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dimanche 14 juillet 2013

Campagne de la Cimade : Stop aux violences policières au Maroc.



 
Par la Cimade, 1/7/2013



Bonjour,

Une campagne pour dire Stop aux violences policières a été lancée ce week-end au Maroc. Celle-ci a été initiée après à la mort d'un jeune migrant, Clément, suite aux violences qu'il a subi des forces auxiliaires et de la guardia civile espagnol. Un film est en ligne sur internet : http://vimeo.com/69182337

Le communiqué de la campagne portée par le Gadem, l'AMDH-Maroc, le FMAS et l'ALECMA est en ligne sur le site de la Cimade : http://www.lacimade.org/nouvelles/4476-MAROC---Lancement-de-la-campagne-num-ro-9---Stop-aux-violences-aux-fronti-res

Pour plus d'information sur la campagne :
le site de la campagne : http://saracreta.wix.com/into-the-forest 
le site du gadem : http://www.gadem-asso.org 
   28 juin 2013

MAROC - Lancement de la campagne numéro 9 : Stop aux violences aux frontières

 Communiqué de presse de lancement de la campagne « N°9  - Stop aux violences aux frontières ! »
2013 – 06 – 25  - 
A la mémoire de Clément, décédé des suites de ses blessures lors d’une répression sans précédent des forces de l’ordre marocaines et espagnoles.
La répression contre les migrants n’a pas cessé depuis les évènements de Sebta et Melilla de l’automne 2005 et les violences aux frontières dans le Nord du Maroc redoublent depuis fin 2011.
Les associations, l’ALECMA[1], le GADEM[2], le FMAS[3] et l’AMDH[4] appellent à la mobilisation et lancent une campagne de dénonciation lors d’une conférence de presse le 28 juin 2013 à 17h30 au siège de l’AMDH (avenue Hassan II - rue Aguensous immeuble 6 appartement 1 - Rabat) afin que les violences aux frontières au Nord du Maroc stoppent.

 
 Le 11 mars 2013, une tentative de passage groupé de la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla est violemment réprimée par la guardia civil espagnole et les forces auxiliaires marocaines.
 Le 16 mars 2013, lors d’une mission de terrain dans la forêt de Gourougou près de Beni Enssar menée par l’association ALECMA avec le soutien du GADEM et accompagnée par la réalisatrice Sara Creta afin de documenter les conséquences des violences policières à l’encontre des migrants et recueillir des témoignages écrits et audio-visuels, les membres de la mission sont témoins sur place du décès de Clément, originaire du Cameroun qui avait tenté le passage de la clôture de Melilla le 11 mars. Il avait été arrêté, tabassé et transféré à l’hôpital de Nador. L’AMDH rapporte qu’il avait été blessé à la tête, et aurait eu le bras et la jambe fracturés. Encore très faible, d’après les témoignages récoltés, il avait été renvoyé au campement dans la forêt de Gourougou où il est mort des suites de ses blessures.
 Cette mission a abouti à la réalisation d’un film, « N°9 »[5], et au lancement d’une campagne « n°9 – Stop aux violences aux frontières » afin de dénoncer la répression quotidienne et systématique que subissent les migrants de la part des autorités marocaines et l’implication des autorités espagnoles dans les exactions commises à leur encontre aux frontières de Melilla, ainsi que d’appeler à la fin de ces violences et violations des droits humains dans le Nord du Maroc, et à l’ouverture d’une enquête officielle sur les circonstances de la mort de Clément et celles des autres migrants décédés aux abords des enclaves.
 A l’occasion de la conférence de presse du 28 juin 2013 à 17h30, seront présentés en avant-première le film « N°9 », ainsi que les objectifs, les actions et les autres outils de la campagne.
 Contacts presse :
-        Sara Creta (réalisatrice) - italien : +39 333 144 5097
-        Willy (ALECMA) - français, anglais : +212(0)6 99 18 84 59
-        Saïd Tbel (AMDH) - arabe, français : +212(0)6 61 43 50 48
-        Hicham Rachidi (GADEM) - arabe : +212(0)6 65 65 65 18
-        Stéphane Julinet (GADEM) - français : +212(0)6 00 00 89 25
-        Mohamed Leghtas (FMAS) – amazigh, arabe, français, anglais : +212 (0)6 61 32 54 54
  Pour plus d'informations sur la campagne :
  [1] Association lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb (association de migrants subsahariens au Maroc)
[2] Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants
[3] Forum des alternatives Maroc
[4] Association marocaine des droits de l’Homme
[5] Film d’une quinzaine de minutes dont il existe également une version courte de 3-4 minutes, disponible sur http://saracreta.wix.com/into-the-forest.
« N°9 » rappelle le joueur numéro 9 sur les terrains de football, l’avant – centre ou l’attaquant, celui qui devra marquer les buts. « N9 » est un nom que se donnent certains migrants pour parler de celui qui quitte famille et pays d’origine, et qui tente « le passage », ici le passage de la frontière entre le Maroc et le préside espagnol de Melilla matérialisée par des clôtures parallèles étendues sur 12 km dont la hauteur peut atteindre 6 mètres, couronnées de barbelés et munis d’un lourd dispositif de surveillance autant du côté marocain qu’espagnol.

La Cimade
64 rue Clisson 75013 Paris
tél : 01 44 18 60 74
fax: 01 45 56 08 59

mardi 6 novembre 2012

Lettre ouverte à l'Union européenne au sujet de la situation des migrants sub-Sahariens au Maroc





M. le président de l’Union européenne, Herman van Rompuy;
M. le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso;
M. le président du Parlement européen, Martin Schultz;
Mme. la Haute-représentante de l’Union européenne, Catherine Ashton;
Mme. le commissaire européen à la Justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, Viviane Reding;
Mme. le commissaire européen aux affaires intérieures, Cecilia Malmström;
M. le commissaire européen à la politique européenne de voisinage, Stefan Füle;
M. le parlementaire européen Pier Antonio Panzeri, président de la Délégation Maghreb du Parlement européen;
Son Excellence l’ambassadeur Eneko Landaburu, chef de la Délégation de l’Union européenne au Maroc;
L’Union européenne, que vous représentez tous à un titre ou à un autre, s’est vue décerner le prix Nobel de la paix 2012. Nous vous en félicitons. Il vous appartient d'en rester digne.

Depuis une vingtaine d’années, suite à la mise en place du système Schengen de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne, vos institutions font peser une pression croissante sur des pays du sud de la méditerranée comme le Maroc pour qu’ils vous aident à empêcher l’immigration vers l’Europe. Vos pressions insistantes ont ainsi abouti à l’adoption de la loi n° 02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Maroc, largement reconnue comme non-conforme aux standards internationaux et notamment la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille (que vos Etats membres n’ont pas jugé bon de ratifier...) et la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Si vos efforts en vue de faire signer par le Maroc un accord de réadmission n’ont pas encore abouti, vous avez tout de même financé à coup de dizaines de millions d’euros un projet de contrôle frontalier au Maroc, qui comprenait notamment la construction de casernes et la fourniture d’équipements destinés aux organes de sécurité marocains assurant le contrôle des frontières maroco-espagnoles. Vous avez également financé la construction de barrières entourant les enclaves espagnoles en territoire marocain - et les événements meurtriers de Sebta le 29 septembre 2005 ont illustré de manière très concrète la face obscure de votre politique migratoire.

S’agissant des autorités marocaines, les citoyens marocains ne se font - contrairement à vous - aucune illusion sur leur respect des droits et de l’intégrité physique et morale des personnes se trouvant sur le territoire marocain. La torture y est courante et les conditions pénitentiaires inhumaines, de l’aveu même d’un organisme officiel, le Conseil national des droits de l’homme. Ceci est confirmé par Juan E. Méndez, rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants qui à l'issue de sa visite au Maroc, du 15 au 22 septembre 2012 a déclaré à propos du traitement des migrants sub-sahariens : "Je tiens à exprimer mes craintes concernant l'augmentation de la violence par des forces envers ce groupe particulièrement vulnérable. Les actes d'agression, les violences sexuelles et d'autres formes de mauvais traitements semblent augmenter ".

La situation des ressortissants d’Etats sub-sahariens au Maroc, qu’ils soient en situation légale ou non, est aggravée par le racisme endémique des agents de l’Etat marocain, et plus particulièrement des forces de police. C’est pour faire face à cette situation que de nombreux sub-sahariens au Maroc, étudiants, salariés, commerçants ou sans-papiers, se sont regroupés au sein de différentes associations en vue de défendre leurs droits et leur dignité.

Les autorités marocaines ont depuis deux semaines lancé une vague de rafles et de refoulements contre une centaine de sub-sahariens dont des femmes, des enfants et des réfugiés. Cette offensive a touché aussi différentes organisations subsahariennes au Maroc ; plusieurs membres de l’Association de lutte contre l’émigration clandestine au Maroc (ALECMA) ont été violemment arrêtés le 17 octobre, et son secrétaire général Pascal Mpele a été arrêté le 20 à Rabat, avant d’être refoulé à la frontière algérienne. Le même jour, l’ancien président du Conseil des migrants sub-sahariens au Maroc (CMSM), Camara Laye , a été arrêté à Rabat sur la base d’accusations fantaisistes (voir le communiqué de la FIDH), et accusé de vente illégale de cigarettes et alcool malgré l’absence totale de preuves matérielles. Auparavant, l’appartement d’un militant du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM) avait été cambriolé, les cambrioleurs ne s’intéressant étrangement qu’à son ordinateur et à du matériel militant. Ce sont ensuite une trentaine de militants sub- sahariens, arrêtés en diverses villes du Maroc du 29 au 30 octobre, qui ont été regroupés au commissariat central de la ville d’Oujda, ville frontalière de l’Algérie. L’objectif des autorités, tout comme pour Pascal Mpele, les déposer à la frontière maroco-algérienne et Eric les forcer à rejoindre l’Algérie, selon la modalité la plus courante pour se débarrasser des migrants.

Écoutez ce qu’en dit Eric William, citoyen camerounais, arrêté le 29 octobre à Rabat:

« J’ai été arrêté hier vers 18h à Rabat, alors que j’achetais des gâteaux dans une épicerie. Je venais d’assister au procès de Laye Camara. Les policiers qui m’ont arrêté étaient tous en civil. Personne ne m’expliqua la raison de mon arrestation ni me présenta de mandat d’arrêt signé par un juge. Je n’ai opposé aucune résistance à mon arrestation.
Une fois embarqué, on me roua alors de coups. Je me rendis compte que plusieurs autres camarades étaient arrêtés aussi. Les insultes racistes ne manquaient pas. Parmi les policiers qui m’ont arrêté j’ai reconnu un qui était présent lors du procès de M. Camara et qui filmait les personnes présentes et les pancartes brandies par les amis de l’accusé.
Ensuite, je fus transféré à un commissariat à Rabat et aussitôt interrogé par un commissaire de police. Mon interrogatoire était musclé. Chaque requête d’explication du motif de l’arrestation était accueillie par des coups de poing, des coups de matraque sur tout le corps et des insultes racistes et à aucun moment on ne me présenta devant un juge.
Au bout de quelques heures, on me présenta un procès verbal que j’ai refusé de signer. Chaque protestation était suivie de coups qui venaient de toute part. Le papier était en arabe. A aucun moment on n’essaya de me traduire le contenu du papier. Le soir même on nous embarqua dans un bus. Nous y passâmes la nuit sur le route vers Oujda.

Personne ne nous expliqua la raison de notre présence ici à Oujda, ou nous étions une trentaine regroupés au commissariat central. On ne nous a rien donné a mangé depuis hier. Nous ne savons pas ce qu’il adviendra de nous dans les heures qui viennent… »


Depuis, Éric et ses compagnons d’infortune ont tous été transférés de Rabat et Casablanca à Oujda, détenus au commissariat central de cette ville sans boisson ni nourriture, et transportés ensuite, menottés, vers une caserne militaire à la frontière algérienne. Ils ont été forcés de s’asseoir à même le sol pendant toute la journée et le soir, sous le vent et la pluie, toujours sans nourriture ni boisson, avant que des militaires marocains les forcent, vers 1h 30 du matin, à marcher vers la frontière algérienne. Une fois arrivés à la frontière, des garde-frontières algériens les ont refoulés à coup de tirs de sommation. Le groupe des sub-sahariens a pu rejoindre le Maroc, et ils se sont réfugiés dans les environs d’Oujda où des membres de la société civile marocaine leur ont apporté vivres et boissons.

Vous avez voulu que les autorités marocaines vous aident à empêcher l’immigration des sans- papiers en Europe - fort bien. Assumez-en les conséquences - ces conséquences ont pour nom Pascal Mpele, Camara Laye, Eric William et leur compagnons d’infortune. Il est de votre devoir et dans votre pouvoir, dans le cadre du partenariat stratégique et du dialogue politique entre l’Union européenne et le Maroc, de rappeler aux officiels le nécessaire respect du droit international, du droit marocain et de la dignité humaine dans leur traitement des migrants sub-sahariens au Maroc. Votre silence serait complicité.

Vous n’êtes pas sans savoir que l’octroi au Maroc de statut avancé par l’UE en 2008 doit s’accompagner d’une exigence de consolidation de l’Etat de droit qui passe obligatoirement par le respect des droits humains dont ceux des migrants qui représentent un « élément essentiel » des relations entre votre union et le Maroc.

Nous, signataires de la lettre, dénonçons avec vigueur votre politique migratoire au sud de la méditerranée et vous appelons solennellement à la reconsidérer. Il est grand temps de reconnaître la faillite d'une politique obscure menée en étroite coopération avec des états nord-africains destinés à jouer le rôle de "gendarmes de l'Europe", et ce dans l'irrespect total des droits humains dont ceux des migrants subsahariens.


Vous avez obtenu le prix Nobel de la paix, montrez-vous en dignes!



Lundi 5 novembre 2012. 


* *
P.S. : Ce qui précède ne disculpe en rien l'Etat marocain, qui est tenu de faire face à ses obligations juridiques et morales. Ceci est d'autant plus vrai qu'une campagne médiatique fort opportune a été initiée par Maroc Hebdo - réputé proche des autorités - qui titre cette semaine sur le "Péril noir", accompagnant ainsi les rafles policières contre les militants sub-sahariens.
http://openlettereu.blogspot.com/p/lunion-europeenne-que-vous-representez.htm
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Si vous êtes d'accord avec ce texte : 
signez-le sur ce lien
 http://www.ipetitions.com/petition/ol2eu

The Petition

The European Union must stop supporting the abuse of human rights in Morocco where Sub-Saharan African migrants are the target of police violence and racial abuse.
* *
L'Union européenne doit cesser de soutenir les violations des droits de l'Homme au Maroc, où des migrants subsahariens sont la cible de violences policières et d'attaques racistes.
* *
- Read our open letter here: (English)- Lisez notre lettre ouverte ici : (en français)

mercredi 24 octobre 2012

Pour la libération de Camara Laye coordinateur du CMSM

Pour la libération du coordinateur du CMSM et la fin de la répression ciblée contre des membres d’associations de migrants au Maroc

Les organisations soussignées exigent la libération du coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc et l'abandon des poursuites engagées contre lui.
Elles dénoncent la répression ciblée qui s'abat sur les responsables des organisations de migrants au Maroc depuis quelques jours.
Camara Laye,  fondateur, ancien président et actuel coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) a été arrêté à son domicile dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 octobre à minuit, et placé en garde-à-vue au commissariat du 3ème arrondissement de Rabat. Son avocat s'est vu refuser l'autorisation de le rencontrer, en violation du code de procédure pénale et malgré les assurances qui lui avaient été données par le magistrat de permanence au parquet du Tribunal de Première instance de Rabat. Camara réside régulièrement au Maroc sous couvert d'une carte d'immatriculation. Nous sommes inquiets et craignons que cette arrestation vise à l'empêcher de poursuivre son engagement pour la défense des droits des migrants au Maroc, y compris à travers des poursuites pour une affaire de droit commun fictive, comme cela c'est déjà produit par le passé pour de nombreux militants des droits de l'homme ou opposants.



Cette arrestation fait suite à plusieurs incidents graves nous alarmant :
- menaces directes proférées contre le futur secrétaire général de l'ODT-Travailleurs Immigrés le 10 juin dernier ;
- double « cambriolage » de l'appartement d'un militant du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM) en l'espace de quinze jours, et vol de son ordinateur ;
- intervention violente de la police accompagnée de « baltagia » (« voyous ») dans un foyer où se trouvaient notamment des membres de l'ALECMA mercredi dernier 17 octobre après-midi à Hay El Farah à Taqadoum. Bilan : 2 blessés, 3 interpellations, vol d'effets personnels (passeports, argent, ordinateurs, caméras, et même des vêtements et des matelas) et menaces à peine voilées en partant (« à demain » !) ;
- arrestation du secrétaire général d'ALECMA samedi dernier 20 octobre 2012 matin à son domicile. Placé en garde à vue au commissariat du 3ème arrondissement, il a été libéré dimanche 21 octobre 2012.

Ces actions interviennent dans un contexte de répression
croissante contre les migrants depuis un an (harcèlement, rafles et déportations accompagnées d'exactions, violences, racket, tant dans les grandes villes que dans les environs des présides occupés…) légitimée par les discours stigmatisant de responsables politiques (notamment le député USFP, Abdelhadi Khairate, et le ministre PPS de l’emploi et de la formation professionnelle, Abdelouahed Souhail) et d'une certaine presse (Assabah, Almassae, ...) .

avec des frères et amis
Mais un contexte également marqué par la mobilisation, l'organisation et la visibilité croissantes des migrants : CMSM, CCSM, ODT-TI, ALECMA. Par ex :
- participation à la manifestation du 1er mai puis création du premier syndicat de travailleurs migrants au sein d'une confédération syndicale marocaine (ODT-TI) ;
- organisation d'une manifestation à Taqadoum devant le commissariat puis les ambassades pour dénoncer le développement des attaques racistes, l'impunité des auteurs en l'absence d'enquête et demander aux représentations diplomatiques d'assumer leur responsabilité de protéger leurs ressortissants puis création de l'association ALECMA à Taqadoum ;
- nombreuses actions du CMSM et du CCSM, notamment mission CMSM-GADEM, puis rédaction d’une note conjointe ;
- participation nombreuse et active des migrants et de leurs organisations au forum des migrants organisé à Oujda par le Forum social Maghreb les 6 et 7 octobre 2012.

Au vu de ces éléments, il apparaît évident que l’arrestation de Camara Laye participe d’une démarche continue d’intimidation et de répression à l’encontre des migrants à l’œuvre au Maroc depuis plusieurs mois. Nous demandons l’arrêt de cette répression et la libération immédiate de Camara Laye.

Signature des associations :
Maroc :
Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM), Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM), Association de lutte contre l'émigration clandestine au Maroc (ALECMA), Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), Association Beni Znassen pour la Culture, le Développement et la Solidarité (ABCDS), Forum Asile Migration, Forum des Alternatives Maroc (FMAS), Observatoire marocain des libertés publiques, Action Jeunesse, Organisation démocratique du travail – Maroc (ODT), Organisation démocratique des travailleurs immigrés – Maroc (ODT-I), Institut de formation des agents de développement (IFAD), Fonds d’appui à la dynamisation des organisations communautaires de base (FADOC)

Réseaux internationaux :
Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme (REMDH), Migreurop,
Autres pays : Groupe de recherche et d'actions sur les migrations en Afrique Centrale (GRAMI AC) - Cameroun, Conseil des migrants de France, Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), Association des Réfugiés Sans Frontières – Cameroun (ARSF), Association des refoulés d'Afrique centrale au Mali (ARACEM), Afrique-Europe-Interact, Fluechtlingsrat Hamburg (Conseil de Réfugiés de Hambourg), Association "Movimento dei Senza Voce" (Suisse), Fondation Conseil Jeune, membre du GRAMI AC (Cameroun), Ligue des droits de l'homme Belgique, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives - France (FTCR), Comité pour le respect des libertés en Tunisie (CRLDHT), CNCD-11.11.11 – Belgique, SOS Migrants – Belgique, Na'oura Groupe Solidarité Belgique Maroc – GSBM, La Cimade – France, Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés – France (FASTI), Stiftung :do, Hamburg (Allemagne), Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), Initiative démocratie développement – France (IDD), Rete Primo Marzo - Italie, Associazione Giù le frontiere – Italie, Association mauritanienne des droits de l'homme (AMDH), Association de défense des droits de l'homme au Maroc (ASDHOM) – France,
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Association GADEM, Rabat, 24/10/2012


Comme on pouvait malheureusement s'y attendre après les réquisitions du procureur, le Tribunal a refusé la libération conditionnelle de Camara qui reste donc emprisonné à Salé jusqu'à l'audience du 30 octobre.
(...)
La traduction en arabe devrait être disponible rapidement, pour élargir la mobilisation au Maroc.
Une pétition électronique va permettre les signatures individuelles. Nous vous enverrons le lien dès qu'elle sera en ligne.

Vous pouvez déjà noter et diffuser le prochain rendez-vous. Soyons nombreux pour soutenir Camara à son procès

Mardi 30 octobre 2012 à 13h30
Tribunal de première instance de Rabat
avenue de Madagascar, quartier L'Océan

Association GADEM
78, Avenue Allal Ben Abdellah
Appt. 31, 3éme Étage
Rabat - 10 000 - Maroc
Tel / Fax : +212 5 37727878
E-mail : gademm@gmail.com

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Maroc : Détention arbitraire de M. Camara Laye

FIDH, Mise à jour le 24 octobre 2012

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc.
Description de la situation :

L’Observatoire a été informé par l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) de l’arrestation et de la détention arbitraires de M.  Camara Laye, ancien président et actuel coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM).

Selon les informations reçues, dans la nuit du 20 au 21 octobre 2012, vers minuit, M. Camara Laye a été arrêté à son domicile et placé en garde-à-vue au commissariat du 3ème arrondissement de Rabat. Son avocat s’est vu refuser l’autorisation de le rencontrer, en violation du Code de procédure pénale et malgré les assurances qui lui avaient été données par le magistrat de permanence au parquet du Tribunal de première instance de Rabat. Le 22 octobre, il a été présenté devant le procureur du Roi, qui a renvoyé l’affaire devant le Tribunal de première instance de Rabat et placé M. Camara Laye en détention provisoire à la prison de Salé. Il est poursuivi pour vente d’alcool et de cigarettes sans autorisation, sur le seul fondement d’un procès-verbal de police mais en l’absence de toute saisie de bouteilles et paquets qui auraient été trouvés en sa possession. Le 23 octobre à 13h30, le Tribunal a renvoyé l’affaire à l’audience du 30 octobre et a rejeté la demande de libération conditionnelle présentée par ses avocats.

Ces faits interviennent dans un contexte de répression croissante des migrants au Maroc et de multiplication de la répression et des actes d’intimidation visant les individus et les structures œuvrant pour la défense des droits des migrants au Maroc. Ainsi, le 10 juin 2012, M.  Marcel Amiyeto, coordinateur de la commission préparatoire du congrès constitutif de l’Organisation démocratique des travailleurs immigrés – Maroc (ODT-I), qui l’a élu secrétaire général le 1er juillet, avait été interpellé par la police, interrogé pendant plusieurs heures sur ses activités de défenseur puis relâché. L’appartement d’un militant du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc (CCSM) a fait l’objet de deux cambriolages, les 7 et 15 octobre 2012, et du vol de son ordinateur et de matériel audio-visuel mais également de matériel militant sans valeur marchande. A ce jour, l’enquête ouverte par la police de Rabat suivait son cours. Le 17 octobre 2012, des membres des forces de police, accompagnés d’autres personnes non identifiées, ont procédé à l’interpellation violente de plusieurs membres de l’Association de lutte contre l’émigration clandestine au Maroc (ALECMA) dans un foyer où ils se trouvaient. Ils auraient également saisi sans autorisation des effets personnels des membres (passeports, argent, ordinateurs, caméras, etc.).
 Aucune information sur la situation actuelle des personnes interpellées n’a pu être obtenue par l’Observatoire au moment de la publication de cet appel. De plus, le 20 octobre 2012, M. Pascal Mpele, secrétaire général de l’ALECMA et citoyen camerounais, a également été arrêté à son domicile et placé en garde-à-vue au commissariat du 3ème arrondissement de Rabat pour défaut de titre de séjour avant d’être refoulé à la frontière algéro-marocaine le 21 octobre malgré de multiples interventions des avocats saisis par des associations (notamment le GADEM).

L’Observatoire condamne la détention arbitraire de M. Camara Laye et demande instamment aux autorités marocaines de le libérer immédiatement et sans conditions, en ce qu’il considère que sa détention ne vise qu’à sanctionner ses activités de défense des droits des migrants.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités marocaines en leur demandant de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Camara Laye, de M. Marcel Amiyeto, des membres du CCSM et de l’ALECMA ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc ;

ii. Libérer de manière immédiate et inconditionnelle M. Camara Laye, en ce que sa détention ne semble viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

iii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de M. Camara Laye, de M. Marcel Amiyeto et des membres de l’ALECMA, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à :
- son article 1 qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international »,
- et son article 12.2, qui dispose que « l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration » ;

v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Maroc.

Adresses :


• Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Ibn Al Hassan, Roi du Maroc, Palais Royal, Rabat, Maroc, Fax : + 212 37 73 07 72 / + 212 53 77 68 515

• M. Abdelilah Benkirane, Premier Ministre, Bureau du Premier Ministre, Palais Royal, Rabat, Maroc, + Fax : + 212 37 76 86 56
• M. Mustafa Ramid, Ministre de la Justice et des Libertés, Ministère de la Justice, Place El Mamounia, Rabat, Maroc, Fax : +212 537 21 37 37
• M. Mohand Laenser, Ministre de l’Intérieur, Quartier Administratif, Rabat, Maroc, Fax : + 212 537 76 20 56
• M. Saad-Eddine El Othmani, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Ministère des Affaires étrangères et de la coopération, Avenue Franklin Roosevelt, Rabat, Maroc. Fax : +212 37 76 11 25 / +212 37 76 23 24, Email : mail@maec.gov.ma
• M. Driss El Yazami, Président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Place Achouhada, B.P. 1341, 10 001, Rabat, Maroc. Fax : +212 537 72 68 56. E-mail : cndh@cndh.org.ma
• Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Nations unies à Genève, Chemin François-Lehmann 18a, Case postale 244, 1218 Grand-Saconnex, Suisse, E-mail : mission.maroc@ties.itu.int, Fax : +41 22 791 81 80
• Mission diplomatique du Royaume du Maroc à Bruxelles, 2 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Fax : + 32 2 626 34 34.

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Maroc dans vos pays respectifs.


***

Paris-Genève, le 24 octobre 2012

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.


L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :

• E-mail : Appeals@fidh-omct.org
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