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samedi 9 juillet 2016

Le Conseil d’Etat français saisi pour la suppression de la condition de résidence aux chibanis


Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé a été interrogée au parlement en décembre 2015 sur la différence de traitement entre retraités français et retraités émigrés (chibanis) dans le cadre de la sécurité sociale. 

Cependant les associations qui soutiennent cette population de retraités émigrés demandent une équité dans le traitement des retraités de l'Union européenne et ceux issus des pays de la rive Sud de la Méditerranée.

mercredi 18 mai 2016

Pour le Défenseur des droits, la France discrimine ses étrangers

LE MONDE, 9/5/2016

La file d'attente pour le renouvellement des permis de séjour devant la préfecture de Lyon, le 16 février 2015.

Au cœur de la pensée d’extrême droite, la préférence nationale s’est doucement instillée au pays des Lumières… Chaque page du rapport intitulé « Les droits fondamentaux des étrangers en France », rendu public lundi 9 mai par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, affirme cette réalité.

Si M. Toubon n’emploie jamais l’expression politiquement marquée de « préférence nationale », il montre combien l’accès à des droits aussi fondamentaux que la scolarisation ou la santé peut être entravé pour les extra-nationaux. Pire, il rappelle qu’on n’interroge même plus ces discriminations, tant elles se sont banalisées. « L’idée de traiter différemment les personnes n’ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits qu’aux nationaux est si usuelle et convenue qu’elle laisserait croire que la question de la légitimité d’une telle distinction est dépourvue de toute utilité et de tout intérêt », note-t-il dès les premières lignes de son travail.

jeudi 12 novembre 2015

"Chibanis" marocains en France : continuons le combat ! Remarques au CCME.


jeudi 19 février 2015

France. Les Chibanis parisiens, menacés d’expulsion, sont enfin tirés d’affaire lundi 16 février 2015

Par Nadir Dendoune, 16/2/2015


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15 personnes parmi les 33 Chibanis parisiens menacés d’expulsion, ont reçu des propositions de logement (Photo de Jean-Michel Sicot)
 

Il fait assez bon à Paris ce dimanche 15 février. Il est 20h. Au Mk2 de Bastille, des badauds, bobos pour la plupart, sortent du cinéma l'air heureux. A quelques centaines de mètres de là, au 73 rue du Faubourg Saint-Antoine, d'autres personnes, de vieux retraités maghrébins ont eux aussi le sourire aux lèvres.
 
Au 1er étage, Layachi, Djamel, Saïd, Youcef, Mohamed et Achour, trinquent ensemble, en écoutant Malika Domrane, une artiste algérienne qui chante en kabyle. Leur bonheur fait plaisir à voir. Il y a quelques jours, tous les locataires de cet hôtel meublé, 33 personnes au total, menacés d'expulsion depuis juin dernier (voir également notre article de décembre) ont reçu un courrier rédigé conjointement par la préfecture et la mairie de Paris, leur indiquant que « conscients de la situation difficile à laquelle vous devez faire face, après de nombreuses années de travail en France et de vie quotidienne dans cet hôtel meublé dégradé et compte tenu de votre situation d'occupant de bonne foi, la Ville de Paris et l'Etat ont décidé de vous proposer un logement social à Paris ».

Espoir
Cette lettre précise également que toutes « les propositions de relogement seront faites d'ici le 30 juin 2015 », date à laquelle l'hôtel doit être vidé de tous ses occupants. Ces derniers jours, quinze personnes ont d'ailleurs reçu une offre de logement. « Pour la première fois depuis plusieurs mois, on n'a plus peur », s’enthousiasme Layachi Ait Baziz, 65 ans, qui partage depuis10 ans une minuscule chambre de 10m2, sans douche et sans toilette, au 2ème étage avec Said Allouche, un vieux monsieur de 82 ans. Layachi fait même partie des cinq locataires qui ont pu visiter leur prochain appartement. Le sien est à deux pas de la bibliothèque François Mitterand, dans le 13ème arrondissement de Paris. Et après l'avoir visité, vendredi dernier, le retraité est aux anges. « En face de chez moi, il y a le tramway », nous explique-t-il. « Je suis au deuxième étage, il y a un ascenseur. C'est le grand luxe », continue-t-il. Layachi n'aura plus à « descendre les deux étages pour aller aux toilettes ». Et puis, « je pourrais aussi inviter des gens », ajoute-t-il, sourire aux lèvres.

Solidarité
Le retraité devrait recevoir ses clefs dans « un mois environ ». Mais pas question pour lui « d’emménager sans que tous les autres aient leur logement ». « Nous avons commencé cette aventure ensemble, nous irons jusqu’au bout ensemble », rappelle Layachi. Car c’est grâce à cet état d’esprit que les Chibanis des 73 rue du Faubourg Saint-Antoine ont pu faire valoir leurs droits. « Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu autant de gens lutter de cette manière », rappelle Jean-Baptiste Eyraud, militant historique du Droit Au Logement (DAL), une association qui a été très vite aux côtés des Chibanis.

Petit rappel des faits
En juin dernier, la gérante des lieux demande aux retraités maghrébins de faire leurs valises. Propriété de la Société Immobilière de Seine (SIS), leur immeuble doit être détruit. Le Tribunal de grande instance de Paris en a décidé ainsi. En fait, la SIS demandait depuis plusieurs mois que le lieu soit vidé de ses occupants (certains parlent de gros projet immobilier qu’elle aimerait construire à la place de cet hôtel miteux), mais les locataires n’étaient pas au courant. La gérante avait tenu le secret pour continuer à empocher les loyers.

« Nous ne savions pas qu’il existait autant de gens comme ça en France »
Pour les Chibanis, tout ceci paraît tellement loin. Aujourd’hui, ils veulent juste retenir le bel élan de solidarité autour de leur combat. « Nous ne savions pas qu’il existait autant de gens comme ça en France », dit ému Achour Amarouche, 69 ans, au 73 rue du Faubourg Saint-Antoine depuis 1980. « Le Dal a été formidable, mais nous avons également eu droit à la visite de parfaits inconnus. Des citoyens qui venaient nous apporter du réconfort, », continue Achour. « Même les politiques, notamment Ian Brossat, l’élu au logement, ont tenu parole. Ça nous avait vraiment fait chaud au cœur. On se sent aujourd’hui moins seuls ». Mais cette « triste histoire » a aussi permis de tisser des liens entre des gens qui vivaient ensemble mais ne se connaissaient à peine. « Avant la menace d’expulsion, on se disait bonjour-au-revoir, chacun menait sa vie de son côté », se souvient Youcef Ferkous, 72 ans, 16 ans dans cet hôtel. « Aujourd’hui, nous sommes devenus plus que des frères de lutteDe vrais amis », renchérit-il. « Quand on a su qu’on allait être expulsé, je n’aurais jamais pensé à une telle issue. La vie est formidable ». 
Malgré ces bonnes nouvelles, il y a tout de même de la nostalgie tout autour de ces mursPeut-être aussi la peur de se retrouver seul de nouveau. « On continuera tous à se voir », promet Mohamed en levant son verre. « Oui, il faut prendre ça comme un nouveau départ et de toute façon, on gardera toujours le contact», renchérit de son côté Youcef. Il est 23h. Guerouabi, le chanteur chaabi a remplacé Malika Domrane. Tous sont désormais debout et dansent heureux, le verre à la main…

mardi 16 septembre 2014

France : Les chibanis remportent une victoire





France : Les chibanis remportent une victoire


Des chibanis discutent sur un banc à Paris. /DR

  Dernière mise à jour le 12/09/2014 
Le Parlement français a voté, mercredi, un amendement facilitant l’acquisition de la nationalité française pour immigrés de plus de 65 ans, vivant en France depuis plus de 25 ans et parents d’un enfant français. Les associations qui défendent leurs droits saluent ce vote.

Les députés français ont tendu la main, cette semaine, aux retraités immigrés qui veulent devenir Français. En effet, les parlementaires ont voté un amendement qui va faciliter l’acquisition de la nationalité française à cette catégorie. Cette décision, réclamée par les associations depuis plusieurs années, a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale française ce mercredi.
La disposition votée s’inspire du rapport remis par la commission parlementaire des immigrés âgés. Elle permettra donc aux Marocains âgés de plus de 65 ans, ayant vécu 25 ans en France, parents d’enfant français et vivant encore de manière régulière sur le territoire hexagonal, d’obtenir plus aisément la nationalité française s’ils le souhaitent. Selon Alexis Bachelay, député socialiste des Hauts-de-Seine et rapporteur de la commission des immigrés âgés, avance le nombre de 200.000 personnes concernés par cette « avancée majeure ».
Cette mesure de « générosité » selon Laurent Rossignol, Secrétaire d’État français aux Personnes âgées, permet d’éviter un « parcours du combattant » envers ceux « qui ont contribué à la réussite économique [de la France], dont les enfants sont Français »
Aux yeux des associations de défenses des droits des immigrés âgés, cet amendement apparaît tout à fait « légitime ». Pourtant, ces associations ne crient pas victoire trop vite.
Elles souhaitent que les 82 autres propositions du rapport de la commission immigrés âgés soient également appliquées au plus vite afin que les ‘chibanis’ « puissent vivre leur retraite pleine et entière où ils le souhaitent, et surtout, sans plus aucune limite de temps », insiste Cap Sud MRE.

samedi 6 septembre 2014

A 65, 70 ou 81 ans, des chibanis se battent pour garder un toit



4/9/2014

Capture d'écran d'une vidéo du 3 septembre 2014 montrant des Algériens et Marocains, menacés d'ex...Capture d'écran d'une vidéo du 3 septembre 2014 montrant des Algériens et Marocains, menacés d'expulsion, qui se battent pour garder leur chambre dans un hôtel meublé de l'Est parisien

Neuf mètres carrés, deux lits simples, pas d'eau chaude, de toilettes ou de douche : malgré la vétusté des lieux, de vieux Algériens et Marocains, menacés d'expulsion, se battent pour garder leur chambre dans un hôtel meublé de l'est parisien.
"On ne voudrait pas finir SDF, ou bien en errance, comme des Roms, des gitans... des métèques", confie avec un demi-sourire Mohamed Amrouni, 65 ans, qui avec une trentaine de chibanis (cheveux blancs en arabe) se retrouve prisonnier d'un conflit entre le propriétaire des lieux et le gérant.
Le premier, la Compagnie des immeubles de la Seine (Cise), tentait depuis des années d'obtenir le départ du second, arrivé en fin de bail commercial. En juillet 2013, la justice a ordonné l'expulsion des occupants mais la gérante de l'hôtel a omis d'en informer ses pensionnaires.
Près d'un an - et douze loyers - plus tard, l'un d'eux a appris de manière fortuite qu'ils devaient quitter les lieux. Et quelques jours après, des policiers ont débarqué avec un huissier.
Un courrier officiel a suivi: "à défaut de départ spontané, vous vous exposez à être expulsés sous quelques semaines".
Sonnés, les résidents n'ont pas baissé les bras. "La visite de la police, ça nous a choqués. Mais on s'est dit qu'on n'allait pas se laisser faire", raconte M. Amrouni.
Avec ses camarades d'infortune âgés de 65, 70 et même 81 ans, il a contacté un avocat puis frappé à une permanence de l'association Droit au logement (DAL) qui connaît bien ce type de dossier.
"C'est un problème qu'on rencontre souvent, détaille son porte-parole, Jean-Baptiste Eyraud. On a un hôtel meublé ancien, pas cher, pas loin du logement indigne, mais tout le monde s'y retrouve car les habitants ne peuvent pas se loger ailleurs. Là-dessus arrive un spéculateur, qui veut gagner de l'argent en virant les locataires."

- Fuites et cafards -
Vider le 73 rue du Faubourg Saint-Antoine, près de la place de la Bastille, multiplierait "par deux ou trois" le prix de l'immeuble. "Un jackpot", résume le militant.
"Oui, on veut gagner un peu d'argent, reconnaît une responsable de la Cise. Mais depuis des années, on ne touche pas un euro de loyer et on doit payer des procédures entamées par les voisins à cause de la vétusté des lieux."
Car, l'"Hôtel Voltaire", qui facture 250 à 480 euros par mois, n'a d'hôtel que le nom. Ici pas de room service ni de réceptionniste: à chaque locataire de se battre contre les fuites d'eau et les cafards. Sur les murs extérieurs, des fils électriques sont à nu.
"Je ne pensais pas du tout qu'au 21e siècle, en plein coeur de Paris, on pouvait encore habiter dans des logements aussi indécents", commente Chafia Mentalecheta, députée de la communauté algérienne établie en France, qui soutient les résidents.

- "Retraite en paix" -
Et les lieux, étroits et sans ascenseur, ne sont pas faits pour des hommes âgés. Le doyen doit ainsi être accompagné par ses voisins pour aller aux bains douches à deux kilomètres de là.
"Il faut que la France leur donne un logement décent, estime Mme Mentalecheta. Ce ne sont pas des clandestins, ils sont venus dans les années 60 pour travailler, pour participer à l'enrichissement de la France."
Le message semble avoir été reçu. "On a pris contact avec la Préfecture de police pour qu'elle sursoit à l'évacuation", a déclaré à l'AFP Ian Brossat, adjoint au logement à la mairie de Paris, qui envisage ensuite de proposer au propriétaire de leur acheter l'immeuble pour le transformer en résidence sociale.
La préfecture, qui a bien été saisie d'une demande de "concours de la force publique" souligne pour sa part ne pas l'avoir accordée "à ce stade". "Le dossier fait l'objet d'une instruction très attentive", ajoute-t-elle.
Achour, 70 ans, espère donc une issue favorable. "On cherche seulement un logement décent, pour qu'on finisse notre retraite en paix, c'est tout!"