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Affichage des articles dont le libellé est manifestations 20 février. Afficher tous les articles
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vendredi 18 février 2011

Les Marocains aspirent à une vraie liberté

Par Christelle MAROT à Casablanca,17/02/2011
Une vingtaine d’associations rallient la manifestation de dimanche 20 février à laquelle ont appelé des jeunes sur Facebook
Une vingtaine d’associations marocaines, parmi lesquelles l’Association marocaine des droits humains (AMDH), la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme, le Forum des alternatives Maroc (FMAS), Joussour ou encore Amnesty International Maroc ont apporté leur soutien à la manifestation de dimanche 20 février au Maroc.
Des rassemblements de solidarité sont par ailleurs prévus à Paris et à Bruxelles.
« Une grande partie des démocrates, surtout les jeunes, aspire maintenant à des changements au Maroc. Hormis quelques différences, la situation au Maroc ne diffère pas au fond de la situation en Tunisie et en Égypte : despotisme politique, Constitution non démocratique, élections qui ne respectent pas la volonté populaire, Parlement dénué de toute légitimité, gouvernement sans vrai pouvoir exécutif face au palais du roi », explique Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH.
Et d’ajouter : « On continue d’enregistrer de graves violations des droits humains et des atteintes aux libertés : enlèvements, détention politique, torture, jugements iniques. » Elle appelle ses militants à descendre dans la rue dimanche 20 février aux côtés des jeunes instigateurs du mouvement.

« Changer le système »
Lancé sur Facebook le mouvement « Liberté et Démocratie maintenant », qui compte désormais 8 800 membres, appelle à manifester pacifiquement dans plusieurs villes du royaume. Il réclame notamment la révision de la Constitution, la séparation des pouvoirs, la dissolution du gouvernement.
Issu d’une famille traditionnelle de Meknès de la classe moyenne, Rachid Antid, 34 ans, alias Spirit-Zata (son nom sur Facebook), est licencié en droit privé et actuellement sans emploi. Avec Hicham Ahella, 20 ans, élève ingénieur à Settat et fils de militant, il est à l’initiative de l’appel du dimanche 20 février.
Les deux hommes partagent le même ras-le-bol et la même volonté de « changer le système », sans remettre en cause toutefois le principe de la monarchie. « Nous demandons aussi la libération des prisonniers politiques comme Chakib El Khayari, condamné à trois ans de prison pour avoir dénoncé la corruption et le trafic de drogue dans le nord du pays », rappelle Rachid.

La manifestation a reçu le soutien de partis politiques
Pour Driss Ksikes, directeur du centre de recherches Cesem à Rabat, « ces jeunes sont en demande d’une plus grande liberté et de leurs droits socio-économiques. Le contexte permet peut-être aujourd’hui d’aller au-delà des revendications de diplômés chômeurs devant le Parlement ou de personnes prises dans des émeutes de la faim à Sefrou ou Sidi Ifni. »
« Il y a un besoin profond de réformes. Avoir un premier ministre qui dit : “Mon projet est celui du roi” est d’une indigence politique inacceptable. Le roi est au-dessus de tout. Il faudrait faire en sorte que ceux qui gouvernent deviennent redevables réellement de leurs actes devant la population », estime l’intellectuel.
La manifestation prévue dimanche 20 février a également reçu le soutien des formations de gauche et d’extrême gauche, notamment du Parti socialiste unifié (PSU), de La Voie démocratique, du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS), ainsi que du Parti démocratique amazigh marocain (PDAM).
De son côté, le mouvement islamiste Al Adl Wal Ihssane (Justice et Bienfaisance), interdit mais toléré par les autorités marocaines, n’a pas exclu de participer aux rassemblements. Le parti de cheikh Yassine revendique 200 000 adhérents.

Retrouvez le dossier sur la révolte des pays arabes .
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2455951&rubId=4077

Paris : Rassemblement de solidarité avec les luttes du peuple marocain

Par la Ligue des Droits de l'Homme, 18/2/2011

Le dimanche 20 février 2011 à 15h00, à Paris
Nous signataires, nous nous joignons à l’Appel ci-dessous lancé par les organisations et démocrates marocains depuis Dakar lors du Forum Social Mondial 
qui a eu lieu du 6 au 12 février 2011.
« Nous saluons haut et fort la révolution en Tunisie et en Égypte, ainsi que le mouvement démocratique dans les différents pays maghrébins, arabes et africains. Nous militons pour faire aboutir le changement et la démocratie dans toutes leurs dimensions. Tout en affirmant qu’un autre Maroc est possible, les organisations au Maroc, comme à l’étranger, considèrent que les autorités politiques marocaines doivent accéder au processus de changement qui se généralise dans la région et ce, par l’instauration d’institutions démocratiques, la séparation des pouvoirs, la prise des décisions politiques et la gestion de la chose publique en lien avec les urnes, des réformes politiques, économiques, sociales et culturelles profondes pour construire un État de la citoyenneté, de la dignité, de l’égalité et la promotion des droits de l’Homme et des libertés. »

Nous appelons au rassemblement de solidarité qui aura lieu le dimanche 20 février 2011 à 15h au parvis des droits de l’Homme à Paris (Métro Trocadéro)
Premiers signataires :
Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc ASDHOM, Association des Marocains de France AMF, Association des Amis de l’AMDH-Paris, Voie Démocratique, PCOT, Association des Travailleurs Maghrébins de France ATMF, Association de Parents et Amis de Disparus au Maroc APADM, AFASPA, Forum Marocain Vérité et Justice-section France FMVJ-France, Parti Socialiste Unifié Marocain en France PSUM-France, Forum Citoyenneté Solidarité des Marocains en Europe FCSME, Collectif des Familles de Disparus en Algérie CFDA, Manifeste des Libertés, FTCR, Association des Tunisiens en France ATF, ETTAJDID-France, Commission Arabe des Droits Humains ACHR, MRAP, Parti de l’Avant-garde Démocratique Socialiste-Fédération ’Europe PADS, CRLDHT, PCF, CISA, UJFP,UTIT, CAPDEMA, Collectif Algérien pour la Liberté et la Démocratie CALD,RESPAIX, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
http://www.ldh-france.org/Rassemblement-de-solidarite-avec,3438

Le 20 février, la manifestation gagne le Maroc

Par Matière et Révolution/8/2/2011

« Ils ne peuvent pas nous anéantir, ils ne peuvent pas nous écraser. Nous continuerons pour toujours parce que nous sommes le peuple. »  John Steinbeck dans "Les raisins de la Colère"

Que se passe-t-il au Maroc ?

LES RAISONS DE LA COLÈRE ?
Misère, chômage, prostitution, 
désespoir des jeunes explosent !!!

Un conte pour enfants traîne partout : au Maroc, on aurait un roi démocrate, moderniste, ouvert, on n’aurait pas besoin de manger, pas besoin de se loger puisqu’on a un bon roi !!! Pas entendu parler de misère au Maroc ? Pas de chômage des jeunes ? Pas de prostitution ? Pas vu la richesse aussi ?!!! Des inégalités, non ? Ah le gentil roi que voilà !!! Il nous donne du travail, des revenus, des logements ? Non, des beaux discours !
Les images qui précèdent illustrent la démocratie de sa majesté le roi et le bien-être de son peuple ... Mohamed VI, tes bienfaits sont innombrables... à preuve misère, prostitution, grèves, manifestations, révoltes, émeutes, et immolations par le feu de jeunes désespérés... et répression, dictature, répression, dictature...



Le Maroc est-il plus pauvre que le Guatemala ou l’Égypte  ?

Oui, si l’on en croit l’indice multidimensionnel de pauvreté(IMP) de l’université d’Oxford, auquel le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) envisage de se référer à l’avenir.
Contrairement à l’indice de développement humain (IDH), l’IMP intègre plus de dix critères pour mesurer la pauvreté d’un pays.
Et, surprise, l’application de cet indice fait bondir le taux de pauvreté du Maroc à 28 % (soit 8,9 millions de personnes), contre 6,4 % pour l’Égypte.
Dans un communiqué publié le 20 août, Rabat dénonce ” le manque de rigueur et de professionnalisme de cette étude”et regrette que le Pnud « “ignore les sauts qualitatifs et  quantitatifs indéniables réalisés au Maroc depuis 2004″.
Face aux critiques des pays en développement, le Pnud tente depuis quelques années d’enrichir la définition de la pauvreté. L’IMP a l’avantage de mesurer avec plus de précision les degrés  de pauvreté d’une population et de déterminer ses besoins les plus urgents.
Mais les faits sont là : Fes (environ 30% de taux de pauvreté urbaine), Meknes (dans les 25%) ou encore Erachidia avec un taux qui dépasse les 45% de pauvres dans certaines localités (avec une dépense moyenne de moins de 4000 dh/an).

Et à côté de cette misère, LA RICHESSE INSOLENTE !!







Il y a donc plusieurs Maroc :
- celui des grandes familles de plus en plus riches de la bourgeoisie économique et des sphères dirigeantes de l’état (armée, police, haute administration), rassemblées autour de la plus puissante d’entre elles, la famille royale de la dynastie alaouite ;
- le Maroc des pauvres du monde rural et des bidonvilles, de loin les plus nombreux des Marocains, où l’on trouve les travailleurs, salariés ou non, dont les revenus sont environ dix fois inférieurs au salaire moyen européen, ainsi que tous les chômeurs, déclassés, migrants de l’exode rural sans emplois qui vivent dans une véritable misère ; 
- enfin le Maroc des classes moyennes, qui assument difficilement les tâches courantes de gestion, d’administration et d’organisation dans tous les secteurs d’activité, notamment dans les services publics, notoirement insuffisants et mal équipés. Il ne faut donc pas s’étonner du très mauvais classement du Maroc dans l’indice de développement humain établi par le PNUD ni du retard qu’il a pris dans ce domaine par rapport à l’Algérie et à la Tunisie : le Maroc occupe la 126e place sur 177, dans le classement des pays selon leur IDH dans le rapport du PNUD en 2008, derrière l’Égypte (112e), l’Algérie (104e), la Tunisie (91e) et la Libye (56e). Le Maroc est donc classé 126e rang mondial au classement du développement humain du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) 2007-2008 !
Le taux de chômage au Maroc a augmenté légèrement au cours du premier trimestre de 2007, pour atteindre 10 pour cent, contre en moyenne 9,6 pour cent en 2006, a indiqué le Haut Commissariat au Plan (HCP) mercredi 9 mai. En mars 2007, le niveau de chômage s’établissait à 15,8 pour cent en ville et 3,8 pour cent dans les zones rurales, a annoncé le HCP. Le niveau de chômage a essentiellement augmenté chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, chez les femmes vivant en milieu urbain, et parmi les diplômés de l’université. Le nombre total de demandeurs d’emplois a augmenté à 1,1 million au cours du premier trimestre de 2007, en hausse en moyenne de 8,5 pour cent d’une année sur l’autre. Les chiffres montrent que la main-d’oeuvre du pays âgée de plus de 15 ans a augmenté de 4,2 pour cent d’une année sur l’autre, et qu’elle s’établit désormais à 11,2 millions de personnes.
ON A DES RAISONS DE MANIFESTER !!!
Les autorités marocaines ont accepté une manifestation anti-gouvernementale prévu sur le site social Facebook, selon un média marocain.
Il est déclaré que plusieurs mouvements de jeunes marocains ont annoncé sur Facebook qu’ils envisagent d’organiser une manifestation le 20 février, un mouvement apparemment bien accueilli par le gouvernement.
"Nous avons l’intention de rassurer ceux qui organisent des manifestations sur Internet qu’il s’agit d’une chose tout à fait normal et fait partie de la vie démocratique du Maroc", a indiqué le ministre des Télécommunications Khaled al-Nasiri .
« Nous sommes habitués à de telles initiatives qui grandissent et qui ont été pendant des années ouvert à la liberté d’opinion et d’expression"a dit al-Nasiri.
Les manifestations anti-gouvernementales ont commencé la semaine dernière en Egypte visant à renverser son président Hosni Moubarak, de telles manifestations ont également eu lieu au Yémen contre le président Ali Abdullah Saleh au pouvoir depuis 30 ans.
Les manifestations semblent avoir puisées leurs inspiration de la révolte en Tunisie qui a évincé le Président Zine El Abidine Ben Ali de son poste après plus de 23 ans à la tête du pays.
Ce 17 décembre 2010, du côté de Sidi Bouzid, Mohamed Bouaziz, 26 ans, décide de l’illustrer. Le monde prépare Noël, lui s’asperge d’essence. Il s’immole par le feu, devient une torche humaine. Qu’est ce qui pousse un être humain à en venir à ce geste, à se faire souffrir ? Qu’est ce qui le pousse à aller directement à la mort ? Le désespoir, le ras-le-bol, l’injustice, la colère même. Diplômé, il est vendeur ambulant de fruits et légumes. Sans autorisation pour cette activité, ses marchandises sont confisquées par la police. La perte de son unique outil de travail le mène au suicide, un moyen pour se faire entendre. Alors le peuple déferle dans les rues et d’autres sacrifient à nouveau leurs vies. La Tunisie est en ébullition. Jeunes au chômage, avocats, enseignants… les Tunisiens se rebellent, non sans se faire mater . Les libertés sont dans l’étau de la dictature. La censure est lâchée. France 24, Facebook, Twitter en deviennent inaccessibles. Des arrestations de bloggeurs ont lieu. Un rappeur fait les frais de la répression. Le groupe Anonymous « cyber-attaque » les sites ministériels. Le peuple est une armée ! Le président parle d’une « minorité d’extrémistes ». Fait-elle partie de cette majorité avoisinant les 100% qui l’a réélu ?
Un vent souffle et propage cette vague de rébellion de l’autre côté de la frontière, en terre algérienne. Alger, Oran, Annaba… Bâtons contre canons à eau. Pierres contre bombes lacrymo’. On ne peut rien enlever à ceux qui n’ont pas grand chose. On casse, brûle. Le prix des denrées alimentaires a mis le feu aux poudres. Le chômage qui persiste est évidemment au premier plan. C’est le mal-être, le mal-vivre qui parlent. L’Algérie a du pétrole, à qui profite les retombées économiques ? Les diplômés ont hérité de la précarité. Ces jeunes veulent du changement, les saccages sont leurs modes opératoires. Les Algériens paraissent plus violents que les Tunisiens mais ont aussi leur premier martyr, un jeune de 18 ans tué par balle. En suivront d’autres. Est-ce le prix du progrès, le prix de l’avènement d’un nouveau Maghreb ?
Et le Maghreb, c’est aussi trois pays
Alors, il est légitime de se demander si la tempête frappera le Maroc. Un autre Sidi Ifni comme en 2008 se passera-t-il ? Il suffirait d’un événement pour que tout un pays s’embrase. Pourtant des trois, le royaume chérifien reste le plus stable. Néanmoins, des jeunes diplômes sans emploi y existent aussi. Les mêmes qui demandent à ce qu’on se préoccupe d’eux en Algérie et Tunisie voisines. Les contagions n’ont pas de frontières. Ce ne sont pas les premières manifestations maghrébines et ce ne seront pas les dernières ! Parce que le peuple aura toujours des choses à revendiquer. Muselé certes mais bouillonnant de l’intérieur.
ON VOUDRAIT NOUS FAIRE CROIRE QUE RIEN NE SE PASSE AU MAROC PARCE QUE TOUT VA BIEN AVEC UN ROI DÉMOCRATIQUE ET LE BIEN-ÊTRE !!!
En 2005, déjà...
A Sidi Ifni
Et dans la province de Figuig
Les manifestations sont devenues quasiment quotidiennes ces derniers jours dans plusieurs localités de la province de Figuig. Les revendications sociales se font plus insistantes notamment à Bouârfa, le chef-lieu, qui subit de plein fouet la pression d’un exode forcé.
Bouârfa, chef-lieu de la province de Figuig abritant un peu plus de 25.400 habitants, connaît depuis plusieurs mois des manifestations populaires à caractère social. Des manifestations qui ont fini par s’étendre à d’autres localités de cette province comme Béni Tjit, Talsint, Tandrara, Bouânane, mais aussi à de petits douars comme Ksar El Hajoui ou encore Ich, un petit patelin de 600 âmes à 200 mètres de la frontière avec l’Algérie. A Talsint, selon des témoignages recueillis sur place, des manifestations ont été organisées depuis lundi 24 octobre 2005 et de manière quasi quotidienne après la rupture du jeûne. La situation a dégénéré vendredi 28 octobre 2005 les forces de l’ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et, selon plusieurs sources, de balles caoutchoutées pour contrer des manifestants attaquant par des jets de pierres. Trois personnes, dont une femme, auraient d’ailleurs été blessées alors que trois autres ont été arrêtées pendant deux jours par les éléments de la Gendarmerie royale avant d’être relâchées, lundi 31 octobre, à Bouârfa. Les trois interpellés devaient être déférés devant le tribunal de première instance de cette ville. Leur relâchement serait intervenu pour ne pas envenimer, davantage, la situation. Selon une source associative, les revendications des habitants de Talsint ne sont guère différentes de celles des autres localités de cette province abritant les populations les plus pauvres au Royaume. D’abord du travail dans les chantiers assurés par la promotion nationale, de l’eau potable en quantités suffisantes, la révision des factures d’électricité jugées « exagérées » et la farine subventionnée de meilleure qualité... A Bouarfa, comme à Talsint et ailleurs, les choses avaient dérapé depuis le début du mois de septembre dernier. Le 12 de ce mois, Bouârfa allait connaître une manifestation de plusieurs centaines de personnes demandant à ce que soient honorés les engagements pris par le secrétaire général de la province concernant notamment le volet du travail pour les jeunes. Plusieurs centaines de manifestants avaient, par la suite, décidé d’une marche vers Figuig avant de passer à l’Algérie. Après 15 kilomètres de marche à pied, l’intervention du député Ahmed Sbaï (PSU) leur fera changer d’avis, surtout qu’il arrachera la promesse d’aucune intervention musclée des forces de l’ordre. Les services centraux de l’Intérieur dépêcheront sur place le gouverneur d’Errachidia avec, pour mission, d’élaborer un rapport dans un délai de deux jours. Des promesses furent de nouveau données, le gouverneur de Figuig (Saïd Faska) étant toujours malade, c’est un cadre de l’Intérieur qui prend la relève pour l’intérim. Aujourd’hui, M’Hamed Lemtouni est décrié pour sa propension à favoriser la « manière forte », nous indique un membre associatif. Les habitants, énième revendication, demandent son départ. La ville de Bouârfa est la localité la plus touchée de la région. Les neufs ans de sécheresse ont poussé nomades et agriculteurs à venir grossir les rangs des populations démunies, mais aussi le nombre des habitations insalubres estimé aujourd’hui à 900 à « Hay Lekhiam » et « El Aïn Zerga ». Le calme n’est pas près de revenir dans cette province, assure le président d’une ONG locale. A moins que soient décidées des mesures d’urgence pour atténuer le poids de la misère dans ces localités, ajoute-t-il, et surtout laisser de côté approche « sécuritaire ».
En 2008
En 2009
En 2010
CASABLANCA
Casablanca englobe environ 70 % de l’activité économique du Maroc, réalisant 50 % du PIB. Avec ses 3 millions d’habitants, elle est aujourd’hui, après Alger, la ville la plus peuplée du Maghreb.
La région du Grand Casablanca compte près de 480 bidonvilles, soit un tiers des abris de fortune du pays. En 2004, le roi Mohamed VI a annoncé un programme "villes sans bidonville", financé à hauteur de 700 millions d’euros, destiné à améliorer la situation d’ici à 2012.- Les avantages de la fiscalité marocaine poussent de nombreuses entreprises européennes à s’implanter dans le royaume. A titre d‘exemple, le quartier de Sidi Maarouf, à Casablanca, s’est transformé au cours des dernières années en un important centre d’affaires. Plusieurs entreprises étrangères y ont installé leur siège (Nokia, DHL, Meditel…). La société Dell y a créé plus de 4 000 emplois.
Derrière le luxe affiché de ses beaux quartiers, la capitale économique du Maroc cache une terrible précarité. La ville de Casablanca est déchirée par ses contradictions. D’un côté, des quartiers populaires où se côtoient débauche, vols, crimes et autres fléaux, de l’autre, des quartiers riches qui poussent comme des champignons, à l’ombre d’une monarchie autoritaire.
Dans cette ville, les autorités ont confié presque tous les services à des entreprises étrangères. "On fait appel à des étrangers pour gérer les affaires de la collectivité, comme si nous étions incapables de le faire nous-mêmes", regrette un cadre marocain. Le service de propreté de la ville est dirigé depuis 2004 par trois entreprises espagnoles. Si les Espagnols occupent des postes clés dans ces entreprises, les Marocains assurent, quant à eux, la tâche d’éboueurs. Par ailleurs, tout comme à Alger, c’est une société française – la Lyonnaise des eaux – qui gère l’eau et l’électricité de la ville de Casablanca. "C’est vraiment malheureux de voir notre pays confier la gestion de son eau, donc de sa vie, à un pays qui nous a colonisés !" nous confie un journaliste marocain. "A Casablanca, même les autobus sont gérés par une société française", poursuit-il. 
Casablanca n’arrive pas à cacher la misère de sa population.
La pauvreté atteint des proportions alarmantes. A chaque coin de rue, nous rencontrons des enfants, des jeunes filles, des femmes âgées, des pères de famille qui tendent la main pour demander quelques pièces. A la tombée de la nuit, la ville se métamorphose. En dehors de quelques bars ouverts jusqu’à une heure tardive, on ne rencontre dans les rues que des SDF et autres marginaux. Les artères sont envahies par des prostitués, hommes et femmes. Une simple virée à la Corniche, une zone connue pour son animation et ses restaurants prisés, vous renseigne sur l’ampleur de la prostitution. Autre visage de la ville : Anfa. C’est aujourd’hui le quartier le plus cher de Casablanca. Y louer un appartement coûte pas moins de 15 000 DH par mois [1 330 euros]. C’est d’ailleurs ce boulevard qu’a choisi Saadi Kadhafi, l’un des fils du dirigeant libyen, pour y construire deux immeubles : un hôtel et un centre commercial. Le lieu le plus fréquenté par la jeunesse de Casa est Maarif. Ce quartier commerçant est apprécié pour ses tours jumelles baptisées Twin Center et ses grands magasins européens. Il est essentiellement peuplé de classes moyennes. Ici, pas d’école publique. "Les gens envoient leurs enfants dans des écoles privées. Elles sont de plus en plus nombreuses et les autorités ont finalement détruit les établissements publics puisque plus personne ne s’y inscrivait", nous explique Mohamed, un architecte de Maarif. Pour acquérir un bien immobilier ici, il faut un budget exorbitant. "Pour permettre l’achat des terrains, l’Etat a décidé d’accorder des crédits sans intérêt, remboursables sur vingt-cinq ans", souligne notre interlocuteur. Les grosses légumes, les riches, les hommes d’affaires résident quant à eux sur le boulevard Panoramique. "Alors que des Marocains crèvent de faim, les gens du régime ont amassé des sommes colossales et érigé de luxueuses villas. Ce quartier est habité par des notables qui font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui détiennent le monopole des affaires et du business aujourd’hui chez nous", déclare un journaliste. Nous avons quitté ces quartiers huppés pour nous rendre à Derb Sultan, où habitent des milliers de familles pauvres et marginalisées. En dépit des promesses faites par les autorités d’améliorer les conditions de vie des habitants, la situation n’a pas évolué. Elles ne semblent pas retenir les leçons de l’Histoire. En effet, c’est dans cette zone que se sont déroulées les émeutes urbaines de 1981. Les habitants s’étaient alors révoltés suite à l’appel du parti d’opposition, l’USFP [Union socialiste des forces populaires]. Les autorités avaient réprimé la manifestation dans le sang. Aujourd’hui, l’USFP participe à la gestion des affaires publiques, mais rien n’a changé à Derb Sultan.

jeudi 17 février 2011

20 février : Contestation au Maroc : les anti-manif contre-attaquent

Par Pierre Haski, avec Julien Crétois au Maroc,Rue89. 16/2/2011
Le Maroc connaît à son tour son appel à manifester « pour le changement » qui circule sur les réseaux sociaux. Mais cette mobilisation, prévue le 20 février, suscite un débat brouillé par le contexte géopolitique et par le fait que le pays est dirigé par un roi, Mohammed VI, et pas par un général. Le Maroc peut-il lui aussi être gagné par la fièvre révolutionnaire, ou est-il « différent » ?
Une vidéo a été postée lundi sur YouTube, et une page Facebook a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures pour appeler à manifester dimanche à travers le royaume, à l'instar des mouvements qui ont déjà fait partir les présidents de Tunisie et d'Egypte, ou qui se poursuivent de l'Algérie voisine au lointain Yémen. Voir la vidéo en arabe sur :
L'instigateur de l'appel à manifester sur Facebook, Rachid Antid, 35 ans, est un natif et habitant de Meknès, ville du Nord du pays, licencié en droit privé, formé en informatique et actuellement au chômage. Rachid Antid avance à visage découvert et affirme ne pas craindre la répression.
Pourtant, peu après la popularisation de son groupe Facebook, des policiers sont venus questionner sa mère, chez qui il vit toujours, ainsi que le concierge de l'immeuble. « C'est surtout un moyen de passer le message : “tu es surveillé” », interprète-t-il.
Et les réactions à son appel ne sont pas toutes positives. Sur le mur du groupe, les insultes pleuvent : d'espion algérien à homosexuel, rien est épargné à Rachid Antid et ses camarades.
Le ministre des Sports, dont le profil Facebook est très populaire, a aussi dit tout le mal qu'il pensait de ce genre d'initiatives, qui viseraient selon lui à « déstabiliser » le pays.
Rachid Niny, influent éditorialiste, a publié un portrait au vitriol du jeune internaute, s'attardant sur sa vie personnelle, et son prétendu penchant pour l'alcool.

Débloquer le processus politique
Un visuel appelant à manifester le 20 février.Parfois un peu confus, le jeune homme avance tout de même une idée claire et partagée par de nombreuses personnes :
« Au début du règne, en 1999, au moment de “la nouvelle ère”, nous avons reçu des messages de grands changements [droits des femmes, retour sur les “années de plomb”, etc. ndlr] mais depuis, ce processus est bloqué. »
Contre l'immobilisme et la panne politique (63% d'abstention aux dernières législatives), face aussi au fossé social plus grand encore au Maroc que dans d'autres pays arabes, Rachid Antid en appelle à la volonté populaire et assure : « Il faut tout changer et commencer par la Constitution. »
Sur ce dernier point, il reste évasif, ne citant pas d'articles précis, notamment aucun de ceux consacrant l'autorité royale.
Dans le même temps, la parole s'est libérée ; le pays a applaudi des deux mains les révolutionnaires égyptiens et suivi assidûment les événements via la chaîne Al Jazeera.
Mais tous ceux qui ont voulu inclure le Maroc dans la théorie des dominos à la suite de la Tunisie et de l'Egypte sont sévèrement attaqués.
Y compris Moulay Hicham, cousin du roi, en froid avec le palais, installé aux Etats-Unis, dénoncé pour son interview au quotidien espagnol El País, dans laquelle il estimait que le Maroc « ne fera pas exception » à cette contestation. Des propos qu'il devait reprendre, et nuancer, sur le plateau de France 2.
Autre polémique lorsque le mouvement islamiste extra parlementaire Al Adl Wal Ihsane (Justice et Spiritualité, qui compte environ 100 000 membres) a, par la voix d'un de ses cadres, Nadia Yassine, fait savoir qu'il soutiendrait tout mouvement démocratique.
Des internautes, sur Facebook, ont du coup appelé les manifestants du 20 février à la vigilance, leur conseillant de se tenir éloignés des « fascistes » et des « radicaux » de Justice et Spiritualité.
Rachid Antid, en bon démocrate affirme : « Ils peuvent participer, personne n'est exclu », mais ajoute « Ils devraient réviser leurs positions sur la liberté de culte et d'opinion. »
Pas une révolution contre le roi, mais avec lui
L'ambiguïté d'une bonne partie de l'élite marocaine vis-à-vis de la contestation du régime chérifien, contrairement à ce qui a pu se passer en Tunisie ou en Egypte, est clairement exprimée par cet éditorial très légitimiste de Karim Boukhari, directeur du magazine Tel Quel, autrefois très critique à l'égard de la monarchie :
« Un chef de parti nous a dit très clairement : “Avant on avait peur de Hassan II, aujourd'hui on a peur pour Mohammed VI.” Comment le contredire ? Comment ne pas voir que ce virage, ce glissement de la peur est important ?
La peur nous habite encore et toujours, mais cette peur a changé d'objet, de mobile, de sens. Ce n'est plus la même peur et, pour tout vous dire, nous ne sommes plus les mêmes face à cette peur. Nous avons grandi, nous nous sommes affranchis d'un certain nombre de dogmes et nous voyons bien que cette peur nouvelle est plus humaine, plus “moderne”, c'est une peur acceptable parce que plus en rapport avec notre époque, avec ce que nous sommes. […]
Tunisiens et Égyptiens avaient ceci de commun : ils ont d'abord mené la révolution contre leurs présidents. Le Maroc a la chance d'être différent : c'est un pays qui a besoin d'une correction, pas d'une reconstruction. Ce n'est pas un pays à refaire mais à mieux faire.
En une phrase comme en mille, le Maroc n'a pas besoin de mener la révolution contre son roi mais avec lui. La bande-annonce est bonne, on n'a surtout pas envie de la changer, maintenant on attend que le film soit bon aussi… et on pense qu'il peut l'être, effectivement. Goûtez toute la différence. »
Sur les réseaux sociaux, la bataille des pro et anti-manif du 20 février fait rage et se poursuivra jusqu'à dimanche. Parfois, c'est fait avec humour, comme avec ce tweet provocateur :
« Si vous n'êtes pas contents au Maroc, vous n'avez qu'à vous immoler en Tunisie. »
A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89 :
* ► Le discret voyage du roi du Maroc dans son château de l'Oise
* ► Si t'es pas en vacances au Maroc, t'as raté ta carrière politique
http://www.rue89.com/2011/02/16/au-maroc-la-bataille-des-pro-et-anti-manif-du-20-fevrier-fait-rage-190692

mercredi 16 février 2011

La Voie Démocratiqueappelle ses militants à participer avec enthousiasme au mouvement du 20 février

Comité National de la Voie Démocratique
( Annahj Addimocrati )
Appel au Peuple Marocain
Luttons ensemble pour une vie digne
et l’abolition du despotisme makhzénien

Le Secrétaire National Abdellah ELHARRIF présente l'appel du CN d'Annahj au Peuple Marocain  Casablanca, le 13/02/2011
Le monde arabe, et en son sein le Grand Maghreb, vit depuis deux mois des mobilisations et des révolutions populaires profondes qui ont balayé les symboles de la dictature en Tunisie et en Egypte et ouvrent de vastes perspectives devant la réalisation des aspirations de tous les peuples de la région à la vie digne et à la démocratie s’ils se lèvent pour la lutte unitaire et consciente.
La Voie Démocratique (Annahj Addimocrati), consciente de ses responsabilités dans cette phase historique et profondément convaincue que la réalisation de ces aspirations légitimes nécessite l’unité du peuple marocain tout entier pour imposer son droit à l’autodétermination, appelle le peuple marocain à lutter pour l’édification d’un régime démocratique parlementaire se basant sur :
Ø La rupture avec le régime du pouvoir individuel absolu,
Ø La dissolution de tous les appareils répressifs secrets et parallèles responsables de crimes politiques et le jugement de tous leurs responsables ainsi que tous les corrompus et les pourris qui pillent les biens publics et les richesses nationales et la confiscation de leurs biens,
Ø La dissolution de toutes les instances « élues » et du gouvernement actuel dépourvus de toute légitimité populaire et démocratique,
Ø Une constitution démocratique, élaborée par une assemblée constituante, incarnant la volonté populaire, instituant l’égalité entre la femme et l’homme et reconnaissant l’amazigh comme culture nationale et langue officielle,
Ø Des élections libres et honnêtes garantissant l’égalité des chances de toutes les forces et la levée de l’intervention du ministère de l’intérieur dans la vie politique,
Ø Une politique économique, sociale, culturelle et des médias assurant le développement des énergies et richesses nationales pour satisfaire les besoins essentiels du peuple marocain, les services sociaux et l’emploi pour tous, l’essor de la culture nationale pour son ouverture sur les valeurs progressistes universelles et l’ouverture des médias à toutes les opinions et leur contribution à la diffusion des connaissances et des valeurs de dialogue de démocratie et de liberté.
La Voie Démocratique ( Annahj Addimocrati ), convaincue que le changement démocratique véritable est l’œuvre des masses populaires grâce à leurs luttes et sacrifices, exhorte toutes les forces militantes et toutes les personnalités honnêtes à s’intégrer au mouvement du peuple marocain pour l’édification d’un régime démocratique garantissant une vie digne pour tous et invite les forces démocratiques à redoubler d’efforts pour la constitution d’un front national pour la lutte pour la démocratie et la justice sociale et appelle ses militantes et militants à participer avec enthousiasme à toutes les luttes populaires, dont celle à laquelle a appelé le mouvement du 20 février 2011, pour la vie digne et contre le despotisme makhzénien.

Et si le Maroc, dont le roi est le septième souverain le plus riche de la planète, basculait à son tour ?

Par José Ignacio Torreblanca, El País, 16/2/2011
Plusieurs groupes appellent à manifester dans le royaume le 20 février. Nombre des éléments déclencheurs des révolutions tunisienne et égyptienne sont aussi présents dans le pays, rappelle le politologue espagnol José Ignacio Torreblanca. Et les Européens feraient bien de s'en soucier.
La France n'a rien vu venir en Tunisie, et les États-Unis ne soupçonnaient pas non plus ce qui allait se produire en Égypte. Arrivera-t-il la même chose à l'Espagne avec le Maroc ? Devra-t-elle regretter a posteriori d'avoir ignoré les signaux qui annonçaient ce qui allait se passer ? Honnêtement, nous n'en savons rien. Ce que nous savons en revanche, c'est que le cocktail températures élevées, air très sec et vent violent accroît sensiblement les risques d'incendie. Dans le cas du Maroc, nous ignorons si l'appel à la mobilisation populaire, le 20 février prochain, lancé sur les réseaux sociaux, atteindra ses objectifs. Nous savons en revanche que nombre des éléments déclenchants des révolutions tunisienne et égyptienne sont présents, et que les revendications des jeunes Marocains sont très semblables.
D'abord, la température. La population marocaine est tout aussi jeune (les 15-29 ans en représentent près d'un tiers) et le taux de chômage y est tout aussi élevé. De fait, au Maroc, 82 % des chômeurs sont des jeunes (contre 56 % en Tunisie et 73 % en Egypte). Et, comme dans les deux autres pays, le chômage frappe particulièrement les jeunes diplômés du secondaire (plus de la moitié - 58 % - sont sans emploi).
© AFP
Un homme brandit une pancarte pendant une manifestation de soutien aux Égyptiens à Rabat, 12 février 2011.
Aux données objectives, qui illustrent le coût élevé de la vie au Maroc, viennent s'ajouter des impressions subjectives : dans le dernier sondage Gallup en date, 80 % des Marocains se disaient frustrés par les difficultés qu'ils rencontrent au quotidien pour s'en sortir, ce qui place le royaume chérifien à la 119e place, derrière l'Algérie (86e), la Tunisie (97e) et l'Egypte (116e). Il semble donc que la croissance de ces dernières années ne se soit pas répercutée sur les jeunes : le secteur public ne crée plus d'emplois et le secteur n'est pas en mesure d'offrir des débouchés aux jeunes instruits qui arrivent sur le marché du travail. Et, selon les données disponibles, ces jeunes ont le même niveau d'accès à Internet que leurs homologues tunisiens et égyptiens. L'air est très sec, donc.
A cette absence de perspectives s'ajoute la corruption, qui attise le mécontentement. Si tous les indicateurs situent le Maroc à des places préoccupantes dans les classements internationaux (derrière la Tunisie, même), les télégrammes de l'ambassade des États-Unis à Rabat, révélés par WikiLeaks, mettent en lumière l'ampleur de la corruption et l'impunité dans laquelle elle se pratique, et ce parce que le roi, la maison royale et leur entourage en sont les premiers agents. Selon le magazine Forbes, les actifs que possède Mohammed VI dans la banque, l'assurance, l'immobilier, les télécommunications, les mines et l'agriculture ont fait de lui, à seulement 45 ans, le septième souverain le plus riche de la planète, avec un patrimoine personnel estimé à 2,5 milliards de dollars. Que celui qui s'est autoproclamé "roi des pauvres" soit parvenu à doubler son patrimoine en pleine crise économique mondiale constitue un honneur douteux. Mais quand cela se produit dans un pays qui affiche un PIB par habitant de 4 773 dollars (sensiblement inférieur à celui de l'Égypte ou de la Tunisie), qui compte 40 % d'analphabètes et dont un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, un tel degré d'avarice est une ineptie qui ne peut que saper la légitimité et la stabilité du régime. Il est vrai qu'au Maroc des élections sont organisées régulièrement, l'alternance politique existe mais, une fois de plus, tous les indicateurs sur la liberté de la presse et l'indépendance de la justice soulignent que les Marocains ne jouissent que d'une liberté extrêmement limitée et sous étroite surveillance. La récente création du parti Authenticité et modernité, sur une initiative royale, montre que le monarque envisage moins la réforme politique que l'institutionnalisation du pouvoir politique et économique entre les mains d'une petite élite.
Les événements en Tunisie et en Égypt© AFP Un homme brandit une pancarte pendant une manifestation de soutien aux Égyptiens à Rabat, 12 février 2011.e sont une excellente occasion pour l'Union européenne d'encourager des réformes au Maroc. "La meilleure protection pour notre sécurité est un monde fait d'États démocratiques bien gouvernés. Propager la bonne gouvernance, soutenir les réformes sociales et politiques, lutter contre la corruption et l'abus de pouvoir, instaurer l'État de droit et protéger les droits de l'homme : ce sont là les meilleurs moyens de renforcer l'ordre international." Cette phrase est extraite de la "Stratégie européenne de sécurité" de 2003 rédigée par Javier Solana [à l'époque haut représentant de l'UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune] et que les Vingt-Sept ont signée, visiblement sans l'avoir lue.

C'EST POUR ÇA QUE JE SORS LE 20 FÉVRIER !

Par Samira Kinani,  15/2/ 2011

CONTRE CE FLOT DE HAINE
QU'ON DISTILLE
contre des jeunes
-dont les revendications sont légitimes
et dont le droit de manifester
est garanti par toutes les lois-
contre ces accusations haineuses et fallacieuses
qui appellent presque au meurtre
en jouant sur les instincts les plus primitifs
qu'on pourrait attiser chez une foule
du chauvinisme le plus étroit
aux insultes les plus calomnieuses
"agenda extérieur
athées
chrétiens
et j en passe"
c'est le lynchage en bonne et due forme
s'il reflète une chose
c'est la panique
la peur grandissante
de tout un système
d'un appel!!!!!
ça reflète aussi
le mépris
l' arrogance
qu'on a pour ce peuple
et qu' on veut
faire partager
en jouant sur la peur
et oui
" c'est contre la stabilité du pays
c'est des agents polisario"
et tout le tralala
qui sent le moisi
tellement
ça a été utilisé par les dictatures
dernières en date : Égypte et Tunisie
souvenez vous
on a même vu des chameaux
en plein Caire!!!
c'est vous dire...
contre cette tentative
d'imposer une pensée unique
par un terrorisme intellectuel
par le mensonge
par les tentatives d'intimidation
je ne vous parlerai même pas des revendications
elles sont tellement légitimes
tellement évidentes
que ce serait hchouma d'en parler!!
je ne vous parlerai pas de l' exploitation
je ne vous parlerai pas de l' 'impunité
dont jouissent
les vampires
que ce mouvement fait trembler
et de beaucoup de raisons
qui devraient pousser
n' importe qui
à sortir
à dire basta,baraka,stop.......
mais cette offensive vile
cette offensive lâche
cette offensive
me pousse
à appeler
tous mes ami/es
à se dresser
contre cette déviation au fascisme
qui nous guette
ces baltajias
qui sont prêts
à salir la réputation
de jeunes de ce pays
pour faire avorter le rêve
pour faire avorter la foi en un monde meilleur
en le monde meilleur
que tout un être mérite
que tout un Marocain mérite
que toute Marocaine mérite
pour que nous l'ayons
enfin
notre Maroc fier et digne
un Maroc
où tout un chacun se retrouverait
pour ce Maroc pluriel
contre l' baltaja

disons NON
AUX TENTATIVES D'INTIMIDATION

disons OUI
AU MOUVEMENT DU 20 FÉVRIER
http://samira-mehdi.blogspot.com

vendredi 4 février 2011

12.000 jeunes demandent à Mohamed VI dans Facebook d'annuler la Constitution

Ignacio Cembrero El Pais, 04/2/2011
"J'ai reçu des appels anonymes en me menaçant de mort", déclare au téléphone Oussama El Khlifi, un Marocain chômeur de 23 ans, tête visible d'un appel dans Facebook convoquant des manifestations le 20 février dans les villes principales du Maroc. "Il est clair qu'il y a des gens à qui l'initiative ne plaît pas", appel qui a reçu l'appui de 12.000 internautes, selon lui.
Les meneurs demandent, dans des termes très modérées, au roi Mohamed VI de "annuler la Constitution actuelle", dont l'article 19 lui octroie un pouvoir presque absolu; qu'il prenne des mesures pour lutter contre la corruption et qu'il libère les prisonniers de conscience.

Les jeunes qui revendiquent des changements ne sont pas les seuls a activer sur le réseau. Durant quelques heures une autre convocation a aussi circulé pour célébrer, ce dimanche à Casablanca, une Marche de l'Amour et de la Fidélité à Sa Majesté Roi Mohamed VI.
À la fin, elle a disparu et il ne reste qu'une autre initiative qui demande aux usagers marocains de Facebook de substituer leur photo dans le profil du réseau social par celle du monarque, le 14 février, jour de la Saint Valentin.
Le Gouvernement marocain a réagi hier, pour la première fois, à cette effervescence dans le réseau. Son porte-parole, Khalid Naciri, a déclaré à la fin du Conseil des Ministres : "Les appels à se manifester qui surgissent à travers quelques webs d'Internet sont vus avec beaucoup de sérénité".
"Que les citoyens* puissent s'exprimer est quelque chose qui ne nous gêne absolument pas à condition de respecter la légalité et les intérêts suprêmes et vitaux de notre pays", ajouta-t-il en parlant de la monarchie, la religion et l'appartenance du Sahara Occidental au Maroc.
Outre les jeunes, un des principaux intellectuels marocains, l'écrivain Abdellatif Laabi, qui n'était pas spécialement critique avec le système, a fait hier aussi un appel : "Disons-le haut et fort, aucun pays arabe ne peut se soustraire à ce mouvement qui s'est fixé comme objectif finir avec le royaume de l'acte de l'arbitraire".
Un ex-capitaine des Forces Armées, Mustafa Adib, qui a été inculpé pour dénoncer la corruption dans ses rangs, s'est animé aussi à faire un double appel au monarque, lui instant de modifier la Constitution, et à ses anciens compagnons d'armes, de ne pas réprimer les manifestations hypothétiques, selon lui, qui auront lieu dans un bref délais.
* les sujets sont donc devenus des citoyens... (ndlr)