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jeudi 26 mars 2015

Yassine, itinéraire du "bon vivant" devenu un assassin au Bardo








Photo d'archives de Yassine Laabidi, l'un des deux assaillants du musée de Bardo à Tunis. Photo AFP
Témoignage "C'est un choc, un choc, un choc énorme!"

Sous le choc, le frère de Yassine Laabidi, l'un des deux assaillants du musée de Bardo à Tunis, n'arrive pas à s'expliquer comment ce garçon de 27 ans "chaleureux, beau gosse et aimable" a pu tuer des innocents.
"Je ne réalise pas encore que mon frère est mort, qu'il est impliqué dans cette histoire, toute la famille est dans l'incompréhension. Yassine était un jeune aimable, chaleureux, beau gosse, intellectuel, qui n'avait rien en commun avec" les jihadistes, dit son frère à l'AFP.
"C'est un choc, un choc, un choc énorme! Je ne comprends rien du tout", dit ce grand gaillard aux traits tirés, qui ne veut pas voir son prénom publié.

Yassine Laabidi --Abidi, selon les autorités-- a été identifié par la police comme l'un des deux tueurs, avec Jabeur Khachnaoui, qui ont abattu mercredi 20 touristes étrangers et un policier tunisien au musée du Bardo.

Rien, selon ses proches, ne laissait présager une dérive extrémiste de ce jeune homme, bien sous tous rapports, issue d'une famille de la classe moyenne. D'ailleurs, il vivait avec ses parents, sa sœur et son frère à Omrane supérieur dans le Grand Tunis, sans que personne ne se doute de rien.
Ce jeune garçon aux traits fins avait étudier le français à l'université jusqu'en deuxième année avant d'abandonner et de devenir coursier dans une société de livraison à Tunis.

(Repère: Tunisie: les troubles depuis la révolution)

"Il buvait, fumait et avait une copine"
"Mon frère était un bon vivant, il aimait bien s'habiller et être bien entouré par les amis et la famille, il n'avait aucun complexe, il rigolait avec tout le monde, même avec ses amis en train de picoler", ajoute-t-il.

Si Yassine a commencé à s'intéresser de plus près à la religion et à prier il y a trois ans --peu après la révolution de janvier 2011 et la levée de la chape de plomb pesant sur les discours religieux-- il n'a pas pour autant laissé transparaître un intérêt particulier pour les courants extrémistes. Il ne s'isolait pas et aimait passer ses soirées en famille à regarder des films ou des documentaires.

Yassine n'a quitté le domicile familial qu'une fois, durant 27 jours en décembre 2014. Il avait affirmé s'être rendu à Sfax, dans le sud de la Tunisie. Mais désormais ses parents s'interrogent sur sa destination réelle: les autorités ont affirmé qu'il avait séjourné en Libye pour se former au maniement des armes.
Et son cousin Walid explique à l'AFP que Yassine lui avait donné une autre version: il était parti avec la famille de sa petite amie, une Américaine d'origine irakienne, à Djerba, haut-lieu de tourisme balnéaire.
"Avant de commencer à faire la prière, Yassine vivait bien sa jeunesse, il buvait, il fumait et il avait une copine", souligne Walid.

(Lire aussi : Le député Rahoui à « L'OLJ » : Ces terroristes nous en veulent parce que nous avons réussi notre révolution)

Lavage de cerveau par des 'pourritures'
Le frère de Yassine abonde dans ce sens. "Il est victime à 100%, victime d'un lavage de cerveau, des idées venimeuses, ces pourritures qui envoient au nom de la religion des jeunes vers la mort, des jeunes cultivés qui pourraient devenir des cadres sécuritaires, des médecins, des avocats", martèle-t-il.

Le jour de l'attaque, le grand frère de Yassine suivait les évènements à la télévision, sans se douter de rien.
"En regardant ce qui se passait au musée, je n'arrêtais pas d'insulter les tueurs et de les traiter de tous les noms, sans jamais penser que mon frère était impliqué", confie-t-il.
Mais en fin d'après-midi, les policiers viennent taper à la porte pour interroger les proches de Yassine.
"Toute la famille est victime (...) Nous avons payé la facture très très cher, puisque nous avons perdu la plus belle chose de notre famille", déplore le frère. "Je dis à tous les Tunisiens que chaque famille risque de voir son fils manipulé (...) Personne n'est épargné", lâche-t-il.
"Nous voulons enterrer Yassine l'être humain, celui qui prie et se fait des amis. C'est ce Yassine là, on ne veut pas enterrer Yassine le produit de cette pourriture, de cette peste".

OLJ/AFP,22/03/2015

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lundi 23 mars 2015

À Tunis, la convergence des mouvements sociaux pour un monde meilleur

 Le Comité pour l’annulation de la dette tiers monde (CADTM)


Communiqué de presse

Le Forum Social Mondial (FSM) se tiendra cette année à Tunis, en Tunisie, du 24 au 28 mars. Le CADTM, partie prenante du processus depuis ses débuts, y sera présent avec une délégation de plus de quarante militant-e-s venant de 19 pays et de quatre continents. Des membres du réseau de Belgique, de France, de Suisse, d’Espagne, de RDC, du Bénin, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Niger, du Mali, du Sénégal, de Tunisie, du Burkina Faso, de République du Congo, du Maroc, d’Haïti, d’Argentine, d’Inde et du Pakistan prendront par au FSM. Cette forte mobilisation est la meilleure réponse aux intégristes de tous bords et c’est notre message de soutien au peuple tunisien dans ce contexte difficile. 
Cette participation du réseau CADTM s’inscrit dans le cadre de notre plan d’actions en vue d’élaborer des alternatives radicales visant l’émergence d’un monde basé sur la souveraineté, la solidarité et la coopération entre les peuples, le respect de la nature, l’égalité, la justice sociale et la paix.
À cet effet, le CADTM organisera ou co-organisera une douzaine d’ateliers sur différents thèmes. Il participera également à plusieurs « assemblées de convergence ». Ces ateliers porteront sur la problématique de la dette et les mobilisations populaires actuelles pour lancer des audits de cette dette notamment en Grèce, le libre échange et ses effets au Nord (TAFTA) comme au Sud (APE, ALECA, etc…), l’extractivisme et la crise alimentaire, les nouvelles politiques des Institutions financières internationales (IFI) au Maghreb après le printemps des peuples de 2011 et sur la justice fiscale. Les militants du CADTM animeront également des ateliers sur les luttes des femmes contre les diktats des microcrédits et la nécessité  de la désobéissance face aux créanciers.         
Lors de ce FSM, le CADTM participe activement à la construction et au renforcement des mouvements sociaux de par le monde. Le réseau contribuera durant les jours du Forum et lors de l’Assemblée des mouvements sociaux dans une perspective internationaliste, à la construction d’un large mouvement populaire, conscient, critique et mobilisé qui lutte pour « d’autres mondes possibles ».
Tunis, le 23 mars 2015
Retrouvez l’ensemble de notre programme sur : http://cadtm.org/Programme-du-CADTM-au-FSM-de-Tunis
Contact :
Claude Quémar 00216 55 102 592
Claude.quemar@cadtm.org
Fathi Chamkhi  00216 55 522 378
fatcham@yahoo.fr

jeudi 19 mars 2015

Tunisie, FSM : NON A LA PEUR !




TUNISIE



La Tunisie , les tunisiennes et les tunisiens sont toujours debout !
En direct de l'avenue Bourguiba (centre ville de Tunis)




TERRORISME DÉGAGE ! : Les terroristes veulent créer un climat de peur à la veille du Forum Social Mondial qui se déroule en Tunisie du 24 au 28 mars. Les citoyens Tunisiens aspirent à la liberté et disent non à la peur.
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 Une réaction à chaud de Fethi Benslama  sur le massacre au Musée du Bardo:

- La Tunisie est malheureusement au début du calvaire, nous le savions, du moins certains en avaient pleinement conscience.
- Lors de la dernière conférence que j'ai donné à la Bibliothèque Nationale à Tunis le 28 février dernier (publié dans "La presse de Tunisie"), j'avais fait état du chiffre que le secrétaire d'Etat à la jeunesse m'a donné quelques jours auparavant : il y a un million de jeunes tunisiens (1 sur 4) qui sont sortis du système scolaire, qui sont au chômage, qui n'ont aucune couverture sociale. Il s'agit là, à n'en pas douter, d'un vivier du désespoir qui alimentera le salafisme, le jihadisme, la délinquance, le suicide, etc.
- Le gouvernement de la troïka et particulièrement le parti islamiste, qualifié de "modéré" qui la dominait, a tout fait pour favoriser le terrorisme jihadiste. Les preuves sont nombreuses et accablantes.
- Malgré la mobilisation des services de sécurité dans les derniers mois, le fait que le Musée national du Bardo, qui jouxte le parlement, soit sans protection, indique assez l'état de carence de ces services.
- Les Tunisiens dans leur majorité ne sont pas conscients que la Tunisie est exposée à de très graves dangers, à la fois de l'extérieur et de l'intérieur. Sans la conscience de ces dangers, sans la mobilisation de moyens et de forces considérables, bref, sans une MOBILISATION GENERALE, la Tunisie vivra une tragédie comparable à celle de l'Algérie, et probablement pire encore, car l'Algérie n'avait pas à l'époque un pays voisin en guerre, sans Etat, en proie aux milices, comme la Libye. Il faut que le gouvernement dise la vérité aux tunisiens. 

Il faut que les Etats européens arrêtent de tergiverser stupidement, en ne cherchant qu'à se protéger eux-mêmes, en croyant que la Tunisie c'est ailleurs."

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lire aussi :  http://www.humanite.fr/tunisie-contre-la-terreur-un-peuple-debout-568962?IdTis=XTC-FT08-ACJV54-DD-DXXED-DYR8
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 http://www.france24.com/fr/20150319-attaque-terroriste-tunis-condamnation-communaute-internationale-france-japon-etats-unis-washington-presse-video/





samedi 9 mars 2013

Le 8 Mars, 8 villes arabes disent OUI au soulèvement des Femmes dans le monde arabe

8/3/2013
Le slogan « Je soutiens le soulèvement des femmes dans le monde arabe, parce que... » investit fièrement 8 villes arabes à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
Aujourd’hui, les habitants du Caire, Sana’a, Beyrouth, Tunis, Benghazi, Tanger,  Ramallah et Aman ont pu observer au réveil des portraits gigantesques de femmes brandissant un message de soutien aux femmes du monde arabe. Ces photos ont été exposées sur la façade des lieux suivants :

 "Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je n'hésiterai pas à demander mes droits" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I will not hesitate to demand my rights"Yemen, Sanaa

 
"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je n’hésiterai pas à demander mes droits" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I will not hesitate to demand my rights"





 


 

 

 

Liban, Beyrouth

"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car il n'y a aucune raison pour que je ne puisse pas donner ma nationalité à mes enfants." - "I am with the uprising of women in the Arab world because there is no reason why I shouldn't pass my nationality to my children""Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car il n’y a aucune raison pour que je ne puisse pas donner ma nationalité à mes enfants." - "I am with the uprising of women in the Arab world because there is no reason why I shouldn’t pass my nationality to my children"





"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car elles sont le cœur même des révolutions" - "I am with the uprising of women in the Arab world because they are the womb of revolutions" Egypte, Le Caire

"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car elles sont le cœur même des révolutions" - "I am with the uprising of women in the Arab world because they are the womb of revolutions"




"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis la révolution et non l'indécence" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am revolutionnary, not indecent"

Tunisie,Tunis

"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis la révolution et non l’indécence" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am revolutionnary, not indecent"



                                                                                                                  Libye, Benghazi

 "Nous sommes avec le soulèvement des femmes du monde arabe car, tout comme nous avons fait parti de la révolution, nous reconstruirons l'Etat" - "We are with the uprising of women in the Arab world because just as we were part of the revolution, we will be part of building the State" "Nous sommes avec le soulèvement des femmes du monde arabe car, tout comme nous avons fait parti de la révolution, nous reconstruirons l’Etat" - "We are with the uprising of women in the Arab world because just as we were part of the revolution, we will be part of building the State"





"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis palestinienne, j'ai lutté, je lutte et je continuerai de lutter pour obtenir l'égalité et la liberté" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am palestiniain, I struggled, struggle, and will continue to struggle until equality and freedom are achieved"Palestine, Ramallah
"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis palestinienne, j’ai lutté, je lutte et je continuerai de lutter pour obtenir l’égalité et la liberté" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am palestiniain, I struggled, struggle, and will continue to struggle until equality and freedom are achieved"





"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis jordanienne et ma nationalité est un droit pour mes enfants" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am Jordanian and my nationality is a right for my children"Jordanie, Aman
"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je suis jordanienne et ma nationalité est un droit pour mes enfants" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I am Jordanian and my nationality is a right for my children"





"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je ne resterai pas silencieuse face au harcèlement sexuel dont je suis victime tous les jours dans la rue" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I won't stay silent in the face of the sexual harassment that I experience everyday in the streets"
 

Maroc, Tanger

"Je suis avec le soulèvement des femmes du monde arabe car je ne resterai pas silencieuse face au harcèlement sexuel dont je suis victime tous les jours dans la rue" - "I am with the uprising of women in the Arab world because I won’t stay silent in the face of the sexual harassment that I experience everyday in the streets"

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Ces photos clament haut et fort que le corps de la femme n’est pas tabou. Elles disent non à la violence sexuelle, non aux tests de virginité. Les slogans demandent également que les femmes puissent transmettre leur nationalité à leurs maris et enfants. Ces photos matérialisent la volonté des femmes de participer à la construction de leurs pays, tout comme elles ont participé aux révolutions.

Cette nouvelle initiative du mouvement « The Uprising of Women in the Arab World », lancée à l’occasion de la Journée Mondiale de la Femme, est soutenue par plusieurs activistes bénévoles et indépendants ainsi que par plusieurs organisations telles que « Almara’ Kadiyyat Watan » de Jordanie, « Filastiniyat » de Palestine, la fondation « la Nouvelle Femme » d’Égypte et la FIDH. Cette initiative a également été rendue possible grâce à la collaboration des propriétaires et gérants des bâtiments utilisés et à la cinémathèque de Tanger au Maroc.

Ces gigantesques photos sont un message de contestation contre les injustices dont les femmes sont victimes dans la région. Cette action tend aussi à célébrer les femmes révoltées qui se battent pour leurs droits et leurs libertés. Nous sommes convaincus que les révolutions de la dignité, de la justice et des libertés, dans le monde arabe, ne pourront jamais se concrétiser sans la participation des femmes.

Le mouvement « Uprising of Women in the Arab World » sort, pour la deuxième fois, de l’espace virtuel pour se manifester dans la rue. La première initiative a eu lieu, le 12 février 2013, dans le cadre d’une campagne de lutte contre la violence sexuelle infligée aux femmes égyptiennes. Cette campagne a réuni plusieurs activistes aux quatre coins du monde, autour d’un seul message, le même jour, à la même heure.

Le mouvement « Uprising of Women in the Arab World » a commencé sur facebook en octobre 2011. Un an après, la campagne de photos « je suis avec la Uprising of Women in the Arab world parce que … » été lancée.

Lien de l’album photos de la campagne « Uprising of Women in the Arab World ».
 
http://www.fidh.org/Le-8-Mars-8-villes-arabes-disent-13003

vendredi 26 octobre 2012

Ça y est, workshop19, atelier tunisien de création, existe !

éditions workshop19       
ATELIER TUNISIEN DE CRÉATION
 

دار النشر وَرْشة19
الورشة التونسية للابداع

couv tahrir site
En vente dans toutes les bonnes librairies en Tunisie, France, Belgique et Suisse !
Disponible aussi sur Amazon.fr et Fnac.com

Diffusion-distribution Tunisie: SOTUPRESSE 
Tél. 71 322 499

Diffusion France Belgique Suisse : L'Oiseau Indigo
Distribution France-Belgique : Pollen littéral
Distribution Suisse : Servidis
Format 15x23   260 pages
ISBN 978-9938-862-00-3      N° éditeur 862
Prix public : 20 DT  20 € 25 CHF

Écrit par W19, 24/10/2012
Fausto Giudice, Tunis, 21 octobre 2012 - Ça y est, workshop19 existe ! Il aura fallu un an pour que ce projet devienne une réalité, avec la publication de notre premier livre. La réalisation de ce projet a coûté beaucoup de sang, de larmes et de sueur, mais nous y sommes arrivés. Paraphrasant Napoléon, on pourrait dire : " المستحيل موش كلمة تونسية " [al mosta7il mouch kilma tounssiya-Impossible n'est pas un mot tunisien].
Le 5 janvier 2011, alors que je vivais encore en France, j'ai su que Ben Ali n'en avait plus pour longtemps, lorsque j'ai appris qu'au lendemain de la mort de Mohamed Bouazizi, date de la rentrée scolaire et universitaire, les élèves et étudiants se mettaient en grève aux quatre coins du pays. Je me suis donc préparé à retourner dans le pays où j'avais grandi, et où je n'avais pu mettre les pieds durant les 23 ans de la dictature.

En revenant à Tunis, j'ai découvert au fil des mois une société en pleine effervescence et atteinte de graves maladies. Parmi ces maladies, la plus sérieuse me paraît être l'ignorance. Une ignorance cultivée et entretenue par le pouvoir pendant des décennies.

Le livre est un des outils permettant de combattre l'ignorance. Le grand poète espagnol Federico García Lorca a exprimé cela mieux que je ne le saurais faire. Voici ce qu'il déclara dans son discours d’inauguration de la bibliothèque publique de sa ville natale, Fuente de Vaqueros (Grenade) en septembre 1931 :

 
Quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu’elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s’en désole : « Comme cela plairait à ma sœur, à mon père ! » pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu’avec une légère mélancolie. C’est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu’est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.
C’est pour cela que je n’ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l’offre. J’en ai donné une infinité. Et c’est pour cela que c’est un honneur pour moi d’être ici, heureux d’inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade.
L’homme ne vit pas que de pain. Moi, si j’avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j’attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu’ils profitent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l’État, à les transformer en esclaves d’une terrible organisation sociale.
J’ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu’un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d’apprendre et n’en a pas les moyens souffre d’une terrible agonie parce que c’est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres ?
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer : « Amour, amour », et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis.
Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : « Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d’eau, il demandait des livres, c’est-à-dire des horizons, c’est-à-dire des marches pour gravir la cime de l’esprit et du cœur. Parce que l’agonie physique, - biologique, naturelle d’un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.
Le grand Menéndez Pidal - l’un des véritables plus grands sages d’Europe -, l’a déjà dit : « La devise de la République doit être la culture ». la culture, parce que ce n’est qu’à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd’hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.

jeudi 20 septembre 2012

Les associations démocratiques issues de l'immigration créent le FALDI pour réussir le Forum Social Mondial de Tunis en 2013

Par Ayad Ahram, 8/9/2012
 
FORUM SOCIAL MONDIAL TUNIS 2013
IMMIGRES D’ICI & D’AILLEURS, 
ASSOCIATIONS & COLLECTIFS DE SOLIDARITE FAISONS ENTENDRE NOTRE VOIX
 ET EXIGEONS LE DROIT A UNE VIE DIGNE 
DE TOUTES PERSONNES MIGRANTES   

Le samedi 8 septembre 2012, se sont réunies  à Paris, les organisations signataires(*), pour lancer la  création d’un Forum des Associations des Luttes Démocratiques de l’Immigration (FALDI).
Constitué par les associations issues de l’immigration et leurs soutiens, le FALDI a pour mission de porter collectivement les revendications démocratiques et légitimes de l’immigration, notamment, en matière de luttes  contre toutes les formes de discriminations, de racisme et de xénophobie, ici et ailleurs et pour l’application des droits des migrants(e)s et de leurs familles..

Le processus migratoire, dans le contexte de la mondialisation globale, a des conséquences importantes sur les pays du Maghreb.  Tout en demeurant des pays d’émigration, les pays du Maghreb sont devenus, un goulot d’étranglement pour l’immigration subsaharienne qui s’y sédentarise.
En ce sens, la question de l’immigration et la migration doit être analysée sous tous les aspects (économiques, socioculturels, et politiques) et non pas seulement sous l’angle des politiques sécuritaires. Les drames humains que subissent les migrant(e)s à travers le monde, ne peuvent nous laisser indifférent(e)s.
Convaincues que dans un monde globalisé qui est le nôtre la question de l’immigration est un enjeu planétaire qui bouscule les notions de frontières, de souveraineté et de citoyenneté, les organisations constitutives du FALDI, considèrent que  la question de l’immigration doit être une des thématiques centrales  du FSM – Tunis 2013.
Le FALDI s’appuie  sur les textes suivants : la charte de principes du Forum Social Mondial, approuvée à Porto Alegre  en 2001, la Charte Mondiale des Migrants, proclamée à Gorée (Sénégal) le 4 février 2011, la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, adoptée par l'Assemblée générale de l’ONU le 18 décembre 1990.
Comme première étape, ce collectif  s’est fixé comme objectif de veiller à la mobilisation et la sensibilisation des acteurs associatifs et institutionnels en Europe. Il travaillera également en étroite collaboration avec les acteurs associatifs de l’immigration des autres régions du monde, Proche et Moyen Orient, Asie, Amérique pour une forte implication dans la préparation, la participation et la réussite du Forum Social Mondial qui se tiendra à Tunis en 2013.
Dès aujourd’hui, nous lançons cet appel pour que toutes les composantes du tissu associatif et organisations syndicales, concernées par la thématique de l’immigration, se joignent à cet effort collectif du FALDI pour que le Forum Social Mondial Tunis 2013, soit une étape importante dans notre combat unitaire pour faire entendre les droits des migrant(e)s à travers la planète.
D’ores et déjà, les associations membres du FALDI, se mobilisent pour participer activement à une rencontre qui va se dérouler à Oujda (Maroc), les 5, 6 et 7 octobre 2012, en vue de sensibiliser l’opinion publique sur la situation des migrant(e)s subsaharien(ne)s qui, faute de pouvoir traverser la méditerranée, ont été contraint(e)s de s’installer dans les pays du Maghreb. Ils, elles, subissent un traitement inhumain de la part des autorités des différents pays du Maghreb, sont victimes de discriminations et de racisme, et sont démuni(e)s de tout statut légal qui leur permettrait de travailler et subvenir à leurs besoins.
Toutes les bonnes volontés sont conviées à cette rencontre maghrébine qui fera date dans ce long combat pour que chaque migrant(e) puisse bénéficier de la protection et de ses droits universels à travailler et à vivre dignement, là où il, elle  se trouve.
La rencontre de Oujda, organisée par la dynamique du Forum Social Maghrébin est une étape pour réussir le FSM Tunis 2013
                                                                                 
Fait à Paris, le samedi 8 septembre 2012
 Les associations fondatrices du FALDI : AMF/ ATF/ ATMF/ FTCR/ ACORT/ ASDHOM / ACDA/ FCMA/ CSP92/ IDD/ UTIT/  CRLDHT/ N'AOURA Belgique / EMCEMO-Amsterdam/ MIGRATION SANTE/ FASTI/ "Coordination Régionale Rhône-Alpes de Solidarité avec les Sans Papiers /MANIFESTE DES LIBERTES/ ELGHORBA/ AFAPREDESA/ CORELSO/FEMMES PLURIELLES/ COLLECTIF DES COMMUNAUTES SUBSAHARIENNES AU MAROC/ ICI ET LA/ REMEC/ COLLECTIF 3C/ AIDDA/ MCTF/ APCV/ATTS Suisse/ jugend werkstatt frohe zukunft (Allemagne)/ UNIT/ FSQP/ CSP75/ ATTAC/ ASTU - ACTIONS CITOYENNES INTERCULTURELLES- Strasbourg/FCSME….

Contacts:     FTCR :  cherbib@gmail.com .Tel Cherbib : 0650520416                                         ATMF : delkherchi@yahoo.fr . Tel  Driss : 0622504800