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vendredi 19 février 2016

Et si on s’affranchissait de la croissance ? Le Bhoutan, un laboratoire du bonheur






Par Clémentine Métenier, 15/2/2016
Au Bhoutan, petit pays au cœur de l’Himalaya, l’heure est au bilan. On y célèbre l’anniversaire du roi qui, voilà quarante ans, inventa une philosophie nouvelle, le Bonheur national brut (BNB), qui interpelle aujourd’hui le monde entier. Au-delà d’une volonté de rendre plus heureux ses habitants, le BNB vient questionner pratiques et croyances occidentales et donne à réfléchir sur de nouveaux paradigmes de développement. Reportage.
nova

L'invasion des supermarchés : les pays du Sud doivent-ils en avoir peur ?Cet article est paru dans le numéro 44 d’Altermondes


Avez-vous accès à l’électricité ? Combien de prières faites-vous par jour ? Possédez-vous une télévision couleur ? Les membres de votre famille prennent-ils soin les uns des autres ? Sentez-vous que vous avez le droit de vous exprimer librement ? Depuis 2006, 148 questions permettent au Bhoutan, petit pays situé au cœur de l’Himalaya, de mesurer le bien-être de sa population à travers un indicateur : le Bonheur national brut (BNB). Dans le cadre de la cinquième conférence internationale sur le BNB qui s’est tenue en novembre dernier, le Center for Bhutan Studies (CBS) a livré les résultats du deuxième sondage mené auprès de 7 153 Bhoutanais, choisis parmi les quelque 700 000 habitants d’un pays qui fait la taille de la Suisse. 
La mise à jour de cet indicateur révèle que 43,4 % des Bhoutanais sont « très heureux » ou « profondément heureux ». Plus précisément, ils sont plus heureux en zone urbaine qu’en zone rurale, les hommes davantage que les femmes et les célibataires plus que les couples mariés. Pendant six mois, une centaine de « sondeurs » a sillonné le pays à la rencontre des habitants pour mesurer leur niveau d’éducation, leur revenu, leur lien avec les autres villageois, le temps qu’ils passent à dormir ou encore leur prise de conscience de l’importance du recyclage… Karma Ura, directeur du CBS, explique : 

« Nous voulons savoir comment les gens expérimentent le bien vivre et comment ils sont affectés par le développement. Le “bonheur” est un concept très complexe. Mieux on le comprend, plus on peut être attentif au sein du gouvernement à améliorer le sort des individus. » 
Ces chiffres, bien que très subjectifs, ont en effet pour vocation d’orienter une vision de société. « Le bien-être des populations est plus important que le développement économique du pays. » C’est par ces propos tenus en 1979 que le quatrième roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, formula la philosophie du Bonheur national brut, pour guider son pays. L’indicateur, créé  deux décennies plus tard, repose sur neuf dimensions : santé, éducation, utilisation du temps, résilience écologique, vitalité communautaire, bonne gouvernance, bien-être psychologique, résilience culturelle et niveau de vie. Une seule est donc assise sur la richesse matérielle. 
Un socle de valeurs spirituelles 
Panneau devant une ecole « Nous devons réfléchir, construire et agir. » Le discours d’ouverture de la conférence internationale prononcé par le Premier ministre Tsering Tobgay a mis en avant les résultats de la dernière enquête de manière prospective. L’objectif ? Avancer des pistes concrètes de politiques à mettre en oeuvre. Car, le BNB, non assorti d’actions concrètes, est la cible des critiques. Il est accusé d’être un alibi de communication à l’international plutôt qu’une attention réelle portée aux attentes de la population. C’est ce que souligne Neten Zangmo, ex-responsable de la commission anti-corruption au gouvernement et aujourd’hui directrice d’une ONG qui oeuvre pour l’environnement. « Nous sommes hypocrites ! On sait tous que mettre en place le BNB est la chose à faire. En parler est une chose, le mettre en action en est une autre. Pourquoi est-ce si difficile ? Tout le monde doit s’atteler à sa mise en pratique, à tout moment. » De fait, en allant à la rencontre des habitants des villages, loin de la capitale et de certaines formes de modernité, on constate que le BNB n’est pas porté par les habitants en tant que tel, tout comme un Français ne saurait définir précisément le PIB. Le quotidien est rythmé par le travail aux champs qu’assurent autant les femmes que les hommes. La proportion de la population vivant de l’agriculture s’élevait à plus de 93 % en 2010. Les conditions de vie sont très rudes ; le bien-être matériel et un confort minimal demeurent les préoccupations essentielles des Bhoutanais. Le village de Gangtey se situe dans la vallée de Pobjhika, à plus de 3 000 mètres d’altitude. Ici, la première route a été construite en 1985, la télévision est arrivée en 2000, changeant la vie des habitants. C’est le cas de Goeche Om, 60 ans. « Après 2000, le Bhoutan a connu un énorme changement avec la télévision, la radio et Internet. La vie des gens est devenue plus facile. Maintenant, je mets seulement quelques heures en voiture pour aller au village voisin au lieu d’une semaine à pied, et ça, ça me rend heureuse. » Si la modernité occidentale est visible même dans les endroits les plus reculés, la philosophie du bien-être, au Bhoutan, reste indissociable de celle du bouddhisme. La vie spirituelle est mêlée à la vie quotidienne, qui repose sur un socle de valeurs inhérentes à la culture bouddhiste : la solidarité, la vie en communauté, un profond respect pour la nature. Inscrit dans la Constitution de 2008, le BNB repose sur le fait que « l’idée de bonheur puisse conduire la politique, en général, et les comportements, en particulier, pour maintenir vivantes les valeurs de notre civilisation »
Questionner notre propre modèle 
Inscription sur un mur de la capitale Timphu
« Différent, cest beau » Inscription sur un mur de la capitale Timphu
Ce paradigme de développement imprégné de tradition bouddhiste questionne les 48 pays présents lors de la conférence internationale. Pour Célina Whitaker, cofondatrice du Collectif Richesse avec Patrick Viveret et coprésidente du réseau Fair, « cette approche nous paraît inspirante dans sa manière de poser les questions des “conditions de vie dignes”, base indispensable pour envisager l’épanouissement de chacun ». Il ne s’agit donc pas de transposer le BNB mais de s’inspirer de sa vision holistique qui est basée sur la suffisance plutôt que sur la consommation effrénée. Des concepts nés ailleurs dans le monde vont aussi dans ce sens : le buen vivir en Amérique latine ou le Livelihood Sovereignty dans la région du Mékong. En France et ailleurs en Europe, des indicateurs alternatifs (ou complémentaires) au PIB voient peu à peu le jour pour penser la croissance autrement. En témoigne par exemple la Loi française votée en avril 2015 sur la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans la définition et l’évaluation des politiques publiques. Cependant, ce ne sont que des instruments de mesure. Le Bhoutan n’est pas exempté de défis « modernes » à relever : le chômage des jeunes, la désertion des campagnes, la drogue et l’alcoolisme… Pour autant, après une visite dans ce petit laboratoire himalayen, l’envie prend de citer Nelson Mandela : « Une vision qui ne s’accompagne pas d’acte n’est qu’un rêve. Une action qui ne découle pas d’une vision est du temps perdu. Une vision suivie d’actions peut changer le monde ».

mardi 26 janvier 2016

Témoignage poignant et sensible de José Mujica (président de l’Uruguay)


● La vidéothè(K)que ●
Témoignage extrait du film © HUMAN de Yann Arthus-Bertrand.

« Peu importe que je sois président.
J’ai passé plus de dix ans seul dans un cachot, et 7 années sans ouvrir un livre avec beaucoup de temps pour penser. Et voilà ce que j’ai découvert :
Soit on est heureux avec peu de choses, sans trop s’encombrer – car le bonheur, on l’a en soi – soit on n’arrive à rien.

Je ne fais pas l’apologie de la pauvreté mais l’apologie de la sobriété. En cela, je ne préconise pas un retour à la caverne, mais de mettre un terme au gaspillage inutile et au superflu. L’important, c’est demain. »
Quelle sagesse…

jeudi 19 février 2015

France. Les Chibanis parisiens, menacés d’expulsion, sont enfin tirés d’affaire lundi 16 février 2015

Par Nadir Dendoune, 16/2/2015


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15 personnes parmi les 33 Chibanis parisiens menacés d’expulsion, ont reçu des propositions de logement (Photo de Jean-Michel Sicot)
 

Il fait assez bon à Paris ce dimanche 15 février. Il est 20h. Au Mk2 de Bastille, des badauds, bobos pour la plupart, sortent du cinéma l'air heureux. A quelques centaines de mètres de là, au 73 rue du Faubourg Saint-Antoine, d'autres personnes, de vieux retraités maghrébins ont eux aussi le sourire aux lèvres.
 
Au 1er étage, Layachi, Djamel, Saïd, Youcef, Mohamed et Achour, trinquent ensemble, en écoutant Malika Domrane, une artiste algérienne qui chante en kabyle. Leur bonheur fait plaisir à voir. Il y a quelques jours, tous les locataires de cet hôtel meublé, 33 personnes au total, menacés d'expulsion depuis juin dernier (voir également notre article de décembre) ont reçu un courrier rédigé conjointement par la préfecture et la mairie de Paris, leur indiquant que « conscients de la situation difficile à laquelle vous devez faire face, après de nombreuses années de travail en France et de vie quotidienne dans cet hôtel meublé dégradé et compte tenu de votre situation d'occupant de bonne foi, la Ville de Paris et l'Etat ont décidé de vous proposer un logement social à Paris ».

Espoir
Cette lettre précise également que toutes « les propositions de relogement seront faites d'ici le 30 juin 2015 », date à laquelle l'hôtel doit être vidé de tous ses occupants. Ces derniers jours, quinze personnes ont d'ailleurs reçu une offre de logement. « Pour la première fois depuis plusieurs mois, on n'a plus peur », s’enthousiasme Layachi Ait Baziz, 65 ans, qui partage depuis10 ans une minuscule chambre de 10m2, sans douche et sans toilette, au 2ème étage avec Said Allouche, un vieux monsieur de 82 ans. Layachi fait même partie des cinq locataires qui ont pu visiter leur prochain appartement. Le sien est à deux pas de la bibliothèque François Mitterand, dans le 13ème arrondissement de Paris. Et après l'avoir visité, vendredi dernier, le retraité est aux anges. « En face de chez moi, il y a le tramway », nous explique-t-il. « Je suis au deuxième étage, il y a un ascenseur. C'est le grand luxe », continue-t-il. Layachi n'aura plus à « descendre les deux étages pour aller aux toilettes ». Et puis, « je pourrais aussi inviter des gens », ajoute-t-il, sourire aux lèvres.

Solidarité
Le retraité devrait recevoir ses clefs dans « un mois environ ». Mais pas question pour lui « d’emménager sans que tous les autres aient leur logement ». « Nous avons commencé cette aventure ensemble, nous irons jusqu’au bout ensemble », rappelle Layachi. Car c’est grâce à cet état d’esprit que les Chibanis des 73 rue du Faubourg Saint-Antoine ont pu faire valoir leurs droits. « Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu autant de gens lutter de cette manière », rappelle Jean-Baptiste Eyraud, militant historique du Droit Au Logement (DAL), une association qui a été très vite aux côtés des Chibanis.

Petit rappel des faits
En juin dernier, la gérante des lieux demande aux retraités maghrébins de faire leurs valises. Propriété de la Société Immobilière de Seine (SIS), leur immeuble doit être détruit. Le Tribunal de grande instance de Paris en a décidé ainsi. En fait, la SIS demandait depuis plusieurs mois que le lieu soit vidé de ses occupants (certains parlent de gros projet immobilier qu’elle aimerait construire à la place de cet hôtel miteux), mais les locataires n’étaient pas au courant. La gérante avait tenu le secret pour continuer à empocher les loyers.

« Nous ne savions pas qu’il existait autant de gens comme ça en France »
Pour les Chibanis, tout ceci paraît tellement loin. Aujourd’hui, ils veulent juste retenir le bel élan de solidarité autour de leur combat. « Nous ne savions pas qu’il existait autant de gens comme ça en France », dit ému Achour Amarouche, 69 ans, au 73 rue du Faubourg Saint-Antoine depuis 1980. « Le Dal a été formidable, mais nous avons également eu droit à la visite de parfaits inconnus. Des citoyens qui venaient nous apporter du réconfort, », continue Achour. « Même les politiques, notamment Ian Brossat, l’élu au logement, ont tenu parole. Ça nous avait vraiment fait chaud au cœur. On se sent aujourd’hui moins seuls ». Mais cette « triste histoire » a aussi permis de tisser des liens entre des gens qui vivaient ensemble mais ne se connaissaient à peine. « Avant la menace d’expulsion, on se disait bonjour-au-revoir, chacun menait sa vie de son côté », se souvient Youcef Ferkous, 72 ans, 16 ans dans cet hôtel. « Aujourd’hui, nous sommes devenus plus que des frères de lutteDe vrais amis », renchérit-il. « Quand on a su qu’on allait être expulsé, je n’aurais jamais pensé à une telle issue. La vie est formidable ». 
Malgré ces bonnes nouvelles, il y a tout de même de la nostalgie tout autour de ces mursPeut-être aussi la peur de se retrouver seul de nouveau. « On continuera tous à se voir », promet Mohamed en levant son verre. « Oui, il faut prendre ça comme un nouveau départ et de toute façon, on gardera toujours le contact», renchérit de son côté Youcef. Il est 23h. Guerouabi, le chanteur chaabi a remplacé Malika Domrane. Tous sont désormais debout et dansent heureux, le verre à la main…

samedi 12 juillet 2014

Curiosité : Les Marocains sont un peuple masochiste


Selon Wikipedia, le masochisme est la recherche du plaisir dans la douleur. Cette douleur peut être psychologique (humiliation) ou physique.
Les Marocains voient dans le Maroc le plus beau pays, le plus démocratique, le plus avancé: Bref, ils trouvent que le Maroc est un modèle à suivre par l'Algérie, la Mauritanie, la Tunisie et le reste des pays du Tiers Monde.
Cette conviction est l’œuvre de la machine de propagande du Makhzen qui veille à ce que les Marocains l'applaudissent dans tout ce qu'il fait, surtout dans la mésaventure du Sahara Occidental.
Les Marocains sont victimes quotidiennement des matraques de la police du régime. Nombreux sont les morts parmi les jeunes membres du Mouvement du 20 février. 
Les femmes marocaines sont célèbres par leur prostitution partout dans le monde, notamment en Arabie Saoudite, les Emirats et en Israël. Pire encore, tout le monde sait que les arabes du Golfe venaient au Maroc à la recherche d'une pratique qu'ils ne trouvent pas chez eux : la sodomisation.
Ainsi donc, malgré leurs femmes prostituées, sodomisées, tabassés tous les jours par la police, par la pauvreté qui bat de l'aile, les bidonvilles, les Marocains sont heureux. C'est à penser que c'est un peuple de masochistes qui ne trouvent leur plaisir que dans la douleur et la souffrance.

http://plan-paix-onu.blogspot.fr/2014/07/les-marocains-sont-un-peuple-masochiste.html?spref=fb