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vendredi 27 mars 2015

Le Sahara occidental, au centre du Forum Social Mondial



FSM 2015 à Tunis, , par  Céline Tabou

 

Présente dans de nombreux forum mondiaux visant à lutter contre l’impérialisme et le colonialisme, tels que le FSM ou le FMJE [1], la délégation du Sahara occidental tente depuis des décennies d’interpeller la communauté internationale dite “progressiste” sur les conditions de vie des sahraouis. Le FSM 2015 se tient jusqu’à samedi.

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Vue d’une partie du site du FSM 2015 à Tunis.
Territoire situé au Nord-est du Maroc, le Sahara occidental est annexé par le Royaume depuis 1975, et exploité pour ses richesses en phosphate, pêche et agriculture. La politique impérialiste du Maroc a conduit à des exactions sévères : tortures, assassinats, mutilation, viol, privation de soins médicaux, d’éducation…
Raisons pour lesquelles, chaque délégation sahraouie tient à « mettre à nu les violations graves perpétrées par l’occupant marocain à l’encontre des militants sahraouis civils et l’exploitation illégale des richesses naturelles du Sahara Occidental ».
Face à une situation qui s’aggrave, une cinquantaine d’organisations non gouvernementales françaises ont appelé le 25 mars, le Maroc à respecter le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. « Nous sommes préoccupés par le fait que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ne soit pas respecté par le Maroc », a expliqué Marion Veber, chargée du programme Droit des peuples au collectif d’associations de solidarité internationale.
Le Sahara occidental est classé comme territoire non autonome par les Nations Unies, le collectif des associations de solidarité internationale a tenu à rappelé que le droit des Sahraouis à l’autodétermination est l’une des résolutions des Nations unies. Le collectif a également appelé les autorités marocaines à appliquer ces résolutions et à mettre en place le referendum, promis en 1989, dans les territoires sahraouis occupés.
Le chef de la délégation sahraouie, secrétaire général des travailleurs sahraouis (UGTS), Mohamed Cheikh Lahbib, a expliqué au quotidien algérien « Le Temps » que lui-même et les 120 participants sont présents pour « étendre la sphère de la solidarité internationale avec la question sahraouie dans le but de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination ».
Une marche pour faire connaître la cause sahraouie a d’ailleurs été organisée mercredi 25 mars, afin d’appeler à la consécration du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique. Muni de drapeau de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), la délégation a pu compter sur la présence de participants étrangers, venus exprimer leur solidarité avec leur cause.
Pour Mohamed Cheikh Lahbib, « le FSM 2015 est un évènement propice pour faire connaître la cause de notre peuple, ceci d’autant que les participants sont d’accord sur la question de l’autodétermination des peuples opprimés », a-t-il expliqué au quotidien algérien « El Moudjahid ».
Les associations locales devant prendre part au FSM ont été triées sur le volet pour répandre la version de leur pays. Elles ont, visiblement, une longueur d’avance sur les Marocaines, puisqu'hier, elles ont tenu un point de presse dans la capitale pour annoncer la finalité de leur déplacement en Tunisie. « La participation algérienne sera axée autour des causes justes… le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et le recouvrement du peuple palestinien de sa souveraineté », a déclaré un membre d’une ONG locale.
En 2013, certains militants algériens avaient agressé un journaliste marocain et arraché sa caméra alors qu’il filmait les travaux d’un atelier.

jeudi 26 mars 2015

FSM : Des ONG françaises plaident à Tunis pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination


Cheikh Habib, 25/3/ 2015 

FSM : Des ONG françaises plaident à Tunis pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination
 
TUNIS - Une cinquantaine d’organisations non gouvernementales ONG) françaises qui prennent part au forum social mondial (FSM), ont appelé, mercredi à Tunis, le Maroc à respecter le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
"Nous sommes préoccupés par le fait que le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination ne soit pas respecté par le Maroc", a indiqué Marion Veber, chargée du programme "droit des peuples" au collectif  d’associations de solidarité internationale que forment ces organisations.
Rappelant à l’occasion que le droit des Sahraouis à l'autodétermination est l’une des résolutions des Nations unies, elle a appelé le Maroc à faire en sorte que ces résolutions soient respectées et qu’un referendum soit organisé dans les territoires sahraouis occupés.
Pour ces organisations qui participent au FSM depuis sa création en 200, cette manifestation est une opportunité pour évoquer la situation des droits de l’homme dans le monde, notamment au Sahara occidental où ces droits "sont bafoués par le Maroc, a encore relevé Marion Veber.
Créé en 1976 en France, le collectif des associations de solidarité internationale défend activement les droits humains et les droits de l’homme dont le droit du peuple sahraoui à son indépendance et le droit à disposer de ses richesses naturelles.

FSM: une marche pour faire connaître la cause sahraouie

TUNIS - La délégation sahraouie participant au 13e forum social mondial (FSM) à Tunis a organisé mercredi une marche pour faire connaître la cause de son pays en marge de cette rencontre à laquelle prennent part les représentants de 60 pays.
Les participants à la marche ont brandi le drapeau de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), scandant des slogans appelant à la consécration  du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à la décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique.
A l'entame de la marche, plusieurs participants étrangers se sont joint aux manifestants pour exprimer leur solidarité avec la cause sahraouie. La participation de la délégation sahraouie forte de 120 membres au FSM vise à élargir le cercle de la solidarité internationale avec la cause sahraouie, a indiqué le chef de la délégation,
 

jeudi 19 mars 2015

Tunisie, FSM : NON A LA PEUR !




TUNISIE



La Tunisie , les tunisiennes et les tunisiens sont toujours debout !
En direct de l'avenue Bourguiba (centre ville de Tunis)




TERRORISME DÉGAGE ! : Les terroristes veulent créer un climat de peur à la veille du Forum Social Mondial qui se déroule en Tunisie du 24 au 28 mars. Les citoyens Tunisiens aspirent à la liberté et disent non à la peur.
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 Une réaction à chaud de Fethi Benslama  sur le massacre au Musée du Bardo:

- La Tunisie est malheureusement au début du calvaire, nous le savions, du moins certains en avaient pleinement conscience.
- Lors de la dernière conférence que j'ai donné à la Bibliothèque Nationale à Tunis le 28 février dernier (publié dans "La presse de Tunisie"), j'avais fait état du chiffre que le secrétaire d'Etat à la jeunesse m'a donné quelques jours auparavant : il y a un million de jeunes tunisiens (1 sur 4) qui sont sortis du système scolaire, qui sont au chômage, qui n'ont aucune couverture sociale. Il s'agit là, à n'en pas douter, d'un vivier du désespoir qui alimentera le salafisme, le jihadisme, la délinquance, le suicide, etc.
- Le gouvernement de la troïka et particulièrement le parti islamiste, qualifié de "modéré" qui la dominait, a tout fait pour favoriser le terrorisme jihadiste. Les preuves sont nombreuses et accablantes.
- Malgré la mobilisation des services de sécurité dans les derniers mois, le fait que le Musée national du Bardo, qui jouxte le parlement, soit sans protection, indique assez l'état de carence de ces services.
- Les Tunisiens dans leur majorité ne sont pas conscients que la Tunisie est exposée à de très graves dangers, à la fois de l'extérieur et de l'intérieur. Sans la conscience de ces dangers, sans la mobilisation de moyens et de forces considérables, bref, sans une MOBILISATION GENERALE, la Tunisie vivra une tragédie comparable à celle de l'Algérie, et probablement pire encore, car l'Algérie n'avait pas à l'époque un pays voisin en guerre, sans Etat, en proie aux milices, comme la Libye. Il faut que le gouvernement dise la vérité aux tunisiens. 

Il faut que les Etats européens arrêtent de tergiverser stupidement, en ne cherchant qu'à se protéger eux-mêmes, en croyant que la Tunisie c'est ailleurs."

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lire aussi :  http://www.humanite.fr/tunisie-contre-la-terreur-un-peuple-debout-568962?IdTis=XTC-FT08-ACJV54-DD-DXXED-DYR8
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 http://www.france24.com/fr/20150319-attaque-terroriste-tunis-condamnation-communaute-internationale-france-japon-etats-unis-washington-presse-video/





mercredi 17 avril 2013

FSM : Déclaration sur la révolution syrienne des forces de gauche

16/4/2013
syrie-fsm                          participants au Forum social mondial réunis à Tunis du 26 au 30 mars 2013.

Le monde s'est intéressé aux révolutions, déclenchées dans la région arabe à partir de la Tunisie. Mais la situation est devenue plus confuse après que la révolution ait atteint la Syrie. Cela a révélé une forte incompréhension, s'appuyant sur une ancienne doctrine issue de la guerre froide et de la division du monde en deux "camps".

Pour cette raison, nous les signataires ci-dessous, affirmons :

Premièrement, ce qui se déroule en Syrie est une révolution dans tous les sens du terme. Elle résulte de l'effondrement économique en Syrie au cours de la dernière décennie, du à la crise structurelle qui a appauvri et précarisé de larges couches de la population, et qui a concentré la richesse entre les mains d'une minorité familiale maffieuse, reposant sur la dictature. L'objectif de la révolution est donc la promotion des libertés et de la démocratie; il est aussi de changer le système économique dans l'intérêt des classes populaires, et d'édifier un Etat démocratique laïc qui rend égaux tous les enfants du peuple syrien, inclus les kurdes et toutes les autres composantes.

Deuxièmement, nous déclarons donc notre soutien à la révolution. Nous estimons qu'elle doit être soutenue pour que sa victoire ouvre des perspectives de transformations sociales et politiques majeures, la voie de la poursuite de la révolution à d'autres pays -du Maghreb à l'Arabie Saoudite-, dans un contexte mondial de crise du capitalisme qui laisse prévoir de larges mouvements dans de nombreux pays, à travers le monde.

Troisièmement, il faut rejeter toute logique appelant à l'intervention militaire étrangère -américano-européenne- et également refuser l'intervention de la Russie de l'Iran et de la Chine. Il faut aussi refuser toute logique confessionnelle, ou voulant imposer à la révolution un caractère religieux; en effet, c'est la révolution d'un peuple, et ce n'est, ni ne deviendra, un soulèvement confessionnel ou religieux. Il faut dénoncer la politique de l'opposition qui réduit la révolution à ses propres revendications libérales, qui ne résolvent pas les problèmes du peuple, mais seulement ceux d'individus en quête de pouvoir.

Quatrièmement, nous affirmons que le pouvoir syrien s'est développé sur une base néo-libérale et maffieuse, et non contre l'impérialisme. Il s'est toujours soumis à l'Etat sioniste, en menant des guerres contre la révolution et le peuple palestiniens, et a longtemps rendu ses frontières sûres, en ne cherchant pas à récupérer le Golan.

Cinquièmement, il faut condamner la répression brutale du pouvoir contre le peuple, qui atteint des crimes contre l'humanité. Il faut aussi dénoncer le dévoiement  de la révolution, saoudien, qatari et des autres pays du Golfe, visant, pour l'Arabie saoudite, à la faire échouer, et pour le Qatar, à l'hégémonie des Frères musulmans. Il faut également dénoncer l'exportation de "Jihadistes" en Syrie, comme étant un élément d'un processus contre-révolutionnaire.

Sixièmement, il faut soutenir politiquement, médiatiquement et par tous les moyens, la gauche syrienne participant à la révolution. Ce soutien doit être une des politiques visant à coordonner l'activité de toutes les forces de gauche, agissant pour la participation aux révolutions, afin de favoriser leur développement,  et les transformer en révolutions populaires victorieuses.

Septièmement, il faut nous coordonner sur le plan médiatique pour casser l'hégémonie des médias impérialistes du Golfe, qui déforment la révolution et transmettent une fausse image. Nous réaliserons cela en échangeant les  informations, et en publiant les analyses de la gauche syrienne sur la révolution.

Huitièmement, il faut clarifier la nature de la révolution syrienne auprès de chaque militant de gauche dans le monde. Il faut tenter de changer les positions de la gauche qui, au prétexte de l'anti-impérialisme, soutient le pouvoir maffieux et criminel. Il faut que la gauche adopte une position réellement révolutionnaire de soutien à la révolution syrienne. Elle doit la considérer comme partie intégrante des révolutions arabes, et comme l'étincelle qui peut encourager la lutte des classes dans le monde et déclencher des révolutions, en Europe en Asie et probablement dans le reste du monde, sous l'effet de la crise de l'impérialisme et en l'accentuant.
En conséquence, nous devons œuvrer pour une campagne de soutien à la révolution syrienne; nous devons agir pour clarifier ses conditions, ses difficultés, et son caractère essentiellement révolutionnaire, contre le capitalisme, pour son dépassement, et contre les régimes maffieux.
Nous pouvons commencer, par un jour de solidarité pour soutenir la révolution, organisé par les forces de gauche dans chacun de nos pays, au cours de la première semaine de mai 2013.

Un comité de préparation organisera en Tunisie un congrès de soutien à la révolution syrienne par la gauche internationale, probablement en juin 2013. Un comité de suivi permanent, issu du congrès, oeuvrera pour poursuivre le soutien à la révolution et à la gauche syriennes, et pour approfondir la compréhension de la révolution par la gauche mondiale. Tunisie, le 31 mars 2013.


LISTE DES PREMIÈRES SIGNATURES EN FRANÇAIS
Coalition de la Gauche Syrienne
Organisation des Communistes en Syrie
Parti Démocratique Kurde Syrien (PYD)
Courant de la Gauche Révolutionnaire Syrienne
Ligue de Gauche Ouvrière (Tunisie)
Parti des Travailleurs (Tunisie)
Lutte Internationaliste -LI (Espagne)
Front Ouvrière (Turquie)
Unité Internationale des Travailleurs-IV Internationale (UIT-CI)
solidaritéS (Suisse)
Mouvement Pour le Socialisme (MPS, Suisse)
Forum Socialiste (Muntada Ishtaraki), Liban
Comité pour la cause arabe (Espagne)
Nouveau Parti Anticapitaliste- NPA (France)
Marea Socialista (Venezuela)
Gauche Anticapitaliste -IA (E.Espagnol)
Parti Socialisme et Liberté- PSL (Venezuela)
Gauche Socialiste-IS (Argentine),
Mouvement Socialiste des Travailleurs-MST (Chile),
La Protesta (Bolivia),
Unis dans la Lutte (Peru),
Courant Socialiste des Travailleurs-CST du PSOL (Brésil),
Proposition Socialiste (Panama)
pour signer la déclaration et le contact avec le comité de suivi congres.gauche@gmail.com

mercredi 20 mars 2013

Immigration : Lettre ouverte à Sa Majesté, Mohamed VI

Lettre ouverte à Sa Majesté, Mohamed VI

Votre Majesté,

L’honneur m’échoit d’attirer votre attention, alors que vous êtes en visite officielle en Afrique sub-saharienne, sur l’enfer que vivent au quotidien les ressortissants sub-sahariens au Maroc. Avec les différents présidents que vous allez rencontrer, dans le but de stimuler la coopération sud-sud, vous évoquerez certainement la place particulière du Maroc, véritable trait d’union entre l’Occident et le continent africain (une place que l’Europe sait judicieusement utiliser à son avantage).

Un constat s’impose et il est déplorable : le Royaume chérifien bafoue quotidiennement les droits des étrangers et particulièrement ceux des ses frères et sœurs africains nés au-delà du Sahara. Puis-je me permettre de vous rappeler cette célèbre phrase de feu votre père, qui résonne encore aux oreilles du peuple noir : « Le Maroc est comme un arbre profondément enraciné en Afrique mais dont le feuillage respire l’air de l’Europe ». Certes, le développement économique du royaume doit beaucoup à l’Occident, mais il n’a pour l’instant pas profité aux subsahariens aspirant à vivre et travailler dignement au Maroc. Certains y ont fondé des familles, parfois avec des citoyen(ne)s marocain(ne)s mais leur sort et celui de leurs enfants restent toujours précaires à cause des nombreux obstacles opposés à leur intégration. En comparaison, la communauté marocaine résidant par exemple en Côte d’Ivoire n’éprouve, elle, aucune difficulté à s’installer dans le pays du Président Ouattara. Les migrants ivoiriens au Maroc sont eux, trois fois moins nombreux mais doivent se battre bec et ongles pour espérer obtenir un jour un titre de séjour d’un an renouvelable.
Il est vrai que le Maroc octroie un grand nombre de bourses d’études aux sub-sahariens. Mais une fois leurs études terminées, ils n’ont aucune perspective d’avenir, ce qui les contraint parfois à rester dans la clandestinité. Preuve que même après des années passées au Maroc, on ne peut toujours pas parler d’intégration. Qu’importe le nombre des années, les sub-sahariens sont stigmatisés,  marginalisés, mis à l’écart de la société marocaine. Il existe certes une certaine liberté de circulation entre le Maroc et certains pays d’Afrique de l’ouest, mais ces ressortissants restent toujours traités avec dédain dans le Royaume. Le grand Modibo Diarra de la NASA, le grand footballeur Roger  Miller ainsi que d’autres professeurs agrégés et politiciens des pays sub-sahariens en visite au Maroc pourraient témoigner de l’humiliation que l’on fait subir aux noirs, et notamment des nombreux préjugés à leur encontre dans la police des frontières marocaine.
Pourtant tous ces hommes, femmes et enfants issus des pays subsahariens sont venus chercher refuge au Maroc. Et se retrouvent finalement pris en étau entre un pays qui les rejette et une Europe qui les massacre. Partis pour des raisons multiples, pour ne citer que les conflits ethniques, la misère, la désertification, le chômage, l’insécurité, l’analphabétisme, la corruption, la mauvaise gouvernance, les dictatures, etc. qui minent nos pays d’origine, ces personnes espèrent trouver au Maroc un peu de répit et l’espoir d’une nouvelle vie. D’autant que le Maroc jouit d’une image très positive, et que ses habitants ont la réputation d’être des gens accueillants et hospitaliers.

Mais, les sub-sahariens y sont traités comme des moins que rien. Pour preuve, certains quotidiens marocains vont jusqu’à présenter les subsahariens du Maroc comme un ramassis de voleurs, de bandits de grands chemins, de criminels, de profiteurs et, dernièrement, de propagateurs du virus du Sida… ! Comment peut-on laisser dire cela ? Ecrire cela dans la presse nationale ! Sans droit de réponse ? Sans blâme ??? Nous avons assez des outrages et de ces insultes à répétition ! Noirs oui, nous sommes noirs, et fiers d’oser quitter nos pays et nos familles pour forcer le destin et nous battre jusqu’à la mort s’il le faut pour faire vivre nos enfants dignement.  
Mais stigmatisés par les politiques migratoires répressives que dicte l’UE aux pays du sud de la méditerranée, nous faisons finalement l’objet d’un marchandage : perçus comme de potentiels candidats à l’émigration vers l’Europe, nous sommes échangés contre de fortes subventions aux pays du Maghreb, par conséquent bien peu enclins à nous régulariser et à nous intégrer. C’est ainsi que le Maroc et ses pairs maghrébins sont devenus les sous-traitants de l’UE dans la lutte contre ce que l’on appelle pudiquement « le Flux migratoire ». Habile sous-traitance de la maltraitance.

Votre majesté, je vous le demande : les marocains immigrés en Europe n’ont-ils pas assez souffert de la discrimination et de l’humiliation de la part des Européens bon teint ? Encore la semaine dernière, la Guardia Civil a fait sciemment chavirer un bateau plein de ressortissants marocains (originaires de Sidi Ifni), entrainant ainsi la mort de 8 passagers ! Et aujourd’hui, les pourfendeurs de subventions voudraient que vous fassiez subir aux sub-sahariens ce que vous-mêmes, marocains, avez dû endurer et continuez à endurer ?! Vous savez pourtant le rôle considérable que les migrants jouent dans le développement économique de leurs pays d’origine !

Mais à l’évidence, les autorités policières ne voudraient accueillir sur le sol marocain que des touristes blancs, ou des dirigeants africains qui se sont enrichis en pillant les biens de leurs pays. Comment comprendre, par exemple, que la famille entière de Mubutu vive en toute sécurité au
Maroc ? Et ce alors même que les fils du village de Goma où les minerais congolais ont été pillés ne peuvent bénéficier du droit d’asile au Maroc ?

Personnellement, après avoir vécu dix ans dans le Royaume, dont 8 ans en étant considéré comme clandestin, je connais l’injustice des politiques de régularisation à la tête du client. Je sais combien le pouvoir fabrique des clandestins et décider du jour au lendemain de régulariser qui bon lui semble, comme bon lui semble. 

Votre majesté, peut-être ces informations sur la dramatique réalité des sub-sahariens ne  remontent-elles pas parfaitement jusqu’à vous ? Parce que depuis 2002, les ONG internationales et nationales basées Maroc, et qui travaillent sur les questions des droits humains, n’ont eu de cesse de publier des rapports accablants sur les nombreuses violations dont sont victimes les subsahariens au Maghreb et au Maroc en particulier : arrestations au faciès, assassinats de ceux qui tentent de franchir les grillages de Ceuta et Melilla, viols, passages à tabac, déportations de femmes, enfants et vieillards etc… Les associations comme l’AMDH, le GADEM, l’ABCDS, CCSM, CMSM et bien d’autres encore dénoncent fermement le traitement inhumain réservé aux migrants sub-sahariens dans les pays du Maghreb et, n’ont pour seule réponse, que l’intervention musclée des forces de l’ordre qui perquisitionnent leurs locaux et les empêchent de travailler, comme Médecins sans Frontières obligés de quitter le Maroc.

Votre majesté, notre revendication n’est rien d’autre que le respect de notre dignité en tant  qu’Hommes, et la possibilité de vivre décemment au Maroc, en toute légalité. Le Royaume n’est pas qu’un pays de transit, comme on le croit souvent. Voilà je pense, des réalités dont vos ministres et vos conseillers devraient vous parler. Pour nous, la régularisation des sub-sahariens au Maroc serait une grande victoire et certainement le meilleur indice d’une coopération sud-sud efficace. Car la solidarité des peuples africains et leur coopération pour un développement social sur tout le continent sont des valeurs bien plus grandes que l’entraide purement économique. Quand le progrès social prendra-t-il enfin le pas sur les considérations financières ?

Vous qui êtes actuellement en Afrique sub-saharienne, vous êtes certainement applaudi à votre passage par des milliers d’hommes, de femmes et même d’enfants noirs. Sachez que cette foule n’est composée que de villageois qui se battent au quotidien pour survivre et qui ont placés leurs espoirs entre les mains de leurs enfants, de leurs frères et soeurs, de leurs oncles, tantes ou cousins partis chercher une vie meilleure de l’autre côté du Sahara. Ce sont ces mêmes enfants, frères et sœurs, oncles, tantes ou cousins que vos soldats assassinent. Rien que ces deux dernières semaines, six migrants camerounais ont été abattus froidement à la frontière de Melilla. Depuis le début des années 2000, les Forces auxiliaires comme la Marine royale traquent les sub-sahariens comme de véritables bêtes sauvages.

Votre Majesté, ayez une pensée pour eux, quand vous croiserez le regard de ces milliers de personnes qui vous offrent un accueil chaleureux et vous témoignent sincèrement leur fraternité. Elles n’ont pas oublié les liens historiques qui unissent le Maroc et leurs pays. Elles savent que vous êtes originaire de la terre rouge que vous contemplez. Que vous n’êtes pas seulement Roi du Maroc, que vous êtes avant tout le fils d’un continent humilié, écrasé, spolié au siècle dernier et à qui l’Europe fait croire qu’une coopération est aujourd’hui possible...
Africains, nous sommes africains ! Vous, moi, ces milliers de personnes qui vous saluent sur votre passage. Il est temps que nous cessions de jouer le jeu de l’Europe qui, comme toujours, divise pour mieux régner. Je prie pour que vous entendiez mon appel et que vous preniez des mesures allant dans le sens du rassemblement, pour redonner espoir à tous ceux et celles que vous croiserez en terre sub-saharienne.
Avec l’appui de certaines forces vives marocaines et la société civile, nous nous rendrons à Tunis fin mars pour participer au Forum Social Mondial. Dans cette capitale maghrébine en mouvement, soulevée par l’indignation du peuple arabe, nous espérons susciter un vrai débat sur les conditions de la migration interafricaine et sur la question de la régularisation des sub-sahariens au Maghreb. Nous espérons que les cris de la société civile parviendront jusqu’à vous et que vous saurez engager le Maroc sur le chemin de la modernité et de l’humanité.
Je vous prie de bien vouloir croire, votre Altesse Royale, en l'assurance de mes respectueuses et honorables salutations.

Fabien Didier YENE
Coordinateur du Collectif des
communautés Sub-sahariennes au Maghreb
ccsm.maroc@gmail.com
Tél : 0033 662556521
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Rappel : la conscience tranquille du gouvernement marocain

Selon MAP, le rapport de MSF "omet de signaler que les migrants bénéficient de l'ensemble de leurs droits au même titre que les nationaux", a réagi vendredi une source au sein du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence marocaine MAP.(...)  l'organisation humanitaire "occulte tous les efforts déployés par les autorités marocaines en matière de protection des victimes" ainsi que "la doctrine et l'engagement" de ces autorités "pour la non expulsion des migrants vulnérables".
"L'action des services de sécurité lors des opérations de reconduite aux frontières est strictement encadrée par la loi, les textes réglementaires et par les décrets d'application. Tout agent qui transgresse ces règles est passible de poursuites disciplinaires voire pénales"

lundi 11 mars 2013

FSM : Des eurodéputés dénoncent la politique extérieure de l’UE

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El Watan, 28/3/2013

© Photo : AFP

La politique extérieure de l’Union européenne en direction de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient est empreinte d’un double langage.

Tunis.De notre correspondant

Présents au Forum social mondial à Tunis, des eurodéputés de la gauche unitaire et de la gauche verte du Nord (GUE/NGL) ont dénoncé, hier au cours d’une conférence de presse, la politique de «deux poids, deux mesures» adoptée par Bruxelles vis-à-vis du conflit du Sahara occidental et de la question palestinienne.
L’Espagnol Willy Mayer, connu pour son engagement en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a vilipendé une Europe qui ne travaille pas en direction du règlement des conflits. «La politique extérieure de l’Union européenne doit être dictée par les valeurs des militants en faveur de l’émancipation des peuples opprimés et colonisés. Elle doit jouer un rôle important pour l’achèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental. Elle doit être clairement en faveur de la création d’un Etat palestinien. Malheureusement, elle met au centre des préoccupations ses intérêts géostratégiques aux dépens du droit international». L’eurodéputé, qui a été refoulé avec trois autres parlementaires à l’aéroport de Rabat, empêchés par les autorités marocaines de se rendre à la ville de Layoune occupée, a dénoncé «le silence de l’Union européenne sur les violations des droits de l’homme au Sahara occidental. Au lieu d’exiger du Maroc un strict respect des droits humains, tel que stipulé dans l’article 2 de l’accord d’association, Bruxelles accorde un statut avancé au Maroc pour mieux exploiter les richesses appartenant au peuple sahraoui».
M. Mayer, vice-président de la commission des affaires étrangères au Parlement européen, a appelé l’Espagne «à exercer sa responsabilité administrative pour le parachèvement du processus de décolonisation et elle ne doit continuer indéfiniment à fuir cette responsabilité, car elle est entièrement engagée dans ce conflit».
 De son côté, l’eurodéputé Soren Bo Sondergaard (Danemark), qui a pu se rendre dans les territoires sahraouis occupés, dit «ne pas comprendre comment l’Union européenne continue de favoriser des accords avancés avec un gouvernement (le Maroc) qui opprime un peuple et spolie ses richesses». Il estime que pour permettre au peuple sahraoui de recouvrer son indépendance, «il faut qu’on arrive à mobiliser les opinions publiques partout dans le monde afin d’exercer des pressions sur les gouvernements pour les amener à reconnaître l’Etat sahraoui».

Le soutien intéressé de l’UE au Printemps arabe

Après avoir soutenu les régimes arabes avant le vent de révolte qui les a ébranlés, Bruxelles apporte son appui politique aux nouveaux pouvoirs. Mais, «fondamentalement, rien n’a changé dans l’approche de la politique extérieure de l’Union à l’égard de ces pays. Derrière les mots gentils, se voile une vision opportuniste. Ce qui intéresse Bruxelles, ce sont les marchés qu’elle pourrait obtenir des nouveaux régimes. C’est un soutien intéressé», selon l’eurodéputé d’Irlande Paul Murphy. Pour lui, l’Union européenne «pousse vers la libéralisation des économies des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pouvant permettre une libre circulation des marchandises à travers les accords d’échanges». C’est une politique qui conduirait à l’appauvrissement des populations et l’étranglement des économies de ces pays. Le parlementaire irlandais a par ailleurs dénoncé «la realpolitik de l’Union en apportant un soutien sans faille à l’Etat d’Israël. Il y a des financements européens accordés à Israël pour l’achat d’armements qui servent à tuer les Palestiniens et construire des colonies».
Le conférencier estime que l’establishment européen est «soumis au diktat de la politique étrangère des USA pour promouvoir le rôle d’Israël dans la région». Sur un autre plan, la députée portugaise, Inès Zuber, estime que l’UE est engluée hypocritement dans «des contradictions en matière de politique étrangère». Elle en veut pour exemple, «l’inquiétude qu’elle exprime à l’égard des radicaux islamistes au Mali, et elle les finance en Syrie. Elle s’alarme de la prolifération des armes nucléaires en Iran, pendant que l’Etat d’Israël, une puissance nucléaire, refuse d’adhérer au Traité de non-prolifération». Enfin, les quatre parlementaires européens estiment que face à une Union européenne mue par des intérêts «bassement étroits, il faut opposer une solidarité des peuples de tous les pays pour instaurer un autre monde».
C’est l’esprit du Forum social mondial.
URL Source : http://www.elwatan.com/international/des-eurodeputes-denoncent-la-politique-exterieure-de-l-ue-28-03-2013-208243_112.php



jeudi 7 février 2013

COMMUNIQUE A PROPOS DE L'ASSASSINAT DE CHOKRI BELAID







UNE DÉLÉGATION PARTIRA DU MAROC POUR ASSISTER AUX FUNÉRAILLES ET TRANSMETTRE NOS CONDOLÉANCES A LA FAMILLE ET AUX FORCES DÉMOCRATIQUES TUNISIENNES


COMMUNIQUÉ A PROPOS DE L'ASSASSINAT 
DE CHOKRI BELAID

(PLUS BAS VERSION EN ARABE )
 Nous, organisations signataires engagés dans les préparatifs du Forum Social Mondial qui se tiendra en Mars 2013 à Tunis, sommes consternés et révoltés par l’assassinat de Chokri Belaid, leader politique qui a consacré sa vie à lutter pour la démocratie, la liberté et la justice sociale.
Nous exprimons nos condoléances à la famille du défunt, à ses compagnons de lutte, aux démocrates tunisiens, à ses amis, au peuple tunisien pour la perte d’un homme qui n’a eu cesse de les défendre.
Ce crime odieux intervient après deux années du déclenchement des révolutions en Tunisie et dans la région et à moins de 2 mois de la tenue du FSM 2013 à Tunis.

Cet assassinat vise à faire taire ceux et celles qui luttent pour la dignité, la liberté et la justice sociale, il vise à créer un climat de peur et de haine et faire basculer la Tunisie dans la violence.
Un tel acte ne pourra enrayer ni arrêter le processus engagé par les démocrates tunisiens avec qui nous sommes solidaires. Nous sommes convaincus que les forces démocratiques tunisiennes sauront garder la forte et inébranlable conviction et choix de la résolution pacifique des conflits pour parfaire leur processus démocratique.
Nous appelons les autorités tunisiennes à diligenter d’urgence une enquête impartiale pour déterminer les auteurs de cet assassinat et de tout mettre en œuvre pour que cet acte ne reste pas impuni et ne se reproduise plus.
Nous sommes plus que jamais convaincus de la nécessité d’une mobilisation internationale pour la réussite du FSM 2013 pour en faire un moment fort de soutien au processus démocratique en Tunisie.


PREMIERS SIGNATAIRES

Collectif Démocratie et Modernité

Observatoire Marocain des Libertés Publiques

réseau International No Vox

AFAPREDESA

FSU (Fédération Syndicale Unitaire)

N’Aoura

CRID

Rete Italiana Fsm

Arci - Italie

COBAS

IPAM (initiatives pour un autre monde)

ATMF

SNAPAP

IDD (Immigration Développement Démocratie) 

FCMA

Commission Bresilienne Justice et Paix

ASDHOM

Fondation Franz Fanon

Ciranda

Union Nationale des Travailleurs au Maroc (UNTM)

Global Social Justice 

Association El ghorba

association citoyenne pour la démocratie participative

Association Beni Znassen pour la Culture, le Développement et la Solidarité

Reseau marocain euromed des ONGS

Association des Amis de la Démocratie et de la Liberté d'Expression - ADLE – 

organisation democratique du travail (ODT)

Union Générale des Travailleurs au Maroc (UGTM

Confédération Démocratique du Travail (CDT)

Fédération Démocratique du Travail (FDT)

Réseau Amazigh pour la CitOyenneté (Azetta)

Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM)

CEDETIM

Coordination Maghrébine des Droits Humains (CMODH)

FEMMES ALTERNATIVES (FMAS)

ACTION JEUNESSE (FMAS)

FORUM DES ALTERNATIVES MAROC (FMAS)

E-JOUSSOUR

RAZDED - Maroc

FOBDEC - maroc

SOS MIGRANTS – Belgique

LIGUE TUNISIENNE DES DROITS DE L’HOMME

FTCR

AJAK MAROC


VERSION ARABE 




بلاغ حول اغتيال شكري بلعيد

 نحن المنظمات المنخرطة في التحضير للمنتدى الاجتماعي العالمي الذي سينعقد في مارس 2013 بتونس، مروعون ومشميزون بشدة لاغتيال شكري بلعيد، الزعيم السياسي الذي وهب حياته للنضال من أجل الديمقراطية، والحرية، والعدالة الاجتماعية:

-           نتقدم بتعازينا لعائلة المرحوم شكري بلعيد، ورفاقه في النضال،وإلى الديمقراطيين التونسيين، وأصدقائه، وإلى الشعب التونسي الذي فقد أحد الرجال الذين لم يتوانوا في الدفاع عنه؛

-          نسجل أن هذه الجريمة الشنعاء تأتي بعد سنتين على انطلاق الثورات في تونس والمنطقة، وقبل أقل من شهرين على إنعقاد المنتدى الاجتماعي العالمي 2013 بتونس؛

-          أن هذا الاغتيال يستهدف إسكات اللواتي، والذين يناضلون من أجل الكرامة، والحرية والعدالة الاجتماعية، كما يرمي إلى خلق مناخ من الرعب والحقد، والدفع بتونس نحو العنف؛

-          نؤكد أن مثل هذا الفعل الإجرامي لا يمكنه أن يكبح أو يوقف مسار نضال الديمقراطيون التونسيون الذين نتضامن معهم.  وأننا مقتنعون بأن القوى الديمقراطية التونسية ستحافظ بقوة وقناعة ثابتة على الخيار السلمي لحل النزاعات من أجل استكمال المسلسل الديمقراطي؛

-          ندعو السلطات التونسية إلى الإسراع والتعجيل بفتح تحقيق نزيه لتحديد مرتكبي هذه الجريمة، والقيام بكل ما يجب حتى لا يظل هذا الفعل بدون عقاب، ولضمان عدم تكراره؛