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lundi 3 mars 2014

Melilia/Sebta: pourquoi les assauts de migrants s'intensifient

  Par  Amanda Chapon , h24info.ma, 3/3/2014


Un millier de subsahariens attendraient aux portes de Melilia, sur les pentes du mont Gurugu où sont installés leurs campements, le moment propice pour tenter leur chance
©FranceTVinfo

Une vingtaine de migrants ont encore réussi à s'introduire dans Melilia et Sebta ce lundi. Depuis le début de l'année les enclaves espagnoles sont soumises à une extrême pression migratoire. En cause, un changement de stratégie des autorités marocaines… 

Un groupe de 15 immigrants clandestins, dont une jeune fille, est arrivé lundi sur une embarcation de fortune jusqu'à Melilia tandis que trois autres sont parvenus à entrer à Sebta, en passant sous la frontière grillagée, "par une canalisation", ont annoncé les autorités des enclaves espagnoles.

Caché dans une valise
La veille, 35 subsahariens avaient réussi à pénétrer (par voie maritime ou terrestre) dans les enclaves, tandis qu'un jeune malien de 19 ans, moins chanceux, était découvert caché dans une valise qu'un citoyen marocain tentait de passer au poste-frontière de Melilia. "Les difficultés qu'il avait à la traîner ont éveillé les soupçons des gardes civils", a expliqué un communiqué.

Et vendredi 28 février dernier, quelque 200 migrants d'Afrique subsaharienne se sont introduits sur le sol espagnol lors d'un assaut massif, le plus important depuis les vagues d'immigration massives de 2005, sur la frontière grillagée qui sépare le Maroc de Melilia.
                                                                                          
"La pression est de plus en plus forte"
Dans l'enclave, les migrants sont hébergés dans le centre d'accueil du gouvernement (Ceti), clairement débordé. Le Ceti abrite à présent 1.300 personnes pour 480 places, a indiqué vendredi à l'AFP son directeur,  Carlos Montero. "En dix jours ce sont presque 500 personnes qui sont arrivées", a-t-il souligné. Et c'est ainsi depuis le début de l'année...
La triple barrière, haute de sept mètres, qui "protège" Melilia.
La triple barrière, haute de sept mètres, qui "protège" Melilia.©AFP
Un millier de subsahariens attendraient aux portes de l'enclave, sur les pentes du mont Gurugu où sont installés leurs campements, le moment propice pour tenter leur chance. Ces derniers mois, est arrivée aussi au Maroc une vague d'immigrants syriens, poussés hors de leur pays par la guerre. Ils seraient eux aussi aux alentours d'un millier, espérant entrer en Espagne via un poste-frontière. Récemment, environ 200 d'entre eux ont tenté un passage en force, sans succès.
"Et cela n'a pas l'air de vouloir se calmer. Au contraire, la pression est de plus en plus forte", s'inquiétait Carlos Montero le 20 février.

"Les autorités marocaines sont en train de changer de stratégie"
Pour Hicham Rachidi, SG du GADEM (groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants) les migrants "ont compris que le Maroc a momentanément cessé de jouer le rôle de premier filtre".
Certes,  explique le militant, quand 300 clandestins se sont jetés, vendredi, sur la triple barrière, haute de sept mètres, qui "protège" Melilia, il y a eu des violences: "35 migrants ont été blessés, et deux d'entre eux souffrent de fractures et blessures graves après avoir été battus par les forces de sécurité" marocaine. Mais, continue Hicham Rachidi, "les arrestations et les raids sur les camps sont moins violents".

"Les autorités marocaines sont en train de changer de stratégie" estime l'associatif: au lieu d'établir "un premier filtre au niveau de la "friga" (la grille barbelée), ils déploient leurs moyens plus en amont, autour des villes du nord et des plages et lancent des campagnes préventives et dissuasives pour pousser les clandestins à sortir de leur cachette et à s'éloigner des enclaves". Tout cela dans la lignée de la nouvelle politique migratoire du Maroc initiée par le roi Mohammed VI après un rapport très critique du CNDH.

Autre changement, les conduites –illégales- à la frontière algérienne –les migrants étaient abandonnés en plein désert- ont cessé. Les clandestins arrêtés sont conduits à Rabat où ils sont éventuellement relâchés.

Une tragédie aux conséquences inattendues
Enfin, conclut le SG du GADEM, il ne faut pas négliger les conséquences de la tragédie du 6 février, lorsqu'au moins 14 migrants étaient morts noyés aux abords de Sebta. La riposte ce jour-là des forces de l'ordre espagnoles, accusées par des défenseurs des droits de l'Homme et des migrants témoins de la scène d'avoir tiré des balles en caoutchouc contre les clandestins, a suscité une vive polémique en Espagne.

Du coup, le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi 25 février que la Garde civile avait désormais interdit à ses agents de tirer des balles en caoutchouc pour repousser les tentatives d'entrée en force. Une interdiction que les migrants ont remarquée.

mardi 25 février 2014

VIDEO. 200 migrants euphoriques franchissent la frontière entre le Maroc et l'Espagne





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 Environ 300 clandestins se sont jetés, vendredi, sur la triple barrière qui sépare l'Afrique de l'Europe, à Melilla. Les deux tiers ont réussi à passer.

Par Francetv info avec AFP, 27/2/2014

 C'est l'assaut le plus important de ces dernières années. Plus de 200 migrants d'Afrique subsaharienne ont pénétré, vendredi 28 février, sur le sol espagnol, lors d'un assaut massif sur la frontière grillagée qui sépare le Maroc de l'enclave de Melilla, soumise à une extrême pression migratoire. A l'aube, environ 300 clandestins, qui s'étaient regroupés durant la nuit du côté marocain, se sont jetés sur la triple barrière, haute de sept mètres, qui sépare à cet endroit l'Afrique de l'Europe. Les deux tiers d'entre eux ont réussi à passer, escaladant un à un les trois grillages. Une fois du côté espagnol, ils ont rejoint le centre d'accueil du gouvernement, le Ceti, en entonnant "des chants de joie alors qu'ils traversaient la ville", a indiqué la préfecture. L'assaut a été lancé à 6 heures du matin par les migrants, qui ont jeté "toutes sortes d'objets, des pierres, des bâtons et des bouteilles contre les agents de la Garde civile", dont deux ont été légèrement blessés, selon la préfecture. Selon l'Association marocaine des droits de l'homme, 34 migrants blessés ont été hospitalisés à Nador, au Maroc, souffrant de coupures provoquées par les barbelés et de fractures. 

samedi 29 juin 2013

Le dilemme de réfugiés africains au Maroc

S'installer ou poursuivre l'exil ?

Par

S'installer ou tenter de poursuivre plus loin l'exil ? Tel est le dilemme des réfugiés au Maroc, pays de transition où selon des associations, de 20.000 à 25.000 migrants originaires du sud du Sahara se trouvaient fin 2012, dans l'espoir initial d'un passage en Espagne. Mais de simple pays de transit, le Royaume se mue peu à peu en terre d'accueil.

Patricia, coiffeuse ivoirienne de 22 ans, assure elle se “sentir bien au Maroc”. /DR
Patricia, coiffeuse ivoirienne de 22 ans,  /DR Agrandir

     A l'image de Blessing, une jeune Congolaise de 13 ans, qui s'interroge devant un centre d'accueil à Rabat, sur “ce que nous prévoit l'avenir”, des milliers de migrants originaires du sud du Sahara se posent des questions sur leur situation au Maroc.
    Nombre d'associations observent, en effet, que le Maroc se transforme peu à peu, de simple pays de transit, en terre d'accueil.
    Parmi ces migrants, figure un petit millier de réfugiés, dont plus de 500 femmes et enfants, en majorité des Ivoiriens et Congolais (RDC) ayant fui la guerre. Ce statut octroyé par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) leur permet d'espérer reconstruire une vie.
    Mais, si le Maroc fut le premier pays arabe à ratifier, en 1956, la Convention de Genève, leur situation dans le Royaume est “fragile et ambigu”, en l'absence de cadre législatif adéquat, affirme à l'agence française AFP Marc Fawe, responsable du HCR, en marge de la Journée internationale du réfugié.
    Faute de titre de séjour, “ils sont juste tolérés et ne peuvent signer un contrat de location ou de travail”, indique-t-il.

    Maroc, destination finale ?
    Malgré cela, “le Maroc commence à être assimilé comme une destination finale et plus seulement comme pays de transit”, relève M. Fawe.
    “La situation est meilleure qu'au Mali, où j'ai d'abord essayé de m'installer”, reconnaît Ronaldo, 16 ans, qui a quitté la Côte d'Ivoire, il y a deux ans.
    “On a essayé au Cameroun, puis au Bénin. Sans succès. En Mauritanie, on est resté un peu, mais ça n'est pas pareil qu'ici.”
    Blessing, une jeune immigrée Congolaise.
    Aux portes de l'Europe en crise, le Maroc offre sa stabilité et quelques structures d'accueil, comme la Fondation Orient-Occident fréquentée chaque année par quelque 800 migrants.
    “Quand les migrants sont arrivés, dans les années 2000, le Maroc n'était pas prêt et l'a mal géré. Depuis, il y a eu une nette amélioration et aujourd'hui, on peut parler, faire toutes nos activités sans problème.”
    Yasmina Filali, présidente de la Fondation Orient-Occident.
    Grâce à la demi-douzaine d'associations locales et à l'appui d'organisations internationales, des programmes ont vu le jour, notamment de scolarisation.
    “Certains ont vu des choses terribles (...) L'école est une bouée de sauvetage”, avance Mme Filali.

    “Pays d'accueil par défaut”
    Après des cours de darija (arabe marocain), des enfants peuvent espérer intégrer l'école publique, comme la petite sœur de Blessing, “première de sa classe de CE2”.
    “C'est un vrai succès. Depuis trois ans, il y en a eu 150 en tout”, se félicite la présidente d'Orient-Occident.

    Quelques réussites, donc, mais aussi énormément de difficultés.
    “Certains sont dans une situation de très grande précarité. On essaie de leur trouver un logement. Ensuite peut venir le temps des projets”, explique Anna Prieur, volontaire française du HCR.
    Mais, l'impossibilité de travailler hors du circuit informel est un problème, et le seul moyen de subsistance est parfois la modeste aide du HCR, dédiée aux plus vulnérables.
    Et si Ronaldo se montre mitigé, évoquant notamment “la discrimination” et un sentiment tenace de solitude et voyant sa vie “hors d'Afrique”, Patricia, coiffeuse ivoirienne de 22 ans, assure elle se “sentir bien au Maroc”.
    “Au début, ça n'était pas facile, l'environnement, les réactions racistes, avec les propriétaires par exemple. Mais avec le temps, on a appris à s'intégrer... enfin à éviter les problèmes”, raconte Blessing.
    Selon Mme Filali, “nous restons un pays d'accueil par défaut. Il y a toujours un attrait pour l'Europe, même si la situation n'est bonne ni ici ni là-bas”.
    aufait avec AFP
     Voir aussi:

    samedi 15 décembre 2012

    Pour la relaxe de Camara Laye et la fin de la répression contre les migrants

    Par Ayad Ahram, ASDHOM, 13/12/2012

    Camara Laye, le coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc, avait bénéficié d’une liberté provisoire lors de l’audience du 9 novembre.  
    Ses soutiens se mobilisent maintenant pour sa relaxe pure et simple lors de la prochaine audience qui aura lieu le 18 décembre 2012. Une date symbolique, rappelons-le, qui n’est que la journée internationale pour la protection des intérêts des travailleurs migrants et de leurs familles.
    L’ASDHOM se joint à l’ensemble des associations qui soutiennent Camara Laye et réclame sa libération.

    Je rappelle que l’ASDHOM organise, le jeudi 20 décembre 2012 à Nanterre, un débat sur la situation faite aux migrants subsahariens au Maroc en présence de Fabien Yené, lui-même Subsaharien et auteur du livre « Migrant au pied du mur ». Un témoignage poignant sur le parcours des Subsahariens en quête d’un monde meilleur….

    20 décembre à 19h
    Agora de Nanterr
    20 Rue Stalingrad 92000 Nanterre
    RER Nanterre Ville

    Bien cordialement,
    Ayad Ahram
    Secrétaire général de l’ASDHOM
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    Après la liberté provisoire, la relaxe !





    Prochaine audience le 18 décembre 2012, journée internationale des migrants !



    Camara Laye, coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), arrêté dans la nuit du 20 au 21 octobre à son domicile, est poursuivi pour vente d'alcool et de cigarettes sans autorisation sur le seul fondement d'un procès-verbal de police alors qu'aucune marchandise n'a été saisie et jointe au dossier. A l'audience du 9 novembre dernier, le tribunal a accepté de remettre Camara en liberté.




    La mobilisation qui a permis d'arracher cette première victoire doit s'amplifier pour obtenir la relaxe de Camara et l'arrêt de la répression contre les migrants.




    Chaque jour en effet, des dizaines de personnes, y compris des mineurs, des femmes enceintes, des réfugiés et des demandeurs d'asile continuent à être raflés et refoulés à la frontière algéro-marocaine dans des conditions inhumaines et en violation des procédures légales.


    En cette journée internationale des migrants, mobilisons-nous contre la répression qui s'abat sur les migrants au Maroc et pour l'abandon des poursuites engagées contre Camara



    SIT-IN devant le Tribunal de Première instance

    Quartier Océan, avenue de Madagascar

    Mardi 18 décembre à 11H
    Rabat



    Premiers signataires : Association lumière sur l'émigration clandestine au Maroc (ALECMA), Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM), Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), Forum des alternatives Maroc (FMAS), Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), Institut de formation des agents de développement (IFAD), Organisation pour la liberté d'information et d'expression (OLIE)

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    En savoir plus sur les migrants et Camara Laye
     
    « Au Maroc, c’est la peau noire qui dérange ! » 










    Les immigrés de l’Afrique subsaharienne ne sont plus les bienvenues au Maroc. Arrêtés arbitrairement, humiliés, reconduits sans vergogne à la frontière, ils vivent un véritable calvaire. Depuis le mois de juin dernier, le royaume chérifien a durci sa politique de répression à leur encontre, constatent les organisations de défense des droits de l’Homme. Les immigrés clandestins ne sont pas les seuls concernés par cette situation. Ceux qui sont en règle ne sont pas mieux lotis. Enquête.


    Bakoyouko est venue vivre au Maroc pour fuir la crise post-électorale ivoirienne. En rêvant d’une vie meilleure au Royaume chérifien, le jeune homme de 34 ans ne s’imaginait pas que cet espoir se transformerait en calvaire. Ses difficultés commencent dès son arrivée à la ville d’Oujda, à l’est du pays, avec une dizaine de ses compatriotes. « Dans cette ville, les bailleurs ne louent pas aux migrants. Nous étions obligés de vivre dans la forêt », raconte-t-il. « Puis nous avons été confrontés à des bandits qui nous ont dépouillés de tous nos biens et déshabillés pour voir jusque dans nos anus si nous ne cachions pas des choses. Certaines femmes et même des hommes ont été violés. Nous avons dû marcher pendant des dizaines de jours avant de monter dans un train pour rejoindre Rabat. C’était l’enfer ! »
    Un cauchemar qui continue. Comme Bakoyouko, ils sont des milliers à subir au quotidien la brutalité des autorités marocaines, qui ont durci depuis juin dernier leur politique de répression à l’encontre des immigrés clandestins. Mais ces derniers ne sont pas les seuls concernés par cette politique, précise Bakoyouko qui préside le Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CCMS). Même ceux qui sont en situation régulière subissent des contrôles non justifiés, affirme-t-il.

    Contrôles, arrestations, humiliations
    Les contrôles incessants. Les arrestations arbitraires. Les humiliations. C’est ce que dénoncent les 20.000 migrants originaires de l’Afrique subsaharienne qui vivent au Maroc. Les forces de l’ordre n’interpellent pas les immigrés uniquement à la frontière. Ils les arrêtent aussi arbitrairement en ville, à leur travail ou au domicile, selon le président du (CCMS). « Lorsque les policiers nous arrêtent, ils ne nous laissent même pas le temps de nous expliquer. Ils reconduisent certains directement à la frontière », confie Bakayouko. Lui-même a violemment été interpellé le mois dernier alors qu’il était devant une épicerie. « Quatre policiers en civil m’ont saisi par la main et m’ont dit de monter dans la voiture. Je leur ai demandé pourquoi ? Ils m’ont dit de me taire et d’obéir. Ils ont fini par me relâcher, voyant que j’étais en règle. »
    Pour Bakayouko, le principal problème des migrants, c’est l’absence de cadre juridique qui leur permet de bien s’intégrer dans le pays. Au moins 30% d’entre eux viennent au Royaume chérifien en situation régulière pour une durée, en général, de trois mois, rappelle-t-il. « Une fois que ce délai expire, pour rester dans le pays, les autorités exigent l’ouverture d’un compte bancaire et un contrat de travail ou une attestation certifiant que vous êtes inscrit dans une école », explique-t-il. Mais « les prix des écoles sont très chers, les migrants n’ont pas les moyens de les payer. Quant aux employeurs, ils refusent de leur signer un contrat de travail car ils exigent d’abord un titre de séjour. Or, pour avoir ce document, il faut obligatoirement un contrat de travail. De même, les banques refusent de leur ouvrir un compte tant qu’ils ne présentent pas un titre de séjour. C’est un vrai méli-mélo », déplore-t-il. Au final, beaucoup finissent par se décourager et restent dans la clandestinité.
    Les migrants subsahariens sont aussi confrontés à la précarité. La plupart du temps, ils travaillent dans les secteurs informels, tels que les chantiers, les pâturages ou encore les marchés. Le salaire qu’ils perçoivent ne leur permet pas de payer leur loyer. Il n’est pas rare qu’ils dorment à cinq ou six dans une chambre. « Le loyer est très cher. C’est un vrai problème, selon Bakayouko. Il est fixé pour les migrants à 800 dirhams (environ 80 euros) alors que les Marocains payent en moyenne 500 dirhams (environ 50 euros). Même se nourrir est difficile. Parfois, certains attendent la fin du marché pour ramasser de la nourriture et faire leurs provisions ».

    « Politique infernale pour les migrants »
    Plusieurs ONG et associations de défense des migrants se sont insurgées contre leurs conditions de vie inhumaines. C’est le cas de l’association des droits de l’Homme marocaine (AMDH), dirigée par Khadija Ryadi. « C’est une chasse aux noirs pas aux migrants, fustige-t-elle. Cette violence à leur encontre est préméditée et encouragée par les autorités qui incitent les populations à leurs rendre la vie difficile. Tout cela pour les dissuader de venir au Maroc ! D’ailleurs, des Marocains vont jusqu’à affirmer que ce sont les noirs qui développent le sida et la prostitution dans le pays. Pis, insiste-t-elle, parfois des épiciers refusent de leur vendre quoi que se soit ! »

    Cette dégradation de leur situation est liée selon elle à la pression que l’Union européenne met au Maroc pour éviter que les migrants clandestins passent par ses frontières pour se rendre en Europe. En refoulant le maximum d’entre eux, le royaume chérifien « veut montrer qu’il est un bon élève. Mais cette nouvelle politique est infernale pour les immigrés. Des Camerounais se sont dernièrement adressés à notre association pour que nous les aidions à rentrer chez eux, tant ils n’en peuvent plus ! »

    Laye Camara, lui, ne compte pas rentrer en Guinée, son pays d’origine. Même s’il souffre beaucoup au Maroc. L’étudiant guinéen de 28 ans, qui milite dans plusieurs organisations de défense des droits des migrants, a été emprisonné le 20 octobre dernier après avoir été accusé de vendre de l’alcool. Le jeune homme affirme avoir en réalité été interpellé à cause du rapport qu’il rédigeait sur les arrestations arbitraires et brutales à l’encontre des migrants subsahariens. « L’alcool était juste un prétexte pour me mettre en prison. Ce qui dérangeait les policiers, c’est ce rapport que je devais remettre à l’AMDH. Ils sont venus me chercher, m’ont menotté et demandé si je connaissais des africains qui vendaient de la drogue. Je leur ai dit que je n’avais rien à voir dans cela. Ils m’ont frappé, pris mes clés et sont venus chez moi saccager ma chambre. Ils m’ont ensuite emmené au commissariat et interrogé : « Pourquoi tu écris sur nous ? » « Tu es qui es qui pour écrire sur nous ? » « A qui tu vas remettre ce rapport ? » Au bout de 15 jours de détention, il obtient finalement une libération provisoire grâce à une forte mobilisation des ONG.

    Mortelle agression
    « Au Maroc, c’est la peau noire qui dérange ! », clame Laye Camara, dont le procès se tiendra le 19 décembre. « Il y a d’autres migrants originaires du Bangladesh, de l’Iran, de l’Irak, des Philippines, mais ils ne subissent jamais les humiliations qu’on nous inflige au quotidien ! Ils ne sont pas systématiquement arrêtés ni contrôlés ! Dès lors que vous avez la peau noire, vous êtes visés ! Les policiers mettent tous les noirs dans le même camp. Parfois, ils les voient assis en groupe et les reconduisent sans raison à la frontière », dénonce-t-il. « Et lorsqu’ils effectuent des contrôles au domicile de certains immigrés, ils leur volent de l’argent, du matériel… » Ces derniers ne portent pas plainte car ils craignent d’être expulsés, confie-t-il.
    L’étudiant guinéen pointe aussi du doigt la presse marocaine qui alimente, selon lui, cette violence à l’égard des Noirs. Il fait notamment référence au journal Maroc Hebdo qui avait publié un dossier sur les immigrés subsahariens au Maroc dont le titre était : « Le péril noir ». Un article qui a fait polémique. « Si les policiers et la presse traitent les migrants comme des moins que rien, ce n’est pas étonnant que la population marocaine, en grande partie analphabète, s’en prennent à eux ! »

    Les immigrés de l’Afrique subsaharienne sont en effet souvent victimes d’agressions, parfois mortelles. Pas plus tard qu’en mars dernier, un étudiant guinéen a été tué à coups de couteau par un jeune marocain qui voulait lui dérober de l’argent et son téléphone portable. Selon Laye Camara, « le meurtre a eu lieu pendant la nuit. Au moins 29 immigrés sont descendus de chez eux pour défendre leur frère qui était déjà mort. Mais lorsque les policiers sont arrivés, ils les ont tous reconduits à la frontière, leur rappelant qu’ils n’étaient pas chez eux et qu’ils devaient accepter tout ce qui leur arrive. Quant au meurtrier, il n’a même pas été interpellé ».
    Le jeune guinéen est encore meurtrie par cette histoire. C’est pour cela qu’il n’abandonnera jamais son combat : « Même si je dois mourir, je me battrai jusqu’au bout pour que les futures générations de migrants aient une vie meilleure au Maroc ! Les Marocains sont nombreux à vivre et à travailler chez nous. Pourtant nous ne les maltraitons pas. Nous les respectons ! Il n’est pas acceptable que nous subissions toutes ces brimades chez eux ! »
    Contacté par Afrik.com, Mr.Jilali, le responsable du service de l’immigration au ministère de l’Intérieur du Maroc, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

    mercredi 28 novembre 2012

    Immigration. Le débat prend de l’ampleur



    • Par : Jules Crétois, 28/11/2012
    Immigration. Le débat prend de l’ampleur
    (AFP)

    Le débat sur l’immigration subsaharienne semble prendre de l’ampleur. 2M y a consacré un numéro complet du magazine “Moubacharatan maâkoum” le14 novembre 2012. Lors de cette émission, un membre de la société civile, Hicham Rachidi, du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM) a ainsi pu échanger, presque pour la première fois, avec Jilali Sghir, de la Direction de l’immigration du ministère de l’Intérieur. Au parlement, où la question n’est quasiment jamais abordée, Khadija Rouissi, élue étiquetée Parti authenticité et modernité (PAM), a brisé la glace en exigeant, le 19 novembre, une refonte de la loi 02-03 concernant l’immigration, qu’elle juge “purement répressive et limitée”. La députée a également critiqué la violence de la police lors des expulsions de clandestins. Le procès (très médiatisé) de Camara Laye, secrétaire général du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) a quant à lui été une nouvelle fois reporté à décembre, pour… absence de traducteurs lors de l’audience du 20 novembre.

    jeudi 15 novembre 2012

    La 9ème édition du festival du film de Zagora se penchera sur le thème de l’immigration subsaharienne”

     7/11/2012

    Entretien avec Ahmed Chahid, directeur du Festival international du film transsaharien de Zagora :

     “La 9ème édition se penchera sur le thème de l’immigration subsaharienne”

    Ce jeudi, le gotha du cinéma national se donne  rendez-vous à Zagora,  la citadelle des kasbahs et ksours, pour  le Festival international  du film transsaharien.
    Le directeur de cette  manifestation qui va souffler sa 9ème bougie nous en présente  le programme  et les objectifs. Entretien.


    Entretien avec Ahmed Chahid, directeur du Festival international du film transsaharien de Zagora : “La 9ème édition se penchera sur le thème de l’immigration subsaharienne”Libé : Quelle nouveauté pour cette neuvième édition ?

    Ahmed Chahid : Pas vraiment une nouveauté, mais une consécration, dans l’objectif d’en faire une tradition. Nous allons ouvrir le festival par un film produit par l’Association du festival, sur la base de l’un des scénarios primés l’année précédente. 
    Cette année, le film a été tourné avec les comparses de la région. La deuxième nouveauté consiste en le choix d’une thématique ayant marqué les travaux de plusieurs réalisateurs, en l’occurrence l’immigration subsaharienne. Le débat sera ouvert entre spécialistes et  cinéastes.

    Quels sont les moments forts de cette édition ?

    Il y a d’abord la cérémonie d’hommage que le festival rendra lors de la cérémonie d’ouverture à Mohamed Hassan El Joundi pour son apport  à  la création en général et au cinéma en particulier. L’artiste est l’un des précurseurs au niveau à la fois du théâtre, de la télévision et du 7ème art. Tout le monde se rappelle d’ailleurs son rôle dans la grande épopée historique : «Arrisala» et récemment son interprétation de l’un des rôles essentiels dans le grand feuilleton arabe « Omar Ibn Al Khattab ».
    Bien sûr, nous gardons toujours ce moment de formation en faveur des étudiants de la région dans les métiers de cinéma comme une tradition, puisque cela reste désormais une rubrique stable dans notre programmation, et répond à l’un de nos objectifs.

    Après neuf ans de la vie du festival, avez-vous réalisé vos objectifs ?
    Du moins en partie. Au début, nous avions développé la réflexion d’organiser un festival de cinéma pour mettre en œuvre le potentiel touristique, mais au fil du temps, nous avons eu la conviction que la vie du festival en lui-même reste importante, d’où l’ambition d’améliorer son programme. Ainsi, le festival est une occasion pour nos invités de connaître la ville, et à la presse de couvrir le festival, mais aussi de faire un focal sur les potentialités touristiques de la ville. Voilà, nous avons dans le sillage du festival des acquis comme le Complexe culturel de la ville.

    Le concours de scénario constitue une spécificité de la manifestation

    Nous ne voulons aucunement refaire ce qui se  fait dans les autres festivals. Nous avons ainsi mis en avant ce concours en faveur des scénaristes, notamment les jeunes autour de la même thématique : le désert et les aspects de la vie. Les participants à ce concours sont de tous les pays d’Afrique, et même de France et d’Espagne. D’ailleurs, durant trois ans de compétition, nous avons eu  deux lauréats, un Egyptien (le deuxième prix) et un Ivoirien qui a remporté le grand prix l’année précédente.  Entre les deux, il y avait deux jeunes de Zagora. Voilà donc une manière de permettre aussi à nos jeunes d’exprimer leurs talents.


    mardi 6 novembre 2012

    Lettre ouverte à l'Union européenne au sujet de la situation des migrants sub-Sahariens au Maroc





    M. le président de l’Union européenne, Herman van Rompuy;
    M. le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso;
    M. le président du Parlement européen, Martin Schultz;
    Mme. la Haute-représentante de l’Union européenne, Catherine Ashton;
    Mme. le commissaire européen à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, Viviane Reding;
    Mme. le commissaire européen aux affaires intérieures, Cecilia Malmström;
    M. le commissaire européen à la politique européenne de voisinage, Stefan Füle;
    M. le parlementaire européen Pier Antonio Panzeri, président de la Délégation Maghreb du Parlement européen;
    Son Excellence l’ambassadeur Eneko Landaburu, chef de la Délégation de l’Union européenne au Maroc;
    L’Union européenne, que vous représentez tous à un titre ou à un autre, s’est vue décerner le prix Nobel de la paix 2012. Nous vous en félicitons. Il vous appartient d'en rester digne.

    Depuis une vingtaine d’années, suite à la mise en place du système Schengen de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne, vos institutions font peser une pression croissante sur des pays du sud de la méditerranée comme le Maroc pour qu’ils vous aident à empêcher l’immigration vers l’Europe. Vos pressions insistantes ont ainsi abouti à l’adoption de la loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Maroc, largement reconnue comme non-conforme aux standards internationaux et notamment la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (que vos Etats membres n’ont pas jugé bon de ratifier...) et la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Si vos efforts en vue de faire signer par le Maroc un accord de réadmission n’ont pas encore abouti, vous avez tout de même financé à coup de dizaines de millions d’euros un projet de contrôle frontalier au Maroc, qui comprenait notamment la construction de casernes et la fourniture d’équipements destinés aux organes de sécurité marocains assurant le contrôle des frontières maroco-espagnoles. Vous avez également financé la construction de barrières entourant les enclaves espagnoles en territoire marocain - et les événements meurtriers de Sebta le 29 septembre 2005 ont illustré de manière très concrète la face obscure de votre politique migratoire.

    S’agissant des autorités marocaines, les citoyens marocains ne se font - contrairement à vous - aucune illusion sur leur respect des droits et de l’intégrité physique et morale des personnes se trouvant sur le territoire marocain. La torture y est courante et les conditions pénitentiaires inhumaines, de l’aveu même d’un organisme officiel, le Conseil national des droits de l’homme. Ceci est confirmé par Juan E. Méndez, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants qui à l'issue de sa visite au Maroc, du 15 au 22 septembre 2012 a déclaré à propos du traitement des migrants sub-sahariens : "Je tiens à exprimer mes craintes concernant l'augmentation de la violence par des forces envers ce groupe particulièrement vulnérable. Les actes d'agression, les violences sexuelles et d'autres formes de mauvais traitements semblent augmenter ".

    La situation des ressortissants d’Etats sub-sahariens au Maroc, qu’ils soient en situation légale ou non, est aggravée par le racisme endémique des agents de l’Etat marocain, et plus particulièrement des forces de police. C’est pour faire face à cette situation que de nombreux sub-sahariens au Maroc, étudiants, salariés, commerçants ou sans-papiers, se sont regroupés au sein de différentes associations en vue de défendre leurs droits et leur dignité.

    Les autorités marocaines ont depuis deux semaines lancé une vague de rafles et de refoulements contre une centaine de sub-sahariens dont des femmes, des enfants et des réfugiés. Cette offensive a touché aussi différentes organisations subsahariennes au Maroc ; plusieurs membres de l’Association de lutte contre l’émigration clandestine au Maroc (ALECMA) ont été violemment arrêtés le 17 octobre, et son secrétaire général Pascal Mpele a été arrêté le 20 à Rabat, avant d’être refoulé à la frontière algérienne. Le même jour, l’ancien président du Conseil des migrants sub-sahariens au Maroc (CMSM), Camara Laye , a été arrêté à Rabat sur la base d’accusations fantaisistes (voir le communiqué de la FIDH), et accusé de vente illégale de cigarettes et alcool malgré l’absence totale de preuves matérielles. Auparavant, l’appartement d’un militant du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM) avait été cambriolé, les cambrioleurs ne s’intéressant étrangement qu’à son ordinateur et à du matériel militant. Ce sont ensuite une trentaine de militants sub- sahariens, arrêtés en diverses villes du Maroc du 29 au 30 octobre, qui ont été regroupés au commissariat central de la ville d’Oujda, ville frontalière de l’Algérie. L’objectif des autorités, tout comme pour Pascal Mpele, les déposer à la frontière maroco-algérienne et Eric les forcer à rejoindre l’Algérie, selon la modalité la plus courante pour se débarrasser des migrants.

    Écoutez ce qu’en dit Eric William, citoyen camerounais, arrêté le 29 octobre à Rabat:

    « J’ai été arrêté hier vers 18h à Rabat, alors que j’achetais des gâteaux dans une épicerie. Je venais d’assister au procès de Laye Camara. Les policiers qui m’ont arrêté étaient tous en civil. Personne ne m’expliqua la raison de mon arrestation ni me présenta de mandat d’arrêt signé par un juge. Je n’ai opposé aucune résistance à mon arrestation.
    Une fois embarqué, on me roua alors de coups. Je me rendis compte que plusieurs autres camarades étaient arrêtés aussi. Les insultes racistes ne manquaient pas. Parmi les policiers qui m’ont arrêté j’ai reconnu un qui était présent lors du procès de M. Camara et qui filmait les personnes présentes et les pancartes brandies par les amis de l’accusé.
    Ensuite, je fus transféré à un commissariat à Rabat et aussitôt interrogé par un commissaire de police. Mon interrogatoire était musclé. Chaque requête d’explication du motif de l’arrestation était accueillie par des coups de poing, des coups de matraque sur tout le corps et des insultes racistes et à aucun moment on ne me présenta devant un juge.
    Au bout de quelques heures, on me présenta un procès verbal que j’ai refusé de signer. Chaque protestation était suivie de coups qui venaient de toute part. Le papier était en arabe. A aucun moment on n’essaya de me traduire le contenu du papier. Le soir même on nous embarqua dans un bus. Nous y passâmes la nuit sur le route vers Oujda.

    Personne ne nous expliqua la raison de notre présence ici à Oujda, ou nous étions une trentaine regroupés au commissariat central. On ne nous a rien donné a mangé depuis hier. Nous ne savons pas ce qu’il adviendra de nous dans les heures qui viennent… »


    Depuis, Éric et ses compagnons d’infortune ont tous été transférés de Rabat et Casablanca à Oujda, détenus au commissariat central de cette ville sans boisson ni nourriture, et transportés ensuite, menottés, vers une caserne militaire à la frontière algérienne. Ils ont été forcés de s’asseoir à même le sol pendant toute la journée et le soir, sous le vent et la pluie, toujours sans nourriture ni boisson, avant que des militaires marocains les forcent, vers 1h 30 du matin, à marcher vers la frontière algérienne. Une fois arrivés à la frontière, des garde-frontières algériens les ont refoulés à coup de tirs de sommation. Le groupe des sub-sahariens a pu rejoindre le Maroc, et ils se sont réfugiés dans les environs d’Oujda où des membres de la société civile marocaine leur ont apporté vivres et boissons.

    Vous avez voulu que les autorités marocaines vous aident à empêcher l’immigration des sans- papiers en Europe - fort bien. Assumez-en les conséquences - ces conséquences ont pour nom Pascal Mpele, Camara Laye, Eric William et leur compagnons d’infortune. Il est de votre devoir et dans votre pouvoir, dans le cadre du partenariat stratégique et du dialogue politique entre l’Union européenne et le Maroc, de rappeler aux officiels le nécessaire respect du droit international, du droit marocain et de la dignité humaine dans leur traitement des migrants sub-sahariens au Maroc. Votre silence serait complicité.

    Vous n’êtes pas sans savoir que l’octroi au Maroc de statut avancé par l’UE en 2008 doit s’accompagner d’une exigence de consolidation de l’Etat de droit qui passe obligatoirement par le respect des droits humains dont ceux des migrants qui représentent un « élément essentiel » des relations entre votre union et le Maroc.

    Nous, signataires de la lettre, dénonçons avec vigueur votre politique migratoire au sud de la méditerranée et vous appelons solennellement à la reconsidérer. Il est grand temps de reconnaître la faillite d'une politique obscure menée en étroite coopération avec des états nord-africains destinés à jouer le rôle de "gendarmes de l'Europe", et ce dans l'irrespect total des droits humains dont ceux des migrants subsahariens.


    Vous avez obtenu le prix Nobel de la paix, montrez-vous en dignes!



    Lundi 5 novembre 2012. 


    * *
    P.S. : Ce qui précède ne disculpe en rien l'Etat marocain, qui est tenu de faire face à ses obligations juridiques et morales. Ceci est d'autant plus vrai qu'une campagne médiatique fort opportune a été initiée par Maroc Hebdo - réputé proche des autorités - qui titre cette semaine sur le "Péril noir", accompagnant ainsi les rafles policières contre les militants sub-sahariens.
    http://openlettereu.blogspot.com/p/lunion-europeenne-que-vous-representez.htm
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    Si vous êtes d'accord avec ce texte : 
    signez-le sur ce lien
     http://www.ipetitions.com/petition/ol2eu

    The Petition

    The European Union must stop supporting the abuse of human rights in Morocco where Sub-Saharan African migrants are the target of police violence and racial abuse.
    * *
    L'Union européenne doit cesser de soutenir les violations des droits de l'Homme au Maroc, où des migrants subsahariens sont la cible de violences policières et d'attaques racistes.
    * *
    - Read our open letter here: (English)- Lisez notre lettre ouverte ici : (en français)