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vendredi 19 février 2016

« À bout », les migrants attendent les bulldozers


Emilien Urbach, 19/2/2016

Photo : Philippe Huguen/AFP
Le gouvernement s’apprête à expulser les migrants réfugiés dans le bidonville de Calais.
Photo : Philippe Huguen/AFP
La préfecture a laissé jusqu’à la fin de la semaine pour vider la moitié de la « jungle », avant son démantèlement. Les associations dénoncent une politique de la terre brûlée.

Calais, envoyé spécial.

« Ils ont imposé ce bidonville aux réfugiés, il y a à peine dix mois, et aujourd’hui, ils veulent tout détruire : les habitations de fortune et les infrastructures mises en place par les associations. » Maya, bénévole de l’Auberge des migrants, d’ordinaire si combative, n’arrive pas à cacher son abattement. Dans le bidonville créé en avril 2015, à l’initiative du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la municipalité de Calais, l’heure est à la stupéfaction.

Jeudi matin, la neige tombée à l’aube tapisse les toits de bâches et les chemins boueux de la « jungle ». Sur les baraques, des affichettes exposent le nouveau plan des autorités. En dépit de la froidure hivernale, Fabienne Buccio, préfète du Pas-de-Calais, a lancé l’ultimatum : la moitié du site devra être vidée de ses habitants d’ici à la fin de la semaine. Pour la préfecture, ce nouveau coup de force concerne 800 à 1 000 personnes. Les associations présentes au quotidien dans le campement évoquent, pour leur part, plus de 2 000 âmes, dont « plusieurs centaines d’enfants », obligées de tout abandonner. Elles viennent de remporter une première victoire puisque l’école laïque du chemin des dunes ne sera pas rasée.

« Nous refusons de participer à ça »

La préfecture voulait s’appuyer sur la collaboration des associations, mais pour ces dernières, la coupe est pleine. Six d’entre elles ont adressé une lettre ouverte à Bernard Cazeneuve, lui demandant de surseoir à l’évacuation. « Lorsqu’on nous a demandé d’aider à la création d’une bande de 100 mètres entre l’autoroute et les premières habitations, on a joué le jeu, tempête Maya. Il s’agissait simplement de déplacer quelques cabanes vers d’autres recoins du camp. Là, c’est de la destruction pure et simple. Nous refusons de participer à ça. »
Si le plan de la préfète est exécuté, la semaine prochaine, un théâtre, plusieurs lieux de culte, le centre de vaccination, le centre d’accueil juridique, l’Ashram Kitchen, principal lieu de distribution de repas chauds à l’intérieur du bidonville, le centre réservé aux femmes, celui dédié aux enfants, devraient disparaître. En plus des habitats, la zone sur laquelle Fabienne Buccio s’apprête à envoyer ses bulldozers comprend la quasi-totalité des lieux bâtis par les bénévoles venus de toute l’Europe pour pallier les manquements de l’État.
La préfecture promet que des solutions dignes seront proposées aux personnes délogées. Elle met en avant un parc de containers aménagés en dortoirs. Mais seules 400 places y restent disponibles. Et ce centre d’accueil provisoire suscite de nombreuses réticences dues au manque de transparence sur l’utilisation des données personnelles, notamment biométriques, obligatoirement collectées pour y avoir accès. L’autre alternative soutenue serait le placement dans un des centres d’accueil et d’orientation ouverts cet automne sur l’ensemble du territoire national. Mais ces lieux sont, pour la plupart, des centres de vacances fermés en basse saison et qui reprendront leur fonction initiale dès le printemps. Ils s’apparentent, de plus, à de véritables zones de triage, d’où de nombreux exilés, enregistrés à leur arrivée en Europe dans un autre pays, ont été reconduits à la frontière, selon les prérogatives du règlement de Dublin III. Les dernières statistiques sur ces centres dits de répit établissent que 54 % des personnes en attente de placement dans l’un d’entre eux sont passibles d’expulsion dans le cadre de la « procédure Dublin ».
Dans le bidonville, Maya avoue son impuissance face à l’indignité des autorités : « On n’arrête pas d’expliquer que si les bulldozers arrivent, toute réaction violente ne servirait à rien et serait contre-productive. Mais ici, les gens sont à bout. »


samedi 7 juin 2014

Casablanca : Heurts entre habitants d'un bidonville et policiers



Casablanca :Heurts entre habitants d'un bidonville 



                                         et policiers

Aufait


Hommes et femmes, tous ont joué des coudes face aux forces de l'ordre. /K.Alaoui
Hommes et femmes, tous ont joué des coudes face aux forces de l'ordre. /K.Alaoui Agrandir


La descente des forces de l'ordre au bidonville Carrières centrales a été musclée, et les populations ont tenté de se défendre comme elles pouvaient. /K.Alaoui
La descente des forces de l'ordre au bidonville Carrières centrales a été musclée, et les populations ont tenté de se défendre comme elles pouvaient. /K.Alaoui Agrandir


Les habitants de Carrières centrales ont tenté, mardi, de s'opposer à une démolition de baraques par les autorités, qui comptent réussir le programme "Villes sans bidonville". /K.Alaoui Les habitants de Carrières centrales ont tenté, mardi, de s'opposer à une démolition de baraques par les autorités, qui comptent réussir le programme "Villes sans bidonville". /K.Alaoui Agrandir

Les habitants du plus vieux bidonville de Casablanca ne sont pas du genre à se laisser faire./K.Alaoui Agrandir

Les habitants du plus vieux bidonville de Casablanca ne sont pas du genre à se laisser faire./K.Alaoui
Plusieurs personnes ont été interpellées lors de la descente de police aux Carrières centrales./K.Alaoui Agrandir

Plusieurs personnes ont été interpellées lors de la descente de police aux Carrières centrales./K.AlaouiDes affrontements ont éclaté, mardi, dans le plus vieux bidonville de Casablanca entre les forces de l'ordre et des habitants s'opposant à la démolition de baraques, dans la cadre d'un vaste programme de relogement, a fait écho la presse ce mercredi.
Selon le quotidien Assabah, quatre policiers ont été blessés. Des médias électroniques ont pour leur part affirmé que plusieurs dizaines de personnes avaient été interpellées. Ces chiffres n'ont pu être confirmés, pour l'heure, auprès des autorités.
Le Maroc a entrepris depuis une dizaine d'années un programme intitulé “Villes sans bidonville”, qui prévoit le relogement de près de deux millions de personnes au total, sur l'ensemble du territoire.
À Casablanca, plus de 100.000 ménages sont concernés et, en début d'année, le taux de réalisation dépassait les 50%, un niveau toutefois inférieur à la moyenne en raison notamment de contentieux avec certains habitants sur les modalités de leur relogement.
Malgré cette contestation, des camions et bulldozers, accompagnés par des membres des forces de l'ordre, ont entrepris mardi la démolition d'une quarantaine de baraques à “Carrières centrales”, bidonville de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, a rapporté le quotidien Al Ahdath Al Maghribiya.
Les policiers ont alors essuyé des jets de pierres et plusieurs personnes ont été interpellées, selon la même source. Des habitants ont également été touchés mais ont pris la fuite, a ajouté Assabah.
Les autorités locales ont récemment fait part de leur souhait d'éradiquer l'ensemble des bidonvilles d'ici à 2017.
aufait avec AFP



mercredi 1 mai 2013

Maroc : Le logement social est en crise

débat diffusé sur Luxe Radio le diffusé sur Luxe Radio le Jeudi, 30/5/2013
 
Les ventes de logements sociaux baissent drastiquement. Tout le monde sait que le problème des bidonvilles est quasiment insoluble, que des milliers de marocains sont mal logés, même quand ils habitent une vraie maison ou un vrai appartement, les effondrements se multiplient dans les médinas…
Dans ce contexte, figurez-vous qu'on apprend que le logement social est en crise.  Non de n'être pas assez nombreux, ou assez vite construit pour répondre aux besoins, dans de nombreuses régions, au contraire, on ne parvient plus à vendre le logement social. Les gens sont toujours mal logés, mais ils n'achètent plus. Pourtant l'attachement à la maison, à la propriété n'a pas baissé. «Globalement, il y a un ralentissement de l’activité, tous segments confondus », explique ainsi Youssef Ibn Mansour, président de la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers ou FNPI, et ce, même dans le logement social. Mais, continue notre président, l’axe Kenitra-El Jadida est moins touché, car tout ce qu'on y produit finit par s'y vendre, même si c'est moins vite qu'avant. Tandis que dans d'autres villes, comme Fès, Meknès, Oujda, Marrakech, Agadir, Béni Mellal, Khouribga, etc… des logements restent sur les bras, malgré les baisses successives des prix et/ou de l'apport minimum pour acheter.

Alors vous me direz, sans doute que c'est parce que les gens ne sont pas si mal logés dans ces régions, alors qu'à Casablanca, forcément... D'ailleurs, ça serait cohérent avec la situation des bidonvilles, non? Mais quand on écoute les professionnels du secteur, la raison en est également dans les conditions d'accession à la propriété. Ainsi, selon l’inspection régionale de l’habitat de Fès : « La difficulté de la commercialisation pour le logement social est liée à la faible capacité de financement des ménages désireux d’acquérir un logement social ». Les banques demandent à ce que les acheteurs aient environ 30% du prix du bien pour accorder un prêt, qu'ils font payer généralement très cher, 6,1% d'intérêts en moyenne en 2012, nous dit-on, sur une durée moyenne de prêt de 15 ans. Et cela, tout le monde ne peut pas le faire.
 Résultat, les professionnels du secteur envisagent de faire des offres à destination des MRE, pour l'été, avec financement inclus, sans apport du tout! Mais, dites-moi, les MRE, c'est normal, qu'ils constituent, désormais, les clients des logements sociaux? Les logements sociaux, ce n’est pas censé être du pas cher pour les défavorisés? Chuuuut... Il ne faut pas le dire ! 
Ces derniers temps, plus rien ne marche dans l'immobilier. En ce seul premier semestre de 2013, le secteur du BTP aurait perdu pas moins de 56.000 emplois et les cimentiers sont en récession, après avoir explosé leurs chiffres durant presque 10 ans. Alors on ne va pas taper sur les rares clients qui sont prêts à acheter, n'est-ce pas?

lundi 11 mars 2013

Mohammedia : rencontre ouvrières-militantes de bidonvilles

Le 10 mars 2013, la section de l'AMDH de Mohammedia, a organisé une rencontre avec certaines ouvrières et des militantes des bidonvilles. Après des projections relatives aux luttes de la région, la parole fut donnée (pour témoignage) à 2 ouvrières (de GOURVENIV et de TOBAGO), et à 3 citoyennes de bidonville (de Brahma, Chanti Jmouâ, et de Sefri). 
La parole fut donnée par la suite à l'assistance qui a enrichi l'activité. L'activité a été gérée par les camarades Aziza et Zhor du bureau de la section.
Ci-dessous une vidéo relative à une partie des interventions des deux modératrices.
BRAVO militantes de l'AMDH! BRAVO CITOYENNEs !
http://www.youtube.com/watch?v=1m5aM3C8hiU&feature=youtu.be
 

mercredi 23 janvier 2013

Biens mal acquis profitent toujours, enquête sur un pillage d’Etats


De Salah Elayoubi, 23/1/2013 23 janvier
A regarder pour comprendre, sinon se convaincre définitivement des pratiques mafieuses des chefs d'Etats africains et la complicité de la France dans la prédation des richesses africaines.

http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/
Piéces a conviction - France 3
programmes.france3.fr

Un magazine d‘enquête de France 3 proposé par Marie de La Chaume et présenté par Patricia Loison.

mercredi 24 août 2011

Mohammedia : Les bidonvillois-es dans la rue.

Par Ali Fkir, 24/8/2011

Les bidonvillois-es de Bradaâ et d'Al Massira (Mohammedia) sont sortis le mardi 23 août 2011 protestant contre la répression dont ils furent victimes le lundi 22/08/2011.
Des centaines, pour ne pas dire des milliers des citoyen-nes sans droits de citoyenneté sont restés dans la rue tard la nuit.
http://www.youtube.com/watch?v=XLjjAfBJNFs&feature

dimanche 31 juillet 2011

Maroc : Marche du samedi 30 juillet des bidonvillois

Par Ali Fkir, 30/7/2011

Mohammedia le samedi 30 juillet: au départ deux marches. L'une partie du bidonville d'Al Massira, l'autre du bidonville Bradaâ. Elles se sont retrouvées Avenue de la résistance. La marche unitaire a été empêchée par une armada impressionnante (Avenue Hassan II).
Slogans scandés sont relatifs au droit à un logement décent, à la condamnation des politiques anti-sociales de l'Etat, à la dénonciation des "élections " et des " élus"... les marcheurs et marcheuses criaient VIVE LE PEUPLE! VIVE Le PEUPLE!... Tout le monde s'est donné rendez-vous le dimanche 31 juillet pour participer activement la marche du MVT20FEVRIER.

BRAVO BIDONVILLOIS-ES

Cliquer pour voir les photos de la marche du 30 juillet 2011
http://nsa27.casimages.com/img/2011/07/30/110730112328524451.jpg


http://nsa28.casimages.com/img/2011/07/30/11073011255369521.jpg

http://nsa28.casimages.com/img/2011/07/30/110730112919709104.jpg

http://nsa28.casimages.com/img/2011/07/30/11073011324435212.jpg

http://nsa28.casimages.com/img/2011/07/30/110730113450206607.jpg

dimanche 10 avril 2011

Visite de l'enfer du Douar Merja, dans "le plus beau pays du monde..."

Une délégation de l'AMDH, section de Mohammedia,
a rendu visite aux habitant-es du Douar Merja ,
et ce le mardi 5 avril 2011.

Compte-rendu succinct de cette visite, par Ali Fkir, 10/4/2011
A la sortie de Casablanca, route de Mohammedia, plus de 600 familles vivent dans des conditions insupportables.
- Le bidonville s'appelle Douar Merja (douar marécage), car il se trouve dans un véritable marécage (il ne manque que les crocodiles).
- En plus des eaux des pluies, les eaux d'une rivière qui ne trouve pas le chemin vers la mer; en plus des eaux usées, le marécage est alimenté parles eaux toxiques déversées sur le douar par les usines d'à côté.
-Pas d'eau courante, pas de WC, pas d'école, pas de dispensaire de santé, pas de sécurité, pas de ramassage d'ordures...La police ne vient que s'il y a des morts, ou si des gens comme vous passent par là". Ce sont les dires des victimes.
- Nous avons demandé aux citoyen-nes (sans droits de citoyenneté) "l'âge" du douar "Merja". Une femme âgée répond :"j'ai 60 ans ou bien 70 ans", je suis née ici. Les patrons français (les patrons: haj Mohamed, Jacob, Pierre...mêmes comportements pour maximiser les profits) avaient besoin de la main-d'œuvre bon marché, avaient installé des familles dans ce terrain marécageux à proximité des usines.
Avec l'indépendance, la situation s'est empirée. La "nouvelle ère" (qui date depuis 1999) n'a rien fait pour alléger les souffrances des ces gens.
- De quoi vivent ces gens? les femmes répondent (aujourd'hui à Casablanca et à Mohammedia, ce sont les femmes qui sont à l'avant-garde): le ramassage des moules à côté de la mer, et des "salaires" des filles qui travaillent dans les usines de textile. Elles sont payées combien? Elles répondent : autour de 5 dh l'heure (moins d'un demi euro l'heure).
- Ces habitant-es supportent malgré tout leur situation.
- Alors pourquoi sont-ils venus jusqu'à Mohammedia pour voir la section de l'AMDH ?
"On" veut les expulser de ces marécages sans alternative aucune.
Pourquoi? Le "terrain nu" (selon l'acte de vente) a été cédé par les "Brasseries du Maroc" (appartenant dans le temps à l'ONA, groupe royal, qui est de loin le plus puissant groupe économique privé du pays).
Qui a signé le contrat de vente? Chakib Benmoussa, ex ministre de l'intérieur (patron des "brasseries du Maroc" dans le temps) et nommé par dahir président du "Conseil économique et social" depuis début 2011
- Des centaines de familles vivent depuis plus de 50 ans dans ce coin, qui est vendu comme "terrain nu". C'est scandaleux! c'est du pur Kafka!
- Aujourd'hui on vient exiger de ces victimes de quitter les lieux au profit de l'acquéreur (une société d'investissement). Pour cette société, elle a acquis un terrain,vague, un terrain nu (les baraques et les centaines des gens qui les occupent sont invisibles!!!) et donc ces centaines de baraques ne sont là qu'après l'acquisition (qui ne date que de 8 ans). La réalité c'est que ces marécages sont habités depuis plus de 60 ans (les carnets d'état civil, les cartes nationales...le prouvent).
- Que demandent ces victimes de l'arbitraire? Rien que la justice
- Que demande l'AMDH (section de Mohammedia)? Rien que des logements décents pour ces victimes des politiques de l'État.
La solidarité avec les victimes des politiques de l'État nous interpelle

Photos prises le 5 avril 2011
Des centaines de personnes vivent au milieu des détritus...
....au milieu des eaux usées....

Les jeunes passent leur temps comme ils peuvent et là où ils peuvent.
Pas d'école, le chômage bat son record

...au milieu des eaux empoisonnantes déversés par les sociétés...


Aziza, la présidente de la section de l'AMDH, Moussa, vice-président, Abderrahmane, secrétaire général adjoint en visite au Douar Merja/Douar marécage (le mardi 5 avril 2011)

Les baraques autour de la mosquée (l'imam de "la maison de Dieu" est pris en charge par l'État, le dit État veille "consciencieusement" sur l'intégrité spirituelle des sujets).
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"En hiver on est inondé, on grelotte de froid.
En été on suffoque sous la chaleur, on devient des proies faciles pour les moustiques du marécage...,
A la veille des élections, les nantis et le makhzen deviennent gentils avec nous. Le prix d'une voix (de vote) varie de 200 dh (pour les simples votant-es), et des milliers de dh pour les rabatteurs, et surtout pour les rabatteuses."
Devant l'AMDH, les gens déballent toute la vérité.

lundi 28 mars 2011

Mohammedia : importante participation des habitants des quartiers populaires et des bidonvilles au sit in du 27 mars

Par Ali Fkir, 27/3/2011
Elles, ils sont des centaines à répondre à l'appel de "la coordination de Mohammedia pour le changement (liberté, dignité, démocratie") en assistant activement au sit in organisé le 27 mars 2011 à la place d'AL KARAMA à partir de 16h30.

Le contenu des slogans est riche et varié:
- Refus du contenu du discours royal
- Contre l'impunité
- Pour une constitution démocratique préparée par une assemblée constituante élue
- Démission du gouvernement
- Dissolution du parlement
- Élections libres et transparentes
- liberté, droits d'expression...
- Droits sociaux et économiques: logement décent, enseignement, santé, travail...
Les habitant-es des quartiers populaires en général et les bidonvillois-es en particulier étaient présent-es en masse. Aucune fausse note n'est à signaler. Toutes les sensibilités ont évité tout ce qui peut porter atteinte à l'unité du mouvement pour le changement.
Bravo la coordination!

 
 
 
 
 
 
 
 
Ces photos reflètent l'engagement des diverses couches sociales dans le mouvement pour le changement. Les "élites" makhzanisées, ne peuvent rien comprendre à ce qui se passe dans le Maroc profond

Mohammedia : Au Chanti Sidi Moussa, dénonçons l'arbitraire dans l'attribution des logements

Par Ali Fkir, 26/3/2011
Le vendredi 25 mars 2011, des militant-es de la section de l'AMDH de Mohammedia( Aziza la présidente, Moussa le président adjoint, Naïma la trésorière et un autre membre ) ont rendu visite au Chanti Sidi Moussa, et cela sur la demande des habitants.
La majorité des habitants ont déjà bénéficié de facilités pour accéder à un logement, d'autres familles ont été ignorées/écartées délibérément.Celles-ci remettent en question les critères sur lesquels se sont basés les responsables (surtout le caïd et le moukaddem):
- Le clientilisme
- La corruption
Certains habitants ont bénéficié de deux logements (à la place d'une seule baraque), les barques ne sont pas détruites. Le caïd aurait laissé exprès ces baraques pour en profiter par la suite (en s'octroyant un logement...).
Une baraque qui abrite 3 familles (avec enfants) n'ont bénéficié que d'un logement, d'autres sont dans l'impossibilité de payer des traites mensuelles de 1 500dh...
Les personnes lésées sont interdites d'avoir les documents personnels (pour renouveler par exemple la carte nationale), alors qu'elles sont nées et ont grandi dans le douar. Nous avons rencontré une jeune femme qui a trouvé du travail mais le moukaddem refuse de lui délivrer le certificat de résidence pour renouveler sa CNI. Elle a raté ainsi une occasion de sortir relativement de la misère.
Le douar ne bénéficie ni d'eau courante, ni d'électricité, ni de service de ramassage d'ordures...les habitant-es vivent au milieu des rats, des ordures...la nuit on s'enferme dans les baraques car les marginaux de la région se donnent le rende-vous dans ce coin perdu. La police ne les inquiète jamais.
L'AMDH, section de Mohammedia demande à ce qu'une enquête sérieuse soit faite sur les agissements du caïd et du moukaddem, et à ce que toutes les victimes bénéficient d'un logement décent
 
 des gens habitent au-dessus de ce gouffre

mercredi 23 février 2011

Maroc : Résistance et répression

Par Ali Fkir, 23/2/2011
 Casa : marche des bidonvillois-ses
Les bidonvillois-es et autres victimes des politiques antisociales de l'Etat ont entrepris une marche populaire vers le centre de Casablanca à partir de Hay Mohammedi. La foule est encerclée en ce moment par diverses forces de répression (côté rond-point avenue Youssef ibnou Tachfine- avenue A. Alaoui).
Les estafettes et autres moyens de transport des forces répressives se voient même à Aïn Borja
14h18mn du 23/02/2011

Urgent: arrestation à Imzourne
Informations Elhouceima et région:
- 24 personnes arrêtées le dimanche 20 février 2011ont été déférées devant la cour d'appel
- 14 personnes (Imzourne) arrêtées le lundi 21 février sont déférées devant la cour d'appel
- Arrestation du camarde Elyahyaoui Chakir commerçant (à Imzourne), militant d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, militant de l'AMDH,  aujourd'hui (23/02/2011) vers  16 heures(GMT) ainsi qu' Ibrahmi Makhloufi. Ils sont toujours détenus à Imzourne
Le camarade Yahyaoui Chakir et Brahim Makhloufi ont été libérés. Deux autres personnes sont toujours au commissariat d'Imzourne  
Arrestations à Agadir
Vaste opération d'arrestations (21 personnes selon les 1ères info) à Agadir suite au sit-in du 23 février 2011 (à 18h30 GMT),
 Le secrétaire général de l'UMT (régionale) et celui d'ATTAC  seraient parmi les arrêtés 
Sit in avec slogans en cours devant le commissariat où se trouvent les 22 arrêtés.  appartenant à ANNAHJ ADDIMOCRATI, ATTAC, PSU+ autres militants (la plupart étudiants). On exige la libération de tous les détenus.
 La majorité vient d'être libérée (dont le secrétaire général d'ATTAC). Il en reste quelques uns (la plupart sont les militants d'ANNAHJ dont le camarade responsable régional de la FNE-UMT).
 En ce moment , arrestations massives dans les milieux estudiantins habitant les quartiers populaires. Les divers  appareils de répression de l'État font régner la terreur dans ces quartiers

النهج الديمقراطي                
  اللجنة المحلية  
     المحمدية
بيان
إن المجلس المحلي للنهج الديمقراطي بالمحمدية المنعقد بتاريخ 22 فبراير 2011، و بعد وقوفه خصوصا على مستجدات الساحة العربية و الوطنية و ما تشهده من حراك شعبي يسجل ما يلي:
- إذ ينحني بخشوع أمام أرواح الشهداء الذين سقطوا برصاص قوات القمع و بلطجية النظامين السابقين التونسي و المصري، فإنه يهنئ الشعبين التونسي و المصري على صمودهما و نجاح ثورتيهما، و يندد بالمجازر المرتكبة من طرف الدكتاتور معمر القدافي في حق الشعب الليبي.
- يحيي كل الانتفاضات الشعبية ضد القهر و الاستبداد بكل من  الأردن، البحرين، اليمن و الجزائر...
و على المستوى الوطني يسجل المجلس:
- التجاوب الشعبي الباهر مع دعوة حركة 20 فبراير، و خروج الجماهير إلى الشارع معبرة عن سخطها و غضبها من الأوضاع المزرية التي تعيشها من جراء السياسات اللاشعبية المتبعة من طرف الدولة المغربية و المتجلية في الانفراد بالسلطة و الاستبداد و القهر اليومي المسلط على المواطنين.
- الحصار المضروب يوم 20 فبراير 2011 على محطات النقل سواء الطرقي أو السككي، لمنع الجماهير الشعبية من الالتحاق و المشاركة في الوقفات الاحتجاجية و المسيرات التي دعت إليها حركة 20 فبراير، و يندد بهذا الطوق الذي ضرب من خلال تعطيل أوقات القطارات و تجييش المحطات برجال الأمن بالزي المدني  ومن كافة الرتب، و القواد و أعوان السلطة ( المحمدية نموذجا ).
كما يشيد بصوت الجماهير الشعبية و صمودها، و يندد بالقمع الذي تتعرض له الجماهير الشعبية عامة، و المناضلون خاصة، بكل من امزورن، ايت بوعياش، مراكش، فاس، صفرو، اكدير، الخميسات خنيفرة... و يطالب بفك الحصار المضروب حول بعض المدن، و بإطلاق سراح المعتقلين في إطار الدينامكية النضالية الحالية، كما يترحم على كل شهداء هذه المقاومة الشعبية المشروعة.
و يعلن النهج الديمقراطي بالمحمدية تضامنه مع كل من:
- الرفيق عز الدين المنجلي، الكاتب المحلي للنهج الديمقراطي بصفرو، الذي تعرض للاعتداء الغادر من طرف كوموندو بوليسي نقل على أثرها إلى المستشفى في حالة خطيرة.
- المناضلة خديجة الرياضي، رئيسة الجمعية المغربية لحقوق الإنسان و أعضاء مكتبها المركزي  و كل المناضلين و المناضلات و أعضاء حركة 20 فبراير الذين تعرضوا للقمع بالرباط و بمدن أخرى.
كما يندد المجلس بالحملة المسعورة التي يقوم بها  القواد و أعوان السلطة في بعض الأحياء الصفيحية ضد النهج الديمقراطي بالمحمدية، و يثمن مبادرة تشكيل "تنسيقية المحمدية من أجل التغيير: الحرية، الكرامة، الديمقراطية".
ويؤكد تثمينه لكل المبادرات والقرارات التي تتخذها قيادة تنظيمنا وطنيا ودوليا.
و في الأخير، يجدد مناضلوا و مناضلات النهج الديمقراطي بالمحمدية العهد على مواصلة النضال و الانخراط في كل المحطات الاحتجاجية إلى جانب الجماهير الشعبية و كل القوى المناهضة للاستبداد و الطغيان، و ذلك من أجل ضمان استمرار و تجدير الحركة النضالية التي أعطيت انطلاقتها يوم 20 فبراير 2011 من أجل بناء مجتمع الكرامة و الحرية و الديمقراطية، و يؤكد أن إرادة الشعوب لا تقهر مهما طغا الطغاة و تجبروا.
المجد و الخلود لكل شهداء القضايا الجماهيرية، و إلى الأمام نحن سائرون.
عن مجلس الفرع

vendredi 18 février 2011

Le 20 février, la manifestation gagne le Maroc

Par Matière et Révolution/8/2/2011

« Ils ne peuvent pas nous anéantir, ils ne peuvent pas nous écraser. Nous continuerons pour toujours parce que nous sommes le peuple. »  John Steinbeck dans "Les raisins de la Colère"

Que se passe-t-il au Maroc ?

LES RAISONS DE LA COLÈRE ?
Misère, chômage, prostitution, 
désespoir des jeunes explosent !!!

Un conte pour enfants traîne partout : au Maroc, on aurait un roi démocrate, moderniste, ouvert, on n’aurait pas besoin de manger, pas besoin de se loger puisqu’on a un bon roi !!! Pas entendu parler de misère au Maroc ? Pas de chômage des jeunes ? Pas de prostitution ? Pas vu la richesse aussi ?!!! Des inégalités, non ? Ah le gentil roi que voilà !!! Il nous donne du travail, des revenus, des logements ? Non, des beaux discours !
Les images qui précèdent illustrent la démocratie de sa majesté le roi et le bien-être de son peuple ... Mohamed VI, tes bienfaits sont innombrables... à preuve misère, prostitution, grèves, manifestations, révoltes, émeutes, et immolations par le feu de jeunes désespérés... et répression, dictature, répression, dictature...



Le Maroc est-il plus pauvre que le Guatemala ou l’Égypte  ?

Oui, si l’on en croit l’indice multidimensionnel de pauvreté(IMP) de l’université d’Oxford, auquel le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) envisage de se référer à l’avenir.
Contrairement à l’indice de développement humain (IDH), l’IMP intègre plus de dix critères pour mesurer la pauvreté d’un pays.
Et, surprise, l’application de cet indice fait bondir le taux de pauvreté du Maroc à 28 % (soit 8,9 millions de personnes), contre 6,4 % pour l’Égypte.
Dans un communiqué publié le 20 août, Rabat dénonce ” le manque de rigueur et de professionnalisme de cette étude”et regrette que le Pnud « “ignore les sauts qualitatifs et  quantitatifs indéniables réalisés au Maroc depuis 2004″.
Face aux critiques des pays en développement, le Pnud tente depuis quelques années d’enrichir la définition de la pauvreté. L’IMP a l’avantage de mesurer avec plus de précision les degrés  de pauvreté d’une population et de déterminer ses besoins les plus urgents.
Mais les faits sont là : Fes (environ 30% de taux de pauvreté urbaine), Meknes (dans les 25%) ou encore Erachidia avec un taux qui dépasse les 45% de pauvres dans certaines localités (avec une dépense moyenne de moins de 4000 dh/an).

Et à côté de cette misère, LA RICHESSE INSOLENTE !!







Il y a donc plusieurs Maroc :
- celui des grandes familles de plus en plus riches de la bourgeoisie économique et des sphères dirigeantes de l’état (armée, police, haute administration), rassemblées autour de la plus puissante d’entre elles, la famille royale de la dynastie alaouite ;
- le Maroc des pauvres du monde rural et des bidonvilles, de loin les plus nombreux des Marocains, où l’on trouve les travailleurs, salariés ou non, dont les revenus sont environ dix fois inférieurs au salaire moyen européen, ainsi que tous les chômeurs, déclassés, migrants de l’exode rural sans emplois qui vivent dans une véritable misère ; 
- enfin le Maroc des classes moyennes, qui assument difficilement les tâches courantes de gestion, d’administration et d’organisation dans tous les secteurs d’activité, notamment dans les services publics, notoirement insuffisants et mal équipés. Il ne faut donc pas s’étonner du très mauvais classement du Maroc dans l’indice de développement humain établi par le PNUD ni du retard qu’il a pris dans ce domaine par rapport à l’Algérie et à la Tunisie : le Maroc occupe la 126e place sur 177, dans le classement des pays selon leur IDH dans le rapport du PNUD en 2008, derrière l’Égypte (112e), l’Algérie (104e), la Tunisie (91e) et la Libye (56e). Le Maroc est donc classé 126e rang mondial au classement du développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) 2007-2008 !
Le taux de chômage au Maroc a augmenté légèrement au cours du premier trimestre de 2007, pour atteindre 10 pour cent, contre en moyenne 9,6 pour cent en 2006, a indiqué le Haut Commissariat au Plan (HCP) mercredi 9 mai. En mars 2007, le niveau de chômage s’établissait à 15,8 pour cent en ville et 3,8 pour cent dans les zones rurales, a annoncé le HCP. Le niveau de chômage a essentiellement augmenté chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, chez les femmes vivant en milieu urbain, et parmi les diplômés de l’université. Le nombre total de demandeurs d’emplois a augmenté à 1,1 million au cours du premier trimestre de 2007, en hausse en moyenne de 8,5 pour cent d’une année sur l’autre. Les chiffres montrent que la main-d’oeuvre du pays âgée de plus de 15 ans a augmenté de 4,2 pour cent d’une année sur l’autre, et qu’elle s’établit désormais à 11,2 millions de personnes.
ON A DES RAISONS DE MANIFESTER !!!
Les autorités marocaines ont accepté une manifestation anti-gouvernementale prévu sur le site social Facebook, selon un média marocain.
Il est déclaré que plusieurs mouvements de jeunes marocains ont annoncé sur Facebook qu’ils envisagent d’organiser une manifestation le 20 février, un mouvement apparemment bien accueilli par le gouvernement.
"Nous avons l’intention de rassurer ceux qui organisent des manifestations sur Internet qu’il s’agit d’une chose tout à fait normal et fait partie de la vie démocratique du Maroc", a indiqué le ministre des Télécommunications Khaled al-Nasiri .
« Nous sommes habitués à de telles initiatives qui grandissent et qui ont été pendant des années ouvert à la liberté d’opinion et d’expression"a dit al-Nasiri.
Les manifestations anti-gouvernementales ont commencé la semaine dernière en Egypte visant à renverser son président Hosni Moubarak, de telles manifestations ont également eu lieu au Yémen contre le président Ali Abdullah Saleh au pouvoir depuis 30 ans.
Les manifestations semblent avoir puisées leurs inspiration de la révolte en Tunisie qui a évincé le Président Zine El Abidine Ben Ali de son poste après plus de 23 ans à la tête du pays.
Ce 17 décembre 2010, du côté de Sidi Bouzid, Mohamed Bouaziz, 26 ans, décide de l’illustrer. Le monde prépare Noël, lui s’asperge d’essence. Il s’immole par le feu, devient une torche humaine. Qu’est ce qui pousse un être humain à en venir à ce geste, à se faire souffrir ? Qu’est ce qui le pousse à aller directement à la mort ? Le désespoir, le ras-le-bol, l’injustice, la colère même. Diplômé, il est vendeur ambulant de fruits et légumes. Sans autorisation pour cette activité, ses marchandises sont confisquées par la police. La perte de son unique outil de travail le mène au suicide, un moyen pour se faire entendre. Alors le peuple déferle dans les rues et d’autres sacrifient à nouveau leurs vies. La Tunisie est en ébullition. Jeunes au chômage, avocats, enseignants… les Tunisiens se rebellent, non sans se faire mater . Les libertés sont dans l’étau de la dictature. La censure est lâchée. France 24, Facebook, Twitter en deviennent inaccessibles. Des arrestations de bloggeurs ont lieu. Un rappeur fait les frais de la répression. Le groupe Anonymous « cyber-attaque » les sites ministériels. Le peuple est une armée ! Le président parle d’une « minorité d’extrémistes ». Fait-elle partie de cette majorité avoisinant les 100% qui l’a réélu ?
Un vent souffle et propage cette vague de rébellion de l’autre côté de la frontière, en terre algérienne. Alger, Oran, Annaba… Bâtons contre canons à eau. Pierres contre bombes lacrymo’. On ne peut rien enlever à ceux qui n’ont pas grand chose. On casse, brûle. Le prix des denrées alimentaires a mis le feu aux poudres. Le chômage qui persiste est évidemment au premier plan. C’est le mal-être, le mal-vivre qui parlent. L’Algérie a du pétrole, à qui profite les retombées économiques ? Les diplômés ont hérité de la précarité. Ces jeunes veulent du changement, les saccages sont leurs modes opératoires. Les Algériens paraissent plus violents que les Tunisiens mais ont aussi leur premier martyr, un jeune de 18 ans tué par balle. En suivront d’autres. Est-ce le prix du progrès, le prix de l’avènement d’un nouveau Maghreb ?
Et le Maghreb, c’est aussi trois pays. 
Alors, il est légitime de se demander si la tempête frappera le Maroc. Un autre Sidi Ifni comme en 2008 se passera-t-il ? Il suffirait d’un événement pour que tout un pays s’embrase. Pourtant des trois, le royaume chérifien reste le plus stable. Néanmoins, des jeunes diplômes sans emploi y existent aussi. Les mêmes qui demandent à ce qu’on se préoccupe d’eux en Algérie et Tunisie voisines. Les contagions n’ont pas de frontières. Ce ne sont pas les premières manifestations maghrébines et ce ne seront pas les dernières ! Parce que le peuple aura toujours des choses à revendiquer. Muselé certes mais bouillonnant de l’intérieur.
ON VOUDRAIT NOUS FAIRE CROIRE QUE RIEN NE SE PASSE AU MAROC PARCE QUE TOUT VA BIEN AVEC UN ROI DÉMOCRATIQUE ET LE BIEN-ÊTRE !!!
En 2005, déjà...
A Sidi Ifni
Et dans la province de Figuig
Les manifestations sont devenues quasiment quotidiennes ces derniers jours dans plusieurs localités de la province de Figuig. Les revendications sociales se font plus insistantes notamment à Bouârfa, le chef-lieu, qui subit de plein fouet la pression d’un exode forcé.
Bouârfa, chef-lieu de la province de Figuig abritant un peu plus de 25.400 habitants, connaît depuis plusieurs mois des manifestations populaires à caractère social. Des manifestations qui ont fini par s’étendre à d’autres localités de cette province comme Béni Tjit, Talsint, Tandrara, Bouânane, mais aussi à de petits douars comme Ksar El Hajoui ou encore Ich, un petit patelin de 600 âmes à 200 mètres de la frontière avec l’Algérie. A Talsint, selon des témoignages recueillis sur place, des manifestations ont été organisées depuis lundi 24 octobre 2005 et de manière quasi quotidienne après la rupture du jeûne. La situation a dégénéré vendredi 28 octobre 2005 les forces de l’ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et, selon plusieurs sources, de balles caoutchoutées pour contrer des manifestants attaquant par des jets de pierres. Trois personnes, dont une femme, auraient d’ailleurs été blessées alors que trois autres ont été arrêtées pendant deux jours par les éléments de la Gendarmerie royale avant d’être relâchées, lundi 31 octobre, à Bouârfa. Les trois interpellés devaient être déférés devant le tribunal de première instance de cette ville. Leur relâchement serait intervenu pour ne pas envenimer, davantage, la situation. Selon une source associative, les revendications des habitants de Talsint ne sont guère différentes de celles des autres localités de cette province abritant les populations les plus pauvres au Royaume. D’abord du travail dans les chantiers assurés par la promotion nationale, de l’eau potable en quantités suffisantes, la révision des factures d’électricité jugées « exagérées » et la farine subventionnée de meilleure qualité... A Bouarfa, comme à Talsint et ailleurs, les choses avaient dérapé depuis le début du mois de septembre dernier. Le 12 de ce mois, Bouârfa allait connaître une manifestation de plusieurs centaines de personnes demandant à ce que soient honorés les engagements pris par le secrétaire général de la province concernant notamment le volet du travail pour les jeunes. Plusieurs centaines de manifestants avaient, par la suite, décidé d’une marche vers Figuig avant de passer à l’Algérie. Après 15 kilomètres de marche à pied, l’intervention du député Ahmed Sbaï (PSU) leur fera changer d’avis, surtout qu’il arrachera la promesse d’aucune intervention musclée des forces de l’ordre. Les services centraux de l’Intérieur dépêcheront sur place le gouverneur d’Errachidia avec, pour mission, d’élaborer un rapport dans un délai de deux jours. Des promesses furent de nouveau données, le gouverneur de Figuig (Saïd Faska) étant toujours malade, c’est un cadre de l’Intérieur qui prend la relève pour l’intérim. Aujourd’hui, M’Hamed Lemtouni est décrié pour sa propension à favoriser la « manière forte », nous indique un membre associatif. Les habitants, énième revendication, demandent son départ. La ville de Bouârfa est la localité la plus touchée de la région. Les neufs ans de sécheresse ont poussé nomades et agriculteurs à venir grossir les rangs des populations démunies, mais aussi le nombre des habitations insalubres estimé aujourd’hui à 900 à « Hay Lekhiam » et « El Aïn Zerga ». Le calme n’est pas près de revenir dans cette province, assure le président d’une ONG locale. A moins que soient décidées des mesures d’urgence pour atténuer le poids de la misère dans ces localités, ajoute-t-il, et surtout laisser de côté approche « sécuritaire ».
En 2008
En 2009
En 2010
CASABLANCA
Casablanca englobe environ 70 % de l’activité économique du Maroc, réalisant 50 % du PIB. Avec ses 3 millions d’habitants, elle est aujourd’hui, après Alger, la ville la plus peuplée du Maghreb.
La région du Grand Casablanca compte près de 480 bidonvilles, soit un tiers des abris de fortune du pays. En 2004, le roi Mohamed VI a annoncé un programme "villes sans bidonville", financé à hauteur de 700 millions d’euros, destiné à améliorer la situation d’ici à 2012.- Les avantages de la fiscalité marocaine poussent de nombreuses entreprises européennes à s’implanter dans le royaume. A titre d‘exemple, le quartier de Sidi Maarouf, à Casablanca, s’est transformé au cours des dernières années en un important centre d’affaires. Plusieurs entreprises étrangères y ont installé leur siège (Nokia, DHL, Meditel…). La société Dell y a créé plus de 4 000 emplois.
Derrière le luxe affiché de ses beaux quartiers, la capitale économique du Maroc cache une terrible précarité. La ville de Casablanca est déchirée par ses contradictions. D’un côté, des quartiers populaires où se côtoient débauche, vols, crimes et autres fléaux, de l’autre, des quartiers riches qui poussent comme des champignons, à l’ombre d’une monarchie autoritaire.
Dans cette ville, les autorités ont confié presque tous les services à des entreprises étrangères. "On fait appel à des étrangers pour gérer les affaires de la collectivité, comme si nous étions incapables de le faire nous-mêmes", regrette un cadre marocain. Le service de propreté de la ville est dirigé depuis 2004 par trois entreprises espagnoles. Si les Espagnols occupent des postes clés dans ces entreprises, les Marocains assurent, quant à eux, la tâche d’éboueurs. Par ailleurs, tout comme à Alger, c’est une société française – la Lyonnaise des eaux – qui gère l’eau et l’électricité de la ville de Casablanca. "C’est vraiment malheureux de voir notre pays confier la gestion de son eau, donc de sa vie, à un pays qui nous a colonisés !" nous confie un journaliste marocain. "A Casablanca, même les autobus sont gérés par une société française", poursuit-il. 
Casablanca n’arrive pas à cacher la misère de sa population.
La pauvreté atteint des proportions alarmantes. A chaque coin de rue, nous rencontrons des enfants, des jeunes filles, des femmes âgées, des pères de famille qui tendent la main pour demander quelques pièces. A la tombée de la nuit, la ville se métamorphose. En dehors de quelques bars ouverts jusqu’à une heure tardive, on ne rencontre dans les rues que des SDF et autres marginaux. Les artères sont envahies par des prostitués, hommes et femmes. Une simple virée à la Corniche, une zone connue pour son animation et ses restaurants prisés, vous renseigne sur l’ampleur de la prostitution. Autre visage de la ville : Anfa. C’est aujourd’hui le quartier le plus cher de Casablanca. Y louer un appartement coûte pas moins de 15 000 DH par mois [1 330 euros]. C’est d’ailleurs ce boulevard qu’a choisi Saadi Kadhafi, l’un des fils du dirigeant libyen, pour y construire deux immeubles : un hôtel et un centre commercial. Le lieu le plus fréquenté par la jeunesse de Casa est Maarif. Ce quartier commerçant est apprécié pour ses tours jumelles baptisées Twin Center et ses grands magasins européens. Il est essentiellement peuplé de classes moyennes. Ici, pas d’école publique. "Les gens envoient leurs enfants dans des écoles privées. Elles sont de plus en plus nombreuses et les autorités ont finalement détruit les établissements publics puisque plus personne ne s’y inscrivait", nous explique Mohamed, un architecte de Maarif. Pour acquérir un bien immobilier ici, il faut un budget exorbitant. "Pour permettre l’achat des terrains, l’Etat a décidé d’accorder des crédits sans intérêt, remboursables sur vingt-cinq ans", souligne notre interlocuteur. Les grosses légumes, les riches, les hommes d’affaires résident quant à eux sur le boulevard Panoramique. "Alors que des Marocains crèvent de faim, les gens du régime ont amassé des sommes colossales et érigé de luxueuses villas. Ce quartier est habité par des notables qui font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui détiennent le monopole des affaires et du business aujourd’hui chez nous", déclare un journaliste. Nous avons quitté ces quartiers huppés pour nous rendre à Derb Sultan, où habitent des milliers de familles pauvres et marginalisées. En dépit des promesses faites par les autorités d’améliorer les conditions de vie des habitants, la situation n’a pas évolué. Elles ne semblent pas retenir les leçons de l’Histoire. En effet, c’est dans cette zone que se sont déroulées les émeutes urbaines de 1981. Les habitants s’étaient alors révoltés suite à l’appel du parti d’opposition, l’USFP [Union socialiste des forces populaires]. Les autorités avaient réprimé la manifestation dans le sang. Aujourd’hui, l’USFP participe à la gestion des affaires publiques, mais rien n’a changé à Derb Sultan.