récits digitaux intitulé «Histoires sans visas», qui met en lumière l’expérience de huit réfugiés de divers horizons installés au Maroc. Lors d'une conférence de presse du HCR, Jean-Paul Cavalieri lors d’une conférence de presse, déclarait :
«Dans un contexte mondial où l’image qui est donnée des réfugiés est souvent négative, le premier objectif de cet évènement est d’essayer de briser ces stéréotypes et de montrer les réfugiés pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des gens qui ont des ressources, qui sont capables de les exploiter pour devenir autonomes et contribuer positivement à la société qui les accueille, en l’occurrence le Maroc.»
Le Maroc pourrait un jour servir d'exemple comme ce village de Calabre en Italie. Cette petite bourgade qui était en train de dépérir suite à la désertion de ses habitants a survécu grâce à sa politique d’accueil des réfugiés. Ces derniers ont permis de dynamiser l’économie locale et redonner au village un souffle nouveau. Tout avait commencé en 1998 avec la venue de 200 Kurdes en bateau ; les villageois les avaient accueillis à bras ouverts. Depuis, cette politique généreuse s'est perpétuée pour les nouvelles vagues de réfugiés.
HCR au Maroc, en chiffres
Le HCR au Maroc a mandaté 6 874 personnes. 4 977 sont des réfugiés ou des personnes en besoin de protection internationale, le reste étant demandeurs d’asile. Le top 3 des nationalités en besoin de protection internationale viennent de Syrie (3 420 personnes), du Yémen (493) et de Côte d’Ivoire (291). Ensuite d’autres nationalités ont choisi le Maroc pour y trouver refuge : République Démocratique du Congo (175), la Centrafrique (177) et l’Irak (138), entre autres. Les demandeurs d’asile quant à eux viennent d’Afrique Subsaharienne : Le Cameroun (450), la Côte d’Ivoire (276), la Guinée (219), la République Démocratique du Congo (244), le Mali (138) et enfin la Centrafique (42).
Le HCR a besoin de financements. En 2016, l’organisation avait requis 6 millions de dollars pour couvrir ses opérations au Maroc. L’instance Onusienne a quelques contributeurs direct pour couvrir ses dépenses : L’Union Européenne (en particulier l’Italie avec 198 664 dollars), le Royaume Uni contribue avec 190 000 dollars et enfin Monaco (160 135 dollars).
Zaïnab Aboulfaraj
Yabiladi.com
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Société   Publié Le 09/02/2017 à 20h30

Les réfugiés au Maroc, une richesse pour le royaume

Plus qu’un pays de transit, le Maroc s’illustre de plus en plus comme une terre d’accueil. Qu’en est-il de l'impact des réfugiés sur le royaume ?
A l’heure où des vies s’abîment dans les eaux méditerranéennes, les réfugiés font presque quotidiennement les titres de la presse. Un sujet, devenu leitmotiv, sur lequel certaines figures politiques occidentales en mal de populisme surfent sans vergogne. Oubliant là qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui mérite d’être traité autrement : loin d’être un fardeau, les réfugiés peuvent apporter beaucoup à leur terre d’accueil.
La semaine dernière, Yabiladi livrait le témoignage d’une famille irakienne qui a trouvé refuge au Maroc dans les années 2000. Aussi précaire soit leur situation, leur volonté de réussir ne s’est pas éteinte. Le père est en recherche d’emploi depuis deux ans. Il se dit capable de travailler dans n’importe quel domaine. Maryam, la mère, racontait : «Je n’arrive pas à croire que ça fait presque vingt ans qu’on est installés au Maroc, ce n’était pas du tout prévu.» Et pour cause, ce qui ne devait être qu’un passage est devenu une résidence permanente.
«Les réfugiés peuvent amener de la richesse»
«Le Maroc reste un pays de transit. La population est habituée à voir des gens qui transitent. Ça peut être des personnes qui mendient au feu rouge et qui n’ont pas forcément envie de rester au Maroc, qui vivent dans la précarité et subsistent grâce à de petits métiers en attendant d’aller en Europe, surtout dans les villes comme Tanger, Oujda et Nador», explique à Yabiladi Jean-Paul Cavalieri, représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Maroc.
«Or, de plus en plus de migrants ou réfugiés décident de rester au Maroc», ajoute-t-il, précisant que la nouvelle politique migratoire et d’asile offre une véritable protection aux réfugiés. «Cette législation est due à une prise de conscience politique. Le Maroc est devenu un pays de destination, il faut donc agir dans ce sens-là», préconise-t-il.
«Les réfugiés sont mieux perçus, leur image est en train de changer : on les retrouve désormais au travail, à l’école, à la mosquée, au sein du voisinage», détaille Jean-Paul Cavalieri. «L’expérience positive du Maroc est nourrie de celle des Marocains résidents à l’étranger qui reviennent avec des souvenirs tantôt positifs, tantôt négatifs. Ils disent : ‘attention à ne pas traiter les migrants comme nous avons été traités’, ou bien : ‘nous avons bénéficié nous-mêmes d’aides en tant que migrants, il faut en faire de même pour les réfugiés ou demandeurs d’asile’», poursuit le représentant du HCR.
D’autres raisons ont permis de faire du Maroc un pays d’accueil pour les réfugiés : «Le royaume est un pays où différentes populations cohabitent depuis longtemps, il est donc bien équipé pour appréhender ces situations. Dans l’islam, dans le Coran, il existe toute une tradition d’accueil de l’étranger», soutient-il. «Il faut montrer que les réfugiés peuvent amener de la richesse.»
«Histoires sans visas»
Pour montrer la réalité de la vie des réfugiés, le HCR organise le 9 mars à l’Ecole de gouvernance et d’économie de Rabat un projet de récits digitaux intitulé «Histoires sans visas», qui met en lumière l’expérience de huit réfugiés de divers horizons installés au Maroc. Lors d'une conférence de presse du HCR, Jean-Paul Cavalieri lors d’une conférence de presse, déclarait :
«Dans un contexte mondial où l’image qui est donnée des réfugiés est souvent négative, le premier objectif de cet évènement est d’essayer de briser ces stéréotypes et de montrer les réfugiés pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des gens qui ont des ressources, qui sont capables de les exploiter pour devenir autonomes et contribuer positivement à la société qui les accueille, en l’occurrence le Maroc.»
Le Maroc pourrait un jour servir d'exemple comme ce village de Calabre en Italie. Cette petite bourgade qui était en train de dépérir suite à la désertion de ses habitants a survécu grâce à sa politique d’accueil des réfugiés. Ces derniers ont permis de dynamiser l’économie locale et redonner au village un souffle nouveau. Tout avait commencé en 1998 avec la venue de 200 Kurdes en bateau ; les villageois les avaient accueillis à bras ouverts. Depuis, cette politique généreuse s'est perpetuée pour les nouvelles vagues de réfugiés.
HCR au Maroc, en chiffres
Le HCR au Maroc a mandaté 6 874 personnes. 4 977 sont des réfugiés ou des personnes en besoin de protection internationale, le reste étant demandeurs d’asile. Le top 3 des nationalités en besoin de protection internationale viennent de Syrie (3 420 personnes), du Yémen (493) et de Côte d’Ivoire (291). Ensuite d’autres nationalités ont choisi le Maroc pour y trouver refuge : République Démocratique du Congo (175), la Centrafrique (177) et l’Irak (138), entre autres. Les demandeurs d’asile quant à eux viennent d’Afrique Subsaharienne : Le Cameroun (450), la Côte d’Ivoire (276), la Guinée (219), la République Démocratique du Congo (244), le Mali (138) et enfin la Centrafique (42).
Le HCR a besoin de financements. En 2016, l’organisation avait requis 6 millions de dollars pour couvrir ses opérations au Maroc. L’instance Onusienne a quelques contributeurs direct pour couvrir ses dépenses : L’Union Européenne (en particulier l’Italie avec 198 664 dollars), le Royaume Uni contribue avec 190 000 dollars et enfin Monaco (160 135 dollars).


...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/50814/refugies-maroc-richesse-pour-royaume.html

samedi 29 octobre 2016

Titres sur https://solidmar.blogspot.du 22 au 30/10/2016


  • L’affaire Ali Aarrass est l’un des scandales judiciaires et politiques majeurs de cette dernière décennie... Difficile de descendre plus bas dans la cruauté et l’inhumanité
  • Maroc des droits de l’Homme?

    jeudi 25 août 2016

    Sauver les réfugiés de la faim, c’est très simple!

    Enfants-réfugiés

    © AFP 2016 Stringer
    France

    Est-il possible de nourrir l'ensemble des réfugiés qui ont faim dans les rues de Paris ? Patrice Dubosc, bénévole auprès des réfugiés, a trouvé une solution.

    Dans sa pétition qui a déjà recueilli quelque 50.000 signatures, Patrice Dubosc s'adresse à Martin Hirsch, directeur de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris. Sa demande est simple: redistribuer la nourriture non consommée des selfs des hôpitaux à ceux qui meurent de faim dans la rue. Il suffit de mettre ce qui reste dans des petits sacs pour emporter les restes.
    "J'ai été spectateur un peu par hasard de ce qui se passait dans les cuisines du personnel dans un hôpital parisien. Il y a une quantité (de nourriture, ndlr) supérieure à la demande. Je pense qu'il y a une bonne quantité des repas qui part à la poubelle. Voyant ça, j'ai proposé d'essayer d'arrêter de vivre comme si tout allait bien, comme s'il n'y avait pas de problème alors qu'on a les moyens objectifs de répondre à la demande", a confié Patrice Dubosc à Sputnik.
    L'auteur de la pétition en appelle notamment au respect de la loi concernant l'obligation faite à la grande distribution de ne pas jeter de nourriture (Loi n° 2016-138 du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire). "Peut-être serait-il temps d'arrêter ce comble d'indifférence insupportable à l'heure où le nombre de réfugiés sur Paris, démunis de tout, ne cesse d'augmenter!", exhorte Patrice Dubosc.
    "Il y a des gens qui ont la gale à Paris. L'aide psychologique, ça devient une espèce de luxe. On est plutôt dans des problèmes de dénutrition, de manque d'eau, de choses vraiment de base. On est à Paris comme dans un des pires camps de réfugiés", déplore le volontaire.
    Selon lui, il faut savoir assumer et faire des choix. "Mettre l'afflux de réfugiés en perspective avec des difficultés économiques, des problèmes interreligieux, de terrorisme, c'est honteux…", regrette-il. "Si la France accueillait les 30.000 réfugiés qu'elle s'est engagée à accueillir (ce qu'elle ne fait pas), cela représenterait 0,5 pour 1.000 habitants". L'interlocuteur de Spuntik indique que depuis très longtemps, des Français accueillent des réfugiés chez eux.
    "Le problème, c'est que quand ils vont à la préfecture pour dire qu'ils ont des lieux et qu'ils attendent des réfugiés, on leur répond qu'il n'y en a pas, que c'est compliqué…"
    Ce n'est pas la France qui a cette mentalité, poursuit Patrice Dubosc. Des sondages montrent que les Français sont prêts à accueillir, le problème est d'ordre politique, assure-t-il. "Moi, comme un certain nombre de citoyens, je ne peux pas vivre comme si de rien n'était. Vous vous promenez à Paris, vous voyez des terrasses avec des gens attablés et entre deux terrasses vous avez des familles avec des enfants sur des matelas qui n'ont rien à manger. Je suis désolé, je ne peux pas vivre dans un monde comme ça", conclut Patrice Dubosc.
    Lire aussi:
    Des politiciennes danoises poursuivies pour avoir abrité des migrants

    Entre migrants et SDF, le choix s'annonce difficile pour la France

    Calais: "Toutes les nuits les migrants prennent d’assaut la rocade"
    Tags:
    migrants, réfugiés, Union européenne (UE), Calais, Paris, France

    lundi 27 juin 2016

    “Nulle part, en France”,

    Pour la collection Réfugiés d’Arte, Yolande Moreau a filmé les migrants dans le nord…
    Partagertelevision.telerama.fr
    • "Un jour sûrement, il faudra bien jeter des pierres et tant pis si ce sont les gaz, les coups et les injures qui vous répondront. Un jour, il faudra bien la colère et vous frapperez sur ce que vous trouverez. Un jour, les arbres seront de votre côté. Le vent, la pluie, tout criera avec vous. Colère. Colère. Colère." - Yolande Moreau



    mercredi 18 mai 2016

    Pour le Défenseur des droits, la France discrimine ses étrangers

    LE MONDE, 9/5/2016

    La file d'attente pour le renouvellement des permis de séjour devant la préfecture de Lyon, le 16 février 2015.

    Au cœur de la pensée d’extrême droite, la préférence nationale s’est doucement instillée au pays des Lumières… Chaque page du rapport intitulé « Les droits fondamentaux des étrangers en France », rendu public lundi 9 mai par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, affirme cette réalité.

    Si M. Toubon n’emploie jamais l’expression politiquement marquée de « préférence nationale », il montre combien l’accès à des droits aussi fondamentaux que la scolarisation ou la santé peut être entravé pour les extra-nationaux. Pire, il rappelle qu’on n’interroge même plus ces discriminations, tant elles se sont banalisées. « L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt », note-t-il dès les premières lignes de son travail.

    samedi 14 mai 2016

    Rapport du Défenseur des droits : “On parle à des étrangers avant de parler à des êtres humains”

    Des droits que possèdent toute personne humaine ne sont pas respectés : éloignement des famille, placement en centre de rétention de gens qui n’ont rien à y faire (familles, mineurs, personnes malades…).
    La présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, revient sur le rapport “Les droits fondamentaux des étrangers en France” qui étrille l’administration et la société sur les pratiques discriminatoires réservées aux non-Français.
    Le rapport rendu par le Défenseur des droits Jacques Toubon sur les droits des étrangers en France est loin d’être tendre avec l’administration publique, les préfectures et l’Etat. Il pointe aussi du doigt des préjugés tenaces. Avec, en filigrane des 305 pages qui composent le document, l’application, de facto, d’une sorte de préférence nationale concernant l’accès aux droits fondamentaux. « L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt », explique Jacques Toubon en introduction.

    dimanche 28 février 2016

    Une marche européenne pour les droits des réfugiés à Bruxelles samedi 27 février



    Une marche "refugees welcome" avait déjà eu lieu le 27 septembre 2015 - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

    Une large coalition de collectifs et d'initiatives citoyennes organiseront le samedi 27 février prochain une marche européenne pour les droits des réfugiés à Bruxelles et à travers toute l'Europe. Le mot d'ordre du rassemblement est "#safepassage now!", soit un passage sûr pour toute personne qui cherche protection en Europe.

    Mobilisation européenne
    Des actions auront également lieu dans 28 pays et plus de 100 villes, d'Albanie à la Norvège, de la Grande-Bretagne au Portugal, ou encore en Turquie, annoncent mardi les organisations dans un communiqué commun. A Bruxelles, le rassemblement se fera à 13h30 à l'Esplanade de la gare du Nord.
    Les organisations à la source de l'action estiment que l'Europe peut assurer un passage sûr pour les personnes cherchant refuge en assurant des routes sûres et légales afin de ne plus avoir de morts aux frontières européennes.
    Elles demandent également aux autorités européennes la mise en place d'une protection de tous les réfugiés tout au long de leur parcours en Europe.

    Droits humains fondamentaux
    Lors de la marche, les organisations appelleront également à instaurer des normes d'accueil et d'asile élevées dans tous les pays européens et la cessation de la limitation des droits des demandeurs d'asile et des réfugiés, c'est-à-dire leur permettre de garder leurs possessions, de faire venir leur famille, d'avoir une stabilité en termes de droit de séjour.
    "Les citoyens d'Europe demandent, ensemble, à leurs gouvernements nationaux et aux autorités européennes de garantir les droits humains fondamentaux de toute personne cherchant protection, déjà présente ou non sur le territoire européen", peut-on lire dans l'appel à la marche.
    En Belgique, il s'agit d'une initiative citoyenne en collaboration, notamment, avec la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés et le Réseau Inter-Collectif Refugees. Avec le soutien du CIRE, de Médecins Sans Frontières, d'Amnesty International ou encore du MRAX et du CNCD-11.11.11.
    Au mois de janvier dernier, 363 femmes, hommes et enfants se sont noyés dans la mer Méditerranée, rappellent les organisateurs.

    vendredi 19 février 2016

    « À bout », les migrants attendent les bulldozers


    Emilien Urbach, 19/2/2016

    Photo : Philippe Huguen/AFP
    Le gouvernement s’apprête à expulser les migrants réfugiés dans le bidonville de Calais.
    Photo : Philippe Huguen/AFP
    La préfecture a laissé jusqu’à la fin de la semaine pour vider la moitié de la « jungle », avant son démantèlement. Les associations dénoncent une politique de la terre brûlée.

    Calais, envoyé spécial.

    « Ils ont imposé ce bidonville aux réfugiés, il y a à peine dix mois, et aujourd’hui, ils veulent tout détruire : les habitations de fortune et les infrastructures mises en place par les associations. » Maya, bénévole de l’Auberge des migrants, d’ordinaire si combative, n’arrive pas à cacher son abattement. Dans le bidonville créé en avril 2015, à l’initiative du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la municipalité de Calais, l’heure est à la stupéfaction.

    Jeudi matin, la neige tombée à l’aube tapisse les toits de bâches et les chemins boueux de la « jungle ». Sur les baraques, des affichettes exposent le nouveau plan des autorités. En dépit de la froidure hivernale, Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, a lancé l’ultimatum : la moitié du site devra être vidée de ses habitants d’ici à la fin de la semaine. Pour la préfecture, ce nouveau coup de force concerne 800 à 1 000 personnes. Les associations présentes au quotidien dans le campement évoquent, pour leur part, plus de 2 000 âmes, dont « plusieurs centaines d’enfants », obligées de tout abandonner. Elles viennent de remporter une première victoire puisque l’école laïque du chemin des dunes ne sera pas rasée.

    « Nous refusons de participer à ça »

    La préfecture voulait s’appuyer sur la collaboration des associations, mais pour ces dernières, la coupe est pleine. Six d’entre elles ont adressé une lettre ouverte à Bernard Cazeneuve, lui demandant de surseoir à l’évacuation. « Lorsqu’on nous a demandé d’aider à la création d’une bande de 100 mètres entre l’autoroute et les premières habitations, on a joué le jeu, tempête Maya. Il s’agissait simplement de déplacer quelques cabanes vers d’autres recoins du camp. Là, c’est de la destruction pure et simple. Nous refusons de participer à ça. »
    Si le plan de la préfète est exécuté, la semaine prochaine, un théâtre, plusieurs lieux de culte, le centre de vaccination, le centre d’accueil juridique, l’Ashram Kitchen, principal lieu de distribution de repas chauds à l’intérieur du bidonville, le centre réservé aux femmes, celui dédié aux enfants, devraient disparaître. En plus des habitats, la zone sur laquelle Fabienne Buccio s’apprête à envoyer ses bulldozers comprend la quasi-totalité des lieux bâtis par les bénévoles venus de toute l’Europe pour pallier les manquements de l’État.
    La préfecture promet que des solutions dignes seront proposées aux personnes délogées. Elle met en avant un parc de containers aménagés en dortoirs. Mais seules 400 places y restent disponibles. Et ce centre d’accueil provisoire suscite de nombreuses réticences dues au manque de transparence sur l’utilisation des données personnelles, notamment biométriques, obligatoirement collectées pour y avoir accès. L’autre alternative soutenue serait le placement dans un des centres d’accueil et d’orientation ouverts cet automne sur l’ensemble du territoire national. Mais ces lieux sont, pour la plupart, des centres de vacances fermés en basse saison et qui reprendront leur fonction initiale dès le printemps. Ils s’apparentent, de plus, à de véritables zones de triage, d’où de nombreux exilés, enregistrés à leur arrivée en Europe dans un autre pays, ont été reconduits à la frontière, selon les prérogatives du règlement de Dublin III. Les dernières statistiques sur ces centres dits de répit établissent que 54 % des personnes en attente de placement dans l’un d’entre eux sont passibles d’expulsion dans le cadre de la « procédure Dublin ».
    Dans le bidonville, Maya avoue son impuissance face à l’indignité des autorités : « On n’arrête pas d’expliquer que si les bulldozers arrivent, toute réaction violente ne servirait à rien et serait contre-productive. Mais ici, les gens sont à bout. »


    jeudi 21 janvier 2016

    2015, une année catastrophique pour les réfugiés

    Médecins Sans Frontières tire la sonnette d’alarme

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    El Watan, 21/1/2016

    L’Europe a failli à ses obligations humanitaires, selon l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Pour cette organisation humanitaire, à part fermer leurs portes et leurs frontières, les pays européens ont géré de manière catastrophique l’afflux des réfugiés fuyant essentiellement la guerre et les violences dans leurs pays. MSF s’attend au pire en 2016 si le comportement égoïste des décideurs européens ne change pas.

    Dans son rapport rendu public mardi dernier, l’organisation humanitaire internationale Médecins sans frontières a critiqué la politique des pays européens en matière d’accueil des réfugiés et des migrants. Elle considère 2015 comme étant «une année de l’échec catastrophique de l’Europe à répondre aux besoins des réfugiés et migrants» qui ont frappé à ses portes.
    «On se souviendra de 2015 comme d’une année au cours de laquelle l’Europe a lamentablement échoué à prendre ses responsabilités et à répondre aux besoins urgents d’assistance et de protection de plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants», a-t-elle notamment indiqué dans son rapport, consolidé avec des chiffres et des témoignages de personnes qui, à leurs risques et périls, ont pris la mer pour échapper à la misère et à la violence.